Économie de l’attention : comment résister à l’accaparement de nos cerveaux par les entreprises ?

Écrans publicitaires dans la rue, à la télévision, sur le smartphone jusqu’à l’intérieur d’un article. Courriels et alertes en tout genre, suggestions des moteurs de recherches, conceptions des rayonnages de supermarchés… Commerciaux et services marketing se livrent une guerre sans merci avec pour territoire à conquérir l’attention que l’on accorde à telle ou telle information : notre temps de cerveau disponible. Face à ces sollicitations de tous les instants, de grands principes pour une écologie de l’attention émergent. Réflexions.

Si vous n’avez jamais été dans une école de commerce, il y a de fortes chances pour que vous n’ayez jamais eu de cours intitulés « Psychologie du consommateur et stratégies de persuasion ». En revanche, si vous avez été à l’Institut des hautes études économiques et commerciales (Inseec), ce type d’enseignements, dispensés aux marketeurs, commerciaux et publicitaires, vous apprend quelles sont les « variables qui influencent [la] perception [du consommateur] ».

Quelle part d’attention accorde le consommateur à un produit en fonction de sa place sur un rayonnage ? Comment concevoir et utiliser le storytelling afin de « capter l’attention du consommateur et créer une connexion émotionnelle avec la marque » ? Comment mettre en place un e-mail marketing « afin d’être bien perçues et ainsi susciter l’attention des internautes » ? Telles sont les questions existentielles abordées dans les grandes écoles et les universités, de HEC à Paris Dauphine, en passant par l’École supérieure de publicité.

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Annie Bussière : La crise du symbolique et la nouvelle économie psychique

La question du patrimoine engage celle du Père et de la transmission symbolique. Or, il se trouve que, de nos jours, la figure du Père est fortement contestée.D’où les questions : le Père assure-t-il encore la Transmission ? Si oui, que transmet-il ?

En passant de l’économie industrielle du XIXè siècle à l’économie financière du néolibéralisme, nous sommes passés d’une économie de la névrose, bâtie sur le refoulement, à une économie de la perversion fondée sur la jouissance.

L’économie industrielle s’achève en août 1971 avec la fin de l’étalon or et l’auto-régulation du Marché. Simultanément, on constate au niveau sociétal un effacement de l’étalon phallus – cette instance symbolique qui régule le manque et permet la subjectivation de l’individu – dont le déclin, il convient de le dire, s’est amorcé au siècle des Lumières ; l’individu doit désormais s’auto-réguler en dehors de toute référence symbolique, ce qui génère une nouvelles économie psychique donnant libre cours à la jouissance aux dépens du désir. On constate que les mêmes mécanismes sont à l’œuvre dans l’économie financière et dans la nouvelle économie psychique, soit le déni du réel au profit du virtuel et de l’imaginaire.

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Dany-Robert Dufour : “Le délire occidental”, un essai philosophique qui dynamite le libéralisme et ses avatars

“La mise en coupe réglée du monde par l’hyperclasse autrement dit par l’hyperbourgeoisie financière, transfrontière et postmoderne, hédoniste et déculturée, axée sur la prédation rapide et systématique.” “La Terre, exploitée à outrance par les activités humaines de plus en plus puissantes et aveugles, réagit comme un corps global atteint en ses équilibres fondamentaux…”

Lady Gaga by Jeff Koons

Le résistible désenchantement…

Le monde contemporain a besoin de dynamiteurs. Obstiné, Dany-Robert Dufour est de ceux-là, qui lancent depuis longtemps des alertes. Ses essais ont toujours eu la sonorité du tocsin et la vertu de l’aiguillon.

Pourtant, tout est parti d’une bonne intention, repérée au XVIIème siècle par le philosophe-démolisseur, chez René Descartes et Francis Bacon: “l’exploitation totale et méthodique” de la nature afin de nous en rendre “maîtres et possesseurs”.

L’origine du délire.

Mais ce “programme commun” a abouti à une folie qui nous laisse aliénés au travail mais sans œuvre ou chômeur, distraits mais sans loisir, sexuels mais sans amour, à l’extrémité d’une chaîne de prothèses numériques qui autorise toutes les solitudes onanistes.

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L’impossible retour de la croissance

Par Charles Sannat, diplômé de l’École Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d’Études Diplomatiques et Stratégiques. Directeur des Études Économiques d’AuCOFFRE.com, il rédige quotidiennement des articles sur l’actualité économique dans Le Contrarien Matin, journal gratuit accessible chaque jour sur le site d’AuCOFFRE.com.

J’explique depuis plusieurs années qu’attendre la croissance, enfin son retour, même si notre Normal 1er pense avoir aperçu la reprise, est une illusion. La croissance c’est fini, il n’y en aura plus, ou en tout cas pas comme nous la pensons jusqu’à présent et pour plusieurs raisons.

La répartition des profits est indispensable

La croissance est liée à la notion de répartition des profits et de la création de richesse. La croissance est un « être » économique complexe. Très complexe même. Pour qu’il y ait création de richesses futures, il est nécessaire d’avoir une répartition optimale des richesses présentes (nous éviterons le mot « juste » qui n’a aucun sens).

En clair, c’est parce qu’il y a des consommateurs solvables que les entreprises peuvent vendre ce qu’elles produisent. Point de croissance sans consommateur solvable, or le consommateur solvable devient une espèce en voie de disparition ces derniers temps.

Les consommateurs solvables disparaissent sous la double pression de la mondialisation et de ses cohortes de délocalisations (je rappelle que délocaliser pour payer le même salaire n’a aucun sens, donc une entreprise qui délocalise le fait pour pouvoir verser des salaires de misère participant ainsi à la réduction du pouvoir d’achat global des consommateurs au niveau mondial), mais également des progrès techniques qui nécessitent de moins en moins de bras pour créer les nouvelles richesses. Moins de bras, égal moins de bras payés, égal réduction de la masse de consommateurs solvables donc, in fine, baisse de la croissance.

Mais ce n’est pas tout.
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Foire d’empoigne à venir sur les matières premières agricoles et industrielles

En dépit du ralentissement économique, les prix mondiaux restent à des niveaux historiquement élevés.

Chères matières premières ! En dépit du ralentissement économique, les prix mondiaux restent à des niveaux historiquement élevés, constate le bilan annuel Cyclope. Pour l’expliquer, c’est moins du côté de la demande qui reste tirée par les pays émergents que du côté de l’offre qui peine à suivre qu’il faut regarder. C’est que le temps de l’investissement est si long dans les mines, les terres agricoles ou les champs pétoroliers – jusqu’à vingt ans – qu’il dissuade les investisseurs. Il faudrait des signaux encore plus forts en provenance des marchés – et sans doute de la spéculation ! – pour encourager ces derniers.

En attendant, une lutte inévitable pour la sécurité des approvisionnements va s’engager. Les premières escarmouches de ce combat sont déjà visibles, annonciateurs de la foire d’empoigne à venir.

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Consommation et Surconsommation

L’accès à la consommation nous est présenté comme la source du bonheur, alors que paradoxalement, être consommateur rend vaine toute tentative d’accéder au bonheur. La publicité est là pour nous rappeler à l’ordre, pour créer l’insatisfaction, le manque et une dépendance par rapport à des produits qui jusque-là n’étaient pas indispensables à l’épanouissement, et qui s’ajoutent à nos besoins.

Il serait plus sage de ne pas tenter d’avoir tout ce que l’on nous propose, mais de savoir apprécier ce que l’on a. Il faudrait d’ailleurs faire en sorte de se libérer de la surabondance (également surabondance de pollution, d’uniformisation, de stress … etc !) plutôt que de convoiter avec obsession ce qui nous fait défaut (le pouvoir d’achat, l’emploi, l’innovation, les parts de marché, la croissance, etc), pour plus de simplicité et moins d’illusionnisme. Posséder le dernier « iphone » est-il indispensable à la vie ?

Comment les hommes faisaient-ils avant toutes ces technologies high-tech qui se régénèrent indéfiniment ? Comment vivaient-ils, étaient-ils épanouis, étaient-ils en manque? En manque de quoi, de bien matériel ? Mais combien de ces choses sont vraiment utiles à notre épanouissement ? Ne servent-elles pas plutôt à cacher notre frustration devant ce monde que nous avons de plus en plus de mal à comprendre et à appréhender ?

L’expansion du développement transforme sur son passage l’autarcie des peuples en misère, et partout sur terre, goûter à « l’économie de marché » devient une addiction qui se substitue à tout mode de vie alternatif (gratuit) et indépendant (libre). Ce système économique arrivera à son apogée quand la mondialisation aura transformé toutes les cultures et toutes les ressources naturelles en marchandises identiques.
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Connaissez-vous Vance Packard ?

Connaissez-vous Vance Packard ? Il fut le premier, avec son ouvrage The Hidden Persuaders (1), à attirer dès 1957 l’attention du public sur les techniques de manipulation mentale. Vous savez, ces techniques que la loi antisecte a  finalement renoncé à interdire… peut-être parce qu’elles sont plus souvent utilisées par les publicitaires que par les sectes.

En 1964, il publie un autre ouvrage, Une société sans défense, sur la surveillance et le fichage de la population par la police, mais surtout par les entreprises, où cette fois il n’hésite pas à comparer la société dans laquelle il vit, l’Amérique des années 1960, aux œuvres d’anticipation de George Orwell et d’Aldous Huxley : 1984 et Le Meilleur des mondes.

Le temps a passé depuis mais les livres de Vance Packard, de George Orwell et d’Aldous Huxley n’ont rien perdu de leur actualité. Le monde dans lequel nous vivons correspond à peu de choses près à ce qui était à l’époque imaginé comme un cauchemar.

Pourtant une fausse note subsiste : la dictature que redoutaient Orwell et Huxley était d’inspiration soviétique, mais le “ totalitarisme tranquille ” (2)  que nous connaissons aujourd’hui est capitaliste. Hormis cela, tout correspond : l’œil des caméras de vidéosurveillance épie chacun de nos gestes, nous sommes au seuil d’une normalisation génétique, la voix des médias nous berce du lever au coucher dans la douce anesthésie d’un divertissement médiocre et nous assure que notre monde serait parfait sans la petite délinquance et la contestation politique. Ce divertissement insipide comme un sucre d’orge porte même un nom : le tittytainment. Ce terme inventé par Zbigniew Brzezinski, qui fut conseiller pour la sécurité nationale auprès de Jimmy Carter, est une contraction de entertainment (divertissement) et de tits (seins en argot américain). L’évocation des seins se réfère ici plus à leur fonction nourricière qu’érotique. L’idée de Zbigniew est que, dans un monde où 20 % de la population mondiale suffira à faire tourner l’économie, le problème des nantis consistera à doser le pain et les jeux qu’il leur sera nécessaire d’accorder à la majorité démunie afin qu’elle se tienne tranquille :

Un coktail de divertissement abrutissant et d’alimentation suffisante permettrait selon lui de maintenir de bonne humeur la population frustrée de la planète (3).

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Grèce : les coopératives d’alimentation naturelle montrent la voie

Avant d’être touchés par la crise, les Grecs étaient habitués à voir les producteurs et les consommateurs se tenir à distance. La nature de leur relation a changé avec l’émergence en début d’année de la très suivie “révolution des patates” qui permet au consommateur d’acheter directement aux producteurs.

Poussés par les difficultés économiques, les Grecs sont à la recherche de solutions pour réduire les intermédiaires et rapprocher les agriculteurs des consommateurs.

La Liberté guidant le peuple (Delacroix), revisitée à la sauce Ju DuoQi

La solidarité a souvent été renforcée par une vision plus respectueuse de l’environnement. Toutefois, certaines de ces coopératives ne sont pas complètement nouvelles.

La coopérative Gaia à Hania (Crète) fait partie des pionniers dans le domaine. Elle relie les producteurs et les consommateurs dans le but de promouvoir des produits naturels.

Gaia compte actuellement environ 250 membres, la moitié sont des agriculteurs. Chaque jour, 300 clients font leurs courses au marché de la coopérative.

Comme l’indique Dimitris Vamvounakis, présidente de Gaia, «l’aventure a commencé en 1996, nous avons été motivés par la recherche d’une alimentation saine et de qualité, le désir de renforcer l’agriculture biologique et mettre l’accent sur les cultures locales dans le but également d’éviter les coûts écologiques de transport des produits venant de l’étranger».

“Au début, nous étions guidés par une idéologie. Nous nous efforçons de cultiver une conscience plus écologique en organisant par exemple des événements dans les écoles”. Dimitris Vamvounakis ajoute que le magasin de la coopérative ne vend que des produits naturels issus de producteurs certifiés.

Les bénéfices d’une coopérative sont multiples, mais le plus important est la suppression des intermédiaires qui permet de baisser les prix.

Le magasin Gaia vend des oranges bios à 30 centimes d’euro le kilo et des pastèques à 50 centimes le kilo.

Un deuxième bénéfice est qu’en supportant les agriculteurs et en les reliant aux consommateurs, ces coopératives ont les encouragés à produire bio. Le fait que la moitié des personnes impliquées dans la coopérative soient des agriculteurs est très important. Un troisième élément positif est que l’argent reste au sein de la région.

Oikozoi à Corfu fonctionne suivant le même principe. Cette coopérative insulaire compte plus de 100 membres et gère un marché de fruits ainsi qu’une boucherie qui vend de la viande et des fromages bios.

“Nos magasins sont des endroits où les gens peuvent parler d’environnement et trouver des conseils pratiques,” indique Yiannis Saoulos, un agriculteur bio faisant partie d’Oikozoi.

(Traduction libre par fortune.fdesouche.com. Reproduction autorisée sous réserve de nous citer en source.)

Ekathimerini.com

L’économie pourrait-elle décroître ?

Question stupide, votre honneur : évidemment que non, l’économie ne peut pas décroître. Sauf à l’occasion d’épisodes aussi brefs qu’indésirables, la vocation de l’économie, c’est de croître, et en général nous croissons bel et bien, non mais sans blague !

Croissance de quoi, au fait ?

Que tout le monde affirme que la croissance est l’état normal de l’économie, c’est indéniable. Mais au fait, c’est quoi exactement la croissance ? En économie, cette “croissance” désigne généralement (malgré l’absence de complément de nom) quelque chose de bien précis : l’augmentation, d’une année sur l’autre, d’une grandeur qui s’appelle le Produit Intérieur Brut ou PIB, une notion qui date de juste après la Seconde Guerre Mondiale. Ce PIB a lui-même une définition très précise : il s’agit du “résultat final de l’activité de production des unités productrices résidentes ”. Ouf ! Si nous décortiquons pas à pas, et que nous traduisons cela en Français, cela donne ce qui suit :

  • il s’agit du “résultat final” de l’économie, c’est-à-dire des biens et services qui sont utilisés par un consommateur final. Le consommateur final, dans cette affaire, c’est celui qui utilise le bien ou service pour son propre compte, et ne va pas l’incorporer dans une production qui sera elle-même vendue ou transférée à un tiers. Par exemple, si j’achète un poireau pour le manger moi-même, je suis un consommateur final pour ce poireau. Par contre, si j’achète le même poireau en tant que restaurateur, pour fabriquer puis vendre de la soupe aux poireaux, ou en tant qu’épicier, pour simplement le revendre après l’avoir transporté, alors je ne suis pas un consommateur final pour ce poireau. Ce “résultat final” (ou “biens et services disponibles pour un usage final ”, ce que l’on trouve aussi parfois) concerne donc tout ce que les agents économiques (individus, mais aussi entreprises, administrations, associations, etc) consomment en propre. Il peut s’agir de biens durables (immeubles, voitures) ou pas, et cela inclut les variations de stock.
  • ce “résultat final” doit provenir d’une “activité de production ”. En fait, cette “activité de production” signifie le plus souvent “activité marchande ”, car c’est le seul cas de figure où la mesure du résultat est facile, à défaut d’être juste : on va valoriser la production… au prix de vente. Cela semble évident, mais en fait ça ne l’est pas du tout ! En effet, comment valoriser la production non vendue, en particulier tout ce que l’on appelle “services non marchands” ? Cela concerne une large part de l’éducation (l’Education Nationale n’envoie pas de facture quand votre gamin va à l’école), de la santé, de la justice, et plus généralement tout ce que des fonctionnaires font pour la collectivité sans se faire directement payer. Et encore, là nous avons un cas de figure facile, car même si le service est non marchand il y a eu échange monétaire : la collectivité a payé le médecin et l’enseignant. Il arrive que les services soient rendus sans aucun échange monétaire (le troc), auquel cas la comptabilisation devient un peu plus difficile encore, et enfin il arrive qu’il y ait production mais pas d’échange du tout.

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La crise en 2011 ou le scénario de l’inextricabilité

Par Jean Claude Werrebrouck

Notre texte concernant le scénario pour 2010, publié le 1er janvier de ladite année, se penchait longuement sur la question du retour à la souveraineté monétaire. Il était assez optimiste, en ce qu’il annonçait la difficulté croissante à faire admettre par le contribuable qu’il devrait payer pour une dette publique dont la responsabilité reposait au moins partiellement sur la rente financière.

La réalité 2010 de la crise, est qu’un certain nombre de pays ont malgré d’extrêmes difficultés, ouvertement choisi de satisfaire la rente au détriment des Etats-providences et des contribuables : Grèce, Irlande, mais aussi à des degrés moindres, la quasi-totalité des Etats européens.

Les propos de la Chancelière de la République Fédérale, consacrés au partage du fardeau de la dette avec les créanciers, étant, était-il espéré, vite étouffés par de prétendus rédempteurs resserrements budgétaires. Prétendus, car on sait depuis peu (Patrick Artus), que le multiplicateur budgétaire sur la Grèce et l’Irlande est élevé, ce qui signifie – en principe – effondrement de la croissance, suite à une faible variation du déficit budgétaire.

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Énergies renouvelables : Le scandale financier

Le thème des énergies renouvelables, accaparé par les spéculateurs du moment, relève du scandale financier. C’est finalement l’ensemble des acteurs économiques qui paiera le gâchis, dû à un laxisme politique où se côtoient incompétence et pratiques douteuses, sous couvert d’un discours vertueux. Le débat sur l’énergie et l’écologie n’en est que très mal engagé.

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On avait connu bien des « plans » étatiques, sensés promettre développement technologique, emplois et richesse collective, sombrer dans des fiascos retentissants malgré des milliards versé à fonds perdus : plan calcul, chantiers navals, machines outils, Crédit Lyonnais… Cette fois, c’est sur le thème des énergies renouvelables que des élus étalent leur incapacité à traiter un sujet d’envergure avec rationalité, bon sens, et sérieux.

Au delà des effets de manche, tout reste à faire pour définir et promouvoir une politique énergétique compatible avec l’écologie vraie. Mais il faudra préalablement que le public prenne conscience du rôle pervers de l’écologie politique comme moyen de prise de pouvoir par des affairistes aux pratiques douteuses.

Au cas particulier, il est hélas d’emblée patent que, telles qu’elles sont engagées, les pratiques ne sont non seulement pas porteuses, mais recèlent tous les ingrédients d’un des grands scandales financiers de ce début du siècle : une espèce de processus à la Madoff, dont les ficelles sont totalement visibles pour qui veut les voir, basé sur un dispositif où l’enthousiasme de quelques personnalités politiques, à la carrière proche de l’affairisme le plus douteux, impose, sur le dos de la collectivité et par la force de la loi, un système de prélèvements financiers au profit d’un petit nombre de personnes.

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Réforme du marché de l’électricité : ce qui va changer

Le Parlement français a adopté définitivement dans la nuit de mercredi à jeudi le projet de loi relatif à la Nouvelle Organisation du Marché français de l’Électricité (Nome) qui prévoit qu’EDF cèdera jusqu’à 25% de sa production nucléaire à ses concurrents. Décryptage.

1) Les prix vont augmenter

Principale crainte soulevée par ce texte, qui doit entrer en vigueur début 2011 : la hausse des tarifs. Tandis que les groupes UMP et du Nouveau centre (NC) ont voté pour, les groupes de l’opposition de gauche ont voté contre, affirmant que cette réforme se traduirait par une augmentation de 11 à 15% des tarifs.

Pour sa part, l’UFC-Que Choisir, organisation de défense des consommateurs, a affirmé dans un communiqué publié jeudi dernier que cette réforme risquait d’entraîner une forte hausse des tarifs « de 7% à 11% dès la mise en place de la loi et de 21% à 28% d’ici 2015 ».

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Guerre des changes : et si ce n’était pas la Chine qui était responsable, mais plutôt…

Alors que le ministre des Finances allemand vient d’en appeler la Chine à libérer sa devise sous peine de déclencher une « guerre du commerce », le président de la Banque centrale du Brésil, Henrique Meirelles, a pour sa part directement accusé les Etats-Unis.

Ce n’est pas « l’accumulation de réserves de changes par les pays émergents » qui est à l’origine des grands déséquilibres mondiaux, mais « les stimuli monétaires américains », a ainsi déclaré le banquier central, mercredi 14 octobre, lors du sommet annuel du Fonds monétaire international.

En injectant massivement des liquidités sur les marchés, la Fed parvient en effet à affaiblir le dollar. Toutefois, en agissant de la sorte, elle contribue à renforcer un peu plus chaque fois la deuxième économie mondiale.

Comme le soulève Muriel Motte dans Les Echos, « la Fed ne gonfle pas seulement dangereusement son bilan. Elle remplit aussi les coffres de ceux qu’elle ignore aujourd’hui ». Et l’éditorialiste de justifier : « A 2 648 milliards de dollars fin septembre, la Chine abrite à elle seule plus de 30% des réserves de changes mondiales (5% en 1995) ».

Rien qu’entre juillet et septembre, les réserves chinoises ont augmenté de 194 milliards de dollars, alors que les analystes anticipaient une hausse de 40,7 milliards, rapporte L’Agefi.

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Vivez, prospérez, consommez…

Une analyse grinçante de l’évolution du comportement des consommateurs. Dans la société de consommation moderne, le neuf et le beau ne suffisent plus : il faut posséder (parfois en plusieurs exemplaires) les produits dernier cri les plus performants. Les achats ne sont plus destinés à répondre à des besoins fondamentaux, mais à satisfaire nos désirs, à être enviés, à épater.

Conséquence : le bonheur que procure l’acquisition d’un nouvel objet est toujours plus éphémère ; nous sommes en proie à un sentiment d’insatisfaction permanente. De plus, la durée de vie des produits ne cesse de diminuer, conduisant à l’épuisement des ressources et à l’accumulation des déchets. Derrière l’attitude de ces acheteurs boulimiques se profile un véritable scénario catastrophe. Est-il trop tard pour arrêter la machine que nous avons lancée ? Sociologues, psychologues, philosophes, spécialistes du marketing et de la publicité reviennent sur les limites du consumérisme et notre recherche effrénée du bonheur.

Via le blog de Blueman

Les États face aux trois options brutales de 2010

Comme anticipé par LEAP2020 en février dernier, faute de refonte majeure du système monétaire international, le monde est bien en train d’entrer actuellement dans la phase de dislocation géopolitique mondiale de la crise systémique globale. Pour l’année 2010, sur fond de dépression économique et sociale, et de protectionnisme accru, cette évolution va ainsi condamner un grand nombre d’États à choisir entre trois options brutales, à savoir : l’inflation, la forte hausse de la pression fiscale ou la cessation de paiement.

Un nombre croissant de pays (USA, Royaume-Uni, Euroland (1), Japon, Chine (2)…), ayant tiré toutes les cartouches budgétaires et monétaires dans la crise financière de 2008/2009, ne peut en effet plus s’offrir d’autre alternative. Cependant, par réflexe idéologique et pour tenter d’éviter par tous les moyens d’assumer des choix aussi douloureux, ils vont néanmoins tenter de lancer de nouveaux plans de stimulation économique (souvent sous d’autres appellations) alors même qu’il est devenu évident que les formidables efforts publics de ces derniers mois visant à relancer la croissance ne seront pas relayés par le secteur privé.

En effet, le consommateur-tel-qu’on-le-connaît-depuis-plusieurs-décennies est bel et bien mort, sans espoir de ressusciter (3). Et comme près de 30% de l’économie des pays occidentaux n’est plus aujourd’hui constituée que de « zombies économiques » – institutions financières, entreprises ou même états dont l’apparence de vie n’est due qu’aux flots de liquidités injectées quotidiennement par les banques centrales, l’inéluctabilité de l’ « impossible reprise » (4) est donc confirmée. Le chacun pour soi international et social (au sein de chaque pays) est ainsi programmé tout comme l’appauvrissement généralisé de l’ex-Occident, États-Unis au premier chef.

C’est en fait à un sabordement de l’Occident qu’on assiste en direct, avec des dirigeants incapables de d’affronter la réalité du monde d’après la crise et qui s’obstinent à répéter les méthodes du monde d’hier dont, pourtant, tout le monde peut constater l’inefficacité.

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Qui a peur des mots ? Sortir de la crise économique… et de la crise du langage

Il n’est question ni de rigueur ni d’austérité, mais de plan de relance. Le licenciement a fait place à la restructuration, la fermeture d’usine à la délocalisation, la récession à la maîtrise de l’inflation…

Dans l’éditorial du dernier numéro de CB News, Christian Blachas analyse ce qu’il nomme la « nouvelle sémantique ». : « Le XXIème siècle a inventé un nouveau langage issu de deux courants profonds : le politiquement correct (personnes à mobilité réduite, non-voyants, mal-entendants…) et le discours hypocrite qu’on pourrait aussi intituler mensonge ou gros pipeau. Pour masquer la dure réalité des faits, on invente des mots et des expressions destinés à faire passer la pilule. »

Une novlangue aux effets contre-productifs

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LEAP : les quatre points individuels de défaillance du système mondial au second semestre 2010

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), 15 juin 2010

Caspar David Friedrich, Entrée de cimetière (1825)

L’actualité confirme chaque jour combien la crise systémique globale est désormais entrée dans sa phase de dislocation géopolitique mondiale, même si les médias ne commencent que timidement à interpréter les bouleversements historiques qui se déroulent sous nos yeux. Lire la suite

L’imagination assiège le pouvoir

Par Philippe Grasset

Les exemples se succèdent et il est parfois bon de s’arrêter à l’un et l’autre, pour faire un bilan et mesurer l’évolution de la chose. Il s’agit de la “colère populaire”, voire de la “révolte populaire” contre le pouvoir du système anthropotechnique, ou système du technologisme et son allié incertain, le système de la communication ; tout cela, politiquement étiqueté “système occidentaliste-américaniste”, cette ampleur de l’étiquette justifiée par la diffusion et la généralisation du chaos qu’il engendre. En première ligne de ce système, les élites politiques, complètement soumises à lui, qui sont chargées à la fois de le gérer et de lui assurer une bonne réputation avec l’étiquette convenue (démocratie, droits de l’homme, bla bla bla).

Trois affaires en cours, en même temps que l’évolution générale de la “colère populaire“ aux USA, justifient notre commentaire à ce point. Il s’agit d’une part de l’affaire britannique, d’autre part de l’affaire japonaise. Ces deux affaires montrent l’imagination instinctive dont peut faire montre cette “colère populaire” contre le pouvoir politique assujeti au système. Dans un autre sens, exactement contraire, nous citons la question grecque, notamment avec les troubles (trois morts) qui ont eu lieu la semaine dernière, alors que le Parlement votait les mesures d’austérité.

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Garçon, un cancer ! Entretien avec le professeur Dominique Belpomme

Dominique Belpomme est un médecin et professeur de cancérologie au Centre Hospitalier Universitaire Necker-Enfants malades. Il est membre de plusieurs sociétés savantes internationales et président de l’ARTAC, Association pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse, fondée en 1984, et connu pour ses travaux de recherche sur le cancer. Il est ici interrogé par le magazine Le Choc du mois.

Ce qui vous frappe le plus en tant que cancérologue, c’est que le cancer est une maladie créée par l’homme ? 70.000 personnes en mouraient après la Seconde Guerre mondiale. Combien aujourd’hui ?

150. 000, plus du double.

Et combien sont-ils à développer un cancer aujourd’hui ?

Avant le premier plan cancer (2003-2007), on comptait chaque année environ 280.000 personnes atteintes de la maladie. Après (soit en 2009), 350.000.

C’est la raison pour laquelle je pense qu’en terme de santé publique, le premier plan cancer est au mieux un demi-échec et que le second plan risque de se solder par un constat du même ordre si la prévention environnementale n’est pas prise en compte.

Versant positif, on a pris conscience qu’il y avait un fléau, le cancer, et confirmé la réorganisation des soins et la lutte contre le tabagisme, tout en créant l’INCa, l’Institut national du cancer.

Pour autant, les résultats sont loin d’être à la hauteur des espérances. On a aujourd’hui annuellement 350.000 nouveaux cancers. C’est une croissance quasi-exponentielle du nombre de cas. Quant à la mortalité, elle est pratiquement stable : elle a diminué de moins de 10 % pour les hommes et n’a pas bougé pour les femmes, en taux standardisé (qui gomme l’effet de l’âge).

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Le Roundup donne naissance à de « super mauvaises herbes » !

De même que la lourde utilisation d’antibiotiques a contribué à l’apparition de « supermicrobes » résistant aux médicaments, [un article du New York Times du 3 mai 2010 nous apprend que] l’utilisation intensive, par les fermiers américains, du désherbant « Roundup » [marque de l'herbicide dénommé glyphosate, initialement breveté par Monsanto et commercialisé, depuis 2000, par d'autres firmes, sous d'autres noms], a mené à la croissance rapide de nouvelles « super mauvaises herbes », extrêmement tenaces, que le poison industriel n’arrive plus à éradiquer.

De plus en plus de fermiers américains sont confrontés à cette situation, partout, dans l’Est, le Midwest et le Sud du pays, et sont donc conduits à vaporiser leurs champs avec des herbicides encore plus toxiques !

C’est la course folle en avant dans l’empoisonnement des denrées, mais aussi des sols et de l’eau !

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Une sortie de crise longue et pénible

Par John Mauldin

La crise actuelle est exceptionnelle non seulement par sa violence, sans précédent depuis les années 1930, mais aussi en raison de sa caractéristique première : elle a été provoquée par une explosion de l’endettement, aux USA au premier chef, mais aussi dans de nombreuses économies développées où les bulles immobilières ont été financées par la dette, comme c’est l’usage. Le soutien à la consommation apporté par les États a permis de stopper le processus destructeur amorcé en 2008, mais les problèmes de fonds ne sont pas réglés.

La résorption de la dette s’étalera sur des années, et les revenus qui y seront consacrés déprimeront pendant longtemps la dépense et l’activité. D’ici là, avec la fin des plans de relance et les hausses d’impôts qui se profilent dans l’ensemble des économies développées, une deuxième phase de récession menace, estime le financier John Mauldin, qui craint par ailleurs que les États ne parviennent plus à se financer, à l’image de la Grèce, loin d’être tirée d’affaire, tant la rigueur qu’on lui impose sera dévastatrice.

Le système mondial a survécu à toutes sortes de crises au cours des dernières décennies et il a toujours rebondi. Pourquoi est-ce si différent aujourd’hui ?

Parce que nous arrivons à la fin d’un supercycle de 60 ans d’endettement. Nous avons emprunté (et pas seulement aux États-Unis) comme s’il n’y avait pas de lendemain. Et parce que nous étions convaincus que toute cette dette était sûre, nous l’avons multipliée, empruntant d’abord 3 fois, puis 5, puis 10, puis jusqu’à 30 fois le montant dont nous disposions réellement. Et nous avons convaincu les autorités de régulation que c’était une bonne chose. Plus longtemps les choses sont restées en l’état, plus nous étions convaincus que cela se prolongerait ainsi. Le graphique ci-dessous montre le tas de sable que nous avons empilé. Ce n’est pas joli.

Ratio d’endettement par rapport au PIB, tous secteurs confondus.
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L’éolien prend un coup dans l’aile

La mission d’information sur l’énergie éolienne de l’Assemblée nationale devait rendre son rapport mardi. Les conclusions, très négatives, suscitent déjà la polémique. Explications.

La mission parlementaire sur l’éolien devait établir un cadre juridique pour l’installation d’éoliennes en France et formuler des propositions d’amendements au projet de loi Grenelle 2. Ses conclusions ne manqueront pas de provoquer la frustration des écologistes.

Etat des lieux

A fin 2009, quelque 3.500 éoliennes étaient installées en France, selon le Syndicat des énergies renouvelables, produisant environ 4.500 gigawatts d’électricité. La France occupe ainsi la 7ème place mondiale, loin derrière l’Allemagne (25,8 GW), mais devant la Grande-Bretagne (4 GW). Elle s’est engagée à ce que l’éolien représente 10% de sa production d’électricité d’ici à 2020. Aujourd’hui, on est à 2%.

La rentabilité de l’éolien en question

Une version provisoire du rapport piloté par Patrick Ollier, le président de la commission des affaires économiques de l’Assemblée, dénonce les “dispendieux effets d’aubaine” de l’énergie éolienne. Car le gouvernement oblige EDF à acheter pendant 15 ans l’électricité éolienne à 86 euros par mégaWh. Même si ce tarif est l’un des plus bas d’Europe, il reste supérieur au prix du marché. Surcoût qui sera inévitablement répercuté sur la facture du consommateur, rappellent les anti-éoliens.

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Wen Jiabao vante le miracle chinois… et ses fragilités

Par Valérie Niquet, chercheur à l’IFRI, directrice du Centre Asie

Lors de la réunion annuelle de l’Assemblée nationale populaire chinoise, le Premier ministre Wen Jiabao s’est livré à un bel exercice d’auto-satisfaction. Mais il reconnait aussi la pauvreté des habitants, la corruption et les inégalités ville-campagne qui perdurent.

Le Colosse de Rhodes

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Plans de relance : inutiles et nuisibles…

“L’industrie craint un ‘effet de manque’ à la fin des stimulus”, constate le Financial Times. L’inquiétude grandit donc dans les milieux d’affaires européens et américains : la reprise s’avère de plus en plus fragile et tous craignent maintenant un arrêt des différentes mesures d’aide et de soutien à l’économie.

Graphe prix immobilier US

L’alchimie d’un équilibre tient souvent à peu de choses. L’économie fonctionne depuis plusieurs mois sur le régime des excès : trop de liquidités, trop d’aides, trop de soutiens, trop de plans… Depuis la crise des subprime, plus personne n’ose parler de modération. Il en faut toujours plus, c’est-à-dire toujours plus d’argent.

Tout a commencé avec Ben Bernanke, qui voulait jeter des milliers de dollars du haut de son hélicoptère, et qui a ensuite transformé la Fed en machine à cash. N’importe qui peut maintenant obtenir du dollar gratuitement ou presque, il suffit de le demander.
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“Nous avons foi en la crise” (redif.)

“J’appartiens à l’école catastrophiste. Je pense que les euromondialistes s’imaginent qu’ils contrôleront tout, ou disons qu’ils contrôleront toujours une part suffisamment importante de la structure d’ensemble pour ne pas perdre totalement la maîtrise des processus qu’ils ont enclenchés. Mais je pense tout de même, sans pouvoir le prouver, intuitivement disons, que ces gens-là vont avoir un accident. Personne ne peut contrôler le monde entier. C’est impossible. Il n’est pas dans la nature du monde qu’un système quelconque règne durablement sur une étendue trop vaste, surtout s’il manque de souplesse. Tôt ou tard, il se passe quelque chose qui n’était pas prévu. Le système néolibéral est un château de cartes. Il ne pourra pas résister à une secousse forte. Il est trop fragile pour tenir sur la durée.”

(Michel Drac, De la souveraineté, Editions Scribédit, 2007)

Bayard, sans peur et sans reproche

In crisis we trust [Nous avons foi en la crise]

Sous ce titre provocateur se cache une possibilité effrayante, que la foi en l’avenir ne saurait éliminer, et que le déni de réalité ne pourra plus couvrir longtemps, alors que nous voyons le mur de la vérité s’approcher à grande vitesse.

A l’heure actuelle, le mot « crise », pour la plupart de nos contemporains, n’est utilisé que dans le sens que lui donnent nos chers médias. Médias qui, tout le monde l’aura remarqué, n’ont commencé à nous informer que des mois après le début de ladite crise. Médias qui ont même longtemps refusé d’employer le mot « crise », le mot qui fait peur – et qui, néanmoins, reste de l’ordre du quotidien, du connu, du banal presque.

Résultat : cette crise est une possibilité, elle est intégrée comme telle, mais la définition de ce qui est possible n’a pas été précisée, et le contenu de ce possible n’est pour l’instant nullement concrétisé dans nos vies. Le taux de chômage commence à augmenter d’une manière inquiétante, mais à part ceux qui en sont directement victimes, personne n’a encore clairement pris conscience de ce qui se passe vraiment.

Regardons donc de plus près le début de cette crise, remontons à son origine, et essayons d’en tirer toutes les conséquences – et surtout celles qu’on préférerait renvoyer au domaine du cauchemar et de l’impossible. Regardons de près, car voilà ce qui va se passer dans les mois et les années qui viennent : beaucoup de choses, que pour l’instant par hypothèse nous reléguons dans le domaine de l’impossible, vont brutalement basculer dans le domaine du possible – et ce basculement, bien souvent, se produira une fraction de seconde seulement avant que ces choses ne basculent, tout simplement, dans le domaine du réel. Lire la suite

Plans de relance et dépression : le Japon, modèle des USA

Par Bill Bonner

De bonnes nouvelles et de mauvaises nouvelles. Mais qu’est-ce qui est quoi ? La situation est si confuse que nous ne saurions le dire. La bonne nouvelle, c’est que les prix des maisons baissent aux États-Unis. C’est ce que dit le Wall Street Journal. “Les prix des maisons ont décliné en novembre.” Bien : les gens vont pouvoir se loger à des prix plus abordable.

Attendez – ce n’est pas une bonne nouvelle, si ? Cela ne signifie-t-il pas que nous sommes encore dans une dépression ? En plus, un autre rapport annonce que l’immobilier grimpe. Que croire ?

Essayons autre chose… La confiance des consommateurs US est en hausse, selon les derniers chiffres. Rien à dire là dessus, ce sont vraiment de bonnes nouvelles, non ? Non.

Plus les choses vont en s’améliorant, plus les autorités risquent d’étouffer la reprise en mettant fin à leurs efforts de relance et en réduisant le déficit. C’est en partie la raison pour laquelle les actions chutent souvent lorsque les nouvelles sont “bonnes” et grimpent lorsqu’elles sont “mauvaises.” Les investisseurs ont peur de voir les autorités retirer l’argent. Elles risquent ainsi un retour de “l’erreur de 1937,” disent des économistes comme Paul Krugman et Richard Koo.

Que s’est-il passé dans les années 30 ? Eh bien, si l’on en croit la version officielle, les autorités avaient appuyé sur le champignon des plans de relance… et sortaient de la dépression à toute blinde. Mais craignant l’inflation… les déficits… et le retour de bâton après les excès de dépenses (sans parler du fait qu’elles étaient convaincues d’être sorties d’affaire) – elles ralentirent… et relâchèrent leurs efforts de relance au milieu des années 30. Ce qui fit basculer l’économie dans un nouveau ralentissement et prolongea la dépression de trois ans. Lire la suite

Tickets-restaurants : les supermarchés sous pression

Les supermarchés tolèrent de plus en plus les tickets-restaurants comme moyen de paiement. Cette pratique, dénoncée par les restaurateurs, sera plus sévèrement encadrée, à partir du 1er mars 2010.

Les Français ne pourront bientôt plus payer leur plein de la semaine avec des tickets-restaurants. Toutes les grandes et moyennes surfaces se sont engagées à respecter la réglementation à partir du 1er mars 2010, après avoir signé une charte, le 12 février 2009. Le délai qui était accordé à la grande distribution pour se mettre en règle touche donc à sa fin, explique Jean-Michel Reynaud, président de la Commission nationale des titres-restaurants (CNTR).

La montée en puissance de cette pratique, accélérée par la crise, irritait les restaurateurs, qui dénonçaient une concurrence déloyale. D’autant plus que chaque magasin appliquait ses propres règles, acceptant bien souvent un nombre illimité de tickets-restaurants et ce, sans restriction de contenu du chariot.

Pression des pouvoirs publics Lire la suite

Crise et mutation (suite)

Il y a quelques jours, nous avons publié un extrait d’un livre-dialogue, insolite et inclassable, qui vient de paraître, « Crise et mutation » (Editions Charles Antoni – L’Originel, janvier 2010).

En voici un second passage, dû, cette fois, à Jean-Pierre Crépin, ex-associé du groupe de marketing HighCo, spécialiste de la mutation consommateur citoyen, auteur du blog Nécronomie, sur lequel il chronique la crise après l’avoir annoncée dès 2005.

A mon sens, personne n’a mieux écrit sur la valeur travail que Cioran dans «Sur les cimes du désespoir». Je ne résiste pas au plaisir d’en livrer un court extrait, tant il me semble impossible de vouloir égaler une telle précision.

« Les hommes travaillent généralement trop pour pouvoir encore rester eux-mêmes. Le travail : une malédiction que l’homme a transformée en volupté. Œuvrer de toutes ses forces pour le seul amour du travail, tirer de la joie d’un effort qui ne mène qu’à des accomplissements sans valeur, estimer qu’on ne peut se réaliser autrement que par le labeur incessant — voilà une chose révoltante et incompréhensible. Le travail permanent et soutenu abrutit, banalise et rend impersonnel. Le centre d’intérêt de l’individu se déplace de son milieu subjectif vers une fade objectivité ; l’homme se désintéresse alors de son propre destin, de son évolution intérieure, pour s’attacher à n’importe quoi : l’œuvre véritable, qui devrait être une activité de permanente transfiguration, est devenue un moyen d’extériorisation qui lui fait quitter l’intime de son être. Il est significatif que le travail en soit venu à désigner une activité purement extérieure : aussi l’homme ne s’y réalise-t-il pas — il réalise… »

Il est difficile, dans ces conditions, de trouver d’autre vertu au travail que de permettre de consommer dans les démocraties de Marché. Bref, ceux qui ne travaillent pas s’ennuient, ceux qui travaillent s’ennuient également. Tous parlent du travail comme d’une activité extérieure à eux-mêmes…

Pire encore, le capitalisme ainsi globalisé éclaire d’un coup de projecteur une de ses vérités fondatrices, mais qui constitue une insoutenable révélation pour les hommes ; à savoir : l’entreprise est faite pour créer des richesses, pas des emplois. Les salariés ne sont qu’une variable d’ajustement. Un mal encore nécessaire, dans un monde ou le travail salarial est amené à disparaître.
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Venezuela : fièvre consumériste après la dévaluation

Les consommateurs se sont rués sur les magasins au Venezuela pour acheter téléviseurs et autres réfrigérateurs, de peur d’une flambée des prix des produits importés après la dévaluation de la monnaie locale, le bolivar, et l’instauration d’un double taux de change.

Depuis samedi, nous avons triplé nos ventes,” sourit Robinson, propriétaire d’un magasin d’électroménagers pratiquement dévalisé depuis que le gouvernement a annoncé vendredi la dévaluation de sa devise, qui s’échangeait depuis 2005 au taux de 2,15 bolivars pour un dollar. A partir de ce lundi, elle s’échangera à 2,60 bolivars pour un dollar pour les importations des produits de base (santé, alimentation, équipements) et à 4,30 bolivars pour les autres (voitures, télécommunications, électronique…)

Le gouvernement entend ainsi doper la production nationale dans un pays qui importe la majorité de ses marchandises, mais l’opposition redoute un renforcement de l’inflation qui a déjà atteint 25% en 2009.

Le président socialiste Hugo Chavez a menacé dimanche d’exproprier les commerçants en cas de valse des étiquettes et la garde nationale a occupé lundi un supermarché accusé d’avoir augmenté ses prix de manière abusive.

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Sondage – Les Français et l’économie : une nation de schizophrènes ?

Un sondage TNS-Sofres a été réalisé fin octobre pour essayer de décrypter le complexe rapport des Français à l’économie et à l’entreprise. Le résultat en est troublant.

Il a été demandé si certains mots évoquaient des valeurs positives ou négatives. Certains termes sont sans surprise des valeurs-repoussoir : mondialisation, capitalisme, profit, libéralisme (avec respectivement 73, 72, 56 et 53% d’opinions négatives).

D’autre résultats sont plus surprenants : la nationalisation est majoritairement une valeur négative, tout comme le protectionnisme (52%/48%) ; l’entreprise privée (28% négatif) est mieux vue que l’entreprise publique (33%) et que l’administration (51%). Enfin, les valeurs travail/argent/consommation sont plébiscitées (84%/71%/66% de positif), mais aussi… le temps libre (94% de positif).

On peut dire que ces simples attributions sont bourrées de paradoxes : le libéralisme est majoritairement repoussé, mais les nationalisations aussi (retour du “ni-ni” ?) et, plus surprenant, les Français ont plus confiance dans le privé que le public. Le capitalisme et le profit sont conspués, mais pas l’argent et la consommation. Le travail est une valeur-refuge (une des explications de l’élection de Nicolas Sarkozy ?), mais le temps libre aussi (donc, a priori, pas de remise en cause des 35 heures).

Ces multiples paradoxes montrent que les français sont perdus. Mais, surtout, qu’une dichotomie (voire schizophrénie) croissante s’opère entre l’individu-consommateur qui ne veut pas changer son mode de vie (consommation, protection de l’Etat, pollution) et l’individu-citoyen qui ne veut pas subir les conséquences des actes de l’individu-consommateur (capitalisme effréné, taxes, dégradation de l’environnement). Lire la suite

Le pire s’avance à pas de loup

Par Jacques Attali

Quand, enfin, se rendra-t-on compte que le discours de bien des gouvernants, depuis des mois, sur le retour de la croissance, l’efficacité du G20 et la fin de la crise ne sont que des mascarades? Non seulement rien n’est réglé, non seulement aucune mesure réellement sérieuse n’a été prise, mais encore la gestion de la crise n’a fait, jusqu’à présent, que grossir l’avalanche qui déboulera sur les générations suivantes.

D’abord les faits : la croissance, dans nos pays, ne repart pas et le chômage, considérable, réduit la capacité des gens à consommer et à rembourser leurs crédits.

En France, 4,7 millions sont en situation de ne pas avoir autant d’heures de travail qu’ils souhaiteraient, ou de ne pas en avoir du tout. Aux États-Unis, ils sont 17,5% dans ce cas, et ceux qui travaillent ne sont occupés en moyenne que 33 heures par semaine. La durée du chômage s’allonge partout. Le commerce mondial se contracte.

La baisse des prix mondiaux et celles du dollar et du yuan fabrique du chômage et pousse encore plus les consommateurs à rechercher les produits à bas prix, ce qui détruit plus encore d’emplois.

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Les Français prennent leurs distances avec la consommation


La crise économique, qui a renforcé la crainte des Français de tomber dans la pauvreté, a engendré une prise de distance vis-à-vis de la consommation et un effritement de la confiance dans les marques.

Une étude d’Harris Interactive sur le consommateur de l’après-crise a été menée en ligne en mai 2009 en France, au Royaume-Uni et aux États-Unis, auprès d’un échantillon de 2.400 personnes représentatif de chaque population, selon la méthode des quotas.

Les Français considèrent que la crise est très profonde, il y a une désespérance française,” dit Laurent Habib, PDG de l’agence Euro RSCG C&O. “Les projections des Français très pessimistes renvoient à la crainte de la pauvreté,” ajoute-t-il. “Pour les Anglais et les Américains, c’est une crise financière, en France c’est une crise sociale.”

Les Français ont peur de perdre leur emploi, qu’on privatise, qu’on ferme les entreprises en province,” déclare-t-il. “Tout ce qui désorganise l’ordre social est terrorisant.” Selon l’étude, sept Français sur dix pensent que les jeunes seront “plus touchés” par la crise que les autres.
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