« The Shape of things to come (*) » : la géopolitique américaine comme tautologie

(*) À quoi ressemblera l’avenir

Franklin D. Roosevelt dit un jour : « En politique, rien ne se produit par accident, si cela arrive, vous pouvez être certain que cela a été voulu ainsi. » Cette vision déterministe des événements, qui contrevient à la pensée de David Hume pour qui association d’événements n’implique pas causalité, sous-entend le rôle de ceux qui élaborent les scénarios pour l’avenir, forment les tendances dont se nourrissent les élites politiques, économiques, militaires voire académiques [1].

Sans prétendre parler d’une seule et même voix, les scénarios développés par les géopoliticiens américains se font écho les uns aux autres et établissent des lignes de forces et des récurrences qui petit à petit dessinent l’avenir. Ces prophéties auto-réalisatrices ne forment-elles pas une vraie théorie de la révolution mondiale en ce début de 21ème siècle ?

S’il y a une approche géopolitique qui s’impose, c’est celle de la nouvelle hégémonie américaine dématérialisée, suivant la « Joint Vision 2020 » et sa « Full Spectrum dominance » par laquelle les Etats-Unis prétendent vaincre n’importe lequel de leurs adversaires avec ou sans allié [2].

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De l’Ukraine à l’Eurasisme

Les chroniques de la vieille Europe recevait sur Radio Courtoisie Pascal Gauchon, rédacteur en chef de la nouvelle revue de géopolitique Conflits à propos de son dossier “Eurasie, le grand dessein de Poutine”.

2013, année Poutine. Le journal britannique The Times l’a nommé homme de l’année, le magazine américain Forbes l’a placé en tête des « personnalités les plus puissantes de la planète ». Jusqu’aux jeux Olympiques de Sotchi qui ont tourné à son avantage, alors que certains médias prédisaient le désastre… 2014, nouvelle année Poutine ? Sa feuille de route tient en un mot : Eurasie, un mythe auquel il entend donner un sens concret. Il s’agit de rassembler autour de la Russie les nations qui lui sont liées par la géographie et l’histoire. Avec cependant une première pierre d’achoppement, l’Ukraine. (extrait de Conflits n°1)

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Dans la crise ukrainienne, les USA ont un problème de crédibilité

Eugene Robinson (né le 12 Mars, 1954) est un chroniqueur de la presse écrite américaine  et ancien rédacteur en chef adjoint du Washington Post. Ses colonnes sont éditées par le Washington Post Writers Group, et il est membre de l’Association nationale des journalistes noirs. Il a remporté le prix Pulitzer en 2009. Dans une tribune libre parue dans le Washington Post du 04 mars 2014, il livre son analyse sur la crise ukrainienne et l’attitude des USA.


Soyons réalistes. C’est une chose d’affirmer que la reprise de la Crimée par la Russie ne peut rester sans réponse, comme l’ont proclamé de nombreux sages de la politique étrangère. C’en est une autre d’agir en ce sens.

Est-ce seulement moi, ou la rhétorique employée a propos de la crise en Ukraine sonne comme si tout Washington souffrait d’amnésie ?

Nous sommes supposés être choqués – choqués! – qu’une grande puissance militaire puisse concocter un prétexte pour envahir une nation plus petite et plus faible ? Je suis désolé, mais tout le monde a-t-il oublié les événements malheureux en Irak il y a quelques années ?

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Universités : Epidémie de désabonnements aux revues scientifiques

Echec des négociations, restrictions budgétaires… et les chercheurs dans tout ça ? Depuis le début de l’année 2014, une épidémie de désabonnements aux revues scientifiques s’abat sur les chercheurs de France et d’ailleurs. Retour sur cette hécatombe dont les premières victimes sont les chercheurs et les étudiants.

« UPMC vs Science. Fight ! »

Tout d’abord, ce sont les désaccords grandissants entre éditeurs et groupements chargés des négociations qui cristallisent les échanges. Un exemple flagrant, et non des moindres, est celui du cas « UPMC vs Science  ». Cette semaine, l’Université Pierre et Marie Curie (UPMC) annonçait son désabonnement à la revue Science. Selon la page du site de l’UPMC, l’éditeur de la société savante AAAS voulait imposer une augmentation de +100% sur le prix des abonnements (réduit ensuite à 47%).
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La guerre mondiale en miettes

Dans une lettre datant de 1899 le jeune Churchill avouait ses rêves de gloire militaire et son désespoir devant un monde qui allait désespérément vers la paix universelle. Churchill, comme la plupart de ses contemporains, était alors persuadé que la « mondialisation » de la fin du XIXe siècle allait entraîner la paix par la prospérité et l’interdépendance des économies. La guerre entre nations européennes paraissait alors comme une « grande illusion » pour reprendre le titre du livre de Norman Angell-Lane paru en 1910.

Par Michel Goya

En réalité, cette première mondialisation avait surtout exacerbé les sentiments nationaux et engendré de nouvelles ambitions chez les nations qui en avaient profité.
On est passé en quelques années d’un sentiment de paix généralisée aux deux conflits mondiaux. La grande illusion n’était pas celle que l’on croyait.
La fin de la guerre froide et les bienfaits de la mondialisation démocratique et libérale ont suscité des espoirs similaires de fin de la guerre.
Les faits ont semblé leur donner raison puisqu’après avoir régulièrement augmenté depuis 1945, le nombre de conflits diminue depuis 1991. Les statistiques du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) confirment un rapport de l’Human Security Center montrant en 2005 qu’il y avait alors presque deux fois moins de conflits qu’à la fin de la guerre froide. Le phénomène qualitatif majeur de cette évolution concerne l’extrême raréfaction des conflits interétatiques concluant ainsi une tendance observée depuis la fin des années 1970. La première décennie du XXIe siècle, n’a connu que trois conflits de ce type, soit seulement environ 10 % du total, phénomène d’autant plus spectaculaire qu’il n’y a jamais eu autant d’Etats dans le monde.

Le piège technologique de la cyberguerre

Le prochain numéro de la  dirigée par Jeremy Ghez porte principalement sur la cyberguerre. Infoguerre publie un extrait de l’article que Christian Harbulot a rédigé dans ce numéro spécial.

Par Christian Harbulot

La cyberguerre est née dans la confusion des genres (1) illustrée par la terminologie qui a fleuri ces dernières années : « cyberespace, cyberguerre, cyberdéfense, cyberstratégie, cyberattaque, cyberhacktivisme, cybercriminalité ». L’absence de doctrine française (2) sur le sujet entretient un flou conceptuel qui freine la prise de conscience des principaux intéressés (appareil militaire, structures de sécurité, acteurs économiques, société civile).

Lorsque le pouvoir politique ne saisit pas l’enjeu stratégique, la problématique se dilue souvent dans des considérations techniques avec, dans le meilleur des cas, quelques avancées sur le terrain défensif.

La clarification du concept de cyberguerre passe d’abord par une étude détaillée de la conflictualité propre à la société de l’information.

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LEAP : La géopolitique, détonateur du nouveau grand choc mondial

Communiqué public du LEAP (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique), 15 octobre 2012)

Nous avons anticipé depuis plusieurs mois un choc majeur pour l’économie et la stabilité politique globale pour l’automne 2012. Nous maintenons cette “alerte rouge” et ferons le point mi-novembre 2012, en parallèle avec notre analyse annuelle des “risques-pays” 2013, sur l’état du monde à cette date.

Ces dernières semaines, comme prévu par notre équipe, la situation géopolitique mondiale s’est rapidement dégradée : le conflit syrien est devenu un conflit régional dans lequel les grandes puissances tentent désormais de ne pas être entraînées au-delà des limites qu’elles se sont fixées (1) ; le nord du Sahel (Mali, Niger…) se prépare à une nouvelle confrontation militaire entre Islamistes et Occidentaux (2) ; la mer de Chine s’est transformée en zone de conflits « tièdes » tous azimuts avec Japon et Chine au cœur du chaos en gestation (3) ; les grandes économies mondiales entrent toutes en récession (4) ; l’agitation sociale s’accroît tout comme la pression fiscale… et il n’y a plus de liquidités disponibles (même les QE ont une efficacité en chute libre (5) ) comme c’était encore le cas en 2009.
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La femme qui sait ce qui déclenchera la 3ème Guerre mondiale

Née en Zambie de parents économistes, diplômée à Harvard et Oxford, embauchée par la Banque mondiale et Goldman Sachs, Dambisa Moyo l’affirme : la tension autour des ressources naturelles grandit de jour en jour, en particulier face à la montée de la demande chinoise. Et les conséquences pourraient être catastrophiques…

La Chine est devenue, ces dernières années, une très grosse consommatrice mondiale de ressources naturelles. Le fer, le cuivre, le pétrole, le soja, le blé… Pour soutenir son énorme croissance et les nouveaux besoins et désirs de sa population, elle sécurise ses approvisionnements et tente d’en obtenir de nouveaux. Mais elle est loin d’être la seule.

En 1950, la population mondiale ne dépassait pas 2,5 milliards d’habitants. L’année dernière, elle a dépassé les 7 milliards, et certaines projections la font atteindre les 10 milliards en 2050. Et avec le taux de croissance des économies émergentes, ce seront près de 2 milliards de personnes qui rejoindront les rangs de la classe moyenne en 2030. Lire la suite

2012-2016 : Les Etats-Unis insolvables et ingouvernables (3ème partie)

Dans ce troisième extrait, rendu public le 10 avril 2012 et faisant suite à ceux diffusés le 02 avril 2012 et le 28 mars 2012, de son numéro du 15 décembre 2011, le Laboratoire Européen d’Anticipation Politique poursuit son analyse relative à l’avenir des Etats-Unis pour la période 2012-2016.


Emeute du Black Friday à Fresno (Californie) pour des consoles de jeux vidéos, le 25 novembre 2011

La détérioration du tissu socio-économique et socio-politique des Etats-Unis est un phénomène qui s’est engagé il y a déjà une quarantaine d’années. Dans de précédents [numéros], nous avons souligné l’importance des ruptures du tournant des années 1970 dans la dynamique américaine : fin du lien fixe entre le dollar et l’or, défaite dans la guerre du Vietnam, « impeachment» du président Nixon, dernière période des grandes inventions/aventures scientifiques US (conquête spatiale, Internet…), etc. Lire la suite

Un monde dans tous ses états

Fin de croissance à crédit et des folies financières, imprudence des banques, explosion de la dette publique, démographie galopante, aggravation des écarts de richesse, urbanisation tentaculaire, changement climatique, raréfaction des ressources, généralisation de la pollution, effondrement de la biodiversité, risques persistants de conflits, “gouvernance” mondiale introuvable, convulsions dans la zone euro… : aujourd’hui, tous les voyants sont au rouge.

Nous vivons la plus importante séquence de bouleversements des équilibres de la planète. Si la plupart d’entre nous, surtout en Occident, s’en inquiètent, d’autres y voient une renaissance, une chance historique pour qu’advienne un nouvel équilibre des rapports mondiaux.

Jacques Attali dénonce le manque de transparence du G20

Dans le cadre d’une conférence sur l’état actuel de la crise, l’économiste français regrette le manque de régulation des marchés financiers à l’échelon international.

« Si nous continuons comme cela, la mondialisation se terminera en somalisation ». Devant un parterre de financiers réunis ce mardi à Vevey à l’initiative de la société financière Coninco, Jacques Attali n’a pas hésité à utiliser l’image d’un pays en guerre pour affirmer la nécessité d’instaurer des règles sur les marchés financiers. « Car sans règles, le marché ne peut rester global. Il recule et risque de provoquer des conflits entre pays comme ce fut le cas lors des deux guerres mondiales ».

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Le pari risqué de la Fed pour stimuler l’économie américaine

La Banque centrale américaine s’apprêtait mercredi à annoncer une initiative très risquée censée stimuler l’économie des Etats-Unis. La Fed rachèterait pour 500 à 1.000 milliards de dollars (356 à 713,7 milliards d’euros) de dette du gouvernement fédéral afin de faire baisser les taux d’intérêt à long terme, déjà extrêmement faibles.

Le rachat se ferait par blocs de 100 milliards par mois et commencerait probablement immédiatement. Il s’agirait d’un « assouplissement quantitatif », ou « QE2 » [quantitative easing n°2], en jargon d’économiste. Entre 2008 et le début 2010, la Fed a déjà dépensé environ 1.700 milliards de dollars (1.213 milliards d’euros) pour racheter des créances aux banques et stabiliser ces établissements.

Cette fois, la Fed rachèterait des bons du Trésor aux banques, ce qui fournirait à ces dernières des liquidités à prêter aux consommateurs. Acquérir d’aussi grandes quantités de bons du Trésor fait baisser les taux d’intérêts car la demande en bons du Trésor fait monter les prix et baisser le rendement. Or, les taux d’intérêts sont liés au rendement. Des taux d’intérêt plus bas encouragent les gens à emprunter de l’argent pour un crédit immobilier, par exemple.

Parallèlement, des taux d’intérêts bas rendent des investissements relativement sûrs comme les bons moins attractifs, ce qui incite les entreprises et investisseurs à s’équiper ou acheter des actions cotées. La Bourse grimpe et les Américains consomment. Le commerce tourne, l’emploi repart à la hausse et un cercle vertueux de dépense et d’embauche.

Mais de nombreux analystes et même certains partisans du plan de la Fed estiment que la manoeuvre comporte aussi des dangers. Cela pourrait affaiblir davantage le dollar et déclencher des conflits commerciaux avec d’autres pays ; les courtiers en bons pourraient être amenés à croire qu’une accélération de l’inflation se profile, ce qui ferait monter les taux d’intérêt, au grand dam de la Fed.

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Le nombre des plans sociaux a plus que doublé l’an dernier

Le ministère du Travail a recensé plus de 2.200 plans sociaux l’année dernière, soit plus du double par rapport à 2008. Désormais, les salariés concernés se mobilisent parfois davantage pour obtenir des indemnités plus importantes que pour sauvegarder l’emploi. Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en janvier sera connu aujourd’hui [24 février 2010].

Cliquez sur le graphique pour l'agrandir

Ce n’est pas à proprement parler une surprise, mais 2009 risque bien de rester dans les mémoires et les statistiques comme une année particulièrement noire sur le plan social.

Selon les recensements du ministère du Travail, le nombre de plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) a plus que doublé l’an passé, à 2.242 cas, contre 1.061 en 2008 et 957 en 2007. Un record depuis au moins dix ans, date de la publication de la série longue par le ministère.

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La crise des années 2010, en dix épisodes

Par Olivier Demeulenaere

Une nouvelle décennie vient de s’ouvrir, avec son lot d’incertitudes et de menaces. J’en ai retenu dix, un choix évidemment subjectif et restrictif, tant nous nous avançons aujourd’hui en terre inconnue.

La « crise des années 2010″ (Jean-Claude Werrebrouck) nous frappe déjà de plein fouet, mais bien malin qui pourrait dire ce que l’avenir nous réserve. Ce qui suit est donc une fiction, un simple exercice d’anticipation. Chacun des épisodes successifs évoqués ci-dessous n’est qu’une projection poussée à l’extrême. La probabilité que l’ensemble du scénario se réalise dépend d’une multitude de paramètres et d’un enchaînement – ou emballement – des faits a priori peu vraisemblable. Comme dit le vieil adage, le pire n’est jamais sûr. Ce qui ne dispense pas de s’y préparer. Lire la suite

Les maîtres de l’eau

Une grande partie de la population mondiale manque désespérément d’un accès à l’eau. Enjeu majeur, l’eau est au coeur de nombreux conflits d’intérêts. Parfois, sa mauvaise répartition engendre un combat entre les habitants d’un même pays, comme cela a été le cas en Espagne autour d’un projet aujourd’hui abandonné.

Les conflits peuvent concerner un même fleuve, comme le Nil, qui opposent aussi bien l’Égypte, le Soudan que l’Éthiopie, ou encore l’Indus, revendiqué par le Cachemire et le Pakistan. Les projets gouvernementaux de contrôle de l’eau menacent parfois les pays voisins, comme celui de l’Inde qui se répercute sur le Bangladesh.

Partie 1:

http://www.dailymotion.com/video/xatqo8

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Néo-mercenaires : La guerre privatisée

Documentaire de l’émission “Le dessous des cartes.

Nées des décombres de la guerre froide, les sociétés militaires privées sont devenues des acteurs incontournables des conflits. Quel est leur rôle sur les différentes zones de combat dans le monde ?

Via le blog de Blueman

«L’Europe, une multinationale. Le pouvoir sans contrôle des [grandes] entreprises.»

Préface de l’ouvrage portant ce titre [Belén Balanyá, Ann Doherty, Olivier Hoedeman, Adam Ma'anit et Erik Wesselius : "Konzern Europa. Die unkontrollierte Macht der Unternehmen", Ed. Rotpunktverlag, Zürich 2001, ISBN 3-85869-216-6]

Par Peter Niggli, directeur d’Alliance Sud (organisation commune des six organisations de développement Swissaid, Action de Carême, Pain pour le prochain, Helvetas, Caritas et Eper pour les questions de politique de développement en Suisse).

Une réunion de l'ERT (European Round Table of Industrials - Table ronde des industriels européens) le 2 octobre 2008. Au milieu, José Manuel Barroso, Président de la Commission Européenne.

Les chauds partisans du néolibéralisme estiment que les décisions en politique économique risquent, dans les Etats nationaux à structure démocratique, de déboucher dans l’irrationnel.

En effet, dans ce contexte, les parlements et les gouvernements agiraient sous la prise de groupes d’intérêts et seraient, de plus, soumis aux décisions du corps électoral. Ceci les conduirait à décider constamment des dépenses inconsidérées et de décréter des lois qui limiteraient le fonctionnement de marchés libres et ouverts.

Il serait donc plus simple, selon ces mêmes partisans, que les gouvernements s’entendent entre eux – sur la base de négociations internationales – pour décider de règles «rationnelles» et favorables au marché libre. Dans ce cas, ils seraient moins soumis aux pressions de groupes et de partis qui influencent fortement l’opinion publique.

Ces règles décidées en commun, et les actes des acteurs internationaux qui en suivraient, agiraient en «chocs externes», comme par exemple le «choc pétrolier» des années soixante-dix, sur les économies nationales, obligeant ces dernières à se soumettre aux nécessités du marché mondial.

C’est dans ce sens que les gouvernements occidentaux, les politiciens et les journalistes économiques ont tenté de nous persuader, au cours de la décennie écoulée, que nous pouvions décider au niveau national tout ce que nous voulions, mais qu’il n’y avait aucune alternative face au marché mondial, au marché commun européen ou à la mondialisation et qu’il ne nous restait qu’à nous soumettre si nous ne voulions pas que l’économie s’effondre.

En même temps, nos gouvernements s’efforçaient de transformer le marché mondial ou le marché commun européen par des accords internationaux et des institutions, de telle façon que toute possibilité d’alternatives se trouvait réduite.

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La France, paradis des grévistes ?

La légende nationale, et aussi l’image de la France à l’étranger, veulent que nous soyons le pays de la grève, comme nous sommes celui aux 400 fromages.

Ce constat est grandement à nuancer, on le voit dans cette série d’articles :

- La France, pays des grèves, sur Acrimed.

- Des grèves partout, sauf dans les statistiques, sur le blog Ecopublix.

- Les pays qui font le plus la grève en Europe, sur L’internaute.

Globalement, sur une échelle longue, le nombre de journées “perdues” (sur l’ensemble de population active) par les grèves a tendance à baisser : environ 1 million par an dans les années 60, 150 millions en 1968 (!), 2 millions dans les années 70 ; au milieu des années 70 (début de la crise et du chômage de masse) s’amorce une décrue pour atteindre 500.000 en 1980, remonter à 780.000 en 1995 avec les grandes grèves “Juppé” et, désormais, osciller, selon les années et le climat social, entre 300 et 800.000. Des chiffres à relativiser en fonction du nombre d’actifs (environ 25 millions sur la période).

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Des guerres de l’eau à l’horizon

La seule véritable «guerre de l’eau» est intervenue entre deux cités-États de Mésopotamie… il y a quelque 4 000 ans.. Mais l’ONU presse les gouvernements d’intégrer la politique hydrique à leur agenda prioritaire.

Quand on entend parler du Yé­men, on pense souvent au recrutement de terroristes d’Al-Qaïda, comme l’auteur de l’attentat raté de Noël dans un avion de la Northwest Airlines. Mais la montée de l’intégrisme n’est pas la me­na­ce la plus grave à peser sur le Yémen. Le plus grand danger auquel doit faire face ce pays, c’est le manque d’eau.

La capitale yéménite, Saana, pourrait bientôt être à sec. «L’eau est la préoccupation principale des Yéménites au quotidien, selon Rianne Tenveen, qui travaille sur le terrain pour le Secours islamique. Ici, les gens passent une bonne partie de leur journée à réfléchir à la façon dont ils vont obtenir de l’eau et à se demander s’ils en auront assez.»

Selon les prédictions, les réserves d’eau de Saana – la capitale du pays – devraient être asséchées d’ici 2015. Il s’agit d’une mauvaise nouvelle pour le Yémen, mais aussi pour les pays voisins. «Le Yémen est un pays instable et a une économie en lambeau,» affirme Eugene Chausovsky, géopolitologue à la firme de renseignement Stratfor.

Selon l’ONU, le défi est maintenant de faire en sorte que les gouvernements intègrent la politique de l’eau à leur agenda prioritaire, au même titre que l’économie, l’énergie ou la sécurité. La coopération pour le développement doit y contribuer. Les innovations technologiques (notamment pour l’assainissement) et une coopération internationale accrue seront déterminantes pour prévenir les affrontements que pourrait susciter cette ressource en voie de raréfaction.

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