Les Français se montrent très pessimistes sur la situation économique du pays

La conjoncture économique de la France va s’aggraver cette année, selon 67% des Français qui, dans leur grande majorité, font dans ce contexte confiance aux PME pour “proposer des solutions constructives“, indique un sondage Ipsos diffusé mercredi matin.

Le pessimisme est de mise. Une large majorité de Français se montre en effet, inquiète quant à l’avenir de leur pays, à en croire un sondage de l’institut Ipsos et l’agence Comfluence, réalisé pour l’Ofop (Observatoire des fédérations et des organisations professionnelles) diffusé ce mercredi matin. 67% des personnes interrogées pensent ainsi, à l’instar de Bruxelles qui a dévoilé mardi ses prévisions, plutôt pessimistes, pour l’Hexagone, que la situation économique de leur pays va s’aggraver cette année.

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Pesticides: 68% des français estiment que l’Etat n’en fait pas assez pour garantir une agriculture et une alimentation de qualité

Alors que la FNSEA organise ce jour des états généraux de l’agriculture afin de faire pression sur l’Etat pour affaiblir ce que le syndicat nomme « la lourdeur de la réglementation », un sondage IFOP effectué pour le compte d’Agir pour l’Environnement et Générations Futures relève que pour 68% des français, l’Etat n’en fait pas assez en matière de réglementation écologique pour garantir une agriculture et une alimentation de qualité.

A la question : « Diriez-vous qu’en matière de réglementation écologique régissant notamment l’utilisation de pesticides ou la gestion des élevages industriels, l’État en fait trop, suffisamment ou pas assez pour garantir une agriculture et une alimentation de qualité ? », seuls 5% des sondés répondent « trop », 20% « suffisamment » et 68% « pas assez ».

Ce sondage démontre de façon éclatante que les demandes de déréglementation du syndicat majoritaire ne rencontrent pas l’adhésion des Français. Ces derniers attendent au contraire une réglementation protectrice notamment en matière de pesticides et de gestion des élevages industriels.
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États-Unis : La classe moyenne vit « sa pire décennie de l’histoire moderne »

Un nouveau rapport publié mercredi affirme que la classe moyenne des États-Unis vit « sa pire décennie de l’histoire moderne » et que sa part du revenu national a baissé pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale.

Selon l’étude menée par le Pew Research Center, 85 % des Américains de la classe moyenne trouvent qu’il est aujourd’hui plus difficile qu’il y a 10 ans de maintenir leur niveau de vie. Le rapport affirme qu’ils ont perdu confiance en l’avenir.

La part du revenu de la classe moyenne a été surpassée par celle des plus riches, alors que les revenus médians stagnent et que la richesse se concentre au sommet.

Trois ans après la fin officielle de la récession, les Américains de la classe moyenne éprouvent encore des difficultés économiques.

« Le marché de l’emploi change, notre niveau de vie baisse, et les parents aux revenus moyens ont maintenant peur que l’avenir de leurs enfants soit pire que le leur », a expliqué Timothy Smeeding, professeur d’économie spécialisé dans les inégalités de revenus à l’Université du Wisconsin à Madison.

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Crise : Attali confiant pour l’Europe

L’économiste Jacques Attali, invité vendredi soir d’Europe 1 pour faire un bilan de l’année économique 2011, a fait ce constat : “L’Europe est bien mieux que les Etats-Unis. L’Europe a des déficits budgétaires inférieurs à ceux des Etats-Unis. L’Europe a une qualité de vie très supérieure. L’Europe a moins de chômeurs que les Etats-Unis. L’Europe a un niveau de vie supérieur aux Etats-Unis“, a-t-il listé.

D’où ce diagnostic : c’est pour ça que l’Europe est dans une position très, très favorable, contrairement à ce qu’on croit.

Le JDD

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Pour mémoire, le 24 novembre 2011 :

Jacques Attali : « Une chance sur deux pour que l’euro n’existe plus à Noël »

20 minutes

Suspense sur l’avenir de l’euro

Pour l’euro, les prochains jours seront décisifs. Plusieurs pays qui procèdent à des émissions de dettes vont passer le « test des marchés ». Le résultat, écrit la presse européenne, devrait révéler le niveau de confiance des marchés en la capacité des pays les plus fragiles de la zone euro à redresser leurs finances.

« Sous le regard de l’Europe, le Portugal affronte son premier grand test de l’année pour savoir s’il parviendra à sortir de la crise sans avoir recours à l’aide extérieure », expliquait Público au matin du 12 janvier.

« Une journée, poursuivait alors le quotidien, qu’Angela Merkel, Nicolas Sarkozy, Jean-Claude Trichet et tous les responsables politiques européens, vivront plus qu’aucune autre avec inquiétude pour l’avenir de l’euro ». Au final, Lisbonne a pu lever 1,25 milliard d’euros.

La veille, précisait le quotidien, « le gouvernement a joué sa dernière carte en annonçant un excédent de 800 millions d’euros par rapport au budget 2010 », ce qui, pour le journal, devait «contribuer à démentir les rumeurs sur l’imminence de l’aide exterieure». Le test portugais passé, « ce sera au tour de l’Italie, et de l’Espagne » le 13 janvier, écrit La Stampa.

Les prophéties auto-réalisatrices règnent sur la finance mondiale

Le quotidien italien met en garde contre les « prophéties auto-réalisatrices qui règnent aujourd’hui au sein de la finance mondiale », et cite une étude de la banque américaine Citygroup, pour qui « l’euro survivra à la crise, même si la teneur actuelle des fonds de secours européens, 421 milliards après le sauvetage de la Grèce et de l’Irlande, ne suffiront pas à couvrir les exigences de financement de l’Espagne, si elle aussi devait avoir besoin d’aide ».

Et si l’euro parvient à sortir de la crise actuelle, il le devra en partie à l’aide venue d’Extrême-Orient.

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Les classes populaires ne sont pas en banlieue

L’évidente rupture entre les classes populaires et la politique découle directement d’une vision erronée de la société française. « Le taux de pauvreté monétaire moyen dans l’espace rural en 2006 est de 13,7%, contre 11,3% dans l’espace urbain ». Les ruraux sont donc en moyenne “plus souvent pauvres”.

Antoine ou Louis Le Nain – Famille de paysans dans un intérieur (1642)

La compréhension géographique et sociale de la France doit s’émanciper du sens commun et de trop fréquentes représentations imposées pour retrouver le chemin d’une représentation réaliste et lucide de la France populaire. Il faut « chasser les mythes » comme aurait dit le sociologue Norbert Elias.

La vision déformée (et médiatique) de la géographie française qui résume les « quartiers populaires » aux banlieues à forte concentration de populations immigrées est réductrice et ne correspond pas à la réalité.

D’abord, concentrons-nous sur les faits. Il n’existe pas de jeunesse qu’en ville et, à fortiori, les « quartiers populaires » sont loin d’être tous concentrés dans les métropoles. Une nouvelle réalité sociale est née de la mondialisation néolibérale et s’incarne dans une géographie sociale nouvelle. La mutation de l’économie liée à la globalisation financière a engagé la mutation du territoire : la France ne ressemble plus à l’image que l’on se fait d’elle. Un puissant effet de persistance rétinienne a en effet empêché de comprendre les mutations à l’oeuvre.

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Les pauvres ne sont plus ce qu’ils étaient

Un nouvel article consacré à l’ouvrage de Christophe Guilluy vient de sortir, dépeignant l’analyse originale du géographe sur la situation de la pauvreté réelle en France.

On y apprend, notamment, que 85% des pauvres ne se trouvent pas dans les banlieues sensibles, chose que l’on peut facilement remarquer en regardant une simple carte du territoire, avec le PIB par habitant suivant les départements. Ou même, en remarquant que le taux de chômage n’est pas forcément proportionnel au nombre d’immigrés présents dans tel ou tel département.

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L’Europe en porte-à-taux

L’Europe a mal à ses taux. Entre la création de l’euro en 1999 et mi-2008, tous les pays de la zone euro ont emprunté sur les marchés à des conditions très avantageuses, c’est-à-dire allemandes. Un parapluie protecteur qui a été un avantage pour tous, mais a également permis aux pays de s’affranchir des contraintes de la dette en menant des politiques néfastes.

Le réveil est brutal et les dominos tombent: Grèce, Irlande, et le Portugal en ligne de mire. L’euro existe encore et personne n’en est sorti.

Mais avec cet éclatement des taux d’intérêts, c’est déjà une petite mort de la monnaie unique. Avant la grande?

Un petit coup de spread

La crise a popularisé un florilège de mots techniques, jusque-là inconnus du grand public et qui peuplent désormais les articles de journaux. Parmi eux, le spread. Chaque pays, pour financer sa dette, émet des obligations d’État. En France, ce sont les OAT (Obligations Assimilables du Trésor). Il s’agit de titres de crédit qui sont achetés par des emprunteurs à un taux donné (le taux d’intérêt) et pour une maturité donnée. La maturité est la durée de l’emprunt. La plus commune est de 10 ans et c’est celle qui est retenue pour les comparaisons internationales. Il existe de multiples théories sur la fixation des taux d’intérêt. Une manière simple de considérer la chose est que plus les emprunteurs ont confiance dans la capacité d’un pays à rembourser sa dette, plus celui-ci pourra emprunter à des taux d’intérêts bas.

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La zone euro aux mains des spéculateurs

La crise des monnaies européennes n’est pas terminée. La difficulté est d’enrayer la contagion, voulue par les spéculateurs, qui s’attaquent maintenant au Portugal et à l’Espagne…

Ça commence toujours de la même manière. Le matin, le Premier ministre exclut « absolument » toute intervention extérieure, assurant que son pays s’en sortira tout seul, avant d’accepter l’intervention de l’Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI). Et le soir, il est à la table des négociations. Vendredi, ils étaient deux dans le rôle de ceux qui n’ont besoin de personne : José Luis Zapatero, le chef du gouvernement espagnol et José Socrates, son homologue portugais.

L’inquiétude est contagieuse. Les États ne sont pas différents des ménages. Confiants, ils financent l’avenir en empruntant et comptent sur la croissance économique pour rembourser. Quand la croissance manque, la confiance s’en va.

Pourquoi ce jeu de dominos ?

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A quel prix un pays peut-il répudier sa dette ?

Par Loïc Abadie (N.B. : comme quoi, encore une fois, ne sont pas publiés que des auteurs partageant toutes les vues de fortune.fdesouche.com…)

La nouvelle poussée en cours de hausse des taux sur les pays les plus fragiles de l’Union Européenne (Grèce, Irlande et Portugal… pour l’instant) nous montre qu’à terme, il devient de plus en plus probable de voir plusieurs Etats européens incapables de faire face au remboursement de leur dette.

Quelles sont les conséquences pratiques du défaut d’un état sur l’économie d’un pays ?

La conséquence immédiate est bien entendu une forte dévaluation de la monnaie du pays touché, associée à une situation d’hyperinflation, et à une perte de confiance générale de la population conduisant à une chute de la consommation et à une récession profonde.

Mais si on va plus loin, on pourra distinguer trois grands cas de figure :

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Panique dans la zone euro

Jamais depuis la crise grecque du printemps dernier, un pays n’avait paru aussi vulnérable face aux marchés. Alors que l’idée d’un plan de sauvetage de l’Irlande se profile, la presse européenne s’inquiète des conséquences pour les autres membres de l’UE.

"Perdu tigre celtique..."

« L’Irlande vers une nouvelle crise financière », annonce la Frankfurter Runsdschau. Et chaque jour, le sort de l’économie irlandaise, affaiblie par la dette et des taux d’intérêt de plus en plus élevés, paraît plus alarmant pour l’ensemble de la zone euro. «Le refrain du déchirant acte II de la crise de l’euro a été entonné par Wolfgang Schäuble», constate de son côté la Berliner Zeitung.

Le ministre des Finances allemand demande qu’à l’avenir, les détenteurs d’obligations passent à la caisse lorsqu’un Etat membre de la zone euro devra être sauvé par les autres. « Pour les investisseurs, c’est une mélodie nouvelle », commente le quotidien : « Jusqu’à présent, ils supposaient que la zone euro rachèterait ses membres. […] Maintenant qu’ils croient devoir assumer un risque, il exigent des intérêts plus élevés ».

Le journal cite un membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), qui affirme que « les plans allemands mènent inéluctablement à des attaques spéculatives renforçant la crise ».

« La hausse des taux d’intérêt pourrait conduire l’Irlande et le Portugal à réclamer l’aide européenne », constate Diário de Notícias à Lisbonne. « L’UE se prépare à aider l’Irlande, dont les intérêts sur la dette ont dépassé les 9%. Le Portugal pourrait être le prochain à en avoir besoin, sauf si les marchés se calment ».

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Le Portugal pourrait devoir renoncer à l’euro

Le Portugal pourrait être contraint à renoncer à l’euro s’il ne parvient pas à former un gouvernement de coalition élargie capable de régler la crise financière, estime le chef de la diplomatie de Lisbonne, Luis Amado.

Pour le ministre des Affaires étrangères, la majorité et l’opposition doivent oeuvrer ensemble pour faire face à «une situation extrême». Le Portugal a pâti ces dernières semaines d’une dégringolade de la confiance des investisseurs, au moment où des tensions se manifestaient dans la zone euro sur la solidité de la politique budgétaire de l’Irlande. Ces craintes ont fait grimper les rendements à des montants les plus élevés depuis l’intégration du Portugal à l’euro.

«Le pays a besoin d’une grande coalition lui permettant de traverser la situation actuelle. Je crois que les partis (politiques) comprennent que la solution de rechange à la situation actuelle serait de quitter finalement l’euro. C’est une situation qui peut nous être imposée par les marchés.»

Grâce à un plan d’austérité drastique, le gouvernement socialiste portugais s’est fixé pour engagement un déficit limité à 4,6% du produit intérieur brut (PIB) l’année prochaine, contre une estimation à 7,3% cette année et à 9,3% l’année dernière.

Le vote du budget est désormais assuré au Parlement à la suite d’un accord trouvé avec le parti d’opposition. Cet accord était nécessaire car le gouvernement ne détient par la majorité au Parlement.

Les analystes doutent cependant que l’actuel gouvernement minoritaire aille jusqu’au bout de son mandat en 2013, et notamment parce que le PSD (opposition) est en tête dans les intentions de vote. Aux termes de la Constitution, les Portugais ne peuvent pas aller aux urnes d’ici mai 2011.

Les Échos

(Merci à JoeLeTaxi)

La perte de confiance envers les monnaies

Quelle monnaie mérite la confiance de l’épargnant qui chercherait à préserver son capital en vue de la retraite? La réponse n’est pas aisée. Mettre son épargne sous le matelas n’est plus possible. «Un homme de 30 ans qui projette de prendre sa retraite dans 30 ans doit calculer avec un facteur de dépréciation de 3», selon Guido Hülsmann, dans son récent ouvrage sur les monnaies.

Saint Thomas d'Aquin - 1225-1274

«C’est la pire instabilité monétaire depuis 3000 ans», selon le prix Nobel Robert Mundell. Existe-t-il une monnaie qui permette à l’épargnant de préserver son capital? Mettre son argent sous le matelas n’est plus possible. «Un homme de 30 ans qui projette de prendre sa retraite dans 30 ans doit calculer avec un facteur de dépréciation de trois», écrit Guido Hülsmann, dans son récent ouvrage sur les monnaies 1. La stabilité à long terme du pouvoir d’achat des monnaies (PAM) n’a jamais été soumise à pareille entreprise de démolition, pour ce professeur d’université et célèbre représentant de l’école libérale autrichienne. L’épargnant est pénalisé, sacrifié, forcé de se frayer un chemin dans le dédale des produits financiers pour préserver son capital.

L’épargnant est victime d’une inflation que l’auteur définit comme «l’augmentation de la quantité nominale d’un moyen d’échange au-delà de la quantité qui en aurait été produite sur le marché libre». L’expression «marché libre» signifie ici une «coopération sociale conditionnée par le respect des droits de la propriété privée». En ce sens, l’inflation est «une augmentation de la masse monétaire par une violation des droits de propriété». Elle n’est pas seulement redistributive, mais «elle crée ses avantages par la force», selon l’expert.

Dans son livre, l’auteur dépasse un cadre historique étroit pour présenter une théorie non consensuelle de la monnaie et intégrer les dimensions politiques et morales. Car pour ce démystificateur des politiques des banques centrales, le système monétaire est la cause de la montée du nationalisme et du centralisme étatique.

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« La déferlante est pour tous »

Par Philippe Grasset

(…) pour représenter la grande crise, (…) la houle n’a pas le caractère haché, brisé, infiniment brutal et puissant des grandes déferlantes que lève une tempête. S’il n’était galvaudé, le terme de tsunami, par la puissance, la vitesse et l’autonomie qu’il suggère, pourrait faire l’affaire. Certes, ce qui compte est bien cette autonomie de l’ampleur des océans, pour rendre l’universalité de la crise. La vague déferlante couvre toute l’étendue du monde.

On parle ici, vous l’avez compris, de la vraie grande crise, qui est, à notre avis, la crise eschatologique, – crise de l’environnement ou crise climatique (on ne dit pas global warming [réchauffement global] pour ne pas voir déferler en houles multiples les vagues contestataires). C’est la crise de notre univers, qui va des matières premières au climat, des cadres de nos vies à notre survie même, et qui touche absolument tous les domaines. Il nous restait à mesurer la charge psychologique, symbolique, métaphysique de cette idée d’une “crise de notre univers”, – et nous y sommes.

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Si l’Islande refuse de banquer…

[N.B. : Le premier et le dernier de ces trois articles sont antérieurs au référendum par lequel les Islandais se sont massivement prononcés contre le remboursement, par leur pays, de la dette "Icesave". La rédaction de Fortune]

I – Si l’Islande refuse de banquer…

Faut-il faire payer par le contribuable l’incompétence des banquiers ? C’est la question à laquelle doit répondre le pays lors du référendum du 6 mars. Alors que le krach ne cesse de révéler les dérives d’une oligarchie, la révolte gronde.

“On va faire comme les paysans français !” avait promis l’un des activistes. Las ! le camion de fumier qui devait être déchargé devant le siège de l’Islandsbanki, sur le front de mer de Reykjavik, n’est pas arrivé à temps. Les protestataires en sont réduits à klaxonner bruyamment sur le parking, sous une bourrasque de vent glacé. “Nous voulons dire haut et fort notre refus de payer, nous simples citoyens, pour les fautes commises par les “banksters”", explique Svein, vendeur de voitures et l’un des organisateurs de la manifestation.

Des traites mensuelles multipliées par sept

Bankster, cette contraction des mots anglais banker (banquier) et gangster, s’impose dans le débat public depuis quinze mois. Précisément, depuis octobre 2008, date de l’implosion du système financier, sous l’effet d’une hyperspéculation incontrôlée. A l’automne 2008, l’Etat doit nationaliser en catastrophe les trois banques principales de l’île, récupérer les dettes et gérer l’explosion du coût du crédit qui frappe les ménages.

Mais, quinze mois après, comment payer la note ? Les contribuables islandais, normalement placides, refusent que leurs impôts, garantie d’un Etat providence généreux, épongent le passif creusé par les agissements troubles de financiers et hommes d’affaires. C’est tout un peuple qui se révolte contre des banquiers qui jurent qu’ils ne savaient rien de la catastrophe annoncée.

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Vers la fin du clivage gauche-droite

Par Laurent Pinsolle

C’est un sondage passionnant que le Cevipof a fait réaliser par la Sofres. Il mesure l’opinion des Français à l’égard des institutions politiques et économiques. Il recèle de nombreuses pépites qui montrent que les ingrédients pour un big bang politique semblent se rassembler.

Un rejet très fort des élites

En effet, si 69% des Français font confiance à leur conseil municipal et 65% à leur conseil général ou régional, 55% ne font pas confiance à l’Union Européenne, 64% à l’Assemblée Nationale, 65% à la présidence de la République et 68% à l’égard du gouvernement.

En clair, deux tiers des Français ne font plus confiance aux hommes politiques nationaux. Il faut dire que 78% de la population pense que les responsables politiques se préoccupent peu ou pas du tout de ce qu’ils pensent.

La défiance à l’égard des institutions se retrouve partout. Les Français ne font plus confiance aux banques, ni aux grandes entreprises, qui ne pensent qu’à leur profit.

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L’escroquerie monétaire mondiale

Par Eberhard Hamer (N.B. : cet article date de 2005)

La manipulation actuelle des systèmes de la monnaie et des changes constitue le scandale le plus important et aux conséquences les plus marquées de notre époque. Pour la première fois, l’escroquerie monétaire atteint des dimensions mondiales, car elle a lieu sur toute la planète, elle ne peut plus être contrôlée, arrêtée ou empêchée par aucun gouvernement et elle a même lieu de manière formellement légale, conformément à des lois nationales désuètes.

Toutefois, il est certain que l’escroquerie monétaire, comme toute autre escroquerie, ne peut pas enrichir à long terme les malfaiteurs par l’appauvrissement de leurs victimes, puisque l’on ne peut abuser d’aucun système monétaire libéral à long terme.

Selon la théorie financière, la monnaie est un moyen d’échange légalisé, qui conserve de surplus sa valeur. C’est pourquoi elle était jadis un monopole de l’État (droit de battre monnaie). Les pièces d’or, d’argent et de cuivre qui circulaient comme monnaie étaient battues par l’État. Celui-ci garantissait aussi la pureté du métal et le poids des monnaies, de sorte que l’on savait à tout moment, dans le pays comme à l’étranger, quelle était la valeur de chaque pièce. Ainsi, les pièces de monnaie étaient simultanément moyen d’échange et valeur durable.

• Mais pour battre monnaie, l’État doit avoir de l’or et de l’argent. Il était donc important qu’il disposât de mines d’argent, par exemple (Rammelsberg près Goslar), ce qui lui permettait de battre des monnaies supplémentaires en argent. Inversement, les citoyens savaient que l’État ne pouvait battre monnaie que dans la mesure où il disposait des métaux précieux correspondants. L’approvisionnement en métaux précieux était donc la base de la monnaie de métal précieux en circulation (monnaie d’or en circulation).

De la monnaie réelle à la monnaie fiduciaire
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L’Islande ou le caractère démoniaque de l’argent

Par Bruno Bandulet (Allemagne)

Comment un des pays les plus riches du monde s’est effondré d’un jour à l’autre, et les leçons à en tirer.

A l’été 2006, lorsque je me suis rendu en Islande pour observer le miracle économique au cercle polaire et m’entretenir avec des représentants de la Banque centrale et de Kaupthing, la plus grande banque privée, il était inimaginable que cette économie très développée puisse s’effondrer en quelques jours en octobre 2008.

Le PNB par habitant était plus élevé que celui des Etats-Unis, de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne. Le système de retraites par capitalisation était exemplaire, la dette publique ne représentait que 27% du PIB, le budget était excédentaire, la solvabi­lité des emprunts d’Etat était jugée AAA (notation supérieure) et le système fiscal était, avec ses taux peu élevés, un modèle pour l’Europe toute entière.

Certes, dès 2006, l’endettement important du secteur privé et l’énorme déficit de la ba­lance des paiements courants (cf. Gold&Money Intelligence, août/septembre 2006) révélaient des risques, mais dans les deux années qui suivirent, ce sont des facteurs aggravants qui ont causé l’effondrement du système financier et économique.

En 2008, année fatidique, ce petit pays qu’est l’Islande est devenu un laboratoire et une menace pour tout le système financier occidental fondé sur de l’argent sans couverture. Et la question se pose de savoir si un phénomène semblable pourrait se produire à l’avenir dans d’autres pays.
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Des Français modestes convertissent leurs économies en or

Inquiétés par la bulle sur les actifs, les investisseurs et particuliers achètent en masse de l’or… créant ainsi une nouvelle bulle, déconnectée de toute réalité économique ! Un constat dressé par Nouriel Roubini, l’économiste qui, lui, avait vu venir la crise de 2008…

( Extrait du Parisien du lundi 21 décembre 2009, page 8 )

Entre ses deux doigts, la commerçante de Colmar serre une brique rutilante frappée de lettres solennelles : «Feingold 999,9.» Cette fondée de pouvoir dans le négoce d’or a de quoi sourire.

En un an, le cours de l’or a bondi de 30%. Aucune demande industrielle derrière ce boom, ni épuisement d’une mine : sur les marchés, l’or est le refuge des capitaux inquiets. Mais pourtant, la reprise est là, puisque tout le gouvernement le dit ! A moins que…

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Qui a peur des mots ? Sortir de la crise économique… et de la crise du langage

Il n’est question ni de rigueur ni d’austérité, mais de plan de relance. Le licenciement a fait place à la restructuration, la fermeture d’usine à la délocalisation, la récession à la maîtrise de l’inflation…

Dans l’éditorial du dernier numéro de CB News, Christian Blachas analyse ce qu’il nomme la « nouvelle sémantique ». : « Le XXIème siècle a inventé un nouveau langage issu de deux courants profonds : le politiquement correct (personnes à mobilité réduite, non-voyants, mal-entendants…) et le discours hypocrite qu’on pourrait aussi intituler mensonge ou gros pipeau. Pour masquer la dure réalité des faits, on invente des mots et des expressions destinés à faire passer la pilule. »

Une novlangue aux effets contre-productifs

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Crash Course – 6

Prêt à apprendre tout ce que vous devez savoir sur l’économie dans le plus court laps de temps ?

Chapitre 6: Qu’est L’Argent?

Avant de commencer notre voyage à travers l’économie, l’environnement et l’énergie, nous avons besoin de partager une compréhension commune de cette chose appelée l’argent.

L’argent est quelque chose avec laquelle nous vivons si intimement chaque jour qu’il a probablement échappé à notre attention.

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La Turquie s’éloigne de l’Occident, comme le reste du monde

La Turquie et toutes les nations émergentes, rendues confiantes par leurs succès économiques, s’émancipent d’une tutelle occidentale moralisatrice de plus en plus mal supportée, écrit l’éditorialiste Semih Idiz, dans le quotidien turc Hürriyet.

Le best-seller de Fareed Zakaria titré « Le monde post-américain et l’essor du reste du monde » est une lecture fascinante, un livre prémonitoire. La question de l’Iran s’inscrit parfaitement dans cette perspective. Le problème va bien au delà des actuelles ambitions nucléaires de Téhéran. Cette affaire est en train de se transformer en une impasse qui dessine une nouvelle division du monde.

Cette division peut être caractérisée ainsi : « L’Occident et le Reste du monde », pour reprendre l’expression de Zakaria. Le développement de pays comme l’Inde, la Chine, le Brésil et la Russie – en d’autres termes « le Reste » – dessine un nouveau paysage mondial qui ne répond pas aux vœux de l’Occident.

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L’Addictature : la tyrannie de la dépendance

«L’addictature», c’est la dictature du système marchand, mondialiste et médiatique à travers l’addiction : l’addiction aux images, l’addiction à la consommation ; notamment par la prise du contrôle des esprits par les publicitaires et la décérébration scientifique, une addiction à la consommation, à la publicité et au commerce, qui est la principale cause du politiquement correct. C’est le chef d’entreprise, le publicitaire et l’éditorialiste qui cherchent à éviter tout ce qui peut nuire à un « bon climat », ce qui les conduit à privilégier le conformisme et à craindre la liberté de l’esprit.

1/ Consommer c’est détruire

Londres, été 2000, à proximité du célébrissime Hyde Park, une réunion se tient dans les locaux d’une agence de publicité regroupant une vingtaine de «marketeurs» du monde entier… Face à l’agence, un panneau publicitaire de 4 mètres sur 3 attire l’attention du passant, dérange la bonne société londonienne et émerveille nos jeunes cadres un brin efféminés, grands prêtres de l’impact pour l’impact, adeptes des idées décalées qui «feraient bouger le monde», ennemis jurés de la normalité d’emblée jugée réactionnaire ou simplement emmerdante.

Sur l’affiche géante : une femme septuagénaire ridée comme une pomme, le visage révulsé et bestial, un corps misérable au deux tiers dénudé, simplement sanglé dans une combinaison sado-maso de latex noir clouté ; dans sa main droite un fouet hérissé d’épines de métal, dans sa main gauche une boîte de pastilles à la menthe et un « claim », une signature, un message : «Draw the pleasure from the pain» (tirez votre plaisir de la souffrance).

Un clin d’œil bien british à la gloire du menthol contenu dans ces anodines pastillettes, mais qui pourrait en dire long sur la dégradation de notre rapport au monde, ô combien tourmenté.

Et si consommer, c’était consumer et se consumer, altérer l’objet et s’altérer soi-même… et si consommer, c’était avant tout détruire ?

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La crise de la dette : une menace pour le modèle social européen

Retraites, régimes d’indemnisation du chômage, allocations diverses… Les systèmes de protection sociale mis en place en Europe après la Seconde Guerre mondiale sont aujourd’hui confrontés à une menace majeure avec la crise de la dette, qui pousse les États à réduire leurs dépenses.

En Allemagne, le gouvernement, qui doit réduire le budget national d’au moins 3 milliards d’euros, laisse entendre qu’il pourrait diminuer l’indemnisation du chômage. “Nous devons adapter nos systèmes de sécurité sociale de manière à motiver les personnes qui acceptent du travail, et ne pas donner d’incitations contre-productives,” a expliqué samedi le ministre des Finances Wolfgang Schäuble à l’hebdomadaire dominical “Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung.

Désormais, l’heure est à la lutte contre les déficits dans l’UE pour tenter d’éviter une nouvelle dégradation de la confiance dans l’euro. “Nous devons changer, nous adapter (…) pour la protection de notre modèle social,” plaide Joaquin Almunia, commissaire européen en charge de la Concurrence. L’austérité budgétaire comporte toutefois un risque majeur, notent les experts: celui d’étouffer une croissance fragile.

La Grande-Bretagne a dévoilé lundi un plan d’économies de 6 milliards de livres sterling (6,9 milliards d’euros) au détriment principalement des dépenses publiques et des salaires des fonctionnaires. Le nouveau gouvernement britannique veut relever l’âge de la retraite de 60 à 65 ans pour les femmes et de 65 à 66 ans pour les hommes.

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La crise et l’avenir des idées fausses

Par Thierry de Montbrial

La crise qui secoue le monde aujourd’hui remet en cause nombre des dogmes jusqu’ici communément admis : la croyance en une croissance éternelle, l’acceptation de modèles financiers déconnectés de la réalité économique, la foi en un irénisme mondial qui fait fi des états-nations et des biens publics. C’est l’occasion de redécouvrir et peut être de retrouver notre identité.

La crise économique et financière a secoué le monde et le monde cherche des coupables. Les uns accusent le capitalisme sauvage et ses excès de cupidité. Les autres pointent les gouvernements et les banques centrales, soupçonnés de complaisance à l’égard des puissances financières. La vérité, c’est que la responsabilité est partout. Dans la recherche de ces responsabilités, chacun combat ses propres peurs et son propre ressentiment. La crise est un moment de doute et de rupture. C’est vrai, mais nous verrons qu’elle offre également l’occasion de redécouvrir, de retrouver, son identité.

Ceux qui annoncent depuis l’été 2008, face au « capitalisme fou, » le grand retour de l’État dans l’économie, prennent parfois leurs rêves pour la réalité, ils prennent surtout leur revanche sur une idéologie de la fin des années 70 qui s’est incarnée dans le Thatchérisme et le Reaganisme, une idéologie du « tout libéral » qui ressemblait à s’y méprendre au « laisser faire, laisser aller » du XIX ème siècle. Cette idéologie vivait sur l’idée que le marché peut résoudre tous les problèmes. Tous les problème économiques, naturellement, mais aussi – je caricature à peine – les problèmes géopolitiques inextricables, comme, par exemple, le conflit israélo-palestinien. Cette idéologie, par défiance, les Français l’ont surnommée « ultralibéralisme. » Précisons au passage que si l’auteur de ces lignes se revendique comme un libéral, il a abondamment prouvé qu’il n’est nullement un « ultra ».

L’idéologie en question se mariait fort bien à la mondialisation montante. Sur le plan théorique, certains grands économistes lui ont donné ses lettres de noblesse en s’attaquant à la notion de bien public, sur laquelle nous reviendrons plus tard. A commencer par Milton Friedman, qui avait toujours, dans ses écrits et ses cours, ignoré ce concept. Le prix Nobel Ronald Coase, quant à lui, avait développé une conception des biens publics si proche de celle des biens privés que ce glissement scientifique cautionnait l’idéologie en vogue.

Tout cela convergeait en une croyance : la planète, affirmait cette croyance, était finalement un ensemble assez homogène avec des individus, personnes physiques ou morales, qui se ressemblaient. La politique avait donc de moins en moins d’importance, l’économie des échanges réglait le monde, les frontières s’estompaient inexorablement. Il ne restait qu’un vaste marché mondial régi par les seules relations commerciales au sein de ce marché. C’est cette croyance, cette foi immature dans le marché, qui nous a conduit en quelques étapes à la crise actuelle.

D’où est venue la grande illusion ? Elle a certes pris son départ dans les années 80, mais elle a connu son véritable essor dans les années 90 avec la chute de l’Union Soviétique.

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Aveuglés par notre confiance en l’euro

Le mantra autour de la monnaie européenne nous a empêchés de voir les périls approcher, explique l’économiste irlandais David McWilliams.

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Les choses ont pris un tour bizarre. Il y a quelques semaines, nous avions fait remarquer à quel point l’Irlande était passée de la démocratie à la “bancocratie.” Par le biais de l’État, en effet, les richesses étaient transférées des “non-initiés” – en l’occurrence, le peuple – vers les “initiés” de notre système bancaire. Maintenant c’est bien pire, puisque l’État transfère ces richesses vers les initiés d’un autre pays. Qu’on ne s’y trompe pas, le sauvetage de la Grèce, qui nous coûtera 1,3 milliard d’euros, ne sauvera pas le peuple grec, mais les banques qui ont prêté de l’argent à la Grèce. Ce n’est pas un prêt, non plus : c’est un cadeau. Ce qu’on a présenté comme le sauvetage d’un État en faisant appel à notre sentiment de solidarité européenne n’est rien d’autre qu’un transfert direct d’argent, de votre poche à celle des créanciers étrangers de banques françaises et allemandes. Ces créanciers auraient perdu de l’argent si la Grèce avait fait faillite fin avril. La bancocratie est désormais transnationale.

Le renflouement de la Grèce est assorti de conditions : cure d’austérité et alourdissement de la fiscalité. Mais quel usage fera-t-on exactement des fonds ? Une grande partie servira à refinancer les obligations existantes. En d’autres termes, les investisseurs originaux en Grèce réduiront leur exposition.

En revanche, le contribuable ordinaire que vous êtes assumera ce risque. Ainsi, le contribuable grec et les autres contribuables européens sont dans le même bateau : les banques font payer leurs propres erreurs par les peuples qui n’ont rien à voir avec les obligations grecques.

On nous dit que tout cela vise à accroître la crédibilité de l’euro. Mais comment peut-on redorer le blason d’une zone financière en récompensant le fiasco des banques ? Comment expliquer que des gens apparemment intelligents, comme les banquiers centraux et les hauts fonctionnaires, agissent de manière idiote ? Pour répondre, il faut se référer à l’Histoire et se pencher sur l’étalon-or, qui était lui aussi entaché de défauts.
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«La Grèce est victime d’une guerre menée par les Anglo-Saxons»

Evidemment, tous les pessimistes finissent un jour par avoir raison : une catastrophe survient qui fait triompher leur mauvais augure. Mais Franck Biancheri a annoncé la crise déclenchée par les subprimes plus de deux ans avant qu’elle n’arrive, les désordres sociaux qui en sont nés (manifestations telles qu’on en voit en Grèce, Bossnapping [séquestration de patrons]) plusieurs mois avant qu’ils ne se réalisent.

Ambrose Evans-Pritchard, dans le «Daily Telegraph» du 13 décembre 2009

On accorde donc de plus en plus de crédit à ses analyses, et on le taxe de moins en moins de paranoïa. Aujourd’hui, son LEAP (Laboratoire européen d’anticipation politique) met en garde contre les bombes à retardement que sont l’Angleterre et les USA.

La Grèce est au plus mal et vous, vous vous focalisez sur le Royaume-Uni…

La Grèce ne pouvait plus continuer ainsi, c’est évident, et ce qui lui arrive maintenant sera à terme salutaire pour le pays. Mais tout le monde le savait depuis longtemps, et ses chiffres ne sont pas si désastreux. Il faut donc se demander «pourquoi maintenant» ? Tout a, en fait, commencé par une série d’articles en début d’année, publiée dans le Financial Times, la voix de la City, qui soulignait les problèmes du pays, laminait et laminait en parlant du danger que représentait sa situation économique. Il y a eu un travail de sape de longue haleine, qui a évidemment poussé les autres médias à couvrir ce thème. La crise de la Grèce est avant tout née d’une guerre psychologique : c’est une crise de confiance, une prophétie auto-accomplie.

Pourquoi le Royaume-Uni s’amuserait-il à faire cela ?

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De la force exemplaire du patriotisme russe

Les célébrations russes du 9 mai ou l’échec de la repentance

Par Xavier Moreau

Alexandre Nevski

Les fêtes de la commémoration de la victoire du 9 mai contre l’Allemagne nazie démontrent, ces dernières semaines, à quel point la Russie est unie autour de ce souvenir plein de tristesse et de gloire.

Il est abordé par toutes les générations de Russes avec le plus grand respect et la plus grande reconnaissance, vis-à-vis des vétérans de la « grande guerre patriotique ». La chaîne de télévision Russia Today a d’ailleurs recueilli le témoignage émouvant de Roland de la Poype, un Français parti continuer le combat contre l’occupant allemand au sein de l’escadrille Normandie-Niemen.

Cette unité autour de la victoire démontre que l’âme du peuple russe n’a été, jusqu’à présent, que superficiellement touchée par les modes de pensée occidentaux. Le patriotisme russe a su résister aux tentations individualistes de la société de consommation et de l’idéologie du désir.

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Le coup d’Etat silencieux

L’année 2010 est en train de marquer une rupture dans notre histoire institutionnelle, qu’il ne faut pas hésiter à qualifier de « coup d’Etat ».

Darth Sidious, personnage "méchant" de la série cinématographique "La guerre des étoiles" (1)

Jusqu’ici, on considérait que les gouvernements tiraient leur légitimité du peuple, dont la volonté s’exprimait lors des élections et à qui ils devaient rendre des comptes en fin de mandat.

Ce type de régime a progressivement été vidé de sa substance, sous l’influence de la démocratie d’opinion, des normes supranationales européennes, des exigences de la compétitivité dans une économie ouverte, ainsi que d’un jeu politique qui n’offre le choix qu’entre un libéralisme social et un social-libéralisme.

Mais le principe démocratique demeurait, au moins en théorie, même s’il apparaissait de plus en plus comme une fiction. Le principe est en train de sauter sous nos yeux, depuis quelques mois. Désormais, un autre type de souveraineté est en passe de se substituer à celle de la volonté du peuple.

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«Vers la modération» [monétaire et bancaire]

Quelles sont les missions d’une banque ? Est-elle au service de la population en recevant des dépôts et en accordant des crédits, en émettant et administrant des titres, en effectuant des opérations boursières, des transactions et en conseillant sa clientèle en matière financière ? Contribue-t-elle ainsi à l’évolution sociale ? Ou doit-elle obtenir des rendements les plus élevés possible pour ses investisseurs, s’agrandir sans fin, si possible dans le monde entier, prendre des risques ? Doit-elle rétribuer ses directeurs comme des princes ?

Silvio Gesell

Le titre du dernier ouvrage du professeur Hans Christoph Binswanger «Vorwärts zur Mässigung» (Vers la modération) convient bien au débat actuel. Il constitue un tour d’horizon à travers l’œuvre de l’auteur. Ceux qui cherchent des suggestions de solutions à la crise actuelle ne seront pas déçus.

Binswanger propose une restructuration du système monétaire en relation avec une réorientation de l’économie : il faut abandonner la recherche unilatérale de taux de crois­sance élevés et s’orienter vers une meil­leure préservation des ressources naturelles qui se raréfient et vers le respect de l’environnement.

Une croissance modérée et davantage d’argent en circulation sont certes indispensables pour ne pas mettre en danger le fonctionnement de l’économie moderne mais la «modération» est nécessaire. Qu’est-ce que cela signifie dans le domaine financier?

Restructuration du système monétaire

Binswanger propose une procédure qui va plus loin que les propositions de Thomas Jordan (BNS) ou de Boris Zürcher (Avenir Suisse). Il faut restructurer le système monétaire et réorienter l’économie.

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Une sortie de crise longue et pénible

Par John Mauldin

La crise actuelle est exceptionnelle non seulement par sa violence, sans précédent depuis les années 1930, mais aussi en raison de sa caractéristique première : elle a été provoquée par une explosion de l’endettement, aux USA au premier chef, mais aussi dans de nombreuses économies développées où les bulles immobilières ont été financées par la dette, comme c’est l’usage. Le soutien à la consommation apporté par les États a permis de stopper le processus destructeur amorcé en 2008, mais les problèmes de fonds ne sont pas réglés.

La résorption de la dette s’étalera sur des années, et les revenus qui y seront consacrés déprimeront pendant longtemps la dépense et l’activité. D’ici là, avec la fin des plans de relance et les hausses d’impôts qui se profilent dans l’ensemble des économies développées, une deuxième phase de récession menace, estime le financier John Mauldin, qui craint par ailleurs que les États ne parviennent plus à se financer, à l’image de la Grèce, loin d’être tirée d’affaire, tant la rigueur qu’on lui impose sera dévastatrice.

Le système mondial a survécu à toutes sortes de crises au cours des dernières décennies et il a toujours rebondi. Pourquoi est-ce si différent aujourd’hui ?

Parce que nous arrivons à la fin d’un supercycle de 60 ans d’endettement. Nous avons emprunté (et pas seulement aux États-Unis) comme s’il n’y avait pas de lendemain. Et parce que nous étions convaincus que toute cette dette était sûre, nous l’avons multipliée, empruntant d’abord 3 fois, puis 5, puis 10, puis jusqu’à 30 fois le montant dont nous disposions réellement. Et nous avons convaincu les autorités de régulation que c’était une bonne chose. Plus longtemps les choses sont restées en l’état, plus nous étions convaincus que cela se prolongerait ainsi. Le graphique ci-dessous montre le tas de sable que nous avons empilé. Ce n’est pas joli.

Ratio d’endettement par rapport au PIB, tous secteurs confondus.
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L’agence Fitch met en garde le Royaume-Uni, la France et l’Espagne

L’agence Fitch a mis en garde, mardi 9 mars, le Royaume-Uni, la France et l’Espagne sur la gestion de leurs finances publiques, les appelant à prendre des mesures de réduction des déficits “plus crédibles”, au risque de voir leurs notes (AAA) remises en cause.

“Les pays dotés de notes de crédit élevées doivent faire état de plans de consolidation budgétaire plus crédibles et plus robustes en 2010 pour soutenir la confiance dans la robustesse de leurs finances publiques à moyen terme”, a déclaré l’un des responsables de l’agence.

“Le Royaume-Uni, l’Espagne et la France, en particulier, doivent énoncer des programmes plus crédibles cette année, étant donné le rythme de la détérioration des finances publiques et les difficultés auxquelles ils font face dans la stabilisation de la dette publique”, a estimé Brian Coulton lors d’une conférence à Londres.

Les trois pays affichent pour l’instant chez Fitch un AAA, la meilleure note possible, assorti d’une perspective stable.

Concernant le Royaume-Uni, Brian Coulton a souligné que le profil de crédit s’était fortement détérioré au cours de la crise financière, mais qu’il restait à l’intérieur des limites “tolérables” pour lui maintenir sa note.

La question d’une dégradation de cette note agite cependant les commentateurs depuis qu’en mai dernier, l’agence concurrente Standard & Poor’s a assorti sa propre note AAA d’une perspective négative.

M. Coulton a noté, mardi, que le pays avait connu la progression la plus rapide de sa dette publique parmi les pays bénéficiant de cette notation. De moins de 40 % du produit intérieur brut avant la crise, elle est passée en effet à 56 % cette année et devrait culminer, selon le gouvernement, à 78 % début 2015.

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Inquiétudes sur l’après-prime à la casse

Les constructeurs automobiles, réunis au Salon de Genève, s’attendent à une chute de leurs ventes en Europe. Tous espèrent néanmoins y gagner des parts de marché, grâce au lancement de nouveaux modèles.

Placés sous oxygène l’an passé, les constructeurs européens ont pourtant pour la plupart basculé dans le rouge. Et 2010 s’annonce d’autant plus compliqué pour eux qu’ils vont devoir réapprendre à respirer seuls. En raison de l’arrêt ou de la diminution des primes à la casse, qui avaient soutenu à bout de bras les principaux marchés du Vieux Continent, PSA Peugeot Citroën anticipe ainsi un repli des marchés européens de 9 % cette année, Renault un recul de 10 % et Ford un plongeon de 15 %.

Les bonnes immatriculations de janvier et février (+ 17,8 % en France le mois dernier) «ne reflètent que les commandes prises en décembre», a estimé mardi au Salon de Genève Carlos Ghosn, le PDG de Renault. Ce dernier prévoit un fléchissement des ventes à partir du printemps.

«Nous nous attendons encore à un fort vent contraire en Allemagne et en Europe en général», a souligné de son côté Martin Winterkorn, le patron de Volkswagen. Le marché allemand, après avoir décollé en 2009 grâce à la prime à la casse, pourrait perdre plus d’un million de voitures cette année.
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La livre sterling, nouvelle cible des marchés

On dit l’euro sous pression, vulnérable, attaqué… A écouter le gérant star Jim Rogers, il y a plus fragile encore : la livre sterling. Une monnaie “au bord de l’effondrement”, selon l’ancien associé du financier américain George Soros, avec lequel il avait fondé le célèbre hedge fund Quantum dans les années 1970.

“La livre est déjà dévaluée par rapport à presque toutes les devises sauf le dollar zimbabwéen”, a aimablement fait remarquer M. Rogers, jeudi 25 février. “Elle sera particulièrement exposée d’ici les élections au Royaume-Uni.”

De fait, la livre est tombée vendredi à 1,5167 dollar, son cours le plus bas depuis mai 2009. Depuis le début de l’année, la devise britannique s’est dépréciée de 5,5 % par rapport au billet vert. Et la chute n’est pas finie, si l’on en croit les prévisions de George Magnus, le très respecté chef économiste d’UBS à Londres.

En cas de victoire des conservateurs aux élections législatives, prévues d’ici à juin 2010, la livre sterling pourrait dégringoler à 1,05 dollar, affirme M. Magnus. A un cheveu du niveau tabou de parité de 1 pour 1 avec le billet vert.

Les tories ont promis des mesures d’austérité pour réduire le lourd déficit budgétaire du pays. Mais faut-il tailler en urgence dans les dépenses publiques ? Le Fonds monétaire international (FMI) recommande au contraire d’y aller prudemment. Tout comme les travaillistes de Gordon Brown, qui disent ne vouloir prendre aucun risque sur la croissance.

Selon les chiffres publiés vendredi, le Royaume-Uni est sorti de la récession plus vigoureusement que prévu au quatrième trimestre 2009, avec un produit intérieur brut (PIB) en hausse de 0,3 %. Mais les experts s’accordent à pronostiquer un premier trimestre 2010 calamiteux.

Pour le futur gouvernement, le choix est cornélien. Soit il applique une politique restrictive, au risque d’hypothéquer la reprise. Soit il choisit d’attendre, en espérant garder la confiance des marchés, malgré la dérive des comptes publics. En 2009, le déficit budgétaire du Royaume-Uni représentait 11,8 % du PIB et devrait atteindre – comme la Grèce – 12,5 % en 2010.

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Ne m’appelez plus jamais Europe !

Par Michel Santi

Les gouvernements européens maquilleraient donc leurs bilans pour cacher ou édulcorer leurs déficits ! Voilà où en est aujourd’hui réduite la crédibilité de certains Etats Européens et non des moindres, puisque la planification de la privatisation de France Telecom avait autorisé l’Etat français à toucher, en 1997, la somme de 5 milliards d’Euros, officiellement au titre des retraites des salariés de cette entreprise devant être assumées par les pouvoirs publics, officieusement afin d’embellir le déficit budgétaire du gouvernement de l’époque…

Ces manipulations comptables, pénalement répréhensibles dès lors qu’elles émanent d’une entreprise quelconque, auraient ainsi été appliquées par les Etats dans le but de satisfaire aux critères du Pacte de Stabilité, en termes de déficits et d’objectifs d’endettement. Ce pêché originel européen, inadmissible et scandaleux, hantera l’Union assurément pendant encore de longues années, car la Grèce – qui a escamoté certaines dépenses publiques – ou le Portugal – qui a fait passer des dépenses pour des investissements – n’ont fait que suivre l’exemple des “grandes nations” leur ayant montré le chemin.

Ces artifices et ces tromperies comptables ne sont, en définitive, que la résultante de machinations politiciennes de dirigeants (de l’époque) ne reculant devant aucun mensonge pour intégrer certains pays dans l’Union, dans le seul but de favoriser certains lobbies capitalistes ayant misé sur des concentrations et des regroupements d’entreprises au niveau européen !

Mais alors : pourquoi s’acharner contre la finance, si la politique elle-même, dévoyée de sa noble mission de servir l’intérêt public, déguise sciemment la réalité afin de parvenir à ses fins ? La crise des années 2007-2009 a-t-elle été provoquée par la gourmandise du milieu financier, par les bonus inacceptables de certains banquiers ou traders, ou par une politique qui, une fois de plus, s’est faite – le coeur léger – instrument et bras armé du système financier et capitaliste ? La vérité est que la politique n’est plus qu’une excroissance de la finance, trop contente de lui rendre service à la moindre occasion.

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La dette française devrait rester longtemps à des niveaux record

La France mettra 20 ans à retrouver un niveau de dette publique équivalent à celui d’avant la crise, selon le scénario le plus favorable figurant dans un rapport de la Délégation à la prospective du Sénat.

Le rapport sur l’économie française et les finances publiques à l’horizon 2030, diffusé vendredi, prône une politique centrée sur la croissance et une coopération économique entre Européens pour restaurer la confiance.

A l’inverse, une forte restriction budgétaire risquerait de casser la reprise économique et de freiner la croissance potentielle de la France à long terme, aggravant la situation au lieu de l’améliorer, prévient-il.

Le retour à des positions budgétaires soutenables est un impératif,” lit-on dans la synthèse du rapport. “Pour autant, les scénarios de dette publique n’invitent pas à s’engager dans une ‘thérapie de choc’ qui pourrait produire des effets irréversibles sur la croissance mais, plutôt, à des stratégies de sortie de crise souples et coordonnées le plus possible au niveau international“, poursuit la synthèse.

Le gouvernement prévoit une dette à 83,2% du PIB cette année et 87,1% en 2012, date à partir de laquelle elle baisserait.

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Le fossé qui se creuse [entre les peuples et leurs représentants]

Par Paul Jorion

Un fossé inquiétant est en train de se creuser. J’ai vu la semaine dernière des chiffres très alarmants. Des chiffres économiques effrayants, on en voit tous les jours, mais là, il s’agissait d’autre chose : il s’agissait des chiffres d’un sondage américain de l’Agence Rasmussen.

Les chiffres les plus récents confirment une tendance de plus en plus marquée au fil des mois : une défiance de la population envers ceux qui la représentent et le gouvernent.

La faille de San Andreas, en Californie (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

À peine un peu plus d’un Américain sur cinq (21 %) considère aujourd’hui que la classe politique représente les citoyens ordinaires. Plus inquiétant encore – si l’on peut dire –, est le fait que la classe politique n’en est absolument pas consciente : quand on interroge ses membres, près des deux tiers d’entre eux (63 %) considèrent qu’ils représentent le peuple de manière satisfaisante.
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La Méditerranée n’est pas loin de l’Atlantique…

Par Michel Santi

A des années lumière de la Grèce, Washington et Wall Street ne se rendent pas (encore) compte qu’une contamination éventuelle de cette maladie, revenant à une simple perte de confiance des investisseurs en la capacité des Etats à rembourser leurs dettes, saperait l’ensemble des efforts et plans de sauvetage mis en place à grands frais!

L’effet de contagion (ou de dominos) est pourtant consubstantiel aux marchés financiers, l’avant dernière conflagration d’importance ayant démarré en 1997 par la décapitation de la quasi totalité des monnaies du Sud-Est asiatique, pour finir en apothéose par l’effondrement d’une institution financière majeure dans le domaine des produits dérivés, non sans avoir acculé l’Etat russe à la banqueroute virtuelle…

L’épidémie suivante ayant, quant à elle, été inaugurée, une décennie plus tard, par une liquéfaction du marché immobilier américain, ayant très rapidement infecté le marché du crédit mondial, vital pour l’activité économique, tout en décimant les Bourses du monde dit “développé” !

Aujourd’hui, notre système financier, mortellement touché par cette dernière crise, est toutefois maintenu sous respiration artificielle grâce à des analgésiques qui, loin de soigner le mal, ne font que calmer les douleurs en remettant à une date ultérieure la résolution de questions cruciales.

Cependant, le problème est que cet acharnement thérapeutique n’a été rendu possible que du fait d’endettements étatiques exponentiels, ayant bénéficié de la complaisance d’investisseurs et de spéculateurs ayant jusque là joué le jeu de se porter acquéreurs de ces papiers valeurs émis par les Trésors respectifs de ces Etats avides de déficits.

Que se passe-t-il aujourd’hui en Grèce : ces mêmes investisseurs ont-ils subitement pris conscience de cette manière absurde et superficielle de relancer une activité économique, ou commencent-ils prosaïquement à gagner moins d’argent sur ces opérations obligataires ?
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Plans de relance et dépression : le Japon, modèle des USA

Par Bill Bonner

De bonnes nouvelles et de mauvaises nouvelles. Mais qu’est-ce qui est quoi ? La situation est si confuse que nous ne saurions le dire. La bonne nouvelle, c’est que les prix des maisons baissent aux États-Unis. C’est ce que dit le Wall Street Journal. “Les prix des maisons ont décliné en novembre.” Bien : les gens vont pouvoir se loger à des prix plus abordable.

Attendez – ce n’est pas une bonne nouvelle, si ? Cela ne signifie-t-il pas que nous sommes encore dans une dépression ? En plus, un autre rapport annonce que l’immobilier grimpe. Que croire ?

Essayons autre chose… La confiance des consommateurs US est en hausse, selon les derniers chiffres. Rien à dire là dessus, ce sont vraiment de bonnes nouvelles, non ? Non.

Plus les choses vont en s’améliorant, plus les autorités risquent d’étouffer la reprise en mettant fin à leurs efforts de relance et en réduisant le déficit. C’est en partie la raison pour laquelle les actions chutent souvent lorsque les nouvelles sont “bonnes” et grimpent lorsqu’elles sont “mauvaises.” Les investisseurs ont peur de voir les autorités retirer l’argent. Elles risquent ainsi un retour de “l’erreur de 1937,” disent des économistes comme Paul Krugman et Richard Koo.

Que s’est-il passé dans les années 30 ? Eh bien, si l’on en croit la version officielle, les autorités avaient appuyé sur le champignon des plans de relance… et sortaient de la dépression à toute blinde. Mais craignant l’inflation… les déficits… et le retour de bâton après les excès de dépenses (sans parler du fait qu’elles étaient convaincues d’être sorties d’affaire) – elles ralentirent… et relâchèrent leurs efforts de relance au milieu des années 30. Ce qui fit basculer l’économie dans un nouveau ralentissement et prolongea la dépression de trois ans. Lire la suite