Scandale du fisc américain : les racines du mal

La “malédiction du second mandat”, dont plusieurs présidents américains ont été victimes, menacerait-elle Barack Obama ? Le scandale de l’Internal Revenue Service (IRS ; le fisc américain) sera-t-il un jour comparé par les politologues à l’affaire Lewinsky pour Bill Clinton, à l’ouragan Katrina pour George W. Bush, voire au Watergate pour Richard Nixon ?

Cette fois, l’affaire de l’IRS menace le président américain parce qu’elle met en cause deux idées-forces de sa campagne électorale victorieuse de 2012 : la confiance en l’Etat et l’honnêteté politique.

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LEAP : La guerre est déclarée entre le monde économico-politique et la sphère financiaro-bancaire

Communiqué public du LEAP (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique), 15 avril 2013

Commentaire de dernière minute !

Depuis le bouclage du contenu de ce numéro [...] avant-hier soir, notre équipe observe de près l’inhabituelle coïncidence de l’effondrement de tous les indicateurs : bourses européennes, américaines et asiatiques, matières premières… et même et surtout or. Nous n’avons malheureusement pas le temps de nous étendre sur ce phénomène. Nous l’interprétons de toutes manières dans la droite ligne de tout ce que nous décrivons dans le présent numéro.

Mais là où ce numéro décrit les choses encore assez calmement, comme encore à venir, nous nous demandons si ces prémisses ne sont pas celles de l’effondrement que nous anticipions pour la période de mars à juin 2013. L’austérité occidentale (séquestre américain + cure d’austérité européenne) dont la croissance chinoise finit par se ressentir avec ces mauvais chiffres annoncés aujourd’hui provoque un effondrement du prix des matières premières et des bourses qui entraîne une chute des actifs bancaires, obligeant les banques à liquider en urgence leurs positions pour obtenir des liquidités.

L’or-papier est bradé et se retrouve menant la danse. Le phénomène est d’autant plus remarquable que, si nous étions dans un processus spéculatif normal, les baisses d’un marché profiteraient à un autre. Nous sommes peut-être au début d’un mouvement de panique dans lequel toutes les positions spéculatives sont abandonnées. Si un effondrement du type de celui de 2008 est bien en train de se mettre en place, la question est : d’où viendront les milliers de milliards qui ont rattrapé in-extremis le système financier en 2009 ?

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L’effondrement moral de l’idéologie libérale

Par Antoine Arjakovsky, directeur de recherches au Collège des Bernardins

Le libéralisme libertarien (décrit par les libéraux libertariens)

Le libéralisme libertarien (décrit par n’importe qui d’autre)

La chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989 a suscité la prise de conscience planétaire, qui n’a fait que croître depuis, de l’effondrement de l’idéologie communiste.

La rumeur qui enfle dans le monde depuis le 15 septembre 2008 est que la faillite de la plus grande banque d’investissement américaine a entraîné avec elle celle de l’idéologie libérale.

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L’UE mesure enfin l’urgence sociale de la crise

Réunis en sommet à Bruxelles les dirigeants européens ont évoqué la guerre civile en Syrie, qui entre dans sa 3e année. Sur le plan interne, ils veulent se donner des moyens pour accélérer la croissance et la création d’emplois, face à la colère qui monte et à l’euroscepticisme qui gagne du terrain.

Rome, 14 novembre 2012 : heurts entre police anti-émeute et manifestants contre l’austérité

L’emploi, plus particulièrement celui des jeunes, est redevenu une préoccupation de premier ordre au sein de l’Union européenne. Alors que la colère gronde dans la rue face à un taux de chômage battant record après record et face à des millions de jeunes en manque de perspective, alors que l’euroscepticisme gagne du terrain, les dirigeants européens ont consacré leur sommet de ces 14 et 15 [mars 2013] au volet social de la crise. Ils ont décidé de mettre les bouchées doubles pour favoriser la croissance et l’emploi.

Jusqu’ici, pour les dirigeants européens, issus pour la plupart des partis politiques conservateurs, la priorité était de redresser les finances publiques, corriger les déséquilibres macroéconomiques et restaurer la confiance des investisseurs. Il ne fallait en tout cas pas dépenser ce qu’on n’avait pas. La croissance et l’emploi allaient suivre. L’Allemagne d’Angela Merkel, était le modèle tout indiqué à suivre.
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LEAP : La réalité ou l’anticipation de l’effondrement du dollar…

Communiqué public du LEAP (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique), 15 février 2013

De même que la crise de l’euro a poussé l’Europe à moderniser et à adapter aux enjeux du XXIe siècle sa gouvernance économique et financière, la terrible crise du dollar US va obliger la planète à transformer l’ensemble des structures de gouvernance mondiale, en commençant bien sûr par le système monétaire international pour calmer la tempête qui s’apprête à frapper les monnaies.

Selon nos anticipations, cette réorganisation, qui ne commencera à se concrétiser qu’avec le G20 de septembre, risque malheureusement de se faire dans la précipitation puisque notre équipe prévoit les premiers grands effrois quant au dollar pour la période mars-juin 2013.

Une phrase d’Antonio Gramsci (1) décrit magnifiquement la longue période de transition dangereuse que nous vivons actuellement : « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres ». Cette période va enfin s’achever mais les monstres s’agitent encore.

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Au Forum Economique Mondial de Davos, on s’inquiète d’un risque de troubles sociaux

Forum Economique Mondial de Davos – Lorsque les CEO [Chief Executive Officers] commencent à perdre confiance il y a de quoi s’inquiéter. Aujourd’hui les PDG du monde entier sont inquiets ! Une enquête de PwC [PricewaterhouseCoopers] confirme cette tendance. L’analyse de Richard Quest, présentateur de CNN International.

Patrouille de police devant le Forum Economique Mondial de Davos, 2009

L’enquête annuelle effectuée par PwC révèle que seulement 36% des CEO croient en une croissance à court terme pour leurs entreprises. Ce pourcentage est en baisse pour la deuxième année consécutive.

L’enquête est révélatrice car lorsque les dirigeants sont inquiets ils commencent à repousser leur plan d’investissements. Ils se replient, prennent des décisions pour se consolider au lieu de se développer.

Le président de PwC Dennis Nally m’a confié qu’il était surpris de la baisse de confiance des CEO, étant donné que l’économie connaît une légère croissance.

Le risque de troubles sociaux
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LEAP : Débranchement de l’homme-malade du monde et dernière phase d’impact de la crise systémique globale

Communiqué public du LEAP (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique), 15 janvier 2013

Jusqu’à présent le déroulement de la crise a été fidèlement décrit suivant les cinq phases identifiées par notre équipe dès mai 2006 et complétées en février 2009 : déclenchement, accélération, impact, décantation et dislocation géopolitique globale, les deux dernières étapes se développant simultanément. Dans les derniers numéros et notamment [celui de décembre 2012], nous avons abondamment commenté les processus en cours des deux dernières phases, une décantation d’où émerge péniblement le monde d’après sur les décombres de la dislocation géopolitique mondiale.

Mais nous avions sous-estimé la durée de la période de décantation que nous traversons depuis plus de quatre ans, période durant laquelle tous les acteurs de la crise ont œuvré à un but commun, gagner du temps : les Etats-Unis, en faisant tout pour empêcher l’apparition de solutions alternatives au dollar, malgré la situation catastrophique de tous ses fondamentaux systémiques, pour empêcher ses créanciers de les lâcher (décrédibilisation des autres monnaies y compris désormais le Yen, acharnement contre les tentatives de déconnecter le pétrole du dollar, etc…) ; le reste du monde, en mettant en place d’habiles stratégies consistant à la fois à maintenir son assistance vers les Etats-Unis pour éviter un effondrement brutal dont il serait le premier à souffrir, et à bâtir en même temps des solutions alternatives et de découplage.

En conclusion de cette longue période d’apparente « anesthésie » du système, nous estimons nécessaire d’introduire une sixième phase dans notre description de la crise : la dernière phase d’impact qui interviendra en 2013.
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États-Unis : La classe moyenne vit « sa pire décennie de l’histoire moderne »

Un nouveau rapport publié mercredi affirme que la classe moyenne des États-Unis vit « sa pire décennie de l’histoire moderne » et que sa part du revenu national a baissé pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale.

Selon l’étude menée par le Pew Research Center, 85 % des Américains de la classe moyenne trouvent qu’il est aujourd’hui plus difficile qu’il y a 10 ans de maintenir leur niveau de vie. Le rapport affirme qu’ils ont perdu confiance en l’avenir.

La part du revenu de la classe moyenne a été surpassée par celle des plus riches, alors que les revenus médians stagnent et que la richesse se concentre au sommet.

Trois ans après la fin officielle de la récession, les Américains de la classe moyenne éprouvent encore des difficultés économiques.

« Le marché de l’emploi change, notre niveau de vie baisse, et les parents aux revenus moyens ont maintenant peur que l’avenir de leurs enfants soit pire que le leur », a expliqué Timothy Smeeding, professeur d’économie spécialisé dans les inégalités de revenus à l’Université du Wisconsin à Madison.

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Mais que valent ces monnaies locales que l’on voit réapparaître ?

Les monnaies locales refont surface en Europe comme aux États-Unis. Un symptôme de la crise politique et sociale que nous traversons ?

Institution parmi les institutions, Symbole parmi les symboles, la monnaie cimente les peuples et forge le lien social. Princes, souverains, empereurs et Républiques se sont toujours empressés de frapper la monnaie de leur sceau pour y asseoir leur souveraineté et leur puissance.
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Crise : Attali confiant pour l’Europe

L’économiste Jacques Attali, invité vendredi soir d’Europe 1 pour faire un bilan de l’année économique 2011, a fait ce constat : “L’Europe est bien mieux que les Etats-Unis. L’Europe a des déficits budgétaires inférieurs à ceux des Etats-Unis. L’Europe a une qualité de vie très supérieure. L’Europe a moins de chômeurs que les Etats-Unis. L’Europe a un niveau de vie supérieur aux Etats-Unis“, a-t-il listé.

D’où ce diagnostic : c’est pour ça que l’Europe est dans une position très, très favorable, contrairement à ce qu’on croit.

Le JDD

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Pour mémoire, le 24 novembre 2011 :

Jacques Attali : « Une chance sur deux pour que l’euro n’existe plus à Noël »

20 minutes

Suspense sur l’avenir de l’euro

Pour l’euro, les prochains jours seront décisifs. Plusieurs pays qui procèdent à des émissions de dettes vont passer le « test des marchés ». Le résultat, écrit la presse européenne, devrait révéler le niveau de confiance des marchés en la capacité des pays les plus fragiles de la zone euro à redresser leurs finances.

« Sous le regard de l’Europe, le Portugal affronte son premier grand test de l’année pour savoir s’il parviendra à sortir de la crise sans avoir recours à l’aide extérieure », expliquait Público au matin du 12 janvier.

« Une journée, poursuivait alors le quotidien, qu’Angela Merkel, Nicolas Sarkozy, Jean-Claude Trichet et tous les responsables politiques européens, vivront plus qu’aucune autre avec inquiétude pour l’avenir de l’euro ». Au final, Lisbonne a pu lever 1,25 milliard d’euros.

La veille, précisait le quotidien, « le gouvernement a joué sa dernière carte en annonçant un excédent de 800 millions d’euros par rapport au budget 2010 », ce qui, pour le journal, devait «contribuer à démentir les rumeurs sur l’imminence de l’aide exterieure». Le test portugais passé, « ce sera au tour de l’Italie, et de l’Espagne » le 13 janvier, écrit La Stampa.

Les prophéties auto-réalisatrices règnent sur la finance mondiale

Le quotidien italien met en garde contre les « prophéties auto-réalisatrices qui règnent aujourd’hui au sein de la finance mondiale », et cite une étude de la banque américaine Citygroup, pour qui « l’euro survivra à la crise, même si la teneur actuelle des fonds de secours européens, 421 milliards après le sauvetage de la Grèce et de l’Irlande, ne suffiront pas à couvrir les exigences de financement de l’Espagne, si elle aussi devait avoir besoin d’aide ».

Et si l’euro parvient à sortir de la crise actuelle, il le devra en partie à l’aide venue d’Extrême-Orient.

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Les classes populaires ne sont pas en banlieue

L’évidente rupture entre les classes populaires et la politique découle directement d’une vision erronée de la société française. « Le taux de pauvreté monétaire moyen dans l’espace rural en 2006 est de 13,7%, contre 11,3% dans l’espace urbain ». Les ruraux sont donc en moyenne “plus souvent pauvres”.

Antoine ou Louis Le Nain – Famille de paysans dans un intérieur (1642)

La compréhension géographique et sociale de la France doit s’émanciper du sens commun et de trop fréquentes représentations imposées pour retrouver le chemin d’une représentation réaliste et lucide de la France populaire. Il faut « chasser les mythes » comme aurait dit le sociologue Norbert Elias.

La vision déformée (et médiatique) de la géographie française qui résume les « quartiers populaires » aux banlieues à forte concentration de populations immigrées est réductrice et ne correspond pas à la réalité.

D’abord, concentrons-nous sur les faits. Il n’existe pas de jeunesse qu’en ville et, à fortiori, les « quartiers populaires » sont loin d’être tous concentrés dans les métropoles. Une nouvelle réalité sociale est née de la mondialisation néolibérale et s’incarne dans une géographie sociale nouvelle. La mutation de l’économie liée à la globalisation financière a engagé la mutation du territoire : la France ne ressemble plus à l’image que l’on se fait d’elle. Un puissant effet de persistance rétinienne a en effet empêché de comprendre les mutations à l’oeuvre.

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Les pauvres ne sont plus ce qu’ils étaient

Un nouvel article consacré à l’ouvrage de Christophe Guilluy vient de sortir, dépeignant l’analyse originale du géographe sur la situation de la pauvreté réelle en France.

On y apprend, notamment, que 85% des pauvres ne se trouvent pas dans les banlieues sensibles, chose que l’on peut facilement remarquer en regardant une simple carte du territoire, avec le PIB par habitant suivant les départements. Ou même, en remarquant que le taux de chômage n’est pas forcément proportionnel au nombre d’immigrés présents dans tel ou tel département.

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L’Europe en porte-à-taux

L’Europe a mal à ses taux. Entre la création de l’euro en 1999 et mi-2008, tous les pays de la zone euro ont emprunté sur les marchés à des conditions très avantageuses, c’est-à-dire allemandes. Un parapluie protecteur qui a été un avantage pour tous, mais a également permis aux pays de s’affranchir des contraintes de la dette en menant des politiques néfastes.

Le réveil est brutal et les dominos tombent: Grèce, Irlande, et le Portugal en ligne de mire. L’euro existe encore et personne n’en est sorti.

Mais avec cet éclatement des taux d’intérêts, c’est déjà une petite mort de la monnaie unique. Avant la grande?

Un petit coup de spread

La crise a popularisé un florilège de mots techniques, jusque-là inconnus du grand public et qui peuplent désormais les articles de journaux. Parmi eux, le spread. Chaque pays, pour financer sa dette, émet des obligations d’État. En France, ce sont les OAT (Obligations Assimilables du Trésor). Il s’agit de titres de crédit qui sont achetés par des emprunteurs à un taux donné (le taux d’intérêt) et pour une maturité donnée. La maturité est la durée de l’emprunt. La plus commune est de 10 ans et c’est celle qui est retenue pour les comparaisons internationales. Il existe de multiples théories sur la fixation des taux d’intérêt. Une manière simple de considérer la chose est que plus les emprunteurs ont confiance dans la capacité d’un pays à rembourser sa dette, plus celui-ci pourra emprunter à des taux d’intérêts bas.

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La zone euro aux mains des spéculateurs

La crise des monnaies européennes n’est pas terminée. La difficulté est d’enrayer la contagion, voulue par les spéculateurs, qui s’attaquent maintenant au Portugal et à l’Espagne…

Ça commence toujours de la même manière. Le matin, le Premier ministre exclut « absolument » toute intervention extérieure, assurant que son pays s’en sortira tout seul, avant d’accepter l’intervention de l’Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI). Et le soir, il est à la table des négociations. Vendredi, ils étaient deux dans le rôle de ceux qui n’ont besoin de personne : José Luis Zapatero, le chef du gouvernement espagnol et José Socrates, son homologue portugais.

L’inquiétude est contagieuse. Les États ne sont pas différents des ménages. Confiants, ils financent l’avenir en empruntant et comptent sur la croissance économique pour rembourser. Quand la croissance manque, la confiance s’en va.

Pourquoi ce jeu de dominos ?

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A quel prix un pays peut-il répudier sa dette ?

Par Loïc Abadie (N.B. : comme quoi, encore une fois, ne sont pas publiés que des auteurs partageant toutes les vues de fortune.fdesouche.com…)

La nouvelle poussée en cours de hausse des taux sur les pays les plus fragiles de l’Union Européenne (Grèce, Irlande et Portugal… pour l’instant) nous montre qu’à terme, il devient de plus en plus probable de voir plusieurs Etats européens incapables de faire face au remboursement de leur dette.

Quelles sont les conséquences pratiques du défaut d’un état sur l’économie d’un pays ?

La conséquence immédiate est bien entendu une forte dévaluation de la monnaie du pays touché, associée à une situation d’hyperinflation, et à une perte de confiance générale de la population conduisant à une chute de la consommation et à une récession profonde.

Mais si on va plus loin, on pourra distinguer trois grands cas de figure :

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Panique dans la zone euro

Jamais depuis la crise grecque du printemps dernier, un pays n’avait paru aussi vulnérable face aux marchés. Alors que l’idée d’un plan de sauvetage de l’Irlande se profile, la presse européenne s’inquiète des conséquences pour les autres membres de l’UE.

"Perdu tigre celtique..."

« L’Irlande vers une nouvelle crise financière », annonce la Frankfurter Runsdschau. Et chaque jour, le sort de l’économie irlandaise, affaiblie par la dette et des taux d’intérêt de plus en plus élevés, paraît plus alarmant pour l’ensemble de la zone euro. «Le refrain du déchirant acte II de la crise de l’euro a été entonné par Wolfgang Schäuble», constate de son côté la Berliner Zeitung.

Le ministre des Finances allemand demande qu’à l’avenir, les détenteurs d’obligations passent à la caisse lorsqu’un Etat membre de la zone euro devra être sauvé par les autres. « Pour les investisseurs, c’est une mélodie nouvelle », commente le quotidien : « Jusqu’à présent, ils supposaient que la zone euro rachèterait ses membres. […] Maintenant qu’ils croient devoir assumer un risque, il exigent des intérêts plus élevés ».

Le journal cite un membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), qui affirme que « les plans allemands mènent inéluctablement à des attaques spéculatives renforçant la crise ».

« La hausse des taux d’intérêt pourrait conduire l’Irlande et le Portugal à réclamer l’aide européenne », constate Diário de Notícias à Lisbonne. « L’UE se prépare à aider l’Irlande, dont les intérêts sur la dette ont dépassé les 9%. Le Portugal pourrait être le prochain à en avoir besoin, sauf si les marchés se calment ».

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Le Portugal pourrait devoir renoncer à l’euro

Le Portugal pourrait être contraint à renoncer à l’euro s’il ne parvient pas à former un gouvernement de coalition élargie capable de régler la crise financière, estime le chef de la diplomatie de Lisbonne, Luis Amado.

Pour le ministre des Affaires étrangères, la majorité et l’opposition doivent oeuvrer ensemble pour faire face à «une situation extrême». Le Portugal a pâti ces dernières semaines d’une dégringolade de la confiance des investisseurs, au moment où des tensions se manifestaient dans la zone euro sur la solidité de la politique budgétaire de l’Irlande. Ces craintes ont fait grimper les rendements à des montants les plus élevés depuis l’intégration du Portugal à l’euro.

«Le pays a besoin d’une grande coalition lui permettant de traverser la situation actuelle. Je crois que les partis (politiques) comprennent que la solution de rechange à la situation actuelle serait de quitter finalement l’euro. C’est une situation qui peut nous être imposée par les marchés.»

Grâce à un plan d’austérité drastique, le gouvernement socialiste portugais s’est fixé pour engagement un déficit limité à 4,6% du produit intérieur brut (PIB) l’année prochaine, contre une estimation à 7,3% cette année et à 9,3% l’année dernière.

Le vote du budget est désormais assuré au Parlement à la suite d’un accord trouvé avec le parti d’opposition. Cet accord était nécessaire car le gouvernement ne détient par la majorité au Parlement.

Les analystes doutent cependant que l’actuel gouvernement minoritaire aille jusqu’au bout de son mandat en 2013, et notamment parce que le PSD (opposition) est en tête dans les intentions de vote. Aux termes de la Constitution, les Portugais ne peuvent pas aller aux urnes d’ici mai 2011.

Les Échos

(Merci à JoeLeTaxi)

La perte de confiance envers les monnaies

Quelle monnaie mérite la confiance de l’épargnant qui chercherait à préserver son capital en vue de la retraite? La réponse n’est pas aisée. Mettre son épargne sous le matelas n’est plus possible. «Un homme de 30 ans qui projette de prendre sa retraite dans 30 ans doit calculer avec un facteur de dépréciation de 3», selon Guido Hülsmann, dans son récent ouvrage sur les monnaies.

Saint Thomas d'Aquin - 1225-1274

«C’est la pire instabilité monétaire depuis 3000 ans», selon le prix Nobel Robert Mundell. Existe-t-il une monnaie qui permette à l’épargnant de préserver son capital? Mettre son argent sous le matelas n’est plus possible. «Un homme de 30 ans qui projette de prendre sa retraite dans 30 ans doit calculer avec un facteur de dépréciation de trois», écrit Guido Hülsmann, dans son récent ouvrage sur les monnaies 1. La stabilité à long terme du pouvoir d’achat des monnaies (PAM) n’a jamais été soumise à pareille entreprise de démolition, pour ce professeur d’université et célèbre représentant de l’école libérale autrichienne. L’épargnant est pénalisé, sacrifié, forcé de se frayer un chemin dans le dédale des produits financiers pour préserver son capital.

L’épargnant est victime d’une inflation que l’auteur définit comme «l’augmentation de la quantité nominale d’un moyen d’échange au-delà de la quantité qui en aurait été produite sur le marché libre». L’expression «marché libre» signifie ici une «coopération sociale conditionnée par le respect des droits de la propriété privée». En ce sens, l’inflation est «une augmentation de la masse monétaire par une violation des droits de propriété». Elle n’est pas seulement redistributive, mais «elle crée ses avantages par la force», selon l’expert.

Dans son livre, l’auteur dépasse un cadre historique étroit pour présenter une théorie non consensuelle de la monnaie et intégrer les dimensions politiques et morales. Car pour ce démystificateur des politiques des banques centrales, le système monétaire est la cause de la montée du nationalisme et du centralisme étatique.

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« La déferlante est pour tous »

Par Philippe Grasset

(…) pour représenter la grande crise, (…) la houle n’a pas le caractère haché, brisé, infiniment brutal et puissant des grandes déferlantes que lève une tempête. S’il n’était galvaudé, le terme de tsunami, par la puissance, la vitesse et l’autonomie qu’il suggère, pourrait faire l’affaire. Certes, ce qui compte est bien cette autonomie de l’ampleur des océans, pour rendre l’universalité de la crise. La vague déferlante couvre toute l’étendue du monde.

On parle ici, vous l’avez compris, de la vraie grande crise, qui est, à notre avis, la crise eschatologique, – crise de l’environnement ou crise climatique (on ne dit pas global warming [réchauffement global] pour ne pas voir déferler en houles multiples les vagues contestataires). C’est la crise de notre univers, qui va des matières premières au climat, des cadres de nos vies à notre survie même, et qui touche absolument tous les domaines. Il nous restait à mesurer la charge psychologique, symbolique, métaphysique de cette idée d’une “crise de notre univers”, – et nous y sommes.

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