Le décrochage de l’économie numérique

Par Myret Zaki

Il est intéressant de mettre en parallèle, d’un côté, les théories de «stagnation séculaire des économies développées», et, de l’autre, les chiffres de l’économie hyperdynamique de la Silicon Valley.

On peine à croire que les deux soient vrais simultanément. L’un ou l’autre doit faire erreur.

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Jean Tirole reçoit reçoit le prix Nobel d’économie pour son « analyse de la puissance du marché et de la régulation »

Jean Tirole est l’un des économistes les plus influents de notre temps. Né le 9 août 1953, il est président de la Fondation Jean-Jacques Laffont – Toulouse School of economics (TSE), directeur scientifique de l’Institut d’économie industrielle (IDEI) à Toulouse et membre fondateur de l’Institute for Advanced Study in Toulouse (IAST). Il est aussi professeur invité au MIT et membre de l’Académie des sciences morales et politiques depuis le 27 juin 2011. Depuis 1995, il est directeur d’études cumulant à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS).

Le 13 octobre 2014, Jean Tirole reçoit le prix Nobel d’économie pour son « analyse de la puissance du marché et de la régulation ». Il fit d’importantes contributions dans plusieurs domaines de recherche, mais il a surtout clarifié comment nous pouvons comprendre et réglementer les secteurs qui sont dominés par une poignée d’entreprises.

La réglementation est complexe

Il est toujours pertinent de se demander quelles activités doivent être réalisées par l’Etat et quelles activités doivent être laissées au secteur privé. Plusieurs gouvernements ont ouvert des monopoles publics aux actionnaires privés, aussi bien dans les secteurs des réseaux ferroviaires, de distribution d’eau, de la poste, des télécommunications, que de l’éducation ou des soins de santé.

Les expériences tirées de ces privatisations ont été contrastées et il a été bien souvent plus difficile que prévu d’inciter les entreprises privées à adopter le comportement attendu.

Il y a deux grandes difficultés. Premièrement, plusieurs marchés sont dominés par un nombre réduit d’entreprises qui influencent alors les prix, le volume et la qualité du produit. La théorie économique traditionnelle n’est pas adaptée à cette situation, qualifiée d’”oligopole”. Elle est davantage adaptée à une situation de monopole ou à une situation connue sous le nom de “concurrence pure et parfaite“.
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Quand les entreprises des pays émergents deviennent prédatrices

Les entreprises issues des pays émergents à même de challenger les multinationales des pays développés sont de plus en plus nombreuses, selon le rapport « New Global Challengers » réalisé par Boston Consulting Group.

En 2006, l’indien Mittal s’emparait d’Arcelor, le géant européen de l’acier. En 2008, c’est un autre indien, le groupe Tata qui s’offrait Jaguar, l’un des joyaux de la couronne britannique dans l’industrie automobile. En février, le chinois Dongfeng entrait dans le capital de PSA. Et ce n’est pas fini.

Selon le rapport « New Global Challengers » réalisé par Boston Consulting Group (BCG), qui dresse la liste des 100 entreprises - les global challengers - issues des pays émergents à même de challenger les multinationales des pays développés, la menace que les premières font peser sur les secondes est de plus en plus forte.

Des proies devenues prédatrices
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Même pas besoin du gaz russe ?

L’Europe ne devrait pas se soucier du bluff de Poutine concernant un embargo sur le gaz. Les voies alternatives existent. C’est la thèse défendue par certains, notamment aux Etats-Unis. Mais qu’en est-il au juste ?

En début de semaine, en Sibérie orientale, Vladimir Poutine lançait, selon des mots cités par l’AFP, «le plus grand projet de construction du monde». Le gazoduc «Force de Sibérie» reliera les gisements gaziers de Iakoutie à la mer du Japon et à la frontière chinoise.

Avant l’énoncé, depuis la Mongolie cette fois, de son plan de paix en huit points pour l’Ukraine – qualifié de poudre aux yeux par Kiev – le président russe envoyait un message on ne peut plus clair aux Européens : si vous renforcez vos sanctions, Moscou peut couper le gaz.

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Armement : la Pologne va-t-elle faire payer à la France les livraisons des Mistral à la Russie ? (MAJ)

infos140

Mégacontrats d’armement en vue entre la France et l’Arabie Saoudite

 

Au moment où le salon de l’armement de Kielce s’ouvre lundi, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian sera en Pologne pour défendre les intérêts des groupes d’armement tricolores dans un contexte géopolitique compliqué pour la France avec la crise ukrainienne.

C’est à Kielce, petite ville touristique tranquille du sud de la Pologne, que la plupart des grands patrons de l’industrie d’armement française vont faire leur rentrée à l’occasion du salon de défense MSPO Expo (1er au 4 septembre).

Pourquoi un tel engouement des groupes français pour Kielce ? Parce que la France est cette année l’invitée d’honneur du salon et surtout, les industriels tricolores sont engagés dans trois très importantes campagnes commerciales : renouvellement de la flotte d’hélicoptères de transport (70 appareils), puis d’attaque (32) des forces armées polonaises, acquisition d’un système de défense aérienne et, enfin, de trois sous-marins à propulsion conventionnelle.

Dans ce cadre, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian fait un déplacement de deux jours en Pologne où il rencontrera plusieurs fois son homologue polonais, Thomasz Siemoniak. Après avoir visité la base aérienne de Malbork, il dînera dimanche soir avec le ministre de la Défense polonais au château de Malbork. Puis, il rencontrera lundi le Premier ministre Donald Tusk, qui a été choisi samedi pour présider le Conseil européen, lors d’une cérémonie militaire commémorant le début de la seconde guerre mondiale.
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La France n’a plus la cote sur le marché mondial du vin

En valeur, l’Hexagone représente encore 37 % des importations avec un prix moyen de 7 euros le litre contre 2,50 euros pour la moyenne des nectars importés.

La Prohibition aux Etats-Unis (1919-1933)

La place de la France recule sur le marché mondial du vin, en particulier chez ses clients traditionnels où sa production est concurrencée par ses voisins italiens et espagnols.

Mais elle se maintient en Chine. Selon cette étude de FranceAgriMer, présentée jeudi, portant sur les chiffres 2013, la France reste le premier fournisseur des Chinois, devenus les 5e consommateurs mondiaux, alors qu’elle perd des parts de marché en Allemagne, au Royaume Uni et aux États-Unis – les trois principaux importateurs en volumes.
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TiSA : un accord géant de libre-échange en discrètes négociations

Réunis à Paris mardi 8 juillet pour préparer le prochain volet de la régulation financière européenne, les représentants du monde financier ne semblent pas être particulièrement au fait des négociations secrètes qui pourraient demain bloquer toute volonté régulatoire de 50 des plus grandes économies mondiales. Une perspective nommée TiSA, pour Trade in Services Agreement, ou Accord sur le commerce des services en français.

WikiLeaks a fait fuiter le mois dernier un document de travail datant d’avril 2014, portant sur le chapitre des services financiers. S’il ne s’agit pas du texte définitif, puisque les négociations sont encore en cours, il permet de se faire une idée de ce à quoi pourrait ressembler cet accord de libéralisation déjà tant décrié.

C’est quoi l’idée ?

TiSA est une négociation commerciale lancée début 2013 entre 23 Etats, qui se baptisent eux-même les « très bons amis des services », à l’initiative des Américains et des Australiens. Leur objectif est de poursuivre la libéralisation des services engagée par l’Accord général sur le commerce des services (AGCS, GATS en anglais) de 1994, qui combattait le protectionnisme et ouvrait certains secteurs à la concurrence.

50 pays négocient TiSA
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Les patronats français et allemand font front commun contre les Etats-Unis

Les présidents du Medef et du BDI veulent un jeu égal avec les Etats-Unis. Ils s’inquiètent, notamment, des amendes contre les banques européennes.

Les “patrons des patrons” français et allemand côte à côte

Les patronats français et allemand montent au créneau contre les Etats-Unis, qu’ils soupçonnent de distorsion de concurrence dans plusieurs dossiers.

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Mariage franco-allemand dans l’armement terrestre

Feu vert mardi 1er juillet pour « l’opération Kant ». Ce n’est pas un film d’action qui se cache derrière ce nom de code, mais la signature de la première grande manoeuvre industrielle franco-allemande dans l’armement terrestre.

Le VBCI de Nexter Systems (France)

Car Kant veut dire : KMW and Nexter together. Ce nom de code traduit la volonté de marier le groupe public français Nexter Systems, plus connu son ancien nom de GIAT fabricant du char Leclerc, avec son homologue familial allemand KMW, ex-Krauss Maffei, et son char Léopard.

L’accord signé à Paris est d’autant plus «historique» que cette alliance des deux fabricants de blindés est évoquée depuis plus de dix ans, sans jamais avoir pu aboutir. Un événement exceptionnel puisque, depuis la création d’EADS en 1999, dans l’aéronautique de défense, et de MBDA en 2001, dans les missiles, aucun mouvement d’envergure n’avait eu lieu dans l’industrie d’armement européenne.

Les négociations menées en dix-huit mois, sous la houlette du ministère de la Défense et de l’Agence des participations de l’Etat coté français, permettront aux deux entreprises de taille similaire, de constituer un ensemble pesant 1,7 milliard d’euros de chiffre d’affaires et employant 6.000 personnes.

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Alain Juillet : « Attaquer une banque rapporte moins que pirater ses ordinateurs »

L’ancien directeur de la Direction générale de la sécurité extérieure française (DGSE) était de passage en Suisse cette semaine. Il évoque l’intelligence économique [...].

Espion ? Lui préfère dire « agent de renseignement ». Celui qui a été directeur des renseignements de la Direction générale de la sécurité extérieure française (DGSE) et par ailleurs spécialiste de problématiques énergétiques était de passage à Genève cette semaine. Objectif : inaugurer la section genevoise de l’Académie de l’intelligence économique française dont il est le président. Il a rencontré Le Temps dans la bibliothèque feutrée d’un palace genevois. A l’heure où l’on parle de plus en plus d’intelligence économique, rencontre avec l’un des experts mondiaux du domaine.

Le Temps : Une grosse affaire secoue la Suisse ces jours. Pour savoir d’où provenaient certaines fuites dans les médias, un encaveur valaisan est soupçonné d’avoir commandité le piratage d’ordinateurs de journalistes avec l’aide d’un détective privé et d’un hacker. Est-ce que c’est ça, l’intelligence économique ?

Alain Juillet : Je ne connais pas le cas dont vous parlez, mais il s’agit manifestement de gens qui sont sortis des limites de la loi pour se tirer des sombres affaires dans lesquelles ils étaient empêtrés.

– De la simple criminalité, alors ?

– Oui. Et ceux qui franchissent les lignes rouges, ce sont les plus mauvais du métier. Je dis volontiers qu’aujourd’hui, il faut vraiment être bête pour attaquer une banque à la Kalachnikov pour un butin de 50.000 euros. En piratant les ordinateurs d’une société et en vendant les informations à un concurrent, vous pouvez gagner bien davantage. Et si vous vous faites pincer, vous risquez beaucoup moins.

– Qu’est-ce que l’intelligence économique, alors ?
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Vous avez aimé le traité transatlantique, vous adorerez TISA !

Prévu pour entrer en vigueur en 2015 — sauf échec des négociations — le TISA (ou Accord sur le commerce des services) vise à favoriser une libéralisation toujours plus poussée du commerce des services (santé, transports, énergie, eau, etc.). Une négociation entre une cinquantaine de pays dont les États-Unis et la France, qui se déroule dans le plus grand secret et qui enthousiasme la Chambre de commerce des États-Unis qui voit déjà l’Amérique mettre la main sur le marché mondial des services.

Les services publics de l’eau, de l’éducation, de la santé, des transports, mais aussi l’échange sans restriction de données. Tout est sur la table du nouvel accord commercial que négocient dans le plus grand secret, les États-Unis, l’Union européenne et une vingtaine d’autres États depuis deux ans dans les locaux de l’ambassade d’Australie à Genève.

La négociation porte sur le commerce des services et vise notamment une vaste libéralisation des services publics. Les tractations de cet Accord sur le commerce des services (ACS en français, Trade In Services Agreement en anglais) devaient restées secrètes « jusqu’à cinq ans après la conclusion d’un accord » ou la fin des négociations en cas d’échec.  Wikileaks a révélé le 19 juin l’annexe du traité en préparation consacré aux services financiers.

Ces révélations « soulignent, en fait, l’ampleur de l’offensive engagée par Washington, suivi par les États membres de l’Union européenne pour permettre aux multinationales de truster, le moment venu, le commerce des produits financiers mais aussi celui de tous les services sur les grands marchés transatlantiques et transpacifiques, dont les négociations avancent dans la plus grande discrétion ».

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Alstom et la sécurité nationale

Au-delà des péripéties politico-économiques de la perspective de rachat d’une partie des activités du groupe Alstom par une firme étrangère – épisode qui laisse cependant songeur sur les capacités d’anticipation du gouvernement -, un aspect essentiel du dossier n’a été évoqué ni par les acteurs ni par les commentateurs : celui de la sécurité nationale.

Par Eric Dénécé.

En effet, nos centrales nucléaires, notre porte-avions, nos sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) et surtout nos sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) – fondement de notre dissuasion nucléaire et donc de notre indépendance nationale – sont tous équipés de turbines[1] qui sont essentielles à leur fonctionnement.

Dans les bâtiments à propulsion nucléaire de notre marine, ces composants mécaniques fournissent l’alimentation électrique à la propulsion et aux systèmes auxiliaires. Ils entraînent une ligne d’arbres qui s’achève par les hélices et leur puissance mécanique confère la vitesse nécessaire au bâtiment.

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Pourquoi les planches à billets ne créent plus d’inflation

L’explosion du bilan des banques centrales avait fait craindre, à tort, une surchauffe générale. Tant que l’argent ne circule pas, le risque est insignifiant. Aujourd’hui, ce sont les monnaies qui donnent le rythme.

Le contrôle de la crise, dessin de Jos Collignon (Pays-Bas)
BANQUES – PAYS – BANQUES – PAYS – BANQUES – PAYS – BANQUES

C’est à en faire replonger certains dans leurs premiers manuels d’économie. Pourquoi, malgré l’explosion du bilan des banques centrales dans les pays développés, l’inflation y reste-t-elle aussi insignifiante ? Après la crise financière de 2008, lorsque, pour soutenir la relance, les planches à billets ont commencé à tourner à plein régime, nombreux sont ceux qui prédisaient pourtant une inflation galopante et destructrice de richesse. Comme dans les années 1970.

Cinq ans plus tard, en Suisse, où la Banque nationale suisse (BNS) a émis 290 milliards de nouveaux francs, l’indice des prix à la consommation a passé l’essentiel de ces deux dernières années en territoire négatif. En Europe, alors que la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) se fait de plus en plus accommodante, et qu’elle pourrait l’être davantage encore – jeudi dernier, son président, Mario Draghi, a évoqué un éventuel « large programme de rachats d’actifs » – c’est plutôt le spectre déflationniste qui plane actuellement au-dessus de la zone euro. Tandis qu’aux Etats-Unis, la Réserve fédérale (Fed) imprime chaque mois des dizaines de milliards de dollars pour racheter des actifs obligataires. Résultat ? L’inflation y reste cantonnée entre 1 et 1,5%.
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Le retour des damnés de la terre ?

Une nouvelle discipline consistant à analyser des données historiques à travers des modèles mathématiques, la “cliodynamique”, a permis à deux chercheurs de mettre en avant le fait que les inégalités de richesses obéiraient à des cycles historiques. Commentaire critique de cette nouvelle théorie.

C’est du passé (2009)…

Comprendre (et peut-être même prédire) l’évolution des inégalités. C’est ce qu’ont tenté de faire deux chercheurs de l’université du Connecticut et de l’institut d’histoire de l’académie des sciences russe grâce à la cliodynamique, une nouvelle discipline consistant à analyser des données historiques à travers des modèles mathématiques.

Et selon leurs prévisions relayées par le magazine Aeon, d’ici peu aux Etats-Unis, les inégalités auront atteint un niveau tel que l’apparition de troubles politiques serait inévitable… avec un pic prévu pour 2020.

Explications.
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L’art de la déstabilisation psycho cognitive

La déstabilisation concurrentielle est une pratique extrêmement répandue dans nos sociétés capitalistes, mondialisées et plongées dans un contexte de guerre économique. Cette pratique fait intervenir des actions d’influence, de désinformation, d’intoxication mais aussi des pratiques illicites (espionnage industriel, corruption, attaques informatiques,…). Nous allons étudier comment utiliser des techniques scientifiquement validées de persuasion, d’influence et de manipulation pour modifier les attitudes et les comportements des individus.

Par Thomas Bonnecarrere


Comment les classes moyennes des pays développés sont devenues les dindons de la mondialisation

Selon l’ONG Oxfam, les 85 individus les plus riches de la planète disposaient d’autant d’argent que 50 % de la population mondiale. Pis, selon le directeur du think tank Resolution Foundation, les revenus des super pauvres et des classes moyennes ou supérieures des pays développés ont vu leurs revenus s’écrouler entre 1988 et 2008.

“J’ai perdu mon travail, j’ai deux enfants à nourrir, s’il vous plaît aidez-moi” (Etats-Unis)

Atlantico : L’ONG Oxfam a révélé, lors du sommet de Davos de janvier, que les 85 individus les plus riches de la planète disposaient d’autant d’argent que 50 % de la population mondiale. Pis, selon James Plunkett, directeur du think tank britannique Resolution Foundation, les revenus des super pauvres et des classes moyennes ou supérieures des pays développés ont vu leurs revenus s’écrouler entre 1988 et 2008. A l’inverse, les populations qui sortent de la pauvreté dans les pays émergents et les super-riches ont vu leurs revenus exploser. Que penser de cette évolution ? Les classes moyennes sont-elles devenues le “dindon de la farce” de la mondialisation ?
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Un parc immobilier de 6 milliards d’euros pour le Qatar en France, à la faveur d’un régime fiscal dérogatoire

Le Qatar s’est constitué un parc immobilier de plus de 6 milliards d’euros sur les dix dernières années en France dans le résidentiel très haut de gamme et les sites commerciaux ou touristiques de prestige à la faveur d’un régime fiscal dérogatoire, montrent des documents administratifs et juridiques consultés par Reuters.

Une quarantaine d’actifs immobiliers acquis par l’émirat du Qatar en France soit en direct, soit au travers de son fonds souverain ou encore par le biais d’investissements réalisés en propre par des membres de la famille régnante al Thani ont ainsi été identifiés.

L’émirat et son fonds souverain contrôlent une dizaine de ses biens immobiliers pour une valeur totale de près de 3 milliards d’euros, selon les données compilées par Reuters.

Un fond créé par l’ex-émir, cheikh Hamad ben Khalifa al Thani, qui a abdiqué en juin en faveur de son fils cheikh Tamin, en détient neuf et ses enfants, dont le nouvel émir, six.

Les autres sont contrôlés soit par d’autres membres de la famille soit par des hommes d’affaires qui entretiennent des liens étroits avec la famille régnante comme Ghanim bin Saad al-Saad.

L’ancien émir du Qatar s’est ainsi porté acquéreur du célèbre showroom Citroën des Champs-Elysées mis en vente par PSA, qui confronté à d’importantes difficultés financières, a cédé pour deux milliards d’actifs en 2012.

Les Qataris bénéficient en France d’un régime fiscal dérogatoire controversé en vertu d’un accord bilatéral dont la dernière mouture remonte à 2008 et qui exempte d’imposition sous certaines conditions les plus values immobilières.

Il s’agissait notamment pour Paris de proposer des conditions au moins aussi attractives que Londres à un moment où la crise financière avait exacerbé la concurrence pour attirer les investissements des pays exportateurs de pétrole et de gaz, enrichis par l’envolée des cours, soulignent plusieurs experts.

C’est grâce aux avantages fiscaux que les Qataris sont actuellement les seuls acheteurs sur le marché parisien“, relève Pour sa part Philippe Chevalier, directeur chez Emile Garcin, l’un des spécialistes de l’immobilier de luxe.

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Ecotaxe, OGM, crise sanitaire… Un salon de l’agriculture sous tension

Le salon de l’agriculture se tient du 22 février au 2 mars à Paris. Un “moment politiquement délicat” pour le gouvernement, attendu au tournant.

S’adapter aux caprices des marchés, exporter, moderniser, pousser l’agroécologie, renforcer les “démarches de filière” et mieux coordonner les actions Etat-régions-filières : telles sont les six priorités annoncées par le gouvernement en matière d’agriculture à l’horizon 2025. Un plan d’action sera établi d’ici mi-mai, avec feuilles de route détaillée, filière par filière.

A trois jours de l’ouverture du salon de l’agriculture  - et à deux jours des Etats généraux du secteur organisés par la puissante FNSEA – le ministre Stéphane Le Foll a mis les petits plats dans les grands. Il faut dire que le grand rendez-vous de l’agriculture française est, de l’aveu même du ministre, “un moment politiquement délicat, surtout pour la gauche“, confrontée à “un monde professionnel pas très acquis à notre cause au départ”. Tour d’horizon des sujets qui fâchent.

1 – L’écotaxe : “On n’en veut pas”
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Encore moins cher que le discount : qui sont les nouveaux casseurs de prix ?

Avec la baisse du pouvoir d’achat, des commerces ont trouvé des solutions pour casser les prix. Ainsi des «déstockeurs» récupèrent des produits alimentaires dont la date de péremption approche pour les revendre à des tarifs défiant toute concurrence. D’autres proposent des produits high-tech, comme des tablettes et des smartphones, jusqu’à moitié prix. Enfin, les grandes surfaces comme les petits commerçants distribuent des cartes de fidélité, qui permettent aux consommateurs d’obtenir des cadeaux et des réductions… mais cachent aussi de nouvelles méthodes de vente plus efficaces.