Google, la fin du travail ?

Après plusieurs années d’enquête, Bruxelles a lancé le 15 avril dernier une procédure contre le géant informatique américain. Elle l’accuse d’abus de position dominante dans la recherche sur internet.

Une solution à l’amiable est toujours possible, mais dans le pire des cas, Google pourrait écoper d’une amende de 6 milliards de francs. Quels enjeux se cachent derrière ce bras de fer entre Bruxelles et Google ? Le point avec Solange Ghernaouti, professeure à l’Université de Lausanne, spécialiste en cybersécurité.

RTS – L’Invité de la rédaction (16/04/2015)

Après celui du yaourt, le “cartel de la volaille” dans le collimateur

Addendum : Cartel du poulet : “Il fallait s’entendre pour arriver à survivre“, confie un acteur clé du secteur.

Ce Cartel du poulet existait bien, affirme André Lepeule, ancien directeur général de la Fédération des industries avicoles (FIA), devant la caméra de France 2, lundi 4 mai. “Une entente sur les prix, c’est clairement illégal”, assure-t-il. Pourtant, avec d’autres entreprises, il discutait bien de ce qu’il appelle “la situation des marchés”. 

“Je n’excuse pas, je comprends, explique André Lepeule. J’avais du mal à saisir cette frénésie, cette boulimie de discussions sur des sujets qui étaient clairement anti-concurrentielles.” Lors de ces réunions, le prix de vente conseillé (PVC) était fixé par produit et par kilo, détaille-t-il. 

L’Autorité de la concurrence va sanctionner une trentaine d’entreprises du secteur de la volaille pour entente sur les prix entre 2000 et 2007, révèle le Journal du Dimanche.

Après avoir sévèrement mis à l’amende les producteurs de yaourts, l’Autorité de la concurrence s’attaque au secteur de la volaille industrielle.

Le gendarme de la concurrence s’apprête à épingler une trentaine d’entreprises du secteur de la volaille pour entente sur les prix entre 2000 et 2007, révèle le Journal du Dimanche (JDD).

Selon le journal, l’Autorité va dévoiler, dans quelques jours ,le résultat d’une enquête portant sur une centaine de réunions qui se sont tenues entre volaillers. Au total, 35 entreprises sont impliquées dont des grands noms du secteur comme LDC (Loué, Le Gaulois…), Gastronome, Duc ou Doux, ainsi que quatre associations.

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Entente sur les prix : payons-nous trop cher ?

L’entente sur les prix est interdite en France par le Code de commerce, pourtant, le Conseil de la concurrence pointe régulièrement les irrégularités en la matière. Au sommaire : G7, des taxis en or. – L’Éthiopie casse les prix. – Le cartel du yaourt.

Les petites entreprises n’arrivent plus à faire face à la concurrence étrangère

Une entreprise de transport routier de Picardie souffre de la concurrence des pays d’Europe centrale. Aujourd’hui, la société possède quinze camions et emploie quinze chauffeurs. Ils étaient deux fois plus nombreux il y a trois ans.

Ses salariés sillonnent la France 24h/24 pour un salaire de 1 700 euros net par mois. Beaucoup moins qu’il y a quelques années. La raison : la concurrence de plus en plus forte des pays d’Europe centrale comme la Pologne, la République Tchèque, la Roumanie, la Lituanie.

Cette concurrence étrangère fait très mal aux comptes de l’entreprise. Le planning est de moins en moins chargé : “En deux ans de temps, on a perdu près de 40% de nos clients. Ils sont partis vers la concurrence étrangère moins chère. Les pays de l’Est roulent au tarif qu’on appliquait il y a trente ans. On a trente ans d’écart avec eux“, explique Dominique Durant.

Desire

Dans le monde du travail, se reposer sur ses acquis se traduit bien souvent par une obsolescence prématurée. C’est ce que tente de démontrer ce court-métrage d’animation qui met en lumière le quotidien d’un robot ouvrier se retrouvant confronté à un concurrent plus performant.

Ce court-métrage d’animation est le fruit du travail de Scott Thierauf, créatif chez Red Echo Post. Il décrit son œuvre comme une « spirale infernale de jalousie, de ressentiments et de désirs non maîtrisés ».

En d’autres termes, le film de Scott met en lumière la nécessité d’améliorer en permanence son savoir-faire pour ne pas se faire dépasser par la concurrence dans le milieu du travail.

Piketty et la dépréciation du capital

L’ouvrage de Thomas Piketty (2013) et l’étude qu’il a publiée avec Gabriel Zucman (2014) ont renouvelé l’analyse des inégalités de revenu et de leurs liens avec la croissance économique.

Ils affirment que la part du revenu rémunérant le travail diminue et ils expliquent cette baisse avec la hausse du ratio capital sur revenu national qu’ils appellent β. En environ un siècle, β a connu une évolution en forme de U: il était élevé avant la Première Guerre mondiale, puis il déclina, avant d’augmenter à nouveau au cours des trois dernières décennies. Or la part du revenu national rémunérant le capital (α) est égale au taux de rendement du capital (r) multiplié par β [Milanovic, 2013].

Par conséquent, si le taux de rendement du capital r est durablement supérieur au taux de croissance de l’économie g (c’est-à-dire si r > g) dans un contexte où β est croissant, alors le capital capte une part croissante du revenu national : α augmente. Ce serait le cas aujourd’hui, car la sophistication financière et la concurrence internationale contribuent à maintenir r à un niveau élevé, tandis que les pays avancés connaissent une faible croissance g.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là, puisque le processus inclut un effet retour : comme α augmente, non seulement les propriétaires du capital s’enrichissent, mais ils peuvent épargner davantage. La hausse de l’épargne pousse le taux de croissance du capital à davantage s’écarter du taux de croissance du revenu national, si bien qu’elle accroît β.
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Jean Tirole reçoit reçoit le prix Nobel d’économie pour son « analyse de la puissance du marché et de la régulation »

Jean Tirole est l’un des économistes les plus influents de notre temps. Né le 9 août 1953, il est président de la Fondation Jean-Jacques Laffont – Toulouse School of economics (TSE), directeur scientifique de l’Institut d’économie industrielle (IDEI) à Toulouse et membre fondateur de l’Institute for Advanced Study in Toulouse (IAST). Il est aussi professeur invité au MIT et membre de l’Académie des sciences morales et politiques depuis le 27 juin 2011. Depuis 1995, il est directeur d’études cumulant à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS).

Le 13 octobre 2014, Jean Tirole reçoit le prix Nobel d’économie pour son « analyse de la puissance du marché et de la régulation ». Il fit d’importantes contributions dans plusieurs domaines de recherche, mais il a surtout clarifié comment nous pouvons comprendre et réglementer les secteurs qui sont dominés par une poignée d’entreprises.

La réglementation est complexe

Il est toujours pertinent de se demander quelles activités doivent être réalisées par l’Etat et quelles activités doivent être laissées au secteur privé. Plusieurs gouvernements ont ouvert des monopoles publics aux actionnaires privés, aussi bien dans les secteurs des réseaux ferroviaires, de distribution d’eau, de la poste, des télécommunications, que de l’éducation ou des soins de santé.

Les expériences tirées de ces privatisations ont été contrastées et il a été bien souvent plus difficile que prévu d’inciter les entreprises privées à adopter le comportement attendu.

Il y a deux grandes difficultés. Premièrement, plusieurs marchés sont dominés par un nombre réduit d’entreprises qui influencent alors les prix, le volume et la qualité du produit. La théorie économique traditionnelle n’est pas adaptée à cette situation, qualifiée d’”oligopole”. Elle est davantage adaptée à une situation de monopole ou à une situation connue sous le nom de “concurrence pure et parfaite“.
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TiSA : un accord géant de libre-échange en discrètes négociations

Réunis à Paris mardi 8 juillet pour préparer le prochain volet de la régulation financière européenne, les représentants du monde financier ne semblent pas être particulièrement au fait des négociations secrètes qui pourraient demain bloquer toute volonté régulatoire de 50 des plus grandes économies mondiales. Une perspective nommée TiSA, pour Trade in Services Agreement, ou Accord sur le commerce des services en français.

WikiLeaks a fait fuiter le mois dernier un document de travail datant d’avril 2014, portant sur le chapitre des services financiers. S’il ne s’agit pas du texte définitif, puisque les négociations sont encore en cours, il permet de se faire une idée de ce à quoi pourrait ressembler cet accord de libéralisation déjà tant décrié.

C’est quoi l’idée ?

TiSA est une négociation commerciale lancée début 2013 entre 23 Etats, qui se baptisent eux-même les « très bons amis des services », à l’initiative des Américains et des Australiens. Leur objectif est de poursuivre la libéralisation des services engagée par l’Accord général sur le commerce des services (AGCS, GATS en anglais) de 1994, qui combattait le protectionnisme et ouvrait certains secteurs à la concurrence.

50 pays négocient TiSA
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Vous avez aimé le traité transatlantique, vous adorerez TISA !

Prévu pour entrer en vigueur en 2015 — sauf échec des négociations — le TISA (ou Accord sur le commerce des services) vise à favoriser une libéralisation toujours plus poussée du commerce des services (santé, transports, énergie, eau, etc.). Une négociation entre une cinquantaine de pays dont les États-Unis et la France, qui se déroule dans le plus grand secret et qui enthousiasme la Chambre de commerce des États-Unis qui voit déjà l’Amérique mettre la main sur le marché mondial des services.

Les services publics de l’eau, de l’éducation, de la santé, des transports, mais aussi l’échange sans restriction de données. Tout est sur la table du nouvel accord commercial que négocient dans le plus grand secret, les États-Unis, l’Union européenne et une vingtaine d’autres États depuis deux ans dans les locaux de l’ambassade d’Australie à Genève.

La négociation porte sur le commerce des services et vise notamment une vaste libéralisation des services publics. Les tractations de cet Accord sur le commerce des services (ACS en français, Trade In Services Agreement en anglais) devaient restées secrètes « jusqu’à cinq ans après la conclusion d’un accord » ou la fin des négociations en cas d’échec.  Wikileaks a révélé le 19 juin l’annexe du traité en préparation consacré aux services financiers.

Ces révélations « soulignent, en fait, l’ampleur de l’offensive engagée par Washington, suivi par les États membres de l’Union européenne pour permettre aux multinationales de truster, le moment venu, le commerce des produits financiers mais aussi celui de tous les services sur les grands marchés transatlantiques et transpacifiques, dont les négociations avancent dans la plus grande discrétion ».

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Alstom et la sécurité nationale

Au-delà des péripéties politico-économiques de la perspective de rachat d’une partie des activités du groupe Alstom par une firme étrangère – épisode qui laisse cependant songeur sur les capacités d’anticipation du gouvernement -, un aspect essentiel du dossier n’a été évoqué ni par les acteurs ni par les commentateurs : celui de la sécurité nationale.

Par Eric Dénécé.

En effet, nos centrales nucléaires, notre porte-avions, nos sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) et surtout nos sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) – fondement de notre dissuasion nucléaire et donc de notre indépendance nationale – sont tous équipés de turbines[1] qui sont essentielles à leur fonctionnement.

Dans les bâtiments à propulsion nucléaire de notre marine, ces composants mécaniques fournissent l’alimentation électrique à la propulsion et aux systèmes auxiliaires. Ils entraînent une ligne d’arbres qui s’achève par les hélices et leur puissance mécanique confère la vitesse nécessaire au bâtiment.

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L’art de la déstabilisation psycho cognitive

La déstabilisation concurrentielle est une pratique extrêmement répandue dans nos sociétés capitalistes, mondialisées et plongées dans un contexte de guerre économique. Cette pratique fait intervenir des actions d’influence, de désinformation, d’intoxication mais aussi des pratiques illicites (espionnage industriel, corruption, attaques informatiques,…). Nous allons étudier comment utiliser des techniques scientifiquement validées de persuasion, d’influence et de manipulation pour modifier les attitudes et les comportements des individus.

Par Thomas Bonnecarrere


Ecotaxe, OGM, crise sanitaire… Un salon de l’agriculture sous tension

Le salon de l’agriculture se tient du 22 février au 2 mars à Paris. Un “moment politiquement délicat” pour le gouvernement, attendu au tournant.

S’adapter aux caprices des marchés, exporter, moderniser, pousser l’agroécologie, renforcer les “démarches de filière” et mieux coordonner les actions Etat-régions-filières : telles sont les six priorités annoncées par le gouvernement en matière d’agriculture à l’horizon 2025. Un plan d’action sera établi d’ici mi-mai, avec feuilles de route détaillée, filière par filière.

A trois jours de l’ouverture du salon de l’agriculture  - et à deux jours des Etats généraux du secteur organisés par la puissante FNSEA – le ministre Stéphane Le Foll a mis les petits plats dans les grands. Il faut dire que le grand rendez-vous de l’agriculture française est, de l’aveu même du ministre, “un moment politiquement délicat, surtout pour la gauche“, confrontée à “un monde professionnel pas très acquis à notre cause au départ”. Tour d’horizon des sujets qui fâchent.

1 – L’écotaxe : “On n’en veut pas”
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Encore moins cher que le discount : qui sont les nouveaux casseurs de prix ?

Avec la baisse du pouvoir d’achat, des commerces ont trouvé des solutions pour casser les prix. Ainsi des «déstockeurs» récupèrent des produits alimentaires dont la date de péremption approche pour les revendre à des tarifs défiant toute concurrence. D’autres proposent des produits high-tech, comme des tablettes et des smartphones, jusqu’à moitié prix. Enfin, les grandes surfaces comme les petits commerçants distribuent des cartes de fidélité, qui permettent aux consommateurs d’obtenir des cadeaux et des réductions… mais cachent aussi de nouvelles méthodes de vente plus efficaces.

La formation en Intelligence Economique à la croisée des chemins

Depuis vingt ans, nous cherchons à créer un état d’esprit favorable à une prise en compte de  l’usage de l’information. Si j’osais une comparaison historique un peu décalée, nous sommes encore loin d’égaler le niveau de ferveur des soldats de l’armée de l’an II. Or c’est justement la volonté de réagir sans trop savoir comment et avec une minorité potentiellement agissante que l’armée de l’an II a pu se transformer en une force capable de rivaliser avec toute une partie de l’Europe de la fin du XVIIIe siècle. La France du XXIe siècle entame à peine cette mutation dans un contexte de guerre économique.

Par Christian Harbulot

Les pays qui sont très avancés dans un tel processus sont les nouveaux entrants à l’image de la Chine qui développe depuis  30 ans un modèle d’accroissement de puissance par l’économie, reprenant à son compte les fruits du modèle japonais et sud-coréen. Ces économies combattantes ne fonctionnent pas comme les acteurs économiques du monde occidental. Mais le résultat est là : la Chine est en train de devenir la partie la plus dynamique du monde.

Face à ce monde en mouvement, on ne ressent pas dans notre pays l’âme d’un peuple, ni le partage de valeurs communes pour un combat utile à l’intérêt général.

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Full Option

Dans un monde où la course à la rentabilité règne en maître, quelle est la place de l’humain et des revenus ? Voilà la question essentielle posée par « Full Option », documentaire qui tente de démontrer la déshumanisation progressive et inquiétante des travailleurs dans un monde globalisé.

Le réalisateur s’attache à comparer le « secteur humain » au secteur automobile, secteur qui est en proie à des délocalisations et des sous-traitances toujours plus complexes. Le documentaire part de la Belgique, passe par la Roumanie et atterrit en Thaïlande.

Il part à la recherche du travailleur idéal en appliquant le principe « quand un modèle s’avère peu rentable, on en essaie un autre… ».

Rapidement, le reportage questionne le problème de la division internationale du travail et la mise en concurrence des différents maillons de la chaîne de production, avec comme effet pervers une pression à la baisse sur les coûts du travail, au Nord comme au Sud. Quelle réponse apporter ? Le documentaire invite à l’interrogation et propose des pistes de réflexion et d’action autour de l’agenda du travail décent.

Le moteur hybride à air, progrès ou gadget ?

Tout dépend de l’évolution des autres technologies, à commencer par l’hybridation électrique, avant sa commercialisation, prévue en 2016.

Par Philippe Doucet

Annoncé par PSA la ­semaine dernière, le moteur hybride à air comprimé fait actuellement figure de nouvel espoir dans la lutte contre les rejets de CO2, dont le niveau maximal autorisé devrait être en Europe de­ 95 g/km en 2020.

Sans entrer dans ses détails ,

cette technologie consiste à stocker de l’air comprimé dans les phases de décélération et de freinage du véhicule pour le restituer ensuite en appoint du moteur thermique ou de manière autonome.

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Le démantèlement de Nyse-Euronext sonne le glas de Paris Place financière

La Bourse de Paris sera -t-elle demain à l’Europe ce que la Bourse de Nantes fut à l’Hexagone, terriblement province et marginale… avant d’être estompée du paysage financier ?

Par Patrick Arnoux

“Un pays, c’est un drapeau et une Bourse”avait coutume de dire l’un des grands banquiers de la place.

Alors, pauvre France, dont la chronologie boursière traduit une terrible descente aux enfers : il y a 20 ans, la Bourse de Paris comptait 786 entreprises cotées contre 586 en 2011. A cette époque, la capitalisation boursière de Paris représentait 78 % du PIB de la France contre 54 %.

Entretemps, les actionnaires ont déserté la bourse par millions. Attrition en forme de rude constat :

le premier marché boursier de la zone euro ne remplit plus son rôle de financement de l’économie. Quelques chiffres suffiraient pour démontrer le déclin alarmant de la place financière de Paris, et surtout sa déconnexion de l’économie réelle :

les sociétés cotées se finançaient en 2001 pour 26,9 % grâce à la Bourse, cette proportion a chuté à 5,4 % l’an passé comme le démontre la brutale baisse des levées de fonds : en 2012, une dizaine de PME ont levé 235 millions d’euros, contre dix fois plus – plus de 2,5 milliards – il y a six ans. Pire, l’an passé, les départs furent plus nombreux que les arrivées.

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Insurrections et guerre des pick-up: Toyota vs Zhongxing

Durant des décennies, le véhicule préféré des rebelles a été le pick-up japonais Toyota Hilux. Coriace, pas cher, simple et facile à réparer, le Hilux était aussi aidé par la solidité et la capacité de la soute, en arrière, où on peut fixer une mitrailleuse lourde, un canon léger, un lance-roquette et même certains petits systèmes de missiles anti-aériens.

Par Denis Arcand | monvolant.ca (02/09/2011).

Une guerre entre la Lybie et le Tchad en 1987 a même été surnommée The Toyota War. La Lybie avait de gros tanks russes, des hélicoptères de combat et des garnisons dans le désert; le Tchad avait des Toyota Hilux et 8000 nomades du désert armés de Kalachnikov et de petits lance-roquettes RPG 7. L’armée de Kadhafi a mangé toute une volée.

Durant 20 ans après cela, le Hilux a été le véhicule des révolutions, des guerres civiles et des conflits low-tech partout en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie.

Quelle publicité, ces photos d’agences de presse, montrant des combattants roulant sur les pires routes du monde dans des pick-ups avec un gros «TOYOTA» sur le panneau arrière.

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Afrique : La Chine consolide son influence médiatique

L’expansion médiatique chinoise en Afrique se poursuit par une voie qui pourrait paraître anachronique : le quotidien China Daily vient en effet de lancer une édition papier destinée au public anglophone du continent noir.

Un lancement qui ne doit rien au hasard selon Zhu Ling, rédacteur en chef du China Daily :

les relations entre la Chine et l’Afrique sont l’une des plus importantes du monde actuel. Elles sont en forte croissance mais restent complexes, aussi bien du côté chinois que du côté africain. Nous espérons que le lancement d’une édition africaine du China Daily permettra d’améliorer ces relations“.

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PSA Sochaux : Cadences en chaînes

L’usine PSA de Sochaux, berceau historique de l’aventure Peugeot, est le miroir d’une industrie qui a révolutionné ses méthodes en quelques décennies. Concurrence, globalisation des marchés, objectifs de croissance et de rentabilité ont, au fil des ans, métamorphosé le travail dans cette usine où l’on a longtemps été embauché de père en fils.

Depuis plus d’un siècle, l’usine Peugeot de Sochaux fait et défait la vie économique de la région. Trois équipes se relaient vingt-quatre heures sur vingt-quatre dans les ateliers pour produire 1.600 voitures par jour. En décembre 2008, la crise frappe de plein fouet le secteur automobile. A Sochaux, 800 contrats d’intérim ou CDD sont supprimés, ainsi que l’équipe de nuit. Lorsqu’au printemps le marché se redresse, l’usine a perdu plus de 1 milliard d’euros et ses dirigeants n’ont qu’un objectif : retrouver croissance et rentabilité.

Après avoir été les cobayes du taylorisme et du fordisme, après avoir vu les robots remplacer un certain nombre de leurs camarades aux postes les plus pénibles, les ouvriers doivent désormais se soumettre à une nouvelle doctrine, inventée par le concurrent japonais Toyota : le toyotisme.

«On fait tout pour que le salarié sur la ligne de montage soit un robot, ne se déplace plus et ait toutes les pièces nécessaires à proximité.»
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2013 : L’année de la guerre économique

Stagnation européenne, essoufflement chinois, incertitude américaine… Alors que l’horizon de croissance s’assombrit, les tensions s’exacerbent tous azimuts. “L’Expansion” dessine les contours de cet affrontement mondialisé.

Par Franck Dedieu et Béatrice Mathieu – lexpansion.lexpress.fr

Dans cette course sans fin et suicidaire au moins-disant fiscal et social, et sur fond de disette budgétaire, les mécanismes assurant la Solidarité nationale, les fondations de nos vieilles nations, sont Menacés.

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«Elles espèrent gagner un peu d’argent ici»

Poussées par la crise économique, des prostituées portugaises, espagnoles, allemandes et françaises viennent travailler en Suisse. Ce qui provoque une chute des prix.

La crise économique se fait ressentir dans le milieu de la prostitution.

Après les Roumaines et les Hongroises, ce sont désormais les filles de joie allemandes, espagnoles et françaises qui débarquent en Suisse pour gagner de l’argent.

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L’Union européenne meurt-elle de sa vassalité avec les Etats-Unis ?

Quelques évidences à rappeler: L’union européenne s’enferme dans un système de subventions avec des règles de marchés dont les effets sont très violents. Pendant ce temps de très nombreux États ont recours à des fonds souverains pour sécuriser leurs entreprises (surtout pour des marchés stratégiques). 

L’Union européenne connait une crise majeure où les populations sont étranglées par l’augmentation croissante des impôts et une récession grandissante.

Est-il judicieux, normal, juste que les européens payent pour le développement des entreprises et économies étrangères ?

Peut-on encore justifier les attaques (et souvent destructions) dont sont victimes les entreprises européennes, du fait des subventions, par les fonds d’investissements étrangers (souverains ou non) ?

L’Europe peut-elle se permettre de fragiliser encore son tissu économique intérieur en étranglant les citoyens et en abandonnant les entreprises?

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Allemagne: tourisme funéraire à prix cassés

Petit voyage à bord d’un corbillard. ABE vous emmène en Tchéquie assister à des funérailles à prix cassés pour familles endeuillées et désargentées. Comme les obsèques sont très chères, de nombreux allemands ont recours à des entreprises qui estiment que l’on peut tout sous-traiter à l’étranger, y compris les incinérations et les enterrements. A défaut d’être joyeux, ce thème pose la question de la drôle de société avec laquelle nous devons composer.

RTS

Le business de la mort (Rediff.)

Avec quelque 540 000 décès en France chaque année et un chiffre d’affaires de 5 milliards d’euros, le marché du funéraire se porte bien. Mais comment concilier activité commerciale et deuil ? Et quelles stratégies adopter face à la concurrence ?

Enquête sur un secteur méconnu et en pleine mutation avec les exemples de l’entreprise OGF ou celle plus modeste d’AB Crémation, à Nîmes. OGF est une société leader sur ce marché. Elle emploie près de 6000 personnes et possède la plus importante usine de cercueils d’Europe. On y fabrique 400 unités chaque jour.

Via le remarquable Blog de Blueman

La tension Chine-Japon gagne le terrain économique

Attaques d’enseignes japonaises en Chine, fermetures d’usines, appels au boycott… La querelle autour des îles Senkaku se traduit dans les relations commerciales et industrielles entre les deux pays.

(…)Pour quelques arpents de rocs perdus en mer de Chine orientale, les passions s’enflamment entre la deuxième et la troisième économie mondiale.(…)

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« La Commission européenne veut brader la mention ” château ” aux exportateurs américains »

La Fédération des grands vins de Bordeaux (FGVB) a mis en garde contre l’octroi par la Commission européenne de la mention “château” aux vins produits aux Etats-Unis et exportés en Europe, dans un communiqué publié vendredi 14 septembre. “La Commission européenne veut brader la mention ‘château’ aux exportateurs américains”, s’insurge la fédération dans son texte.

La mention “château” “désigne un vin d’appellation d’origine contrôlée issu à 100% de raisins récoltés et vinifiés sur la propriété”, rappelle la FGVB, soulignant qu’aux États-Unis, “les raisins peuvent provenir de différents et nombreux fournisseurs“.

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Quand la Chine délocalise en Europe

Le vent de la mondialisation a tourné. La Chine, autrefois la sous-traitante docile des multinationales, s’est émancipée. Elle est aujourd’hui à la tête de moyens financiers colossaux. En Europe, les entreprises chinoises se posent désormais en sauveurs de la désindustrialisation. Enquête sur ces entrepreneurs chinois à la conquête du marché européen.

“Les troubles qui se sont produits dans les pays européens résultent uniquement de problèmes accumulés par une société en fin de course qui vit sur les acquis sociaux. Les lois sociales sont dépassées, elles encouragent la paresse, l’indolence plutôt que l’effort.” – Jin Liqun, président de la China Investment Corporation

(Documentaire réalisé par Magali Serre – France – Septembre 2012)

La tension monte sur une banquise à l’agonie

La fonte record des glaces en Arctique ouvre de nouvelles perspectives pour les cinq pays occupant la région. La concurrence se durcit.

Cliquez sur l’image pour agrandir.

Jamais les glaces de l’Arctique n’ont été aussi réduites. Cette fonte historique devrait bientôt ouvrir de nouvelles routes maritimes et faciliter l’accès à des zones riches en hydrocarbures et en gaz.

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« Good luck for your country »

A travers l’exemple de la privatisation du secteur des télécommunications en Europe, ce documentaire militant montre comment le néo-libéralisme anglo-saxon des années 70 s’est imposé aux états membres de l’Union Européenne.

L’introduction glaciale de Milton Friedman à elle seule est à ne pas louper !

http://www.dailymotion.com/video/xt7zhn

(Documentaire réalisé par Jean Druon – France -1998)

Qu’est-ce que le capitalisme ?

Alors que le capitalisme semble régner sans partage sur tous les recoins de la planète, les historiens débattent comme rarement sur sa genèse. Depuis que des chercheurs ont entrepris de réviser de fond en comble l’histoire économique des contrées non européennes, c’est une nouvelle histoire du capitalisme qui se profile.

Les travaux d’histoire globale ont remis sur le tapis la question des origines du capitalisme en montrant que nombre de ses ingrédients constitutifs peuvent être repérés bien avant le XVIe siècle, tant en Europe qu’en Asie, qu’il s’agisse de l’existence de marchés développés, du système de crédit, de contrats salariaux, de l’impérialisme (1)… Ce courant de recherche prolonge en ce sens la vision de Fernand Braudel, pour lequel le capitalisme se définit comme un ensemble de pratiques présentes dans de multiples sociétés, à de multiples époques (2).

D’une manière qui semble contre-intuitive aujourd’hui, tant on a pris l’habitude, bien à tort, d’assimiler le capitalisme à l’économie de marché, l’historien français définit le premier en l’opposant à la seconde. Alors que l’économie de marché renvoie à des échanges de proximité intervenant dans des marchés réglementés et transparents, comme ceux des foires de Champagne au Moyen Âge, pour Braudel, le capitalisme consiste à contourner les règles de la concurrence pour dégager des profits exceptionnels. Le capitalisme est alors la recherche de positions de monopole, obtenues notamment en allongeant le circuit commercial jusqu’à le rendre opaque. Il trouve ainsi sa meilleure incarnation dans le commerce au long cours, pratiqué tout autant par les marchands vénitiens que par les diasporas juives, arabes ou indiennes qui, dès le Ier millénaire, font transiter des marchandises de la Méditerranée à l’océan Indien, de la mer Noire à la Chine.

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Sondage – Les Français plébiscitent l’euro

Le sondage de l’Ifop pour France-Soir prend gauche et droite à contre-pied : seule une minorité de Français rêvent d’un retour au franc.

C’est un coup de tonnerre, en tout cas un résultat inattendu, compte tenu des violentes critiques dont l’euro fait l’objet en France depuis des mois. Un euro qui n’apparaît pas si protecteur que cela, un euro parfois brinquebalant, un euro discuté par les Allemands et présenté par certains comme « en sursis ».

Or, quand l’Ifop demande aux Français – pour les mettre au pied du mur – s’ils souhaitent que leur pays abandonne l’euro et revienne au franc, la réponse tombe, sans aucune ambiguïté : c’est non. 72 % des personnes interrogées (contre 28 % d’un avis contraire) refusent l’idée d’un retour au franc.

Et, curieusement, dans les mêmes proportions s’agissant des sympathisants de gauche et des sympathisants de droite : dans les deux cas, 74 % veulent, disent-ils, s’en tenir à l’euro, aussi critiquable et imparfait soit-il. Ils n’imaginent pas une opération… « retour vers le futur ».

Quatre observations peuvent être faites.

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« Les États-Unis traversent une crise plus grave que l’Europe »

INTERVIEW – L’économiste américain Jeffrey Sachs soutient une réforme du système monétaire mondial avec un euro aussi important que le dollar.

William Smith Jewett (1812–1873), La terre promise - La famille Grayson

L’économiste américain Jeffrey Sachs, conseiller spécial du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon et professeur à l’université de Columbia, intervient aujourd’hui [jeudi 06 janvier 2011] au colloque « Nouveau monde, nouveau capitalisme », organisé à Paris par le ministre de l’Industrie Éric Besson, en présence de François Fillon et du premier ministre grec Georges Papandréou.

Père de la thérapie de choc libérale dans la Russie d’Eltsine, Sachs, qui a conseillé de nombreux gouvernements, s’est mué au fil des ans en croisé interventionniste de la lutte contre la pauvreté.

LE FIGARO. – L’Union européenne va-t-elle devoir sauver d’autres États membres cette année ?

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Emmanuel Todd : « Je serais très étonné que l’euro survive à 2011 »

Que nous est-il permis d’espérer et que doit-on craindre en 2011 ? Le politologue, démographe et essayiste français Emmanuel Todd a accepté de se livrer, pour nous, à un « bilan et perspectives » étayé, plus spécifiquement centré sur la crise économique et financière qui secoue l’Europe.

Que retiendrez-vous de l’année 2010, qui vient de s’achever ?

Je dirais que ce fut une année charnière. C’est l’année où les croyances, économiques et politiques dominantes de l’Occident sont arrivées au bout de quelque chose.

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« Entre le collectif et l’individuel, la France a du mal à choisir »

Selon Philippe d’Iribarne, chercheur atypique, dans le monde du travail ou à l’égard des immigrés, notre pays est tiraillé entre le respect de tous les particularismes et la défense d’une égalité sans faille.

Pourquoi le modèle français d’intégration des immigrés ne fonctionne-t-il plus ? Qu’y a-t-il de particulier dans l’identité française qui rend les réformes si difficiles dans ce pays ? Philippe d’Iribarne montre que l’universalisme et la défense des particularismes s’y combinent, souvent mal. La fierté des métiers, les statuts et beaucoup de traits particuliers remontent loin dans notre histoire.

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Comment expliquez-vous l’écartèlement entre la volonté de la France d’assimiler ses immigrés et celle de « respecter les différences » ?

Nous sommes dans une situation paradoxale qu’on a retrouvée lors des débats sur l’identité française ou de l’expulsion des Roms. Il y a une tension entre le citoyen et l’individu.

D’une part, la France se définit comme la patrie des droits de l’homme, dans laquelle tout citoyen est l’égal de tout autre, où tout ce qui est discriminatoire doit être refusé au nom des idéaux d’égalité et de liberté.

Et, d’autre part, on a une vision différenciée de la société lorsqu’il s’agit de la gestion individuelle du quotidien, comme le choix du lieu où l’on habite, de l’école de ses enfants ou de qui on embauche.

Depuis la Révolution, la France s’affirme à la fois par une volonté de construire, dans la vie politique, une société sur la base des droits et des devoirs des citoyens, et, dans la vie sociale, par une prise en compte des particularités, notamment des origines, basque, bretonne, italienne, hongroise ou maghrébine. La question de l’immigration est prise entre ces deux représentations.

Le rapport au travail l’est aussi. La loi Le Chapelier, en 1791, voulait reformater les relations de travail selon les principes d’une société de citoyens régie par des contrats, interdisant les corporations et les syndicats. Mais il a bien fallu admettre, avec le temps, que cela ne marchait pas. On a reconstruit une France d’individus ayant des métiers, des sous-métiers, des statuts et des privilèges, et on a magnifié les idées de grandeur et de noblesse du métier.

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Le règne de l’économisme n’est pas notre destin

Nous ne sommes pas vos esclaves !

Les crises sont des tournants qui stimulent le développement et la réalisation de ­nouvelles idées. Dans son excellent ouvrage intitulé « Zivilisierte Marktwirtschaft » (1), Peter Ulrich évoque les questions fondamentales de l’activité et de l’éthique économiques. Il analyse la dynamique néo-libérale débridée et lui oppose une activité économique responsable, appropriée à tous les hommes et légitime.

Afin qu’une réorientation aussi radicale réussisse, « une prise de conscience de l’humanité qui fasse date » s’impose.

Le chaos règne dans les économies d’Europe et d’Amérique. Depuis la crise financière de 2008, de nombreux États sont particulièrement endettés. Or, pendant que les peuples doivent assumer les charges de la crise, les banques qui l’ont déclenchée retournent à leurs affaires courantes.

Bien que le peuple des États-Unis ait désapprouvé la politique économique du gouvernement lors des dernières élections au Congrès, l’institut d’émission a augmenté considérablement la masse monétaire peu après, mesure contestée même au sein de la FED en raison de ses effets négatifs potentiels sur la stabilité des prix.

Seules les banques semblent en profiter. Les instruments disciplinaires exigés encore à pleine voix en 2008 se révèlent peu effi­caces face au lobby bancaire. Dans la zone euro, les ­grandes ­banques peuvent même forcer le gouvernement irlandais à recueillir des crédits qu’il ne souhaite pas. Comme les crédits sont liés à de strictes mesures d’économie, des tensions se manifestent entre gouvernement et population.

L’Irlande est menacée d’une crise poli­tique ; au Portugal, une grève générale paralyse une grande partie du pays ; au Royaume-Uni, la centrale des conservateurs est mise à sac ; en Grèce, la population proteste depuis des mois contre des mesures d’économie rigoureuses.

Économie de marché civilisée

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Mondialisation, délocalisations, dumping

Tribune libre de Paysan Savoyard, faisant suite à celles parues les 08 avril 2010, 13 juin 2010 et 24 septembre 2010, ces différents articles composant une série consacrée aux politiques économiques et sociales suivies depuis cinquante ans.

Le processus de libéralisation entrepris dans les pays industrialisés à la fin des années 1970 (voir la tribune parue le 24 septembre 2010) s’est accompagné de la mondialisation de l’économie de marché. La mondialisation est le processus qui conduit d’une part la plupart des pays de la planète à adopter l’économie de marché et qui les amène d’autre part à développer entre eux des échanges économiques croissants, échanges qui concernent les biens, les services et les capitaux.

  • La mondialisation : une application des thèses libérales

La mondialisation constitue une application des thèses économiques libérales :

- Le libéralisme préconise en effet que les différents marchés nationaux soient ouverts les uns aux autres. L’ouverture des marchés est profitable pour deux raisons. Elle accroît la concurrence, puisque les acteurs sont plus nombreux, en bénéficiant aux entreprises efficaces à qui elle permet une augmentation du nombre de leurs clients. Elle permet également à ces entreprises des « économies d’échelle » dans le processus de production. Pour ces raisons, le libéralisme prohibe le système inverse : le protectionnisme.

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Comment les puissants sont réellement devenus puissants – Du protectionnisme au libre-échangisme, une conversion opportuniste

Par Ha-Joon Chang, professeur à la faculté d’économie et de politique de l’université de Cambridge (Royaume-Uni) ; auteur de « Kicking Away the Ladder. Development Strategy in Historical Perspective », Anthem Press, Londres, 2002 (Prix Gunnar Myrdal 2003)

Les libre-échangistes ont remporté des victoires significatives au cours des deux dernières décennies. Depuis le début de la crise de la dette de 1982 et de l’imposition des programmes d’ajustement structurel par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, de nombreux pays en voie de développement ont radicalement libéralisé leur commerce.

L’effondrement du communisme, en 1991, a ouvert de nouveaux et vastes espaces au libre-échange. Pendant les années 1990, d’importants accords régionaux ont été signés, dont l’accord de libre-échange nord-américain (Alena) qui regroupe le Canada, les Etats-Unis et le Mexique. Pour couronner le tout, les négociations du cycle de l’Uruguay de l’accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), conclues à Marrakech en 1994, ont débouché sur la naissance de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1995.

Si importants que soient ces succès, les libre-échangistes ne s’en satisfont pas. Au sein de l’OMC, représentants des Etats développés en tête, ils continuent à faire pression pour des baisses des tarifs douaniers encore plus fortes et plus rapides, et un élargissement de la compétence de cette organisation à des domaines ne figurant pas dans son mandat initial, par exemple l’investissement à l’étranger et la concurrence.

Les partisans du libre-échange croient agir dans le sens de l’Histoire. Selon eux, cette politique est à l’origine de la richesse des pays développés ; d’où leur critique des pays en voie de développement qui refusent d’adopter une recette aussi éprouvée. Rien n’est pourtant plus éloigné de la réalité.

Les faits historiques sont sans appel : quand les pays actuellement développés étaient encore en développement, ils n’ont mené pratiquement aucune des politiques qu’ils préconisent. Et nulle part l’écart entre le mythe et la réalité historique n’est aussi flagrant que dans les cas de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis.

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Ce CAC 40 qui prospère sur le dos de l’emploi

En cinq ans, les plus grandes entreprises françaises ont détruit 39 400 emplois en France tout en engrangeant les profits et des dizaines de milliards d’aides de l’État.

Ils accumulent les profits, sont choyés par l’État et détruisent des emplois en France. La réputation peu flatteuse des géants du CAC 40 est malheureusement exacte. Au premier semestre, ils ont engrangé 41,5 milliards d’euros de bénéfices, en hausse de 87% sur un an. Mieux encore, ils disposent dans leurs caisses d’un matelas de 146 milliards d’euros de cash, selon une étude publiée le 21 octobre par les Échos.

Bref, malgré la mollesse de la reprise en Europe et aux États-Unis, nos champions tricolores se portent comme un charme. Mais l’économie française n’en profitera pas. Les effectifs dans l’Hexagone des quarante groupes du CAC ont en effet diminué de 39 400 personnes entre la fin 2004 et la fin 2009, soit une baisse de 2,5% sur cinq ans.

Alors que, dans le même temps et malgré la crise de 2009, l’ensemble du secteur privé a créé 200 600 emplois (+1,1%).

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