La Mafia rouge : la disparition de l’or bolchévique

En 1917, au lendemain de la révolution russe, les bolchéviques se sont emparés des énormes réserves d’or du pays alors que la Russie, ravagée par la guerre et la famine, comptait sur l’exportation de son or pour éviter la catastrophe. L’Estonie est au centre des opérations de blanchiment d’or et d’achat de biens étrangers par le biais de banquiers, en Suède ou en Allemagne. Une fois cette machine bien huilée, il n’y aura presque plus de limites à ce qu’ils pourront acheter à l’étranger pour récompenser les « amis » de la révolution. 


La mafia rouge : La disparition de l'or… par stranglerman

La Mafia rouge : la mafia de la pêche

Vers la fin des années 1970, alors qu’une pénurie de viande sévit en URSS, le gouvernement décide de miser sur le poisson pour nourrir sa population. Une flotte de pêche nationale est créée et très vite, l’industrie génère des milliards de roubles, attirant inévitablement les esprits criminels. Une économie clandestine se développe au sein de l’industrie de la pêche, sous la surveillance d’un ministère des Pêches tout aussi corrompu.


La mafia rouge : "Les dessous de la mafia de la… par stranglerman

La Mafia rouge : butin de guerre

Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, un impressionnant butin de guerre est confisqué en Allemagne et rapporté en URSS. De la machinerie lourde aux tableaux de grands maîtres, les Soviétiques font main basse sur tout ce qu’ils peuvent trouver. Ces « réparations » de guerre deviennent une source illégale de revenus pour les hauts gradés soviétiques. Une rivalité émerge ainsi entre le haut commandement de l’Armée rouge et l’entourage de Staline.


La mafia rouge : "Butins de guerre". [Docu***] par stranglerman

Caricatures et liberté d’expression

La rédaction de Fortune présente par avance aux lecteurs les plus sensibles et que la violence de l’image pourrait heurter, ses plus plates excuses, voire ses excuses les plus rampantes, pour la publication de cette caricature. En espérant qu’aucun bobo, fut-il chinois ou communiste, ne se sente offensé et incendie un bar à smoothies en signe de colère.

Le dessous des cartes : Xinjiang, le grand ouest chinois

Au carrefour de la Russie, de l’Asie centrale et de l’Asie du Sud, la région autonome chinoise du Xinjiang est majoritairement peuplée de turcophones musulmans. Lieu de tensions interethniques, cette périphérie occidentale de la Chine connaît pourtant un développement accéléré.

“Les investissements, ajoutés à la large immigration han, sont vus par les Ouïghours comme un pillage organisé de leurs ressources et comme une colonisation de l’intérieur.”

“Aujourd’hui les Han se sont imposés comme l’élite économique et sociale du Xinjiang, Pékin mène une politique répressive envers la culture et la religion des Ouïghours. La majorité des Ouïghours est hostile à la tutelle de Pékin.”

La Mafia rouge : la mafia politique

Sous le régime de Brejnev, l’Union soviétique connaît des années de stagnation politique. Pendant ce temps, en coulisse, un bras de fer s’opère entre Nikolaï Chtchiolokov, le ministre de l’Intérieur (MVD) et Iouri Andropov, le chef du KGB. Ce combat inévitable, opposant la police criminelle à la police politique, marque l’étape finale d’une longue lutte de pouvoir en URSS.

La Mafia Rouge : commerce de détail

Dans l’Union soviétique du début des années 80, la vieille garde, dirigée par Léonid Brejnev mène le pays. L’économie est dans un piteux état, et les denrées essentielles se font rares. Les esprits criminels s’organisent pour fournir illégalement à des gens privilégiés des biens de consommation de base. Leurs activités sont protégées par de hauts fonctionnaires.

Un kolkhoze ukrainien, 1967

Des envoyés spéciaux de “Cinq Colonnes à la une” sont allés à la rencontre de “Trois Russes en URSS” et ont partagé leur quotidien. Ce troisième et dernier reportage est consacré au paysan d’un kolkhoze, coopérative agricole.

Ce kolkhoze a été choisi par les autorités de Moscou, et les dirigeants du kolkhoze ont désigné une famille de paysans que les reporters ont suivis dans leur mode de vie.

Le kolkhoze Octobre se situe en Ukraine, dans la région du Kouban, il est très prospère malgré les difficultés du régime avec son agriculture. 6000 personnes dont 3000 travailleurs auxquelles il faut ajouter les instituteurs, les médecins, les vendeuses, les maçons y vivent.

L’île aux cannibales (Rediff.)

1933. 6000 prisonniers ont été déportés sur l’île de Nazino sous le commandement de Staline. Ces déportés ont subi la torture et n’avaient ni vivres, ni eau, ils ont donc très vite dû apprendre à survivre dans un environnement qu’ils ne connaissaient pas. Aujourd’hui, cette île est appelée ‘l’île aux cannibales’. Pourquoi ? Et bien parce que les déportés ont été forcés de s’entre-tuer pour se nourrir du cadavre de l’autre, ils n’avaient d’autres choix.

Comment en est-on arrivé là ?

Les Soviétiques étaient en train de mettre en place le Socialisme et un million de vies n’était rien par rapport à cet objectif. Un million d’éléments déclassés, petits voleurs, bandits de petite envergure, fugitifs, nuisibles, tout y passait. Staline comptait ainsi coloniser des territoires tout en utilisant le travail forcé.

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Capitalisme (4/6) : Et si Marx avait raison ?

Et si Marx avait raison, après tout ? Avec l’effondrement de l’Union soviétique et la chute du Mur, le communisme a été jeté à la poubelle de l’histoire, et lui avec. Mais après la crise de 2008, on peut se demander si nous avons bien compris Marx.

Son analyse du capitalisme du XIXe serait-elle plus pertinente aujourd’hui ? Cet épisode décrypte la pensée de l’auteur du Capital, depuis sa jeunesse d’étudiant romantique ami d’Engels jusqu’à son accession au statut de leader théorique de la révolution mondiale.

Au-delà de l’idéologie communiste, le film s’attache à sa lecture du capitalisme comme “immense accumulation de marchandises” jusqu’à sa critique des concentrations financières et du capitalisme d’État, démontrant que ses prévisions s’avèrent aujourd’hui très pertinentes. S’il a reconnu que le système produisait des merveilles, il fut aussi l’un de ses critiques les plus impitoyables, notamment à travers son analyse de l’inéluctabilité des crises.

Réalisé par Ilan Ziv (France – 2014)


Revoir :

Partie 1/6 : Adam Smith, à l’origine du libre marché ?

Partie 2/6 : “La richesse des nations”, nouvel évangile ?

Partie 3/6 : Ricardo et Malthus, vous avez dit liberté ?

L’héritage de la Stasi (Docu)

Regroupées par un Office fédéral, les archives de la Stasi, la police politique au service de l’ex-régime de la RDA, représentent une somme phénoménale de données recueillies sur les faits et gestes des citoyens est-allemands, mais aussi une mine de renseignements sur les mécanismes d’un pouvoir totalitaire.

Dès 1992, les particuliers ont pu consulter leurs dossiers, découvrant qui les avait trahis, épiés ou soutenus. Ce choix de faire toute la lumière sur les événements passés, au risque de douloureuses tensions, semblait indispensable pour une Allemagne déjà durement confrontée à la question de la mémoire.

Un détour par l’Afrique du Sud, avec sa Commission de vérité et de réconciliation, et la Russie, qui n’a pas rendu publiques les archives du régime stalinien, mettent en perspective la difficulté de faire face à un passé qui ne passe pas.

Réalisé par Inga Wolfram (Allemagne 2014)

“La bulle immobilière chinoise risque d’éclater bientôt”

Crise du système bancaire, bulle immobilière, ralentissement de l’activité… L’économie chinoise est-elle aussi solide qu’affichée, et peut-elle évoluer vers un modèle davantage fondé sur la consommation intérieure que sur les exportations ? Mylène Gaulard, économiste, qui vient de publier “Karl Marx à Pékin” (éd. Demopolis), répond.

Pudong. Cette partie de Shanghai était un village de pécheur il y a 20 ans.

Pékin prépare un nouveau plan de relance pour soutenir son économie. La banque centrale chinoise va accorder un montant total de 500 milliards de yuans (62,8 milliards d’euros) de liquidités aux cinq principales banques du pays, relevait le Wall Street Journal, mardi 16 septembre. Mylène Gaulard, maître de conférences en économie, décrypte pour La Tribune les remises en questions de la Chine sur son système économique et les origines de ses difficultés.

La Tribune : Les plans de relance successifs sont-ils les signes d’un essoufflement de l’économie chinoise?

Mylène Gaulard : Ces plans de relance, mis en place par les autorités publiques, sont les réponses au ralentissement de l’économie chinoise. Depuis le fameux plan de 500 milliards de dollars de 2008, en pleine crise internationale des “subprimes”, le gouvernement chinois s’inquiète sérieusement de ce fléchissement, avec une croissance du PIB qui était supérieure à 9% jusqu’en 2011 pour n’atteindre plus que 7,7% en 2012 et 2013.

Depuis l’été 2014, de nouveaux chiffres ne cessent de tomber, pour mettre en évidence un ralentissement de la production industrielle et des ventes au détail, pour une croissance du PIB inférieure à 7,5% prévue pour l’année 2014. Afin de limiter l’ampleur de ce ralentissement, l’objectif numéro 1 du gouvernement est d’encourager le développement de l’infrastructure nationale, avec ces dernières années un essor important du secteur ferroviaire et de la construction immobilière. Il cherche également à stimuler la consommation des ménages afin que le pays devienne moins dépendant des exportations.

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Bertrand Russell : « Éloge de l’oisiveté »

Bertrand Russel (1872-1970) était mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique est un digne représentant de la philosophie analytique, considéré avec Gottlob Frege, et Alfred North Whitehead comme l’un des fondateurs de la logique contemporaine. Il reçut par ailleurs le prix Nobel de littérature en 1950. Ce cours essai est paru en 1932 sous le titre “In Praise of Idleness”.

Ainsi que la plupart des gens de ma génération, j’ai été élevé selon le principe que l’oisiveté est mère de tous vices. Comme j’étais un enfant pétris de vertu, je croyais tout ce qu’on me disait, et je me suis ainsi doté d’une conscience qui m’a contraint à peiner au travail toute ma vie. Cependant, si mes actions ont toujours été soumises à ma conscience, mes idées, en revanche, ont subi une révolution.

En effet, j’en suis venu à penser que l’on travaille beaucoup trop de par le monde, que de voir dans le travail une vertu cause un tort immense, et qu’il importe à présent de faire valoir dans les pays industrialisés un point de vue qui diffère radicalement des préceptes traditionnels. Tout le monde connaît l’histoire du voyageur qui, à Naples, vit 12 mendiants étendus au soleil (c’était avant Mussolini), et proposa une lire à celui qui se montrerait le plus paresseux. 11 d’entre eux bondirent pour venir la lui réclamer : il la donna donc au 12e. Ce voyageur était sur la bonne piste.

Toutefois, dans les contrées qui ne bénéficient pas du soleil méditerranéen, l’oisiveté est chose plus difficile, et il faudra faire beaucoup de propagande auprès du public pour l’encourager à la cultiver.

J’espère qu’après avoir lu les pages qui suivent, les dirigeants du YMCA lanceront une campagne afin d’inciter les jeunes gens honnêtes à ne rien faire, auquel cas je n’aurais pas vécu en vain.
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Ukraine : Des communistes espagnols partent se “battre contre le fascisme” avec les pro-Russes

Deux jeunes Espagnols sont récemment arrivés dans la région du Donbass, dans l’est de l’Ukraine, qui est actuellement le théâtre d’affrontements meurtriers entre des séparatistes et le gouvernement de Kiev. L’un d’eux, Rafael Muñoz, 27 ans. Il dit vouloir se battre contre le “fascisme“, comme au temps de Franco.

Les deux jeunes hommes expliquent qu’ils sont arrivés avec 500 euros en poche et un sac à dos à Donetsk pour apporter leur aide aux milices de la République autoproclamée de Donetsk (considérées comme des pro-Russes) qui se battent contre le gouvernement de Kiev.

Les deux jeunes hommes expliquent : “Nous sommes ici pour que le monde puisse voir que ce que disent les télévisions espagnoles et américaines sont des mensonges. Les gens ici ne sont pas des terroristes, ils ne sont pas des criminels, ils défendent seulement leurs maisons et leurs familles. Le monde doit se battre pour eux et pour leur liberté.

Les deux jeunes ont intégré les “brigades internationales” du bataillon Vostk, regroupant des combattants étrangers venus des pays voisins. Ce sont des militants communistes. Ils identifient le conflit actuel dans le Donbass à la guerre civile qui opposa, dans l’Espagne des années trente, le camp des républicains, orienté à gauche et extrême gauche, à celui des nationalistes d’extrême droite dirigé par le général Francisco Franco.

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Marx Reloaded

Les turbulences économiques et financières qui secouent la planète depuis trois ans n’en finissent pas de relancer la controverse entre contestataires de tout poil et adeptes du capitalisme. A Berlin, un spectacle vient plutôt apporter de l’eau au moulin des premiers. Il a pour thème Marx et fait un tabac.

L’inventeur de la lutte des classes écouterait sans doute avec intérêt l’intellectuel Peter Sloterdijk souligner la pertinence de certains aspects de sa pensée, tandis que le penseur slovène Slavoj Zizek la réactualise.

La pièce met aussi en scène un banquier allemand qui fait son mea culpa, un tenant du libéralisme qui critique les ingérences de l’État, une philosophe britannique en pleine analyse du Manifeste du Parti communiste et un théoricien des médias qui encense la thèse de Marx sur le «fétichisme de la marchandise».

Raids financiers à la russe

En Russie, après l’éclatement de l’URSS, un libéralisme sauvage s’est substitué à l’économie d‘État, sans qu’un système juridique fiable soit mis en place. Enquête sur des dérives qui rendent les riches toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres.

Dans un premier temps ont sévi les “directeurs rouges”, d’anciens responsables issus du régime communiste qui s’étaient plus ou moins bien recyclés dans le cadre des privatisations. Puis sont arrivés les “raiders noirs”, spéculateurs féroces s‘engouffrant dans les vides juridiques avec l‘aval de juges véreux.

Réalisé par Alexander Gentelev (Allemagne – 2013)

Poutine, l’homme qui les rend tous fous

Les Occidentaux étaient persuadés que sur le front syrien, on ne pouvait rien attendre de la Russie. Et voilà que Poutine lance une initiative diplomatique qui fait bouger les lignes. Comment expliquer ce tête à queue ?

Par Jack Dion.

Ce sont les aléas d’une actualité mouvante mais aussi les conséquences des esprits formatés par des a priori idéologiques. Dans son numéro de cette semaine, L’Express publie un article fort circonstancié titré : «Poutine ou les calculs de « M. Niet ». Décryptons la formule pour les plus jeunes et pour ceux qui ne sont pas férus de Kremlinologie. En somme, à l’instar de feu Andreï Gromyko, ministre des affaires étrangères de l’époque soviétique, l’actuel président d’un pays appréhendé comme un remake de l’URSS ne peut que dire Non à tout.

L’histoire du monde : L’âge de la démesure

Le XXe siècle est marqué par la confrontation des idéologies, mais aussi par les avancées technologiques. Le fascisme et le communisme s’affrontent violemment. En Inde, Gandhi mène une lutte non-violente contre l’Empire britannique qui aboutit à l’indépendance.

Les avancées technologiques facilitent considérablement la vie des hommes. Mais ce siècle s’achève sur de nouveaux défis à relever notamment, le partage des richesses, la protection de la biodiversité et la lutte contre le changement climatique.

« La lutte des classes revisitée » (Rediff.)

Tribune libre de Raymond La Science

L’INSEE vient de mettre en avant le fait que « Les descendants d’immigrés d’Afrique sont trois fois plus au chômage que les Français de souche ». Faut-il en déduire que le taux de chômage des immigrés résulte des discriminations dont ils seraient victimes, de leurs difficultés scolaires ou encore des difficultés de vie quotidienne auxquelles ils seraient confrontés ?

Ou peut-on entrevoir une autre explication, plus naturelle, à ce phénomène étrange : si beaucoup de nouveaux arrivants demeurent au chômage ne serait-ce pas tout simplement parce qu’ils ne veulent pas de travail ?

Une observation de la stratification des classes sociales dans notre structure sociétale, et de leurs inter-relations amène à cette réflexion. Nous sommes en effet imbriqués dans une société qui comporte plusieurs systèmes économiques, une société à cinq classes.

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Kapitalisme : Notre recette secrète

Imaginez que Ceausescu revienne 20 ans après son exécution. Imaginez, qu’il rencontre ses anciens généraux, les ex-membres du parti et leurs enfants et qu’il découvre qu’ils sont à présent les businessmen de la Roumanie. Imaginez que l’ancien dictateur communiste comprenne alors que ce sont ses « héritiers » qui ont ouvert les portes au capitalisme dans le pays, et qu’ils font désormais affaire avec l’Union Européenne depuis l’adhésion du pays en 2007. Imaginez tout cela et vous comprendrez très vite le paradoxe auquel sont confrontés les Roumains et les autres habitants d’Europe de l’Est, depuis le passage du régime communiste au capitalisme.

Film de Alexandru SOLOMON (2009)

Guatemala : “Opération PBSUCCESS”, une clé pour comprendre les guerres modernes

L’opération PBSUCCESS (début 1953 – fin 1954) est une opération secrète organisée par la CIA (Central Intelligence Agency) pour renverser le président du Guatemala Jacobo Arbenz Guzmán, démocratiquement élu.

Le gouvernement d’Arbenz projetait des nouvelles réformes que les services de renseignement des États-Unis jugeaient de nature communiste. La CIA et l’administration Eisenhower craignaient l’instauration d’une tête de pont soviétique de l’ouest, dans le contexte du maccarthysme intensément anti-communiste de l’époque.

Arbenz a été l’instigateur d’une réforme agraire menaçant notamment la multinationale américaine United Fruit Company, dont Allen Dulles (directeur de la CIA de 1953 à 1961) était actionnaire, qui avait de gros intérêts au Guatemala et faisait pression à des niveaux variés du gouvernement américain pour une action contre Arbenz en réplique à son expropriation.

Description
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L’Union européenne, c’est l’Empire et l’Empire, c’est la guerre

Par Thierry Baudet, juriste et historien néerlandais né en 1983. Docteur à la faculté de droit de Leyde avec une thèse sur la souveraineté nationale, il publie régulièrement des articles dans la presse néerlandophone, en particulier sur la question des droits de l’homme. Il est l’auteur de “Significance of borders” (Importance des frontières).

On a l’habitude de considérer que l’Union a assuré la paix en Europe. Or lorsque les États-nations cèdent leur souveraineté à des entités supranationales, cela mène au conflit, note de manière provocatrice l’historien Thierry Baudet. Voilà pourquoi il propose de dissoudre l’euro et de rétablir les frontières.

Les partisans du projet européen soutiennent, imperturbables, que le nationalisme conduit à la guerre et la construction européenne à la paix. Toute perte provoquée par Bruxelles sur les plans de la démocratie, de la souveraineté et de la transparence, serait en définitive compensée par un objectif noble : la paix.

Or cette supposition repose sur une erreur. Le nationalisme ne conduit pas à la guerre. L’ambition d’instaurer un Empire européen conduit à la guerre. L’ambition de faire entrer de force différents peuples dans un carcan mène à la guerre. En somme, c’est la construction européenne qui conduit à la guerre.

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Chine : Les causes de l’hyperinflation dans les années 40

Avant la montée des nationalistes dans les années 30, la Chine demeurait l’un des seuls pays à avoir conservé un système bancaire privé avec plusieurs monnaies en concurrence en même temps sur le territoire.

Les banques chinoises opéraient sans régulation de la part de l’État. Naturellement, les clients s’écartaient des banques qui émettaient des monnaies à tendance inflationnistes. Ces institutions avaient donc tout intérêt à éviter les dépréciations de valeur.

Sous le régime nationaliste de Chiang Kai-shek, les émeutes communistes semaient le trouble dans les grandes villes et les banques comme toutes les industries de l’époque craignaient pour leurs survie.

Elles demandèrent donc l’aide des nationalistes pour les protéger de la fureur rouge qui déferlait sur les villes. La contrepartie de cette aide fut pour les banques de financer à moindre cout le parti nationaliste et de rompre avec le système bancaire privé.
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Chine : Le Nouvel Empire

D’ici peu, la Chine deviendra la première puissance économique mondiale. Comment l’empire du Milieu s’est-il profondément transformé, depuis la révolution maoïste jusqu’à ce jour ? Réponses de Chinois politiciens, artistes, ouvriers, paysans ou intellectuels qui décrivent ces mutations radicales.

Le film propose, pour la première fois, une peinture globale d’un siècle d’histoire de ce pays, depuis la guerre de l’opium jusqu’à la future nomination de Xi Jinping à la présidence de la République Populaire.

Ce triptyque est un documentaire de référence permettant de mieux comprendre l’actualité et le futur de la Chine, en découvrant les multiples facettes de ce pays hors norme qui peut transformer le devenir du monde…

Partie 1 : La Chine s’éveille


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Entretien avec Jean-Claude Michéa

Jean Cornil a rencontré le philosophe français Jean-Claude Michéa, chez lui, à Montpellier. Philosophe « inclassable », Jean-Claude Michéa a un parcours singulier. Venant d’un milieu communiste, anarchiste, penseur critique du libéralisme et singulièrement du libéralisme culturel qu’il assimile à la gauche. Dans cette émission, Jean Cornil ira à la rencontre de ce philosophe étonnant, très éloigné des schémas traditionnels de la pensée politique.

Chine : La grande famine de Mao

Il y a une cinquantaine d’années, entre 1958 et 1962, la Chine a vécu une immense tragédie. Le « Grand bond en avant » conçu par Mao pour que la Chine dépasse à marche forcée la production de la Grande-Bretagne et gagne son autonomie face à son hégémonique voisin l’URSS, a entraîné une famine dramatique et provoqué la mort de 30 à 50 millions de personnes.

Marx et les crises

Marx considérait que les crises sont l’expression des contradictions 
internes au capitalisme, et qu’elles doivent conduire à son effondrement. Mais il a laissé sa théorie des crises inachevée. 
Dans quelle mesure peut-il donc éclairer la crise d’aujourd’hui ?

« Un spectre hante l’Europe – le spectre du communisme. » Ainsi commence le Manifeste du parti communiste. Curieuse formule ! Ne faut-il pas être mort pour revenir à l’état spectral, fantomatique ? À la manière de Jean Baudrillard, faut-il penser un retour spectral du communisme ? Ou ce revenant est-il enterré, un pieu enfoncé dans le cœur ? Dans Spectres de Marx, Jacques Derrida fait de Karl Marx lui-même un perpétuel revenant. Après sa mort, sa pensée est revenue hanter l’Europe et l’Amérique à la fin du XIXe siècle, lors de la grande dépression, et encore dans les premières années après la Première Guerre mondiale ; elle est revenue en force au cours des années 1930, pendant la grande crise. Il y aurait donc un lien entre les grandes crises qui, elles aussi, sont des « revenants », et les retours de Marx. Ce n’est pas si simple.

À la fin des années 1960, le spectre de Marx revient nous visiter, pas seulement dans les rues de Paris et dans les campus du monde entier. Or le monde est en expansion, dans la phase active des trente glorieuses. Marx hante les esprits et pourtant « même les tables ne tournent pas », comme il l’analysait. Le capitalisme triomphe un siècle après ses prédictions apocalyptiques : mieux, il produit un énorme accroissement de richesses dont jouissent aussi les masses populaires, la société de consommation explose, les inégalités ont régressé, « l’armée de réserve industrielle » (Marx nomme ainsi les chômeurs) a disparu ainsi que les crises périodiques avec leur cortège de misère, de chômage. À l’époque, de doctes et pourtant jeunes experts en marxisme se posaient sérieusement la question de la paupérisation en Europe, aux États-Unis, l’une des grandes prédictions de Marx. Était-elle absolue, alors que les PIB croissaient à des taux records, ou seulement relative, alors que la hausse des revenus des salariés n’avait jamais été aussi forte, que les inégalités régressaient ?

Chômage, paupérisation 
et inégalités

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Chine : Portrait du consommateur chinois à la veille du congrès du PC

Cette nouvelle a peu de chances de sortir du milieu médiatique chinois: selon les sondages, les consommateurs en Chine ne sont pas satisfaits de la qualité du Coca-Cola. A première vue, rien à voir avec la politique. Mais en réalité, c’est une question tout à fait politique: comment la société de consommation, qui a vu le jour au cours des dernières années dans le pays, influera sur les changements politiques qui surviendront en automne et en hiver, à savoir le remplacement de l’élite dirigeante?

Ce changement a lieu une fois tous les dix ans. Comment les Chinois ont changé en dix ans, quels sont leurs griefs, hormis le coca, quel impact tout cela aura sur la politique des nouvelles autorités?

Ils se mondialisent

Il existe deux approches pour déceler des changements dans les sociétés – la statistique générale et les observations subtiles de la vie. La seconde approche est plus intéressante. Revenons à la qualité des boissons. Un sondage sur la satisfaction liée à la consommation est organisé dans le pays deux fois par an. Antérieurement, ladite boisson était à la 6e place sur 12, et aujourd’hui elle se retrouve en dernière position. Les Chinois ne sont pas satisfaits par le taux de chlore et d’autres substances contenues dans la boisson, et plusieurs scandales médiatiques avaient déjà éclaté à ce sujet. Les Américains, propriétaires de la marque, ont tenté d’expliquer que la boisson chinoise était exactement la même qu’aux Etats-Unis. Et voici le résultat.

Les Chinois ne sont pas non plus satisfaits par les Mercedes. 50 propriétaires des véhicules de la marque écrivent des pétitions et engagent des avocats, parce que le constructeur ne rappelle pas leurs voitures, dont les moteurs ont des fuites d’huile.

En effet, les Chinois ne sont pas pauvres. Dans un article récent j’avais mentionné le chiffre de 960.000 Chinois millionnaires en dollars.

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Le Parthénon et Beaubourg

Par Boreas

A force de parler des droitards libéraux, auxquels s’applique strictement le qualificatif de « réactionnaires », je m’aperçois que je les ai rarement décrits, tant leur morphotype me paraît facile à repérer et à brocarder.

Chef-d'oeuvre libéral

Chef-d'oeuvre « socialiste »

Il s’agit de ces super-génies qui, tout en admettant que le « Système » est pourri, qu’il enrichit aux dépens de la collectivité des élites improductives et parasitaires, qu’il engraisse des oligopoles et des conglomérats multionationaux (produits logiques d’une concurrence débridée entre squales de concours, dans le cadre d’un libre-échange mondial gangrené de lobbies et d’instances arbitrales noyautées), qu’il appauvrit et déracine les peuples en nourrissant l’immigration et les délocalisations, qu’il entretient et accroît le chômage, nous prient néanmoins de croire que dans cette compétition truquée que leur superstition libérale nomme un darwinisme social, tout le monde a encore sa chance, à condition de s’en donner les moyens, de libérer les énergies, d’amoindrir l’emprise de l’État, blablabla…

Ce discours religieux sans nuance est, le plus souvent, une illustration du comportement de larbin du « Système », car il est en général tenu par des gens qui n’ont rien de grands capitalistes, qui ne rêvent que d’imiter les idoles économiques et financières que leur présentent des médias complaisants (Steve Jobs, Bill Gates, Bernard Arnault…) et, surtout, de devenir aussi riches qu’elles.

Rien d’étonnant à l’échec de la pseudo-contestation « d’extrême-droite libérale » (autre nom de la droite d’argent, dont le domicile français est à l’UMP mais dont certains membres trouvent qu’on n’y tape pas assez fort sur le soviétisme qui, comme chacun sait, est seul à l’origine de tous nos maux, vingt ans après la chute de l’URSS…). Quand on ne comprend rien en-dehors de sa grille de lecture idéologique, on se condamne à ne rien pouvoir changer.

Au fond, d’ailleurs, on ne veut rien changer.

On veut juste nettoyer le lieu où l’on se sent si sûr de son bon droit : le nettoyer des immigrés délinquants ou trop voyants, des chômeurs nécessairement paresseux, des forcément ignares critiques du divin libéralisme…

Mais pas changer de « Système ».

C’est cela qui nous différencie et nous différenciera toujours, Messieurs les super-génies.

Les vrais patriotes ne sont pas préoccupés en priorité par leur confort, ni par le contenu de leur porte-monnaie.

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Mélenchon est-il fasciste ?

Ce trublion que l’on classe à la gauche de la gauche, alternant entre des alliances de circonstance avec le PC « F » de Pierre Laurent ou l’ex LCR devenue NPA d’Olivier Besancenot, sans oublier ses rapprochements tactiques avec une certaine frange écolo représentée, notamment, par José Bové (cf. la campagne pour le « non » à la constitution européenne de 2005), serait-il un authentique fasciste, au sens propre du terme… du moins dans sa dimension économique ?

Assurément populiste

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Comment les puissants sont réellement devenus puissants – Du protectionnisme au libre-échangisme, une conversion opportuniste

Par Ha-Joon Chang, professeur à la faculté d’économie et de politique de l’université de Cambridge (Royaume-Uni) ; auteur de « Kicking Away the Ladder. Development Strategy in Historical Perspective », Anthem Press, Londres, 2002 (Prix Gunnar Myrdal 2003)

Les libre-échangistes ont remporté des victoires significatives au cours des deux dernières décennies. Depuis le début de la crise de la dette de 1982 et de l’imposition des programmes d’ajustement structurel par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, de nombreux pays en voie de développement ont radicalement libéralisé leur commerce.

L’effondrement du communisme, en 1991, a ouvert de nouveaux et vastes espaces au libre-échange. Pendant les années 1990, d’importants accords régionaux ont été signés, dont l’accord de libre-échange nord-américain (Alena) qui regroupe le Canada, les Etats-Unis et le Mexique. Pour couronner le tout, les négociations du cycle de l’Uruguay de l’accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), conclues à Marrakech en 1994, ont débouché sur la naissance de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1995.

Si importants que soient ces succès, les libre-échangistes ne s’en satisfont pas. Au sein de l’OMC, représentants des Etats développés en tête, ils continuent à faire pression pour des baisses des tarifs douaniers encore plus fortes et plus rapides, et un élargissement de la compétence de cette organisation à des domaines ne figurant pas dans son mandat initial, par exemple l’investissement à l’étranger et la concurrence.

Les partisans du libre-échange croient agir dans le sens de l’Histoire. Selon eux, cette politique est à l’origine de la richesse des pays développés ; d’où leur critique des pays en voie de développement qui refusent d’adopter une recette aussi éprouvée. Rien n’est pourtant plus éloigné de la réalité.

Les faits historiques sont sans appel : quand les pays actuellement développés étaient encore en développement, ils n’ont mené pratiquement aucune des politiques qu’ils préconisent. Et nulle part l’écart entre le mythe et la réalité historique n’est aussi flagrant que dans les cas de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis.

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Soft power : la guerre culturelle des Etats-Unis contre la Russie (1991–2010)

Par Peter Bachmaier (né en 1940 à Vienne, il a fait ses études à Graz, Belgrade et Moscou. De 1972 à 2005, il a été collaborateur de l’Österreichisches Ost und Südeuropa Institut. Depuis 2006, il est secrétaire du Bulgarisches Forschungsinstitut en Autriche. En 2009, il a effectué un séjour de recherches à Moscou. Le présent texte est l’exposé qu’il a présenté au Congrès «Mut zur Ethik» à Feldkirch, le 3 septembre 2010.)

Au cours des deux dernières décennies, les Américains ont modifié leur stratégie : la guerre n’est plus définie purement sous l’angle militaire, elle a recours également à des méthodes informationnelles et psychologiques qu’on appelle «guerre psycholo­gique» ou «guerre culturelle». Ces méthodes ont une longue histoire.

L'Empire US en plein travail (parodie de la fameuse photo de la victoire d'Iwo Jima)

Le stratège militaire [anglais] Liddell Hart avait développé avant la Seconde Guerre mondiale la stratégie de l’approche indirecte. Pendant cette guerre, les forces américaines et britanniques appliquèrent la guerre psychologique contre l’Allemagne, laquelle fut ensuite utilisée pour rééduquer le peuple allemand. A l’issue du conflit, la CIA et le ministère de la Défense fondèrent, sur le modèle du Tavistock Institute of Human Relations, spécialisé dans la guerre psychologique en Angleterre, des think tanks (laboratoires d’idées) comme la Rand Corporation, l’Hudson Institute d’Herman Kahn, qui étaient dirigés avant tout contre l’Union soviétique.

(…)

La victoire sur l’Union soviétique a été réalisée avant tout à l’aide de ces méthodes non militaires. La stratégie dont l’objectif n’était pas la coexistence avec l’Union soviétique mais un «démantèlement» du système sovié­tique fut élaborée en 1982 par le gouvernement Reagan. Le projet comprenait 7 initiatives stratégiques dont le point 4 était : guerre psycholo­gique visant à pro­duire dans la nomenklatura et la population la peur, le sentiment d’insécurité et la perte de re­pères.

Cette guerre n’était pas dirigée seulement contre le communisme mais contre la Russie, comme le prouvent les affirmations de Zbigniew Brzezinski : «Nous avons détruit l’URSS et nous détruirons la Russie». «La Russie est un Etat superflu». «L’orthodoxie est le principal ennemi de l’Amérique. La Russie est un Etat vaincu. On le divisera et le mettra sous tutelle».

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La Chine va-t-elle nous bouffer ?

Philippe Cohen et Luc Richard livrent dans ” Le Vampire du Milieu “, une enquête saisissante sur l’envers du décor du modèle chinois. Non seulement l’économie de marché n’a pas converti la deuxième puissance mondiale à la démocratie, mais elle n’a pas amélioré la vie des Chinois…

La naïveté vis-à-vis de la Chine est-elle une tradition des élites françaises ?

Il y a quelques décennies, la fine fleur de l’intelligence revenait émerveillée de voyages très organisés dans quelques villages Potemkine du paradis maoïste. Depuis quelques années, le gratin des patrons français croyait avoir trouvé le paradis du capitalisme dans quelques mégalopoles côtières chinoises.

Alors que brille l’Exposition universelle de Shanghai et que la plupart des médias continuent de s’émerveiller de la réussite chinoise, l’enthousiasme retombe dans les milieux économiques français. Mais, comme chez nos ex-maos, le pressentiment de s’être fait piéger ne pousse pas nos entrepreneurs déçus à l’analyse publique.

Le passionnant et terrifiant livre écrit par (…) Philippe Cohen et Luc Richard, longtemps correspondant de Marianne en Chine, permet de comprendre ce qui s’est passé.

Ils nous avaient prévenus, il y a cinq ans, avec un premier ouvrage, ” La Chine sera-t-elle notre cauchemar ? ” (Mille et Une Nuits), et ont, depuis, poursuivi leur enquête sur l’envers du décor de ce ” modèle chinois “, un système sans précédent : une dictature qui a misé sur la mondialisation sauvage, avec, comme atout décisif, un immense prolétariat esclave dressé par un demi-siècle de communisme.

Car là résidait le principal intérêt de la Chine aux yeux des financiers d’Europe et d’ailleurs : une main-d’oeuvre de 20 à 30 fois moins chère, leur permettant de s’affranchir d’un salariat occidental protégé.

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Quelque chose vient de se passer

Par James Howard Kunstler

Tout le monde sur cette terre est fauché, sauf peut être Lloyd Blankfein, le PDG de Goldman Sachs, quoiqu’il finira peut être plus brisé que fauché par la machine à broyer politique qui est en train de prendre les maux de la planète et de les transformer en une sorte de triste charcuterie destinée à être distribuée aux masses en colère comme un substitut synthétique de pain et de jeux. Appelez cela une obligation d’arbitrage politique synthétique et sans couverture.

Il s’est passé quelque chose la semaine dernière dans le monde et beaucoup de gens l’on ressenti, particulièrement dans les organes de distribution des nouvelles et de fabrication d’opinion, mais ce “ quelque chose ” n’a pas été clairement identifié. La macro-escroquerie des orgies mondiales de pyramides financières à la Ponzi est en train d’être découverte par le public, qui commence seulement à se rendre compte que le trou noir qui en est la conséquence va engloutir tout ce qui nous est familier, niveaux de vie, espoirs, rêves, sans compter de nombreuses vies. L’action politique va se résumer désormais à une frénésie pour déterminer qui et quoi sera englouti ou survivra dans ce trou noir d’anéantissement. Et tout ceci est en train d’apparaître comme un moment clef de l’histoire humaine.

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De la force exemplaire du patriotisme russe

Les célébrations russes du 9 mai ou l’échec de la repentance

Par Xavier Moreau

Alexandre Nevski

Les fêtes de la commémoration de la victoire du 9 mai contre l’Allemagne nazie démontrent, ces dernières semaines, à quel point la Russie est unie autour de ce souvenir plein de tristesse et de gloire.

Il est abordé par toutes les générations de Russes avec le plus grand respect et la plus grande reconnaissance, vis-à-vis des vétérans de la « grande guerre patriotique ». La chaîne de télévision Russia Today a d’ailleurs recueilli le témoignage émouvant de Roland de la Poype, un Français parti continuer le combat contre l’occupant allemand au sein de l’escadrille Normandie-Niemen.

Cette unité autour de la victoire démontre que l’âme du peuple russe n’a été, jusqu’à présent, que superficiellement touchée par les modes de pensée occidentaux. Le patriotisme russe a su résister aux tentations individualistes de la société de consommation et de l’idéologie du désir.

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La réconciliation russo-polonaise

Par Xavier Moreau

La rencontre à Katyn du premier ministre russe, Vladimir Poutine et du premier ministre polonais Donald Tusk, est un événement chargé de symboles.

Du point de vue purement historique, cet événement n’a rien de surprenant et s’inscrit dans un processus initié dès la mort de Staline. Les crimes de Staline ont été dénoncés une première fois en 1956, durant le XXème congrès du parti communiste d’Union Soviétique. Katyn n’en fait pas partie. En 1992, le Président Boris Eltsine transmet au gouvernement polonais des copies des archives, prouvant notamment que le crime avait été commandité par Staline en personne. Ce sont d’ailleurs ces documents qui sont contestés aujourd’hui encore, par certains historiens russes et par le parti communiste.

Pour Vladimir Poutine, il n’y a plus de doute, Katyn est bien l’œuvre de Staline. Rien de surprenant à cela non plus. Dès son investiture, le Président Poutine a démontré qu’il fera le tri dans l’héritage soviétique. Sa rencontre avec Alexandre Soljenitsyne en 2002, le tchékiste et le dissident, est le symbole de la réconciliation de la Russie avec son histoire.

Pour Vladimir Poutine, ce crime n’est pas un crime de la Russie contre la Pologne. C’est un crime des bolchéviques contre l’élite polonaise. Il est une purge parmi toutes celles que subiront les peuples qui auront eu le malheur d’être soumis à cette idéologie inhumaine.

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