Migrants, réfugiés : Une chance pour l’économie européenne ?

Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne veut mettre en place des quotas de répartition des réfugiés. L’Allemagne et la France sont pour, la République Tchèque et la Slovaquie refusent. La France devrait accueillir 24.000 réfugiés d’ici deux ans, alors que l’Allemagne en attend 800.000! Pourquoi un tel différentiel de politique migratoire? Les migrants sont-ils une chance pour l’économie européenne?

La Grèce délaissée par le FMI

La démocratie est censée conférer aux citoyens la possibilité réelle de faire des choix. Tout au long de la crise qui frappe leur pays, les citoyens grecs en ont pourtant été privés. L’Union européenne, et encore davantage le Fonds monétaire international, en sont responsables dans une mesure considérable.

La Grèce s’est vu proposer deux choix difficiles : quitter la zone euro sans financement, ou demeurer en son sein et bénéficier d’un soutien, au prix du maintien de l’austérité. Or, la Grèce aurait dû se voir offrir une troisième option : quitter l’euro certes, mais en bénéficiant de généreux financements.

Il aurait été nécessaire de mettre sur la table cette troisième possibilité, en reconnaissant combien la Grèce trouve un intérêt politique plus large à demeurer dans la zone euro. Même si la sortie de l’union monétaire aurait produit des avantages considérables, un « Grexit » aurait par ailleurs engendré des coûts importants.

Parmi les avantages, il aurait été procédé à une dévaluation massive, permettant de rétablir un certain dynamisme au sein de ce qui était autrefois une économie à croissance rapide. Les coûts se seraient néanmoins révélés terrifiants. Le gouvernement aurait été contraint au défaut de paiement, les banques se seraient retrouvées ruinées, et tous auraient lutté pendant des années pour rétablir la confiance sur les marchés financiers.
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Union européenne : Le plan secret de Bruxelles pour des sorties « ordonnées »

Il semble que la Commission prépare en coulisse un plan permettant à d’éventuels États membres de se retirer de l’Union Européenne d’une manière ordonnée. Une éjection pure et simple n’étant guère possible juridiquement, la Commission mettrait donc au point une sorte de procédure de divorce. Tout comme l’est déjà l’entrée dans l’UE, la sortie serait financée par les contribuables.

Selon le site Euractiv, généralement bien informé, les travaux de rédaction d’un tel contrat de divorce ont d’ores et déjà été lancés. Euractiv s’appuie sur des sources anonymes au sein de la Commission. De cette façon, les États sortants pourraient être congédiés avec une espèce d’indemnité de départ.

La Commission ne serait donc pas restée les bras ballants devant le désastre grec

Des États-membres tels que la Grèce ou que la Grande-Bretagne pourraient prétendre à un “soutien“ de la part des États restants dans l’UE, “s’ils se décident à quitter la famille de manière ordonnée“. La procédure serait liée à la réalisation de certaines conditions bien définies (“benchmarks“), “similaires à celles du processus d’entrée [dans l’UE]“.

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James K. Galbraith : « L’Europe ne tiendra pas très longtemps »

Une Union européenne bloquée, réactionnaire et mesquine s’est étalée sous nos yeux à l’occasion de la crise grecque. Son effondrement est désormais envisageable.

La brutalité obtuse de la position européenne à l’égard de la Grèce est devenue manifeste la semaine du 6 juillet, lorsque les leaders européens ont rejeté le document de reddition que la Grèce leur avait soumis, et ont exigé au lieu de cela une capitulation sans condition assortie de réparations.

À partir de maintenant, le gouvernement grec devra soumettre à ces institutions les projets législatifs «appropriés», et obtenir leur aval avant de les adopter – et même avant de les rendre publics. En résumé: la Grèce, dès à présent, n’est plus un État indépendant.

Le nouveau diktat – formellement accepté par la Grèce le 15 juillet – exige la mise en place d’un fonds de privatisation censé engranger de «bons actifs» d’une valeur de 50 milliards d’euros (qui, accessoirement, n’existent pas en l’état) ;
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Taxe sur les transactions financières en Europe : Pourquoi ça coince ?

La 3ème conférence sur le financement du développement s’ouvre aujourd’hui ( 13 juillet) à Addis-Abeba, en Éthiopie. Un rendez-vous crucial à quelques mois de la COP 21. Sans réponse financière suffisamment crédible de la part des pays du Nord, difficile en effet d’envisager la signature d’un accord large et contraignant à Paris. Un signal fort serait la mise en place rapide d’une taxe sur les transactions financières (TTF), actuellement négociée par onze pays européens, et dont une partie pourrait être affectée à la lutte contre le réchauffement climatique.

C’est un serpent de mer. Depuis 2011, et la proposition de la Commission européenne d’imposer une taxe sur les transactions financières (TTF), aucune négociation n’a jamais abouti entre les États membres de l’Union européenne. Face à cet échec, onze pays (France, Autriche, Allemagne, Italie, Espagne, Belgique, Portugal, Grèce, Slovaquie, Estonie et Slovénie) se sont portés volontaires pour poursuivre les discussions. Mais là encore, le consensus est difficile à obtenir.

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J.Stiglitz : « L’Europe contre la démocratie grecque »

La dispute et l’acrimonie qui vont croissantes au sein de l’Europe pourraient passer aux yeux d’un observateur extérieur pour le résultat inévitable de la fin de partie peu amène entre la Grèce et ses créanciers. Les dirigeants européens finissent par exposer au grand jour la véritable nature du conflit autour de la dette grecque, et cela n’a rien de plaisant : il s’agit bien plus une question de pouvoir et de démocratie que d’argent et d’économie.

Le programme économique que la troïka (la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le FMI) a imposé à la Grèce il y a cinq ans était une aberration. Il a conduit à une baisse de 25% du PIB du pays. Je ne connais aucune dépression qui ait été provoquée aussi délibérément et ait eu des conséquences aussi catastrophiques. Ainsi le taux de chômage parmi les jeunes Grecs dépasse maintenant 60%.

Il est incroyable que la troïka nie toute responsabilité et refuse d’admettre à quel point ses prévisions et ses modèles étaient erronés. Mais il est encore plus surprenant que les dirigeants européens n’aient retenu aucun enseignement de tout cela. La troïka continue à exiger de la Grèce qu’elle parvienne à un budget primaire en excédent (hors paiement des intérêts de la dette) de 3,5% du PIB en 2018.

Partout dans le monde les économistes condamnent cet objectif comme punitif, car il ne peut que ralentir encore l’économie. Même si la dette de la Grèce était restructurée au-delà de tout ce que l’on peut imaginer, elle resterait en dépression si les électeurs acceptent les propositions de la troïka lors du référendum surprise qui a lieu ce dimanche.
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Grèce : Pourquoi le sauvetage a t-il échoué ?

Alors que la crise grecque est en train d’évoluer, il est important de comprendre qu’un programme d’ajustement structurel réussi a besoin d’une forte propriété nationale. Même si les négociateurs viennent à bout des derniers points de friction, il sera difficile d’avoir confiance en leur mise en œuvre si le peuple grec reste sceptique.

C’est bien à cela que nous avons assisté jusqu’ici. Et sans réforme structurelle, il y a peu de chances que l’économie grecque connaisse une stabilité et une croissance durable, en particulier parce que les prêteurs officiels ne sont pas disposés à prolonger davantage un près d’argent encore plus important que celui qu’ils doivent payer à une Grèce non réformée. (Cela a été le cas pendant la majeure partie de la crise, bien que la presse mondiale n’en ait pas beaucoup parlé.)

L’adhésion de la Grèce à l’Union européenne donne à ses créanciers un effet de levier significatif, mais manifestement insuffisant pour changer le calcul fondamental. La Grèce conserve tout à fait sa condition de pays souverain, elle n’est pas un État à la souveraineté amoindrie.

La « troïka » des créanciers (le Fonds Monétaire International, la Banque Centrale Européenne et la Commission européenne), n’aiment vraiment pas le genre d’effet de levier exercé sur la Grèce, à l’image de celui pratiqué par la Municipal Assistance Corporation de New York quand cette ville se trouvait au bord de la faillite dans les années 1970.

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Secret des affaires : les lobbies économiques poussent l’Union européenne à la régression

Au début de l’année, les députés français tentaient vainement, au nom du « secret des affaires », d’étendre la mainmise des entreprises sur toute information les concernant, au détriment des salariés, des journalistes et des lanceurs d’alerte. Le sujet refait aujourd’hui surface au niveau des institutions européennes, à travers un projet de directive concocté en concertation étroite avec le petit monde des lobbies bruxellois, et dont le principe est identique : que le secret soit la règle, et l’accès à l’information l’exception. Au risque de remettre en cause les fondements même de l’Union.

En début de l’année, la majorité parlementaire socialiste a souhaité consacrer dans le droit français un principe de protection quasi absolue du « secret des affaires ». Ce projet, qui allait jusqu’à prévoir des peines de prison ferme et des centaines de milliers d’euros d’amende pour les contrevenants, a suscité une forte opposition, notamment parmi les journalistes (lire notre article). Selon les critiques, les dispositions envisagées par les députés faisaient en effet peser des risques énormes sur la liberté d’information en matière économique, la protection des sources et des lanceurs d’alerte et les droits des salariés – le tout pour des bénéfices douteux puisque l’arsenal judiciaire existant pour lutter contre la concurrence déloyale ou l’espionnage industriel est déjà bien fourni.

Devant une telle levée de boucliers, le gouvernement français a fini par reculer. C’était la troisième fois qu’un projet de loi sur le « secret des affaires » était mis à l’ordre du jour du Parlement en France en quelques années, toujours avec aussi peu de succès.

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Traité transatlantique : Mythes et réalités sur les tribunaux d’arbitrage privés (Màj vidéo)

C’est sans conteste le meilleur argument des opposants au traité transatlantique Tafta/TTIP, qui organisent samedi 18 avril une mobilisation mondiale contre la négociation en cours entre les États-Unis et l’Union européenne : l’intégration au futur accord de l’ISDS, un mécanisme d’arbitrage privé qui menacerait de détruire toutes les règlementations environnementales, sociales ou sanitaires dans le seul but de préserver les profits des multinationales.

Au cœur d’une intense bataille diplomatique et politique au sein de l’UE depuis plusieurs mois, l’investor-state dispute settlement (mécanisme de règlement des différends investisseurs-États) s’attire toutes les critiques : on le tient responsable d’avoir permis à Philip Morris d’empêcher la mise en place du paquet neutre de cigarette en Australie, à Veolia d’avoir contesté la mise en place d’un salaire minimal en Égypte, à Lone Pine d’avoir attaqué l’interdiction du gaz de schiste au Québec et même à Vattenfall de s’opposer à la sortie du nucléaire en Allemagne.

C’est à dire de remettre en cause sur le terrain judiciaire des décisions démocratiques prises par les gouvernements selon la volonté des peuples. De purs mensonges, selon les défenseurs de l’ISDS, qui dénoncent une entreprise de désinformation sur un mécanisme indispensable dans un contexte de mondialisation.

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Europe : Opacité, dérives… Les institutions mal armées pour lutter face aux lobbies

Alors que les institutions publiques nationales ou européennes sont en proie à une influence grandissante des lobbies, elles restent relativement démunies face aux dérives qui peuvent en découler, selon Transparency International. Dans une étude qu’elle vient de publier sur le sujet, l’ONG souligne qu’en Europe, sur les 19 pays qu’elle a étudiés, seuls 7 se sont dotés d’une régulation spécifique sur le lobbying. Une législation souvent insuffisante.

31/100. C’est la note moyenne, plus que médiocre, qu’attribue l’organisation non gouvernementale Transparency International à la lutte contre les dérives et l’opacité du lobbying à 19 pays européens. En tête de classement, la Slovénie se voit attribuer une note de 55/100 grâce à une “législation solide” mais qui peine encore dans sa mise en œuvre. La Hongrie et Chypre ferment la marche avec 14/100. La France se voit gratifiée d’un 27/100, en dessous de la moyenne européenne donc.

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Radiofréquences : La dernière étude européenne entachée de conflits d’intérêt

Les liens avec l’industrie du Comité scientifique de la Commission européenne chargé d’évaluer les effets des champs électromagnétiques mettent en doute la fiabilité de son dernier rapport qui conclut, une nouvelle fois, à leur innocuité.


Le rapport européen sur les effets sanitaires potentiels de l’exposition aux champs électromagnétiques, rendu public le 6 mars dernier, a été élaboré par le Comité scientifique de la Commission européenne sur les risques sanitaires émergents et nouveaux (Scenihr). Il a pour objectif d’évaluer les résultats scientifiques récents (2009-2013) sur les risques sanitaires liés aux champs électromagnétiques (basses fréquences, extrêmement basses fréquences).

Le spectre électromagnétique va de fréquences extrêmement basses (comme l’électricité) à des fréquences plus élevées telles que les micro-ondes, les fréquences optiques et les fréquences encore plus élevées des rayons X. L’omniprésence des téléphones portables, du wifi et d’appareils de consommation courante tels que les plaques à induction pose des questions de santé publique.

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Nature à vendre

Monétarisées et financiarisées, d’immenses zones naturelles sont transformées en produits boursiers ou fonds spéculatifs. En investissant dans des actions d’espèces en voie d’extinction, de “mouches des sables amoureuses des fleurs”, d’”orangs outans” ou encore des infatigables “saumons”, tous “empêcheurs de tourner en rond”; les entreprises polluantes et peu scrupuleuses obtiennent des “certificats de bonne conduite” qui les dispensent de suspendre leurs activités les plus néfastes… ou pire, de les exercer en toute bonne conscience. Ainsi est apparue la notion d’”actions vertes” (marécages, cactus, chiens de prairie ou encore lézards), de “capital naturel” et de financiarisation de la nature, selon le précepte que la nature serait en danger parce qu’elle est gratuite.

Le prix des produits de consommation courante ou manufacturés; c’est ce que qu’ils coûtent réellement ou ce qu’on est prêt à payer pour se les procurer. La nature est elle une valeur échangeable et faut-il donc y mettre un prix comme sur toute chose pour ne pas la voir se déprécier?

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Puissante et incontrôlée : La Troïka

Une enquête édifiante sur la fameuse Troïka FMI-CE-BCE qui dicte sa politique à l’Union Européenne. Cinq ans déjà que les États en crise de la zone euro vivent les affres du surendettement.

Pour obtenir les prêts dont ils ont besoin d urgence, il leur faut se soumettre aux exigences les fameux mémorandums de trois institutions phares qui forment la troïka: le Fonds monétaire international (FMI), la Commission européenne (CE) et la Banque centrale européenne (BCE).

Les mesures d’austérité qu’elles ont imposées n’ont jusqu’à ce jour pas eu les effets positifs escomptés, bien au contraire. Ce sont des hauts fonctionnaires, agissant sans aucun contrôle parlementaire, qui prennent les décisions, que les gouvernements doivent ensuite exécuter.

Pour mieux comprendre ce processus, le journaliste économique allemand Harald Schumann (auteur de “Quand l’Europe sauve ses banques, qui paye ?” diffusé par ARTE en 2013) s est rendu en Irlande, en Grèce, au Portugal, à Chypre, à Bruxelles et aux États-Unis.

Au cours de ce passionnant travail d’investigation, il a interrogé des ministres, des économistes, des avocats, des banquiers, des victimes de la crise, ainsi que le Prix Nobel d’économie 2008, Paul Krugman, qui explique pourquoi cette politique de restriction ne fonctionne pas.

Union Europénne : Les sanctions contre la Russie ont déjà coûté 21 milliards d’euros

Les sanctions prises par l’Union européenne contre la Russie ont “un coût très important“, avec à ce jour un manque à gagner de 21 milliards d’euros pour les exportations européennes, a affirmé lundi José Manuel García Margallo, le ministre espagnol des Affaires étrangères, à son arrivée à une réunion à Bruxelles.

Nous sommes dans une situation extrêmement grave et l’accord qui peut être trouvé” sur un plan de paix, lors d’un sommet prévu mercredi à Minsk, “est la dernière chance avant de passer à un scénario d’augmentation des sanctions“, a-t-il estimé.

L’Espagne fait partie des pays européens réticents à l’idée d’alourdir encore les sanctions économiques drastiques imposées à la Russie depuis juillet 2014 pour son implication aux côtés des rebelles séparatistes pro-russes dans l’est de l’Ukraine, qu’elle est accusée de soutenir en armes et en soldats.

Les pays baltes, la Pologne et la Grande-Bretagne ont exprimé ouvertement leur soutien à un alourdissement des sanctions si les violences, qui se sont intensifiées depuis le début de l’année, n’étaient pas enrayées rapidement. En 2013, les exportations de produits européens vers la Russie ont atteint 120 milliards d’euros, selon des chiffres publiés par la Commission européenne. Moscou était alors le quatrième partenaire commercial de l’UE.

Le Point

(Merci à Pierre)

Grèce : Milliardaires et multinationales se partagent le gâteau des privatisations

En échange de l’aide financière internationale, la Grèce s’est vue imposer un vaste programme de privatisations. Transport, énergie, loterie nationale, gestion de l’eau, infrastructures, patrimoine culturel… C’est la braderie générale !
Investisseurs russes, chinois ou azéris, multinationales françaises ou allemandes, et surtout les oligarques grecs, se ruent sur ces bonnes affaires, sur fond d’irrégularités et de soupçons de corruption. Au détriment des simples citoyens étouffés par les plans d’austérité.

Ce dimanche 25 janvier, les Grecs se sont rendus aux urnes pour élire un nouveau gouvernement. La perspective d’une accession au pouvoir de Syriza, la coalition de la gauche radicale, seule ou avec d’autres partis, est réelle. Le mouvement de gauche saura-t-il inverser la tendance ? Et s’appuyer sur les résistances citoyennes, qui ont par exemple réussi à réinventer un service public de l’eau ?

Si cette victoire se confirme, ce sera en grande partie à cause du rejet de la politique d’austérité massive imposée au pays depuis plus de cinq ans. Celle-ci s’est traduite par une baisse sans précédent des revenus et des conditions de vie de la plupart des Grecs, jusqu’à menacer leur état de santé [1].
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La culture des OGM facilitée dans l’Union européenne

L’Europe a mis fin à des années de blocage sur le dossier OGM. Mardi 13 janvier, les eurodéputés ont adopté à une large majorité (480 voix contre 159), en deuxième lecture, un amendement à une directive datant de 2001, permettant à un pays de l’Union de s’opposer aux cultures d’organismes génétiquement modifiés sur son territoire, même si une autorisation a été délivrée au niveau de Bruxelles. Dans le même temps, cette législation, qui entrera en vigueur au printemps, devrait faciliter la culture de semences transgéniques sur un Vieux Continent hostile aux biotechnologies.

Jusqu’à présent, la Commission autorisait les OGM après avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), mais se retrouvait systématiquement confrontée à l’hostilité des Etats anti-OGM lors des conseils européens et ne parvenait pas à obtenir de majorité qualifiée lors des votes. De leur côté, les Etats « anti-OGM » (ils sont 19, dont la France, à s’opposer à ces cultures) ne pouvaient interdire les cultures transgéniques qu’en prenant sur leur territoire des clauses de sauvegarde ou des mesures d’urgence pour des motifs environnementaux et sanitaires. Une procédure très fragile juridiquement.

Finance : sommes-nous encore en démocratie ?

Six ans après une crise sans précédent, et malgré les appels de la presse et des citoyens, le monde politique n’a pas réussi à réduire le déséquilibre entre la sphère financière et l’économie réelle.

Pendant une trentaine d’années, le monde occidental a considéré que la déréglementation de la finance était le plus sûr moyen de doper la croissance. Cette conviction nous a conduits non pas au bord du gouffre mais dans le gouffre.

Ceux qui observent la progression fulgurante des marchés financiers depuis 2008 et concluent que nous avons échappé à la catastrophe, que nous sommes dans un nouveau cycle, se trompent lourdement. Six ans après cet automne 2008 qui a été marqué par l’effondrement du système financier, nous sommes toujours dans la crise et rien, ou presque, n’a été résolu. Nos concitoyens qui souffrent de cette crise, dans laquelle ils n’ont aucune responsabilité, attendaient pourtant de leurs dirigeants qu’ils fassent tout pour que la finance – toute la finance – soit remise à sa place, celle du financement de l’économie.

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Budget de la France : Pourquoi les autres pays-membres de l’UE sont-ils à bout de patience ?

La Commission Européenne a accordé un nouveau délai à la France pour rééquilibrer son budget. L’exécutif européen a donné jusqu’à mars à la France pour faire de nouveaux efforts budgétaires et accélérer leur programme de réformes.

Pour autant, les autres États-membres de l’UE semblent perdre leur patience, attendant de la France qu’elle mette en place les mesures d’austérité nécessaires. Georges Laederich nous en dit plus.

Jean-Michel Naulot : « Le système financier est comme une centrale nucléaire mal contrôlée »

Les conditions sont aujourd’hui réunies pour qu’éclate une nouvelle crise financière. Tel est le constat que dresse Jean-Michel Naulot, banquier d’affaires pendant 37 ans et ancien responsable de l’Autorité des marchés financiers (AMF), le gendarme de la Bourse. La situation se dégrade, les banques ne financent plus comme elles le devraient l’économie.

Les leçons de la crise de 2008 n’ont pas été tirées. Et les responsables politiques, réunis pour le sommet du G20 ce week-end, préfèrent semblent-ils regarder ailleurs. « Les gouvernements ont très peur, ils sont tétanisés par l’influence des marchés », analyse l’ex-banquier. Réguler la finance est pourtant à notre portée. Voici quelques pistes d’action concrètes. Entretien.

Basta ! : Une nouvelle crise financière est-elle possible, à brève échéance ?

Jean-Michel Naulot [1] : Il est très difficile de savoir quand une crise va éclater.
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Malaisie : Le nouvel Eldorado des entrepreneurs européens ?

Au cœur de l’ASEAN, la Malaisie est classée dans le top 15 des pays les plus compétitifs au monde. La destination fait rêver les entrepreneurs européens. Comment y créer et développer son business en Malaisie? Enquête à Kuala Lumpur.

A Kuala Lumpur une PME européenne, Nea Poli, est devenue en à peine 4 ans, incontournable dans son secteur. Son patron est même désormais reconnu comme comme l’un des meilleurs experts dans le domaine de la “construction verte” (green building) en Asie.

Pour moi, la clé du succès en Asie, c’est de comprendre et de respect la culture locale” indique pour sa part Stellios Plainiotis, le directeur exécutif de Nea Poli. “Par exemple, ici en Malaisie, il y a trois groupes ethniques différents, ce qui signifie trois différentes manières de faire du business.

Ses réalisations affichent les normes environnementales les plus élevées et les plus performantes au monde. Son bureau d‘étude a notamment collaboré à la conception des nouvelles tours Petronas, l’un des plus gros chantiers en plein centre de Kuala Lumpur.
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Traité transatlantique : c’est plus grave encore que ce qu’on pensait

Secrets and lies, c’est le titre d’un admirable film de Mike Leigh. Secrets et mensonges, c’est aussi la pratique constante des responsables européens et de la plupart de nos dirigeants en France lorsqu’ils évoquent leur projet de Traité transatlantique ou Tafta.

On savait déjà bien des choses sur les méga-risques liés à ce méga-traité négocié dans l’opacité la plus totale. Je les avais explicitées notamment dans ce billet d’avril dernier : Le grand marché transatlantique en deux pages.

Le secret favorise le mensonge et le mensonge a besoin du secret. Mais peu à peu, nous aussi nous découvrons le pot aux roses. Et il s’avère pire que ce que j’écrivais il y a six mois. Je m’appuie en partie sur un texte de Raoul-Marc Jennar de septembre 2014 dont le titre est : « Le GMT/TAFTA : pas amendable ! ». Je commence par quelques-uns des mensonges, avant d’en venir au pire.

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Les 20 chiffres à retenir sur le gaspillage alimentaire

Le succès récent de l’émission « Gaspillage alimentaire, les chefs contre-attaquent » sur M6 et l’organisation de la seconde Journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire le 16 octobre rappellent à quel point il est important de lutter contre les pertes et les gaspillages alimentaires, d’autant plus que la FAO a publié au mois de septembre des chiffres éloquents sur le sujet.

Le gaspillage alimentaire est l’un des rares sujets concernant l’agriculture et l’alimentation qui fasse l’unanimité de la part des institutions internationales (FAO, Programme des Nations unies pour l’environnement, Commission européenne), des Etats, des syndicats professionnels comme la FNSEA, des ONG, des cuisiniers jusqu’au grand public, comme a pu en attester le succès récent de l’émission diffusée sur M6, « Gaspillage alimentaire, les chefs contre-attaquent ».

L’année 2014 a ainsi été décrétée comme année de lutte contre le gaspillage alimentaire par le Parlement européen. En juin 2013, un Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire avait été lancé par le ministère de l’Agriculture dans l’objectif de réduire de moitié le gaspillage en France à l’horizon 2025. Le 16 octobre est ainsi organisée une seconde Journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire afin d’attirer l’attention du public sur cette nouvelle « grande cause nationale ».

De quoi parle-t-on au juste ?

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Visite guidée de la nouvelle Athènes

Le président de la Commission José Manuel Barroso estime que les « sacrifices » du peuple grec lui « ouvrent les portes d’un meilleur avenir ». Un avenir apparemment très lointain…

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Préhistoire

2007. Pour dénoncer l’apparition d’une génération contrainte de se débrouiller avec 700 euros par mois, de jeunes diplômés lancent un mouvement baptisé G700. Quelques années plus tard, l’inacceptable d’hier fait rêver, et l’organisation annonce son autodissolution :

« Depuis la création du mouvement, les destinées des protagonistes du G700 ont été bouleversées. (…) Ce que nous appelions le “palier des 700 euros”, et que nous avions identifié comme une référence sociale, a été enfoncé par les événements. (…) Pour ceux qui continuent à participer à nos activités, 700 euros par mois constituent désormais une somme prodigieuse. » Fini l’exigence de « dignité » : « Notre quête personnelle se résume aujourd’hui à la survie » (1).

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Le traité de libre-échange transatlantique TTIP s’enlise

A partir de lundi 29 septembre, des centaines d’experts de la Commission européenne et de l’administration américaine devraient s’enfermer pour une semaine entière dans des bureaux près de Washington, afin de plancher sur le traité de libre-échange entre les Etats-Unis et l’Europe, le désormais fameux TTIP. Pour ce septième « round » d’une négociation qui a démarré à l’été 2013 et qui est de plus en plus contestée et sérieusement menacée d’enlisement.

Quels sont les enjeux ?

Le TTIP a l’ambition d’annuler les barrières douanières à l’exportation entre les Etats-Unis et l’Union européenne, mais aussi de faire sauter tous les freins non tarifaires pour les services et l’industrie, c’est-à-dire de faire s’entendre les deux parties sur un alignement de leurs réglementations dans l’alimentation, l’environnement, l’agriculture, etc. Bruxelles assure que l’économie européenne pourrait en tirer près d’un demi-point de croissance de son produit intérieur brut (PIB) en plus par an.

Mais la société civile européenne, notamment très mobilisée en Allemagne, s’inquiète d’un risque de nivellement par le bas des normes environnementales, sociales, etc., du Vieux Continent.

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TTIP/TAFTA ou comment passer la sécurité alimentaire à la moulinette !

Grâce à une fuite, plusieurs groupes écologistes ont pu avoir connaissance des propositions de la Commission européenne sur la sécurité alimentaire, lors des négociations de ce traité commercial. Adrian Bebb, chargé de la campagne Agriculture et Biodiversité des Amis de la Terre Europe explique en quoi ces documents montrent que l’accord EUA-UE sape les fondements mêmes de la politique de sécurité alimentaire européenne.

Les citoyens européens ont toutes les raisons de s’inquiéter des conséquences du projet d’accord de libre échange avec les Etats-Unis (TTIP ou TAFTA). Nous avons obtenu par une fuite, un document essentiel sur la sécurité alimentaire, qui montre l’étendue des renoncements que la Commission européenne est prête à concéder sur la protection des citoyens, malgré les affirmations répétées du commissaire européen au Commerce, Karel de Gucht, qui continue d’affirmer que ces « questions ne sont pas sur la table de négociation ».

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Retour sur l’initiative citoyenne européenne pour le revenu de base

Stanislas Jourdan, organisateur en France de l’initiative citoyenne européenne pour un revenu de base inconditionnel qui a récolté 300.000 signatures en Europe revient sur les embûches rencontrées par l’utilisation cet outil de démocratie directe européenne et les solutions envisageable améliorer le sort des organisateurs.

Pendant des décennies, les économistes, sociologues, philosophes, activistes et quelques personnalités politiques ont vanté les mérites du revenu de base inconditionnel, ou allocation universelle : une politique sociale qui consiste à donner distribuer à tous les citoyens d’une communauté politique un revenu de la naissance à la mort, sans conditions de travail ni de revenus.

En Europe, un mouvement s’est formé depuis quelques années pour pousser cette idée dans la société. Ainsi en 1986, le Basic Income European Network s’est créé à Louvain-la-Neuve en Belgique, et depuis de nombreux congrès internationaux ont été organisés, avec l’implication d’un nombre croissant d’organisations. Un consensus a ainsi émergé autour de la nécessité d’organiser une campagne au niveau de l’Union Européenne, en complément des divers efforts déjà mené au niveau national.

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Crise bancaire bulgare : Sofia et Bruxelles tentent d’éviter la panique

La Bulgarie et la Commission européenne ont choisi d’intervenir vite et fort, lundi, pour calmer la panique qui gagne le secteur bancaire de ce petit pays en proie à une profonde crise politique.

Alors que les épargnants inquiets pour leurs économies faisaient le siège des agences bancaires, Bruxelles a autorisé Sofia à contribuer à la liquidité des établissements à hauteur de 3,3 milliards de leva (1,7 milliard d’euros).

Cette mesure d’urgence est «une ligne de crédit à l’intention du secteur bancaire bulgare», a expliqué la Commission, «une aide de la part de l’Etat» pour «répondre aux attaques à caractère spéculatif de la semaine dernière.»

Dès dimanche soir, le président bulgare, Rossen Plevneliev, avait fermement exclu la possibilité que des banques fassent faillite et que la monnaie, le lev, soit dévaluée.

La crise de confiance envers les banques a éclaté le 20 juin, quand des clients de la quatrième banque bulgare, la CCB, se sont rués aux guichets après la publication d’articles de presse faisant état de son insolvabilité imminente. La CCB a suspendu ses paiements jusqu’au 21 juillet.

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Loi de l’Europe – Votre potager bientôt hors la loi ?

Après l’interdiction du purin d’ortie et l’idée géniale de faire du rosé en mélangeant du rouge et du blanc, la Commission européenne s’apprêterait à pousser encore un peu plus le bouchon. L’idée est d’interdire la culture de semences non approuvée par une nouvelle autorité. Les jardiniers sont… atterrés.

Les amoureux de la terre en ont plein les bottes. Dans le but de réduire les risques de contamination par la nourriture mais aussi par les bactéries, toxines et divers agents pathogènes pour l’homme, la Commission européennes mitonne une loi. Elle envisage sérieusement de rendre illégal le simple fait « cultiver, reproduire ou faire commerce » les semences non référencées par la nouvelle Agence pour l’EU sur la diversité des plantes. Au nom du principe de précaution, la « loi sur les matériaux de reproduction des plantes » va tout simplement rendre illégale la tradition de sauvegarder des graines d’une génération pour les semer l’année suivante. En clair, il faudra obligatoirement acheter des semences approuvées par l’Europe pour faire son jardin.

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Géopolitique : Union transatlantique, la grande menace

Par Alain De Benoist

Négocié dans I’opacité la plus totale depuis juillet 2013 par les Etats-Unis et I’Union européenne, Ie Partenariat transatlantique de commerce et d’investissements vise à mettre en place une gigantesque zone de libre-échange. Objectif : créer un ensemble euro-atlantique sous contrôle états-unien. Révélations sur une monstruosité.

On n’en parle guère, alors que l’on est en présence de l’un des plus grands événements de ce début de XXIe siècle. Et d’une des plus grandes menaces. De quoi s’agit-il ? D’un projet de « grand marché transatlantique » dont dépend pour une large part l’avenir même de l’Europe. Et même du plus important accord commercial bilatéral jamais négocié, puisqu’il s’agit de mettre en place, en procédant à une déréglementation généralisée, une gigantesque zone de libre-échange, correspondant à un marché de plus de 800 millions de consommateurs, à la moitié du PIB mondial et à 40 % des échanges mondiaux. Bref, de créer la plus grande zone de libre-échange du monde grâce à l’union économique et commerciale de l’Europe et des Etats-Unis.

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Le revenu de base : Une utopie de plus en plus réaliste

Une allocation versée à tous, du berceau à la tombe, de manière inconditionnelle et universelle, sans conditions de ressources ni obligation de travail? Une idée à première vue utopiste et démesurée après une crise financière dévastatrice. C’est pourtant ce que proposent de plus en plus d’économistes, chercheurs et activistes, appuyés par des mouvements qui cherchent à instaurer le projet en France par le biais de l’Europe.

“Il n’est rien au monde d’aussi puissant qu’une idée dont l’heure est venue”, peut-on lire sur le site du Mouvement Français pour un Revenu de Base (MFRB). Cette phrase de Victor Hugo résume la pensée des militants pour l’instauration d’un revenu de base, une allocation versée à tous les citoyens, qu’ils soient riches ou pauvres, majeurs ou mineurs, avec ou sans emploi, et le tout, sans contrepartie.

Autour de 400€ pour les uns et de 750€ pour d’autres, le revenu de base, également appelé « allocation universelle », « revenu d’existence » ou « basic income », aurait pour but principal d’éradiquer l’extrême pauvreté et les inégalités. Il se substituerait aux nombreuses prestations sociales en cherchant à simplifier un système complexe, tout en évitant la création de trappes de pauvreté.

Plusieurs approches s’entrecroisent quant à son financement. Les principales comprennent une fusion des systèmes d’aide sociale, de chômage et de retraite, ainsi qu’un impôt proportionnel qui remplacerait le système actuel du RSA, de la prime pour l’emploi et des exonérations de cotisation patronales.

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Slovénie : Les mesures d’austérité ont-elles sauvé l’économie ou l’ont-elles achevée ?

Alors qu’elle était au bord de la faillite, la Slovénie semble retrouver le chemin de la croissance économique. Après deux ans de récession, le gouvernement prévoit une faible hausse du PIB pour 2014. Le pays doit-il son salut à la cure d’austérité recommandée Bruxelles, ou bien ce remède pourrait-il se révéler pire que le mal ? L’analyse de Maks Tajnikar, économiste à l’Université de Ljubljana.

Après Chypre, la Slovénie ? Il y a tout juste un an, la Slovénie faisait la une de la presse mondiale. En 2013, la Slovénie était sur le point de faire appel à l’aide internationale. Ce petit pays de deux millions d’habitants, entré en récession en 2012, voyait son PIB reculer de 2,5%.

Cependant, la recapitalisation des trois plus grandes banques du pays et le programme d’austérité lancé par l’ex-Première ministre Alenka Bratušek semblent avoir permis d’éviter le scénario catastrophe.

La fragilité du système bancaire, l’éventualité d’une aide internationale et la récession économique avaient conduit la presse à comparer la Slovénie à Chypre. Pourtant, les points communs entre les deux pays sont bien rares. Tout d’abord, le poids du secteur bancaire slovène est beaucoup moins important dans l’économie nationale qu’à Chypre.

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Europe : 5 ans après la crise, la régulation du secteur financier a-t-elle avancé

Les gouvernements des vingt pays les plus riches l’avaient promis : le secteur financier sera réformé, les banques mises sous contrôle. Plus de finance folle, de sauvetage bancaire ruineux, de mise en péril de l’économie par la spéculation débridée. Cinq ans après les déclarations du G20, où en est-on ? L’Union européenne a voté une dizaine de directives, sous la houlette de Michel Barnier. Bonus des banquiers, organisation des plans de sauvetage, supervision et contrôle… Tour d’horizon de cette difficile reprise en main, avec Thierry Philipponnat, secrétaire général de l’ONG Finance Watch, rare contrepouvoir au puissant lobby bancaire européen.

L’union bancaire européenne a pour objectif d’éviter que de nouvelles faillites bancaires ne soient supportées par les contribuables. Son principe a été adopté par les eurodéputés le 15 avril. Est-ce une mesure satisfaisante ?

Thierry Philipponnat [1] : La réforme de l’Union bancaire a pour objectif que la prochaine crise bancaire ne coûte pas d’argent au contribuable – contrairement à la crise de 2008 qui coûté 450 milliards d’euros aux pays européens. Et de casser le lien incestueux et complètement absurde entre les banques et les États : les banques financent les États mais comptent sur eux pour les sauver quand elles ont un problème. Après un an et demi de négociations, nous avons avancé dans la bonne direction. L’Union bancaire permet une surveillance unique des 130 plus grandes banques par la Banque centrale européenne (BCE). Et la remise à plat du système de « résolution », c’est-à-dire l’intervention publique lorsqu’une banque a des problèmes, avant qu’elle ne fasse faillite.

Désormais, les pertes financières devront être absorbées par les actionnaires et les créanciers, avant que les déposants et contribuables ne soient mis à contribution. Cette nouvelle directive européenne [2] est un vrai progrès, elle met fin à « l’aléa moral », qui fait que les gagnants et les perdants n’étaient pas les mêmes : certains pouvaient gagner de l’argent mais pas en perdre !

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Hécatombe des abeilles : L’UE “oublie” le rôle des pesticides

La Commission européenne vient de publier un rapport d’étude épidémiologique qui concerne les mortalités de colonies d’abeilles dans 17 États européens, dont la France. Dans ce rapport, un facteur de mortalité a été omis par Bruxelles: les pesticides. Un choix moins scientifique que politique pour Gérard Arnold, directeur de recherche au CNRS.

Des voix se sont empressées de juger les résultats de cette étude, moins mauvais qu’attendu, considérant que certains d’entre eux étaient même encourageants. Pourtant, une lecture attentive du rapport montre que la situation demeure catastrophique pour certains pays et, en particulier, pour la France et la Belgique.

Les taux annuels de mortalité des colonies constatés en France au cours de cette période étaient très importants: de 14,1 % au cours de l’hiver 2012 et 13,6 % au cours du printemps et de l’été suivants. Soit une mortalité de l’ordre de 28 % en moins d’un an (trois trimestres) !

De quoi sont donc mortes ces colonies d’abeilles? A ce stade, le rapport n’apporte pas de réponse et, d’ailleurs, le protocole de cette étude – qui va être poursuivie cette année – ne permettra pas d’obtenir une réponse scientifique définitive. Parce qu’il présente une étrange lacune.
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Union Européenne : Comment le lobby financier condamne Bruxelles à l’impuissance politique

1700 lobbyistes, 120 millions d’euros par an, c’est ce que mobilise l’industrie financière pour “influencer” les institutions européennes et parfois dicter les directives. Une étude de l’ONG montre l’étendue d’un système toléré en toute opacité.

Au moment où chacun put prendre conscience de l’ampleur de la crise financière et de ses conséquences tragiques pour les économies européennes, l’évidence s’imposa qu’il fallait imposer des moyens de régulation et de contrôle afin d’éviter que pareil désastre ne se reproduise. Les gouvernants se multiplièrent alors en déclarations d’intentions affirmant leur volonté de se saisir de la question, et divers plans furent envisagés. Mais, comme le constate Kenneth Haar de l’ONG Corporate Europe Observatory (CEO),

« la puissance de feu du lobby financier pour résister à toute réforme a été manifeste sur chacune des batailles sur la régulation financière depuis la faillite de Lehman Brothers ».

Banques, fonds d’investissement, compagnies d’assurance et autres sociétés du secteur ont agi pour neutraliser la volonté politique en mobilisant des moyens aussi massifs que mal connus, par exemple contre la taxation des transactions financières et toute tentative d’encadrer les produits financiers dérivés, les agences de notation et les activités bancaires en général.

La société civile marginalisée
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Irlande : Un “succès” de l’austérité que la population paye cash

L’Irlande est le premier pays de la zone euro à être sorti du plan d’aide de la troïka. Le 7 janvier, le pays revient sur les marchés financiers et emprunte à bas prix. La reprise est là: le taux de chômage est en décembre 2013 à 12,1% pour 14,7% un an auparavant. Le ministère des Finances se félicite du taux de croissance de l’économie (2% attendu en 2014). L’Europe se réjouit de ce succès. Mais est-ce vraiment un succès ?

En Irlande, les habitants ont vu leur vie et leur avenir complètement ravagés par l’austérité. Et malgré le retour de l’Irlande sur les marchés, eux ne voient pas leur vie s’améliorer.

Comment l’Irlande en est-elle arrivée là ?

Dans les années 90 et 2000, l’Irlande était une nation prospère, essentiellement portée par le secteur de la construction. Des chantiers fleurissaient un peu partout. Et les Irlandais étaient nombreux à emprunter, parfois plusieurs fois. Les banques suivaient. Les prix de l’immobilier atteignaient des sommets. Mais en 2007-2008, la bulle immobilière explose. Les prix chutent et emportent avec eux les banques, achevées par la crise financière mondiale.

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Crise financière : comment des « fonds vautours » commencent à attaquer l’Europe

Plusieurs dizaines de fonds spéculatifs s’estiment lésés par la suppression d’aides publiques ou les restructurations de dettes souveraines menées en Europe. Au nom de la protection des investissements, ils attaquent donc les Etats devant des tribunaux commerciaux extranationaux. En jeu : des centaines de millions d’euros d’indemnités à empocher. Si leurs premières cibles sont l’Espagne, la Grèce et Chypre, d’autres pays pourront être concernés. Après l’austérité, les citoyens européens paieront-ils la facture de la crise une seconde fois ?

En plus des politiques d’austérité, une nouvelle menace se profile à l’horizon pour les pays du Sud de l’Europe : celle de procédures intentées devant des juridictions commerciales opaques par des acteurs financiers, qui cherchent à tirer profit des traités garantissant la « protection des investisseurs ». Des fonds spéculatifs, s’estimant lésés par des restructurations de dette ou par la fin de subventions publiques à certains secteurs, font ainsi jouer la clause du « traitement juste et équitable » (lire notre article) des investisseurs pour demander réparation.

Grèce, Chypre et Espagne sont ainsi la cible de procédures intentées devant divers « tribunaux » d’arbitrage par des firmes privées, qui leur réclament plusieurs centaines de millions d’euros. Ces poursuites pourraient être les signes avant-coureurs d’une nouvelle déferlante de procédures du même type affectant tous les pays d’Europe, dont la France. Un nouveau rapport publié par le Transnational Institute et le Corporate Europe Observatory, intitulé « Profiter de la crise – comment entreprises et avocats d’affaires font des profits au détriment des pays européens frappés par la crise » [1] tire la sonnette d’alarme.

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Les sociétés écran bientôt dévoilées dans un registre public

Le Parlement européen a amendé la directive anti-blanchiment. Un registre public des bénéficiaires effectifs des sociétés-écrans et des trusts va être mis en place.

Une très large majorité d’eurodéputés a adopté la révision de la directive anti-blanchiment le 11 mars lors de la session plénière à Strasbourg. En discussion depuis des mois, la législation européenne visant à lutter contre le blanchiment des capitaux a été voté par 643 voix pour, 30 contre et 12 abstentions.

Fin de l’anonymat

La principale avancée du texte demeure la mise en place de registres publics des bénéficiaires effectifs des sociétés, fondations et trusts.

Ce registre doit permettre à la police et aux autorités fiscales d’identifier les véritables bénéficiaires de toutes sociétés, fondations ou trusts ayant des activités au sein de l’Union européenne en mettant un terme à l’anonymat de ces structures, principales responsables du blanchiment d’argent.

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La Commission européenne annonce une aide à l’Ukraine d’au moins 11 milliards d’euros

La Commission européenne a présenté mercredi un plan d’aide “d’au moins 11 milliards d’euros” en faveur de l’Ukraine, à la veille du sommet européen extraordinaire sur la crise en Ukraine.

“Aujourd’hui, la Commission européenne a identifié un programme d’aide à l’Ukraine. Ceci est notre contribution au sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de demain. Au total, le paquet pourrait apporter un soutien d’au moins 11 milliards d’euros sur les deux prochaines années,

provenant du budget de l’UE et des institutions financières européennes”,

a déclaré le président de l’exécutif européen, José Manuel Barroso.

Le programme, qui comporte des mesures à court et à moyen terme en matière commerciale, économique, technique et financière,

pourra être complété par les Etats membres de l’UE,

 

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Deutsche Bank transfère 100 milliards de dollars hors des Etats-Unis pour obéir à la Fed

La banque allemande aurait décidé de réduire le bilan de ses opérations outre-Atlantique pour répondre aux nouvelles exigences de la Réserve fédérale américaine avec les banques étrangères.

Pendant que Bruxelles temporise, la Deutsche Bank a décidé d’agir. Face à la décision de la Fed de mettre en place des règles plus strictes pour les banques étrangères, l’établissement allemand a décidé de réduire le bilan de ses opérations aux Etats-Unis d’une centaine de milliards de dollars, écrit le Financial Times.

Le montant total des opérations de la banque aux Etats-Unis serait ainsi ramené à 300 milliards de dollars alors que certaines d’entre elles seraient relocalisées en Europe ou en Asie.

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