Trois destins possibles pour l’Europe

Poussée des eurosceptiques confirmée ? Gauche sanctionnée, comme aux municipales ? Président (e) de la Commission européenne vraiment issu (e) du choix des électeurs ? L’élection des députés européens, dimanche 25 mai, apportera son lot de surprises. Notre sort ne sera pas tranché pour autant.

Du sursaut au lent déclin en passant par la résurgence de la crise, La Tribune vous propose trois scénarios sur l’avenir de l’Europe en 2017.

1 – L’effondrement ou le krach italien

LA FICTION – Avril 2017. Sommet de crise à Bruxelles
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En Europe, le déclin des abeilles frappe lourdement les pays du Nord

Phénomène mondial observé depuis le milieu des années 1990, le déclin des abeilles, insectes pollinisateurs indispensables à 84 % des végétaux cultivés en Europe, n’avait jamais été précisément évalué au sein de l’Union. C’est désormais chose faite avec l’étude « Epilobee », dont les premières conclusions devaient être présentées lundi 7 avril à Bruxelles.

Les résultats de cette enquête, menée dans dix-sept Etats membres, montrent que les pays du nord de l’Europe sont frappés par des mortalités très supérieures à celles qui touchent le pourtour méditerranéen. En cumulant les mortalités hivernales et estivales, la Belgique apparaît comme le territoire le plus touché, avec un taux de mortalité de 42,5 %, suivie de près par le Royaume-Uni (38,5 %), la Suède (31,1 %), la Finlande (29,8 %) et la France (27,7 %). Ces résultats confirment la mauvaise santé des pollinisateurs.

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Angela Merkel esquisse l’Internet européen

Angela Merkel n’a donc toujours pas digéré l’espionnage de son téléphone portable par la National Security Agency (NSA). En visite à Paris mercredi dans le cadre du 16e conseil des ministres franco-allemand, la chancelière allemande a levé un coin du voile sur ses propositions de bâtir un Internet européen. Un ouvrage qu’elle entend mener de front avec le président François Hollande. Il vise sans détour à extirper les Européens de l’hégémonie américaine sur le réseau. Du moins sur le papier. Car, en pratique, le projet semble très utopique autant sur le plan politique que sur celui des infra­structures.

“Angela dans le Nouveau Monde” (de l’Internet)

Revenons un instant sur ses propositions qui restent pour l’heure assez floues. Angela Merkel entend contraindre les fournisseurs d’accès à Internet à stocker et traiter les données personnelles des citoyens de l’Union sur le territoire européen plutôt qu’aux Etats-Unis. En d’autres termes, il s’agirait de forger une politique européenne commune pour mieux protéger les citoyens de l’UE face aux oreilles américaines. Tout en prenant des mesures protectionnistes favorables aux entreprises européennes.

Premier problème : cette sorte d’espace Schengen des réseaux au cœur de l’océan globalisé d’Internet ouvre grande la porte à une balkanisation de la Toile. Elle implique la création d’un Intranet européen dans lequel les utilisateurs n’auraient accès qu’aux prestataires de services qui accepteraient de stocker les données personnelles en Europe. Il s’agirait ainsi de contraindre les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) d’y implanter leurs centres de données, là où les pays membres pourront en maîtriser l’accès.

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Le gouvernement rallume la flamme de l’écotaxe

Le ministre des Transports souhaite que le dispositif entre en vigueur avant la fin de l’année.

Ecotaxe, le retour : Frédéric Cuvillier a rallumé, vendredi 7 février, la flamme d’un sujet brûlant. Le ministre des Transports a jugé “souhaitable” que le dispositif suspendu sine die, après la fronde des Bonnets rouges en Bretagne, entre en vigueur en 2014.

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Corruption en Europe : 40 % des entreprises se plaignent

Beaucoup d’entreprises craignent la corruption pour leur activité. La Commission appelle les Etats à encadrer davantage les marchés publics.

Des années de crise semblent avoir exacerbé les frustrations. Un sondage mené auprès des entreprises européennes et des citoyens pour mesurer leur perception de la corruption en Europe n’est guère rassurant. Plus de quatre entreprises sur dix déclarent que la corruption, le clientélisme et le népotisme sont une source de problème dans les affaires en Europe. Et la Commission européenne évalue à 120 milliards d’euros le coût économique de la corruption, dans un premier rapport consacré à ce thème [...]. Un calcul très approximatif, car derrière ces statistiques générales, la situation est contrastée.

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Une nouvelle norme comptable augmente le PIB des États européens

L’office statistique de l’Union européenne, Eurostat, va augmenter de 2,4 % le produit intérieur brut (PIB) lors du changement de la norme comptable en septembre.

La Commission européenne a annoncé le 16 janvier que toutes les données relatives au PIB, passées et futures, allaient être modifiées par l’adoption de nouvelles normes comptables.

Le passage de l’ancien système européen des comptes (SEC) de 1995 à la version de 2010 s’inscrit dans le cadre d’une décision internationale appelée « système de comptabilité nationale 2008 ». Les États-Unis l’ont déjà mis en place en août dernier.

« L’impact moyen pondéré des changements méthodologiques sur le PIB engendrera une augmentation de 2,4 % du PIB, dont 1,9 % (environ 80 % de l’impact total) provient de la comptabilisation de la recherche et du développement », indique la Commission européenne dans un communiqué.

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Les 12 millions de francs de dessous de table de Jean-Marc Ayrault

Comme le lui a si bien enseigné Guy Dejouany, Henri Proglio manœuvre entre les différentes chapelles socialistes. En 1992, le nettoyage des plages landaises, en fait une opération de communication, lui permet de faire connaissance avec Henri Emmanuelli, qui est mis en examen, la même année, dans l’affaire Urba-Gracco*.

Jean-Marc Ayrault (premier, de gauche à droite) et Henri Proglio (quatrième), le 13 juillet 2013 à Saint Jean de Maurienne, à l’occasion de la signature d’un accord de reprise de l’usine d’aluminium (ex Rio Tinto Alcan) par la société allemande Trimet, avec participation d’EDF au capital

Un an plus tôt, Henri Proglio a signé un contrat d’une durée de vingt-cinq ans avec Jean-Marc Ayrault** , le nouveau maire de Nantes élu en 1989. L’objet de la tractation : un centre de tri de déchets high-tech, qui sera inauguré en grande pompe trois ans plus tard.

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De la décision “historique” à la mesure “excessive” : comment Moscovici a changé d’avis sur l’ex-taxe Tobin

La taxe sur les transactions financières (TTF) allait enfin être instaurée, après plusieurs décennies d’atermoiements, d’indécisions et, in fine, d’immobilisme. En février, onze pays sur les vingt-sept qui composaient alors l’Union européenne parvenaient à un accord sur une taxe sur les transactions financières. Un accord de principe qui devait rendre effective en 2014 cette ponction de 0,1 % sur les échanges d’actions et d’obligations, et de 0,01 % sur les produits dérivés.

Depuis, les discussions se poursuivent à Bruxelles, mais les Etats se montrent plus frileux, à l’instar de la France et de son ministre de l’économie, Pierre Moscovici, qui n’a pas hésité à parler d’une “proposition excessive” de la Commission européenne. M. Moscovici s’exprimait, jeudi 11 juillet, devant un parterre de financiers européens qui alertent depuis des mois les pouvoirs politiques sur les dangers supposés d’une telle taxe, limitée à quelques pays de l’Union européenne.

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“Justice sociale” ? La PAC préserve les avantages des agriculteurs les plus aisés

Le budget de la Politique agricole commune, qui vient en aide aux agriculteurs afin d’assurer l’indépendance agricole de l’Union européenne, dispose de plus de 350 milliards d’euros pour la période 2014-2020. Mais les grandes exploitations restent encore ultra-favorisées.

Après 40 sessions étalées sur 3 mois, les négociations sur l’avenir de la PAC 2014-2020 se sont enfin achevées mercredi 26 juin dernier par la conclusion d’un accord entre les 27 ministres de l’Agriculture de l’Union européenne. Selon Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture français, la France peut être satisfaite. La revendication d’une meilleure protection des éleveurs et des petits exploitants a été entendue à Bruxelles. Des aides supplémentaires seront données aux 50 premiers hectares, manière de soutenir les petites exploitations et les éleveurs, ainsi qu’à certaines agricultures moins privilégiées que le blé ou le soja.

Cette victoire apparaît toutefois en demi-teinte pour les défenseurs d’une PAC plus équitable. Toujours premier poste budgétaire de l’Union européenne, cet accord préserve la majorité des avantages donnés jusque là aux grandes exploitations.

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Faillites bancaires : l’Europe échoue à faire payer les riches déposants

Londres et Paris craignent qu’imposer des pertes aux déposants les plus fortunés n’incite ceux-ci à sortir leur épargne des banques. Berlin milite pour une participation des titulaires de comptes de plus de 100.000 euros. Une nouvelle réunion des ministres des Finances européens est prévue mercredi.

L’avenir du système bancaire continue de donner des maux de têtes aux dirigeants européens. Alors qu’ils [s'étaient] trouvé un accord jeudi, sur le processus de recapitalisation des banques, samedi, à plus de trois heures du matin, les ministres des Finances de l’UE ont dû finalement constater leur échec à trouver un consensus sur les règles qui s’appliqueront pour le sauvetage ou la liquidation des banques en faillite.

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L’Europe condamne la France pour ses eaux polluées aux nitrates

La France, empêtrée dans les problèmes de pollution agricole qui contamine ses cours d’eau, vient d’être condamnée par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). Cette dernière a rendu, jeudi 13 juin, un arrêt qui constate les “manquements” chroniques de Paris. Cette décision est un prélude à une possible amende de plusieurs dizaines de millions d’euros, voire à des astreintes journalières qui alourdiraient considérablement le montant réclamé.

Il s’agit de la vieille affaire des nitrates et de l’incapacité de Paris de se mettre en conformité avec une directive européenne de 1991. Ce contentieux porte précisément sur la sous-estimation des “zones vulnérables” qu’il faudrait impérativement protéger, autrement dit sur le manque d’autorité de l’Etat pour faire respecter les bassins versants dont les teneurs en nitrate dépassent déjà les 50 milligrammes par litre. La CJUE prépare en outre un deuxième rappel à l’ordre, qui devrait dénoncer d’ici à fin 2013 la frilosité des programmes pour redresser la situation dans ces mêmes zones.

L’excès d’azote minéral et organique – essentiellement d’origine agricole – entraîne, une fois transformé en nitrates, l’eutrophisation des rivières et nourrit le phénomène des proliférations d’algues vertes. Le problème est plus large cette fois : les zones vulnérables concernent 55 % des surfaces agricoles selon l’état des lieux révisé fin 2012. La liste actuelle englobe 19.000 communes. Les porte-parole de l’agriculture intensive se sont récriés contre ce classement soi-disant excessif, et la FNSEA a déposé plusieurs recours devant les tribunaux. A Bruxelles, c’est la cartographie précédente, celle – peu réaliste – de 2007, qui est dénoncée comme insuffisante.

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Libre-échange transatlantique : l’UE à la rame

Si José Manuel Durao Barroso voulait fournir aux eurosceptiques un argument de campagne clef en main, il ne s’y prendrait pas autrement. À un an des élections européennes de mai 2014, le président de la Commission n’a rien trouvé de mieux que de se lancer dans la négociation d’un vaste accord de libre-échange entre les États-Unis et l’Union européenne, les deux principales puissances économiques du monde. Son idée est de créer un grand marché intérieur transatlantique où les biens et les services circuleront librement, ce qui, selon lui, permettra de relancer la croissance.

Mais il y a un énorme hic : cette négociation ne pourra aboutir que si les Européens renoncent au passage à une partie de leurs normes, qu’elles soient juridiques, financières, sanitaires, environnementales, culturelles, etc. « On se demande vraiment pourquoi Barroso nous a embarqués dans cette galère politiquement explosive », se demande un haut fonctionnaire bruxellois pour qui « l’Europe a tout à perdre et quasiment rien à gagner dans cette négociation ». Autant dire qu’il s’agit de pain béni pour les opposants à la construction communautaire qui trouveront là du grain à moudre sur « l’Europe pro-américaine et ultralibérale ».

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La face sombre de l’opération dumping de la Chine sur les économies occidentales

Depuis début 2012, en toute impunité, Pékin accorde une subvention de 10% du montant de leurs exportations aux entreprises exportatrices chinoises et pratique la concurrence déloyale.

A ce jour, M. Karel de Gucht, le commissaire européen au commerce extérieur toujours prompt à dénoncer M. Montebourg comme protectionniste, n’a obtenu aucune concession de Pékin sur les dossiers pourtant très établis de concurrence déloyale de la Chine dans l’industrie solaire et dans l’industrie sidérurgique. Aucune démarche punitive n’a par ailleurs été entreprise par Bruxelles à l’encontre de Pékin.

A ce jour, M. Pascal Lamy, Président de l’Organisation Mondiale du Commerce O.M.C. (et ancien commissaire européen au commerce extérieur) n’a toujours rien entrepris contre la violation par Pékin d’une des règles les plus fondamentales de l’OMC, l’interdiction des subventions à l’exportation.

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La nouvelle coqueluche du capital-investissement ? C’est… la Grèce

TPG, BC Partners, Rhone Capital… Les fonds de private equity américains se pressent pour racheter les entreprises grecques mises en vente dans le cadre du programme de privatisations du pays. Lequel devrait pourtant connaître en 2013 une sixième année de récession.

La Bourse grecque, à Athènes

Les fonds de capital-investissement se sont découvert un nouvel eldorado. Et il ne s’agit pas de l’Amérique du Sud, ni de la Chine, ni de l’Afrique mais… de la Grèce. Les fonds américains TPG et BC Partners sont sur les rangs pour racheter les 33% du capital de la loterie nationale OPAP mis en vente par le gouvernement grec, dans le cadre des privatisations exigées par le FMI (Fonds monétaire international), la Commission européenne et la BCE (Banque centrale européenne), en contrepartie du sauvetage financier du pays. Une participation valorisée 660 millions d’euros environ, sur la base du cours de Bourse actuel de la société.

Deux mois avant cette opération, un autre fonds de private equity américain, Rhone Capital, avait offert de racheter 39% du fabricant grec de matériaux de construction S&B Industrial Minerals. En janvier toujours, le fonds américain Paine & Partners avait acquis 56,5% du spécialiste des équipements d’irrigation Eurodrip auprès de la société de capital-investissement grecque Global Finance.

Des valorisations qui demeurent attrayantes

Pourquoi les fonds de private equity étrangers ont-ils les yeux de Chimène pour un pays en récession depuis cinq ans, et dont le Produit intérieur brut (PIB) devrait encore se contracter de 4,5% en 2013 ?
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L’UE mesure enfin l’urgence sociale de la crise

Réunis en sommet à Bruxelles les dirigeants européens ont évoqué la guerre civile en Syrie, qui entre dans sa 3e année. Sur le plan interne, ils veulent se donner des moyens pour accélérer la croissance et la création d’emplois, face à la colère qui monte et à l’euroscepticisme qui gagne du terrain.

Rome, 14 novembre 2012 : heurts entre police anti-émeute et manifestants contre l’austérité

L’emploi, plus particulièrement celui des jeunes, est redevenu une préoccupation de premier ordre au sein de l’Union européenne. Alors que la colère gronde dans la rue face à un taux de chômage battant record après record et face à des millions de jeunes en manque de perspective, alors que l’euroscepticisme gagne du terrain, les dirigeants européens ont consacré leur sommet de ces 14 et 15 [mars 2013] au volet social de la crise. Ils ont décidé de mettre les bouchées doubles pour favoriser la croissance et l’emploi.

Jusqu’ici, pour les dirigeants européens, issus pour la plupart des partis politiques conservateurs, la priorité était de redresser les finances publiques, corriger les déséquilibres macroéconomiques et restaurer la confiance des investisseurs. Il ne fallait en tout cas pas dépenser ce qu’on n’avait pas. La croissance et l’emploi allaient suivre. L’Allemagne d’Angela Merkel, était le modèle tout indiqué à suivre.
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L’Islande victorieuse dans l’affaire Icesave

L’Islande avait le droit, lorsque ses banques se sont effondrées en octobre 2008, de refuser de rembourser les épargnants étrangers, a tranché lundi la cour de l’Association européenne de libre-échange (AELE).

“Icesave mon cul” – Manifestation devant le parlement islandais à Reykjavik le 6 mars 2010

La cour a rejeté les arguments présentés par le Royaume-Uni et les Pays-Bas , affirme le tribunal dans son arrêt. Le jugement était attendu pour savoir si l’argent public doit sauver ou non des banques en faillite.
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Bruxelles : 45 millions d’euros à l’Algérie

L’UE soutient la transition démocratique. La Commission européenne a débloqué jeudi quelque 45 millions d’euros dans le cadre de programmes de coopération destinés à favoriser la bonne gouvernance et la diversification de l’économie algérienne.

Abdelaziz Bouteflika, le visage de la démocratie algérienne

Le commissaire européen chargé du dossier, Stefan Füle, a assuré vouloir “soutenir l’approfondissement du processus de réformes en Algérie, notamment l’élargissement des libertés fondamentales“, promettant de faire profiter le pays de son expérience en matière de “transition vers une démocratie solide, une économie durable qui profite à tous“.

Un premier programme, doté d’un budget de 15 millions d’euros, interviendra “en faveur de la diversification de l’économie algérienne et appuiera le développement durable du secteur de la pêche et de l’aquaculture“, a précisé l’exécutif européen dans un communiqué.

Le deuxième programme, doté d’un budget de 30 millions d’euros, “soutiendra la pleine mise en oeuvre de l’Accord d’association et visera à renforcer la bonne gouvernance au sein de l’administration publique“, a précisé la Commission. L’UE, qui s’est engagée à la faveur du Printemps arabe à soutenir la transition démocratique dans les pays de la région, est liée depuis 2005 à l’Algérie par un accord d’association.

Europe 1

Un rapport accablant sur l’absence d’austérité à Bruxelles

La Cour des comptes européenne, gardienne des intérêts financiers des citoyens de l’Union, a publié son rapport 2011 la semaine dernière. Elle y explique que les paiements sont «affectés par un niveau significatif d’erreur». Pour la 18e fois consécutive, les auditeurs ont d’ailleurs refusé de le signer.

La nouvelle n’a guère ému les médias. C’est le nouveau think tank Open Europe Berlin qui le signale, un institut au conseil duquel nous trouvons le Suisse Charles Blankart et le prince Michael du Liechtenstein.

La conclusion de la Cour des comptes mérite le détour : 3,9% d’erreur sur un budget de 127 milliards d’euros. Cela représente 5,95 milliards de francs suisses. Non seulement le montant est effrayant, mais le taux d’erreur est en augmentation par rapport à 2010 (3,7%). La Commission s’est pourtant félicitée que l’erreur n’atteignait que 5 milliards d’euros et renvoie la responsabilité aux parlements nationaux. Dans le jargon de Bruxelles, on parle d’absence d’«erreur matérielle» lorsque le taux est inférieur à 2%.

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À Bruxelles, les zones d’ombre du lobbying

Depuis dix jours, la capitale européenne ne parle plus que de « l’affaire » John Dalli, commissaire contraint à la démission alors que pèsent sur lui des soupçons de trafic d’influence avec l’industrie du tabac. De quoi relancer le débat sur la transparence des activités des lobbies.

Registre européen des lobbyistes

En entrant dans le bâtiment de la Commission européenne, passé les grandes portes coulissantes sur lesquelles sont peintes les douze étoiles du drapeau de l’Union, le visiteur tombe sur un cliché figé réunissant les 27 commissaires en place. Sur cette photo de famille, un petit homme, visage carré et cheveux gris, le sourire crispé, fixe l’objectif. Dix jours après avoir dû vider son bureau précipitamment, John Dalli n’a pas encore été complètement effacé du paysage. Il trône encore sur la photo à quelques centimètres de José Manuel Barroso, le président de l’exécutif européen, sourire éclatant. Le même qui n’a pas hésité à se débarrasser en moins de vingt-quatre heures de ce collègue devenu encombrant.
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Un euro sans fédéralisme, c’est possible

La crise de l’euro ravive le fantasme fédéraliste. Pourtant, la mise en place d’eurobonds impliquerait des transferts financiers entre Etats et une centralisation de la politique économique à Bruxelles qui paraissent peu crédibles. Même après les ajustements brutaux de ces dernières années, les pays du sud de l’Europe doivent encore recevoir annuellement une centaine de milliards d’euros pour couvrir leurs déficits commerciaux. Pour s’engager à réduire ces déficits sans la contrainte de devoir individuellement viabiliser leur dette, les Etats membres devraient céder à une instance supranationale le contrôle de leur politique budgétaire.

Or ce schéma est fortement rejeté par les peuples : chaque élection européenne se fait avec une abstention record ; chaque nouveau référendum se fait sous haute tension ; et la Commission manque de légitimité démocratique. Heureusement, le fédéralisme n’est pas la seule façon de sortir de la crise.

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