Sondage – Les Français plébiscitent l’euro

Le sondage de l’Ifop pour France-Soir prend gauche et droite à contre-pied : seule une minorité de Français rêvent d’un retour au franc.

C’est un coup de tonnerre, en tout cas un résultat inattendu, compte tenu des violentes critiques dont l’euro fait l’objet en France depuis des mois. Un euro qui n’apparaît pas si protecteur que cela, un euro parfois brinquebalant, un euro discuté par les Allemands et présenté par certains comme « en sursis ».

Or, quand l’Ifop demande aux Français – pour les mettre au pied du mur – s’ils souhaitent que leur pays abandonne l’euro et revienne au franc, la réponse tombe, sans aucune ambiguïté : c’est non. 72 % des personnes interrogées (contre 28 % d’un avis contraire) refusent l’idée d’un retour au franc.

Et, curieusement, dans les mêmes proportions s’agissant des sympathisants de gauche et des sympathisants de droite : dans les deux cas, 74 % veulent, disent-ils, s’en tenir à l’euro, aussi critiquable et imparfait soit-il. Ils n’imaginent pas une opération… « retour vers le futur ».

Quatre observations peuvent être faites.

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La Chinafrique

« Nous souhaiterions que la Chine dirige le monde, et quand ce sera le cas, nous voulons être juste derrière vous. Quand vous allez sur la Lune, nous ne voulons pas être laissés derrière, nous voulons être avec vous ».

Olusegun Obasanjo, président du Nigéria, s’adressant à Hu Jintao, 2006

Pendant des millénaires, l’Empire du Milieu ne s’est pas intéressé au reste du monde. Pour quoi faire ? La Chine était le pays le plus avancé, le plus fertile, le plus peuplé, le plus civilisé. Par hypothèse, dans l’idéologie impériale et, souvent, dans la réalité aussi.

Pourquoi les Fils du Ciel se seraient-ils préoccupés de ce qui se faisait chez les barbares ? En 1421, une flotte chinoise gigantesque atteint les rivages du Kenya. Les Chinois observent : pas intéressant, mieux vaut rentrer au pays. Confucius l’avait dit, et à raison : l’important, c’est la stabilité.

Seulement voilà : désormais, vraiment, tout change, même la Chine.

La Chine, désormais, à l’assaut de l’Afrique.

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Note de lecture sur «La Chinafrique», un ouvrage qui fait le point sur la question. L’œuvre fourmille d’informations intéressantes. Nous zapperons les passages politiquement corrects du type «c’est pas bien de soutenir le Soudan à cause des massacres au Darfour», et autres culculteries politiquement correctes inévitables dans un livre écrit par des journalistes français. Mais nous n’omettrons aucun type d’information vraiment intéressant – fût-ce l’enseignement d’une série d’anecdotes révélatrices.

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Brazzaville, Congo. Les auteurs marchent à travers la ville. Des enfants les apostrophent, à l’Africaine, c’est-à-dire sans chercher à connaître leur nom, mais sur un ton chaleureux.

Que disent-ils ? « Hello mista ? » Non. « Monsieur Monsieur ! » Non plus.

Ils disent : « Ni hao ».

Pour eux, tous les étrangers sont chinois.

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Que crève le système

Par Boreas
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Dans le contexte actuel de dé-mondialisation, on a pu lire récemment sur le blog de Paul Jorion, parlant de la divergence désormais avérée des grandes puissances économiques dans leur quête désespérée d’une illusoire reprise : « l’affirmation renforcée d’une politique du chacun pour soi (…) ne fera qu’accentuer la crise ».

C’est exactement ce que dit le LEAP (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique) depuis l’an dernier, même si, au plan chronologique, ses prévisions se sont avérées à trop court terme : « d’ici la fin de l’été 2009. Sur fond de cessation de paiement des Etats-Unis s’ouvrira alors la période à partir de laquelle le « chacun pour soi » deviendra la règle du jeu international ».

Or, en effet, même dans le « chacun pour soi », ne gît aucune solution de continuité pour le système.

Parce qu’aucun des prétendus remèdes n’est viable (la planche à billets aux Etats-Unis et au Japon, les politiques d’austérité de droite – réduction des dépenses publiques – comme de gauche – augmentation des recettes publiques – en Europe).

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Plus de centres commerciaux, moins de clients

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Depuis 2007, la fréquentation des centres commerciaux chute, les chiffres d’affaires s’effritent et pourtant les projets se multiplient.

À Saint-Quentin-en-Yvelines, à l’ouest de Paris, le centre commercial SQY Ouest, ouvert sur quatre niveaux en 2005 juste à côté d’une autre galerie, l’Espace Saint-Quentin, offre un triste visage. Un tiers des boutiques sont inoccupées. Sur un niveau entier, les vitrines sont recouvertes de tapisserie.

À Chelles 2 (Seine-et-Marne), 35 magasins sur 98 étaient vides l’été dernier.

À Arcueil (Hauts-de-Seine), à La Vache Noire, ouvert en 2007, les commerçants se plaignent d’une faible fréquentation faute d’accès en transports en commun.

On attend au tournant Okabe, vaste chantier du promoteur Altarea, qui doit ouvrir au printemps au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne).

«Pour la plupart des centres ouverts récemment, c’est la catastrophe», résume Pierre Dey, de la fédération Procos qui réunit 233 enseignes dont Darty, la Fnac, Etam ou Zara.

Un constat qui s’applique aussi à L’Heure Tranquille à Tours, Rivetoile à Strasbourg, Docks 76 à Rouen ou au Ruban Bleu à Saint-Nazaire.

Après - 3,9 % en 2009, la fréquentation a encore plongé de 5,5 % en janvier. Les chiffres d’affaires des commerçants se tassent ou reculent, jusqu’à - 10 % ou - 12 % pour certains secteurs d’activité. Et pourtant, on n’en a jamais construit autant. Aux près de 700 centres commerciaux existants pourraient s’en ajouter 30 à 40 actuellement dans les tuyaux. 2009 a été une année record en termes d’autorisations de nouvelles surfaces. Plus de 7 millions de mètres carrés sont prévus pour les cinq ans à venir, ce qui fait de la France le pays le plus actif en la matière.

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