Les “économistes à gages” sur la sellette

Éditoriaux, matinales radiophoniques, plateaux de télévision : en pleine campagne présidentielle, une poignée d’économistes quadrillent l’espace médiatique et bornent celui des possibles. Présentés comme universitaires, ils incarneraient la rigueur technique au cœur de la mêlée idéologique. Mais leurs diagnostics seraient-ils aussi crédibles si ces « experts » rendaient publiques leurs autres activités ?

Cette fois, la controverse concerne la collusion entre économistes et institutions financières. Nombre d’universitaires invités par les médias pour éclairer le débat public, mais aussi de chercheurs appointés comme conseillers par les gouvernements, sont en effet rétribués par des banques ou de grandes entreprises. Un expert peut-il, « en toute indépendance », prôner la dérégulation financière quand il occupe simultanément un poste d’administrateur d’un fonds d’investissement ?

Ces liaisons dangereuses, sources de conflits d’intérêts, ne sont pas secrètes. Mais leurs bénéficiaires se gardent bien d’en faire la publicité. Avant le cataclysme de 2008, chacun s’accommodait de l’équivoque : les journalistes exhibaient leurs experts censément neutres, lesquels empochaient les dividendes de leur ubiquité sous forme de notoriété accrue et d’espèces sonnantes et trébuchantes.

Mais, depuis 2008, les accointances des économistes ne passent plus inaperçues. L’effet Dracula aura-t-il raison de cette forme intellectuelle de prévarication ? Suffira-t-il de la rendre publique pour la vaincre ? Tel est le pari de la prestigieuse Association américaine d’économie (American Economic Association, AEA).
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La crise en 2011 ou le scénario de l’inextricabilité

Par Jean Claude Werrebrouck

Notre texte concernant le scénario pour 2010, publié le 1er janvier de ladite année, se penchait longuement sur la question du retour à la souveraineté monétaire. Il était assez optimiste, en ce qu’il annonçait la difficulté croissante à faire admettre par le contribuable qu’il devrait payer pour une dette publique dont la responsabilité reposait au moins partiellement sur la rente financière.

La réalité 2010 de la crise, est qu’un certain nombre de pays ont malgré d’extrêmes difficultés, ouvertement choisi de satisfaire la rente au détriment des Etats-providences et des contribuables : Grèce, Irlande, mais aussi à des degrés moindres, la quasi-totalité des Etats européens.

Les propos de la Chancelière de la République Fédérale, consacrés au partage du fardeau de la dette avec les créanciers, étant, était-il espéré, vite étouffés par de prétendus rédempteurs resserrements budgétaires. Prétendus, car on sait depuis peu (Patrick Artus), que le multiplicateur budgétaire sur la Grèce et l’Irlande est élevé, ce qui signifie – en principe – effondrement de la croissance, suite à une faible variation du déficit budgétaire.

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Trafic d’organes et prolifération nucléaire

Par Xavier Moreau

Les lecteurs de Realpolitik.tv n’auront sans doute pas été impressionnés par les pseudo-révélations de Wikileaks, sur la politique étrangère des Etats-Unis. Étonnamment, le site « dissident » n’aborde jamais la collusion entre les administrations américaines et les groupes islamo-mafieux, en Bosnie, en Afghanistan ou au Kosovo.

Akim Thaçi

C’est au Conseil de l’Europe que nous devons la mise en exergue, guère nouvelle pour nos lecteurs, de la nature exacte du clan mafieux albanais qui dirige le Kosovo, et plus particulièrement de son chef Akim Thaçi.

Il est difficile de dire ce que deviendra ce rapport. Les sociétés de communication anglo-saxonnes doivent être désormais sur le pied de guerre pour le discréditer, lui ou ses auteurs. Difficile également d’imaginer que cette affaire remonte jusqu’à l’ami personnel d’Akim Thaçi et administrateur du Kosovo à l’époque des exactions de l’UCK, Bernard Kouchner.

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Dix-huit mois décisifs

Par Jacques Sapir

La suspension, probablement temporaire, du mouvement social qui s’est manifesté à travers l’opposition au projet de réforme des retraites du gouvernement, ouvre ce que l’on peut appeler la « grande » année électorale. Désormais, il est clair que tous les acteurs vont avoir les yeux rivés sur les échéances de 2012.

Cela ne signifie pas que tout se réduise à cette forme de lutte politique. Cependant, pour tenter de prolonger le mouvement social dans ce nouveau contexte, il faut tirer les leçons de ce que nous venons de vivre depuis septembre, et se projeter au-delà.

Une victoire tactique et une défaite stratégique

La première leçon est, incontestablement, que si le gouvernement a remporté une victoire tactique contre le mouvement social, il l’a payée d’un prix exorbitant. Cette victoire pourrait se transformer en une défaite stratégique.

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L’Islande ou le vertige de la décroissance

Confrontée pour la première fois au chômage, à des baisses importantes de salaires et à une dévaluation de la couronne de plus de 100 %, la population islandaise tente de garder la tête haute. Mais la colère gronde et le dossier Icesave empoisonne la vie politique et menace le redressement du pays.

Non loin de la petite maison crépie en blanc qui abrite les bureaux du Premier ministre, symbole d’un pays modeste et sans ostentation, se dresse le vaste chantier du futur hall de concerts et de conférences de Reykjavik, immense bloc de béton triste qui rappelle les rêves de grandeur de l’Islande avant la crise financière d’octobre 2008. Un projet architectural démesuré (23.000 mètres carrés) dessiné par les meilleurs architectes danois et islandais, qui devait s’inscrire dans une rénovation ambitieuse du port. Le chantier, trop avancé pour être arrêté, est doucement maintenu en vie, quand tout autour s’est figé : le mini-Manhattan imaginé par les « Vikings » de la finance se résume à quelques immeubles vides ou inachevés.

Depuis la faillite de 85 % de leur système bancaire et leur mise sous tutelle par le FMI, les Islandais, pourtant l’un des peuples les plus cultivés au monde, n’ont plus le coeur à rêver de concerts ou de sorties. Depuis un an, toute la population islandaise ne vit plus qu’au rythme d’un feuilleton : l’affaire Icesave, dont elle a le sentiment que dépendra sa survie.

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Inégalités, surendettement, les deux faces d’une même réalité

(extraits) Par Albert Edwards, responsable de la stratégie à la Société Générale

Quelle est la relation, si elle existe, entre le laxisme extrême des banques centrales aux États-Unis et au Royaume-Uni et le fait que ces pays aient été ceux où les inégalités ont augmenté de façon la plus extrême durant ces dernières décennies ?

Etait-ce un facteur important ?

J’ai lu quelques réflexions provocantes de Marc Faber, dans son Gloom, Boom and Doom report, sur les inégalités extrêmes qui existent aujourd’hui.

Elles m’ont rappelé que nos excellents économistes américains Steven Gallagher [économiste en chef, Société Générale New York] et Aneta Markowska [économiste, Société Générale New York] avaient également traité du sujet.

Sans aucun doute, aux États-Unis l’augmentation des inégalités a été fulgurante ces dernières années (voir graphique ci-dessous).

A gauche : répartition des revenus aux USA de 1917 à 2007, en pourcentage du revenu total. En rouge, les 10% de la population qui ont les revenus les plus élevés. En noir, le 1% de la population qui a les revenus les plus élevés. A droite : évolution du pourcentage de la population dépendant de bons d'alimentation pour se nourrir. (Cliquez sur le graphique pour l'agrandir)

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John Paulson : le financier qui s’enrichit avec les crises

Plus fort que George Soros ! Après avoir fait une « culbute » de 15 milliards de dollars en pariant sur la crise de l’immobilier, le « sultan des “subprimes” » mise aujourd’hui sur la flambée de l’or et le retour de l’inflation. Son fonds Paulson & Co. a été pointé du doigt parmi les « spéculateurs » qui auraient parié contre l’euro et la dette grecque. Fantasme ou réalité ?

Dans le jargon de Wall Street, on appelle cela un « dîner d’idées » ( « ideas dinner ») où l’on jette des pistes d’investissement en pâture. Celui du 8 février, qui s’est tenu à la Park Avenue Townhouse, dans l’Upper East Side, à l’initiative de la firme de courtage Monness, Crespi, Hardt & Co, a déjà fait couler pas mal d’encre. Beaucoup trop, selon l’entourage du milliardaire new yorkais John Paulson, fondateur de Paulson & Co, qui se retrouve aujourd’hui sous la lorgnette du Département américain de la Justice, au même titre que le fonds de George Soros, Soros Fund Management LLC, SAC Capital Advisors LP, ou Greenlight Capital, pour le simple fait d’avoir débattu entre eux de la possibilité de « shorter l’euro. »

En d’autres termes, de parier sur la baisse de la monnaie européenne sur le marché des devises. Encore faudrait-il pouvoir prouver la « collusion » en question. A cinquante-quatre ans, le « sultan des “subprimes” » va devoir s’habituer à jouer les « bouc-émissaires. » C’est la rançon du succès.

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Le fossé qui se creuse [entre les peuples et leurs représentants]

Par Paul Jorion

Un fossé inquiétant est en train de se creuser. J’ai vu la semaine dernière des chiffres très alarmants. Des chiffres économiques effrayants, on en voit tous les jours, mais là, il s’agissait d’autre chose : il s’agissait des chiffres d’un sondage américain de l’Agence Rasmussen.

Les chiffres les plus récents confirment une tendance de plus en plus marquée au fil des mois : une défiance de la population envers ceux qui la représentent et le gouvernent.

La faille de San Andreas, en Californie (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

À peine un peu plus d’un Américain sur cinq (21 %) considère aujourd’hui que la classe politique représente les citoyens ordinaires. Plus inquiétant encore – si l’on peut dire –, est le fait que la classe politique n’en est absolument pas consciente : quand on interroge ses membres, près des deux tiers d’entre eux (63 %) considèrent qu’ils représentent le peuple de manière satisfaisante.
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Le procès de l’Angolagate

Un symbole de la collusion entre élites économiques et politiques françaises et africaines. Par Thierry Brugvin

De gauche à droite, Pierre Falcone, Arcadi Gaydamak – présentés comme les organisateurs du trafic d’armes présumé vers l’Angola entre 1993 et 2000 – ainsi que Charles Pasqua et Jean-Christophe Mitterrand. Les condamnations sont tombées le 27 octobre 2009.

Introduction

L’Angolagate est le plus grand procès de trafic d’armes sur fonds d’enjeux pétroliers de la fin du XXe siècle. Il s’agit en fait de l’histoire est celle de la privatisation de la guerre en Angola et de l’organisation du pillage biens publics de l’État. Ce procès dévoile la réalité d’une partie non négligeable du pouvoir non démocratique et illégal exercé par nos élites.

Cette guerre civile aura débuté en 1975, se terminera 27 ans plus tard en 4 avril 2002 et aura fait 500 000 morts. Sa durée s’explique notamment par la fourniture très importante d’armements par certaines grandes puissances, via Falcone et Gaydamak notamment. Parmi ces ventes, on compte un arsenal de morts impressionnants, 420 chars, 150. 000 obus, 12 hélicoptères, six navires de guerre recensés par les enquêteurs, 170 000 mines, antipersonnel, 650.000 détonateurs.

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Eric Laurent dénonce la collusion entre Wall Street et le pouvoir politique aux USA

Entretien avec le journaliste et écrivain Eric Laurent, auteur de « La face cachée des banques » (Editions Plon, octobre 2009), une enquête sur les scandales dans les milieux financiers.

Timothy Geithner, Barack Obama, Lawence Summers


Une étude britannique révèle que les bonus semblent repartir à la hausse, 7 milliards d’euros, soit 50 % de plus que l’an dernier. Et le Wall Street Journal qui rapportait il y une dizaine de jours que les banques américaines allaient verser 140 milliards à leurs salariés… Les G-20 n’auraient servi à rien ?

Je pense que les G-20 n’ont pas servi à grand-chose, on s’aperçoit que le sommet de Pittsburgh a finalement accouché d’une souris.

Je crois surtout qu’on s’est volontairement trompé de cible, les paradis fiscaux ne sont pas à l’origine de la crise, qu’ils l’aient un peu amplifiée, c’est possible.

D’autre part, la focalisation sur les bonus des traders est une vaste plaisanterie, dans la mesure où les traders ne sont pas à l’origine de la crise.

Ce qui est vraiment impardonnable, c’est la stratégie des banquiers et des établissements financiers. Lire la suite