Italie : Un plan de sauvetage de l’UE dans les 6 prochains mois

La seconde plus grande banque de l’Italie, Mediobanca, vient d’indiquer dans une note confidentielle à ses clients que « le temps était compté » pour l’Italie, indique Ambrose Evans Pritchard du Telegraph.

« La situation macro économique italienne ne s’est pas améliorée au cours du dernier trimestre, bien au contraire. 160 grandes sociétés italiennes ont été placées sous surveillance », écrit son analyste, Antonio Guglielmi. Il indique que la production industrielle italienne a chuté de 25% par rapport à son plus haut niveau de la décennie passée. Le revenu disponible s’est réduit de 9% et les cours de l’immobilier se sont effondrés pour retrouver les niveaux qu’ils avaient en 1985.

Le rapport de Mediobanca conclut que l’Italie n’aura pas d’autre choix que de solliciter un plan de sauvetage d’ici les 6 prochains mois, à moins qu’elle ne parvienne à emprunter pour moins cher et à relancer son économie.

Le PIB de l’Italie s’est contracté sur les 7 derniers trimestres, et une note de la Coface indique que le risque d’impayé provenant des entreprises italiennes, qui était auparavant 3 fois supérieur au risque d’impayé émanant d’entreprises françaises, lui est désormais 7 fois supérieur.
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Airbus : La commande du siècle ? (Màj vidéo)

Addendum du 09/04/2013

Par Charles Sannat, Chargé d’affaires à BNP PARIBAS

Contrat Airbus-Lion Air le plus gros contrat de l’histoire de l’aviation ! [...] L’expression est lâchée : c’est la plus grosse vente d’avions de tous les temps. Jouez, hautbois, résonnez, musettes ! Sonnez les cloches convoquez la presse, faites jouer du tambour et des trompettes.

Mettez-vous au centre de tout ça et prenez l’air le plus réjoui possible. Bombez le torse comme un boxeur montant sur le ring et là déclarez avec un immense sourire que c’est le contrat du siècle et qu’Airbus va créer 5.000 emplois ! Vous voilà populaire. Le peuple respire la joie et la félicité face au retour du plein emploi décrété par ordonnance présidentielle.

François normal vient donc de connaitre son heure de gloire. La côte de popularité remonte en flèche. Oubliez Chypre et la crise qui bien que terminée depuis longtemps n’en finit pas de finir.

Bref, vous l’aurez compris c’est une grande victoire présidentielle mise en musique par les communicants de l’Élysée qui ont réalisé le meilleur coup de communication politique du début du quinquennat. Voilà pour ce qui est visible. Mais comme on le sait tous « l’essentiel est invisible pour les yeux » et lorsque l’on gratte un peu on peut voir les choses autrement.

Des avions renifleurs à la vente d’airbus
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« Le problème n’est pas la Grèce mais la finance spéculative qui l’a rendu possible »

La finance sans visage, voilà l’ennemi.” Depuis que François Hollande s’est lancé sur ce thème au Bourget, la formule – volontairement floue – a fait florès. Jerôme Cazes, spécialiste des risques financiers – il a été directeur général de l’assureur-crédit Coface – se montre doublement plus précis que le candidat socialiste. S’il cible d’abord la finance spéculative et non la finance en général, c’est pour mettre dans son collimateur plus particulièrement les activités pour compte propre des banques.

En délaissant le crédit pour une quête forcenée de rentabilité, le système bancaire est devenu intrinsèquement un facteur de risque ; danger qui n’a d’ailleurs pas manqué de se concrétiser”, analyse l’expert qui met radicalement en cause les états-majors financiers de l’Hexagone pour leur défense obtue – et intéressée – de la banque universelle. Pour éclairer l’opinion sur ces enjeux essentiels et mettre en scène les acteurs de façon vivante et accessible, Jerôme Cazes a emprunté une voie originale, celle d’une fiction qui prend la forme d’un thriller” financier haletant – forcément haletant.

Pourquoi un thriller ? Cette forme m’a paru adaptée pour décrire un monde – celui de la finance – réputé compliqué et ennuyeux qui place avec tous ces acronymes l’opinion dans un rapport d’infériorité. La finance fonctionne pourtant avec des invariants à la portée de la compréhension de tout le monde. Les motivations des acteurs relèvent de la même logique que celles d’un détective privé dans un thriller. La complexité du sujet est bien réelle.

Si elle permet d’écarter les curieux, elle dépasse bien souvent l’entendement même des opérateurs, ce qui la rend dangereuse. Il est temps de revenir à des mécanismes simples et compréhensibles. Cette conviction que je me suis forgée après une expérience professionnelle de plusieurs années dans une grande banque, j’ai voulu la faire partager à mes lecteurs en faisant preuve de pédagogie. J’y décris la prochaine crise de crédit, encore pire que la crise actuelle, dont le point de départ est situé dans les fonds municipaux américains, impliquant des investisseurs internationaux dont chinois et français. J’y décris aussi des milieux financiers qui sont à des années lumière des enjeux collectifs et de l’intérêt général.

La finance spéculative

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La finance face à l’emploi

Intervention de Jérôme Cazes, Directeur général de COFACE, au colloque du groupe Xerfi du 15 juin 2010. La finance face à l’emploi : logique des marchés et relocalisation des activités.

Économie réelle versus finance virtuelle : quelles sont les responsabilités de la sphère financière dans la crise ? Les délocalisations, les pertes d’emplois qualifiés, la baisse de l’investissement en France ne sont pas une fatalité. Face à la logique des marchés financiers, il faut relancer une stratégie de l’entreprise centrée sur des activités à forte valeur ajoutée sur le territoire, imaginer de nouvelles incitations pour relocaliser la croissance tout en respectant les règles du jeu de la libre entreprise.

Plus scandaleux que Goldman Sachs : les agences de notation

Le scandale Enron, elles ne l’ont même pas vu arriver. Pas plus que la faillite de Lehman Brothers. Pourtant, les agences de notation américaines continuent de faire la pluie et le beau temps sur l’économie mondiale. Leur dernier fait d’armes : elles ont précipité la Grèce dans la crise. Et elles s’attaquent maintenant au Portugal et à l’Espagne.

Le principe est simple : quand un pays ou une entreprise emprunte sur les marchés, il demande à une des agences de noter sa dette, c’est-à-dire de donner une estimation des risques de non remboursement en fonction de sa solvabilité, ses perspectives etc. En fonction des systèmes de notation des agences, ces dettes se retrouvent notées entre AAA (risque le plus faible) et CCC, voire D (faillite ou quasi-faillite).

On connaissait les dix plaies d’Égypte. Voici les trois plaies de Wall Street : Standard & Poor’s, Moody’s, et Fitch, les trois agences de notation mondiales. Des organismes privés, totalement indépendants des régulateurs et autres gendarmes boursiers : deux groupes américains, Standard & Poor’s et Moody’s, et un acteur à capitaux français, Fitch, filiale du groupe Fimalac. A elles trois, ces agences contrôlent 90% du marché mondial : 80% pour le duo Standard-Moody’s et 14% pour Fitch.

Le bilan des agences ? Il se passe de commentaire. Standard & Poor’s notait encore AAA la banque Lehman Brothers quelques jours avant sa faillite. Quelques années auparavant, les trois agences notait AAA le courtier en énergie Enron, quatre jours avant sa chute. Bref, on a clairement affaire à une sacrée bande d’extralucides, réduite à dégrader après coup et à tour de bras, à chaque signe de faiblesse d’une banque, d’une entreprise ou d’un pays. Cette sur-réaction est d’ailleurs presque plus grave que l’absence de précautions initiales : en dégradant à la machette des entités déjà affaiblies, elles les empêchent de se refinancer à bon marché, et aggravent encore un problème qu’elles n’ont pas vu venir.
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