Espagne: Le boycott de Coca-Cola fait dégringoler les ventes

En plus de la grève, les salariés ont appelé à ne plus consommer les produits de la marque de boissons gazeuses.

Le 22 janvier dernier, la filiale de Coca-Cola en Espagne annonçait un plan social massif avec la fermeture de quatre usines et plus d’un millier de licenciements.

«En plus de la grève et des manifestations, les salariés ont appelé leurs compatriotes à ne plus consommer les produits de la marque», rapporte le site de Courrier International.

Leur slogan: «Si Madrid ne fabrique plus de Coca-Cola, Madrid n’en boira plus». Et le message a été entendu.

«La plus grosse chute jamais enregistrée»
Lire la suite

L’affaire Coca-Cola (Docu)

Les réalisateurs German Gutiérrez et Carmen Garcia dressent un réquisitoire accablant contre l’empire Coca-Cola, soupçonné dêtre impliqué dans l’enlèvement, la torture et le meurtre de chefs syndicaux qui luttaient pour l’amélioration des conditions de travail en Colombie, au Guatemala et en Turquie.

Les cinéastes suivent les avocats en droit du travail Daniel Kovalik et Terry Collingsworth, ainsi que le militant Ray Rogers, directeur de la campagne Stop Killer-Coke!, alors qu’ils mettent tout en œuvre pour obliger le géant américain de l’industrie des boissons à répondre de ses actes dans cette bataille juridique pour les droits de la personne.

Réalisé par German Gutiérrez et Carmen Garcia (2009)

Coca Pepsi, une guerre de 100 ans (rediff)

Les deux marques concurrentes sont nées à la fin du XIXe siècle dans le Sud des États-Unis. L’horreur sacrée de l’alcool amena John Pemberton à la recette du Coca-Cola tandis qu’un fabriquant de médicaments trouva par hasard le secret du Pepsi.

Cent ans plus tard, la Chine s’adonne sans retenue au Coca-Cola tandis que la Russie s’imprègne immodérément de Pepsi. Entre les deux géants du soda, la lutte pour la suprématie est devenue mondiale, chacun usant d’arguments de communication et de publicité aussi bien que de lobbying et de campagnes de déstabilisation pour s’imposer dans de nouveaux pays. Les deux marques dépensent des sommes colossales en publicité.

Pourquoi la boisson Fanta est née dans l’Allemagne nazie

De nombreuses marques sont connues pour leur présence dans l’Allemagne nazie durant la Seconde Guerre mondiale. C’est par exemple le cas de la marque de vêtements Hugo Boss qui a reconnu avoir soutenu le régime nazi et s’est justifié en expliquant qu’elle devait maintenir sa société en activité. Mais un historien économique, Roman Koester, avait démontré qu’Hugo Boss était aussi un disciple des Nazis. Le quotidien espagnol ABC consacre un article à une autre marque dont l’apparition et la création dans l’Allemagne nazie suscite la polémique : la boisson gazeuse Fanta.

par Arnaud Lefebvre

Son origine découle de la Seconde Guerre mondiale qui entraîne le blocus des ingrédients nécessaires à la confection de la boisson Coca-Cola dans les territoires contrôlés par le Troisième Reich.

En 1942, Max Keith, responsable de la filiale allemande Coca-Cola Bottling Co. décide d’élaborer une nouvelle boisson pour maintenir son activité commerciale pendant la guerre, et la commercialise sous le nom de Fanta.

Lire la suite

La Coca-colisation nuit gravement à la santé

Attablé à un stand de restauration sur un marché du centre de Mexico, Rubén Romero déguste son neuvième taco, une crêpe de farine de maïs garnie. Il en est à son deuxième Coca-Cola, une bouteille de 600 ml. “Pourquoi boire de l’eau quand on a les moyens de s’offrir des boissons qui donnent plus d’énergie ?”, justifie ce comptable de 40 ans qui peine à déplacer ses 102 kg. Comme lui, sept Mexicains sur dix sont gros, voire obèses. Les techniques marketing choc de la compagnie Coca-Cola sont montrées du doigt, dans un pays devenu le premier consommateur de sodas de la planète avec 163 litres annuels par personne.

Par Frédéric Saliba

Publié en juillet,

un rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) révèle que le taux d’obésité des Mexicains (32,8 %) dépasse désormais celui des Américains (31,8 %),

même si, selon l’organisme onusien, la proportion d’obèses au Koweït (42,8 %) ou en Arabie saoudite (35,2 %) reste supérieure. “Mais si l’on ajoute les personnes en surpoids, le Mexique est sans doute numéro un mondial”, s’alarme Abelardo Avila, chercheur à l’Institut mexicain de santé et de nutrition.

Lire la suite

Comment les grandes marques influent sur nos cerveaux

Tellement brutale, mais tellement vraie, la sortie de Patrick Le Lay, alors PDG de TF1, avait fait grand bruit : “Pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible.” 

Ce que Patrick Le Lay n’imaginait sûrement pas, c’est à quel point ce rapprochement entre cerveau et grandes enseignes commerciales était pertinent et profond. Certains chercheurs pensent que l’empreinte des grandes marques dans nos têtes est si forte qu’elle va jusqu’à influencer notre perception, à transformer l’expérience que nous faisons quand nous consommons les produits en question.

Lire la suite

Au Delaware, il y a plus de sociétés que d’habitants

Les Etats-Unis ont leur propre Luxembourg, à 150 kilomètres de la capitale. Comme le Grand-Duché, le Delaware est un petit Etat (toutes proportions gardées) spécialisé dans les services aux entreprises. Historiquement, les législateurs y ont rédigé des lois très favorables aux affaires, afin de concurrencer leurs puissants voisins du nord, le New Jersey et New York. La fiscalité et les tribunaux du Delaware sont tellement “pro-business” que l’Etat compte aujourd’hui plus de sociétés que d’habitants (945 326 sociétés contre 897 934 résidents en 2010).

Qu’est-ce que Apple, Bank of America, Berkshire Hathaway, Cargil, Coca-Cola, Ford, General Electric, Google, JPMorgan Chase et Wall Mart ont en commun ? Elles ont toutes été immatriculées à une même adresse, le 1209 North Orange, à Wilmington, dans le Delaware, comme la moitié des sociétés américaines cotées en Bourse. L’avantage : opacité totale et fiscalité ultra-light.

Une seule signature est nécessaire pour enregistrer une compagnie au Delaware (contre trois dans d’autres Etats) et l’anonymat des administrateurs et des actionnaires est garanti. A condition de réaliser ses affaires en dehors des limites de l’Etat, une compagnie ne doit s’acquitter d’aucun impôt sur les sociétés ni sur les bénéfices. Sa seule obligation est de verser un impôt forfaitaire de quelques centaines de dollars par an, et d’avoir un représentant légal ou agent agréé sur place.

Lire la suite

Coca Cola : La formule secrète

Coca-Cola est une marque mais également le soda le plus vendu au monde. Chaque jour, la multinationale vend près de deux milliards de bouteilles dans le monde. Ce documentaire est une plongée au coeur des mystères d’une légende.

Olivia Mokiejewski, la journaliste auteur de cette enquête, est “accro” au Coca Cola depuis 25 ans. Elle en a bu près de 7.000 litres, 20.000 canettes. Comme les milliards de consommateurs du célèbre soda, elle ignore exactement ce qu’elle consomme.

La recette du Coca Cola est un secret industriel, quasi militaire, jalousement gardé. D’après la marque rouge et blanche, deux personnes seulement dans le monde connaîtraient la liste des ingrédients. Pourquoi tant de mystère autour d’une simple boisson sucrée ? Que cache-t-il ? Doit-on se méfier de la boisson la plus consommée sur la planète ?

Olivia MoKiejewski a décidé de s’attaquer à la face cachée de la marque la plus puissante du monde et de partir à la recherche de cette fameuse formule secrète…

Documentaire diffusé le 7 janvier sur la RTBF et le 8 janvier 2013 dans le magazine “Infrarouge” de France 2.

Les multinationales veulent-elles se débarrasser de leurs actionnaires trop curieux ?

Un géant du pétrole qui porte plainte contre un fonds d’investissement « éthique ». L’affaire est peu banale et se déroule aux États-Unis. Le pétrolier Chevron y attaque en justice le fonds d’investissement Trillium, accusé de collusion avec des organisations non gouvernementales. Celui-ci dénonce l’opacité des comptes. En France, Total avait empêché des actionnaires proches de Greenpeace de déposer une résolution en assemblée générale.

Et si les actionnaires des entreprises du CAC 40 se rebellaient ? S’ils déposaient des résolutions en Assemblée générale, pour demander que les firmes deviennent vraiment responsables, arrêtent de maltraiter leurs salariés et l’environnement, ou redistribuent davantage de plus-value aux travailleurs ? Scenario utopique ? Peut-être. Mais aux États-Unis, certains actionnaires commencent à faire entendre leur voix. Au point d’énerver les grands groupes, qui n’aiment pas qu’on vienne contrecarrer leurs plans et mettre la pagaille dans leurs consensuelles assemblées d’actionnaires. Résultat : le géant pétrolier Chevron vient d’assigner en justice un de ses actionnaires les plus remuants, un peu trop épris de justice sociale à son goût. Une décision pour le moins surprenante…

Lire la suite

Bolivie : Coca-Cola devra quitter le pays le 21 décembre 2012

La compagnie américaine Coca-Cola ne sera plus autorisée au sein des frontières boliviennes dès le 21 décembre 2012. Une façon pour le gouvernement de marquer la fin du calendrier maya et celle « du capitalisme ».

Cela pourrait bien ressembler à la fin du monde pour Coca-Cola. La Bolivie souhaite très vite voir disparaître la célèbre bouteille rouge et blanche de ses rayons de supermarchés, rapporte Forbes. Le ministre des Affaires étrangères du pays, David Choquehuanca souhaite voir déguerpir la compagnie américaine le 21 décembre 2012, date à laquelle le calendrier Maya entre dans un nouveau cycle.Car selon le ministre, ce jour tant attendu marque la fin du capitalisme et le début de la vie en communauté:

« Le 21 décembre 2012 est la fin de l’égoïsme, de la division. Le 21 décembre 2012 doit être la fin de Coca-Cola et le commencement du mocochinchi » (une boisson locale à la pêche), a déclaré David Choquehuanca vendredi dernier.

Le Journal du Siècle

Californie : proposition de loi pour l’étiquetage des aliments OGM

Cet automne, les Californiens devront se prononcer sur le droit de savoir si les aliments qu’ils consomment ont été génétiquement modifiés. A cette proposition de loi, très attendue et surnommée le “Droit de savoir“, a été donné le nom de Proposition 37.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Le projet de loi intitulé “Droit d’être informé sur les produits alimentaires issus du génie génétique” sera soumis au vote en Californie sous le nom de Proposition 37. Cette mesure, couramment appelée Droit de savoir, impose que les aliments génétiquement modifiés soient étiquetés. Elle sera, si elle passe, la première loi aux Etats-Unis imposant l’étiquetage d’une large gamme d’aliments OGM.

Lire la suite

La marche de l’histoire : Les paradis fiscaux

“Les impôts sont le prix à payer pour avoir une société civilisée”. C’était le point de vue du ministre de l’Economie de Roosevelt. On sait que l’idée n’est pas spontanément et universellement partagée. Elle est même battue en brèche par les particuliers et les entreprises qui, sans revendiquer la fraude, pratiquent l’optimisation fiscale et par les états et territoires qui leur offrent des taux bas d’imposition et des écrans de protection très hauts. (La Marche de l’histoire – France Inter – 9 mai 2012)

Christian Chavagneux est rédacteur en chef d’Alternatives économiques et rédacteur en chef de la revue L’Économie politique. Il décrypte sur son blog l’actualité de la finance et des paradis fiscaux. Son dernier ouvrage Une brève histoire des crises financières. Des tulipes aux subprimes (La Découverte) paraîtra en octobre 2011.

Le modèle identitaire Coca Cola déstabilisé par des initiatives locales

Stéphane Kerdodé et Eric Ollive co-fondateurs du Breizh Cola, un cola breton ont attaqué le poids lourd américain Coca Cola. Faire une concurrence bretonne à Coca Cola, ce n’était pas évident. Et pourtant le résultat est là : parts de marché croissantes en hausse de plus de 30 % dans les supermarchés locaux et croissant régulièrement de plus de 14 % sur la Bretagne.

Le concept est simple : un Cola breton, fabriqué en local, distribué en local avec un gout différent et surtout une appartenance identitaire clairement identifiable et même militante. Le géant d’Atlanta n’a pas tardé à réagir en  multipliant le nombre de commerciaux. Et pourtant, depuis les Etats Unis, c’est étrangement petit la Bretagne. Alors qu’est ce qui inquiète à ce point la stratégie du colosse Coca Cola ?

Si en effet, Pepsi et les autres Virgin Cola attaquent Coca cola sur le terrain de la concurrence traditionnelle, marketing omniprésent et  formatage de consommateurs dès leurs premiers pas dans leurs établissements scolaires, le Breizh Cola lui attaque clairement par le biais de l’intelligence culturelle .

(…) Il s’agit à présent pour Coca Cola de comprendre un réflexe identitaire local qui oblige à penser autrement.  Et si c’était déjà le cas avec les Corsica Cola  ou les Elsass Cola qui ont emboité le pas à notre  Breizh Cola exemplaire et qui voient eux aussi leur chiffre d’affaires exploser au détriment des parts de marché de coca cola ?

(…) Le véritable enjeu de ces chocs marketings apparents, ce ne sont pas les  14 % de parts de marché du petit village breton.

Le véritable enjeu c’est de voir se développer un exemple local français sur fond de succès story, véritable révélateur d’une demande locale, nationale et même internationale.

Une demande de proximité culturelle
Une demande d’un genre nouveau et qui crie haut et fort

« je suis un consommateur libre, je veux un produit qui ressemble à ma culture, à mon identité ! »

Plus globalement, les colas alternatifs nationaux commencent à être légion, et de nouveaux poids lourds qui eux ont su s’adapter à la demande populaire émergent : China Cola, troisième producteur de boissons non alcoolisées en Chine (derrière Coca-Cola et Pepsi-Cola) !  Cuba et son TuKola et autre Tropi-Cola, Mecca Cola implanté massivement dans tout le moyen orient… Coca Cola entendra-t-il la demande de proximité des consommateurs ?

Lire la suite de l’article.

Dix groupes contrôlent l’essentiel de ce que vous achetez

Kraft, Nestlé, Pepsico, Kellogg’s, Mars, Coca-Cola, Procter & Gamble, Unilever, Johnson & Johnson, General Mills : ces dix groupes possèdent la plupart des produits de consommation courante. Les autorités de régulation sont-elles encore capables de faire respecter la concurrence ?

Cliquer sur l'image pour l'agrandir

“L’illusion du choix”, “ces dix compagnies contrôlent tout ce que vous achetez” : le schéma publié par Business Insider fait réfléchir. La concurrence ne serait qu’apparence : sous la multiplicité des marques, on retrouve toujours les dix mêmes compagnies. Or la concurrence donne sa légitimité à l’économie de marché : sans elle, la seule limite à la recherche de profits, c’est l’épuisement du budget des consommateurs.

Lire la suite

Une poignée de compagnies contrôle l’industrie alimentaire

Les centaines de marques que nous retrouvons sur les tablettes des supermarchés nous donnent l’impression que notre argent va à un nombre aussi grand de compagnies différentes. Or, ça n’est pas le cas: une grande majorité de ces marques appartiennent à une poignée de compagnies. Le graphique suivant donne un aperçu d’où notre argent va réellement.

(Cliquer ici pour une version pleine résolution)

Pourquoi cette convergence est-elle néfaste? Cette question est légitime: en quoi le fait que ces marques soient contrôlées par si peu de compagnies est-il une mauvaise chose? N’est-ce pas simplement le résultat fonctionnel de notre système économique?

En fait, nous croyons que cette convergence est néfaste pour diverses raisons, à plusieurs niveaux qui sont tous plus ou moins inter-reliés. En voici cinq:

1 – Ces compagnies sont si grosses qu’elles ont un pouvoir politique dangereux

Lire la suite

Certains colorants et autres additifs alimentaires sont-ils des poisons ?

L’État de Californie force Coca-Cola et Pepsi à changer leurs recettes à cause du methylimidazole reconnu comme cancérigène et qui sert à la fabrication des colorants caramels E150c et E150d. Mais quid des autres produits utilisant ces colorants ?

Image de prévisualisation YouTube

Dans le même genre de registre : E220, anhydride sulfureux ou sulfites…


Une crise issue de l’hégémonie américaine

« Aux alentours de 1971, les autorités américaines ont entrepris un mouvement stratégique audacieux : au lieu de s’attaquer aux déficits jumeaux toujours croissant du pays, les hauts responsables politiques américains ont décidé de faire le contraire : de stimuler ces déficits. Et qui paierait pour eux ? Le reste du monde ! Comment ? Par le biais d’un transfert permanent de capitaux, se ruant sans cesse au dessus des deux grands océans pour financer les déficits jumeaux américains. » L’économiste grec Yanis Varoufakis revient sur l’acte fondateur du nouveau régime de mondialisation, qui portait en germe la financiarisation des économies et l’accumulation des déséquilibres qui ont provoqué la crise de 2008.

Philip Pilkington : Dans votre livre, « Le Minotaure mondial : l’Amérique, les véritables origines de la crise financière et l’avenir de l’économie mondiale », vous affirmez que cette crise économique actuelle a des racines très profondes. Vous estimez que si de nombreuses thèses très répandues – une cupidité sans borne, une soumission des régulateurs – expliquent certaines caractéristiques de la crise actuelle, elles ne traitent pas la question sous-jacente réelle, qui est celle de la structure actuelle de l’économie mondiale. Pourriez-vous expliquer brièvement pourquoi vous considérez que ces thèses sont insuffisantes ?

Yanis Varoufakis : Il est vrai que, durant les décennies qui ont précédé le krach de 2008, la cupidité est devenue le nouveau credo ; que les banques et les hedge funds ont fait plier les autorités réglementaires à leurs volontés ; que les financiers croyaient en leurs discours, et étaient donc convaincus que leurs produits financiers étaient un « risque sans risque ». Cependant, ce passage en revue des phénomènes de l’époque pré-2008 nous laisse le sentiment tenace que nous manquons quelque chose d’important, que, toutes ces vérités isolées étaient de simples symptômes, plutôt que des causes, du monstre qui nous propulsait vers le krach de 2008. La cupidité existe depuis des temps immémoriaux. Les banquiers ont toujours essayé de contourner les règles. Les financiers sont à l’affût de nouvelles formules trompeuses de crédit depuis l’époque des Pharaons. Pourquoi la période post-1971 a-t-elle permis que la cupidité domine et que le secteur financier dicte ses conditions sur le reste de l’économie sociale mondiale ? Mon livre veut insister sur une cause plus profonde, derrière tous ces phénomènes distincts mais étroitement liés.

PP : Oui, ces tendances doivent être contextalisées. Quelles sont donc les racines de la crise que vous avez mises au jour ?

Lire la suite

Parachutes dorés au sommet, précarité pour les autres

« La santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? » s’interrogeait Laurence Parisot, emboîtant le pas à Denis Kessler pour qui le monde se diviserait entre patrons « riscophiles » et salariés « riscophobes ». Avec à la clé la justification de rémunérations stratosphériques pour ceux qui auraient fait, au péril d’eux même, le choix d’affronter le danger. Loin de ces propos d’estrade, la réalité économique est fort différente, nous rappelle Robert Reich, à partir de l’exemple américain. Pour les uns, des salaires et primes de départ mirobolants, venant couronner des échecs insignes, pour les autres une incertitude du lendemain et une précarité toujours croissantes.

Le candidat Républicain à l’investiture Mitt Romney décrit la campagne électorale de 2012 comme celle du « procès de la libre entreprise » qu’il définit comme la possibilité de réussir en « travaillant dur et en prenant des risques ». Le sénateur de Caroline du Sud Jim DeMint, un favori du Tea-Party, déclare soutenir Romney parce que « nous avons vraiment besoin de quelqu’un qui comprenne comment le risque, la prise de risque … est notre façon de créer des emplois, d’offrir des choix, d’accroitre la liberté. » Le Président de la Chambre de Commerce, Tom Donahue, défendant Romney, explique que « cette économie est bâtie sur le risque. Si vous ne prenez pas de risque, vous ne pouvez pas réussir. »

Un instant. Par qui donc croient-ils que les risques soient supportés ? Leurs fadaises sur la prise de risque de la libre entreprise mettent sans dessus dessous la réalité. Plus on est situé en haut dans le système économique, plus il est facile de faire de l’argent sans prendre aucun risque financier personnel. Plus on est en bas de l’échelle, plus les risques sont élevés.

Lire la suite

Europe sociale

Selon une étude que vient de publier l’Institut Eurostat, 81 millions de personnes vivent au dessous du seuil de pauvreté au sein de l’Union européenne, soit, en moyenne, 16,5% de la population. En Allemagne, première puissance économique européenne, cette proportion est à peine inférieure : 15,2%.

L’étude indique que près de la moitié des personnes concernées – 42 millions – subissent des privations vitales (impossibilité de faire face au loyer ou au chauffage, par exemple). 2010 avait été déclarée « année de lutte contre la pauvreté » par l’UE. L’Europe sociale est donc enfin en marche ; rien ne semble désormais pouvoir l’arrêter.

Prolongeant ses remarquables efforts pour combattre la pauvreté, la Commission européenne poursuit la procédure contre la France visant le « bouclier fiscal ». Bruxelles n’en remet nullement en cause le principe, mais juge discriminatoire ses modalités : le plafonnement de l’impôt ne s’applique qu’aux personnes domiciliées en France, ce qui constitue, pour la Commission, une entrave à la libre-circulation.

L’argumentation européenne vise donc à ce que le fisc français rembourse des impôts… payés à des trésors publics hors de France. Grâce à l’UE, certaines grandes fortunes pourraient donc éviter d’être spoliées par les quasi-bolcheviks qui règnent à Bercy et à l’ Élysée.

Lire la suite