Les Etats-Unis ont leur propre Luxembourg, à 150 kilomètres de la capitale. Comme le Grand-Duché, le Delaware est un petit Etat (toutes proportions gardées) spécialisé dans les services aux entreprises. Historiquement, les législateurs y ont rédigé des lois très favorables aux affaires, afin de concurrencer leurs puissants voisins du nord, le New Jersey et New York. La fiscalité et les tribunaux du Delaware sont tellement “pro-business” que l’Etat compte aujourd’hui plus de sociétés que d’habitants (945 326 sociétés contre 897 934 résidents en 2010).
Qu’est-ce que Apple, Bank of America, Berkshire Hathaway, Cargil, Coca-Cola, Ford, General Electric, Google, JPMorgan Chase et Wall Mart ont en commun ? Elles ont toutes été immatriculées à une même adresse, le 1209 North Orange, à Wilmington, dans le Delaware, comme la moitié des sociétés américaines cotées en Bourse. L’avantage : opacité totale et fiscalité ultra-light.
Une seule signature est nécessaire pour enregistrer une compagnie au Delaware (contre trois dans d’autres Etats) et l’anonymat des administrateurs et des actionnaires est garanti. A condition de réaliser ses affaires en dehors des limites de l’Etat, une compagnie ne doit s’acquitter d’aucun impôt sur les sociétés ni sur les bénéfices. Sa seule obligation est de verser un impôt forfaitaire de quelques centaines de dollars par an, et d’avoir un représentant légal ou agent agréé sur place.

Cela pourrait bien ressembler à la fin du monde pour Coca-Cola. La Bolivie souhaite très vite voir disparaître la célèbre bouteille rouge et blanche de ses rayons de supermarchés, 






Selon une étude que vient de publier l’Institut Eurostat, 81 millions de personnes vivent au dessous du seuil de pauvreté au sein de l’Union européenne, soit, en moyenne, 16,5% de la population. En Allemagne, première puissance économique européenne, cette proportion est à peine inférieure : 15,2%. 



