Une biologiste lauréate du CNRS pour sa thèse sur la “crise identitaire” d’un ver (Màj)

01/10/2015

L’Alsacienne Marie-Charlotte Morin, 27 ans, doctorante en biologie cellulaire à l’université de Strasbourg, avait été la vedette de l’édition nationale et internationale de “Ma thèse en 180 secondes”. Hilarant, son one-woman show autour de la cellule rectale d’un ver qui a envie de devenir un neurone avait conquis le public.

Que lui a apporté cette gloire éphémère ? Contactée en plein congé maternité, un bébé d’un mois pleurant à ses côtés, la lauréate de la finale nationale du concours “MT180″ en juin 2014, répond cependant avec joie à francetv info : “Une opportunité théâtrale. J’ai été contactée par un metteur en scène, Alexandre Taesch, et nous avons écrit une pièce sur l’évolution au sens de Darwin. Cela s’appelle ‘Tout le monde descend. Darwin, un grand pas pour l’hominidé.’ Pendant plus d’une heure, je vais me démener sur scène pour défendre Darwin face aux créationnistes ! Je commencerai à la jouer en avril prochain à l’Illiade à Strasbourg, puis dans d’autres cafés-théâtres de la ville. Et peut-être à Paris : nous sommes déjà en contact avec des salles.

A réaliser des rêves

Noémie Mermet, elle, a remporté la finale internationale du concours MT180 en septembre 2014, pour avoir expliqué l’enjeu de “l’implication des récepteurs 5-HT2A dans la modulation des interneurones PKCy dans un contexte d’allodynie”. Sachez plus simplement qu’elle travaille sur le développement des symptômes douloureux chez l’enfant.


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Allergies: quadruplement des concentrations en pollen d’ambroisie ?

Les concentrations dans l’air du pollen d’ambroisie à feuilles d’armoise, très allergisant, pourraient avoir quadruplé en Europe à l’horizon 2050. Le changement climatique serait responsable des deux tiers de cette augmentation, le tiers restant serait dû quant à lui à la colonisation de la plante, favorisée par les activités humaines.

Ces estimations, réalisées par des chercheurs (1)du CNRS, du CEA, de l’INERIS et du RNSA (2)en collaboration avec plusieurs instituts européens, montrent qu’il est aujourd’hui nécessaire de mettre en place une gestion coordonnée de cette plante invasive au niveau européen par un suivi sur le long terme des pollens et une cartographie de la présence des plantes. Ces estimations sont publiées dans la revue Nature Climate Change le 25 mai 2015.

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Le graphène est-il toxique ?

Médecine, électronique, énergie… les applications potentielles du graphène suscitent l’engouement. Mais avant tout, les scientifiques veulent s’assurer de son innocuité pour la santé et l’environnement. 

Innombrables sont les applications attendues du graphène. Mais, avant dans se lancer dans leur développement, encore faut-il, selon une démarche industrielle classique, s’assurer de l’innocuité du matériau ou du moins préciser ses conditions d’utilisation. Évaluer les risques potentiels sur la santé et l’environnement de cette nouvelle forme cristalline du carbone est justement l’objectif de l’un des groupes de travail du programme européen Flaghsip Graphene(link is external) qui réunit 142 partenaires institutionnels dans 23 pays.

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Du bitume à base de microalgues pour « verdir » les routes

Demain, nous roulerons peut-être sur des routes plus écologiques, recouvertes de bitume végétal. Un enrobé issu non pas du pétrole, comme c’est le cas aujourd’hui, mais de microalgues. C’est du moins la piste explorée par des chercheurs nantais et orléanais, appartenant notamment au CNRS et à l’université de Nantes, en association avec l’entreprise AlgoSource de Saint-Nazaire.


Retrouvez toutes les vidéos sur la WebTv de l’Université de Nantes

Utilisées de longue date dans les cosmétiques ou les compléments alimentaires, les microalgues sont aussi cultivées, depuis peu, comme source de biocarburants. Ces plantes microscopiques, qui prolifèrent dans les océans, les lacs et les rivières, et qui n’ont besoin que d’eau, de soleil et de gaz carbonique pour se multiplier par photosynthèse, ont en effet la particularité de pouvoir accumuler de grandes quantités de lipides ou de sucres, à partir desquels peuvent être produits du biodiesel ou du bioéthanol.

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Impact à grande échelle des pesticides sur les papillons et bourdons des jardins privés de France

Des chercheurs du Centre des sciences de la conservation (Muséum national d’Histoire naturelle/CNRS/UPMC) et de l’Observatoire Départemental de la Biodiversité Urbaine de Seine-Saint-Denis démontrent pour la première fois les effets de l’emploi de pesticides par les particuliers en France.

Les scientifiques se sont basés sur des données de sciences participatives et montrent, à l’échelle d’un pays, l’impact de l’utilisation des pesticides par les jardiniers amateurs sur les insectes floricoles1. Ces effets varient selon l’environnement, peuvent être indirects et toucher des organismes non visés initialement. Ces résultats sont publiés dans la revue Biological Conservation.

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Le capitalisme serait né il y a 4000 ans

Sociétés, investissements, prêts bancaires, chèques au porteur, bénéfices, dividendes,… Ces notions semblent liées au capitalisme libéral et à l’économie de marché, soit aux XIXe, XXe et XXIe siècles. Pourtant, c’est près de 2000 ans avant notre ère et en plein cœur de l’Anatolie que ces principes étaient appliqués: les archéologues qui fouillent le site de Kültepe, où se trouvent les ruines de la cité antique de Kanesh, ont établi que le système économique était déjà très complexe.

Voici près de 4000 ans, Kanesh était un comptoir de la cité d’Assur: à plusieurs centaines de kilomètres de la future capitale des Assyriens, ce poste commercial se situait au cœur de l’Anatolie, là où les Hittites allaient former l’un des royaumes les plus puissants du Moyen-Orient antique.

Or, contrairement à de nombreux autres sites fouillés par des archéologues au Proche et au Moyen-Orient, ce ne sont pas des dirigeants politiques (rois, princes, chefs de guerre, diplomates) ou religieux que sont issus la grande majorité des documents écrits, mais des milieux économiques. Et en particulier des marchands paléo-assyriens installés dans cette cité hittite: plus de 90% des 22.000 tablettes viennent de ces commerçants et révèlent la complexité inouïe du système économique de l’époque.

Dans cette agglomération de plusieurs milliers d’habitants, les archéologues ont mis au jour des tablettes d’argile sur lesquelles figurent des textes en caractères cunéiformes, cette première forme d’écriture inventée en Mésopotamie.
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Pierre Lascoumes : « Les élites se donnent de bonnes raisons pour frauder »

Pierre Lascoumes est directeur de recherche CNRS au Centre d’études européennes (CEE) de Sciences Po. Auteur notamment, avec Carla Nagels, de « Sociologie des élites délinquantes. De la criminalité en col blanc à la corruption politique », ed. Armand Colin, septembre 2014.

Les riches fraudent tout autant que les pauvres. Mais ils se donnent de bonnes raisons de le faire. Entretien avec Pierre Lascoumes, directeur de recherche CNRS au Centre d’études européennes (CEE) de Sciences Po.

Pourquoi les riches fraudent-ils ?

Pourquoi ne frauderaient-ils pas ! Le sociologue Émile Durkheim (1858-1917) expliquait déjà que chaque groupe social, les riches comme les autres, entretient un rapport particulier aux normes. Et le Hollandais Willem Adriaan Bonger (1876-1940) ajoutait que les transgressions s’expliquent par la compétition entre catégories sociales et le besoin de reconnaissance.

Même les mieux dotés se sentent dans un climat de concurrence qui incite certains d’entre eux à recourir à tous les moyens pour assurer leur place. Le besoin de puissance est sans fin.

Les élites économiques qui fraudent développent tout un ensemble de « techniques de neutralisation », dites-vous, pour justifier leurs actes. De quoi s’agit-il ?
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La révolution tranquille des enfants de hippies

Son enfance à elle fut « un enchantement » qu’elle se remémore en quelques mots, et en souriant. Une ferme au pied du mont Ventoux, dans un petit village de la Drôme provençale. Les chèvres, les fromages vendus au marché, la forêt comme liberté, l’anticonformisme pour éducation. Devenue chercheuse en sociologie au CNRS, Julie Pagis a voulu nuancer le portrait, trop souvent dressé, d’une génération meurtrie d’enfants de soixante-huitards.

Son livre “Mai 68, un pavé dans leur histoire“, récemment paru, s’appuie sur près de deux cents témoins dont les parents ont activement participé aux événements. Désormais âgés de 33 à 47 ans, ils ne partagent pas tous, loin de là, le souvenir d’une enfance volée par le militantisme de leurs parents.

« Certains ont souffert, c’est évident, mais ils ne sont pas majoritaires », assure Julie Pagis, qui a d’abord soutenu une thèse sur le sujet à l’EHESS. En revanche, tous demeurent profondément marqués par ces années entre Mao et poncho.

La sociologue elle-même en fait la preuve, qui se dit « produit de 68 », et a dédié son livre « à Agnès et Jean-Jacques », les parents qu’elle n’a jamais appelés qu’ainsi. La petite Julie aux cheveux courts qui aimait tant conduire les tracteurs, « gosse de hippies sentant la chèvre et pleine de poux » pour ses camarades de classe, a fait de sa différence une force. Entrée première à l’École normale supérieure, en biologie, elle n’a pas hésité à sortir de ce chemin tout tracé.
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Les poissons européens toujours sous pression

La situation des stocks de poissons des mers européennes reste très fragile. Et il faut encore appliquer des quotas de pêche prudents en 2015 afin de les reconstituer affirment les scientifiques.

Un bon graphique vaut mieux qu’un long communiqué. Adage appliqué par l’Association française d’halieutique (AFH). Le moyen qu’ont trouvé les spécialistes es stocks de poissons —c’est le sens du mot halieutes— pour s’exprimer de manière indépendante des commissions diverses où ils siègent comment experts et qui sont parfois soumises à des pressions gouvernementales.

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Atlantique Nord : Une plaque de déchets plastiques grande comme 6 fois la France

Les scientifiques du CNRS de Toulouse tentent de comprendre l’impact des millions de tonnes de déchets qui flottent sur une zone grande comme six fois la France.

Les spécialistes de l’environnement marin ont souvent lancé des alertes sur la pollution des océans par les déchets plastiques. Ces déchets sont répartis en cinq zones désignées par les scientifiques comme le “7e continent”. Une expédition française est revenue après trois semaines d’étude de cette pollution marine et les résultats en cours d’analyse au CNRS de Toulouse (Haute-Garonne) sont d’ores et déjà inquiétants.

Les scientifiques français tentent de comprendre comment des millions de tonnes de déchets venus des côtes et des fleuves flottent dans les cinq principaux gyres répartis dans tous les océans. Les détritus se regroupent vers le centre.

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Plastique : Même la banquise arctique est gangrenée

Une étude du CNRS révélait récemment que la faune des pôles est menacée par des polluants venus des pays industriels. Une nouvelle vient de révéler que les glaces contiennent d’énormes quantités de particules de plastique !

Après le mercure, le plastique envahit les pôles

Ce sont les chercheurs du CNRS et de l’université de La Rochelle (Charente-Maritime), qui ont mesuré la pollution antarctique aux polluants, et notamment la contamination au mercure. Leur conclusion ?

Dans les terres australes, le mercure a des effets visibles sur certaines populations d’oiseaux. « Une partie du mercure issu des activités industrielles et domestiques est balayée par les vents vers l’Arctique et l’Antarctique ».
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L’exploitation des terres rares en eaux profondes risque d’affecter l’écosystème

Les ressources minérales marines profondes offrent une capacité importante d’exploration, notamment dans le Pacifique. Mais leur exploitation pourrait impacter la biodiversité.

Une étude intitulée « Impacts environnementaux de l’exploitation des ressources minérales marines profondes » menée pendant deux ans par le CNRS et l’Ifremer à la demande du ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, souligne les impacts environnementaux de l’exploitation des ressources minérales marines profondes.

Avec l’épuisement de certains métaux, les compagnies privées, et les États s’intéressent de plus en plus aux ressources minérales des grands fonds marins, et plus précisément à leur potentielle exploitation. Mais avant de pouvoir exploiter ces ressources, encore faut-il explorer les fonds océaniques pour déterminer les zones riches en terres rares. Et déterminer quel peut être l’impact sur l’environnement.

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Le déclin massif des insectes menace l’agriculture

« Je pense que j’ai dû me réveiller vers le milieu des années 2000. Un jour, alors que je marchais près de chez moi, dans la garrigue, je me suis demandé où étaient passés les insectes, car il me semblait qu’il y en avait beaucoup moins qu’avant, raconte Maarten Bijleveld van Lexmond. Et puis j’ai réalisé qu’il y en avait aussi de moins en moins collés sur le pare-brise et la calandre de ma voiture. Presque plus, en fait. » En juillet 2009, dans sa maison de Notre-Dame-de-Londres (Hérault), le biologiste néerlandais, 77 ans, réunit une douzaine d’entomologistes partageant la même inquiétude.

Tous notent un déclin accéléré de toutes les espèces d’insectes depuis les années 1990. Selon eux, l’effondrement des abeilles domestiques n’est que la partie visible de ce phénomène aux conséquences considérables pour l’ensemble des écosystèmes.

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Hécatombe des abeilles : L’UE “oublie” le rôle des pesticides

La Commission européenne vient de publier un rapport d’étude épidémiologique qui concerne les mortalités de colonies d’abeilles dans 17 États européens, dont la France. Dans ce rapport, un facteur de mortalité a été omis par Bruxelles: les pesticides. Un choix moins scientifique que politique pour Gérard Arnold, directeur de recherche au CNRS.

Des voix se sont empressées de juger les résultats de cette étude, moins mauvais qu’attendu, considérant que certains d’entre eux étaient même encourageants. Pourtant, une lecture attentive du rapport montre que la situation demeure catastrophique pour certains pays et, en particulier, pour la France et la Belgique.

Les taux annuels de mortalité des colonies constatés en France au cours de cette période étaient très importants: de 14,1 % au cours de l’hiver 2012 et 13,6 % au cours du printemps et de l’été suivants. Soit une mortalité de l’ordre de 28 % en moins d’un an (trois trimestres) !

De quoi sont donc mortes ces colonies d’abeilles? A ce stade, le rapport n’apporte pas de réponse et, d’ailleurs, le protocole de cette étude – qui va être poursuivie cette année – ne permettra pas d’obtenir une réponse scientifique définitive. Parce qu’il présente une étrange lacune.
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Le communautarisme exacerbé des élites

Ces catégories d’individus qui ont par fonction ou par délégation le pouvoir de “dire” et de “faire” au nom et pour les autres – politiques, journalistes, experts, hauts fonctionnaires etc… – sont elles aussi frappées par ce phénomène de repli sur son groupe d’appartenance.

La garden party de l’Elysée

Le communautarisme, cette forme dégradée du vivre-ensemble souvent dénoncée comme facteur de division de la société, ne touche pas uniquement les grands ensembles de la population. Les élites, ces catégories d’individus qui ont par fonction ou par délégation le pouvoir de “dire” et de “faire” au nom et pour les autres – politiques, journalistes, experts, hauts fonctionnaires etc. -, sont elles aussi frappées par ce phénomène de repli sur son groupe d’appartenance.

Alors qu’on attend de ces catégories supérieures, esprit d’ouverture, vision originale, capacité de se remettre en cause – autant de qualités mises au service de l’intérêt général, ce dangereux entre-soi produit à l’inverse du conformisme, la peur de la nouveauté et plus gravement encore la déconnexion d’avec la société. Une césure explosive à l’heure des slogans simplistes du style “tous pourris” ou “tous vendus” qu’il est grand temps de combler.

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Voyage au centre de la mer

A la fin des années 1980, l’homme en savait plus sur l’espace et ses mystères que sur les océans qui couvrent pourtant 70 % de notre planète. Depuis, d’immenses progrès ont été effectués dans ce domaine par la communauté scientifique mondiale. 

On le sait depuis longtemps : notre existence est intimement liée aux mouvements qui animent le cœur des océans, et ce documentaire qui développe des problématiques parfois complexes en apporte de multiples preuves. Les océans, qui transportent de la chaleur ou absorbent une part du gaz carbonique produit par l’activité humaine, conditionnent l’équilibre climatique de toute la planète.

Quelle est cette mécanique qui anime le cœur des océans et permet à la vie d’exister sur notre Terre ? Et quelles sont les menaces qui guettent ce système aussi vaste que complexe ? Le reportage met en lumière les différents moteurs de la circulation océanique et le rôle de l’océan en tant que thermostat de la planète.

Afin de répondre à ces questions de manière originale et surtout accessible au plus grand nombre, ce documentaire retrace le parcours d’une goutte d’eau portée par les courants marins. Une véritable épopée sous-marine qui la reconduit, au bout de 650 ans, à son point de départ.
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Le mirage du flair électronique

C’est un peu la version post-moderne des « avions renifleurs », une belle arnaque qui a ridiculisé Elf dans les années 70. Cachées derrière le vocale « intelligent — smart —, les vulgaires caméras qui scannent l’espace public deviennent des machines à flairer les intentions coupables, douées d’une capacité infaillible pour détecter des situations dangereuses ou autres « comportements suspects ».

La stratégie on la connait, héritée de l’antiterrorisme, se placer dans une posture « proactive », voire « prédictive ». Mais derrière la posture, c’est l’ère du vide.

Le maire de Nice, Super Estrosi, en a fait des tonnes, comme l’a rappelé Le Canard cet été (13/08), en présentant à la presse ébahi son nouveau central de surveillance vidéo en 2010. La propagande municipale niçoise vante les capacités d’un mystérieux logiciel la capacité de « détecter automatiquement et en temps réel, à partir des flux vidéo issus des caméras de vidéoprotection, tout comportement “anormal” qui aura été défini et programmé au préalable ». Impossible ensuite de vérifier la pertinence des alertes — « environ une vingtaine d’alertes par jour pour des intrusions, maraudages ou attroupements » —, face à la réalité du terrain. La mairie ne fournit que le nombre d’interpellations qu’auraient permises les caméras (soit un peu plus de 1 300 depuis ses débuts en 2010, dont 610 en 2012). Sans préciser en quoi un « attroupement » peut être désigné comme « suspect » a priori.

Dans le même papier, on apprend au passage qu’un produit dérivé est utilisé à Paris, mais pas dans les rues criminogènes de la capitale. Dans les piscines! Ben oui, c’est bien connu, les bassins de baignade sont un repaire de malfaisants. Des caméras au plafond, mais aussi sous l’eau, scannent les formes humaines pour tenter de repérer des noyades… Ce merveilleux engin, le système Poséidon, — « le 3ème œil du maitre-nageur » (sic) — a déjà coûté plus d’un million d’euros aux finances parisiennes.

Les appels d’offres se sont noyées dans la paperasse quotidienne, si bien que les élus n’ont jamais réellement pu débattre de l’opportunité de décharger les maitres-nageurs de la « prévention des noyades » grâce à une machine bien improbable. Le premier marché remporté par la cette société de savants fous, à l’époque Vision-IQ, date de la frénésie sécuritaire de 2001 (en décembre). En 2013, après zéro preuves, il parait que la mairie veut arrêter les frais. 9 piscines sont équipées.

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Gaz de schiste : pourquoi les estimations en France sont fausses

Combien de mètres cubes de gaz de schiste dorment sous nos pieds ? Un quart de moins que ce que l’on pensait, a annoncé lundi, l’Agence américaine de l’énergie. Mais pour les géologues français, aucune estimation ne tient la route.

La France vient de quitter le club très envié des eldorados potentiels de gaz de schiste. Au niveau mondial, les nouveaux résultats de l’Agence américaine de l’énergie (EIA), publiés le 10 juin, ont de quoi faire saliver les pétroliers : depuis le dernier rapport paru en 2011, les réserves présumées de cet « hydrocarbure non conventionnel » ont été revues à la hausse de 10 %. Elles atteignent désormais 345 milliards de barils, soit l’équivalent de la consommation mondiale pendant dix ans.

Mais la France, comme la Pologne, est restée sur le banc. Pire, elle dégringole au classement. Tandis qu’en 2011, l’Hexagone fanfaronnait en dixième place mondiale des pays dotés de sous-sols riches en gaz de schiste (avec un magot estimé à 5,1 milliards de mètres cubes), elle est aujourd’hui sortie du classement américain. Entre temps, près de 1,2 milliard de m3, soit 24% des réserves précédemment estimées, semblent s’être évaporés. Sur certaines zones, la baisse est encore plus marquée. Ainsi, le bassin du Sud-est (un triangle situé grosso modo entre Montpellier, Nice et Grenoble) renfermerait dix fois moins de ressources que celles évaluées il y a deux ans. De tels écarts laissent les géologues dubitatifs.

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Economistes, institutions, pouvoirs

par Frédéric Lordon

Je prends ici le risque de mettre en ligne la communication que j’ai faite à la table ronde « Economistes et pouvoir » du Congrès de l’AFEP (Association française d’économie politique) qui s’est tenu à Paris du 5 au 8 juillet 2012, risque puisque les textes universitaires ne vivent pas très bien hors de leur biotope universitaire. Je le fais cependant à l’occasion du supposé renouvellement du Conseil d’analyse économique (CAE) et accessoirement comme une pièce à verser au débat qui a fait suite à la parution du livre de Laurent Mauduit, Les Imposteurs de l’économie. Mais non sans avertir que ce texte a le style de son caractère et de ses circonstances : académique (quoique…), comme il sied à un colloque… académique, avec quinze minutes de temps de parole strictement comptées. Ceci dit pour signaler que lui reprocher ce à quoi sa nécessité de forme le vouait ne fera pas partie des commentaires les plus malins possibles. A part quoi, on peut discuter de tout — au fond.

Intérêts à penser

Sur un sujet à haute teneur polémique comme celui d’aujourd’hui, il est peut-être utile de ne pas céder immédiatement à l’envie (pourtant fort légitime) de la castagne et, au moins au début, de maintenir quelques exigences analytiques, conceptuelles même. Pour commencer donc, et dût la chose vous surprendre, voici ce que dit la proposition 12 de la partie III de l’Ethique : « L’esprit s’efforce autant qu’il le peut d’imaginer ce qui augmente la puissance d’agir de son corps. » La chose ne vous paraîtra sans doute pas aller de soi à la première lecture, mais cette proposition livre ni plus ni moins que le principe de l’idéologie, à savoir que la pensée est gouvernée par des intérêts à penser, mais de toutes sortes bien sûr, très généralement les intérêts du conatus, c’est-à-dire tout ce qui peut lui être occasion de joie (c’est-à-dire d’augmentation de la puissance d’agir de son corps).

Derrière la pensée donc il y a toujours des désirs particuliers de penser, déterminés bien sûr par les propriétés idiosyncratiques de l’individu pensant, mais aussi — et en fait surtout — par sa position sociale dans des milieux institutionnels. C’est cette position sociale qui conforme ses intérêts à penser, je veux dire à penser ceci plutôt que cela, à avoir envie de penser, de s’efforcer de penser dans telle direction plutôt que dans telle autre. La question est donc celle des profits ou des intérêts à penser ce qu’on pense, et dont il faut redire qu’ils peuvent être de toutes natures : monétaires bien sûr, mais aussi, et évidemment surtout, institutionnels, sociaux, symboliques, psychiques, et à tous les degrés de conscience — ce qui, par parenthèses, devrait suffire à écarter les lectures catastrophiquement béckeriennes [1] de ce propos…

Sans surprise en tout cas, Spinoza rejoint ici Bourdieu : dites moi à quel domaine institutionnel vous appartenez et quelle position particulière vous y occupez, et je vous dirai quelles sont vos inclinations passionnelles et désirantes, y compris celles qui vous déterminent à penser. Si donc on pense selon ses pentes, c’est-à-dire si l’on est d’abord enclin à penser ce que l’on aime à penser — et telle pourrait être une reformulation simple de (Eth., III, 12), ou plutôt pour lui donner la lecture structurale qui lui convient : si l’on est enclin à penser ce qu’on est institutionnellement déterminé à aimer penser —, alors c’est ce bonheur de penser ce qu’on pense, parce que cela procure toutes sortes de joie, qui est au principe pour chacun du sentiment de la parfaite bonne foi, du parfait accord avec soi-même, et de la complète indépendance, de la complète « liberté » de penser.

Il est donc probablement inutile d’aller chercher même les économistes de service sur le terrain de la corruption formelle : leur corruption est d’une autre sorte. Elle est de cette sorte imperceptible et pernicieuse qui laisse en permanence les corrompus au sentiment de leur parfaite intégrité, dans leur pleine coïncidence avec les institutions qui, dirait Bourdieu, les reconnaissent parce qu’ils les ont reconnues.

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Ces économistes qui monopolisent (toujours) les débats

Malgré les crises économiques, les mêmes économistes squattent toujours les médias. Et leurs erreurs accumulées n’y ont rien changé. Quelques petits comptages s’imposent…

Ainsi que nous l’avions déjà développé ici-même, depuis de nombreuses années, les sujets « économiques » inondent les médias. Régulièrement confrontés à la complexité de ces thèmes, les journalistes préfèrent déléguer leurs traitements à des experts (toujours les mêmes), universitaires pour la plupart – mais pas toujours les plus compétents –, dont les engagements extra-scientifiques sont méconnus ou dissimulés. Pour les journalistes, l’expert appelé à la rescousse doit répondre à plusieurs critères  : efficacité (il doit être bref et concis), disponibilité (il doit habiter en Île-de-France) et orthodoxie (il doit être partisan de l’économie de marché). Les trois critères sont essentiels… et presque toujours vérifiés. Le talent ne semble pas toujours nécessaire pour devenir un « bon client ».

Acrimed, et avec elle Le Plan B et quelques autres critiquent depuis longtemps la proximité de certains économistes avec le pouvoir financier, leurs relations incestueuses avec le pouvoir politique, et leur omniprésence médiatique. Mais vint la crise. Ou plutôt les crises  : celle des subprimes aux États-Unis, et celle de « la zone euro », que ces experts n’avaient pas su anticiper. Cette fois, un film (Les Nouveaux Chiens de garde), un mensuel (Le Monde diplomatique), des économistes (atterrés) et même – dans une moindre mesure – des médias plus main stream (Alternatives économiques ou Mediapart), ont prolongé les investigations, focalisant surtout leur critique sur l’appartenance de ces quelques économistes au monde de la finance. « Comment peut-on être objectif en étant juge et partie  ? » Les critiques semblant fuser de toutes parts, on pouvait penser que la cause était entendue, et qu’on allait enfin en être rapidement débarrassé.

Las  ! Malgré ces nombreux travaux, ces mises en garde répétées, ces évidences enfin révélées, rien ne semble avoir entamé leur aura dans les médias dominants  : à la radio, comme à la télévision, les économistes qui trempent leurs mains dans le cambouis de la finance ne sont jamais présentés comme tels et sont toujours partout.

À la télévision

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Quand France 2 escamote un reportage sur le gaz de schiste

L’association ‘No Fracking France’ a organisé fin août un voyage d’études sur le gaz de schiste au Québec et (elle) a proposé à des journalistes de l’accompagner.

Le reportage qui a été diffusé dans l’émission Complément d’Enquête sur France 2, le jeudi 20 septembre, porte selon l’association préjudice à l’ensemble de la délégation française parties en mission d’information afin d’évaluer les risques et les enjeux sanitaires et environnementaux liés aux exploitations de gaz de schiste outre atlantique.

La journaliste de France 2, a contacté ‘No Fracking France’ au départ pour recueillir des informations et des contacts sur le sujet du gaz de schiste.

‘No Fracking France’ a accepté de collaborer avec cette journaliste et d’emmener l’équipe de tournage sous la condition qu’elle restitue une réalité de terrain et rapporte dans son reportage le vécu des populations rencontrées, dont les témoignages précieux d’habitants lésés par l’industrie du gaz de schiste au Québec, dont les conférences scientifiques de qualité qui constituaient la thématique de ce déplacement outre atlantique.

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L’équipe journalistique de France 2, omniprésente sur les différentes rencontres et sur les différents sites visités, n’a en définitive rien retransmis de ce qu’elle a pourtant filmé en intégralité déplore l’association. Le reportage reste axé sur la personnalité d’un élu de Lot et Garonne, Monsieur Raymond Girardi et sur la délégation de 7 élus du Conseil Général du Lot-et-Garonne (47), alors en mission d’information, donc “en neutralité“, aucun d’eux ne devaient se positionner ou se démarquer.

De plus, France 2 a accompagné la délégation française sur sa première étape au Québec mais ne s’est pas déplacée jusqu’en Pennsylvanie.

“La journaliste de France 2 n’a pas respecté ses engagements de départ.”

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Protection de l’innovation : L’inflation des brevets s’explique aussi par l’extension de leurs domaines d’usage, tant privé que public

L’augmentation du nombre de dépôts de brevets génère des critiques. Pourtant, bien que coûteux, ce système de défense de l’innovation reste efficace, et les réflexions se poursuivent pour soutenir la politique d’innovation des PME. Mais si la hausse du nombre de demande de dépôts de brevets se poursuit, c’est aussi parce les organismes publics en déposent à tour de bras pour valoriser le résultat de leurs travaux. Et c’est encore, car le brevet endosse désormais de nouvelles utilités, notamment dans les domaines de la communication, du management et de la finance.

La première fonction du brevet (quel que soit le système national de brevet) est de protéger l’invention pour une période de temps limitée (aujourd’hui 20 ans maximum). Toutefois, pour l’obtenir, le déposant doit fournir un descriptif précis de l’invention qu’il a produite. [...] Il s’ensuit qu’avec le dépôt de brevet, il y a des risques de contrefaçon ou d’imitation de l’invention. Le système judiciaire s’avère tout à fait complémentaire du système de brevet, il permet au déposant de défendre ses droits. Il apparaît comme l’une des conditions d’un fonctionnement correct du système de brevet.

Ce paragraphe est extrait des Nouvelles fonctions du brevet – approches économiques et managériales, ouvrage coordonné par Pascal Corbel et Christian Le Bas. Le brevet à l’origine a pour but de protéger une invention, tout en favorisant l’innovation, puisque celle-ci est rendue publique et évite le recours au secret industriel. Le nombre croissant de dépôts de brevets (5,17 millions de demandes de brevets attendaient en 2010 d’être traitées au niveau mondial, selon un rapport de l’OMPI, l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, une institution spécialisée des Nation Unies) est l’objet de critiques dans certains milieux.

Il y a une augmentation du nombre de brevets, sans doute supérieure aux dépenses de recherche et développement, et supérieure aux inventions produites”, confirme Christian Le Bas, auteur de l’ouvrage précité et professeur d’économie à l’université Lyon 2. Mais il ne se fait pas l’écho de ces inquiétudes. “Mais c’est parce qu’une invention est protégée par plus d’un brevet, on protège de plus en plus les rouages. La même invention va être protégée en France par une dizaine de brevets, plus des extensions dans le monde…

J’ai entendu parler de cette idée selon laquelle il y a trop de brevets. Ce n’est pas quelque chose qui me frappe, déclare Yves Bizollon, avocat associé chez Bird & Bird en charge de la propriété intellectuelle. Il y a, en France et en Europe, des dépôts raisonnables.” L’OMPI, qui a publié les chiffres de 2010, estime que le taux de croissance des dépôts de brevets est simplement corrélé au dynamisme des activités de recherche et développement.

Ce qui se dégage de nos chiffres, c’est une croissance au niveau mondial des demandes dans tous les domaines de la propriété intellectuelle, confirme Bruno Le Feuvre, statisticien à l’OMPI. La croissance de dépôts est généralement le signe d’une activité économique soutenue”. “Pour un constructeur automobile, il est important d’avoir un bon portefeuille de brevets, riche, sur les technologies qui ont de l’avenir, rappelle Marc Duval-Destin, directeur de la recherche et de l’ingénierie avancée chez PSA, premier déposant en France. Quand vous faites une automobile, vous risquez d’être pris à parti sur la contrefaçon. Vous pouvez consciemment ou inconsciemment copier. Si vous avez un bon portefeuille de brevets, vous protégez votre modèle, et cela permet de répondre aux injonctions des concurrents.” C’est là l’utilisation classique du système brevet, qui malgré les critiques, semble toujours efficace pour protéger les innovations.

Protecteur et coûteux

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Prêt à taux zéro renforcé, une aubaine pour les consommateurs musulmans

Voici le prêt à taux zéro renforcé (ou PTZ +), un nouveau dispositif du gouvernement français pour faciliter l’accession à la propriété aux locataires qui le souhaitent dès janvier 2011. L’objectif pour Nicolas Sarkozy : « Faire de la France un pays de propriétaires ». Un mécanisme qui intéresse les musulmans, de plus en plus soucieux de respecter leurs préceptes éthiques en matière de finance qui interdit les intérêts.

Si le Parlement adopte la proposition dans le cadre du projet de loi de finances pour 2011, le prêt à taux zéro renforcé (PTZ +), dont la mise en place est prévue pour le 1er janvier 2011, s’appliquera sur tout le territoire français, départements d’outre-mer compris. Il viendra remplacer l’actuel prêt à taux zéro, les majorations qui y étaient associées, le Pass foncier et le crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunts, jugés trop compliqués et coûteux.

Un prêt sharia-compliant mais adossé à un autre

Contacté par Saphirnews, Anass Patel, président de l’association AIDIMM (Association d’innovation pour le développement économique et immobilier) soutient le dispositif.
Le PTZ + « répond à deux grandes attentes du public français. D’une part, le PTZ + faisant partie des dispositifs d’aide à l’accession à la propriété est un moyen efficace de faciliter et d’accélérer la première acquisition ; d’autre part, parce qu’il est simple dans son application. Un certain nombre de contraintes ont été levées et il est ouvert à l’ensemble des personnes qui souhaitent devenir propriétaires et notamment à ceux qui, jusque-là, étaient réticents à prendre un financement, les musulmans en l’occurrence », se réjouit-il.

Cependant, il ne ressemble pas à un produit de la finance islamique pour M. Patel « Dans l’application de ce prêt à taux zéro, il est totalement adossé à un prêt bancaire, c’est-à-dire qu’on ne peut pas bénéficier de ce PTZ + dans l’absolu. On ne peut pas demander à l’État de me donner 30 à 40 % du montant d’acquisition de ma maison avec ce seul prêt », explique-t-il. Mais le prêt bancaire (associé au PTZ + ou non) pourrait désormais respecter l’éthique musulmane.
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Le capitalisme français reste aux mains d’un club très fermé

L’année 2010 sera-t-elle celle des grands changements au sein des conseils d’administration ou des conseils de surveillance des sociétés du CAC 40 ?

Pour l’instant, ni la crise ni les recommandations du code de bonnes pratiques du Medef et de l’Association française des entreprises privées (AFEP), édictées fin 2000, n’ont provoqué de modifications majeures : les instances continuent d’être globalement très homogènes et consanguines.

Le cumul des mandats demeure une pratique régulière. Une petite centaine de personnes (98 exactement), soit 22% des administrateurs, détient 43% des droits de vote des sociétés du CAC 40, selon le cabinet Ernst & Young.

Ces conseils – ils comptent en moyenne 14 membres – n’accueillent que 21% d’étrangers quand ceux-ci détiennent 40% du capital des groupes du CAC 40 et que l’activité à l’international assure désormais l’essentiel de la croissance de leur chiffre d’affaires.

Enfin, les femmes occupent moins de 10% des sièges d’administrateurs.

Une entreprise, la banque BNP Paribas, illustre cette concentration des pouvoirs au coeur de la gouvernance des entreprises du CAC 40 : quatre personnes – trois dirigeants de la banque et un ex-dirigeant encore influent dans le groupe – sont répartis dans les conseils de douze sociétés de l’indice phare de la Bourse de Paris.

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La condition humaine sous les ondes électromagnétiques artificielles

De plus en plus de personnes ressentent l’agression physique que constitue la présence d’ondes électromagnétiques artificielles dans l’air de notre vie de tous les jours, ondes qui sont nécessaires au fonctionnement des nouvelles technologies sans fil lancées sur le marché.

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Les personnes souffrant de ces nouvelles ondes sont très souvent totalement démunies pour expliquer la situation sanitaire, technologique et sociale à autrui, ainsi que leur situation personnelle qui en découle. Clairement, les implications de l’évolution sociétale à laquelle nous faisons face sont tellement énormes et ahurissantes, qu’il est bien difficile de les expliquer précisément et parfois d’y croire.

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