Big data : Serez-vous bientôt recruté par des algorithmes?

L’utilisation des mégadonnées pour départager les candidats à l’embauche est encore embryonnaire, mais l’idée fait son chemin dans les entreprises. Non sans poser de questions.

Qui de l’homme et de la machine est le mieux à même de choisir un futur salarié, celui qui brillera autant par ses performances que par sa capacité à s’intégrer parmi ses collègues? Une étude de la Harvard Business Review publiée en avril 2014 a semé le doute. Deux psychologues de l’université du Minnesota ont jugé “qu’en matière de recrutement, les algorithmes font mieux que l’intuition“.

Bien paramétré, un modèle informatique capable de brasser des informations sur les candidats – depuis un CV, les réseaux sociaux, des tests de personnalité, etc. – aurait plus de chance de sélectionner les meilleures recrues que les employeurs.

Très doués pour définir les besoins d’un poste et extraire des informations à partir des profils des candidats“, les humains seraient “mauvais pour en pondérer les résultats“. Aveuglés par leur subjectivité, ils se laisseraient distraire par des éléments parasites sans lien avec la mission, contrairement aux algorithmes.
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Au-delà d’Internet : Tor, Darknet, Bitcoin et surveillance de masse

L’être humain est devenu de plus en plus dépendant des nouvelles technologies. Non pas qu’il est seulement dépendant, il est aussi plus que jamais relié et connecté à Internet: sa vie est de plus en plus affichée et ses informations privées de plus en plus menacées d’intrusions.

Ce premier épisode traite de ce qu’on appelle le « Darknet » et plus précisément de Tor (acronyme de The Onion Router), le plus célèbre des réseaux superposés. Tor permet à chaque utilisateur de naviguer sur Internet de manière plus « anonyme » et « sécurisée » (la sécurité restant un terme relatif). A titre d’exemple, si nous voulions aller sur le moteur de recherche de Google, notre ordinateur passera sur plusieurs réseaux à travers le monde avant de se connecter sur le site désiré.

Partie 1:

Un spécialiste résume ce qu’on peut trouver dans le Darknet : du simple article philosophique traitant de « Matrix » aux sites dédiés à toute une série de ventes d’armes, fausses monnaies, drogues… Il n’est pas question de défendre ou de combattre le Darknet, mais plutôt de constater qu’il peut à la fois être utilisé par des personnes honnêtes défendant la liberté d’expression que des personnes mal intentionnées… Il revient assez rapidement sur le moyen de paiement utilisé : le Bitcoin.

Partie 2:

Ce deuxième épisode traite de la surveillance de masse, à travers les divers projets internationaux qui ont vu le jour à la fin de la seconde guerre mondiale dans le contexte de la guerre froide.
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Big Data is algorithming you

Nouveau champ de domination et de commercialisation du monde, la collecte d’informations numériques via des algorithmes reste largement impensée. Sans doute en raison de la complexité du sujet. Tentative d’éclaircissement, avec Antoinette Rouvroy, chercheuse et spécialiste de la « gouvernementalité algorithmique ».

Je donne, tu donnes, il/elle donne… nos données. Les data sont le nouvel or noir que se disputent gouvernements et géants du numérique. Parfois, les premiers se servent même tout simplement chez les seconds, comme l’a montré l’existence du programme Prism, l’une des nombreuses révélations d’Edward Snowden – l’ancien sous-traitant de la toute-puissance National Security Agency (NSA) américaine.

Par une tentative de retournement culotté de la situation, les artisans de la surveillance de masse et de la présomption de culpabilité tentent de se dédouaner en pointant la collecte tentaculaire opérée par Google, Facebook et consorts. Leur argument : vous – population – filez bien plus à des entreprises privées ! Lesquelles répondent que pas du tout… Un cercle sans fin.

Ces enfumages et faux débats empêchent de penser la transformation de nos vies en données, en signaux infrapersonnels qui ne font sens qu’agrégés et moulinés par millions. En naît un pouvoir d’un genre nouveau, la « gouvernementalité algorithmique », explique la chercheuse belge Antoinette Rouvroy (1).
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Surveillance : La Cnil dénonce l’argument “simpliste” de Valls et Sarkozy

La présentation du rapport d’activité 2013 de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), ce lundi, a été l’occasion pour sa présidente au mandat fraîchement renouvelé de sonner une charge sans merci contre la surveillance massive dans les démocraties. Isabelle Falque-Pierrotin a méthodiquement démonté l’argumentaire “simpliste” des ministres de l’Intérieur de droite comme de gauche, qui se sont succédé depuis une dizaine d’années, pour consolider la surveillance des citoyens français.

Il faut combattre farouchement l’argument sans cesse ressassé du rien à se reprocher, rien à cacher“, explique-t-elle en introduction du rapport d’activité 2013, disponible en ligne. “Ce raisonnement simpliste est précisément celui qui était utilisé par les régimes totalitaires pour justifier la surveillance généralisée. Il associe le droit à l’intimité à la culpabilité, plutôt que de l’associer à une liberté fondamentale non négociable“, assène-t-elle.

Il affirme que la vie privée est ce que l’on cache, alors que la vie privée est l’expression de la volonté légitime d’autonomie de chacun d’entre nous“, tonne la présidente de la Cnil. “L’enjeu est de savoir collectivement vers quel type de société nous souhaitons évoluer“, prévient-elle.

Tout le monde est surveillé a priori
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Gilles Babinet à propos du “Big Data”

Gilles Babinet est un multi-entrepeneur, né à Paris en 1967. Il est actuellement « Digital Champion », c’est-a-dire responsable des enjeux de l’économie numérique, pour la France auprès de la Commission européenne.

Dans le cadre de cette fonction, il fait parler de lui en marge de la publication du rapport “Pour un New Deal numérique, en déclarant dans une interview donnée à L’Usine nouvelle que la CNIL est « un ennemi de la nation ».

Gilles Babinet est, en autres, le fondateur de “Captain Dash” qui développe son expertise sur l’analyse du big data. C’est une société qui offre aux directeurs marketing la possibilité de synchroniser dans un même tableau de bord dynamique l’ensemble de leurs données provenant de leur ERP, de leurs outils statistiques web avec des données exogènes, météo, qualité de l’air, de l’eau, cours de bourses, trafic routier, vacances scolaires, fêtes religieuses, tarifs énergétiques, Google Trends, variations monétaires, élections politiques, audiences TV, etc

Faut-il refuser catégoriquement les cartes bancaires sans contact ?

Si elles peuvent devenir pratiques au quotidien, avec de nouveaux services et usages à la clé, les cartes bancaires sans contact NFC (Near Field Communication) sont encore clairement dangereuses quant à leur sécurité. Et si des améliorations sont à constater depuis 2012, il reste vraisemblablement des risques énormes pour les utilisateurs.

Le NFC est une technologie d’avenir. Ce midi, l’AFSCM (Association Française du Sans Contact Mobile) faisait un point d’étape avec des chiffres qui laissent rêveur : 500 millions de clients équipés en 2014, 100 millions de mobiles NFC « sim based », 200 millions de mobiles NFC à travers le monde en juin 2013… Tous les clignotants sont au vert et l’adoption du sans contact est en bonne voie.

Toutefois, vous l’aurez remarqué si vous avez renouvelé votre carte bancaire (CB) récemment, votre banque vous a probablement proposé une carte sans contact, ornée d’un signe reconnaissable situé à côté de la puce. Si c’est le cas : méfiez-vous !

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Révélations sur le Big Brother français

Si les révélations sur le programme d’espionnage américain Prism ont provoqué un concert d’indignation en Europe, la France, elle, n’a que faiblement protesté. Pour deux excellentes raisons : Paris était déjà au courant. Et fait la même chose.

Le Monde est en mesure de révéler que la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE, les services spéciaux) collecte systématiquement les signaux électromagnétiques émis par les ordinateurs ou les téléphones en France, tout comme les flux entre les Français et l’étranger : la totalité de nos communications sont espionnées. L’ensemble des mails, des SMS, des relevés d’appels téléphoniques, des accès à Facebook, Twitter, sont ensuite stockés pendant des années.

Si cette immense base de données n’était utilisée que par la DGSE qui n’officie que hors des frontières françaises, l’affaire serait déjà illégale. Mais les six autres services de renseignement, dont la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), les douanes ou Tracfin, le service de lutte contre le blanchiment, y puisent quotidiennement les données qui les intéressent. En toute discrétion, en marge de la légalité et hors de tout contrôle sérieux. Les politiques le savent parfaitement, mais le secret est la règle.

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De 540 M€ à 800 M€ de fraudes sur les aides sociales

Un rapport confidentiel de la Caisse nationale des allocations familiales estime que 2,15 % des bénéficiaires d’allocations sociales, soit 200 000 personnes, sont des fraudeurs.

A l’heure où l’affaire de la conductrice au niqab de Nantes relance le débat sur les fraudes aux prestations sociales, une étude inédite de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) dresse, pour la première fois en France, un état des lieux précis sur cette question sensible. Après avoir épluché 10 500 dossiers représentatifs des allocataires, les auteurs de cette étude confidentielle* en tirent deux conclusions majeures.

Des estimations à la hausse

La première tient lieu de bonne nouvelle : le taux de « bon droit » (prestations versées à bon escient) atteint 96,16 %, un score élevé. En clair : l’immense majorité des assurés ne grugent pas. La mauvaise nouvelle, ensuite : jusqu’à présent, la proportion de fraudeurs a été sous-estimée.

L’impact financier théorique de ces fraudes « serait compris entre 0,91 % et 1,36 % des prestations versées en 2009, soit entre 540 M € et 808 M € » (sur environ 60 Mds € ). Un chiffre nettement supérieur aux données connues à ce jour : en septembre 2009, la Cnaf avait estimé à 9 397 les fraudes recensées en 2008, pour 79,77 M € . Le coût réel serait donc sept à dix fois supérieur aux précédentes estimations…

Le document évoque d’ailleurs un « problème important de détection de la fraude. » Également mené par les autres caisses (maladie, vieillesse, etc.), ce travail exhaustif de recensement devrait permettre à la Cnaf de perfectionner son dispositif antifraude.

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L’intrusion des banques dans la vie privée inquiète

A 53 ans, dont vingt-deux comme cliente de sa Caisse d’épargne de Rouvroy, une petite commune de 9 000 habitants du Pas-de-Calais, Janine M. n’en revient pas. Elle vient de recevoir, avec son relevé de compte, un courrier comminatoire par lequel son banquier lui enjoint de fournir, d’ici au 15 avril, la preuve de son identité, des détails sur sa profession et ses revenus, ses dernières fiches de paie, son avis d’imposition.

Quand même, réagit-elle, choquée, ils me connaissent ! J’ai mon compte à la Caisse d’épargne depuis 1988, un Livret A depuis ma naissance. Et mon mari et moi, on est des bons clients. On n’a jamais été fichés. On a toujours payé la maison. C’est indiscret. Surtout qu’on n’a pas fait de demande de prêt, rien. Je n’ai pas l’intention de répondre.” Comme Janine M., des dizaines de milliers de clients de banques françaises reçoivent actuellement de bien étranges courriers, qu’ils accueillent avec les mêmes sentiments mêlés de vexation et d’indignation.

En fait, confrontés à des règles et des lois renforcées en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme et à l’obligation de connaître leurs clients, les établissements financiers (Caisses d’épargne, Crédit agricole, BNP Paribas, etc.) ont lancé, depuis plusieurs semaines, une vaste opération de collecte de données personnelles.

Cette démarche, inédite, serait restée confidentielle si les banques avaient limité leur champ d’investigation à leurs nouveaux clients, pour lesquels les vérifications d’identité n’auraient pas été réalisées ou seraient incomplètes. Et si, surtout, elles n’avaient employé des méthodes aussi différentes d’un établissement à l’autre pour satisfaire à des obligations réglementaires pourtant strictement identiques.

Certaines banques s’en tiennent à la demande de pièces d’identité, de justificatifs de domicile et d’activité économique, ce qui est légal si elles ne disposent pas de ces documents. Mais d’autres exigent des informations très précises sur le patrimoine des clients, leur famille, sans les informer de ce qui est réellement obligatoire, ni s’ils encourent des sanctions s’ils ne fournissent pas les renseignements demandés,” observe Isabelle Faujour, directrice juridique adjointe à l’UFC-Que choisir.

Démarche “illégale”
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Fraudes aux prestations sociales : 50 millions pour la seule Haute Garonne

Alors qu’une campagne nationale dénonce les tricheurs du travail illégal, des arrêts maladie, des droits à la retraite ou des allocations familiales, le cumul des recouvrements des fraudes aux prestations sociales en Haute-Garonne frôle les cinquante millions d’euros en 2008.

Les arnaques les plus fréquentes: Caisse d’allocations familiales (CAF)

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