Partis politiques : 198 millions en 2009 pour… faire votre bonheur ?

En 2009, les partis et formations politiques français ont dépensé 181.404.321 euros, pour 198.568.775 euros de recettes, dont 39% d’aides de l’État. Pas mal en pleine crise économique !

Il est bien loin, le temps où une estrade improvisée, sur une place de village, permettait aux candidats des partis politiques de faire leurs campagnes électorales…

Aujourd’hui, tous les médias possibles et imaginables sont mis à contribution afin de permettre aux partis majoritaires de nous expliquer la qualité de l’action du gouvernement qu’il soutient et l’opposition, de nous démontrer le contraire ! Et pour cela, il faut de l’argent, beaucoup d’argent !

Seul organisme habilité à contrôler les ressources des partis ou formations politiques, la Commission Nationale des Comptes de Campagne et des Financements des Partis Politiques (CNCCFP) vient de publier le 29 décembre, son rapport sur les comptes de chaque partis politiques français pour l’année 2009.

Au-delà du montant colossal que les partis politiques définissent comme le «prix de la démocratie», il est intéressant d’apprendre l’origine des fonds des deux principaux partis politiques français (le PS et l’UMP). Libération, Les Échos et Le Monde se sont livrés à un décryptage de ce rapport, disponible en ligne.
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L’annuaire 2010 du club “Le Siècle” – L’abcédédaire d’une République bananière

L’équipe de Méridien Zéro recevait le 28 novembre dernier, Emmanuel Ratier le grand spécialiste du “Dîner du Siècle,” cet antre de la non-démocratie.

Emmanuel Ratier est le seul à ce jour à avoir publié un ouvrage de plus de 500 pages sur le sujet (Au coeur du pouvoir : enquête sur le club le plus puissant de France, Facta, Paris, 1996, 589 p.) Une mise à jour de cet ouvrage est d’ailleurs attendue pour bientôt.

Émission complète à écouter, spécialement consacrée aux centres de pouvoir (clubs, loges, réseaux, coteries, lobbies…) et axée plus particulièrement autour du club « Le Siècle »

(Merci à SPOILER)

Manifestation contre « Le Siècle »

Addendum : Mercredi soir, une trentaine de militants et sympathisants du Mouvement d’Action Sociale se sont retrouvés devant l’Automobile Club de France, place de la Concorde à Paris.

Le MAS entend réitérer ce type d’action contre tous ceux qui participent à la destruction de notre pays et de notre peuple. Le MAS appelle tous les patriotes enracinés à se joindre à lui.

« Changeons de Siècle – Le peuple au pouvoir ! »

Pour vivre heureuse, la nomenklatura hexagonale préfère vivre cachée. C’était sans compter avec les 300 manifestants qui ont perturbé le dîner de son club, le Siècle, pour la deuxième fois consécutive, dans la soirée du mercredi 24 novembre.

Le dernier mercredi de chaque mois, les membres du Siècle se réunissent au très sélect Automobile Club de France (l’AFC), place de la Concorde, juste en face de l’Assemblée Nationale. De 20h à 21h, un apéritif permet de choisir librement ses interlocuteurs. A 21h vient l’heure du dîner. Les convives sont placés par groupes de 7 ou 8 autour d’un chef de table qui veille à organiser le débat et à éviter les apartés. Le repas se termine à 22h45. Avec prolongation au bar.

(Vidéo de la manifestation du 27 octobre dernier)

S’attaquer au Siècle c’est s’en prendre au comité central de l’élite, là où s’agglomèrent les quelques centaines de ci-devant de la République. Rois de l’économie et de la finance, princes de la haute administration, seigneurs de la politique (de droite et de gauche), barons des médias et de l’édition, chevaliers de l’intellectuelle courbette, vassaux du syndicalisme… ils sont 550 environ, et quelque 200 stagiaires, à avoir l’insigne privilège d’être invités à banqueter tous les quatrièmes mercredi du mois.

Des orientations politiques sont discutées secrètement, et malgré un bon nombre d’invités du milieu de la presse, cette institution officieuse n’est jamais évoquée dans les médias. C’est là que se préparent entre gens de bonne compagnie les contre-réformes libérales qui seront ensuite votées par les « représentants du peuple » et promues par les médias de connivence. C’est là que, depuis plus de soixante ans, les apparatchiks de la classe dirigeante décident de la vie des Français. En toute discrétion.

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(Merci à gauloispowaaa, à pier13 & à Sylvain)

L’Euro : implosion ou sursaut ?

Par Jean-Claude Werrebrouck

Si naguère, en résultante des abandons monétaires, les marchés politiques se sont assez spontanément dirigés vers la création d’une zone monétaire largement artificielle, vont-ils, à la faveur de la crise, poursuivre la construction européenne et arrimer la monnaie à un grand Etat européen ?

Sur le papier des croyants du constructivisme, les choses sont simples : il existe désormais un seul Etat, sans doute hétérogène, mais disposant d’une monnaie souveraine. Il n’y a plus de dettes souveraines au pluriel, mais une dette souveraine au singulier.

Le couple monnaie unique / grand Etat suppose donc d’énormes changements, qui se ramènent tous à la question de l’évaporation progressive des marchés politiques nationaux, au profit de la naissance de marchés politiques européens. Les énormes coûts d’une implosion de l’Euro pourraient faciliter cette perspective.

En lançant l’idée de monnaie unique, les entrepreneurs politiques européens sont passés de la haute couture au prêt à porter.

Les monnaies nationales étaient, jadis, le reflet du vécu d’un peuple et d’une culture. L’histoire de ces monnaies, avec leurs hauts et leurs bas, avec les variations de leurs qualités : niveau de convertibilité, espace de circulation, taux de l’intérêt, taux de change, inflation, etc., était aussi l’histoire de leur peuple utilisateur. Le DM [Deutsche Mark] correspondait bien à l’histoire tumultueuse allemande. Le Franc correspondait bien à l’histoire toute aussi tumultueuse de la France, etc. Bref, la monnaie nationale était le vêtement haute couture d’un peuple ou d’une nation.

Haute couture et prêt à porter

Le passage à l’Euro devait changer la donne, puisqu’il s’agira de construire un vêtement acceptable par des peuples et nations fort dissemblables : désormais, le « grand mince » se devra de porter le même vêtement que le « petit un peu rond ». La haute couture disparaît.

C’est cette question fondamentale du vêtement commun qui va envahir la littérature économique, sous la rubrique thématique de « zone monétaire optimale ». Et il est vrai que les différences entre le « grand mince » et le « petit un peu rond », s’énoncent en termes de régimes démographiques, de niveaux de développement, de fiscalité, de dépenses publiques, de structures industrielles, de poids des échanges extérieurs, d’inflation, de gains de productivité, de dépenses de recherche, de systèmes politiques, de caractéristiques culturelles, etc. Et, évidemment, la liste des spécificités n’est pas limitative….Encore plus de différences que celles séparant le « grand mince » du « petit un peu rond ».

Et puisque les entrepreneurs politiques ne disposaient pas d’une zone monétaire optimale lors de l’ouverture du chantier, le pari était que cette optimalité devait plus ou moins s’autoconstruire, autoconstruction résultant des bienfaits évidents de la monnaie unique. Avec le premier d’entre eux : une accélération de la croissance économique de la zone.

Mais comment courir plus vite, avec un vêtement qui comprime le corps et les membres du « grand mince », et fait trébucher le « petit un peu rond » ?

La suite est davantage connue : croissance durablement plus faible que partout dans le monde et, surtout, maintien, mais davantage encore, aggravation, de la plupart des hétérogénéités.
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Le capitalisme français reste aux mains d’un club très fermé

L’année 2010 sera-t-elle celle des grands changements au sein des conseils d’administration ou des conseils de surveillance des sociétés du CAC 40 ?

Pour l’instant, ni la crise ni les recommandations du code de bonnes pratiques du Medef et de l’Association française des entreprises privées (AFEP), édictées fin 2000, n’ont provoqué de modifications majeures : les instances continuent d’être globalement très homogènes et consanguines.

Le cumul des mandats demeure une pratique régulière. Une petite centaine de personnes (98 exactement), soit 22% des administrateurs, détient 43% des droits de vote des sociétés du CAC 40, selon le cabinet Ernst & Young.

Ces conseils – ils comptent en moyenne 14 membres – n’accueillent que 21% d’étrangers quand ceux-ci détiennent 40% du capital des groupes du CAC 40 et que l’activité à l’international assure désormais l’essentiel de la croissance de leur chiffre d’affaires.

Enfin, les femmes occupent moins de 10% des sièges d’administrateurs.

Une entreprise, la banque BNP Paribas, illustre cette concentration des pouvoirs au coeur de la gouvernance des entreprises du CAC 40 : quatre personnes – trois dirigeants de la banque et un ex-dirigeant encore influent dans le groupe – sont répartis dans les conseils de douze sociétés de l’indice phare de la Bourse de Paris.

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