Internet : la pollution cachée

Propre en apparence, le monde virtuel est beaucoup plus polluant qu’on ne l’imagine. Sa consommation vorace en électricité se heurte à la diminution des ressources énergétiques. En explorant l’univers des data centers, ce film pointe la question de l’avenir d’Internet, peut-être à l’origine d’une troisième révolution industrielle.

C’est l’histoire de Rebecca et de son double numérique. Cette petite fille qui vient de naître a déjà une identité virtuelle. Fil rouge de ce documentaire, elle incarne ce début de XXIe siècle qui a vu Internet envahir nos vies : la moindre de nos activités, comme payer nos impôts, acheter un livre, commander des fleurs, est numérisée, informatisée et circule via le réseau. Aujourd’hui, 247 milliards de mails transitent chaque jour par la Toile.

Une façon plus économique et moins polluante de communiquer, pourrait-on penser : il n’en est rien ! « Internet, c’est avant tout une infrastructure de réseaux lourde, rappelle Jean-Luc Vuillemin, directeur réseau chez Orange. Ce sont des millions de kilomètres de cuivre, de fibre optique. » Pierre angulaire du système, le data center est le centre qui permet de traiter les données, de les stocker, puis de les réorienter vers leurs destinataires.

Or, les besoins en électricité de cette base névralgique qui fonctionne jour et nuit sont énormes, parfois autant que ceux d’une grande ville ! Seule façon d’assurer à la fois la ventilation des milliers de serveurs en surchauffe et d’alimenter les générateurs qui prémunissent contre les coupures d’électricité…

Réalisé par Coline Tison et Laurent Lichtenstein (France – 2013)

Stratégie de puissance russe dans le cyberespace

Sous couvert de protéger les données personnelles, le président Russe Vladimir Poutine, signe en juillet une nouvelle loi qui oblige les entreprises à héberger d’ici septembre 2016 les données personnelles des résidents russes à l’intérieur des frontières du pays. Cette loi va directement impacter les services en ligne fournis par l’étranger, en particulier certains services américains populaires en Russie tels que Facebook, Twitter et Google.

Ces derniers vont devoir installer des datacenters sur le sol russe s’ils souhaitent continuer à fournir légalement leurs services sur ce territoire.

Apple, de son côté, va voir ses iPad, iPhone et iMac interdits sur le territoire russe d’ici 2015.

En effet, il n’est guère possible d’utiliser ces outils sans les relier à iCloud ou iTunes, services contenant des données personnelles hébergées aux USA et potentiellement accessibles par la NSA.

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Big Data : Une nouvelle révolution copernicienne

C’est une révolution dont l’internaute ne voit encore que les prémices. Le Big Data va transformer la façon dont chacun de nous perçoit la réalité. La capacité de stocker et d’analyser des volumes massifs de données via les technologies de l’informatique dites « en nuage » (« cloud ») va en effet accélérer un autre développement: celui des objets connectés.

Alors qu’aujourd’hui, pour l’essentiel, les informations qui transitent sur Internet sont générées par des opérateurs humains, dans un avenir proche, ce sera majoritairement le fait de capteurs et d’objets connectés à des machines ou à des hommes.

« Comme ce fut le cas des réseaux sociaux ou des moteurs de recherche, les nouvelles générations d’objets connectés devraient être à l’origine de changements majeurs dans les formes culturelles, sociales et politiques de nos sociétés », prévient Bernard Benhamou, ancien délégué interministériel aux usages de l’Internet.

« Jusqu’à récemment, la collecte de données était difficile, chronophage et coûteuse », précise Viktor Mayer-Schönberger, professeur à Oxford. La méthode de l’échantillonnage aléatoire permet encore aujourd’hui d’utiliser une petite partie des informations pour se faire une idée du tout.
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Qui a peur du grand méchant Cloud ?

Le monde a découvert récemment des photos de stars nues sur Internet. Des photos volées, intimes, dérobées par des hackers sur le Cloud. Enquête sur la sécurité du Net et les voleurs d’intime.

Reportage de l’émission “complément d’enquête” diffusée sur France 2 le 11 décembre 2014

Les émissions de CO2 liées à Internet polluent autant que l’avion

La pollution générée par Internet devient un réel problème. Si les données semblent virtuelles, leur transit entre serveurs est pourtant bien concret et polluerait autant que l’industrie aérienne, selon de récentes études. Des chercheurs élaborent de nouveaux modèles d’échange d’information afin de trouver un moyen de réduire au mieux l’empreinte carbone d’Internet.

L’échange d’information sur Internet depuis votre ordinateur se fait grâce à différents réseaux interconnectés (les nuages) par des routeurs (en bleu). Pour atteindre un serveur (en bas à droite de l’image), les routeurs transmettent l’information de proche en proche. Ils constituent des nœuds du réseau.

Se mettre au vert signifierait-il privilégier le papier à Internet ? Sur le Web, chacun partage et échange de différentes manières (par écrit, de façon sonore, visuelle, etc.). Et la virtualité de ce monde est souvent perçue comme une réponse aux problèmes environnementaux tels que l’utilisation excessive du papier, et donc la déforestation, ou bien l’utilisation des transports routiers ou aériens pour transmettre l’information.

Pourtant, la génération de 50 millions de tweets émettrait une tonne de CO2 dans l’atmosphère. Le simple fait de mettre en copie un destinataire pour un courriel équivaudrait à l’émission de 6 g de CO2. En outre, les chercheurs du Centre for Energy-Efficient Telecommunications (CEET) et des laboratoires Bell ont montré que les technologies de l’information et de la communication (TIC), qui englobent Internet, les vidéos, les fichiers sonores et autres services dans le cloud, produiraient plus de 830 millions de tonnes de CO2 chaque année.

Cela représente 2 % des émissions globales du principal gaz à effet de serre. Une telle quantité de CO2 équivaut aux émissions de l’industrie aérienne.
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