Chine : Le piége dette-déflation

Les secousses qui ont affecté l’économie chinoise ont été suivies par des ventes boursières massives. Aussi la Réserve fédérale américaine vient-elle de reporter la hausse de ses taux d’intérêt. La Chine est confrontée maintenant à l’énorme défi que représente le piège dette-déflation un peu partout dans le monde.

En 1933, Irving Fisher a été le premier à pointer les dangers liés au surendettement et à la déflation en montrant que ces deux facteurs ont contribué à la Grande dépression aux USA.

Quarante ans plus tard, Charles Kindleberger a donné un caractère général à la théorie de Fisher en soulignant les problèmes qui se posent en l’absence de politiques monétaires, budgétaires et régulatrices coordonnées au niveau international, ainsi qu’en l’absence d’un prêteur de dernier recours à ce même niveau.

En 2011, s’appuyant sur le cas du Japon, Richard Koo a analysé les risques d’une “récession prolongée du bilan” quand un pays surendetté tente de redresser son bilan.
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La «Grande récession», temps de crise et crises du temps

Claudio Borio est l’un des économistes monétaires les plus provocateurs et intéressants qui soient. Basé à la Banque des règlements internationaux (BRI) à Bâle, Borio fait partie de cette poignée de personnes qui signalèrent la fragilité du système financier dès 2003, en tirant la sonnette d’alarme sur certains des développements préparant la crise qui éclata à l’été 2007. Il a publié un document de travail intitulé “The financial cycle and macroeconomics: What have we learnt?”.

Les opérateurs de marchés, les médias et les hommes politiques ont un point commun : leur horizon de temps est borné. De quelques minutes à quelques heures ou quelques mois. La prochaine transaction, la prochaine une, la prochaine élection. D’où une certaine difficulté, voire une difficulté certaine, à penser les temps de crise, qui sont aussi des crises du temps. D’où aussi la recherche éperdue de raccourcis, d’échappatoires, du « truc » qui fera qu’enfin, on en finisse, on en sorte. Alors que cette crise là, ni accidentelle, ni occasionnelle, ni conjoncturelle, prend son temps, s’éternise, se hâte lentement vers un dénouement incertain.

À ce jeu, on risque le contre-pied : la zone euro qui ne devait pas passer l’année 2011 puis l’été 2012 est toujours bien là. La crise n’a jamais été celle de la monnaie unique. Dernier refrain à la mode : Mario Monti a « échoué », et toutes les politiques « d’austérité » avec lui. C’est, voyez-vous, qu’en un an de « pouvoir » accordé chichement par une classe politique italienne aux aguets, « Il Professore » n’a pas révolutionné l’Italie ni mis fin à une décennie de stagnation économique ou rectifié vingt années d’illusionnisme politique. De quoi « s’indigner » en effet.

Relevons au passage que les politiques budgétaires et monétaires réclamées à grands cris par nos impatients ont été mises en œuvre au Japon, premier pays avancé confronté à cette « crise de bilan », depuis vingt ans. Sans résultats. Vingt ans !

À qui voudrait échapper à cet horizon bouché comme un ciel d’hiver parisien, on ne saurait trop recommander (avec retard) le texte que Claudio Borio a publié sur le site de la Banque des règlements internationaux (BRI), « la banque des banques centrales », sous le titre « On time, stocks and flows: Understanding the global macroeconomic challenges » (Du temps, des stocks et des flux : comprendre les défis macroéconomiques globaux).
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