Chine : Le yuan devient-il une véritable monnaie internationale ?

Les autorités chinoises procèdent à une montée en puissance graduelle de leur monnaie. Au travers des accords Swap passés avec la City et la Banque centrale européenne, le Yuan est désormais utilisé pour des transactions financières internationales.

Dans une nouvelle zone franche, qui sera ouverte à Shanghai d’ici quelques jours, il sera convertible sans que l’on connaisse jusqu’ici le détail des modalités de son application…


France culture

Margaret Thatcher: icône libérale… nullité économique

En 1990, Margaret Thatcher fut évincée du leadership du Parti Conservateur britannique. La Dame de Fer, dont le poster orne les toilettes pour hommes de tout Parti Libéral qui se respecte, mit sa considérable intelligence et son pragmatisme réputé au service du privé.

L’industrie du tabac vivait des heures difficiles. Les campagnes de santé publique commençaient à faire effet dans les pays Occidentaux, et Big Tobacco, qui tue chaque année deux pour cent de sa clientèle, voyait d’un œil inquiet les jeunes commencer à se détourner de la cigarette. Qu’à cela ne tienne. Maggie était là, et fut engagée par Philip Morris comme VRP de luxe dans les pays de l’Est et du Tiers-Monde, là où la jeunesse, mal informée, pouvait encore rêver du cow-boy Marlboro sans savoir qu’au moment même, après avoir témoigné en faveur d’une législation anti-tabac, celui-ci mourait d’un cancer du poumon à 52 ans.

Pour la somme coquette de 1 million de dollars par an, l’ancienne première ministre britannique mit sa notoriété et son carnet d’adresses au service de cette noble cause humanitaire. Les temps étaient durs, cependant, et 1 million de dollars par an, pour celle qui avait imposé l’austérité et la schlague aux plus faibles pendant des années, c’était un peu juste.

Aussi la City accueillit-elle avec enthousiasme quelques années plus tard la grande nouvelle.

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Le Big Bang de la fin de l’Eurozone et l’univers financier dans le monde d’après

Par Jean Claude Werrebrouck

La grande question sera celle du niveau de stress de la communauté financière mondiale. Et ce niveau dépend probablement du mode de passage de l’ancien au nouveau système. Sera-t-il le résultat d’une concertation et d’un plan opératoire ?  Et dans ce cas tous les pays seront-ils consultés ? Ou bien le passage s’opère- t-il  de façon sauvage, est le fait d’un ou plusieurs pays, selon un processus non coopératif, voire selon un mode panique ? Hélas la deuxième solution est celle qui devrait logiquement l’emporter.

La très difficile stratégie coopérative

Il est bien évident que la vitesse d’exécution des décisions constitue la variable clé d’un succès.

Il est aussi évident qu’une coopération pour le changement ne peut intervenir qu’au terme d’une analyse commune d’une situation dont on peut déjà anticiper les contours tant ils sont  apparents.

Du côté des forces sociales qui tenteront  de maintenir l’euro, nous aurons : les rentiers qui craignent le retour de l’inflation, les « hyper-consommateurs » de marchandises mondialisées éventuellement équipés de crédits à la consommation moins usuraires, les touristes ennemis de frontières prédatrices, mais aussi les entreprises de l’économie réelle qui ont vu disparaître avec l’euro les charges de couverture de change et les risques pays, mais enfin une grande partie des classes politiques qui, historiquement, ont milité pour la construction de la zone euro. Cela fait beaucoup de monde et cela explique que, malgré la violence de la crise, les sondages, y compris dans les pays les plus meurtris, restent très favorables au maintien de la monnaie unique. (74% des Italiens malgré les dernières élections restent favorables – selon l’institut IPSOS -  au maintien de leur pays dans la zone euro) [1].

Du côté des forces qui se manifestent en faveur de la liquidation, les éléments objectifs l’emportent sur la subjectivité des acteurs et, au-delà des entreprises laminées par la sous-compétitivité induite, c’est le constat de la saignée des pays victimes d’une dégradation très lourde des échanges extérieurs qui, malgré tous les plans de rigueur, ne peuvent refaire surface. Curieusement, la situation objective avec ses manifestations concrètes (entre autres chômage de masse, dette publique ingérable et évaporation de l’Etat-providence) n’altère  pas  les engouements enthousiastes en faveur de l’euro. Cela est peut-être dû au fait qu’un groupe de pays, ceux du nord, sont très favorisés par le système : taux de change plus faibles que celui d’un Mark hors Euro-zone, dévaluation interdite pour les partenaires moins compétitifs etc. mais faveurs qui n’apparaissent que sous la forme de récompense d’un comportement jugé vertueux.

De fait la grande difficulté est que – telle une drogue  les aspects séduisants de l’Euro sont très visibles alors que ses conséquences catastrophiques sont invisibles pour le citoyen non initié à la culture économique. Particularité que l’on retrouve par conséquent dans les sondages.

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Banques : Des bonus qui ne passent plus

Les aides astronomiques consenties aux banques européennes n’ayant pas permis de relancer la croissance, le climat change en Europe. La grogne monte contre les abus du secteur privé. L’opinion a soif de vengeance et les banquiers ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes, écrit un chroniqueur britannique.

Les paysans se soulèvent dans toute l’Europe. C’est après les banquiers qu’ils en ont, et ils ne plaisantent pas. Jusqu’à présent, la crise du crédit a suscité réprobation et perplexité. Les banques ont réussi à persuader le monde entier qu’il s’agissait d’un coup du sort. De fait, elles étaient “too big to fail” et leurs dirigeants trop irréprochables pour expier leurs fautes. En quatre ans, les banques britanniques ont reçu près de 500 milliards d’euros en fonds publics et en papier-monnaie. Elles ont remonté la pente, comme de bien entendu, et sont restées riches, tandis que tout le monde s’appauvrissait.

La colère gronde. Ni le secteur bancaire, ni le gouvernement n’ont été capables de redresser la situation. Les gens ont soif de vengeance, et contre toute attente, c’est le Parlement européen qui leur permet de l’assouvir en déclarant que les banquiers européens ne pourront pas percevoir de bonus supérieurs à leur salaire – ou deux fois supérieurs à celui-ci s’ils obtiennent le feu vert des actionnaires. Une disposition valable partout et pour tout banquier étranger travaillant au sein de l’UE.

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Courtes considérations sur le fil du temps historique…

… des dis-simulations et impostures policières de la marchandise
et sur ce qui a conduit à l’étrange renonciation spectaculaire de Benoit XVI.

Par Francis Cousin

Priez pour moi, afin que je ne me dérobe pas, par peur, devant les loups.
Première homélie dominicale de Benoit XVI

« La dépréciation du monde des hommes augmente en raison directe de la mise en valeur du monde des choses. »
K.Marx, Manuscrits de 1844

Ce n’est certes pas un hasard si Marx écrivit sa célèbre Question juive en 1843 comme une sorte de préambule nécessaire à toute la Critique de l’économie politique qui allait suivre puisqu’il lui fallait éclaircir pour quelles raisons le prêt à intérêt de l’Ancien Testament a été si longtemps interdit dans l’Occident intimement agrarien de la chrétienté catholique et pour quel motif cela n’a pu changer qu’avec le mouvement historique de la Réforme urbaine qui a tout à la fois édulcoré le caractère propre des indisciplines du Nouveau testament et porté ce principe que l’argent doit circuler au profit de l’ensemble des hommes puisque le gain est la besogne et le bon-heur de l’homme dépouillé de lui-même…

Les êtres humains qui craignent la dynamite subversive de la vraie pensée communarde ne redoutent finalement que peu de textes aujourd’hui en circulation puisque la foire éditoriale courtisane n’offre décidément en son infinité quantitative nul risque d’interrogation dérangeante sur le marché des librairies normalisées.

Aujourd’hui, c’est exclusivement dans les espaces désobéissants qui échappent aux pollutions courantes de l’abrutissement universitaire et médiatique de la marchandise que les esprits de lucidité trouvent ce qu’ils cherchent en recherchant ce qu’ils dé-chiffrent.

Le développement modernisateur de la dictature spectaculaire de la marchandise, éclairé par le jansénisme de la comptabilité et par les lumières maçonniques des architectures du profit, n’a pas seulement produit la révolution judéo-protestante qui a conduit aux novations théologiques de Vatican II, il a surtout marqué que le règne autocratique de l’argent qui avait désormais atteint un seuil d’omnipotence absolu faisait aussi de la banque vaticane un lieu majeur de l’outrance financière mondiale, de ses manoeuvres, ténèbres et étrangetés.

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Le démantèlement de Nyse-Euronext sonne le glas de Paris Place financière

La Bourse de Paris sera -t-elle demain à l’Europe ce que la Bourse de Nantes fut à l’Hexagone, terriblement province et marginale… avant d’être estompée du paysage financier ?

Par Patrick Arnoux

“Un pays, c’est un drapeau et une Bourse”avait coutume de dire l’un des grands banquiers de la place.

Alors, pauvre France, dont la chronologie boursière traduit une terrible descente aux enfers : il y a 20 ans, la Bourse de Paris comptait 786 entreprises cotées contre 586 en 2011. A cette époque, la capitalisation boursière de Paris représentait 78 % du PIB de la France contre 54 %.

Entretemps, les actionnaires ont déserté la bourse par millions. Attrition en forme de rude constat :

le premier marché boursier de la zone euro ne remplit plus son rôle de financement de l’économie. Quelques chiffres suffiraient pour démontrer le déclin alarmant de la place financière de Paris, et surtout sa déconnexion de l’économie réelle :

les sociétés cotées se finançaient en 2001 pour 26,9 % grâce à la Bourse, cette proportion a chuté à 5,4 % l’an passé comme le démontre la brutale baisse des levées de fonds : en 2012, une dizaine de PME ont levé 235 millions d’euros, contre dix fois plus – plus de 2,5 milliards – il y a six ans. Pire, l’an passé, les départs furent plus nombreux que les arrivées.

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Royaume-Uni : austérité inefficace et croissance revue à la baisse

par Charles Sannat

Vous le savez, j’adore nos amis anglais, c’est une vieille tradition entre nos deux nations, dont l’amitié doit remonter quelque part à la guerre de Cent Ans. Bref, quand les Français se font ratatiner, c’est en général pour le plus grand plaisir souvent mal dissimulé de nos grands « zamis » de la perfide Albion.

Remarquez que, pour être honnête, l’inverse est également vrai. Chaque souci britannique est souvent accueilli avec un sourire en coin par nous autres mangeurs de grenouilles. En cas de victoire du XV de France sur l’Angleterre, nous sommes en général beaucoup plus heureux que de raison, mais que voulez-vous, des raisons nous en avons !!

Tenez, par exemple, en deux mois, les Grands-Bretons nous ont embêtés deux fois avec une histoire vaseuse de tapis rouge qui leur servirait prétendument à accueillir nos exilés fiscaux boutés hors de France par les forces socialo-communistes (qui ne sont parfois pas si loin que cela, je vous le concède). Franchement, un Anglais ne pourra jamais comprendre un Français, et inversement.

Je vais de temps en temps à Londres. Pas parce que j’aime Londres (il ne faut pas le dire), non, uniquement à des fins de séjours ethnographiques afin d’étudier l’une des dernières populations au monde heureuse d’avoir une reine et de chaque grossesse princière (enfin, ce n’est pas le prince qui est enceinte mais la princesse, vous l’aurez compris en cette période de mariage pour tous).

Cette population en liesse remercie chaque jour ses Lords (des espèces de nobles n’ayant pas été encore raccourcis par une guillotine lors d’une révolution) de posséder entre 60 et 80 % du sol du royaume, ce qui leur permet non pas de vendre de l’immobilier mais une espèce de bail emphytéotique de quelques années ou décennies depuis plusieurs siècles… Et ça continue, ce qui explique que des Anglais achètent en France, notamment en Dordogne, mais pas chez eux où ils n’en ont pas et n’en auront jamais les moyens.

Que voulez-vous, c’est comme ça. Depuis Thatcher, ils ont décidé de supprimer toutes les aides ou presque… Franchement, ils ne se portent pas forcément beaucoup mieux que nous, surtout que l’une de leurs grandes sources de richesses c’est désormais la place financière de Londres (la City) dont hélas, il faut renflouer quelques acteurs avec l’argent du contribuable quelque peu saigné ces derniers temps quel que soit le pays. Alors ces Anglais peuvent toujours nous donner des leçons. Certaines choses, ils les réussissent mieux, pour d’autres ce n’est pas le cas, et le temps est le meilleur des égalisateurs.

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Jeunes et fébriles : les nouveaux maîtres de l’Europe

D’un clic, les jeunes traders de la City peuvent faire tomber des gouvernements ou menacer la survie de l’euro. Mais, de leur propre aveu, ils ont du mal à interpréter les signaux confus en provenance des dirigeants européens et jouent la prudence, dans un cercle vicieux qui alimente la crise de la dette.

James Konrad, un jeune homme de 27 ans appliqué et bien élevé, a un temps gagné sa vie dans une société de paris sportifs, à mesurer l’influence d’une piste boueuse sur le galop des chevaux de course. Mais aujourd’hui, c’est sur les sables mouvants de la politique européenne qu’il parie.

Chaque jour, James Konrad peut négocier jusqu’à trois milliards de livres [3,8 milliards d'euros] d’obligations de la zone euro pour le compte de la Royal Bank of Scotland. En sport comme en finance, les paris sont incertains, mais la différence tient aux sommes largement supérieures qu’il manipule aujourd’hui – et qui semblent le stupéfier lui-même. “Comment faire comprendre à quelqu’un qu’on a réalisé des transactions à hauteur d’un milliard ? s’interroge James Konrad. Un milliard… On se perd facilement dans les zéros.”

Le marché des obligations s’est imposé comme un acteur formidable de la crise économique européenne, incarnant ce remarquable transfert de pouvoir qui s’est opéré au détriment des politiques et au profit des investisseurs et d’une cohorte relativement obscure de banquiers. Par le verdict qu’ils rendent collectivement tous les jours, ils ont le pouvoir de renverser des gouvernements et ont droit de vie et de mort sur l’euro.

Parole d’évangile

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La City contre-attaque : ouverture du front français

L’Angleterre a mal à son économie. Elle a mal à ses banques. Elle a très mal à son Libor. Elle ne va donc pas bien. Ne s’agirait-il que de la “Crise” on compatirait, sans plus ! Mais le mal-être de l’Angleterre vient d’ailleurs. On commence à parler de sabotage, d’infiltrations malhonnêtes, de manipulations glauques. On dit que les Français n’y sont pas étrangers !

La bataille de Crécy, enluminure issue des chroniques de Jean Froissart

On voyait bien que le Premier Ministre anglais s’efforçait de donner le change, provocateur à déployer des tapis rouges pour les entrepreneurs français, séducteur pour faire venir les nouveaux Emigrés. On l’entendait bien porter haut et fort la défense et l’illustration des banques de la City. C’est vigoureusement qu’il annonçait qu’en aucune façon, il n’accepterait des réglementations “malthusiennes“, “contraires à l’esprit d’entreprise“, ” étrangères à la philosophie libérale“, “… à l’exigence d’ouverture de l’Union européenne“. Il était prompt toujours à revendiquer l’application des règles de cette Union qu’il avait toujours combattue et, tout à la fois, à les dénoncer comme autant de menaces contre la noble et doublement séculaire Banque anglaise.

On pensait l’Angleterre hors-jeu.

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Réponse à Marc Rousset : l’Europe meurt, et c’est tout

Par Michel Drac

L’Europe se dirige à terme vers une union carolingienne, nous dit monsieur Marc Rousset. Personnellement, je ne demande qu’à le croire. Autant l’empire thalassocratique anglo-saxon me répugne, autant le Saint Empire me convient. Je l’avoue : ce qui m’intéresse dans la France, c’est qu’elle fut la matrice de l’Europe. En réalité, quand je défends la France, je défends cette matrice. Le but, c’est de sauver l’Europe, c’est-à-dire l’idéalisme philosophique incarné dans le politique. Je l’ai écrit dans un petit bouquin commis il y a quelques années (Céfran). Je ne renie rien de ce que j’ai écrit. MAIS…

Mais le « petit » problème dans le propos de monsieur Rousset, c’est tout simplement que l’Europe ne prend pas du tout cette direction-là.

A vrai dire, l’Europe ne prend aucune direction.

Et la responsabilité de cet état de fait incombe principalement à l’actuel gouvernement allemand.

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Comment Margaret Thatcher a marqué l’Angleterre

Alors que sort sur grand écran un film sur sa vie, Margaret Thatcher revient à la mode en Grande-Bretagne. Pourtant, le bilan économique et social de la “Dame de fer” est noir. Et la haine qu’elle a suscitée dans les franges populaires est toujours aussi vivace.

Ce mercredi (15 février) sort sur les écrans le film sur Margaret Thatcher, La dame de fer ”, avec dans le rôle titre Meryl Streep. Celle qui a régné pendant onze ans sur le Royaume-Uni est sans doute la plus contestée des Premiers ministres britanniques. Son arrivée au 10 Downing Street en mai 1979 a marqué un tournant dans l’histoire du pays. Retour sur les années Thatcher.

L’homme malade de l’Europe

Depuis le milieu des années 1950, le Royaume-Uni est confronté à des problèmes économiques persistants: déficit commercial, déficit de la balance générale des paiements, endettement croissant, inflation galopante et sous-productivité. Le pays perd du terrain face à ses voisins: le taux de croissance moyen est de 2,8% dans les années 1960 alors que la France et l’Allemagne enregistrent des croissances de 5%. Durant cette période, les gouvernements travaillistes et conservateurs qui se succèdent appliquent des politiques de relance, qui entraînent un regain d’inflation, puis des politiques de rigueur afin de casser l’inflation. Cette stratégie dite de “stop and go” sclérose l’investissement des entreprises.

Le choc pétrolier de 1973 aggrave la situation. L’inflation atteint alors 25%. Le Royaume-Uni passe pour l’homme malade de l’Europe. En 1976, le gouvernement travailliste est contraint de solliciter l’aide du FMI à hauteur de 4 milliards de dollars, une somme alors importante. En contrepartie, le Premier ministre de l’époque, James Callaghan, engage une politique déflationniste de compression de la masse monétaire et de réduction des déficits publics. Il obtient temporairement le soutien des syndicats qui acceptent une limitation des hausses de salaires. Fin 1978, alors que la croissance est revenue, les mêmes syndicats refusent la limitation à 5% des hausses de salaire et entament un grève de cinq mois (d’octobre à février 1979).

C’est dans ce contexte qu’ont lieu les élections législatives. Margaret Thatcher, qui dirige les Tories – le parti conservateur – depuis 1975, fait campagne sur la stigmatisation du “socialisme rampant” imposé par des syndicats tout-puissants. Elle promet de combattre l’inflation et d’encourager le libre marché. Elle obtient une victoire marquée (44% des voix contre 37% aux travaillistes), moins par adhésion de la population à son programme néolibéral que par un ras-le-bol du consensus Etat-patronat-syndicats. Et met aussitôt son programme en application: réduction des dépenses publiques, forte hausse des taux d’intérêts de la banque d’Angleterre pour comprimer l’inflation, suppression de l’encadrement des salaires et des prix.

Libéralisation à marche forcée

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