« Faut-il renoncer à la démocratie ? »

Par Alexandre Latsa

« Faut-il supprimer la démocratie » est une citation du « sage et démocrate » Jacques Attali. Celui-ci a en effet le 18 mars dernier signé un article absolument incroyable où il pose la question de l’opportunité de songer à appuyer, aider et compléter les structures et institutions démocratiques afin de pérenniser leur efficacité.

Jacques Attali prend l’exemple de l’élection verticale et à vie du pape, puis de l’élection de la nouvelle présidence chinoise pour 10 ans, en remarquant que les deux fonctionnent selon le principe du parti unique, en portant au pouvoir quelqu’un du sérail sans consulter le peuple. Ensuite, il constate les échecs du système démocratique italien incapable de permettre l’émergence d’un gouvernement stable après les élections législatives du mois dernier. L’Italie serait d’après lui l’exemple type de l’échec du fonctionnement des systèmes démocratiques, le politique étant contraint de sacrifier l’avenir à long terme du pays (en aggravant la situation économique) pour assurer sa réélection.

Serait-il tombé sous le charme des partis uniques parce que la démocratie montre ses limites? Pas du tout, il propose une troisième voie. Construire (en parallèle des institutions démocratiques) de nouvelles assemblées consultatives, composées de gens choisis, qui nommeraient des responsables à des niveaux plus élevés, ces derniers constitueraient une assemblée consultative nationale, en charge de conseiller les pouvoirs démocratiques. Ces assemblées seraient toujours selon lui destinées à équilibrer des pouvoirs politiques qui seraient mieux en mesure d’exécuter leur mission: la gestion de la « cité ».

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La Finlande ne veut plus sauver de banques avec de l’argent public

La population du pays, le dernier de la zone euro noté “triple A”, se montre de plus en plus hostile à la participation finlandaise aux plans de sauvetage des pays en difficulté.

Angela Merkel et Jyrki Katainen, premier ministre finlandais

La Finlande a appelé mardi à épargner les contribuables de la zone euro dans les plans de sauvetage des banques européennes à l’avenir, estimant que les actionnaires et les créanciers devaient s’acquitter de la facture.

“Partout en Europe, nous devrions passer à une économie de marché normale, dans laquelle les propriétaires et les investisseurs accusent des pertes en cas de faillite d’une banque”, a déclaré mardi le Premier ministre Jyrki Katainen dans un discours sur l’Europe prononcé à Helsinki. Il a souhaité que l’union bancaire européenne, en cours de création, en fasse un principe fondateur, sinon “nous resterons dans la situation actuelle dans laquelle le contribuable paie de ses deniers les crises bancaires”, a-t-il précisé aux journalistes après le discours.

Katainen a dit vouloir que les décisions sur l’union bancaire soient prises dans l’année.

Après le discours, l’entourage du chef du gouvernement a précisé que le plan de sauvetage de Chypre était considéré par la Finlande comme un cas “unique”, et non comme un modèle à suivre dorénavant. Cet entourage a aussi rappelé que le gouvernement tenait à la protection des petits épargnants (moins de 100 000 euros). Les propos de Katainen interviennent au lendemain de la polémique créée par le président de l’Eurogroupe, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, qui a d’abord affirmé qu’il faudrait éviter de “faire porter sur les épaules du public” le coût des sauvetages de banques, avant de préciser que chaque pays était unique, et que Chypre était “un cas spécifique”.

Mardi matin, Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), a jugé que Dijsselbloem avait “eu tort” de sembler faire de Chypre un modèle. La population de la Finlande, le dernier pays de la zone euro noté “triple A” par des agences de notation, se montre de plus en plus hostile à la participation finlandaise aux plans de sauvetage des pays en difficulté. Selon un sondage récent, réalisé à la demande de la chaîne de télévision publique YLE, la moitié des Finlandais ne veulent plus financer de plans de sauvetage, même si le résultat doit être la dissolution de la zone euro.

LePoint.fr

Chypre : Taxe sur les dépôts bancaires ou hold-up généralisé ? (Màj)

3000 étudiants manifestent contre le plan de sauvetage cypriote

  • Après Chypre, l’Italie fait chuter les marchés. A Milan, où l’indice phare dévisse de 2,50 %, les investisseurs s’inquiètent d’une possible dégradation de la note souveraine par Moody’s alors que Pier Luigi Bersani mène actuellement des consultations pour tenter de former un gouvernement. Le marché s’interroge aussi sur un éventuel précédent chypriote. (Les Échos)
  • Chypre : les mesures du plan de sauvetage détaillées (Le Monde)

Les autorités chypriotes mettront en place une restriction des mouvements de capitaux, pour éviter la fuite des capitaux, notamment étrangers. Il s’agit surtout de capitaux russes et britanniques, qui étaient placés à des taux très attrayants dans les banques chypriotes.

  • Chypre sacrifie ses banques pour éviter la faillite (Les Échos)



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Frédéric Lordon: « l’Union Européenne a laissé ses banques faire n’importe quoi »

Marianne: Que pensez du plan de sauvetage de Chypre présenté par la troïka, Union européenne, Banque centrale européene et FMi, visant à taxer les comptes courants?

Frédéric Lordon : L’Europe nous a certes habitué à son attraction pour le pire, mais on ne pensait tout de même pas qu’elle pourrait aller jusque là. Il y a donc à Bruxelles, Commission et Conseil confondus, un don pour la performance herculéenne – en l’occurrence : comment transformer un problème de la taille d’un confetti en potentielle déflagration nucléaire? Pour réussir pareil exploit, il faut produire une solution qui, très au delà des intéressés – les déposants des banques chypriotes –, soit de nature à frapper, mais catastrophiquement, les esprits dans toute la zone européenne.

C’est précisément ce que réussit l’extravagante idée de renflouer les banques en taxant les dépôts, c’est-à-dire en envoyant urbi et orbi le signal tout à fait explicite qu’aucun déposant européen n’est plus en principe à l’abri de voir ses encaisses mises à contribution pour rattraper les petits déboires des banques. Aurait-on voulu provoquer une panique bancaire et un run sur les dépôts dans tous les pays où la situation des banques, loin d’être réglée, appellera probablement de nouvelles opérations de sauvetage – on pense en particulier à l’Espagne –, qu’on ne s’y serait pas pris autrement.

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L’Espagne veut aussi instaurer une taxe sur les dépôts bancaires

Madrid pourrait lever auprès des banques une taxe de 0,2 % sur le montant des dépôts qu’elles détiennent. L’Espagne affirme que cet impôt nouveau n’a rien à voir avec celui de Chypre. Mais ce n’est pas l’avis de tout le monde…

Par Romaric Godin

Cet impôt ne sera pas en effet directement levé auprès des épargnants,

mais il sera levé sur les banques. Ce sont ces dernières qui se verront imposées sur l’ensemble de leurs dépôts. En théorie donc, les clients ne seront pas touchés.

(…) En ne frappant pas les épargnants directement, cette taxe ne devrait pas créer de panique. En Europe, elle est, du reste, demeurée inaperçue au milieu de l’affaire chypriote. Mais il n’empêche : Jaime Becerril, analyste chez JP Morgan, estime que cette taxe est « risquée » et arrive « à un bien mauvais moment. »

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La bombe de la dette vient de grossir

Traduction par notre lecteur Boreas d’un article de Max Keiser, paru le 18 mars 2013 sur le site Russia Today.

Le montant mondial de la dette dépasse l’ensemble des dépôts bancaires dans le monde, et la situation financière actuelle à Chypre est l’inévitable prochaine phase : la confiscation.

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Toute prétention à une « titrisation » de la croissance par les banquiers centraux ou la finance mondiale en conditionnant et reconditionnant la dette, en hypothéquant et ré-hypothéquant la dette, en régulant et en re-régulant la dette, est désormais révolue.

Depuis le début de la reprise du marché obligataire dans les années 1980 (oui, c’est si vieux que ça), les banques centrales et la finance mondiale – le FMI, l’UE et la BCE, pour n’en nommer que quelques-uns – et leurs frères de Wall Street et de la City de Londres ont fait face à chaque crise par une augmentation de la dette et une extension de la maturité de la dette.

Le résultat a été – en 2007 – la plus haute montagne de dette au bilan et hors bilan dans l’histoire : une dette astronomique de 220.000 milliards (si l’on inclut toutes les dettes publiques, privées et contingentes des programmes de prestations non financés) dans l’économie américaine seule, avec ses 14.000 milliards de dollars de PIB. Le volume des dérivés mondiaux de la dette se situe maintenant à plus de 1.000.000 de milliards de dollars, surfant sur un PIB mondial d’environ 60.000 milliards de dollars.

Mais à partir de 2007, puis devenant spectaculairement apparente en 2008 avec la faillite de Lehman Brothers, la capacité des contribuables du monde entier à payer les intérêts ou le principal de la dette a heurté un mur de briques.

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Jacques Attali : « La France n’est pas menacée car notre dette est encore sous contrôle »

Toute dette n’est qu’un impôt retardé – La taxe cypriote de 6,5 % sur les petits dépôts c’est exactement ce que paie un épargnant français sur son dépôt en 3 ans, par l’inflation – D’une façon ou d’une autre, une dette doit être payée, que ce soit par l’inflation ou par l’impôt – Chypre n’est qu’un tout petit laboratoire des problèmes que nous avons devant nous – La question des paradis fiscaux va se poser pour d’autres pays (l’Angleterre, le Luxembourg, l’Italie…)

Europe : Des médicaments dangereux dans les plats cuisinés

L’affaire touche désormais l’Allemagne, avec un premier cas avéré dans des lasagnes surgelées. Plusieurs carcasses de chevaux provenant d’abattoirs du Royaume-Uni et contenant des traces de phenylbutazone, un anti-douleur proscrit dans l’alimentation, ont été envoyées en France et sont “peut-être entrées dans la chaîne alimentaire”, ont annoncé jeudi 14 février les autorités britanniques.

Après le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, des traces de viande chevaline ont également été retrouvées en Norvège et en Suisse. A Chypre, les autorités ont annoncé qu’un supermarché local avait détruit par mesure de précaution 16 tonnes de steaks hachés, de crainte qu’ils ne contiennent de la viande chevaline.

Outre 2.500 tests ADN à travers toute l’Europe sur les plats au bœuf, on demande aux États de procéder à quelque 4.000 contrôles pour détecter la présence éventuelle de phénylbutazone, un anti-inflammatoire pour les chevaux, qui rendrait la viande impropre à la consommation.

Les chevaux sont couramment traités au phénylbutazone – un antidouleur qui sert notamment à soulager leurs souffrances squeletto-musculaires, par exemple en cas de boitement.
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Sapir : “La Grèce sera en cessation de paiement d’ici juin”

Jacques Sapir aborde l’accord européen de Février 2013 sur le budget européen, le sauvetage financier de Chypre qui se présente d’ici fin mars, la cessation de paiement de la Grèce d’ici juin, la situation politique et économique de l’Italie et la guerre des monnaies.


(Merci à Pierre)

Chypre : Un défaut de « l’île des mafieux Russes » entraînerait un risque systémique pour la zone euro

Mario Draghi, le patron de la Banque Centrale Européenne, s’inquiète des effets désastreux d’un défaut de Chypre pour la zone euro. Chypre a réclamé un plan de sauvetage à l’UE au cours de l’été dernier, et elle pourrait nécessiter 17 milliards d’euros, soit près de 100% de son PIB, mais l’UE traîne des pieds pour accorder cette aide.

Les Sociaux Démocrates allemands refusent d’accorder un bailout à Chypre, affirmant qu’ils ne veulent pas soutenir « le crime organisé », ce qui place la Chancelière Angela Merkel dans une position délicate.

Un rapport confidentiel du BND, l’agence allemande du renseignement extérieur, affirmait que des magnats russes établis à Chypre seraient les premiers bénéficiaires éventuels de l’argent du plan de sauvetage, s’il était accordé.

Environ 80 oligarques russes ont obtenu la nationalité chypriote et se seraient ainsi établis sur le territoire de l’UE. Leur fortune est souvent issue d’activités mafieuses et ils trouveraient à Chypre les conditions idéales pour blanchir leur argent sale : la possibilité de faire appel à des sociétés écrans anonymes, des banques complaisantes, et une fiscalité qui fait que, pour beaucoup, Chypre est un paradis fiscal.
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Bonne Épiphanie à tous !

Épiphanie est un mot d’origine grecque, Ἐπιφάνεια (Epiphaneia) qui signifie «manifestation» ou «apparition». L’utilisation du terme est antérieure au christianisme. Les Épiphanes sont, dans la culture grecque, les divinités qui apparaissent aux hommes, comme Zeus, Athéna, Hermès, Héra, Poséidon, Déméter, Héphaïstos, Aphrodite, Arès, Artémis, Hestia, Dionysos, Apollon…

Jacob Joardens  (1593 – 1678), Le Roi boit, v.1640.

À l’origine, L’Épiphanie, fait partie du cycle de Noël et tire son fond et son sens des célébrations païennes de la Lumière. En effet, Noël, avant d’être un jour, est d’abord un cycle. Celui-ci atteint son apogée au jour marquant le solstice d’hiver, le 22 décembre.

Cette nuit du solstice — la plus longue de l’année — annonce le rallongement des jours et — par extension — la renaissance de la Lumière censée être à l’origine de toutes choses.

Puis la célébration se prolonge durant un nombre de jours hautement symbolique : 12 jours et 12 nuits. Le nombre 12 représentant entre autres la Totalité (12 mois, 12 heures, 12 Dieux Olympiens, 12 Tribus d’Israël, 12 Apôtres, etc.) Le cycle prend fin le 6 janvier. C’est à ce moment que les jours commencent à s’allonger de façon sensible, que la promesse de la nuit solsticiale est tenue. On célèbre alors l’Épiphanie, la manifestation de la Lumière. Par sa forme ronde et sa couleur dorée, la galette symbolise le soleil.
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Olivier Delamarche : « Tous les moteurs s’arrêtent les uns après les autres »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 26 juin 2012 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Bourse.

« On attend un nouveau Quantitative Easing aux USA pour que la bourse puisse continuer à faire mumuse – Des Länders allemands sont en faillite – Les politiques sont totalement incapables de nous sortir de là où ils nous ont mis – La sortie de la Grèce de la Zone Euro ne serait pas une catastrophe épouvantable – La récession qui arrive va être extrêmement dure et violente. »

Banques : “possibilité sérieuse” que Chypre ait besoin d’une aide de l’UE

Le gouvernement chypriote a reconnu mardi qu’il existait “une possibilité sérieuse” que Chypre ait besoin d’un soutien financier de l’Union européenne pour son système bancaire, très exposé à la crise grecque.

“La mise en place d’un mécanisme financier de stabilité pour aider le système bancaire, en raison de problèmes liés à une exposition excessive des banques à la Grèce, est une possibilité sérieuse”,

a déclaré à la presse le porte-parole adjoint du gouvernement, Christos Christofides.

Il a souligné que ce recours éventuel visait uniquement à “soutenir le système bancaire”.

Le gouverneur de la Banque centrale de Chypre, Panicos Demetriades, avait déjà affirmé ces derniers jours que son pays n’était pas loin d’une demande d’un plan de sauvetage européen pour son système bancaire.

Les banques chypriotes, très présentes en Grèce, détenaient en masse des obligations de l’Etat grec dont elles ont vu la valeur réduite à néant après l’opération de restructuration de la dette grecque.

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De quoi l’Europe souffre-t-elle ?

Lisbonne, Portugal – Ici, tout va très mal puisque le taux de chômage dépasse les 13 pourcent. C’est encore pire en Grèce, en Irlande et d’une certaine façon en Espagne et l’Europe toute entière semble glisser vers une nouvelle récession.

Pourquoi l’Europe est-elle devenue le malade de l’économie mondiale ? Tout le monde connaît la réponse. Malheureusement, la majeure partie de ce que les gens savent n’est pas la vérité - notre discours économique est plein d’histoires fausses quant aux maux dont souffre l’Europe.

Si on lit un éditorial à propos de l’Europe - ou, comme trop souvent, un article censément factuel - on y rencontrera très certainement l’un des deux récits que je me représente comme le récit républicain et le récit allemand. Aucune de ces deux histoires ne colle à la réalité.

Le récit républicain - et c’est l’un des thèmes centraux de la campagne de Mitt Romney - veut que l’Europe ait des problèmes car elle en a trop fait pour aider les pauvres et les moins chanceux, et que nous assistons aux derniers souffles de l’état Providence. D’ailleurs, cette histoire est une histoire révérée par les républicains depuis très longtemps : en 1991, lorsque la Suède souffrait d’une crise bancaire causée par les dérèglements (ça vous rappelle quelque chose ?), le Cato Institute a publié un rapport triomphant démontrant que c’était l’échec du modèle de l’état Providence.

Ai-je mentionné le fait que la Suède, qui possède toujours un état Providence très généreux, est aujourd’hui un pays ultra performant, avec une croissance économique plus rapide qu’aucun autre pays développé ?

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Moody’s menace le AAA de la France

Addendum vidéo

L’agence d’évaluation financière Moody’s a annoncé lundi 13 février au soir qu’elle envisageait d’abaisser à moyen terme la note de solvabilité maximale (Aaa) qu’elle attribue à la France, à la Grande-Bretagne et à l’Autriche, et a abaissé celle de six autres pays européens. Moody’s a publié un communiqué sanctionnant neuf pays de l’Union européenne susceptibles, selon elle, d’être affectés “par les risques financiers et macroéconomiques grandissants émanant de la crise de la zone euro”.

Un mois jour pour jour après que sa concurrente Standard and Poor’s a privé la France et l’Autriche de leur triple A, l’agence américaine a annoncé qu’elle donnait désormais une perspective “négative” au “Aaa” qu’elle-même attribue à la France, à la Grande-Bretagne et à l’Autriche. L’annonce de Moody’s intervient également au lendemain du vote en Grèce du programme d’austérité exigé par les créanciers du pays, qui devrait aboutir à l’adoption par la zone euro d’un plan de sauvetage d’une ampleur sans précédent dans le monde.

Moody’s a aussi annoncé l’abaissement des perspectives des dispositifs publics de soutien aux banques françaises. “Moody’s a modifié à négative les perspectives de la note AAA attribuée à la SFEF et à la SPPE, conformément à la modification de la perspective de la note de crédit française”, souligne l’agence de notation américaine dans un communiqué. Après la faillite de la banque d’affaires américaine Lehman Brothers en 2008, le gouvernement français avait mobilisé une enveloppe globale de 360 milliards d’euros, dont 320 milliards d’aide à la liquidité via la Société de financement de l’économie française (SFEF) et 40 milliards pour le renforcement des fonds propres via la Société de prises de participation de l’Etat (SPPE).

PARIS ET LONDRES PRENNENT ACTE

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Le défi grec : un délai et des obstacles inédits

La Grèce n’est pas le premier Etat à devoir réduire son déficit de 10 points de PIB. D’autres y sont parvenus au cours des quarante dernières années. Mais leur exemple ne suffira pas à rassurer Athènes, qui fait face à un délai et à des obstacles inédits.

En échange du plan de sauvetage sans précédent de 110 milliards d’euros, la Grèce s’engage à suivre une cure intensive d’austérité. Ce plan vise à faire passer le déficit de 13,7% à 3%, et ce, en deux ans… Un programme ambitieux, certains diraient impossible… Pourtant, d’autres pays, comme l’Irlande, la Suède ou la Finlande, ont réussi par le passé à réduire leur déficit.

Ceux qui ont réussi…

Le rapport sur les finances publiques publié par le FMI en novembre 2009, liste les efforts de réajustement budgétaire d’une vingtaine de pays au cours des 30 dernières années (voir le tableau complet ci-dessous).

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Grèce : les 3 mensonges des médias et des experts (1)

«Les Grecs vivent au dessus de leurs moyens.» «L’économie allemande est plus vertueuse.» «L’Euro nous protège de la crise.» Ces trois affirmations font partie du mantra néolibéral répété en boucle par les économistes invités sur les plateaux. L’économiste Jacques Sapir démolit consciencieusement ces pétitions de principe.

La Grèce serait l’homme malade de la zone Euro

Les récents événements en Grèce et dans la zone Euro ont donné lieu à beaucoup de commentaires, au sein desquels on peut constater que certains mythes ont la vie (très) dure. Sans prétendre leur faire la peau définitivement, il convient de rappeler ici certains faits, par sympathie pour les travailleurs grecs mais aussi par amour de la vérité.

La presse allemande, et même française, a usé de termes, en réalité, bien plus injurieux. On se souvient des « cueilleurs d’olives » et même de l’exécrable calembour (la « mauvaise Grèce ») par lequel un quotidien français s’est déshonoré. Il convient de rétablir ici les faits.

Un pays se juge à sa productivité du travail. Mais, cette dernière dépend aussi des activités qui dominent dans ce pays. Ainsi, les services non financiers ont-ils une productivité plutôt basse, tandis que l’industrie a une productivité qui, toutes choses étant égales par ailleurs, est plus élevée. Les services financiers aujourd’hui sont l’activité dont la productivité est la plus forte, sans d’ailleurs que cela ne préjuge de leur contribution réelle à la richesse du pays ou de leur utilité. La Grèce est plutôt une économie de services (le tourisme et les services associés), avec aussi un secteur agricole qui – pour des raisons géographiques – est plutôt intensif en travail qu’en capital. Or la productivité de la Grèce, en dépit de tous ces facteurs, est loin d’être ridicule (graphique 1).

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Restaurer la souveraineté monétaire

Par Jean Claude Werrebrouck

Comment solder les différences de niveaux de prix intra européens, lorsqu’a disparu l’arme de la dévaluation ? La réponse classique consiste à prôner la déflation salariale – entendre blocage ou baisse des salaires, qui entraînerait une baisse relative de l’inflation et des coûts par rapport à la zone euro et permettrait de restaurer la compétitivité des économies du sud. En clair, plusieurs années d’éreintantes vaches maigres en perspective.

L’économiste Jacques Delpla, reprenant une étude d’Olivier Blanchard, du FMI, propose une mise en œuvre à marche forcée de ce programme. Les États du sud, propose-t-il, devraient imposer une réduction coordonnée des salaires et des prix, de l’ordre de 10 à 30%. Jean Claude Werrebrouck s’inquiète des conséquences de cette mesure « abracadabrantesque », aux effets de bord imprévisibles, et qui de plus aurait pour conséquence remarquable d’être favorable aux rentiers. Face à la grande crise qui menace, le temps n’est plus aux bricolages, juge-t-il : il convient de « rétablir la souveraineté monétaire ».

L’économiste en chef du FMI, Olivier Blanchard, propose de sanctionner les « GIPEC » (Grèce, Irlande, Portugal, Espagne et Chypre), encombrants passagers clandestins du navire Euro. Puisqu’il est impossible de les « amincir » par des progrès rapides de productivité, leur permettant tout à la fois de rétablir l’équilibre extérieur, le plein emploi et l’équilibre des comptes publics, il faut en monnaie unique, passer par une dévaluation interne. Le schéma proposé est ambitieux. Puisque la monnaie unique interdit toute manipulation de la valeur externe de la monnaie, il est urgent de procéder à une révolution des prix internes.

Concrètement il s’agit d’une déflation imposée et généralisée des prix, et si possible déflation coordonnée pour assurer l’homothétie du recul. Plus concrètement encore il est proposé une baisse générale, par exemple de 30%, de tous les prix, salaires, loyers, transferts sociaux, retraites, etc.

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