Le crash du MH17 déstabilise la planète finance

De Tokyo à New York en passant par Paris et Francfort, toutes les places boursières mondiales ont dévissé après le crash de l’avion de ligne malaisien en Ukraine. La tragédie s’ajoute à la crise au Proche-Orient et fait craindre le pire pour l’économie mondiale.

La peur s’installe sur les places financières mondiales. Depuis l’annonce du crash d’un avion de ligne malaisien en Ukraine, apparemment abattu par un missile, la tension est montée d’un cran, illustrée par la chute des principales places boursières de la planète.

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Le secteur du bâtiment prévoit 35.000 pertes d’emplois en 2012

Le secteur du bâtiment, “en situation d’urgence », prévoit la perte de quelque 35.000 emplois en 2012, a affirmé Bertrand Sablier, délégué général de la Fédération française du bâtiment (FFB), vendredi à Montpellier.

Nous prévoyons 35.000 pertes d’emplois en non-remplacements, intérim et licenciements », a affirmé M. Sablier au cours d’une conférence de presse, constatant que “si l’activité a progressé au premier semestre de 4%, elle va baisser d’environ 6% au second », soit “une chute de 10% en un semestre ».

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Saisies immobilières et SDF aux USA

La descente aux enfers des USA se poursuit. Le 29 décembre 2010, l’Office of the Comptroller of the Currency, l’organisme gouvernemental de tutelle des banques aux USA, a publié son rapport sur la situation des crédits immobiliers au troisième trimestre 2010.

Ce rapport concerne 33,3 millions de prêts immobiliers (non commerciaux) totalisant 5.907 milliards de dollars. Il nous éclaire en particulier sur les saisies immobilières et, contrairement à ce que l’on martèle quotidiennement, la situation économique s’aggrave de jour en jour, dans une Amérique qui sombre dans le chaos.

Village de tentes à Sacramento (Californie), en 2009

Les procédures de saisies immobilières ont ainsi progressé de 4,5 % depuis le début de l’année 2010, passant de 1.149.461 à 1.201.622 (page 9/65 du rapport) et les saisies effectives ont explosé, avec 57,5% d’augmentation par rapport à 2009 (page 42/65 et 45/65 du rapport).

Le cap des 13.000 procédures de saisies par jour a été franchi !

Plus grave encore, les catégories les moins risquées de ces prêts (prime) sont sévèrement touchées avec 67,7% d’augmentation par rapport à 2009 (page 45/65).

Heureusement que la crise est terminée !

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USA : 3 chiffres qui montrent que tout ne va pas aussi bien que la FED voudrait le faire croire

- 1,3 % : les commandes de biens durables sombrent, entraînées par la chute de l’automobile pour le quatrième mois consécutif, tandis que General Motors vient de ressusciter de ses cendres en Bourse.

C’est ce qui ressort des statistiques américaines publiées le 23 décembre. Si vous épluchez les commandes de biens durables, vous vous apercevez que celles de novembre 2010 ont décliné de 1,3 %, celles d’octobre avaient déjà décliné de 3,1 %.

- 53,1 % : autre point noir, les commandes de l’aéronautique civile qui ont plongé de 53,1 %.

33 % des ventes d’immobilier concernent toujours des ventes sur saisies et ceci alors même que le scandale du foreclosure gate (reprise de la crise) ralentit les procédures.

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La Banque

Goldman Sachs. Pour Marc Roche, c’est LA Banque par excellence, l’incarnation du pouvoir financier. Et on ne s’en étonnera pas quand on saura que son bouquin s’ouvre sur le récit de sa rencontre avec un monsieur David de Rothschild, grand baron de la City et « informateur » pour ce livre sur Goldman Sachs.

Ainsi, si nous avons, enfin, un livre sur Goldman Sachs, c’est parce que les Rothschild ont décidé que c’était le moment ! Soyons reconnaissant à Marc Roche de nous en avertir, avec tact mais aussi avec clarté, d’entrée de jeu.

Bref. Ouvrons l’objet, et disséquons-le. On n’y trouvera évidemment pas toute l’information. Mais on en trouvera une partie. Et peut-être une partie juste assez grande pour en déduire le reste.

*

Goldman Sachs a aidé la Grèce à truquer ses comptes pour intégrer la zone euro, en 2002.

C’est que, visiblement, les banquiers d’affaires londoniens nagent comme des poissons dans les eaux troubles des pays à l’économie « grise » florissante et aux normes comptables molles.

Et le « hasard » les aide, quand il le faut : cette même année 2002, Eurostat, l’institut européen chargé de contrôler les déclarations des pays candidats à l’euro, est au cœur d’un scandale financier interne, donc fragilisé, donc peu soucieux de se mettre à dos « les marchés ».

Ils nagent bien, ces banquiers, et s’en portent encore mieux. La méthode Goldman Sachs pour « aider » la Grèce repose sur une manipulation des taux de change utilisés pour transférer la dette émise en dollars vers une dette en euros, à l’occasion d’un Credit Default Swap.

En « échange » de cette manipulation, qui ne pose aucun problème à Goldman Sachs puisque le marché des Credit Default Swap est totalement non régulé, la Grèce accepte au passage de payer, à son nouveau créancier, des intérêts usuraires. En d’autres termes, Athènes a acheté une réduction du niveau de sa dette publique (pour se rapprocher du « critère de Maastricht », soit 60 % du PIB) contre une augmentation des intérêts de cette même dette.

Où l’on ne s’étonne plus que le pays soit, dix ans plus tard, en faillite complète… même si, en 2009, pour brouiller les pistes, un ancien trader de Goldman, devenu directeur de la principale banque commerciale grecque, aida son ancien employeur à « transférer » une partie de la dette publique grecque à cette enseigne privée athénienne.

Et dire que pendant ce temps-là, le fisc cherche des poux dans la tête aux PME qui ont oublié de passer mille euros de CA…

Bref. Revenons à Goldman. Comment expliquer qu’une banque américaine devienne quasiment le conseiller financier, presque le gestionnaire de fait, de nombreux petits Etats européens ?

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Vers une crise terminale de la zone euro ?

Par Jacques Sapir

Après l’annonce du plan d’aide à l’Irlande, la situation continue à se dégrader dans la zone euro. Cette dégradation annonce la crise terminale de cette zone, qui devrait survenir d’ici à l’hiver 2011/2012, et peut-être avant. Fondamentalement, ce plan n’a pas rassuré les marchés. D’ores et déjà, les inquiétudes montent sur le Portugal, mais aussi sur l’Espagne, qualifiée « d’éléphant malade » par certains analystes.


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La «tension psychologique insurrectionnelle»

Par Philippe Grasset

Honoré Daumier, "L'insurrection" (1860)

(…) Dans Notes sur l’impossible “révolution” du 24 septembre 2009, sur dedefensa.org, était exprimée la conviction que les mouvements d’insurrection et de révolte auxquels nous avons l’habitude de nous référer sont définitivement dépassés parce que totalement inefficaces, voire contreproductifs.

Pour diverses raisons exposées dans l’analyse, de tels mouvements sont condamnés par avance s’ils prétendent obtenir directement un résultat décisif correspondant au but d’insurrection de ceux qui l’initient. Pour moi, c’est un fait indiscutable, même si le mouvement parvient à un résultat tangible.

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A quel prix un pays peut-il répudier sa dette ?

Par Loïc Abadie (N.B. : comme quoi, encore une fois, ne sont pas publiés que des auteurs partageant toutes les vues de fortune.fdesouche.com…)

La nouvelle poussée en cours de hausse des taux sur les pays les plus fragiles de l’Union Européenne (Grèce, Irlande et Portugal… pour l’instant) nous montre qu’à terme, il devient de plus en plus probable de voir plusieurs Etats européens incapables de faire face au remboursement de leur dette.

Quelles sont les conséquences pratiques du défaut d’un état sur l’économie d’un pays ?

La conséquence immédiate est bien entendu une forte dévaluation de la monnaie du pays touché, associée à une situation d’hyperinflation, et à une perte de confiance générale de la population conduisant à une chute de la consommation et à une récession profonde.

Mais si on va plus loin, on pourra distinguer trois grands cas de figure :

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L’Europe aveuglée par ses certitudes

Par Jean-Luc Gréau

Union européenne... des aveugles

Plus cela change, plus c’est la même chose.

Deux années après la chute dans la pire récession de l’après-guerre, les dirigeants de l’Europe demeurent accrochés aux schémas de pensée qui ont guidé leur action depuis l’avènement du marché unique, puis de l’euro. Ils reprennent sans ciller des mots d’ordre ayant jalonné la période critique qui s’est achevée, en septembre 2008, par un double fiasco américain et européen.

Tout se passe comme si les faits, dont certains assurent qu’ils sont têtus, ne recelaient aucune leçon nouvelle grâce à laquelle l’Europe pourrait changer certaines de ses orientations antérieures.

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Le revenu des New-Yorkais enregistre sa première chute en 70 ans

Il y a de ces chiffres qui ont le pouvoir de résumer à eux seuls la quintessence d’une époque. C’est le cas de celui qui est diffusé par la chaîne américaine d’information économique CNBC dans un article intitulé « New Yorkers’ Income Falls for 1st Time in 70 Years ».

Ces soixante-dix ans nous ramènent donc en 1940, deux ans avant l’irruption des États-Unis dans la Deuxième Guerre mondiale, mais surtout dix ans après le début de la Grande Dépression des années 1930. Et comme à l’époque, la crise actuelle trouve son origine à Wall Street. Il y a donc une certaine justice à ce que les New-Yorkais essuient les conséquences de leurs excès.

Mais cette maigre satisfaction ne devrait pas nous faire perdre de vue que le revenu des New-Yorkais avait chuté pendant dix ans avant de se stabiliser en 1940, et que les malheurs de New-York s’étaient alors propagés à la terre entière dans un contexte où l’économie mondiale était beaucoup moins intégrée qu’elle ne l’est aujourd’hui.

Il faut donc se rendre à l’évidence, l’économie mondiale est entrée dans une phase de dépression, et comme c’est toujours le cas dans une situation de cette ampleur, elle n’en ressortira qu’au bout d’une assez longue période de vaches maigres. Fort probablement une dizaine d’années, comme ce fut le cas la dernière fois.

Mais alors, me direz-vous, comment se fait-il que les autorités des pays visés refusent de donner l’heure juste à leur population et continuent à lui laisser miroiter l’espoir d’une reprise rapide ? Il y a à cela deux raisons principales qui s’opposent en apparence comme le vice et la vertu mais qui se réconcilient parfaitement comme vous le verrez, et qui permettent de comprendre le débat en cours aux États-Unis sur les enjeux économiques gigantesques auxquels ce pays est désormais confronté.

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Que se passe-t-il dans les hautes sphères américaines ?

Par Frédéric Laurent

Caricature américaine, septembre 2010

Encore une fois, drôle de semaine sur les marchés financiers. La volatilité fait rage, dans des volumes peu importants. Pas de déclaration tonitruante, pas de gros titre en apparence… pourtant je m’étonne. Je m’étonne qu’aucun journal n’ait repris l’annonce de la démission d’Herbert Allison, sous-secrétaire adjoint à la stabilité financière aux Etats-Unis.

Donc, la personne qui était chargée de suivre le plan à 700 milliards de dollars lâche l’éponge.

Certes, ce n’est pas la première fois que quelqu’un de haut placé démissionne. Toutefois, quand on sait que ces hauts responsables émargent à plusieurs centaines de milliers de dollars par an, avec tous les « à côté » agréables (secrétariat, chauffeur, voyages d’affaires, logement, pas mal d’avantages en nature), on peut se dire qu’il doit y avoir une bonne raison à ce départ.

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Crise économique ou crise du sens ?

Un entretien avec Michel Drac

En 2009, dans « Crise ou coup d’état ? », vous analysiez les aspects purement macro-économiques de la Deuxième Grande Dépression. Cette année, dans « Crise économique ou crise du sens ? », vous écrivez : « Il est temps de nous éloigner de l’économie-monde, pour nous demander si l’économie peut constituer un monde ». Pouvez-vous, dans un premier temps, nous présenter la structure de votre livre ?

Dans « Crise ou coup d’Etat ? », j’ai tenté de montrer que la « bulle de l’endettement » est une stratégie des milieux dirigeants pour gérer le recul de leur domination dans le monde. Il s’agit de gagner la guerre de classes en Occident, alors que sur le plan géostratégique, les milieux dirigeants occidentaux sont confrontés à la montée en puissance d’une Asie rivale. Les classes dirigeantes veulent un modèle dual, afin que l’oligarchie survive au monde qu’elle gérait.

Dans « Crise économique ou crise du sens ? », j’ai voulu comprendre pourquoi notre classe dirigeante avait fait ce choix. Dire que notre classe dirigeante est formée d’irresponsables égotiques préoccupés de leurs intérêts de caste, c’est décrire la surface des choses ; la vraie question, c’est : pourquoi cette classe dirigeante pense-t-elle comme elle pense ?

Je propose d’articuler la réponse autour de la notion de crise du sens. Notre système est en lui-même une crise. La crise est devenue l’essence de notre système, parce qu’il n’est plus consacré qu’à sa propre reconduction. Il n’y a plus de sens à l’action de nos dirigeants, en dehors du maintien de leur position. J’emploie, pour décrire cette situation, des analogies avec, en particulier, la situation de l’Union Soviétique sous Brejnev, ou encore la paraphrénie qui a saisi, à l’échelle micro-économique, la direction d’Enron, progressivement, dans le courant des années 1990. Tout l’Occident est, désormais, un Enron géant.

La crise des subprimes dissimulerait en réalité une implosion spirituelle. Quels éléments vous ont amené à dépasser le cadre de la réflexion macro-économique ?

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Le krach de 2010 : la crise systémique

Par Paul Bara (ancien trader, économiste de marché puis directeur financier, il a parallèlement enseigné l’économie et la finance à Paris X et à l’ENA)

Hokusai, La grande vague de Kanagawa (1831)

La crise actuelle n’est pas une crise comme celles que nous avons connues depuis 1945. La croissance au quatrième trimestre 2009, en France et aux Etats-Unis, n’est due (en partie) qu’à un facteur technique transitoire, le moindre déstockage des entreprises. Nous ne sommes pas dans un enchaînement cyclique normal.

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La crise en Russie

Par Jacques Sapir (janvier 2010)

La crise en Russie : un phénomène d’une durée limitée et aux causes diverses

La crise économique est en train de s’estomper en Russie. À l’exception du taux de croissance des investissements fixes, qui continue d’être déprimé, quoique en progrès relatif, les autres indicateurs témoignent de la sortie de la phase de dépression brutale que le pays a connue.

Ces résultats correspondent par ailleurs à l’ensemble de l’économie mondiale, même si ils ont été plus marqués à la baisse mais aussi à la hausse. La crise a pris, en Russie, la forme d’un « V » particulièrement brutal, mais dont la durée n’a pas excédé une année.

Ceci pose alors la question des causes de la crise.

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Les raisons de la chute de l’industrie française

Est disponible, depuis peu, un rapport sur la désindustrialisation en France, par Lilas Demmou, Chargée de Mission à la Direction Générale du Trésor et de la Politique Économique du Ministère de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi. Si ce texte n’est qu’un simple rapport de recherche, il nous éclaire néanmoins très bien sur l’état actuel de l’industrie en France et de son évolution, ces dernières années et dans le futur.

Usine chinoise

Il est clair que des données chiffrées manquaient. On apprend donc que « l’industrie a perdu 36 % de ses effectifs entre 1980 et 2007, soit 1,9 million d’emplois ou encore 71 000 par an », principalement dans l’industrie manufacturière. Pour expliquer ce recul impressionnant, trois hypothèses principales sont évoquées (en gras) :

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Ces départements au bord de l’asphyxie financière

Ils sont une vingtaine à ne pas savoir comment boucler leur budget. En 2011, ils seront deux fois plus. Recettes en chute libre, dépenses sociales qui explosent : les départements courent à la catastrophe financière. La semaine dernière, François Fillon a décidé de se saisir du sujet.

Philippe de Champaigne, Vanité (1646)

La Gironde qui dévoile devant micros et caméras un panneau « Département en danger » ; la Saône-et-Loire qui met en ligne « La Chute des départements », une vidéo déjà visionnée par plus de 16.000 internautes ; l’Association des départements de France qui adresse un mémorandum en forme d’appel au secours au Premier ministre… Lequel a annoncé le 1er février la nomination d’experts, chargés de fournir un diagnostic et des solutions.

C’est que la grogne et l’inquiétude se font de plus en plus palpables dans les conseils généraux, dont les élus sont confrontés à une redoutable équation financière.

D’un côté, des recettes en chute libre. En 2009, le marasme immobilier aurait provoqué un manque à gagner de 1,7 milliard d’euros au titre des droits de mutation, selon l’Association des départements de France.

De l’autre, des dépenses sociales qui s’envolent. Aide à l’autonomie des personnes âgées ou des handicapés, aux chômeurs ou aux travailleurs précaires via le RMI devenu le RSA : en 2008, déjà, les départements se plaignaient d’une facture indue de 3,8 milliards d’euros, représentant les prestations non compensées par un Etat mauvais payeur…

2009, année de récession, n’a sans doute rien arrangé. « Aucun autre niveau de collectivité n’accuse un tel trou budgétaire », observe Michel Klopfer, expert en finances locales.
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Les USA dans le trou noir économique : un voyage sans retour

“Trou noir économique : 20 raisons qui expliquent pourquoi l’économie américaine est mourante et ne connaîtra pas de reprise”

Même si le système financier américain a connu un effondrement presque total à la fin de l’année 2008, le fait est que la plupart des Américains n’ont aucune idée de ce qui est réellement en train d’arriver à leur économie nationale.

La plupart des gens pensent que la petite récession que nous venons de vivre est quasiment terminée, et que nous nous apprêtons à connaître une autre période de croissance et de prospérité économique.

Mais cette fois-ci, cela n’arrivera pas. La réalité, c’est que nous sommes aspirés dans un trou noir économique dont les USA ne se sortiront jamais tout à fait.

Le problème, c’est la dette. Ensemble, le gouvernement, les gouverneurs des États, les entreprises et les consommateurs ont accumulé la plus grande montagne de dette de l’histoire du monde. Cette dette monstrueuse a servi à alimenter nos impressionnantes croissance et prospérité des deux dernières décennies, mais maintenant, le moment de faire les comptes est arrivé.

Et cela va être douloureux.

Voici 20 raisons qui expliquent pourquoi l’économie des USA est mourante et ne pourra pas se remettre… Lire la suite

L’économie chinoise dans l’impasse

Le rebond de la croissance chinoise (+ 7,9 % sur un an au deuxième trimestre 2009 ; un chiffre néanmoins plus faible que ceux des années précédentes) est dû au plan de relance gouvernemental de 4.000 milliards de yuans (585 milliards de dollars) mis en place pour lutter contre la crise.

Les exportations, principal moteur de cette croissance, étaient en baisse de 23,4 % sur un an en août (Source). Or, entre 2001 et 2008, elles ont représenté plus de 30 % du PIB chinois. Quelle peut être l’alternative, compte tenu de la faiblesse de la demande intérieure ?

A partir de la fin de l’année 2008, les licenciements se sont multipliés, particulièrement dans les régions côtières du sud, tournées vers l’export, comme celle du Fujian et du Guangdong. Dans cette dernière province, plus de la moitié des 3.900 fabricants de jouets avaient mis la clé sous la porte avant Noël. Et selon les estimations de l’Académie chinoise des sciences sociales, un institut de recherche local, le taux de chômage dans les zones urbaines s’élevait à plus de 9,4 % à la fin de l’année.

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Contribution [les baisses d'impôts sont-elles bonnes pour l'économie ?]

Par Denis Clerc

Source : Alternatives Economiques

J’avoue que cela m’avait échappé. C’était pourtant dans Le Monde, un quotidien que je lis attentivement depuis une cinquantaine d’années (ce qui ne me rajeunit pas…). Circonstance aggravante : l’article en question remplissait une page entière, avec un gros titre, qui aurait dû éveiller ma vigilance: “Faut-il augmenter les impôts ?” (1).

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La mort annoncée de l’euro : une bonne nouvelle pour la Russie ?

Aujourd’hui directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales où il dirige le Centre d’Études des Modes d’Industrialisation (CEMI-EHESS), Jacques Sapir est un économiste de renommée mondiale. Il est intervenu à ce titre à de nombreuses reprises sur la question de l’avenir de la zone euro et de l’union monétaire européenne et s’est attaché à mettre au jour les causes profondes de l’impuissance des gouvernements européens à gérer efficacement une crise « grecque » qu’on a supposée à tort locale.

Mais il est avant tout un spécialiste reconnu depuis plus de 20 ans de l’économie russe, qu’il s’agisse de celle de l’URSS ou de celle de la transition à l’économie de marché. Il a enseigné en Russie à la Haute Ecole d’Economie de 1993 à 2000, et enseigne aujourd’hui à l’Ecole d’Economie de Moscou. Il a été l’un des rares à prédire le krach de 1998, ce qui lui a notamment valu d’être appelé à intervenir en tant qu’expert auprès de la Banque centrale de Russie, dans le cadre d’un Groupe de travail sur la sécurité financière.

Bref, nul ne paraissait mieux placé que lui pour répondre à une question qui ne semble pas empêcher outre mesure les économistes russes de dormir : en quoi la Russie est-elle concernée concrètement par la crise européenne ? Lire la suite

LEAP : les quatre points individuels de défaillance du système mondial au second semestre 2010

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), 15 juin 2010

Caspar David Friedrich, Entrée de cimetière (1825)

L’actualité confirme chaque jour combien la crise systémique globale est désormais entrée dans sa phase de dislocation géopolitique mondiale, même si les médias ne commencent que timidement à interpréter les bouleversements historiques qui se déroulent sous nos yeux. Lire la suite

L’Occident comme déclin

(extraits)

Par Guillaume Faye

N.B. : ce texte date de 1985.

Phénix renaissant de ses cendres (enluminure du Bestiaire d'Aberdeen, XIIème siècle)

En apparence, l’erreur d’Oswald Spengler fut immense : il annonçait pour le XXème siècle le déclin de l’Occident, alors que nous assistons tout au contraire à l’assomption de la civilisation occidentale, à l’occidentalisation de la Terre, à la généralisation de cet « Occident » auto-instauré comme culture du genre humain, dont, suprême paradoxe, les nations néo-industrielles de l’Orient constitueront peut-être d’ici peu l’avant-garde. En apparence toujours, c’est au déclin de l’Europe que nous sommes conviés. Montée en puissance de l’Occident et perte de substance de l’Europe : les deux phénomènes sont sans doute liés, l’un entraînant l’autre. Tout se passe comme si, après avoir accouché de l’Occident, répandu aujourd’hui sur toute la planète, l’Europe épuisée entrait dans un nouvel âge sombre.

La thèse ici présentée sera simple : l’Occident n’est pas « en » déclin – il est au contraire en expansion – mais il est le déclin. Et il l’est depuis ses fondements, depuis son décollage idéologique au XVIIIème siècle. L’Europe, quant à elle, n’est qu’en décadence.

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La Chine va-t-elle nous bouffer ?

Philippe Cohen et Luc Richard livrent dans ” Le Vampire du Milieu “, une enquête saisissante sur l’envers du décor du modèle chinois. Non seulement l’économie de marché n’a pas converti la deuxième puissance mondiale à la démocratie, mais elle n’a pas amélioré la vie des Chinois…

La naïveté vis-à-vis de la Chine est-elle une tradition des élites françaises ?

Il y a quelques décennies, la fine fleur de l’intelligence revenait émerveillée de voyages très organisés dans quelques villages Potemkine du paradis maoïste. Depuis quelques années, le gratin des patrons français croyait avoir trouvé le paradis du capitalisme dans quelques mégalopoles côtières chinoises.

Alors que brille l’Exposition universelle de Shanghai et que la plupart des médias continuent de s’émerveiller de la réussite chinoise, l’enthousiasme retombe dans les milieux économiques français. Mais, comme chez nos ex-maos, le pressentiment de s’être fait piéger ne pousse pas nos entrepreneurs déçus à l’analyse publique.

Le passionnant et terrifiant livre écrit par (…) Philippe Cohen et Luc Richard, longtemps correspondant de Marianne en Chine, permet de comprendre ce qui s’est passé.

Ils nous avaient prévenus, il y a cinq ans, avec un premier ouvrage, ” La Chine sera-t-elle notre cauchemar ? ” (Mille et Une Nuits), et ont, depuis, poursuivi leur enquête sur l’envers du décor de ce ” modèle chinois “, un système sans précédent : une dictature qui a misé sur la mondialisation sauvage, avec, comme atout décisif, un immense prolétariat esclave dressé par un demi-siècle de communisme.

Car là résidait le principal intérêt de la Chine aux yeux des financiers d’Europe et d’ailleurs : une main-d’oeuvre de 20 à 30 fois moins chère, leur permettant de s’affranchir d’un salariat occidental protégé.

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Qui veut la peau de l’Europe ?

Par Denissto (article reproduit avec la bénédiction de l’auteur, tous droits réservés)

L’encre de mon dernier article concernant la crise européenne, et le rôle des agences de notations anglo-saxonnes, n’était pas encore sèche, que la banque HSBC dégradait toute l’Europe ! Sans vergogne, elle exceptait l’Angleterre ! (1)

Les économico-tartuffes, après nous avoir abreuvé pendant des mois de l’impossible rechute des marchés, de l’efficacité des plans de relance, feraient bien d’exhumer leurs analyses financières vieilles de quelques mois… Vous avez eu les « plans de relance, » vous avez les « plans de soutien, » vous aurez les « plans de sauvetage “… ou de « sauve-qui-peut. » Il n’y a jamais eu de reprise, mais juste une gabegie gouvernementale, en millier de milliards de dettes, que les générations futures ne pourront jamais payer. Juste pour sauver les banquiers.

Au ridicule jeu des notations, et en vertu des critères appliqués à tous les pays, les pires notes devraient être attribuées aux anglais et aux américains. Ce n’est qu’en vertu d’un privilège impérial inventé à Bretton Woods que ces derniers sont exemptés de rigueur budgétaire (2). Le FMI, bras armé de l’ordre monétaire d’après guerre, inventé par les vainqueurs, vient de subir un sévère camouflet à la dernière réunion du G20.

Le Canada, ainsi que l’Australie et le Japon, ont avancé que leurs banques ne devaient pas payer pour les errements de leurs homologues américaines et européennes. Une demande appuyée par des grands pays émergents, comme le Brésil et l’Inde qui ont fait valoir que leur secteur bancaire est en bonne santé et n’a donc pas besoin de l’établissement d’un fonds de sécurité. « C’est une vue un peu optimiste », a estimé le sherpa Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du FMI qui avait présenté de nouvelles propositions de taxes à Busan.

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Crise habituelle ou glas d’un certain capitalisme?

La crise s’est révélée avec la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008. Une mobilisation sans précédent des chefs d’États n’a pas empêché la contraction du crédit à l’échelle mondiale, la récession et la faillite d’économies développées considérées à tort comme solides. Aujourd’hui, la quasi-faillite de la Grèce, les problèmes rencontrés par d’autres pays européens et les mesures exceptionnelles mises en place par l’Europe posent la question : n’est-ce pas une crise structurelle signant la faillite d’un modèle ? Hommes de terrain, économistes, philosophes et anthropologues ont analysé la crise, sa nature passagère ou profonde, ses origines et son issue.

Pour Jean-Marc Daniel, professeur d’économie politique à l’ESCP Europe, c’est bien simple, « il n’y a pas de crise ». Plus exactement, « il y a juste un cycle de Juglar », du nom de Clément Juglar, qui élabora à la fin du XIXème siècle la théorie d’un cycle économique à trois phases (expansion, crise et liquidation), répété tous les 8 à 10 ans. Il y a plus d’un siècle, l’économiste attribuait ce phénomène aux dérèglements périodiques du crédit.

Une spéculation intense conduit à une période d’euphorie, avec des anticipations excessives, qui finissent par un crash lorsque la réalité les rattrape. La crise de 2008 ne serait donc que la phase désagréable mais passagère d’un phénomène périodique et prévisible ? La réalité est un peu plus complexe.

Premier élément d’importance, un contexte délétère. Selon Jean-Marc Daniel, l’impact de la crise de 2008 a été amplifié par les choix passés de l’administration Bush. Celle-ci « a mené une politique budgétaire dictée par l’illusion de pouvoir échapper à ce cycle, » explique l’économiste. « L’année 2001 aurait dû subir un ralentissement plus sévère et être gérée en stabilisateur automatique ; au lieu de cela, elle a été gérée de manière keynésienne – avec une politique budgétaire contra-cyclique, ndlr. »

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Ceux qui savaient

Par Paul Jorion

On me dit souvent : « Vous faisiez partie du tout petit groupe de gens qui savaient qu’une crise majeure allait éclater ». Je réponds en général qu’en 2002, entre collègues, à l’heure du déjeuner, on discutait de la crise qui s’annonçait.

Mais ça ne s’arrêtait pas là : nous écrivions des rapports à l’intention de la direction. Et comme ceux-ci étaient accueillis par un grand silence, mes collègues me faisaient souvent part de leur découragement : « Ils ne prennent même pas la peine de lire ce que nous écrivons ! ».

Mes patrons n’étaient pas des imbéciles et cette interprétation désabusée me paraissait un peu courte. J’ai expliqué dans ma chronique du Monde – Économie des lundi 29 et mardi 30 juin 2009, intitulée « La bonne santé retrouvée des banques américaines », comment Angelo Mozilo, PDG de Countrywide, aussitôt qu’il eut compris, entreprit d’exercer toutes les stock options qu’il avait dans sa firme et de revendre l’ensemble de ses actions. Et ceci, le plus légalement du monde : en suivant le plan de désengagement par étapes prévu par la loi.

Je terminais ma chronique en disant ceci : “Si le parallèle avec Countrywide a un sens, il s’agit alors simplement pour les dix banques ayant aujourd’hui remboursé l’argent du TARP de consciencieusement nettoyer la caisse avant de mettre définitivement la clé sous la porte. Lorsque les trillions à nouveau perdus seront examinés, les quelques milliards détournés in extremis par leurs dirigeants, passeront, c’est à parier, relativement inaperçus.

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“Au bord du gouffre, les Européens ont mis de côté les égoïsmes nationaux”

L’économiste Michel Aglietta revient (…) sur les enjeux et conséquences du plan de secours historique de 750 milliards d’euros, qui vient d’être adopté pour sauver la zone euro.

En quelques semaines, on est passé d’une aide de 45 milliards d’euros à la Grèce à un gigantesque plan de secours de 750 milliards d’euros pour la zone euro. Que s’est-il passé ?

On est passé d’une crise de la dette d’un pays à la crainte d’une déstabilisation de l’ensemble des marchés financiers. C’est le grand retour du risque systémique que l’on a connu au plus fort de la crise financière en octobre 2008. Le montant est forcément gigantesque car il renvoie à l’ensemble des dettes publiques de la zone euro. L’idée est d’avoir une force de frappe suffisamment importante pour empêcher la spéculation de détruire la zone euro.

La zone euro était-elle réellement menacée d’explosion ?

Oui, la situation était plus que périlleuse ; tous les signes d’un risque systémique étaient réunis : la hausse des taux obligataires, la chute des indices boursiers et les difficultés de financement sur le marché interbancaire. Il était urgent pour l’Europe de réagir.

Est-ce la fin de la crise que traverse la zone euro ?

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Crise systémique, vers une dette européenne !

Par Gilles Bonafi

On entend ici où là des voix affirmant que l’Europe va imploser et que la Grèce, malgré l’adoption du plan d’austérité, sera la première à tomber, suivie de l’Espagne, du Portugal et de l’Italie.

Cela ne se fera pas, car tous les pays européens sont interconnectés au sein d’un immense jeu de domino financier, de dettes.

En effet, la défaillance de l’un entraînerait obligatoirement les autres dans leurs chutes.

Pour prouver ceci, rien ne vaut un bon graphique qui démontre l’interconnexion européenne des dettes :

(Cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Ce graphique a été publié le 1er mai par le New York Times. Il met en évidence le caractère inextricable des finances publiques des PIIGS. Un simple coup d’oeil suffit pour comprendre “l’effet domino.” Plus la flèche est épaisse, plus la dette est importante.

De plus, de grandes banques européennes sont directement exposées en Grèce, comme le Crédit Agricole qui est, d’après le Wall Street Job Report, la banque la plus touchée par la crise ! En août 2006, le Crédit Agricole avait en effet pris le contrôle de 72% de la banque Emporiki (troisième en nombre d’agences et cinquième par les actifs en Grèce) pour 2 milliards d’euros. Emporiki avait ainsi généré une perte nette de 582,6 Millions d’Euros en 2009, de gros soucis à venir donc !

Selon les statistiques de la Banque des règlements internationaux, en ajoutant l’Espagne et le Portugal, l’exposition des banques françaises grimperait à 306 milliards de dollars, du suicide si l’on abandonnait ces pays !

La seule solution réside donc dans la création d’une « structure de défaisance », nous permettant de racheter les créances douteuses ; une Agence Européenne du Trésor, empruntant au nom de l’Europe.
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Les banques supplient la BCE d’acheter de la dette

Jusqu’où les taux grecs peuvent-ils monter ? Et pendant combien de temps l’euro va-t-il baisser ? Les marchés sont engagés dans une course que rien ne semble pouvoir arrêter. Vendredi 7 mai, le rendement des obligations grecques a de nouveau crevé le plafond : plus de 12 % pour les emprunts d’Etat à dix ans et 18 % pour les emprunts à deux ans.

- Vite ! Donnez-moi le liquide !

L’euro, a repris, lui, son voyage vers les profondeurs : toute la semaine, il a enchaîné les records à la baisse, passant sous le seuil de 1,26 dollar jeudi 6 mai, son point le plus bas depuis 14 mois. Un désaveu pour les dirigeants de la zone euro qui se réunissaient vendredi pour finaliser le plan d’aide à Athènes.

Ce plan, plus personne n’y croit vraiment. Fonds insuffisants, risque d’explosion sociale, menace de contagion au Portugal et à l’Espagne : la crise semble sur le point de dégénérer. Certains grands économistes commencent même à sonner le tocsin de la monnaie unique.

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La crise après la crise : au tour de la France ?

Par Eric Le Boucher

La France échappera-t-elle à la tourmente financière? Est-elle à l’abri du côté de l’Allemagne ou est-elle fragile et susceptible d’être à son tour victime d’attaques spéculatives après l’Espagne puis l’Italie? La réforme des retraites sera-t-elle assez «forte» pour préserver la signature AAA du pays? Faut-il, dès à présent, instaurer la rigueur, l’austérité générale?

L’économie française, se félicite le gouvernement, a moins souffert de la crise que les autres. C’est vrai: la récession n’y a été que de -2,2% en 2009 contre -4% dans l’ensemble de la zone euro et -5% en Allemagne. Les dépenses publiques (allocations, salaires des fonctionnaires, investissements) qui ne dépendent pas des hauts et bas de la conjoncture ont servi de «stabilisateurs automatiques». Le plan de relance du gouvernement (aides de trésoreries, travaux publics) a été bien calibré. Conclusion: un choc inférieur, une politique raisonnable ensuite, la France, peut-on penser, va s’en sortir mieux que les autres et rebondir plus haut. Hélas, on peut craindre le contraire. Pour deux raisons.

D’abord, la compétitivité

Au cours de la crise, la France n’a, sans doute, pas perdu plus d’usines ou d’entreprises, bref de «potentiel de croissance», que ses partenaires. L’OCDE estime à 0,5 point de PIB cette perte moyenne due à la crise. La croissance française qui a été de 2,2% de 1998 à 2007 en tendance, devrait donc retomber autour de 1,5% (à 0,8% selon Patrick Artus de Natixis qui est nettement plus pessimiste). C’est une chute qui va compter, la baisse du chômage en sera plus longue, mais c’est une chute collective, tous les pays européens subissent le même sort.

Mais avant la crise, et depuis dix ans, la France perdait des parts de marchés à l’exportation. Elle est, selon ce critère, beaucoup plus proche de l’Italie et l’Espagne que de l’Allemagne, dont les exportations sont redevenues ronflantes. Déficitaire chronique, le commerce extérieur français s’était rétabli dans les années 1985-2000 grâce à la stratégie de «désinflation compétitive» menée par la gauche puis la droite. Mais il a replongé gravement ensuite. La hausse des prix du pétrole (importé) ne l’explique pas.

Le problème économique posé au pays est que sa croissance d’avant crise était tirée par la consommation. Le déficit extérieur venait, lui, en négatif. Après la crise, avec un chômage à 10%, des revenus en hausse ralentie voire en baisse si les impôts augmentent et avec un État qui va devoir réduire son déficit, la demande interne va fléchir. Pour retrouver le point de croissance qui fait défaut, il faut absolument que les exportations prennent le relais.

Comment faire? La cause du manque de compétitivité est complexe et elle ne fait pas l’objet d’un diagnostic partagé.
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Une erreur humaine à l’origine du plongeon de Wall Street ?

Le plongeon historique de Wall Street jeudi aurait été déclenché par une erreur d’un employé de la banque américaine Citigroup. Cet homme aurait confondu millions et milliards en passant un ordre, selon les chaînes de télévision CNBC et Fox Business News.

En quelques minutes, vers 14H45 (20h45 suisses), le vénérable indice Dow Jones a enregistré la plus forte chute en points de son histoire en séance, perdant 998,50 points en un quart d’heure. Il s’est ensuite repris pour finir en recul de 347,80 points (-3,20%).

Interrogé sur CNBC, le patron de l’opérateur boursier NYSE Euronext, Duncan Niederauer, a estimé que ces mouvements particuliers sur ces actions n’étaient pas forcément dus à une erreur humaine.

Selon CNBC, qui cite plusieurs sources anonymes, un trader de Citigroup aurait tapé par erreur “milliards” au lieu de “millions en passant un ordre sur des actions Procter and Gamble, une valeur-phare de l’indice Dow Jones. “Citi dit qu’ils sont en train d’enquêter,” auraient déclaré ces sources à CNBC.
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Les raisons du naufrage économique, selon Jean-Marie Le Pen

Vidéo du discours prononcé par Jean-Marie Le Pen, à l’issue du Conseil National du Front National, à Nanterre, le 2 mai 2010 :

http://www.dailymotion.com/video/xd62k4

Voici le texte de ce discours, en ce qui concerne ses parties consacrées plus particulièrement à l’économie :

La situation des travailleurs français :

En ce lendemain de la fête du travail, notre projet de révolution patriotique s’adresse principalement à ceux laissés au bord de la route, abandonnés au chômage par près de 40 ans de politique anarcho-libérale qui établit pour seul aiguillon le profit immédiat, quelles qu’en soient les conséquences humaines, sociales, familiales, ou environnementales.

Dans notre pays, ce sont 5 millions de chômeurs qui sont victimes des conséquences de 4 décennies de politique économique et sociale suicidaire.

Et nous ne pouvons pas compter ceux qui, sachant pertinemment qu’ils ne trouveront pas de travail, n’en cherchent même plus. Que dire des chômeurs de longue durée, qui seront plus d’un million cette année et pour qui le gouvernement n’a d’autre solution que de jeter quelques millions d’euros supplémentaires, à la grande satisfaction des syndicats, devenus les premiers collabos d’un système capitaliste dévoyé.

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Crise agricole : il faut sortir de la logique productiviste

A l’heure où 10 000 céréaliers français défilent à Paris à l’appel de la FNSEA, la Fédération Nationale d’Agriculture Biologique des régions de France (Fnab) défend dans un communiqué – relayé par l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique d’Alsace (Opaba) – l’importance de soutenir l’agriculture biologique, solution à la crise agricole.


La Fédération rappelle la situation intenable des exploitants en agriculture conventionnelle, dont la logique productiviste ne cesse de montrer ses limites : revenus en chute libre, endettement, faillites, sans compter les impacts sur l’environnement et la santé.

L’agriculture bio offre au contraire, selon la Fnab, « la possibilité pour les paysans de vivre décemment des revenus de leur travail. […] Cette crise historique, réelle et sérieuse de l’agriculture, poursuit-elle, ne doit pas être instrumentalisée par les organisations professionnelles pour prolonger un système qui en a été à l’origine. Comment comprendre que les plus grands bénéficiaires de la PAC aujourd’hui se retrouvent à défiler ? »

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Irlande cherche reprise désespérément

De plan d’austérité en plan d’austérité, l’ex-Tigre celtique attend toujours la reprise. En vain.

120.000 manifestants à Dublin contre le traitement de la crise par le gouvernement irlandais, en février 2009 (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

L’économie irlandaise reste depuis deux ans enfoncée dans la récession. Le PIB du pays a encore reculé au quatrième trimestre 2009, de -2,3% par rapport au trimestre précédent et de 5,1% sur un an. Au final, l’activité s’est contractée de 7,1% l’an passé. Le taux de chômage touche désormais 13,4% de la population active. En tout, le nombre de chômeurs a grimpé de 17,9% sur les douze derniers mois. L’ex-Tigre celtique reste l’un des Etats les plus mal en point du Vieux Continent.

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Le commerce mondial n’avait pas connu un niveau aussi bas depuis 1945

Le volume des échanges commerciaux dans le monde a enregistré l’an dernier un recul de 12% en raison de la crise, un chiffre sans précédent depuis 1945, a annoncé mercredi 24 février le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy, lors d’une conférence à Bruxelles.

Cette baisse de 12 % est aussi supérieure aux plus récentes prévisions de l’OMC, qui tablait encore début décembre sur un repli de 10%. La contraction sans précédent des échanges mondiaux est une conséquence de la récession économique qu’ont connue les grands pays industriels l’an dernier, suite à la crise financière.

L’activité économique mondiale a reculé l’an dernier “d’environ 2,2%” et le nombre de chômeurs a atteint un niveau sans précédent de 200 millions de personnes, selon l’Organisation internationale du travail (OIT), a souligné M. Lamy. Globalement, l’OIT estime que la crise a fait perdre leur emploi à 20 millions de personnes dans le monde depuis octobre 2008.

Cette situation, qui menace d’exacerber les réflexes protectionnistes, rend aux yeux de M. Lamy d’autant plus impératif de relancer les négociations dites du cycle de Doha sur la libéralisation des échanges mondiaux.

Les négociations sont au point mort depuis des mois, en raison, notamment, de l’absence notoire d’implication des Etats-Unis. Ce cycle de négociations a débuté en 2001 et a mis l’accent sur le démantèlement des obstacles au commerce pour les pays pauvres. Mais les échéances fixées pour conclure les pourparlers, ont été manquées à plusieurs reprises.

Le Monde

Plus de centres commerciaux, moins de clients

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Depuis 2007, la fréquentation des centres commerciaux chute, les chiffres d’affaires s’effritent et pourtant les projets se multiplient.

À Saint-Quentin-en-Yvelines, à l’ouest de Paris, le centre commercial SQY Ouest, ouvert sur quatre niveaux en 2005 juste à côté d’une autre galerie, l’Espace Saint-Quentin, offre un triste visage. Un tiers des boutiques sont inoccupées. Sur un niveau entier, les vitrines sont recouvertes de tapisserie.

À Chelles 2 (Seine-et-Marne), 35 magasins sur 98 étaient vides l’été dernier.

À Arcueil (Hauts-de-Seine), à La Vache Noire, ouvert en 2007, les commerçants se plaignent d’une faible fréquentation faute d’accès en transports en commun.

On attend au tournant Okabe, vaste chantier du promoteur Altarea, qui doit ouvrir au printemps au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne).

«Pour la plupart des centres ouverts récemment, c’est la catastrophe», résume Pierre Dey, de la fédération Procos qui réunit 233 enseignes dont Darty, la Fnac, Etam ou Zara.

Un constat qui s’applique aussi à L’Heure Tranquille à Tours, Rivetoile à Strasbourg, Docks 76 à Rouen ou au Ruban Bleu à Saint-Nazaire.

Après - 3,9 % en 2009, la fréquentation a encore plongé de 5,5 % en janvier. Les chiffres d’affaires des commerçants se tassent ou reculent, jusqu’à - 10 % ou - 12 % pour certains secteurs d’activité. Et pourtant, on n’en a jamais construit autant. Aux près de 700 centres commerciaux existants pourraient s’en ajouter 30 à 40 actuellement dans les tuyaux. 2009 a été une année record en termes d’autorisations de nouvelles surfaces. Plus de 7 millions de mètres carrés sont prévus pour les cinq ans à venir, ce qui fait de la France le pays le plus actif en la matière.

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Les indicateurs conjoncturels français virent au rouge

Baisse inattendue du moral des ménages, remontée du chômage et regain de tension sur les prix laissent augurer d’une rechute de la croissance française au premier trimestre, après une embellie, fin 2009, qui détonnait au sein de la zone euro.


Le redressement de l’opinion des ménages sur la situation économique, amorcé en octobre 2008, a connu un coup d’arrêt en février.

L’indicateur résumé de l’opinion des ménages a reculé de trois points en février, revenant à -33 et retrouvant ses niveaux de l’automne 2009, selon les données publiées jeudi par l’Insee.

Vingt économistes interrogés par Reuters s’attendaient à une poursuite de l’amélioration du moral des ménages et prévoyaient en moyenne un indicateur résumé à -28.

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La Grèce emportera-t-elle les Balkans dans sa chute ?

Le 15 janvier, la rencontre entre le Premier ministre grec et son homologue bulgare, lors de l’inauguration de la route transfrontalière reliant Thermes à Zlatograd, avait un côté délicieusement suranné. Quelque chose qui rappelait la période 1995-1996, quand la Grèce commençait à investir dans les Balkans et renonçait à l’embargo contre la Macédoine. Quinze ans plus tard, Athènes est devenu un acteur économique majeur dans la région. La Grèce entraînera-t-elle tous les Balkans dans sa chute ?

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Le taux de chômage américain est une blague cruelle

Considérons “cette baisse surprise” du chômage à 9,7%, ceci est essentiellement le résultat de gens qui sortent du rayon d’action de l’assurance chômage et autres aides sociales et qui se découragent. Elle n’a aucune signification particulière et même, elle peut induire en erreur.

On peut tout aussi bien résoudre un problème de chômage en envoyant des gens par bateau en Australie. Et bien, cela a déjà eu lieu au cours de l’Histoire. Difficile de dire qui a tiré le meilleur lot dans ce cas de figure-là, en tout cas sur le long terme.

Un meilleur indicateur du chômage serait le taux de participation des actifs, qui nous donne des informations sur le nombre total de gens employés, comme pourcentage de la population, sans le bénéfice d’un bannissement officiel.

Evolution du taux des actifs de 16 ans et plus, de 2000 à 2010 (source : US Bureau of Labor) - Cliquer pour agrandir

Ce chiffre a continué sa chute, de 64,9% en novembre à 64,7% en janvier, avec un petit sursaut par rapport au plancher de décembre à 64,6%.

Voici un graphique réalisé par nos amis de chez Calculated Risk, qui montre la situation de l’emploi en contexte, par rapport à d’autres récessions, pour la période postérieure à la seconde guerre mondiale :
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