Argentine : Compte à rebours avant la faillite du pays

La présidente argentine, Cristina Kirchner, est sous la menace du fonds vautour Elliott. Paul Singer, son fondateur, réclame le remboursement de la totalité de la dette de l’Argentine.

Paul Singer, fondateur et président du fonds Elliott Management

Le compte à rebours est terrible. Au moment où nous écrivons ces lignes, il ne reste que quelques heures au gouvernement de Cristina Kirchner pour négocier un accord avec NML (filiale du fonds Elliott) et Aurelius, les deux fonds vautours qui réclament le remboursement des 1,33 milliard de dollars que leur doit le pays.

Sans cela, l’Argentine sera en défaut de paiement technique passé le 30 juillet. « Tout le monde y perdrait, mais les deux parties s’enferment dans des comportements jusqu’au-boutistes », résume Juan Carlos Rodado, économiste chez Natixis. Un tragique dilemme du prisonnier, où chacun tente de faire plier l’autre en espérant qu’il craque en premier.

Comment Buenos Aires en est arrivé là ?

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Les grands hedge funds américains spéculent sur une baisse de l’euro

Jusqu’où l’euro peut-il baisser ? Très loin, selon les paris que seraient en train de fomenter certains fonds spéculatifs anglo-saxons. Alors que la monnaie unique, fragilisée par la crise grecque, est passée de 1,51 dollar en décembre 2009, à moins 1,35 dollar en février, le Wall Street Journal indique, vendredi 26 février, que les plus grands et plus célèbres hedge funds se seraient réunis, en début de mois lors d’un dîner-débat à Manhattan, pour évoquer leur challenge : faire glisser l’euro jusqu’à un niveau de parité avec le dollar.

Pour ces acteurs anglo-saxons, l’euro a toutes les raisons de plonger. Les difficultés budgétaires de la Grèce, aujourd’hui menacée de défaut, s’apparentent à celle des banques américaines Bear Stearns, rachetée pour une bouchée de pain par JPMorgan en 2008, ou encore de Lehman Brothers, tombée à l’automne 2008.

Parmi eux figure le fonds de l’américano-hongrois George Soros, surnommé “l’homme qui a fait sauter la banque d’Angleterre” après avoir, en 1992, spéculé à la baisse sur la livre sterling, provoquant l’exclusion de la monnaie britannique du Système monétaire européen (SME). A ses côtés, David Einhorn, président du fonds Greenlight Capital. Ce quadragénaire au visage d’ange s’était fait remarquer en France en 2008 en tant qu’actionnaire remuant de la banque en difficultés Natixis.

Jouant les Cassandre, M. Soros alerte, dans une tribune au Financial Times, le 22 février, que la zone euro “fera face à des défis plus grands que la Grèce“, soulignant les failles intrinsèques de l’union monétaire européenne. “La survie de la Grèce ne réglera pas la question de l’avenir de l’euro.”

Pour eux, “il y a beaucoup d’argent à se faire“, rapporte le Wall Street Journal. Ces spéculateurs emprunteraient jusqu’à 20 fois la mise nécessaire, afin de faire jouer un “effet de levier”. Une technique qui permet d’amplifier les gains comme les pertes. Si le pari est gagnant, 5 millions de dollars misés rapportent… 100 millions.

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Les banques françaises très exposées à la dette grecque

Les établissements français sont les plus engagés en Grèce, avec des créances qui atteignent environ 53 milliards d’euros. L’exposition globale du Crédit Agricole s’élève à près de 30 milliards d’euros.

Après Société Générale, mercredi, BNP Paribas vient de publier ses résultats trimestriels et par la même occasion son exposition à la dette de la Grèce. Alors qu’elle a fait état d’un bénéfice net en hausse de 39,1% à 2,28 milliards d’euros pour le premier trimestre, BNP Paribas a présenté, à ce jour, l’exposition à la dette grecque la plus élevée des banques françaises. Elle s’élève à 5 milliards d’euros, auxquels s’ajoutent 3 milliards d’euros d’engagements commerciaux sur des entreprises privées grecques. La banque précise que les crédits au secteur privé grec ne représentent que 0,2% des engagements totaux du groupe, tandis que l’exposition à la dette de l’État grec n’en pèse que 0,4%.

«Si l’on se place à court terme, le risque le plus important est l’exposition à la dette privée, affirme Christian Parisot, économiste et responsable de la stratégie d’Aurel BGC. La mise en place d’un plan de rigueur aurait un impact négatif certain pour l’économie grecque. Il entraînerait une contraction de 3 à 4% du PIB, augmenterait le risque de défaut des ménages, moins solvables qu’un État, et par voie de conséquence celui des entreprises.»

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