La jeunesse n’a pas de travail mais elle a des idées pour l’Europe

Quelle sera l’Europe de demain? Près de 5.400 jeunes européens de 16 à 30 ans se sont réunis à Strasbourg en mai dernier pour en débattre et ont rendu un rapport à ce sujet il y a quelques jours. Tour d’horizon de leurs idées pour une meilleure Europe.

Chômage des jeunes par pays, dans l’Union européenne, en pourcentage des moins de 25 ans, juillet-août 2013

Pendant trois jours la moyenne d’âge du Parlement européen à Strasbourg a fortement baissé. Et pour cause, des milliers de jeunes venus de tout le Vieux Continent ont investi les lieux afin de réfléchir à l’avenir de l’Europe.

Ils ont pu donner leur avis, partager leurs craintes et leurs espoirs autour de cinq grands thèmes: le chômage des jeunes, la révolution numérique, le futur de l’Europe, le développement durable et les valeurs européennes. Ces “rencontres de la jeunesse européenne” (European Youth Event) ont permis de dégager quelques idées pour l’avenir.

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« Politique de la ville » : la spirale criminelle – 2

Par Xavier Raufer

La criminalisation des cités et quartiers ? Le pillage des commerces par des bandes organisées ? La classe politique et les médias font, pour l’essentiel, silence. Balayons la poussière sous le tapis, édulcorons tout cela sous le nom de “faits divers” – le cauchemar se dissipera bien tout seul.

François Hollande, Olivier Klein, maire de Clichy, devant François Lamy, ministre chargé de la Ville et Najat Vallaud-Belkacem, lors d’une visite le 31 juillet 2013 à Clichy-sous-Bois

Mais ce cauchemar ne peut cesser si le diagnostic est faux et si journalistes et politiciens continuent d’occulter le fait massif qu’une ville, c’est d’abord ceux qui y vivent – ce qui est ici en cause étant la désastreuse politique d’immigration conduite un demi-siècle durant :

- Le rapport précité sur les cités marseillaises souligne que “la majeure partie de la population a une origine du Maghreb, d’Afrique subsaharienne ou des Comores”.

- Le Monde (26/10/09) : “Il pourrait y avoir de 100.000 à 300.000 migrants clandestins en Seine-Saint-Denis.”

- En avril 2011, le Haut Conseil à l’intégration (conduit par un ex-président de la Licra) souligne que dans les “Zones urbaines sensibles” d’Ile-de- France, 64% de la population entre 18 et 50 ans est issue de l’immigration. Dans son rapport au Premier ministre (12/04/2011) “La France sait-elle encore intégrer ses immigrés”, le HCI ajoute par ailleurs que “la politique de la ville est née des concentrations d’immigrés jugées excessives et plus particulièrement des désordres qui leur sont associés” [nous soulignons]. Et le fort progressiste Jacques Donzelot (Quand la ville se défait, Le Seuil, 2006) renchérit : “La politique de la ville fut le nom donné à une politique d’intégration des immigrés qui n’osait pas dire son nom” : la cause est entendue.

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La santé mentale est notre prochain problème

Selon l’OMS, les troubles mentaux représentent 38 % de toutes les maladies dans les pays à hauts revenus. Et leurs conséquences économiques sont beaucoup plus graves que celles des maladies physiques.

Jack Nicholson dans “Vol au-dessus d’un nid de coucou”, 1976

La dépression, l’angoisse, entraînent plus de souffrances que les maladies physiques, la pauvreté ou le chômage. Et leur coût économique est énorme.

Elles sont pourtant maîtrisables par des traitements efficaces et relativement peu onéreux mais au Royaume-Uni, moins d’un tiers des adultes souffrant de dépression sont traités, contre 90 % des diabétiques. Seul un quart des enfants atteints de troubles mentaux reçoivent un traitement. Cette sous-prise en charge est injuste et représente un énorme gâchis. Elle s’explique largement par des préjugés tenaces et une prise de conscience qui ne se fait pas : que des traitements efficaces existent. Il faut maintenant en finir avec ce terrible échec.
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André Gorz : « Misères du présent, richesse du possible »

Critique radical du capitalisme, philosophe du travail, de l’autonomie du sujet et des communautés, André Gorz (1923-2007) est l’un des précurseurs de l’écologie politique et du mouvement pour la décroissance. (Les phrases à la première personne du singulier sont d’André Gorz).

Ilya Repine – Les Bateliers de la Volga (1873)

Introduction : Il faut oser l’Exode. Il faut oser rompre avec cette société qui meurt et qui ne renaîtra plus. Il faut ne rien attendre des traitements symptomatiques de la «crise», car il n’y a plus de crise : un nouveau système s’est mis en place qui abolit massivement le «travail». Il restaure les pires formes de domination et d’asservissement en contraignant tous à se battre contre tous pour obtenir ce «travail» qu’il abolit.

Ce n’est pas cette abolition qu’il faut lui reprocher : c’est de prétendre perpétuer comme obligation, comme norme, comme fondement irremplaçable des droits et de la dignité de tous, ce même «travail» dont il abolit les normes, la dignité et l’accessibilité. Il faut que le «travail» perde sa centralité dans la conscience et l’imagination de tous.

Il est rare que ces «travailleurs» puissent dire : «Voici ce que j’ai fait. Voici mon ouvrage. Ceci est mon œuvre». Je hais les mystificateurs qui, au nom de la définition philosophique ou anthropologique du travail, justifient la valeur d’un «travail» qui en est la misérable négation. C’est précisément au sens de réalisation de soi, au sens de poièsis, que le travail disparaît.

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Cinéma : “The take”

En décembre 2001, l’Argentine implosait. Arrivée au terme du processus de « réforme » néolibérale, le pays entra tout simplement en faillite. Plus d’argent, plus de salaires, plus d’économies.

La conclusion logique d’une décennie durant laquelle l’Argentine avait été considérée comme le meilleur élève du Fond Monétaire International et avait « modernisé » son économie en effectuant les « réformes structurelles » devant lui permettre d’assurer sa « croissance ».

30 ouvriers au chômage dans la banlieue de Buenos Aires occupent leur usine abandonnée par les patrons et refusent de la quitter. Ils demandent le droit de faire repartir les machines, de reprendre le travail.

Freddy Espinosa, président de la nouvelle coopérative des ouvriers de La Forja, et Lalo Paret, activiste du Mouvement National des Entreprises Récupérées, vont faire face, avec leurs camarades, à leurs anciens patrons, aux banquiers et au système tout entier…

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Ces chômeurs “invisibles” ou “découragés” qui doublent le nombre de sans-emploi

En cumulant les catégories A, B et C (les personnes ayant exercé une activité réduite), le nombre d’inscrits à Pôle emploi a augmenté de 34.300, soit 0,7%, pour s’élever officiellement à 5.020.200 en métropole et 5.320.000 en incluant les départements d’Outre-mer.

Jacques Attali : « Tout le monde doit s’habituer à l’idée d’avoir plusieurs emplois en même temps »

Extraits de l’entretien accordé par Jacques Attali au Bondyblog

[...] Vous dites qu’ « avec les nouvelles technologies et l’évolution des marchés, nous sommes tous en train de devenir des intermittents ». Êtes-vous en train de devenir un intermittent Mr Attali ?

J’ai toujours été un intermittent, enfin presque toujours. Un intermittent c’est quelqu’un qui fait plusieurs choses à la fois, qui n’est salarié de personne et qui a plusieurs activités. J’ai la chance à mon âge de n’être pas tellement en situation précaire, mais

je pense que tout le monde, mis à part les fonctionnaires, doit s’habituer à l’idée de se débrouiller, de créer sans cesse son propre emploi, d’avoir plusieurs emplois en même temps, de ne rien attendre de personne. C’est ça qui est l’avenir et ce n’est pas une situation négative, mais une situation positive.

[...] La création d’entreprise pour les classes populaires, c’est très dur !
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Le secteur marchand français saigné à blanc

L’économie française a recommencé à détruire des emplois au premier trimestre dans le secteur marchand, où 21.700 postes (-0,1%) ont disparu, du fait de l’intérim.

Dans son estimation provisoire, publiée mi-mai, l’Institut de la statistique avait évalué que 23.600 emplois avaient été perdus au 1er trimestre. Sur un an, 44.400 postes ont été rayés de la carte (-0,3%), malgré une légère reprise des créations d’emplois à la fin de l’année dernière.

Au premier trimestre, tous les secteurs d’activité sont concernés par ces pertes d’emploi, mais l’intérim est particulièrement frappé. La baisse atteint 0,2% dans l’industrie, 0,3% dans la construction et 0,1% dans le tertiaire, où sont comptabilisés tous les emplois en intérim. Dans le secteur du travail temporaire, considéré comme précurseur des évolutions du marché de l’emploi, 26.200 postes ont été détruits (-4,8%).

Pas de reprise de l’emploi en 2014
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Bac : les inégalités sociales face à l’épreuve perdurent

Les enfants de familles monoparentales, qui sont plus souvent que les autres issus de foyers cumulant les difficultés sociales, sont moins nombreux à devenir bacheliers que leurs camarades vivant avec deux parents.

Parmi les élèves entrés en sixième en 1995, seuls la moitié de ceux vivant avec un seul parent sont devenus bacheliers, contre deux tiers de l’ensemble des élèves, selon une étude de septembre 2013 du ministère de l’Education.

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Sauver la classe moyenne, et ressusciter

Par Myret Zaki

Les classes moyennes, en Europe comme aux Etats-Unis, se meurent. Conséquence du creusement des inégalités, elles sont en train de se vider de leurs contingents. Et cela refaçonne le paysage tant politique qu’économique.

Les 1%
EN CAS DE GUERRE DES CLASSES, BRISER LA GLACE (caricature américaine)

En France, le salaire réel net moyen, qui avait été multiplié par trois (+400%) de 1947 à 1975, n’a progressé que de 12% sur les vingt dernières années. Les générations nées vers 1960 n’ont jamais connu les opportunités de leurs parents.

Le déclassement social fait que les nouvelles générations sont moins riches que leurs parents et que les pauvres aujourd’hui sont les jeunes. Ce qu’on appelle aujourd’hui la classe moyenne, en Europe, est en grande partie subventionnée par la génération précédente, celles des Trente Glorieuses.
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Visages de la pauvreté rurale : « Ils essaient de survivre par leurs propres moyens »

A Maupas et à Vic-Fezensac, les bénévoles de la Croix-Rouge sillonnent la campagne du Gers à bord d’un bus pour ceux qui n’ont rien et demandent peu. Ils croisent les visages de la pauvreté rurale, accompagnés de handicaps, de tutelles, ou de maladies mal soignées.

« Ils ne se rendent pas compte… Je ne suis pas raciste, mais faut qu’ils nous aident plus, les Français… »

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Belgique : La Banque Nationale recommande de baisser les retraites

La Banque nationale de Belgique (BNB) considère que la diminution des dépenses de pension permettrait d’augmenter l’offre de travail et donc d’assainir les finances publiques, indiquent mardi L’Echo et Le Soir.

Selon une étude récemment publiée dans sa “Revue économique de juin 2014″, la BNB ajoute que les travailleurs pourront ainsi travailler plus longtemps afin de s’assurer des revenus suffisants lors de leur départ à la retraite.

La BNB s’appuie sur une analyse de l’OCDE qui classe les dépenses publiques selon leur impact sur la croissance économique et indique que la réduction des pensions ainsi que des subventions sont les économies les moins pénalisantes.

Assainir les finances publiques
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Afrique du Sud : 1994-2014, le naufrage

Par Bernard Lugan

Vingt ans après que Frederik De Klerk ait hissé Nelson Mandela au pouvoir, la question raciale se pose avec d’autant plus de force qu’il s’agit d’un tabou empoisonnant et conditionnant tout à la fois la vie politique et les rapports sociaux.

Contrairement à ce que croyaient les gogos, la pluie démocratique n’a donc pas effacé les rayures du zèbre sud-africain. Quant à l’arc-en-ciel multi-racial, il s’est dissipé sous les orages.

Les élections du mois de mai 2014 – le dossier qui leur est consacré le montre d’une manière éloquente -, furent d’abord raciales.

Les Noirs ont en effet massivement voté pour des partis noirs, cependant que les Blancs, les Métis et les Indiens, ont non moins massivement donné leurs suffrages à l’Alliance démocratique.

Or, la fracture raciale qui est au cœur de toutes les problématiques sud-africaines va encore s’accentuer au fur et à mesure de la déliquescence de ce qui fut un pays prospère. Sans une croissance pérenne de 5 à 7% par an, l’Afrique du Sud ne pourra en effet pas freiner un chômage qui touche désormais au moins 40% de la population active. En 2013, cette croissance ne fut que de 1,6% et au premier trimestre 2014, le PIB a perdu 0,6%, notamment en raison des mouvements sociaux qui paralysent les mines.
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C’est maintenant une crise sociale qui menace l’Europe

Par Guntram B. Wolff et Zsolt Darvas

Cet article est basé sur une note de synthèse rédigée conjointement par les deux auteurs, présentée aux ministres des Finances de l’UE lors de leur entrevue informelle de l’Ecofin à Athènes.

Image du film L’arroseur arrosé, de Louis Lumière, 1895

Au cours de ces dernières années, la politique économique européenne s’est concentrée sur la crise des dettes souveraines et sur la fragmentation du système financier. Mais une menace encore plus dangereuse pèse sur l’Europe : le risque de la fragmentation sociale qui pourrait bien se transformer en une révolte contre les élites politiques, contre l’intégration européenne, les marchés ouverts et mondiaux, et finalement contre l’euro.

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Le Brésil ne croit pas à l’effet Coupe du Monde

La Coupe du Monde de football pour doper l’économie : l’argument est servi par les dirigeants brésiliens mais la population n’y croit pas selon une enquête du Pew Research Center, rendue publique mercredi 4 juin.

A une semaine du match d’ouverture, le pessimisme est de mise au Brésil au sujet de la Coupe du Monde. Pas tellement au sujet des chances de la Seleçao de décrocher un sixième titre mondial. Mais pour l’impact de l’événement sur l’économie nationale.

Alors que les dirigeants, la présidente Dilma Rousseff en tête, ont toujours vanté l’effet positif d’une telle compétition sur la croissance brésilienne, leurs concitoyens n’y croient pas.

Une enquête publiée mercredi 4 juin par le Pew Research Center révèle que 61% des Brésiliens interrogés pensent que le Mondial aura un effet néfaste sur l’économie du pays car «une mauvaise chose parce que cela fait de l’argent en moins pour les services publics».

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Le revenu de base : Une utopie de plus en plus réaliste

Une allocation versée à tous, du berceau à la tombe, de manière inconditionnelle et universelle, sans conditions de ressources ni obligation de travail? Une idée à première vue utopiste et démesurée après une crise financière dévastatrice. C’est pourtant ce que proposent de plus en plus d’économistes, chercheurs et activistes, appuyés par des mouvements qui cherchent à instaurer le projet en France par le biais de l’Europe.

“Il n’est rien au monde d’aussi puissant qu’une idée dont l’heure est venue”, peut-on lire sur le site du Mouvement Français pour un Revenu de Base (MFRB). Cette phrase de Victor Hugo résume la pensée des militants pour l’instauration d’un revenu de base, une allocation versée à tous les citoyens, qu’ils soient riches ou pauvres, majeurs ou mineurs, avec ou sans emploi, et le tout, sans contrepartie.

Autour de 400€ pour les uns et de 750€ pour d’autres, le revenu de base, également appelé « allocation universelle », « revenu d’existence » ou « basic income », aurait pour but principal d’éradiquer l’extrême pauvreté et les inégalités. Il se substituerait aux nombreuses prestations sociales en cherchant à simplifier un système complexe, tout en évitant la création de trappes de pauvreté.

Plusieurs approches s’entrecroisent quant à son financement. Les principales comprennent une fusion des systèmes d’aide sociale, de chômage et de retraite, ainsi qu’un impôt proportionnel qui remplacerait le système actuel du RSA, de la prime pour l’emploi et des exonérations de cotisation patronales.

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Enfoncée dans la crise, l’Espagne aux prises avec la pauvreté de ses enfants

Même avant la crise, Patricia Martin avait du mal à faire vivre sa famille de trois enfants sur le salaire modeste de son mari, balayeur. Lorsque la tempête économique a frappé l’Espagne, le foyer a glissé vers le dénuement.

Temps de travail réduit, salaire de 900 euros divisé par deux : la vie est dure dans leur petit appartement de Vallecas, un quartier populaire du sud de Madrid.

Le couple est menacé d’expulsion, avec plus d’un an de loyers impayés. Ils dépendent de banques alimentaires pour nourrir leurs enfants, qui doivent faire cinq kilomètres à pied pour aller à l’école. Il n’y a plus d’argent pour le bus.

« Si je n’ai rien à leur donner pour qu’ils emportent un goûter, je fais comme si j’avais oublié de le préparer », confie cette femme de 30 ans, tandis que son fils, âgé de sept ans, et ses deux filles, de huit et dix ans, jouent dans un parc près de la maison.

« Ils ne disent rien mais c’est très dur », ajoute-t-elle, des larmes plein les yeux. « Je m’efforce de leur rendre la situation moins pénible ».

Six ans après l’explosion de la bulle immobilière qui a détruit des millions d’emplois et lancé le début de la crise dans le pays, l’Espagne fait face à une forte hausse de la pauvreté infantile.

Un demi million d’enfants ont rejoint depuis 2007 la catégorie des petits risquant de tomber dans la pauvreté, portant le total à 2,5 millions, selon une étude de l’ONG espagnole Educo, spécialiste de l’enfance.

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