La mythique courbe de Phillips

Par Simon Wren-Lewis

Supposons que vous ayez une heure de cours pour enseigner les fondamentaux en macroéconomie, quelle relation seriez-vous sûr de présenter? Ma réponse serait la courbe de Phillips. La courbe de Phillips explique grandement la politique monétaire.

Ce sont des idées simples, mais hautement plausibles, qui m’ont amené à croire en la courbe de Phillips. Lors d’une expansion, la demande est forte par rapport à la capacité de l’économie à produire, donc les prix et salaires tendent à s’accroître plus rapidement que lors des récessions.

Cependant les travailleurs ne vont normalement pas souffrir d’illusion monétaire: lors d’une expansion, ils veulent de plus hauts salaires pour accroître l’offre de travail. Les entreprises se focalisent quant à elles sur leurs marges de profit, si bien que si les coûts augmentent, les prix augmentent également.

Comme les entreprises ne changent pas leurs prix tous les jours, elles vont aussi bien penser aux coûts courants qu’aux coûts futurs. Cela signifie que l’inflation dépend de l’inflation anticipée, aussi bien que d’un certain indicateur d’excès de demande, comme le chômage.
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Alexandre Mirlicourtois : « Réduction du chômage et petits arrangements statistiques »

Par Alexandre Mirlicourtois – Directeur de la conjoncture et de la prévision de Xerfi

Le chômage c’est le critère de la réussite ou de l’échec d’une politique économique. Et comme disait Mark Twain : « les faits sont têtus. Il est plus facile de s’arranger avec les statistiques ». Et l’on peut en effet se demander parfois, si l’art de réduire le chômage n’est pas d’abord celui d’acclimater les conventions comptables.

Le mirage de la relance américaine : une reprise inégale, financée avec de la dette

Récemment, le Wall Street Journal a noté que la pire récession que les Etats Unis aient connue depuis la Grande Dépression avait pris fin en 2009, mais que la reprise avait été lente. Même si le rebond au second trimestre a dissipé les doutes laissés par le ralentissement marqué au 1er trimestre, la croissance de seulement 1% sur l’ensemble du semestre a douché les espoirs d’une accélération de la reprise.

HACHOIR DE LA RECESSION
— La bonne nouvelle, c’est que nous sortons de cette récession… La mauvaise nouvelle, c’est que nous sortons de cette récession…

« En d’autres termes, la relance économique américaine a été inégale », analyse Bob Stokes d’Elliott Wave International. Il attire l’attention sur une autre caractéristique de cette reprise américaine : la nature de la reprise de l’emploi. Au mois de septembre, on enregistrait un taux de chômage de seulement 5,9%, ce qui est une franche amélioration par rapport à octobre 2009, où il dépassait les 10%.

Mais d’un autre côté, le taux de la participation au marché du travail du mois d’août n’a atteint que 62,8%, son niveau le plus faible depuis 1978, suggérant que la baisse du taux de chômage pourrait provenir pour partie du découragement d’un certain nombre de chômeurs qui suspendent leur recherche d’emploi. La baisse du taux de chômage masque également le fait que l’on compte plus de 7 millions de travailleurs à temps partiel qui ne parviennent pas à trouver un emploi à plein temps.

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Frédéric Encel : «L’Etat islamique partage la même vision du monde que les Saoudiens»

Docteur en géopolitique, Frédéric Encel est l’auteur d’une douzaine d’ouvrages, principalement sur le Proche-Orient. Après Gilles Kepel et Jean-Pierre Filiu, Fréderic Encel publie un ouvrage de synthèse sur le Printemps arabe. Il le fait à sa manière, celle d’un spécialiste de géopolitique formé par Yves Lacoste. Sa démarche est de «tenter d’appréhender les représentations des acteurs, leurs manières de penser» le monde dans lequel ils agissent de manière politique. Très facile d’accès, l’ouvrage décrit ainsi ce que le printemps arabe a révélé – notamment l’échec d’une vision cynique de l’histoire.

Fréderic Encel «Géopolitique du printemps arabe» PUF, 245 pages, 18 euros.

Le roi Abdallah Al Saoud et le président Hollande, le 29 décembre 2013 à Riyad

Le pèlerinage de La Mecque le montre, l’Arabie saoudite reste centrale dans l’univers musulman. Pourquoi ce pays de 30 millions d’habitants a-t-il été épargné par le Printemps arabe ?

Parce que le régime disposait de tous les moyens de le tuer dans l’oeuf ! Pour au moins trois raisons, outre la répression policière. D’abord, le système féodalo-tribal sur lequel repose l’Etat et la société. C’est la vieille éthique bédouine de soumission au chef de la tribu, et de la soumission des tribus à la plus puissante d’entre elles, les Saoud. Ce n’est pas une société individualiste…

Ensuite, les sommes considérables que le pouvoir a injecté dans la société, dès les premières semaines du printemps arabe en Tunisie et en Egypte. On parle de 130 milliards de dollars versés en dix-huit mois, dans l’éducation, le logement, la santé, des secteurs en partie sinistrés. On ne dispose pas de données très fiables, mais on considère généralement que 20% des jeunes Saoudiens sont au chômage, dans un pays qui ne produit rien d’autre que du pétrole et du gaz. Ces fonds pharaoniques ont permis d’éviter les émeutes sociales.

Enfin, le formatage des esprits par le régime, très clairement d’inspiration islamiste radicale.
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La carte de la qualité de vie dessine une France de l’Ouest privilégiée

L’Insee a décrypté la vie des Français sur plus de 2.600 territoires.

Métropoles et villes moyennes de l’Ouest et du Sud-Ouest sont favorisées.

Peut-on mesurer le bonheur avec des chiffres ? Faut-il prendre en compte le taux de chômage, le pourcentage de succès au bac, les revenus moyens, la distance du domicile au travail, la mortalité ? Dans le droit fil de la commission Stiglitz sur la mesure de la performance économique et du progrès social, et des débats récents sur la situation des zones périphériques des métropoles, les experts de l’Insee se sont penchés sur la qualité de vie dans les territoires (voir document ci-dessous).

Ils ont défini 27 indicateurs très larges, (accessibilité aux équipements, à la culture, aux sports, aux loisirs, les niveaux de diplôme, l’écart entre les salaires femmes-hommes, les revenus…) Et les ont appliqué à l’échelle de 2.677 lieux de vie de France métropolitaine.
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Visite guidée de la nouvelle Athènes

Le président de la Commission José Manuel Barroso estime que les « sacrifices » du peuple grec lui « ouvrent les portes d’un meilleur avenir ». Un avenir apparemment très lointain…

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Préhistoire

2007. Pour dénoncer l’apparition d’une génération contrainte de se débrouiller avec 700 euros par mois, de jeunes diplômés lancent un mouvement baptisé G700. Quelques années plus tard, l’inacceptable d’hier fait rêver, et l’organisation annonce son autodissolution :

« Depuis la création du mouvement, les destinées des protagonistes du G700 ont été bouleversées. (…) Ce que nous appelions le “palier des 700 euros”, et que nous avions identifié comme une référence sociale, a été enfoncé par les événements. (…) Pour ceux qui continuent à participer à nos activités, 700 euros par mois constituent désormais une somme prodigieuse. » Fini l’exigence de « dignité » : « Notre quête personnelle se résume aujourd’hui à la survie » (1).

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Stiglitz dresse l’état des lieux de la macroéconomie

Dans le discours qu’il a récemment prononcé lors de la conférence tenue en l’honneur du Français Jean-Paul Fitoussi, Joseph Stiglitz (2014) débute par un constat sévère: qu’il s’agisse de la science ou de son objet, la macroéconomie ne se porte pas très bien.

Pourtant, en avril 2006, Anne Krueger, la directrice générale déléguée du FMI, affirmait que « l’économie mondiale a rarement été dans une meilleure forme ». De son côté, lorsqu’Olivier Blanchard (2008) se pencha sur « l’état de la macro » alors même que le marché du crédit subprime connaissait de fortes turbulences, il le jugea bon. Puis les pays avancés basculèrent dans la plus sévère crise économique depuis la Grande Dépression des années trente.

Non seulement les modèles standards n’ont pas prédit la Grande Récession, mais ils suggéraient tout simplement qu’un tel événement ne pouvait survenir. Dans le type d’économies dépeint par les modèles standards, les bulles n’existent pas ; l’approfondissement des marchés financiers est censée avoir dissolu les risques.

Pourtant, ces deux derniers siècles ont été marqués par une volatilité récurrente des prix d’actifs et du crédit. Même après que la bulle immobilière ait éclaté, les modèles standards n’ont pas prédit l’ensemble de ses répercussions. Ils n’ont pas plus prédit l’occurrence de la crise de la zone euro ou ses conséquences. Ils n’ont pas pu fournir de bons conseils aux autorités monétaires pour agir efficacement face à la déstabilisation des marchés financiers et à la détérioration de l’activité.
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L’expatriation tente les jeunes cadres français, pas leurs homologues allemands

Plus de 94 % des jeunes cadres français souhaitent aller travailler à l’étranger contre moins de 50 % en Allemagne.

L’expatriation tente de plus en plus les cadres français à recherche d’un emploi mais ne séduit pas les cadres allemands, selon une enquête du Boston Consulting group publiée ce lundi. Les résultats de cette étude montrent en effet que près de 94 % des jeunes cadres français souhaitent aller travailler à l’étranger tandis que dans le même temps moins de 50 % des cadres allemands expriment le même souhait.

En Allemagne, “les jeunes sont beaucoup plus conservateurs à l’idée de travailler à l’étranger“, ce qui s’explique probablement par le fait que “le pays possède le taux de chômage le plus bas en Europe pour les moins de 25 ans“, analyse l’étude.

Pour autant, et c’est là un des enseignements de cette enquête, l’envie d’aller faire sa carrière à l’étranger ne traduit pas uniquement le souhait de cadres dont les pays d’origine ne sont pas au mieux de leur forme. Bien au contraire. Des pays développés affichent aussi des taux élevés, à l’image de la Suisse ou du Luxembourg (près de 75 %) ou bien encore des Pays-Bas (94 %). Et dans la majeure [partie] des pays européens qui traversent pourtant une situation difficile, entre 50 % et 60 % des cadres seulement sont tentés par l’international.

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Claude Halmos: “La crise a enfanté une crise psychologique”

Dans son dernier livre, Est-ce ainsi que les hommes vivent? la psychanalyste Claude Halmos soutient que la crise économique provoque des ravages psychologiques dans de nombreuses couches de la population. Interview.

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Certains malaises sont si difficiles à nommer que l’on s’abrite volontiers derrière des expressions passe-partout pour contourner l’obstacle.

Ainsi de la fameuse “déprime” ou “sinistrose” hexagonale, censée renvoyer au piteux moral des Français frappés par la dégradation économique.

L’heure n’est pourtant plus aux euphémismes commodes, s’emporte la psychanalyste Claude Halmos dans son dernier livre, Est-ce ainsi que les hommes vivent? (Fayard).

Celle que de nombreux lecteurs et auditeurs connaissent pour ses interventions affûtées sur les questions d’éducation pousse, cette fois, un cri d’alarme et de révolte aux accents politiques :

oui, la crise économique provoque, bien au-delà du seul cercle emblématique des chômeurs, des ravages psychologiques dans de nombreuses couches de la population.

Aux dirigeants d’en prendre la mesure, sous peine de se couper encore davantage de leurs électeurs. Une interpellation douloureuse, mais salutaire.

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France: le chômage va continuer d’augmenter fin 2014 et en 2015 (Unédic)

L’Unédic, organisme qui gère l’assurance chômage, a prévu lundi une poursuite de la hausse du chômage, avec 44.000 demandeurs d’emploi sans activité supplémentaires d’ici à la fin de l’année et 96.000 en 2015, plus qu’annoncé en mai.

Quelque 106.000 demandeurs d’emploi sans activité ont déjà été comptabilisés depuis le début de l’année. A fin août, Pôle emploi recensait 3,413 millions de chômeurs sans activité.

Ces prévisions sont plus pessimistes que celles publiées en mai: l’Unédic prévoyait alors 103.200 inscrits supplémentaires pour 2014 et 60.000 pour 2015.

Les nouvelles projections correspondent tout de même à un léger ralentissement de la hausse du chômage par rapport à 2013, année où près de 175.000 nouveaux chômeurs avaient été recensés par Pôle emploi.
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Le chant du cygne de l’économie allemande

Au moment où le modèle allemand est encensé dans le monde entier, le président de l’Institut de recherches DIW, à Berlin, comme d’autres économistes de premier plan, veut en finir avec les clichés aussi flatteurs que “dangereux“. Son pays est “en déclin” et “vit sur ses acquis“, explique-t-il dans “Allemagne, l’illusion” (“Die Deutschland Illusion“). Le revenu moyen d’un ménage allemand a baissé de 3% depuis l’an 2000. La baisse a même atteint 5% pour les 10% les plus pauvres, souligne-t-il.

“L’économie de ce pays est en échec. Sa croissance depuis l’an 2000 est plus faible que la moyenne européenne. Les salaires y ont progressé moins vite, et la pauvreté, en hausse, touche un enfant sur cinq”.

Certes, l’Allemagne, considérée comme “l’Homme malade de l’Europe”, il y a encore une dizaine d’années s’est redressée depuis la crise financière de 2009.

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Économie : L’oligarchie ment aux Français

Tribune libre de Paysan savoyard

La situation économique et sociale conduit à constater que les Français sont en la matière victimes d’un double mensonge: l’oligarchie leur ment ; et ils se mentent à eux-mêmes. Commençons par le premier volet. Un autre article suivra pour traiter du second.

  • Contrairement à ce qu’ils cherchent à faire croire, les politiciens n’essaient pas de régler les difficultés économiques et sociales

En apparence, un débat nourri existe au sein de la classe dirigeante  pour faire face aux difficultés auxquelles est confrontée l’économie française: débat entre la politique de l’offre et de la demande ; entre austérité et relance ; entre libéralisme et social démocratie ; entre remèdes de gauche et solutions de droite…

La classe dirigeante donne ainsi l’impression d’essayer sincèrement de s’attaquer aux problèmes, de réfléchir aux solutions, de les tester l’une après l’autre, de s’adapter à la conjoncture. C’est là un complet enfumage.

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Comment l’élite française a mal tourné

Dire que c’est Maurice Thorez qui a créé l’ENA…

Le communiste stalinien Maurice Thorez a passé la deuxième guerre mondiale à Moscou, où il se faisait appeler Ivanov. A la Libération, il revint au pays et entra au gouvernement. Quand Charles de Gaulle quitta le pouvoir, en 1946, Maurice Thorez reprit l’un des projets chers au général : la création d’une école, l’École Nationale d’Administration (l’ENA), destinée à former les hauts technocrates de la nouvelle république. Il devait penser que cette caste était cette « avant-garde du prolétariat » dont Lénine parlait souvent.

L’ENA a depuis produit d’innombrables membres de l’élite politique et financière française, pour culminer avec le Président François Hollande. Critiquer l’élite en France relève de la guillotine, ce qui n’empêche pas de constater que les énarques et leurs amis sont actuellement au plus bas. En un an, les gouvernements de droite comme de gauche sont devenus l’objet d’un mépris inégalé. La France connaît un chômage record. Les scandales impliquant l’élite se succèdent (le dernier concerne l’ex-ministre du Budget Jérôme Cahuzac et son compte secret en Suisse). Quelque chose a terriblement mal tourné pour la caste de Maurice Thorez.

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Offres d’emploi non pourvues : la machine à fantasme

350 000 offres d’emploi ne trouveraient pas preneurs selon le ministre du Travail. Un chiffre qui alimente le discours sur la fraude bien qu’il ne repose sur aucune étude rigoureuse. 

Fernand Léger : “Les constructeurs”

« En France, 350 000 emplois ne trouvent pas preneurs ». François Rebsamen, ministre du Travail, a repris à son compte une vieille polémique. Il y aurait donc en France  un vivier d’emplois délaissés par des chômeurs plus prompts à vivre de l’assistanat qu’à rechercher activement un travail.

350 000 pour la rue de Grenelle, 400 000 pour le Medef, 500 000 pour Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle 2012, et même 600 000 pour certains journalistes : les emplois non pourvus suscitent fantasmes et envolées peu rigoureuses. Le chiffre avancé par François Rebsamen est d’autant plus surprenant que François Hollande lui-même reconnaissait l’an dernier que « personne n’a la véritable statistique ». Comment l’expliquer ?

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“Le monde fait face à une crise de l’emploi généralisée” (Banque mondiale)

La planète fait face à une crise de l’emploi généralisée qui menace les perspectives de relance de la croissance, a prévenu la Banque mondiale, mardi 9 septembre. Elle ne voit aucun remède miracle.

“Il n’existe pas de solution magique pour résoudre la crise de l’emploi, dans les marchés émergents comme dans les économies avancées.”

Nigel Twose, le directeur de la Banque mondiale, a montré ainsi le pessimisme dans lequel nage la Banque mondiale. L’institution a rendu publique, mardi 9 septembre, une étude menée conjointement avec l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur l’emploi mondial, à l’occasion d’une réunion des ministres du Travail et de l’Emploi du G20 en Australie.

Nécessité de créer 600 millions d’emplois

Le besoin de créer des centaines de millions d’emplois se fera vite pressant, selon l’étude:
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Ouvrons les yeux, l’Espagne ne va pas mieux !

Depuis le début de l’année, médias et économistes répètent à l’envi que l’économie espagnole est repartie, que la page “bulle immobilière” se tourne enfin. Un doux rêve, presque un mensonge. Mais surtout à quel prix ce supposé redressement se fait-il ?

Le ministre de l’Economie espagnol Luis de Guindos en conversation avec le président de la Banque Centrale Européenne Mario Draghi (avril 2014)

Aujourd’hui un Espagnol a presque trois fois plus de “chances” de se retrouver au chômage qu’un Français, et ce, pour une durée deux fois plus longue…

Janvier 2014. Le Figaro titre : « L’Espagne, l’Italie et le Portugal ont inversé, eux, la courbe du chômage ». L’Espagne affiche alors 25,8% des chômeurs et pourtant nos voisins ibériques ont réussit à « inverser la courbe », les trois mots magiques, laquelle culminait un an plus tôt à 26,94%.

Quelque temps plus tard, en juillet 2014, le FMI annonce une hausse du PIB sur un an de 1,2%, alors que les dernières prévisions, qui dataient du mois d’avril, prévoyaient 0,9%. Et, cerise sur le gâteau, le FMI voit pour l’Espagne une hausse de 1,6% en 2015 ! Tant d’années de sacrifices, de soumission structurelle totale et d’amputation du coût du travail ont donc enfin porté leur fruit. Alléluia ! Cette fois, toujours pour nos confrères du Figaro, l’Espagne est la « bonne surprise de la zone euro » qui « remonte la pente ». Quand on sait que ce fameux PIB a baissé de 6 % entre 2008 et 2013, c’est sûr qu’il y a de quoi souffler un peu.

La Banque d’Espagne, qui elle, comme le gouvernement de Mariano Rajoy, fantasme sur des chiffres du PIB à 1,3 % et 2 % pour l’année prochaine, lance : « Les composantes privées – consommation et investissement des entreprises – ont été les principaux soutiens du PIB au deuxième trimestre ». En effet, la bonne santé du secteur touristique (28 millions de visiteurs au premier semestre) et des exportations (qui progressent plus vite qu’en Allemagne) ont de quoi faire envie. Seulement, fin août, plusieurs rapports ont sifflé la fin de la récré. Comme les chiffres de l’Ine (L’Insee espagnol), qui ne voit en Espagne qu’une hausse du PIB de 0,6% au second semestre (comparé au premier) et, surtout, une baisse des prix à la consommation qui vient faire planer le spectre de la déflation. Surprenant ça aussi ?

Le cancre de l’OCDE
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Irlande : Le pays où il n’est pas nécessaire de rembourser son crédit immobilier

L’économie irlandaise semble sortir du marasme, et après un quatrième trimestre de contraction, le PIB a progressé de 2,7% au cours du premier trimestre de cette année, le chômage continue de baisser, tandis que les prix de l’immobilier sont repartis à la hausse.

Mais un problème demeure : le nombre de propriétaires en retard de plus de 2 ans sur le paiement de leurs échéances de crédit immobilier continue de progresser.

Au cours du second trimestre, ils étaient encore 37.066, un nombre en progression de 5% par rapport au trimestre précédent. Leurs emprunts représentent 5% de l’ensemble des crédits immobiliers sur des résidences principales.

Même si le chiffre baisse régulièrement, l’ensemble des arriérés de crédit demeure astronomique en Irlande. Au second trimestre, la proportion des crédits connaissant des arriérés de crédit de plus de 90 jours atteignait encore 19% de l’ensemble des emprunts sur les résidences principales. En Espagne, pays qui a aussi été aux prises avec les suites de l’éclatement d’une bulle immobilière, elle ne se monte qu’à 3,4%.
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Les grecs se cachent pour survivre

Trois millions de personnes sans couverture maladie, des hôpitaux surchargés, des médicaments inaccessibles aux plus pauvres, de longues files d’attente aux soupes populaires: la Grèce continue à payer un très lourd tribut à la crise économique.

Les apparences sont trompeuses: malgré ses plages, son soleil, sa mer d’azur, la Grèce paie un terrible tribut à la crise économique commencée en 2009 et qui n’en finit pas de durer. Ainsi le salaire moyen dans le secteur privé a diminué de 20%, passant d’un peu plus de 1 000 euros nets par mois en 2009 à 817 euros en 2013. Aujourd’hui le taux de chômage atteint 27% de la population active et près de 40 % chez les jeunes.

Mais il y a pire : un chômeur en Grèce perd au bout d’un an tout droit à une assurance-maladie. Cette décision, imposée au gouvernement par « la troïka » (banque centrale européenne, commission européenne, FMI) a plongé près de 3 millions de personnes dans le désespoir. Pour un Grec sur 5, décrocher un rendez-vous chez le médecin ou trouver un médicament est devenu impossible.

Au point que des organisations comme Médecins du Monde ont recentré en Grèce des programmes d’aide qu’elles destinaient à l’Afrique.

L’équipe de Temps présent s’est rendue à Athènes pour prendre la mesure de ce drame invisible. Elle a découvert des hôpitaux surchargés, des soupes populaires où se rendent tous les jours des milliers de personnes et le désarroi d’anciens entrepreneurs ruinés par la crise. Mais elle a rencontré aussi des médecins révoltés qui inventent de nouvelles solidarités sur les ruines d’un pays qui a longtemps vécu au-dessus de ses moyens.

Temps présent – RTS – 04/09/14