Air France : Chronique d’un crash annoncé

La scène a fait le tour du monde: le DRH et le directeur général adjoint d’Air France, chemises arrachées, qui tentent de fuir la colère violente des salariés en escaladant un grillage. Une image choc, symbole d’une entreprise qui ne parvient plus à dialoguer. Quelques minutes auparavant, le comité central d’entreprise entérinait la suppression de 2.900 postes, la baisse de fréquences aériennes et la fermeture de plusieurs lignes pour les deux prochaines années.

Depuis plusieurs années maintenant, Air France cherche à gagner en productivité et à faire face à la concurrence de compagnies plus compétitives. Les réformes sont douloureuses et le salariés excédés.

Le dialogue social à Air France est-il dans l’impasse? La compagnie aérienne peut-elle survivre sans réforme? Quelle image la France renvoie-t-elle à ses voisins?

Portugal, Espagne, Irlande : L’austérité porte-t-elle ses fruits ?

Les Portugais ont reconduit dans les urnes leur Premier ministre de centre-droit, Pedro Passos Coelho, qui a pourtant mis en œuvre un drastique plan d’austérité.

Rares sont les dirigeants en Europe qui ont réussi à se maintenir au pouvoir en menant ce genre de politique. Il faut dire qu’aujourd’hui, le chômage au Portugal a nettement baisse, passant de 17 % à 13 %. Est-ce à dire que l’austérité fonctionne ?

Partie 1:

Partie 2:
Lire la suite

L’économie française : Éternelle convalescente

Ceux qui attendaient un verdict tranché, à même, soit de valider la politique économique du gouvernement, soit d’en souligner les limites, en seront pour leurs frais. Au lendemain de la présentation en conseil des ministres du projet de loi de finances 2016, les prévisions de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) dressent un tableau en demi-teinte de l’économie hexagonale pour la fin de l’année.

« Le produit intérieur brut (PIB) français a déçu au deuxième trimestre [avec une croissance nulle, après + 0,7 % au premier trimestre], après un début d’année dynamique. Mais les vents favorables qui existaient il y a trois mois [recul du pétrole, de l’euro et mesures de soutien du gouvernement] sont encore bien présents », a résumé, jeudi 1er octobre, Vladimir Passeron, chef du département de la conjoncture à l’Insee.

Parmi les bonnes nouvelles, la demande des ménages reste bien orientée, souligne l’Institut. Ces derniers « bénéficient de salaires qui augmentent encore, alors que l’inflation reste basse » en raison du repli des cours du pétrole, détaille M. Passeron. Le pouvoir d’achat devrait ainsi augmenter de 1,7 % en 2015. Un record depuis 2007.

Lire la suite

Chine : Le piége dette-déflation

Les secousses qui ont affecté l’économie chinoise ont été suivies par des ventes boursières massives. Aussi la Réserve fédérale américaine vient-elle de reporter la hausse de ses taux d’intérêt. La Chine est confrontée maintenant à l’énorme défi que représente le piège dette-déflation un peu partout dans le monde.

En 1933, Irving Fisher a été le premier à pointer les dangers liés au surendettement et à la déflation en montrant que ces deux facteurs ont contribué à la Grande dépression aux USA.

Quarante ans plus tard, Charles Kindleberger a donné un caractère général à la théorie de Fisher en soulignant les problèmes qui se posent en l’absence de politiques monétaires, budgétaires et régulatrices coordonnées au niveau international, ainsi qu’en l’absence d’un prêteur de dernier recours à ce même niveau.

En 2011, s’appuyant sur le cas du Japon, Richard Koo a analysé les risques d’une “récession prolongée du bilan” quand un pays surendetté tente de redresser son bilan.
Lire la suite

La France sera une victime lors de la prochaine crise

Loin de se résorber, le déficit de notre balance commerciale stagne, preuve que nos entreprises n’ont pas renoué avec la compétitivité. Or, malgré le bouclier de la zone euro, c’est un facteur de fragilité majeur.

Dans son projet de budget pour 2016, le gouvernement prévoit que la balance commerciale de la France sera déficitaire de 40,3 milliards d’euros contre 40,5 milliards cette année. Le déficit français (1,8 % du PIB), qui se range parmi les plus importants de la zone euro, ne se résorbe pas. Il a reculé en 2014 et 2015, mais uniquement à cause de la chute des prix du pétrole ; hors effet baril, il a tendance à se creuser.

Tous les « efforts » que le gouvernement fait en faveur de l’économie de l’offre, le Cice, le pacte de responsabilité, les aides aux PME, etc., devraient un jour se traduire par des embauches. Telle est l’ambition affichée, celle de la lutte contre le chômage. Mais, en attendant que cette courbe s’inverse, la politique de l’offre devrait conduire plus certainement à un regain de compétitivité des produits français, à une reconquête des parts de marché et à une réduction du déficit de la balance commerciale. Ce n’est pas le cas.

La balance courante de la France (qui, outre le commerce des biens, comprend celui des services et des capitaux) s’est dégradée en 2014. Le déficit a été de 19,7 milliards d’euros, soit 0,9 % du PIB, contre 17,1 milliards en 2013. La France a besoin des apports de capitaux étrangers. Cette fragilité est fondamentale.
Lire la suite

Les diplômes ne protègent plus du chômage

Faire des études, et après? Une étude du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq), publiée jeudi 24 septembre, rappelle que poursuivre des études supérieures ne garantit pas une entrée sans encombre sur le marché du travail. C’est même de moins en moins le cas. Ce rappel sonne comme un coup de semonce, alors que l’État vient de fixer de nouveaux objectifs éducatifs: le 17 septembre, le président de la République a souhaité que 60 % d’une classe d’âge soit diplômée du supérieur (contre 44 % aujourd’hui) d’ici à 2025.

La veille, son secrétaire d’État à l’enseignement supérieur, Thierry Mandon, se réjouissait de voir la France basculer plus vite que prévu dans la « société de la connaissance » en accueillant cette année 65.000 étudiants de plus à l’université.

Mais après ? En 2013, le Céreq a interrogé un échantillon des 369.000 jeunes sortis en 2010, avec ou sans diplôme, de l’enseignement supérieur. Entrés sur le marché du travail deux ans après le déclenchement de la crise économique de 2008, les diplômés du supérieur accusent trois ans plus tard un taux de chômage de 13 %. C’est 4 points de plus qu’en 2007 pour ceux qui étaient sortis en 2004.

En outre, comme dans l’enseignement scolaire, les origines sociales pèsent lourd sur les études. Plus on monte dans le cursus, plus les enfants de cadres sont nombreux. Ils sont 26 % parmi les diplômés de brevet de technicien supérieur (BTS, bac + 2), 51 % en master (bac + 5) et jusqu’à 67 % en doctorat (bac + 8).
Lire la suite

Daniel Cohen : « La croissance économique est notre nouveau Dieu »

Dans son dernier essai, “Le Monde est clos et le désir infini“, chez Albin Michel, l’économiste Daniel Cohen examine notre modèle économique et propose des pistes pour apprendre à vivre sans croissance. À l’ère de la révolution numérique, peut-on encore compter sur une hypothétique croissance pour réduire le chômage?

Chômage: un coaching pour aider les seniors à retrouver du travail

Certaines associations font du coaching pour aider les séniors à sortir du chômage. Elles leurs permettent de se mettre en valeur et de leur redonner confiance en eux, afin de contribuer à ce qu’elles retrouvent le chemin de l’emploi. “Sénior égal compétence, mais il faut savoir la mettre en évidence, la proposée, la communiquer“, explique Ali Arbadji, bénévole chez AGIRabcd.

Grèce : La crise vue d’Arta

La crise grecque, le feuilleton européen de l’été. Au terme de négociations houleuses, la Grèce a sauvé sa place dans la zone euro, au prix de nouvelles mesures d’austérité.

Quelles conséquences pour les Grecs ? Visite dans une petite ville du nord-ouest de la Grèce, Arta dans la région d’Epire. Une cité de 43.000 habitants, dans une région agricole et rustique, avec 25% de chômeurs. Comment se loger, travailler, se soigner, vivre dans un pays en crise…. Loin des îles touristiques, loin d’Athènes, à Arta, on se débrouille comme on peut.

Reportage sur le quotidien d’une retraitée, d’un employé de la mairie, d’un agriculteur, d’une chômeuse et d’un patron de café, dans leur vie, faite de renoncements et de sacrifices. Galerie de portrait dans une ville où les apparences sont trompeuses.

Les meilleurs moyens de combattre l’extrême pauvreté

Par

En 1950, le revenu annuel des citoyens de la Corée du Sud et du Pakistan était sensiblement le même. Aujourd’hui, il est difficile de comparer les deux pays. Le revenu par habitant des Sud-Coréens a été multiplié par 23 depuis cette date, et celui des Pakistanais par 3 seulement.

Comment aider les pays les plus pauvres à reproduire le succès sud-coréen est l’une des plus importantes questions posée à l’heure actuelle à la communauté internationale. Améliorer les perspectives économiques permettra à des pans entiers de la population mondiale de bénéficier d’une meilleure santé, d’une éducation plus poussée, d’une vie plus longue et d’une vulnérabilité moindre face à de nombreux défis, dont les catastrophes naturelles.

Une grande partie des 169 cibles de développement proposées par les Nations unies pour les 15 prochaines années ont fondamentalement trait à une réduction de la pauvreté. Mais ces cibles ne sont pas toutes de valeur égale. Le Centre du Consensus de Copenhague, dont je suis le directeur, a récemment demandé à 60 équipes d’économistes d’évaluer les coûts et bénéfices de chacun des objectifs proposés, qui remplaceront en septembre prochain les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

A première vue, l’un des objectifs qui semble le plus louable – le plein emploi pour tous – est en fait l’un des moins souhaitables. Malheureusement, ce n’est pas un objectif, mais un rêve. Les économies ont besoin d’un certain taux de chômage pour permettre aux salariés de changer d’emploi et la plupart des gouvernements mettent déjà l’accent sur la création d’emplois.

Lire la suite

Pétrole : 5.500 postes supprimés en Mer du Nord suite à la chute des cours

Influencés par le ralentissement de l’activité économique en Chine, les cours du pétrole continuent à chuter. Le recul de près de 55 % des cours du Brent depuis juin 2014 a entraîné la suppression de 5.500 postes dans le secteur pétrolier et gazier de la Mer du Nord depuis fin 2014.

Réformes structurelles

Les effets persistants de la crise financière, les plans d’austérité mis en œuvre pour stabiliser la dette publique et les effets du vieillissement démographique pèsent sur les perspectives de croissance de la production à moyen terme.

De ce point de vue, il est naturel de considérer les réformes structurelles comme des mesures additionnelles pour stimuler la croissance, en l’occurrence en accroissant la productivité ou l’utilisation de la main-d’œuvre. Nous passons en revue la littérature qui s’est développée sur ce sujet.

Les réformes structurelles comprennent : (i) les réformes sur le marché du travail ; (ii) les réformes sur le marché des produits visant à accroître la concurrence ; (iii) les réformes fiscales ; (iv) les améliorations apportées à la réglementation des marchés des capitaux ; (v) les mesures visant à stimuler l’innovation (par exemple l’investissement en recherche-développement) ; et (vi) les réformes éducatives.

Au cours des dernières décennies, le calendrier et l’ampleur des réformes a fortement varié d’un pays à l’autre. Pour certains secteurs en particulier, il y a eu une certaine convergence entre les pays en ce qui concerne le cadre réglementaire. Certains réformes apparaissent par vagues entre les pays et la plupart sont mises en œuvre graduellement (FMI, 2004).
Lire la suite

Chômage : Le business de la précarité (Rediff.)

Fausses annonces pour vrais chômeurs. Souvent déçus par Pôle Emploi, de plus en plus de chômeurs cherchent par eux-mêmes du travail. De nombreux sites Internet publient des annonces pour des petits boulots et proposent des formations payantes. Parmi ces offres, il y a de plus en plus d’arnaques.

Plans sociaux: le mirage du reclassement. A chaque plan social, les cellules de reclassement entrent en scène. Elles sont chargées par les entreprises qui licencient d’aider les futurs chômeurs à retrouver un job.

Sauver SeaFrance, à quel prix ? Sur les 900 salariés de ce transporteur, 600 ont été sauvés, mais l’entreprise perd encore 3 millions d’euros par mois. Reportage dans les coulisses d’un sauvetage.

Allemagne : Crystal, la drogue de l’emploi

Le modèle allemand dont on nous rebat les oreilles présente des vertus insoupçonnées. Non seulement ce pays connaît un très faible taux de chômage mais la consommation d’héroïne et de cannabis y est en recul. Supplantée par le formidable essor d’une drogue de synthèse, la méthamphétamine, relaté samedi dernier dans Arte reportage.

« Aux Etats-Unis, on la surnomme “crystal”, “ice” ou encore “tina”. En Thaïlande, “yaa baa”, littéralement “le médicament qui rend fou”, explique William Irigoyen… qui a pompé sa présentation dans Wikipedia. Vous l’inhalez, vous l’avalez, vous vous l’injectez ou vous la fumez et vous voilà euphorique et en proie à une forte stimulation mentale. » Et à un enviable taux de croissance. Vive l’Allemagne !

Lire la suite

Quand les jobs saisonniers sont proposés aux chômeurs longue durée

Serveur ou personnel d’accueil, avec l’explosion du chômage, certains jobs saisonniers ne le sont plus. Désormais ils sont proposés aux chômeurs longue durée et ce ne sont pas les seuls emplois concernés. Aujourd’hui sur un million 200.000 saisonniers employés chaque année, on trouve de plus en plus de chômeurs.

Japon : Les signaux toujours très mitigés de l’économie

Prix et chômage en légère hausse, consommation en baisse, l’économie japonaise continue de présenter un bilan mitigé. Les réactions des marchés confirment cette impression. Dépassant les 124 yens pour un dollar, la devise nippone a progressé, vendredi 31 juillet, signe de confiance dans la monnaie de l’archipel. L’indice Nikkei est resté stable, terminant la séance sur une très légère hausse de 0,3 %, à 20.585,24 points.

Ces évolutions interviennent après l’annonce par le gouvernement du taux d’inflation en juin. Sur un an, les prix ont augmenté de 0,1 %. La hausse reste limitée et loin de l’objectif de la Banque du Japon qui, en tablant sur une politique monétaire particulièrement agressive, reste déterminée à atteindre les 2 % d’inflation. Mais elle dépasse les attentes des observateurs et permet aux prix d’enregistrer leur vingt-cinquième hausse mensuelle consécutive.

En juin, les principales augmentations concernaient les nuits d’hôtel, les denrées périssables et les biens durables comme les téléviseurs et les climatiseurs. Les prix restent cependant sous pression des tarifs de l’énergie, en repli de 7 % sur un an. Conséquence de la chute des prix du pétrole, l’essence a baissé de 14,2 % en douze mois.

Lire la suite

“1 euro la maison !” Ces villes qui bradent l’immobilier pour ne pas mourir

Pour repeupler ses quartiers déshérités, la ville de Roubaix envisage de racheter des logements vides, puis de les mettre en vente pour un euro symbolique. Cette formule, qui engage les acquéreurs à des rénovations, a déjà été menée en Angleterre et en Italie. Avec des résultats mitigés.

À Roubaix, 95 000 habitants, certains quartiers ont des airs fantomatiques. Et pour cause : selon la Voix du nord, dans cette ville du Nord-pas-de-Calais fortement touchée par le chômage, 4 094 logements sont vacants, dont 2 500 sont murés. Parmi ces derniers, des ensembles entiers de corons, maisons caractéristiques de l’époque minière.

Pour pallier cette désertification et redonner vie aux quartiers délaissés, le maire de Roubaix Guillaume Delbar (Les Républicains) a annoncé mi-juillet le lancement d’un projet inédit en France : racheter les habitations inoccupées, dans le but de les revendre à des particuliers pour la somme modique… d’un euro. En contrepartie, les acquéreurs devront financer leur rénovation.

Lire la suite

Oublier le PIB : un autre regard sur l’économie

Plutôt que rester accrochés aux taux de croissance et au PIB, qui ne veulent plus dire grand-chose, les responsables devraient s’intéresser aux instruments de mesure économique alternatifs, qui prennent en compte le bien-être et la soutenabilité écologique.

Une rengaine insistante et usante rythme nos existences, au gré des slogans qui saturent le débat public vidé de toute substance réelle : le “retour de la croissance”, l’inversion de la courbe du chômage, la réduction des déficits, la résorption de la dette publique, la progression des chiffres de la Bourse…

Chaque matin, chaque soir, ces obsessions répétées par les responsables publics sont comme une chanson mécanique, sans âme et sans mélodie : non seulement, plus personne ne semble y croire, mais surtout, tout le monde devine intuitivement que ces refrains n’obéissent à rien d’autre qu’à des règles performatives de responsables politiques dépassés par les événements, incapables de changer de logiciel intellectuel qui s’adapterait aux enjeux du présent.

Lire la suite

Belgique : Qui sont les chômeurs de longue durée ?

« Fainéants », « profiteurs », « bons à rien », « has been » … C’est ainsi que sont souvent stigmatisées les personnes en situation de chômage longue durée. « Les Parasites » est un documentaire de 26 minutes politiquement incorrect réalisé par Patrick Séverin.

Le reportage lance le débat en invitant 8 chômeurs belges à prendre la parole sans tabous suite à l’annonce par le gouvernement Di Rupo de leur exclusion et de l’arrêt du versement de leurs allocations, décision entrée en vigueur en janvier 2015.

La Belgique vient ainsi de renoncer à un idéal de société, puisqu’elle était le seul pays européen à octroyer les allocations chômage pratiquement à vie pour les personnes en situation particulière ne pouvant pas s’insérer en société. Celles-ci sont désormais limitées à 3 ans, exception faite pour les personnes handicapées.

Une décision populiste qui plongera quelques milliers de personnes plus profondément dans l’exclusion et qui tente de camoufler les véritables causes de l’endettement du pays.
Lire la suite

Turquie : Noisettes amères

En Turquie, des dizaines de milliers de familles kurdes se rendent chaque année dans le nord-est de la Turquie pour la récolte des noisettes. Tout le monde est mis à contribution, y compris les enfants.

Si le travail des enfants est interdit en Turquie, on estime pourtant qu’un demi-million d’entre eux travaillerait dans l’agriculture, 11 heures par jour, notamment dans les plantations de noisetiers. Avec un taux de chômage avoisinant les 35%, le travail saisonnier est devenu le seul moyen de survie pour des milliers de familles, dont les enfants sont payés 1 euro de l’heure.

Le temps des récoltes, des milliers de familles quittent leur domicile pendant pour vivre dans des camps de toile, dans des conditions sanitaires épouvantables. Les enfants travaillent et, de plus, se voient privés d’accès à l’éducation pendant plusieurs mois par an.

Trois quart des noisettes produites dans le monde proviennent des bords de la Mer Noire. La majeure partie de la récolte est exportée vers l’Allemagne et l’Italie où est installé le géant Ferrero, détenteur des marques Nutella et Kinder…

Travail : Quel nouveau modèle à l’ère numérique ?

Comme en témoigne la violente guerre entre les taxis et les chauffeurs Uber, le numérique chamboule le monde professionnel. Les vieux statuts, symbolisés par le CDI, font face à la montée en puissance des indépendants, ou « freelances », réclamés par des entreprises en quête d’« agilité ».

C’est une certitude : demain, le marché du travail sera très différent de celui que nous avons connu. Du recrutement à l’organisation même de la production, la révolution digitale fait éclater le modèle actuel. Mais pour aller où ? Vers quoi ? Premier constat : le système est à bout de souffle.

La mécanique des Trente Glorieuses, fondée sur une croissante forte, une consommation effrénée et le plein-emploi est grippée depuis longtemps. Dans l’imaginaire collectif, le CDI demeure la norme sociale et professionnelle. Pourtant, depuis le début des années 2000, les contrats courts, le temps partiel, le travail intermittent ou indépendant explosent.

Beaucoup y voient « l’évidente conséquence » de la crise. C’est vrai. Mais pas seulement. Car la démocratisation du numérique dans les sphères privées et professionnelles constitue aussi un puissant catalyseur de cette mutation. Auparavant, toutes les entreprises se basaient sur le même modèle : chaque recrutement correspondait à un besoin productif précis.
Lire la suite

Pays-Bas : La ville d’Utrecht va expérimenter le « revenu de base »

Pour éradiquer la pauvreté, il suffit de payer les pauvres. L’idée peut paraître candide mais elle a déjà fait son chemin et a même un nom: revenu de base, allocation universelle ou encore revenu inconditionnel d’existence. Ce revenu régulier, attribué sans condition, permettrait à tout citoyen, au chômage ou non, de subvenir à ses besoins essentiels.

À partir de janvier 2016, la ville d’Utrecht au Pays-Bas (300.000 habitants, 4e ville du pays) a décidé de tenter l’expérience avec un groupe de 300 citoyens au chômage et bénéficiaires des minima sociaux.

Ils recevront chaque mois entre 900 euros (pour un adulte seul) et 1.300 euros (pour un couple ou une famille). Parmi eux, une cinquantaine aura le fameux «revenu inconditionnel». La somme attribuée ne changera pas, et ce, même s’ils trouvent un travail ou une source de revenu. Les autres seront soumis aux exigences habituelles de recherche d’emploi et de revenu admissible.

Lire la suite

De l’utopie numérique au choc social

Objets connectés, humains chômeurs. Quarante-cinq ans après les premiers pas de l’homme sur la Lune, la course technologique emprunte une voie singulière : en janvier dernier, un réfrigérateur connecté à Internet envoyait inopinément des rafales de courriels indésirables… Au-delà de son folklore, la numérisation de la vie quotidienne engendre un modèle économique qui contraste avec les promesses mirifiques de la Silicon Valley.

Dans la « salle de bains connectée », la brosse à dents interactive lancée cette année par la société Oral-B (filiale du groupe Procter & Gamble) tient assurément la vedette : elle interagit — sans fil — avec notre téléphone portable tandis que, sur l’écran, une application traque seconde par seconde la progression du brossage et indique les recoins de notre cavité buccale qui mériteraient davantage d’attention. Avons-nous brossé avec suffisamment de vigueur, passé le fil dentaire, gratté la langue, rincé le tout ?

La prise de conscience soudaine que les données personnelles enregistrées par le plus banal des appareils ménagers — de la brosse à dents aux toilettes « intelligentes » en passant par le réfrigérateur — pouvaient se transformer en or a soulevé une certaine réprobation vis-à-vis de la logique promue par les mastodontes de la Silicon Valley.

Mais il y a mieux. Comme l’affiche fièrement le site qui lui est consacré (1), cette brosse à dents connectée « convertit les activités de brossage en un ensemble de données que vous pouvez afficher sous forme de graphiques ou partager avec des professionnels du secteur ».

Lire la suite

Les oubliés du XXIe siècle ou la fin du travail

Long métrage documentaire sur les conséquences de l’entrée dans l’ère technologique sur le monde du travail. Pour les financiers devenus maîtres de l’économie mondiale, la rationalisation de la production semble passer par la substitution des ressources technologiques aux ressources humaines.

Voici un film qui soulève des questions cruciales et propose des pistes pour repenser l’avenir. Avec l’économiste Jeremy Rifkin, le sociologue Ricardo Petrella, le directeur du Monde diplomatique, Ignacio Ramonet, et Vivianne Forrester l’auteur de “L’horreur économique”.

Les désoccupés

L’emploi pour tout le monde, pour la vie, c’est fini! Aux confins d’une époque qui s’achève, le monde du travail est en pleine mutation. Aux portes de l’an 2000, de gré ou de force, une personne sur trois sera intérimaire, une sur quatre ne trouvera plus du tout de travail.

Pourtant, malgré ce véritable état de crise, des individus réinventent leur vie; de nouvelles solidarités jaillissent. Ce film, véritable porteur d’espoir et de renouveau, nous plonge en plein cœur de la vie de ceux et celles qui subissent cette crise, et qui, au fil des défis, redécouvrent la nécessité de donner vie à leurs rêves pour continuer d’exister.

On n’en a pas fini avec les inégalités

Les écarts de revenus et de richesses continuent de se creuser de par le monde. « Les inégalités dans les pays de l’OCDE n’ont jamais été aussi élevées depuis que nous les mesurons », a déclaré, jeudi 21 mai à Paris, le secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques, Angel Gurria, en présentant le rapport In it together : Why Less Inequality Benefits Alls (« Tous concernés : pourquoi moins d’inégalité bénéficie à tous »)« Nous avons atteint un point critique », a-t-il ajouté.

Evolution des revenus pour les 10 % les plus riches et les 40 % les moins riches (base 100 en 1985)

Ce rapport montre que les écarts de revenus et de richesses se sont creusés depuis le milieu des années 1980 dans de nombreux pays, pendant les années fastes et pendant les crises. Le revenu des 10 % les plus riches est aujourd’hui 9,6 fois plus élevé que celui des 10 % les plus pauvres. Dans les années 1980, ce multiplicateur était de 7.

Lire la suite

60% des français sont favorables au revenu de base

Révélé par un sondage IFOP, ce chiffre a augmenté de 15 % depuis 2012. Signe que le débat autour d’un revenu inconditionnel et déconnecté du travail progresse.

Six Français sur dix sont favorables à l’idée d’un revenu de base en France. C’est ce qu’indique un sondage IFOP commandé par l’Opinion et I-Télé, dont les résultats ont été publiés le 19 mai. Le sondage précise en outre que parmi les 60 % favorables, 16 % se considèrent comme “tout à fait favorables” et 44 % comme “plutôt favorables”.

Une tendance saluée par le Mouvement Français pour un Revenu de Base (MFRB), une association qui milite pour son instauration. Cette dernière souligne une progression de 15 % par rapport au dernier sondage effectué sur le sujet en 2012.

Alena : Les mirages du libre-échange

La résistance contre la déferlante du commerce sans limites commence à trouver un écho chez les parlementaires américains, qui ont rechigné devant la ratification accélérée du traité de partenariat trans-pacifique voulue par le président Barack Obama. Après deux décennies, le bilan accablant de l’accord de libre-échange nord-américain (Alena) ne devrait guère les inciter à persévérer dans cette voie.

Conclu entre le Mexique, les États-Unis et le Canada, l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena) est entré en vigueur, le 1er janvier 1994, au milieu d’un flot de promesses. Ses promoteurs l’avaient répété: il allait permettre de développer les échanges commerciaux, doper la croissance, créer des emplois, réduire l’immigration clandestine.

Loin d’avoir offert de nouveaux débouchés aux entreprises américaines et de les avoir poussées à embaucher, l’Alena a favorisé les délocalisations industrielles et l’ouverture de succursales à l’étranger, en particulier au Mexique, où la main-d’œuvre est bon marché. Dans le secteur agricole, une multitude d’entreprises américaines spécialisées dans la transformation de produits alimentaires se sont également installées au Sud.

Tandis que le Washington Post s’émerveillait devant la « liste des nouvelles chances et des avantages » qu’il offrait (14 septembre 1993), le Wall Street Journal se réjouissait à l’idée que les consommateurs puissent bientôt bénéficier « de prix plus bas sur une vaste gamme de produits » (7 août 1992). Quant au Los Angeles Times, il assurait : « L’Alena générera beaucoup plus d’emplois qu’il n’en détruira » (29 mai 1993).
Lire la suite

En 2025, il n’y aura plus d’emplois mais… nous aurons des « sexbots »

D’ici 2025 – dans à peine 10 ans – les partenaires sexuels robotiques – ou sexbots – seront devenus monnaie courante et ce sera une bonne chose, car une grande partie d’entre nous n’aura plus d’emploi… C’est du moins la conclusion d’un rapport de 66 pages publié par Pew Research, intitulé « AI, Robotics, and the Future of Jobs ».

Les chercheurs ont spéculé sur la part que les robots pourraient prendre dans nos vies quotidiennes compte tenu du rythme des progrès que nous enregistrons actuellement. Selon Stowe Boyd de GigaOM « Les partenaires sexuels robotiques seront monnaie courante, même s’ils continueront à être des objets de mépris et de division, un peu comme certains critiques aujourd’hui déplorent les selfies qu’ils considèrent être un indicateur de ce qui ne va pas dans notre monde . »

Ces robots sexuels n’auront pas nécessairement une intelligence humaine, mais ils ressembleront beaucoup à des humains, et ils bougeront et se déplaceront comme de véritables humains. Globalement, ils présenteront suffisamment de similitudes avec les hommes pour satisfaire leurs besoins sexuels les plus urgents.

Lire la suite

La jeune génération moins bien lotie que l’ancienne

La génération Y est-elle la génération sacrifiée ? Alors que leurs parents ont connu l’âge d’or, celui des CDI et de l’immobilier pas cher, les jeunes sont confrontés à davantage de précarité. 

En effet, nombre de jeunes décrochent des CDD ou des petits contrats alors qu’au même âge leurs parents avaient déjà un CDI. En 1975, l’âge du premier emploi stable était d’ailleurs de 20 ans contre 28 ans aujourd’hui.

Les chiffres du chômage diffèrent aussi selon les époques. Alors que le nombre de demandeurs d’emploi était de 5% chez les jeunes il y a 40 ans, il atteignait 25% en 2013. Le taux de pauvreté chez les 18-29 ans est lui passé de 10% en 1970 à 19% en 2012. 

Quant à l’âge de départ à la retraite, là encore, la jeune génération est lésée. Les jeunes doivent désormais cotiser plus longtemps que leurs parents.
Mais ce n’est pas tout, le prix de l’immobilier a grimpé de 140% en l’espace de vingt ans. Si le revenu moyen par ménage a lui aussi augmenté, la progression reste assez faible avec seulement plus de 15,6%.

La Crise nous fait un vrai festival…

par Philippe Béchade

Je ne sais pas si le palmarès du Festival de Cannes peut constituer aux yeux du monde entier un « avis de grand frais » sur la désintégration sociale qui affecte la France mais également beaucoup de pays aux alentours… il n’empêche que le couronnement de films qui traitent de « la crise » (chômage, déclassement, déracinement) et d’acteurs qui incarnent des victimes de « la crise » télescope le discours officiel qui ne cesse de marteler « le pire est derrière nous, la croissance repart », alors que c’est tout l’inverse qui est perçu par 70% de la population, et bon nombre de réalisateurs présents sur la Croisette.

La nuit tombe sur le festival de Cannes…

La nette percée de Podemos (gauche antilibérale) aux municipales le weekend dernier témoigne de cette même incrédulité populaire en Espagne face aux discours triomphalistes de l’équipe dirigeante qui revendique la paternité d’un pseudo renouveau économique, lequel tient essentiellement au franc succès des mesures d’incitation à l’achat d’un nouveau véhicule.

Les effets positifs sur les immatriculations sont spectaculaires, mais comme pour tout cadeau fiscal, le principe reste: c’est « l’état qui paye ».

Et l’état, c’est au bout du compte chaque espagnol -y compris ceux qui n’achètent pas de voiture- qui pourrait à terme supporter le coût de l’opération… à moins bien sûr que les futures recettes fiscales ne viennent compenser le déficit budgétaire qui se creuse aujourd’hui.

Pour en revenir à Cannes, jamais depuis sa création en 1939 (et son premier déroulement « normal » en 1946), le palmarès n’avait été aussi marqué par « la crise », alors que jamais les festivaliers n’ont été aussi riches (il n’y avait qu’à compter les yachts de plus de 30 mètre amarrés au large de la croisette ou à Monaco: plus aucun « anneau » disponible dans un rayon de 50Km autour du « Rocher »)… et rarement les fêtes n’ont été aussi somptueusement démesurées.

Voilà un nouvel exemple saisissant de télescopage de l’ultra richesse et du vaste monde exclu du miracle des « quantitative easing ».

Lire la suite

Embauche-moi si tu peux

Ce documentaire suit pendant 5 mois, la recherche d’emploi de 5 jeunes chômeurs de 19 à 25 ans, d’un « décrocheur scolaire sans diplômes » à une Bac +5.

Tourné à Mâcon, ville où le taux de chômage est de deux points plus faibles que la moyenne française, le film s’attache à décrypter l’un des fléaux de notre société en évitant les écueils des chiffres et du sensationnel pour se consacrer à la compréhension des systèmes d’aides à la jeunesse et aux mécanismes conjoncturels et structurels du chômage de la jeune génération.

Pour faire partager au plus près leurs parcours, le réalisateur a équipé les protagonistes de mini-caméras. Les 5 acteurs se filment en situation. Ces séquences hybrides nous font vivre leurs recherches de l’intérieur.

Réalisé par Thibaut Sève (France)

Emploi. c’est la loi de la jungle pour les jeunes polonais

« Le miracle économique polonais ? Magdalena lève les yeux au ciel. Ma foi n’est pas assez forte pour vous le confirmer. » 

Cette jeune femme de 27 ans suit des études d’assistante sociale à Cracovie. Père boucher, mère au foyer, septième d’une famille de dix enfants du sud-est très pauvre de la Pologne, elle s’est toujours débrouillée pour financer ses études. En ce moment elle est nounou dans une famille. Mais, auparavant, elle a travaillé comme commis de cuisine dans trois restaurants de la ville. Avec un de ces contrats de droit privé qui pullulent dans les services. « Ce sont des contrats de prestation, sans cotisations sociales, qui peuvent être rompus du jour au lendemain », indique Stéphane Portet, de S) partner.

En Pologne, près de la moitié des jeunes de 20 à 29 ans sont en contrat précaire. Un record dans l’UE.

Lire la suite

Afrique : Jeunesse, géopolitique d’un tsunami

La vulnérabilité dans laquelle vivent bon nombre de jeunes africains pourrait faire de la jeunesse du continent, le symbole primaire de l’insécurité humaine. Difficile de considérer les flux migratoires sans prendre en compte cette dimension du monde réel.

Qu’est-ce qu’être jeune en Afrique ?

Voilà une question à laquelle il est difficile de répondre avec objectivité, tant la problématique de la jeunesse sur le continent africain est à la fois complexe et délicate. Si selon l’Organisation des Nations Unies (ONU), est considéré de façon universelle et conventionnelle comme jeune, toute personne dont l’âge varie entre 15 et 24 ans, cette définition semble ne pas correspondre aux réalités sociales et sociologiques en Afrique. C’est la raison pour laquelle, la charte africaine de la jeunesse de l’Union Africaine (UA) définit la jeunesse, comme la frange de la population africaine dont l’âge est compris entre 15 et 35 ans.

Chômage, violence, désespoir, oisiveté, précarité, aventure, illusion, analphabétisme, illettrisme et sous-éducation.

Lire la suite

Cinéma : « La Loi du marché »

Il s’appelle Thierry et fréquente les bureaux de Pôle emploi depuis dix-huit mois interminables. Dix-huit mois à traquer les petites annonces et à peaufiner son CV de « senior » condamné au hors-jeu. Dix-huit mois à tenter d’oublier qu’hier, autrefois, il « gagnait sa vie » et pouvait miser sur l’avenir. Dix-huit mois à espérer, à combattre, à s’angoisser. Dix-huit mois à tenter de rester digne aux yeux de ses proches et à ses propres yeux.

Quand Thierry, enfin, retrouve un boulot (vigile dans un supermarché pour un salaire que l’on devine de misère), d’autres « problèmes » surviennent. Chargé de surveiller les clients et les caissières, ce héros de notre (triste) temps se retrouve confronté à de sévères conflits moraux quand il s’agit pour lui de collaborer à une politique de dénonciation érigée en norme et à la loi du profit maximal.

Peut-on tout accepter pour garder son job ? Faut-il bousiller les plus faibles que soi pour espérer conserver la tête hors de l’eau et ne pas retourner dans la case chômage ?

Radio Courtoisie : « Chômage et salariat » (Audio)

Le vendredi 22 mai 2015, dans l’émission le “Libre journal des éditeurs” sur Radio Courtoisie, Jean-Paul Naddeo recevait les auteurs: Cédric Porte et Nicolas Chaboteaux pour leur livre “Travailler à tout prix !“, ainsi que Claude Berger à propos de son ouvrage “En finir avec le salariat : Vers une société du partage ?

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.