Rien n’était impossible dans les seventies, malgré le choc pétrolier. On croyait encore au miracle. En juin 1976, Giscard d’Estaing reçoit en grand secret à l’Elysée un comte belge au nom espagnol, un réparateur de télévision italien, magicien à ses heures, et un avocat qui se prétend lié aux milieux du renseignement. Ils lui sont présentés par deux hauts personnages, Antoine Pinay, l’ancien ministre des Finances de la IVe République, et Pierre Guillaumat, PDG d’Elf-Erap.
Aldo Bonassoli, le bricolo, Alain De Villegas, l’aristo, et Jean Violet, l’homme de l’ombre, viennent fourguer au président français une machine destinée à repérer, à renifler, par avion, les gisements pétrolifères, à l’aide d’un système radar embarqué qui renvoie une image couleur en présence d’hydrocarbures. Les trois Pieds Nickelés avaient déjà envoûté les pontes d’Elf-Erap et leur avaient soutiré 250 millions de francs suisses. Un contrat avait été signé à l’Union des Banques suisses à Genève. Une garantie de sérieux.



