Granite breton : 1500 emplois perdus en 15 ans à cause de la concurrence étrangère

L’indication géographique protégée va bientôt s’étendre aux produits non alimentaires, ce qui fait rêver certains producteurs.

Calais et ses dentelles, la Bretagne et son granite. Ces deux industries d’excellence seront bientôt réunies sur un seul et même label : l’IGP où indication géographique protégée.

À Calais, derrière les machines importées d’Angleterre au XIXe siècle, les ouvriers sont passionnés par la dentelle qu’ils créent. Le label IGP permettrait de promouvoir leur savoir-faire et d’éviter les contrefaçons. Il servirait alors à reconnaitre la vraie valeur de l’artisanat, mais aussi à se protéger contre la concurrence étrangère.

À Trelivan (Côtes-d’Armor), les entreprises doivent faire face à la concurrence asiatique ou européenne qui est 20 à 30% moins chère. Résultat, les carrières de la région ferment les unes après les autres. “Cela représente 1 500 emplois qui ont disparu sur les 15 dernières années”

, explique Jean-Marie Bégoc, directeur commercial de Socal. Le secteur s’impatiente. Les granitiers espèrent que l’IGP leur fournira plus de visibilité et des possibilités à l’export.

Merci à Pierre

Aubervilliers (93) : Les secrets du textile chinois en France

Infiltration dans le nouveau cœur du marché du textile en France. Il se trouve à Aubervilliers en banlieue parisienne. Là, une ancienne friche industrielle a été reconvertie en immense marché de gros de l’habillement. Ici, 1.500 commerces proposent leurs marchandises dans des commerces tenus à 90% par des Chinois.

Mr Wang est à l’origine de cet empire. C’est lui qui a installé la première boutique et aujourd’hui il possède 20% des commerces. Le lieu est devenu incontournable pour les professionnels assurés de faire de bonnes marges, car les fournisseurs cassent les prix.

Mais cette nouvelle plaque tournante du textile en France cache de nombreux mystères, notamment sur la provenance des marchandises. Les journalistes ont ainsi découvert un atelier de couture clandestin où la plupart des travailleurs sont des immigrés clandestins sans papier et vivent dans des conditions déplorables.

Ils n’ont pas de salaire pendant les deux premiers mois de travail et sont ensuite invités à travailler ailleurs. D’autres ateliers du même type rémunèrent leurs ouvriers 50 centimes par robe. Celles-ci sont ensuite vendues… à Aubervilliers.

Chine : Comment faire tenir 51 travailleurs dans une camionnette prévue pour 6…

La police chinoise a récemment fait une découverte peu banale: une camionnette dans laquelle 49 personnes (plus 2 à l’avant) étaient entassées. Le chauffeur, qui risque une forte amende, emmenait ces travailleurs immigrés vers un site de construction.

Chine : La main d’œuvre humaine plus chère que les robots

Difficultés économiques et démographiques obligent, le robot remplace peu à peu l’homme, pour le meilleur et pour le pire… Selon la Fédération internationale des robots, le marché chinois va croître en moyenne de 25% par an. En 2017, on y comptera plus de 400.000 robots, soit 1 pour 3.000 habitants.

Dans l’atelier de moulure de l’usine d’Yingli, chef de file mondial du panneau solaire, l’ouvrier se fait discret. Très discret. Sur ce parterre de quelques centaines de mètres carrés, 170 machines cylindriques préparent la matière première, le silicium monocristallin, d’autres contrôlent la qualité. Le tout en silence. De temps en temps un ouvrier apparaît, juste le temps de voir si tout fonctionne bien.

À Yingli, dont le site de production principal s’étend sur 66 hectares, l’ouvrier sert surtout à faire le lien entre deux lignes de production et pour le contrôle des réglages. Seules quelques tâches de vérification de la qualité, qu’un robot ne peut pas faire, sont encore manuelles.

« L’automatisation nous a permis de réduire la main-d’œuvre par deux », commente Gu Kaixin, en charge de la sécurité du moulage, la première étape dans la fabrication de panneaux solaires. Ailleurs dans l’usine, ce sont d’immenses bras qui soudent 24h/24, ou encore qui coupent, nettoient et polissent les carreaux qui forment un panneau solaire.
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Lima et après ?

« Tout écroulement porte en soi des désordres intellectuels et moraux. Il faut créer des hommes sobres, patients qui ne se désespèrent pas devant les pires horreurs et ne s’exaltent pas pour chaque ânerie. Pessimisme de l’intelligence, optimisme de la volonté ». Antonio Gramsci, Cahier de prison n° 28.

Au lendemain de la Conférence de Lima sur le climat, les résultats de la coopération internationale en matière d’environnement sont décevants. Les États-Unis et la Chine étant peu disposés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre avant 2030, les perspectives futures, et notamment la Conférence de Paris en décembre 2015, ne sont guère plus réconfortantes.

L’année 2014 a connu une actualité climatique intense. Parmi les nombreux événements institutionnels en relation avec le sujet on citera la remise du cinquième rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) [1] qui semble avoir, pour une fois, laissé sans voix les « climato-sceptiques », le sommet extraordinaire de l’ONU sur le climat qui s’est tenu à New York le 23 septembre et a réuni plus de 120 chefs d’État, l’annonce sino-américaine sur le climat effectuée le 12 novembre en marge du sommet de l’APEC (Asia-Pacific Economic Cooperation) et, enfin, la Conférence de Lima qui s’est tenue du 1er au 14 décembre. Quels enseignements tirer de ces événements ?<

Et en particulier des deux derniers présentés comme devant contribuer à l’édification du futur régime climatique mondial censé voir le jour lors de la COP 21 [2] qui va se tenir à Paris à la fin de l’année.

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Chine : Les derniers secrets de l’armée de terre cuite

La légion de terre cuite enterrée avec le premier empereur de Chine Qin Shi Huangdi a été découverte en 1974. Les neuf mille guerriers modelés devaient assurer la protection du souverain dans l’au-delà et l’aider à régner depuis son tombeau.

Cette impressionnante armée comprenait des unités de cavalerie et d’infanterie, équipées de chevaux, de chars et d’armes, mais aussi des fonctionnaires, des acrobates, des lutteurs, des concubines.

Jusqu’à présent, près de mille statues ont été mises au jour, mais la majeure partie du site reste inexplorée. Quatre opérations de fouilles en cours révèlent des informations inédites sur le mausolée et ses occupants

Chine : Le pays peut-il devenir une grande puissance technologique innovante ?

La Chine veut être un pays qui innove, et plus seulement le centre de production qui a été surnommé «l’usine du monde». Les crédits consacrés à la recherche y augmentent de 20% chaque année: ils représentaient 1,43 % du PIB en 2006 et il est prévu que ce chiffre passe à au moins 2,5% en 2020. C’est essentiellement le secteur des entreprises publiques qui  contribue à cette augmentation.

La Chine détient le record du monde en matière de dépôts de brevets, avec 2,3 millions de brevets en 2013. 825.136 étaient des brevets d’inventions comparables à ceux qui existent dans les pays occidentaux, tandis que les autres étaient des dessins et modèles, catégories répondant à des exigences plus faibles.

Par ailleurs, les entreprises chinoises se situent en troisième position pour les dépôts de brevets auprès de l’Organisation internationale de la propriété intellectuelle (OMPI), qui siège à Genève. Au total, en 2013, les États-Unis ont déposé 57.239 brevets auprès de cet organisme, le Japon 43.918 et la Chine 21.516. Ce dernier chiffre représente une augmentation de 15,6% par rapport à 2012.

Depuis trois ans, c’est l’entreprise ZTE qui –avec environ 4.600 demandes de brevets par an– occupe la première place chinoise à l’OMPI. ZTE fabrique essentiellement du matériel de téléphonie, est présent dans 140 pays et consacre 10% de son chiffre d’affaires à la recherche et au développement. Ses demandes de brevets atteignent le double d’une autre entreprise chinoise, Huawei, qui fournit des réseaux et des solutions numériques à de nombreux opérateurs de télécommunications.
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États-Unis : Le « tourisme de naissance » chinois fait débat

Des milliers de mères chinoises traversent le Pacifique pour venir accoucher aux États-Unis. Elles arrivent sur le sol américain pour leur dernier mois de grossesse et sont accueillies dans des résidences luxueuses pour 50.000 euros.

En Chine, plusieurs agences se sont spécialisées dans ce que l’on appelle le tourisme de la naissance. Des sites internet proposent un service tout compris : le voyage aller-retour, un visa classique, un logement et la garantie de pouvoir donner naissance à un citoyen américain. Une façon pour ces mères d’avoir un deuxième enfant, en contournant la règle de l’enfant unique.

Cette pratique énerve en Californie. En trois ans, les naissances sont passées de 1.000 à 20.000. Les habitants californiens réclament la fermeture de ces maisons à bébé et n’hésitent à faire de la délation. Ils estiment que ces Chinois profitent de la loi du sol. Récemment, la police américaine a procédé à plusieurs arrestations.

Chine : L’urbanisme et l’émergence du modèle « intégrationniste »

Ces dernières années, des critiques radicales ont été formulées en Chine à l’encontre du modèle urbain dominant dit « développementaliste ». Pour l’urbanisme chinois, enjoint à se reformuler dans un contexte d’urbanisation croissante, l’émergence d’un modèle « intégrationniste » apparaît comme une opportunité de se redéfinir.

Depuis sa refondation à la fin de la période maoïste, il y a un peu plus de trente ans, l’urbanisme en Chine, celui dit du « Troisième Printemps » (Leaf et Li 2006), n’a eu de cesse de chercher sa place dans le contexte de bouleversements sociaux, économiques et culturels.

La Chine n’est urbanisée qu’à un peu plus de 50 % et elle continuera donc de connaître une forte croissance urbaine pendant de nombreuses années encore. Dans ce contexte, le gouvernement chinois continue d’associer l’urbanisation à un projet de société moderne dont il entend être le principal porteur.

Il s’est rapidement tourné vers des modèles urbanistiques, essentiellement d’obédience fonctionnaliste, capables de répondre aux exigences du modèle de développement économique, aujourd’hui remis en question, porté par un régime fort.
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Chine : De monstrueux cimetières de voitures suscitent l’effroi

Des images de cimetières de voitures gigantesques et monstrueux récemment diffusées à la télévision chinoise ont semé l’effroi. La Chine n’est pas devenue le premier marché mondial sans casse. Les voisins de ces tas d’épaves s’inquiètent.

À Hangzhou, neuf millions d’habitants, une des villes les plus riches et les plus chic de Chine, mais aussi l’une des plus polluées, le taux de voiture par tête est le plus élevé du pays : une pour trois habitants. La municipalité a donc pris le taureau par les cornes.

Devant l’effroi suscité par ces images, le gouvernement local presse les gérants de cimetière de voitures à faire disparaître au plus vite ces tas d’épaves. Le problème, c’est qu’ils ne sont pas équipés. Pas de compresseur, pas de broyeur, on travaille à la main, à l’ancienne sans même porter de lunettes protectrices et ça ne va pas vite.

Chine : Les habitants étouffent

Première puissance économique du monde depuis 2014, la Chine a connu un rythme de croissance exceptionnel, que nul autre pays n’avait expérimenté auparavant.

S’il a permis de sortir une partie de la population de la pauvreté, le développement du pays a aussi provoqué une crise écologique majeure. Le dessous des cartes se penche aujourd’hui sur ses conséquences environnementales.

Le surprenant arbre de Paulownia

Le paulownia est un arbre originaire du nord de la Chine et de la Corée. Le nom fut donné par Philipp Franz von Siebold en l’honneur d’Anna Pavlowna, princesse des Pays-Bas, fille du tsar Paul Ier de Russie. Il a été introduit en Europe, via le Japon, en 1834.

Cet arbre caduque à port étalé peut mesurer jusqu’à 20 m de haut. Ses rameaux pubescents et ses grandes feuilles opposées de 20 à 30 cm cordiformes ont un dessous tomenteux (soyeux) qui lui a donné l’appellation Tomentosa et de longs pétioles.

Particulièrement touffu, le feuillage de cet arbre à croissance très rapide est souvent présent dans les jardins publics où il forme un mur de verdure. Il y en a près de 900 plantés dans Paris (Place d’Italie, Jardin du Luxembourg, entre les tennis et l’Orangerie, Jardin du Trocadéro…)

Le Paulownia se développe très bien en milieu urbain, où l’air est pollué, le sol compacte et mal drainé et où la sécheresse est fréquente. Mais il préfère un sol profond, humide et bien drainé. Il ne tolère pas de situation ombragée mais supporte le froid jusqu’à -23°.
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Areva : 6000 emplois supprimés dans le monde dont la moitié en France

Mauvaise nouvelle pour l’emploi en France : Areva va supprimer environ 6.000 emplois dans le monde, dont plus de la moitié dans l’hexagone. Annonce faite ce matin par l’ancien fleuron industriel français. Comment en est-on arrivé là ?

États-Unis/Chine : Puissances comparées

Objet de fantasme, l’essor de la Chine sur les plans économique, militaire et technologique soulève de nombreuses questions: jusqu’où ira-t-elle ? Parviendra-t-elle à dépasser les États-Unis pour devenir la première puissance mondiale ? Le dessous des cartes évalue et compare les puissances chinoise et américaine.

Nicaragua : Le canal “chinois” de la division

On l’appelle déjà “le chantier du siècle“. Le projet de canal du Nicaragua, 278 kilomètres de long et 300 mètres de large, a pour objectif de relier l’Atlantique au Pacifique. Trois fois et demie plus long que celui du Panama, ce canal doit permettre de fluidifier le trafic interocéanique. Mais le projet croule sous les critiques.

Ce chantier gigantesque, estimé à 50 milliards de dollars, a été accordé à un multimillionnaire chinois jusque-là inconnu, Wang Jing, dans des conditions troubles. Et les conséquences pour l’environnement sont elles aussi inquiétantes.

Chine : Le lion et le dragon

C’est peut-être la planche de salut d’un groupe englué en France dans les difficultés. L’an dernier, PSA a vendu en Chine plus de voitures que dans l’Hexagone.

Pour le constructeur automobile, l’Empire du Milieu est désormais le premier marché. En un an, les ventes y ont bondi de 34% : des véhicules conçus et fabriqués spécifiquement pour les conducteurs chinois.

Diabète et obésité sont de puissants freins à la croissance mondiale

Selon une étude de Morgan Stanley (en anglais), 18,2 % de la croissance du PIB réel devrait être perdue en moyenne par les pays de l’OCDE sur 20 ans à cause de maladies liées au sucre. Le Chili et les États-Unis seraient les plus touchés.


“Vivre gras, mourir jeune”

Si le diabète promet d’être un marché prospère pour les big pharmas (50 milliards de dollars soit 46 milliards d’euros en 2020), il sera ravageur pour la croissance de nombreux pays. C’est en tout cas ce que pronostique Morgan Stanley dans une étude publiée le 18 mars.

La banque estime ainsi que 0,5 point de croissance du PIB des pays de l’OCDE sera perdu chaque année en moyenne à cause du diabète et de l’obésité, et ce jusqu’en 2035. Au total cela représenterait une perte moyenne de 18,2% de la croissance du PIB réel (ajusté avec les prévisions d’inflation ou de déflation, ndlr)  de ces pays sur 20 ans.

Quant à la croissance des BRIICS (Brésil, Russie, Inde, Indonésie, Chine, Afrique du Sud), si elle est estimée à 4,5% par an jusqu’en 2035, elle devrait tomber à 4,2% en prenant en compte les impacts des problèmes liés au sucre.
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La guerre invisible

Finie l’époque des hackers solitaires. L’heure est aux équipes d’ingénieurs, parfois d’anciens pirates informatiques, et de militaires, recrutés par les États, qui leur allouent des moyens colossaux. À travers le monde, ils façonnent la guerre de demain, un conflit invisible et lourd de menaces, dont le terrain d’affrontement est le cyberespace.

Menée aux États-Unis, en Russie et en France, cette enquête captivante raconte les dessous de cette guerre souterraine. Elle revient sur le premier conflit en ligne, mené contre l’Estonie en 2001, et raconte la cyberguerre froide entre les États-Unis et la Chine, dans laquelle Internet sert à espionner mais aussi à nuire.

Le Web est en effet devenu une redoutable arme de sabotage, la distribution de l’eau ou les transports en dépendant. Des opérations malveillantes, parties de simples ordinateurs, pourraient dès lors fragiliser les économies modernes voire les conduire à l’effondrement.

Chine : Ordos, une ville-fantôme transformée en terrain de jeu [Rediff.]

La croissance est telle en Chine, qu’on peut se permettre de bâtir des villes entières dans lesquelles personne n’habite. Ordos en Mongolie Intérieure, en est l’exemple type.

La ville est congédiée de toute présence humaine. Construite entièrement par la Chine, cette cité fantôme devait accueillir à la base un million de personnes.

Malgré l’explosion du BTP dans le pays, les prix des logements d’Ordos sont encore trop élevés pour les chinois habitant sur les littoraux.

Mais Charles Lanceplaine a vu les choses autrement. En observant cet ovni architecturale en plein milieu du désert Mongol, le réalisateur a décidé de réunir une poignée de skateurs pro, pour qu’ils transforment cette ville fantôme, en terrain de jeux.

Dmitry Orlov : “La population européenne est moins instable qu’en Amérique”

Traduction d’un entretien avec Dmitry Orlov réalisé le 15 décembre 2011.

Quelle différence voyez-vous entre l’avenir de l’Amérique et celui de l’Europe ?

Les pays d’Europe sont des entités historiques qui gardent encore des vestiges d’allégeance par delà le domaine monétisé, commercial, tandis que les États-Unis ont commencé comme une entité commerciale, basée sur une révolution qui était essentiellement une révolte fiscale et donc n’avait pas de position de repli. La population européenne est moins instable qu’en Amérique, avec un plus fort sens de l’appartenance régionale, et elle est plus susceptible d’avoir des relations avec ses voisins, de pouvoir trouver un langage commun et de trouver des solutions aux difficultés communes.

La plus grande différence probablement, et la plus prometteuse pour une discussion fructueuse, est dans le domaine de la politique locale. La vie politique européenne est peut-être endommagée par la politique de l’argent (1) et le libéralisme de marché, mais au contraire des États-Unis, elle ne semble pas en complète mort cérébrale. Du moins j’espère qu’elle n’est pas complètement morte ; l’air chaud sortant de Bruxelles est souvent indistinguable de la vapeur dissipée par Washington, mais de meilleures choses pourraient se produire au niveau local.

En Europe il reste quelque chose comme un spectre politique, la contestation n’est pas entièrement futile, et la révolte n’est pas entièrement suicidaire. En somme, le paysage politique européen peut offrir beaucoup plus de possibilités de relocalisation, de démonétisation des relations humaines, de dévolution à des institutions et des systèmes de subsistance plus locaux, que les États-Unis.

L’effondrement américain retardera-t-il l’effondrement européen ou l’accélérera-t-il ?
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Japon : Qu’est-il advenu des richesses pillées pendant la Seconde guerre mondiale ? (Rediff.)

[...]Durant la Seconde guerre mondiale, les Japonais auraient massacré environ trente millions de Philippins, Malais, Vietnamiens, Cambodgiens, Indonésiens et Birmans, dont 23 millions étaient d’ethnie Chinoise. Après le conflit, pourquoi les États-Unis ont-ils employé des politiques différentes envers le Japon et l’Allemagne ? Pourquoi le traité de paix a-t-il été rédigé ainsi ?

De nombreuses hypothèses ont fait leur apparition au fil des années, certains ayant dit que le Japon aurait simplement été trop pauvre pour rembourser ses victimes, que de telles politiques auraient permis d’empêcher un tournant communiste au Japon, ou encore que l’empereur du Japon avait été poussé à faire la guerre par une cabale de militaristes…

L’explication offerte par le livre des Seagrave est considérablement plus sinistre que toutes ces explications potentielles. Elle concerne ce qu’auraient fait les États-Unis après avoir découvert l’étendue et la forme des pillages ayant été menés par le Japon, et la très faible influence de leurs victimes.

[...] Après la défaite du Japon, le gouvernement Américain a cherché à disculper l’Empereur et sa famille de toute responsabilité de guerre. Dès 1948, il a tenté de placer au pouvoir d’anciens dirigeants de guerre (ministre des munitions au cours de la seconde guerre mondiale, Nobusuke Kichi occupa par exemple le poste de premier ministre de 1957 à 1960). Les États-Unis ont également classé confidentielles les archives relatives au Japon d’après-guerre, décision allant à l’encontre de leurs propres lois.
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Climat : La Chine boude le charbon pour lutter contre la pollution

À Pékin, les autorités ont fermé une troisième centrale à charbon ce 20 mars 2015. Les causes de ce désengagement ? L’application stricte du plan national chinois d’action contre la pollution de l’air. Une décision qui a des conséquences économiques pour la région. Explications.

La Chine mise de moins en moins sur le charbon, mais de plus en plus sur l’économie verte. Depuis qu’elle a dévoilé son plan national anti-pollution fin 2013, elle multiplie les initiatives en ce sens. À Pékin, sur les quatre centrales à charbon que compte la ville, trois ont déjà été fermées, selon l’agence de presse officielle Xinhua.

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17 avril 1975, les Khmers rouges ont vidé Phnom Penh

Après cinq ans de guerre civile au Cambodge, le 17 avril 1975, les Khmers rouges entrent dans la capitale et renversent le régime du général Lon Nol soutenu par les Américains. Les nouveaux maîtres du pays ordonnent le même jour aux habitants de Phnom Penh d’évacuer la ville.

En jetant la population des centres urbains sur les routes, les Khmers rouges exécutent leur plan de ruralisation forcée. La moitié des Cambodgiens vont ainsi se retrouver dans les rizières, pour y être rééduqués. Un quart d’entre eux y trouveront la mort. Durant les quatre années de la terreur khmère rouge, que se passera-t-il dans Phnom Penh, devenue une ville fantôme ? Grâce à des archives et des témoignages inédits, ce film raconte les derniers jours de la présence des étrangers réunis dans l’ambassade de France, le sort réservé aux dignitaires qui s’y sont réfugié, celui de ceux et celles qui croiront en la révolution avant qu’elle ne les broie à leur tour et la prise de la ville par l’armée vietnamienne le 7 janvier 1979.

France 5 (19/04/2015)

Le monde a produit un volume record de «e-déchets»

Le poids des déchets électriques et électroniques a atteint 41,8 millions de tonnes en 2014, selon un rapport de l’Université des Nations-Unies. Moins d’un sixième a été correctement recyclé.

Il n’y a jamais eu autant de déchets électriques et électroniques produits dans le monde. Selon un rapport de l’Université des Nations-Unies (UNU) publié dimanche, quelque 41,8 millions de tonnes de «e-déchets» ont été générés en 2014, deux millions de plus qu’en 2013. Il y aurait de quoi constituer une chaîne d’appareils mis au rebut sur une distance aller-retour entre Paris et Tokyo.

Les déchets électriques et électroniques sont de toutes sortes. Il s’agit pour une large majorité d’équipements souvent volumineux de cuisine, de salle de bain ou de buanderie, tels que des réfrigérateurs et des lave-linge.

Mais aussi de plus petits appareils, comme des téléphones portables, des calculatrices, des ordinateurs portables ou des imprimantes, qui prolifèrent et pèsent désormais 7% des déchets produits. «Tandis que nous assistons à toujours plus d’innovations technologiques, la durée de vie de nos appareils se réduit, ce qui conduit à une hausse rapide du nombre de ‘e-déchets’», résume l’UNU. Dans trois ans, le seuil de 50 millions de tonnes devrait être franchi, selon cette étude.
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Conquérants : La Fourmi de feu

La fourmi de feu effraye tous ceux qui croisent sa route, et pour cause : elle est en train d’envahir le monde.

En moins d’un siècle, elle a pris possession du sud des États-Unis, abordé les Philippines, gagné la Chine et la Thaïlande et débarqué en Australie. Partout, elle extermine les autres espèces, confisque la nourriture à son profit et défend son territoire avec férocité.

Réalisateur : Bruno Victor-Pujebet (2010)

L’OCDE redoute une nouvelle crise financière

L’organisation prévoit néanmoins en zone euro une croissance de 1,4 % en 2015 et 2 % en 2016, soit davantage que dans ses précédentes estimations.

L’OCDE se montre nettement plus optimiste pour la zone euro dans ses prévisions de croissance publiées mercredi (18 mars), mais s’inquiète fort de la très faible inflation dans la région, et de la surchauffe financière partout dans le monde.

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Comment la Chine est, elle aussi, devenue dépendante à la dette

C’est la plus grande leçon à tirer des crises financières que l’économie mondiale a traversées. Les changements des bilans façonnent la performance des économies, le crédit suivant des cycles complets d’optimisme et de pessimisme.

L’économie mondiale est devenue dépendante au crédit. La Chine pourrait bien être la prochaine victime.

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Terra incognita : La reprise mondiale, à quel prix ?

Emboîtant le pas aux Etats-Unis, la croissance en Europe accélère enfin. Mais le poids de l’endettement et le risque accru de guerre des changes fragilisent l’embelli.

Les faits – Une économie américaine qui reste encore très dynamique, une Europe qui repart et des pays émergents qui résistent : le paysage conjoncturel mondial, porté par un effondrement du prix du pétrole, a rarement été aussi positif. Salué par les marchés boursiers, ces faits dissimulent pourtant la montée de phénomènes incontrôlés et imprévisibles rendant l’avenir toujours aussi incertain.

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Tadjikistan : La nouvelle route de la soie

Autrefois l’une des régions les plus pauvres du monde, le massif tadjik du Pamir connaît un développement économique inattendu depuis l’ouverture de la frontière avec la Chine en 2004 et la mise en service d’une route moderne reliant les villes de Khorog et de Murghab à l’empire du Milieu.

Culminant à 5000 mètres d’altitude, le massif du Pamir a longtemps été isolé, notamment sa partie située à l’est du Tadjikistan. Mais l’ouverture de la frontière avec la Chine en 2004 et la mise en service d’une route moderne reliant les villes de Khorog et de Murghab à l’empire du Milieu ont permis de développer les échanges commerciaux dans la région.

Rencontre avec Davlat Kichkorov qui vit avec ses quatre enfants à Khorog à la frontière de l’Afghanistan. En cumulant des activités d’entrepreneur en bâtiment, de mécanicien et de concessionnaire automobile, il profite de l’embellie économique et rêve d’un avenir radieux pour ses enfants.

(Merci à Olivier)

Alerte aux “too big to fail” chinoises

La Chine est probablement encore le meilleur foyer de croissance mondiale. Même si l’économie ralentit, la croissance y est encore de 7 % par an. Dans le même temps, les grandes banques chinoises devancent leurs concurrents mondiaux. ICBC (Industrial and Commercial Bank of China) a maintenant trois trillions de dollars d’actifs. Et en termes de valeur de marché, ICBC et trois autres banques chinoise figurent parmi les dix premières mondiales.

Et pourtant, ces banques en expansion rapide se voient accorder un traitement spécial de la part des régulateurs internationaux, en étant exemptées des limitations sur les fonds propres auxquelles sont soumises leurs rivales occidentales “too big to fail”.

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Le vieillissement de la population, un problème pour les émergents, aussi

Le vieillissement de la population ne concerne pas que les pays riches. Les émergents vont être rapidement touchés. Comment y faire face? En augmentant la productivité de l’économie, notamment. Par Martin Neil Baily, président du groupe de développement de la politique économique à la Brookings Institution et Jaana Remes partner au McKinsey Global Institute, San Francisco.

Le vieillissement de la population est souvent cité comme un enjeu économique majeur pour le monde développé. Mais un nouveau rapport du McKinsey Global Institute (MGI) montre que les changements démographiques constituent une menace encore plus grande pour les perspectives de croissance de nombreuses économies émergentes.

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Italie : Le fleuron Pirelli passe sous contrôle chinois

C’est le groupe ChemChina qui a emporté la mise, fruit d’un accord complexe avec la holding italienne Camfin, principal actionnaire de Pirelli. L’opération permet notamment au pétrolier russe Rosneft de réduire sa part dans le groupe.

Le prix proposé par les Chinois pour entrer au capital de l’entreprise est de 15 euros par action, ce qui valorise Pirelli autour de 7 milliards d’euros.

Chine : “Under the Dome”, le documentaire interdit sur la pollution

Under the Dome est un film sur la pollution atmosphérique en Chine qui a connu un énorme succès avec plus de 155 millions de vues (environ un Chinois sur neuf). Il a été retiré par les autorités des principaux sites chinois.

Ce documentaire réalisé par Chai Jing (ancienne présentatrice vedette de la télévision d’État) détaille les causes et conséquences de l’épais smog (nuage de pollution) brunâtre qui embrume les métropoles chinoises, et dénonce l’attitude négligente des autorités locales.

Huffington Post

Internet suit les routes commerciales d’avant la 1e guerre mondiale

La société d’études TeleGeography a mis en ligne une carte mondiale interactive des câbles sous-marins qui connectent l’Internet mondial. Elle ressemble étrangement à une carte des routes maritimes datant de 1912.

Demandez à votre voisin par quel moyen transite la majorité des communications internationales : il y a de fortes chances qu’il réponde, après avoir réfléchit quelques instants, “les satellites”. La réponse est pourtant très terre à terre. “Pour les communications internationales, plus de 99% du trafic passe par les câbles sous-marins”, a expliqué Alan Mauldin, directeur de la recherche de la société d’études TeleGeography, dans une interview accordée à CNN.

La raison est simple : les câbles peuvent transporter beaucoup plus d’information, pour un coût minime. Autre raison : “Dans un monde où chaque milliseconde compte, l’aller-retour vers les satellites représente une perte de temps inutile”, a indiqué au Monde Benjamin Bayart, spécialiste des télécommunications et porte-parole du fournisseur d’accès à Internet associatif FDN.

Depuis l’année dernière, TeleGeography tient à jour une carte de l’ensemble des câbles qui permettent à nos réseaux de communication de fonctionner. Au 15 mars, elle montre 299 câbles déjà construits ou qui seront mis en service d’ici la fin de l’année.
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Chine : La grande famine de Mao (Rediff)

Il y a une cinquantaine d’années, entre 1958 et 1962, la Chine a vécu une immense tragédie. Le « Grand bond en avant » conçu par Mao pour que la Chine dépasse à marche forcée la production de la Grande-Bretagne et gagne son autonomie face à son hégémonique voisin l’URSS, a entraîné une famine dramatique et provoqué la mort de 30 à 50 millions de personnes.

La sécurité alimentaire

Chaque jour, des produits de consommation courante sont retirés en urgence des rayons par les autorités sanitaires, qui les jugent suspects ou dangereux à la consommation. Des alertes sont lancées quotidiennement à l’échelle européenne. Et les aliments bio ne sont pas épargnés par ces scandales, comme l’a montré l’affaire des graines germées en Allemagne, contaminées par l’escherichia coli.

En cause bien souvent, l’importation de composants produits dans des pays où les contrôles s’avèrent difficiles, et où les normes européennes ne s’appliquent pas, comme en Chine. Enquête sur les filières d’approvisionnement de l’industrie agroalimentaire, en compagnie d’experts qui veillent à la sécurité des consommateurs, surpris de trouver du colorant industriel dans certains antibiotiques et des salmonelles dans la charcuterie.

Chine : Web Junkie, dans l’enfer des camps de désintox

En Chine, les autorités considèrent que la menace numéro un pour la santé des jeunes est celle de l’addiction à Internet. Pour combattre ce “fléau”, quatre cents centres ont été créés dans lesquels s’enchaînent les rigoureux programmes d’entraînement physique et les séances de thérapie de groupe.

Le film se déroule entièrement en huis clos dans l’un d’eux, un hôpital militaire de la banlieue de Pékin où sont enfermés des adolescents, majoritairement des garçons, âgés de 13 à 18 ans. Ce centre où règne une discipline plutôt martiale, se rapproche plus d’un établissement pénitentiaire que d’un lieu thérapeutique.

Réalisé par Shosh Shlam, Hilla Medalia (Israël 2013)