États-Unis : Les métallos de Chicago

Pendant cinq mois, sous la houlette d’ingénieurs belges, 1.400 ouvriers américains ont reconstruit le plus grand haut-fourneau des États-Unis.

À Chicago, au sud du lac Michigan, se dresse le plus grand haut-fourneau des États-Unis. C’est aussi l’un des plus vieux et des plus dangereux: il a encore fait deux victimes en 2005. Il a donc été décidé de le démonter et d’en construire un nouveau.

Pour ne pas pénaliser l’économie – le fer et l’acier sont le moteur économique de toute la région des Grands Lacs, l’opération doit être conduite en un temps record.

Les villes fantômes et barbares de l’American Dream

Le nombre de villes quasiment insolvables ou d’ores et déjà en faillite aux USA ne cesse d’augmenter, imposant une économie urbaine d’apocalypse, avec une régression extraordinaire de tous les services publics. Les échos de cette situation sont de plus en plus nombreux et montrent l’absence totale de programmes nationaux, d’efforts du gouvernement central pour tenter d’enrayer cette tendance. Bien entendu, le gouvernement est lui-même enfermé dans une dette colossale et dans des dépenses colossales pour une politique étrangère de guerres multiples, d’aides à l’étranger pour conserver son hégémonie, d’un réseau de plus de 900 bases à travers le monde. L’Empire se vide de l’intérieur tandis qu’il continue à exercer sa violence extérieure sans aucune contrainte.

The Observer du 15 juillet 2012 consacre un reportage à la ville de Scranton, en Pennsylvanie, sur le point d’être déclarée en faillite. Cela permet d’évoquer le problème général du tissu urbain US, confronté à une situation de crise de “barbarisation” sans précédent. (…)

Le 16 juillet 2012, le site The Economic Collapse consacre un long article à la situation dans douze grandes villes des USA, surtout du point de vue sécuritaire. (L’article donne un très grand nombre de liens renvoyant à des articles publiés sur la situation dans ces villes.) Parmi ces douze villes, on trouve Chicago, Detroit, Philadelphie, Cleveland, St Louis, New Orleans, Oakland, Baltimore… La réduction radicale des services publics, notamment de la police, des pompiers et des services sanitaires, entraîne un effondrement de la sécurité, une augmentation catastrophique du banditisme, l’abandon des taches fondamentales d’entretien du domaine public, avec des quartiers entiers vivant en état de quasi sécession par rapport à l’ordre public, non seulement “zones de non-droit” mais zones détachées même de la référence du droit. Les statistiques nous donnent la référence froide de cette situation (la ville de Flint, dans le Michigan, détient un record, avec un coefficient d’assassinats plus élevé que celui de Bagdad). Certaines scènes font penser à des films hollywoodiens sur la barbarie post-postmoderne s’installant dans les lieux de la civilisation après de grandes catastrophes ou la désintégration de tout l’ordre social. Ainsi, de la ville de St Louis, avec ce “détail” qui nous a particulièrement frappé, où la barbarie et la sauvagerie que produit ce Système semble tout frapper, – à la fois la situation sociale, l’être humain, l’animal, absolument tout…

«The following is from a report by the local CBS affiliate in St. Louis… Lewis Reed is sounding the alarm. “I’ve witnessed packs of dogs, 10 and 15 dogs running together, and I’ve seen all these dogs I’m talking about they don’t have collars, they don’t have tags, these are truly wild dogs,” he said. Reed says stray dogs are terrorizing the north side. “It’s obscene that parents have to walk their kids to school, in some parts of the city, with a golf club to fend off wild dogs.”»

[La suite provient d’un rapport du correspondant de CBS à Saint Louis. Lewis Reed tire la sonnette d’alarme. “J’ai été témoin de meutes de chiens, 10 à 15 chiens, courant ensemble, et j’ai remarqué qu’ils n’ont ni collier ni tatouage ; ce sont de véritables chiens sauvages” dit-il. Reed dit que des chiens errant terrorisent la partie nord de la ville. “Il est effarant que des parents, dans certaines parties de la ville, aient besoin d’accompagner leurs enfants à l’école avec des clubs de golf pour repousser des chiens sauvages”. - (Merci à Irminius pour la traduction)]
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La stratégie du choc (film)

En 2007, Naomi Klein publiait La Stratégie du choc.

Un traumatisme collectif, une guerre, un coup d’état, une catastrophe naturelle, une attaque terroriste plongent chaque individu dans un état de choc. Après le choc, nous redevenons des enfants, désormais plus enclins à suivre les leaders qui prétendent nous protéger. S’il est une personne à avoir compris très tôt ce phénomène, c’est Milton Friedman, Prix Nobel d’économie en 1976.

Friedman, soutenant l’ultralibéralisme, conseilla aux hommes politiques d’imposer immédiatement après une crise des réformes économiques douloureuses avant que les gens n’aient eu le temps de se ressaisir. Il qualifiait cette méthode de traitement de choc.

La Stratégie du choc (The Shock Doctrine) est un film documentaire britannique réalisé par Michael Winterbottom et Mat Whitecross sorti en 2010 en France.

Relire sur le même sujet la tribune libre de Paysan Savoyard du 24 septembre 2010 :

1974-2010 : La mise en oeuvre du libéralisme économique

L’ère des robots-journalistes

Des chercheurs américains créent, dans le secret de leurs laboratoires, des techniques journalistiques révolutionnaires. Articles ou journaux télévisés sont conçus par des ordinateurs.

A première vue, rien de surprenant. Un compte rendu de sport d’une confondante banalité: «Les efforts remarquables de Joe MauerMinnesota Twins contre les Texas Rangers lundi dernier au stade d’Arlington. Les Rangers l’ont emporté sur un score de 8 à 5 […] Quand il maniait la batte, Mauer a été excellent de bout en bout. Il a marqué une fois dans la première manche et deux fois dans la sixième. Du côté des Texans, l’artisan de la victoire est sans conteste Tommy Hunter, qui a remporté avec brio son cinquième match d’affilée… »

Un article comme il en existe donc des milliers, publiés dans les pages sports de la presse américaine. Seule différence, mais de taille: il est signé «The Machine», préparé et rédigé par un programme d’intelligence artificielle, baptisé Stats Monkey.

Depuis des décennies, dans le monde, des ouvriers découvrent un beau matin qu’ils vont être remplacés par un robot. Si les journalistes se croyaient à l’abri de ce genre de mésaventure, ils avaient tort. Depuis quelques mois, ils peuvent aller à Evanston (Illinois), près de Chicago, pour voir et tester le système qui va peut-être bientôt les suppléer. Il est tapi dans un réseau d’ordinateurs appartenant au laboratoire d’information intelligente (Infolab), installé sur le campus de l’Université du Northwestern.

Pour déclencher Stats Monkey, il suffit qu’un humain lui indique à quel match il doit s’intéresser.
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USA : crise, Kansas City ferme la moitié de ses écoles

Une hécatombe d’emplois dans les écoles américaines ! La crise affecte considérablement les écoles aux États-Unis. Elle sont obligés de “couper” dans le budget.

Près de la moitié des écoles publiques de Kansas City vont devoir fermer pour des raisons budgétaires. 700 personnes pourraient perdre leur emploi.

À Chicago, la School Board des banlieues nord-ouest de la ville a approuvé le licenciement de 1000 employés, pour éviter un déficit de 44 millions de dollars.

Fin mars, près de 22 000 employés et professeurs en Californie ont reçu une note de pré-licenciement.

Pire, selon newsadvance, en Virginie, la Virginia Education Association prévoie de supprimer 28 000 emplois dans les écoles publiques, pour une réduction de 700 millions de dollars dans le budget.

À Detroit, Michigan, ce sont 44 écoles qui vont fermer. Pour une économie de 31 millions de dollars.

À Montgomery, Alabama, 600 employés ont été virés des écoles publiques, et ce n’est que la première phase du plan de réduction du budget.

Critograph

Les traders virtuels préfèrent la microseconde

Tout récemment, Thomson Reuters a créé le service d’informations NewsScope Direct, diffusant des données économiques et financières toutes les microsecondes, à destination des traders algorithmiques (high frequency traders) des bourses de Chicago et de Londres. Une microseconde = un millionième de seconde. Un instant plus que négligeable pour nous, pauvres humains, une vie entière pour ces opérateurs de marché Intel inside.

Selon le magazine financier Agefi :

« Basé sur des modélisations mathématiques des marchés financiers, le trading algorithmique automatise le placement des ordres, tout en respectant des stratégies d’investissement bien arrêtées.

« Très développé chez les arbitragistes (hedge funds et comptes propres de banques), consiste à jouer sur les inefficiences des marchés que la volatilité a démultipliées ces derniers mois. Dans un cas simple, le gérant achète une grande quantité de titres (plutôt liquides de type « blue chips ») sur une plate-forme, pour les revendre presque instantanément sur une autre où le prix était supérieur, en toute transparence « pre-trade » : le premier cours va monter et le deuxième baisser, rendant les marchés plus efficients (d’autres arbitrages porteront par exemple sur deux valeurs différentes mais corrélées). A ce jeu où deux algorithmes équivalents vont détecter l’incohérence, c’est l’exécution la plus rapide qui l’emporte. D’où une course à la « milliseconde », qui se traduit par un rapprochement géographique entre plates-formes, intermédiaires et arbitragistes. Pour raccourcir encore la période de latence, les plates-formes proposent même désormais, dans leurs locaux, des postes en colocation à destination des autres intervenants : bientôt 300 installés chez NYSE Euronext, grâce au déménagement informatique dans le sud-est de l’Angleterre. »

Selon le New York Times, le trading algorithmique (ou algotrading), qui ne portait que sur 30% des actions échangées à Wall Street en 2005, est passé à 61% en 2009. Consécutivement, une bonne part de la cacophonie rituelle des salles de marchés s’est peu à peu déplacée d’abord vers de silencieuses fermes de serveurs (server farms) à travers toute l’Amérique, puis dans des interfaces logicielles plus ou moins conviviales, compensant la complexité intrinsèque des outils.

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Eric Laurent dénonce la collusion entre Wall Street et le pouvoir politique aux USA

Entretien avec le journaliste et écrivain Eric Laurent, auteur de « La face cachée des banques » (Editions Plon, octobre 2009), une enquête sur les scandales dans les milieux financiers.

Timothy Geithner, Barack Obama, Lawence Summers


Une étude britannique révèle que les bonus semblent repartir à la hausse, 7 milliards d’euros, soit 50 % de plus que l’an dernier. Et le Wall Street Journal qui rapportait il y une dizaine de jours que les banques américaines allaient verser 140 milliards à leurs salariés… Les G-20 n’auraient servi à rien ?

Je pense que les G-20 n’ont pas servi à grand-chose, on s’aperçoit que le sommet de Pittsburgh a finalement accouché d’une souris.

Je crois surtout qu’on s’est volontairement trompé de cible, les paradis fiscaux ne sont pas à l’origine de la crise, qu’ils l’aient un peu amplifiée, c’est possible.

D’autre part, la focalisation sur les bonus des traders est une vaste plaisanterie, dans la mesure où les traders ne sont pas à l’origine de la crise.

Ce qui est vraiment impardonnable, c’est la stratégie des banquiers et des établissements financiers. Lire la suite