États-Unis : Un plan Marshall pour l’Amérique

Suite à l’effondrement d’un pont autoroutier en Californie le mois dernier, l’impact observé sur toute la région sud-est des États-Unis vient souligner une fois de plus la gravité des défaillances infrastructurelles du pays. En effet, dans une certaine mesure, la plus importante économie au monde s’écroule aujourd’hui peu à peu.

L’aversion idéologique vis-à-vis de l’investissement du secteur public, de même que la prédominance d’un mode de pensée à court terme de la part de ceux qui rédigent les budgets, ont abaissé les dépenses jusqu’à des niveaux bien insuffisants en matières d’autoroutes, d’aéroports, de chemins de fer, de réseaux de télécommunications et de production d’électricité.

Seulement voilà, cette problématique ne peut plus être ignorée. Si les États-Unis n’agissent pas rapidement afin de conférer de solides fondations à leur reprise économique fragile, le pays pourrait à nouveau glisser lentement vers la stagnation.

La logique la plus évidente voudrait en principe qu’une économie développée procède judicieusement et continuellement à des investissements dans les biens publics. Or, au vu de la situation infrastructurelle des États-Unis, il semble que tous les acteurs décisionnels ne partagent pas cette conception. Lire la suite

Chine : Yunnan-Vietnam, une ligne de chemin de fer française… en Chine

À flanc de montagne, ce train traverse la province du Yunnan, à 3.000 kilomètres au sud de Pékin. Il s’agit d’un train historique.

La ligne Yunnan-Vietnam a été imaginée et construite par les Français entre 1903 et 1910. Avant, le voyage durait 25 jours. Avec le train, seulement trois jours et demi. La France voulait drainer le commerce de la Chine vers ses protectorats et colonie d’Asie du Sud-Est.

Aujourd’hui, il reste sur le tracé de cette ligne, des gares à la française qui séduisent les Chinois. Ils sont nombreux à s’y faire prendre en photo. Le long de la ligne, des ouvriers s’activent. Douanes, hangar, cantines des années 20 sont remis quasiment en l’état.

États-Unis : Les vagabonds en col blanc

Steven Bo Keeley, fantasque Américain, propose à des cols blancs en mal de sensations de vivre la vie des hobos. Il les emmène traverser les États-Unis en sautant de train en train, sur les traces des clochards célestes de Jack Kerouac. Un journaliste a tenté l’expérience.

C’est par hasard que j’entends parler de Steven Bo Keeley pour la première fois. L’idée de me faufiler dans des wagons de marchandises pour voir du pays me fascine depuis longtemps, et une amie d’Oakland, une gauchiste radicale, me parle d’un livre qui, dit-elle, pourrait m’aider à me préparer. Ce sont les “Mémoires d’un hobo” [vagabond qui voyage principalement en train] qu’elle a rencontré dans un dîner, un certain Steven Bo Keeley, qui emmène des groupes de cadres d’entreprise dans ses aventure de routard du rail. [...]

Keeley est un solitaire étrangement sociable et il est entouré d’un drôle de groupe de sympathisants qui financent  ses aventures. Sur son site Internet, entre ses articles et ses photos, il propose ses services de tour-opérateur, invitant des cadres à rompre la monotonie de leur vie de bureau pour  risquer leur vie avec lui sur le rail. Parmi les options qu’il  propose, vous pouvez choisir de séjourner dans des abris  de SDF ou de bivouaquer dans une “jungle”, les camps de  fortune des hobos.

Les moins téméraires optent pour des  excursions dans des mines désaffectées ou des randonnées  dans le désert. En échange de ces virées, les “vagabonds en col blanc” de Keeley – ils sont avocats, programmeurs, chercheurs, chefs d’entreprise ou investisseurs – l’accueillent  dans leur univers. Il a été invité par des magnats de la  finance et convié dans les luxueux chalets du cénacle des  anarcho-capitalistes à Aspen, dans le Colorado.
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Une passionnante histoire de la contestation des « progrès » techniques en Occident

Dans une synthèse passionnante, Techno-critiques. Du refus des machines à la contestation des technosciences, François Jarrige fait revivre la contestation des « progrès » techniques en Occident. De l’introduction des métiers à tisser à la lutte contre le nucléaire et les OGM, il brosse avec talent une tranche d’histoire mal connue, plaidant pour le droit à refuser les techniques.

Il arrive même aux poètes de s’écharper sur le « progrès » qu’apportent les techniques nouvelles. Lorsque le 8 mai 1842, aux premiers temps du ferroviaire, un accident de train sur la ligne Paris-Versailles fait plusieurs dizaines de morts, Alfred de Vigny se lamente : « Quel sacrifice horrible à l’industrie ! Irez-vous souvent vous atteler à ces machines aveugles, inexorables », écrit-il.

Pour Alphonse de Lamartine la réponse est claire. « Messieurs, sachons-le, lance-t-il à ses collègues parlementaires qui débattent des suites de la catastrophe ferroviaire. La civilisation aussi est un champ de bataille où beaucoup succombent pour la conquête et l’avancement de tous. Plaignons-les, plaignons-nous et marchons. »

Ce clivage entre partisans et adversaires de l’innovation – ici l’introduction d’un nouveau moyen de locomotion – est une constante historique. A chaque époque les hommes qui ont foi dans le progrès technique, convaincus qu’il va apporter abondance, puissance et bonheur à l’humanité (ou à une partie d’entre elle) s’opposent à ceux qui en contestent les bienfaits ou, à tout le moins, demandent à juger sur pièce.

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Immobilier en France : la catastrophe se profile à l’horizon

Une tribune libre de Patrick Reymond


Patrick Reymond, économiste hétérodoxe né en 1960, disciple de Fernand Braudel, est également un homme de terrain. Son expérience en tant que cadre supérieur dans de multiples entreprises du secteur privé (sidérurgie, papier carton, bâtiment, industrie), lui a notamment donné la compétence d’analyticien. Or, l’analytique, qui ne s’apprend pas à l’école, nécessite, à la différence de l’audit, qu’il a pratiqué également, une grande compréhension des phénomènes et de la chaîne de production, beaucoup de curiosité et d’aller très au-delà des apparences.

Patrick Reymond a notamment écrit pour l’éditeur SMG, dans le “blog immobilier” et le “blog énergie”. Depuis le printemps 2009, son blog “La Chute”, au contenu et au ton résolument iconoclastes, passionne un nombre sans cesse grandissant de lecteurs, curieux des mutations de notre civilisation et insatisfaits des informations trouvées dans les grands médias.

Nous vous proposons aujourd’hui, en exclusivité, une étude de la crise immobilière française, que Patrick Reymond a bien voulu réaliser pour fortune.fdesouche.com (N.B. : cet article est libre de droits de citation et de reproduction ; nous demandons cependant à tout utilisateur de bien vouloir nous citer comme source). Lire la suite