Les leçons de Stanley Hoffmann pour la France d’aujourd’hui

Le célèbre historien Stanley Hoffmann avait étudié de fond en comble l’Hexagone, mais aussi les relations internationales. Quels enseignements pourrait-on tirer de ses ouvrages et réflexions pour l’avenir de notre pays et de notre continent?

Le professeur émérite de l’université de Harvard et grand intellectuel franco-américain, est mort dans la nuit du 12 au 13 septembre. Né en Autriche en 1928, il a immigré en France avec sa mère au milieu des années 1930 et y est resté pendant les années noires, qui auront profondément marqué sa pensée.

Au cours de sa vie, Stanley Hoffmann a publié une vingtaine de livres, dont certains concernaient la France, d’autres la construction européenne ou les relations internationales. Il semble donc pertinent, en ce moment de deuil et de célébration de sa vie, de se demander ce qu’il aurait pu penser de la situation de la France d’aujourd’hui.

L’un des plus célèbres concepts de Stanley Hoffmann fut celui de la stalemate society (la «société bloquée»)
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“La bonne nouvelle est que le peuple est en train de se réveiller”

Une autre politique climatique peut-elle sauver l’Europe ? La croissance va-t-elle revenir ? Un nouveau mouvement politique peut-il remplacer un PS en effondrement moral ? Rencontre avec Pierre Larrouturou, après José Bové, Corinne Lepage, et Jean-Luc Mélenchon.

Reporterre – Comment interprétez-vous le désamour des Français à l’égard de l’Europe ?

Pierre Larrouturou - Pendant trente ans, l’Europe était un espace de coopération et de justice sociale. Et puis il y a eu un tournant, qu’on a appelé la révolution néo-libérale les débuts des années 1980. Depuis trente ans, au lieu d’avoir une coopération et une justice sociale, la concurrence a été érigée comme un dogme fondamental au-dessus de tout le reste. Cela amène une précarité terrible, à la violence sociale, à la violence contre la planète. L’Europe n’est plus fidèle aux valeurs des pères fondateurs.

En quoi est-elle différente de la conception originelle ?

La première volonté était de mettre le charbon et l’acier en dehors des mains des capitalistes et de faire une union politique en commençant par des choses concrètes. il y avait des règles sur le charbon et l’acier, sur le salaire minimum, sur le fonctionnement économique. Et quand un pays dévaluait sa monnaie, il y avait un montant compensatoire agricole qui évitait qu’il y ait un avantage compétitif lié à cette dévaluation.

Aujourd’hui, le traité transatlantique dont François Hollande veut accélérer la négociation est le contraire des valeurs de ceux qui ont créé l’Union européenne.

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La douce vie des monarques républicains

En France, les présidents ont toujours vécu dans le luxe. Les dépenses de l’Elysée n’ont jamais été contrôlées. Aujourd’hui, François Hollande souhaite faire des économies. Du moins, un peu.

Par Michaela Wiegel, Frankfurter Allgemeine Zeitun.

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Un budget royal

La Cour des comptes a déjà complimenté le président Hollande pour les six millions d’euros qu’il a permis d’épargner au bout d’un an de mandat en économisant non seulement sur les vins, mais aussi sur les frais de bouche de ses réceptions, les décorations florales, les voyages et autres dépenses.

Et pourtant, on ne peut pas dire que le président se soit tellement serré la ceinture. Avec un budget annuel de 102,9 millions d’euros, il peut encore dépenser plus du double que la reine d’Angleterre.

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Le voyage comme expérience intime de la mondialisation

Comme le disait Charles de Gaulle de ceux qui répétaient « Europe ! Europe ! » en sautant comme des cabris, le terme « mondialisation » suscite l’émoi de ses apôtres. La morgue en plus. Il faudrait être ignorant pour ne pas la célébrer. Le président de la Commission européenne, M. Jose Manuel Barroso, s’en est pris aux Français qui ne comprennent pas la mondialisation.

Un quotidien s’alarme-t-il de la baisse d’attractivité française pour les investissements étrangers qu’il trouve aussitôt un coupable : « Ce qui est en cause, c’est l’incapacité des élites publiques de ce pays à comprendre la mondialisation » (Le Monde, 7 juin 2013)

Qu’est-ce que ne verraient pas les mauvais esprits qui ne goûtent pas, ou pas complètement, les charmes de la mondialisation ? Un mouvement pourtant naturel et nécessaire. Du coup, ses apôtres évitent de donner leurs bonnes raisons de l’aimer : pour eux, cela va de soi.

C’est la rhétorique de toutes les dominations : transformer l’histoire en nature, la question en évidence et les critiques en obscurantistes. Par sottise et étroitesse d’esprit, ces derniers seraient hermétiques aux lois de l’économie ou de l’histoire.
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Méridien Zéro : « La loi du 3 janvier 1973 » (audio)

Le vendredi 21 juin, Méridien Zéro recevait Pierre-Yves Rougeyron pour évoquer avec lui son ouvrage sur la loi du 3 janvier 1973, la fameuse loi Rothschild qui oblige l’État à emprunter sur les marchés financiers privés.

Emission animée par Gérard Vaudan avec la complicité d’Eugène Krampon.

Lord Igor à la technique.

Le Qatar, un ami qui nous veut du mal

Par Camille Galic

La France, un paradis fiscal pour un géant financier : Camille Galic a lu les deux dernières monographies du Qatar.

Hamad Ben Jassem Al-Thani, le premier ministre qatarien, et François Hollande, dans la cour de l’Elysée

Peuplé de 1.903.447 habitants dont les deux tiers d’étrangers répartis sur 11.586 km2 seulement, soit un peu moins que la région Ile-de-France, le Qatar intrigue, le Qatar inquiète. Il est vrai que son avidité capitalistique et ses ambitions géopolitiques sont inversement proportionnelles à sa population et à sa superficie. Sur les cinq livres qui viennent de lui être consacrés, nous en avons retenu deux : Qatar/ Les secrets du coffre-fort et Le Vilain Petit Qatar. Le premier, plus informatif, le second, plus polémique.

Bons spécialistes du Moyen-Orient, Christian Chesnot et Georges Malbrunot, qui furent enlevés le 20 août 2004 par l’Armée islamique en Irak qui ne les relâcha que quatre mois plus tard en échange, selon The Times, d’une rançon de 11,8 millions d’euros en partie réglée, dit-on, par… le Qatar, disent avoir enquêté un an sur « ce confetti qui rêve d’être un empire ». Ils énumèrent ses atouts, en particulier ses fabuleuses réserves de gaz naturel et son « trio magique » constitué par le cheik Hamal al-Hani, « un émir despote mais éclairé » (après avoir pris soin de débarquer son père et de neutraliser une kyrielle de frères), son ambitieuse et élégante épouse la cheika Moza et son premier ministre et cousin Hamad bin Jassem Bin Jabor, dit HBJ, wahhabite conservateur très proche des Etats-Unis et « grand manitou du rapprochement avec la France de Nicolas Sarkozy ».

La France paradis fiscal… pour les Qataris

En fait, le rapprochement avait initialement eu lieu sous De Gaulle, qui avait tenté de faire la pige aux Anglo-Saxons dans le Golfe, et s’était accentué sous Chirac, mais l’idylle menée tambour battant par Sarkozy favorisa de la part des Qataris un véritable prurit d’acquisitions et d’investissements. Palaces, hôtels particuliers, immeubles de rapport et de bureaux, entreprises du luxe, participations dans les firmes du CAC 40, terres arables, œuvres d’art (c’est le Qatar qui imposa la grotesque exposition Murakami au château de Versailles), sport avec le rachat du PSG, rien n’échappe à leur fringale.
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Offensive générale du système

La radio Méridien Zéro recevait ce vendredi 12 avril 2013 Adrien Abauzit, auteur de Né en 1984, Roberto Fiorini Secrétaire Général de Terre & Peuple et Eugène Krampon rédacteur en chef de Réfléchir & Agir pour parler de la grande offensive que mène le Système et ce dans une relative indifférence médiatique et populaire. Sont évoqués en profondeur le futur marché transatlantique, l’Accord National Interprofessionnel (ANI) actuellement discuté au parlement, la dépression des retraites, l’affaiblissement des aides sociales ….

De Gaulle et la construction européenne : Une politique cohérente

C’est en réfléchissant sur la célèbre formule du Général de GAULLE, « l’Europe de l’Atlantique à l’Oural » que l’on peut notamment reprendre le cheminement de sa pensée au sujet de la construction européenne qui apparaît pour lui comme une « exigence ». Telle « une union des Etats », préservée de toute supranationalité, affirmant l’identité de ceux qui la composent, dont il perçoit « l’ardente nécessité », la construction européenne apparaît indispensable à la fois pour l’influence de la France et pour la paix.

A son retour au pouvoir en 1958, le Général de GAULLE sait où il veut aller avec une France qui pourra à nouveau jouer un rôle clé.

Dans ses Mémoires d’Espoir, il écrivait « S’il est une voix qui puisse être entendue, une action qui puisse être efficace, quant à l’ordre à établir en remplacement de la guerre froide, ce sont par excellence la voix et l’action de la France ».

Au regard des réalités, il sait qu’il doit trouver les moyens de la politique qu’il veut mener.

Fin 1962, sur le plan institutionnel, le principe de l’élection du président au suffrage universel est adopté, le redressement économique est réussi, le problème algérien est réglé.

Mais l’objectif  qui paraît marquer davantage ses intentions, est l’affirmation européenne à travers le plan Fouchet, appelé « Traité établissant une Union d’Etats », en effet, initialement, le Général de GAULLE veut faire du rapprochement franco-allemand, la « pierre angulaire » d’une construction d’un ensemble indépendant.

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Le Qatar candidat au rachat du Charles de Gaulle

Le sort du porte-avions Charles de Gaulle sera scellé par la future loi de programmation militaire décidée à l’automne. Initialement prévue pour l’été, la loi a été reportée de quelques mois pour laisser au gouvernement le temps d’étudier les différentes options.

Mais ce n’est presque plus un secret, le porte-avions Charles de Gaulle, fer de lance de la force d’intervention française et européenne, ne devrait plus battre pavillon tricolore après 2018.

La question qui se pose maintenant est : à qui le vendre ? Une source proche du dossier a lâché l’information qui devrait faire l’effet d’une bombe si elle se confirmait :

le Qatar, par l’intermédiaire de son ambassadeur Mhomo El Me’ru, se serait déclaré candidat au rachat.

Le contre-amiral Émile Sabort, qui dirige la Commission en charge d’étudier les différentes possibilités de coupes budgétaires, n’a pas souhaité confirmer l’information mais une source proche du dossier indique que la vente à l’émirat serait “une option envisagée“.

D’autres pays comme le Brésil ou l’Inde sont aussi candidats. Le Brésil, qui a déjà racheté l’ancien porte-avions Foch en 2000, constitue l’autre piste étudiée par la France. Mais si Doha devait emporter le contrat, le Qatar deviendrait le premier pays du Moyen-Orient à posséder un porte-avions, ce qui aurait pour conséquence de bouleverser l’ordre géopolitique de la région.

Dans un climat de crise économique généralisée, les marges de manœuvre de François Hollande sont de plus en plus limitées et l’armée pourrait de nouveau faire les frais d’une cure d’austérité budgétaire qui ne veut pas dire son nom, le Chef de l’État préférant parler d’”effort commun“.

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L’Argent de la Résistance

Ce film raconte des histoires humaines sur cette bataille de l’argent. L’influence des riches alliés, les pressions de Jean Moulin sur la Résistance intérieure, sa rivalité avec Henri Frenay, les  containers de billets parachutés dans les maquis, le rôle de Malraux dans le hold-up de Neuvic et ses millions disparus, l’argent qui corrompt et sert à déboulonner les héros de la Résistance comme Georges Guingouin ou le Colonel Passy.

Documentaire réalisé par David Korn-Brzoza – Novembre 2012