Espagne : La crise a détruit la classe moyenne

En Octobre de l’année dernière, l’Espagne a été comparée à la Chine, après un premier trimestre de croissance qui faisait suite à neuf trimestres consécutifs d’une terrible récession. Les coûts du travail en Espagne sont maintenant devenus plus faibles que ceux de l’Allemagne et largement inférieurs à ceux de pays concurrents tels que la France et l’Italie.

En conséquence, les constructeurs automobiles ont investi l’année dernière plus de 1,5 milliard d’euros dans la production de nouveaux modèles en Espagne, selon les chiffres de l’Asociación Nacional de Fabricantes la Automóviles (ANFAC).

Un travailleur espagnol dans l’industrie automobile gagne aujourd’hui une moyenne de 22,53 euros par heure (charges sociales incluses). Aucun des «quatre grands» ne fait mieux: en France, un ouvrier gagne 36,35 euros, en Allemagne, 34,90 euros et en Italie, 26,63 euros. 34 modèles de voitures étaient encore produites en 2011 en Espagne, et il devrait y en avoir plus de 45 d’ici 2015.

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Compétitivité = Travailleurs piégés

Commençons par une question bleue : dans le prix d’une marchandise, n’y a-t-il que le coût du travail de compté ? Oui ou non ? Non. Bravo. Vous avez gagné le droit de passer à la question blanche.

Question blanche : les profits sont-ils inclus dans les prix ? Oui ou non ? Oui. Encore bravo, vous avez accès à la question rouge.

Question rouge qui fâche : au cours des trente dernières années, qu’est ce qui a le plus augmenté, les salaires et cotisations sociales ou les profits ? Attention, vous n’avez droit qu’à une seule réponse. Plus que cinq secondes avant la publication du rapport Gallois ! Chut, le public, ne soufflez pas !… Euh, les salaires, puisque tout le monde le dit.

Oh ! que c’est dommage, vous avez cru les gens qui susurraient la petite musique de la nuit libérale. Mais ce n’était pas la bonne réponse. Je suis désolé. Mais vous n’avez pas tout perdu : je vous remets une note très intéressante publiée par Attac et la Fondation Copernic.

Voilà résumé en quelques mots sibyllins l’essentiel du débat escamoté sur le fameux « choc de compétitivité » dont aurait besoin l’industrie française.

Le coût du travail, omniprésent

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La douloureuse conjonction de la compétitivité et de l’austérité

Le présent texte tente d’analyser les conséquences des chocs de compétitivité que nombre de gouvernements européens – en particulier ceux des pays du sud – tentent de mettre en place aux fins d’un rééquilibrage des soldes extérieurs et en conséquence une amélioration de l’emploi.

(…)

Ce qu’on appelle aujourd’hui choc de compétitivité dans les pays de la zone euro, n’est pas une démarche propre à surmonter la grande crise des années 2010.

Les chocs proposés sont des dévaluations internes résultant d’un impossible ajustement des taux de change en monnaie unique. Ces dévaluations internes reposent toutes sur une diminution globale du coût du travail, diminution utilisant des supports variés et souvent indirects : augmentation du temps de travail, baisse des charges sociales, prélèvements fiscaux, diminution des prestations sociales, etc. Notons au passage que lors de la crise de 1929, les entrepreneurs politiques des nations  de l’époque disposaient de l’arme du taux de change, armes qu’ils ont utilisées sans ménagement, dans un jeu évidement non coopératif, pour exporter leur propre chômage. L’histoire a révélé  que le résultat de cette politique fût collectivement ruineux.

Pour présenter la  problématique du choc de compétitivité nous utiliserons l’exemple d’un pays, l’Espagne dans ses rapports avec l’Allemagne.

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Les erreurs de calcul de Nicolas Sarkozy

Le président de la république a cité dimanche soir à maintes reprises le “modèle allemand” auquel il se réfère pour justifier ses réformes. Quitte à voir la réalité allemande avec les yeux de Chimène. Décryptage sur l’emploi, le chômage, les charges sociales, l’immobilier.

“L’Allemagne a moins de 8% de chômage”

Nicolas Sarkozy veut prendre exemple sur l’Allemagne qui a “moins de 8% de chômage ». Une embellie de l’emploi outre-Rhin due, notamment, au nombre de jeunes en apprentissage. Le taux de chômage en Allemagne est effectivement inférieur à 8%, il est même très inférieur, à 5,5% en novembre dernier, selon les derniers chiffres d’Eurostat, l’office européen des statistiques. Dans le même temps, la France atteint près de 10% de chômage (9,8%), toujours selon Eurostat.

Mais comme l’expliquait Brigitte Lestrade à Marc Meillassoux, correspondant de Myeurop à Berlin, les réformes mise en place au début des années 2000 pour rendre le marché du travail plus flexible, auraient fait passer plusieurs millions d’allemands des listes de chômeurs à ceux de “quasi-chômeurs” ou travailleurs pauvres.

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La génération de l’échec

Par Michel Geoffroy

La génération au pouvoir dans les pays européens depuis la fin du XXe siècle restera devant l’histoire comme la génération de l’échec. C’est la génération de mai 1968, fille spirituelle des lanceurs de pavés, des fumeurs de joints et des idolâtres de Mao et de Che Guevara.

Car elle a tout raté, sauf précisément parvenir à cumuler les pouvoirs médiatiques, culturels, politiques et économiques en Occident et en profiter. Mais quel usage a-t-elle fait de son pouvoir sans précédent ?

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Le péril jeune

Par Éric Zemmour

Victimes des « trente piteuses » et de l’égoïsme de leurs aînés, les jeunes ont de quoi protester. Mais ils se trompent de cible.

Sarkozy, t’es foutu, les jeunes sont dans la rue ! l’entrée fracassante des lycéens et des étudiants dans les défilés, battant le pavé contre la réforme des retraites, n’a pas révolutionné l’art difficile du slogan. Elle n’a pas non plus apaisé les esprits puisque, c’est une habitude désormais, ces jeunes manifestants ont attiré aussitôt, comme les abeilles par le miel, des nuées de casseurs venus de banlieue pour piller et voler. Enfin, elle n’a guère éclairci les débats embrumés autour de la question centrale du projet gouvernemental : le report à soixante-deux ans de l’âge de la retraite.

Les représentants officiels du mouvement juvénile, précocement blanchis sous le harnais socialiste, n’ont cessé de répéter l’antienne partageuse selon laquelle un vieux qui part plus tard en retraite, c’est une place de moins pour un jeune pressé d’entrer dans le monde du travail. Si ce faux bon sens était avéré, la France ne serait pas à la fois le pays où le chômage des jeunes est le plus élevé d’Europe et où l’activité des plus de soixante ans est la plus faible !

Les lois d’airain du système par répartition auraient plutôt dû pousser les jeunes à manifester… en faveur de la réforme. C’est, en effet, leur génération qui sera appelée à financer les retraites des ex baby- boomers, plus nombreux qu’eux. Le maintien de la retraite à soixante ans les aurait même obligés à payer deux fois, puisque l’État aurait été contraint de s’endetter pour financer une part croissante de ses engagements.

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Budget: le 93 fait sa loi

Finances locales: certains départements comme la Seine-Saint-Denis (93) reprochent au gouvernement de les conduire vers la faillite.

Plusieurs départements ont engagé un bras de fer financier avec l’État. Ils lui reprochent de ne pas avoir compensé certains transferts de compétences, avec des conséquences directes sur leur budget.

Le président de Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone (PS), a fait voter jeudi un déficit de 75 millions d’euros pour son budget 2010 (1,8 milliards d’euros) alors que les collectivités locales ne peuvent présenter de budget en déséquilibre.

Compétences sociales

Les départements reprochent notamment à l’État de ne pas avoir compensé financièrement les transferts de compétences sociales.

Depuis la décentralisation, ces collectivités sont en charge du versement des trois prestations universelles: le Revenu de Solidarité active (RSA), l’Aide personnalisée à l’Autonomie (APA) et la Prestation de Compensation du Handicap (PCH).

Et depuis la crise, les montants versés n’ont cessé d’augmenter avec la hausse du chômage.

Un geste fort au niveau symbolique mais complètement illégal et qui pourrait entraîner la mise sous tutelle de la collectivité.

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“Le plan Sarkozy pour l’agriculture ? De simples mesures pansement”

Le président de la République a annoncé un plan d’aide de 1,65 milliard d’euros en faveur des agriculteurs.

Réactions et analyses de Jean-Christophe Bureau, professeur d’économie à AgroParisTech, chercheur associé au CEPII, et de Nicolas-Jean Brehon, économiste à la fondation européenne Robert Schumann.

Les difficultés actuelles que connaissent les agriculteurs sont-elles conjoncturelles, comme l’affirme Nicolas Sarkozy, c’est-à-dire liées à la crise ?

Jean-Christophe Bureau. Oui, indiscutablement, les difficultés actuelles du secteur sont liées à la crise qui a fait chuter les prix des matières premières, de même que la demande mondiale de produits agricoles. La baisse généralisée du prix des produits agricoles est également liée à la faiblesse du dollar.

Nicolas-Jean Brehon. Effectivement, cette baisse accentue leurs difficultés. En réalité, le fond du problème du secteur vient de la volonté européenne et mondiale de dérégulation de ce secteur.

Que pensez-vous des mesures d’aides annoncées par Nicolas Sarkozy ? Lire la suite