Retraites complémentaires : La faillite c’est demain (Màj)

Le rapport de la Cour des comptes ne devait être publié que jeudi, mais “Le Parisien” en dévoile les grandes lignes ce lundi 15 décembre. Principale mesure préconisée : travailler jusqu’à 64 ans pour les cadres, contre 62 ans aujourd’hui, afin de renflouer les caisses.

A l’Agirc-Arrco, organismes de retraite complémentaire des cadres et des salariés, les coûts de gestion sont 20 % supérieurs à ceux du régime général de la Sécu. A l’Agirc-Arrco, organismes de retraite complémentaire des cadres et des salariés, les coûts de gestion sont 20 % supérieurs à ceux du régime général de la Sécu.

Un rapport de la Cour des comptes, qui sera publié jeudi, sonne l’alarme concernant les retraites complémentaires du privé et préconise un allongement de deux ans de la durée du travail.

Le régime de retraite complémentaire des cadres, l’Agirc, en possible cessation de paiement d’ici fin 2017, c’est-à-dire demain. Celui des non-cadres, l’Arcco, lui aussi menacé à brève échéance… Voilà deux des constats chocs que la Cour des comptes s’apprête à dresser, jeudi, dans un rapport public thématique, qu’elle a pour la première fois décidé de consacrer à l’avenir des retraites complémentaires des salariés du privé*.
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Sapir : “La Grèce sera en cessation de paiement d’ici juin”

Jacques Sapir aborde l’accord européen de Février 2013 sur le budget européen, le sauvetage financier de Chypre qui se présente d’ici fin mars, la cessation de paiement de la Grèce d’ici juin, la situation politique et économique de l’Italie et la guerre des monnaies.


(Merci à Pierre)

La crise oblige les associations à revoir leurs pratiques

Outre une chute de leurs ressources, les associations sont de plus en plus confrontées à la concurrence, et aux difficultés de renouvellement de leurs instances dirigeantes.

Après une période de développement sans précédent, le monde associatif bascule lui aussi dans l’austérité. Il doit, à l’instar des entreprises et autres instances publiques, rationaliser, mutualiser, effectuer des choix budgétaires difficiles. C’est ce que révèle une étude du cabinet Deloitte et de l’économiste du CNRS Viviane Tchernonog (1).

Jusqu’en 2010, la chute des subventions d’État était compensée notamment par l’aide des conseils généraux. Ce n’est plus le cas aujourd’hui : 80 % des associations déclarent devoir faire face à une raréfaction et à une transformation de leurs ressources.

Effectifs en recul et difficultés de gestion

Cela a inévitablement une conséquence sur l’emploi dans ce secteur qui embauche 2,8 millions de personnes. Pour la première fois de son histoire, le monde associatif a vu l’an dernier ses effectifs en recul, avec 26 000 salariés de moins.

En tout, 29 % des structures du secteur non marchand rencontrent des difficultés à conserver leur personnel ayant des qualifications nécessaires. Et 22 % évoquent l’impossibilité de leur assurer un niveau de rémunération suffisant. Une fragilité en entraînant une autre, 68 % des associations employeurs rencontrent des difficultés de gestion, souvent liées à un manque de réserves durables ou au délai de versement des subventions.

Viviane Tchernonog s’attend à voir le tissu associatif se réduire comme une peau de chagrin ces deux ou trois prochaines années. « Il y a de plus en plus de restructurations. Soit les associations sont obligées par les pouvoirs publics de se rapprocher, soit elles sont trop faibles pour continuer seules »,  explique la chercheuse.

Concurrence entre les associations

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Que crève le système

Par Boreas
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Dans le contexte actuel de dé-mondialisation, on a pu lire récemment sur le blog de Paul Jorion, parlant de la divergence désormais avérée des grandes puissances économiques dans leur quête désespérée d’une illusoire reprise : « l’affirmation renforcée d’une politique du chacun pour soi (…) ne fera qu’accentuer la crise ».

C’est exactement ce que dit le LEAP (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique) depuis l’an dernier, même si, au plan chronologique, ses prévisions se sont avérées à trop court terme : « d’ici la fin de l’été 2009. Sur fond de cessation de paiement des Etats-Unis s’ouvrira alors la période à partir de laquelle le « chacun pour soi » deviendra la règle du jeu international ».

Or, en effet, même dans le « chacun pour soi », ne gît aucune solution de continuité pour le système.

Parce qu’aucun des prétendus remèdes n’est viable (la planche à billets aux Etats-Unis et au Japon, les politiques d’austérité de droite – réduction des dépenses publiques – comme de gauche – augmentation des recettes publiques – en Europe).

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L’élite économique contre le peuple des Etats-Unis d’Amérique

Le texte présenté ci-après constitue la première des six parties d’un rapport publié sur le site américain Amped Status, entre le 15 février 2010 et le 27 février 2010.

La "tea party" de Boston, 16 décembre 1773

« L’oligarchie américaine ne ménage pas ses efforts pour arriver à convaincre qu’elle n’existe pas, mais le succès de sa dissimulation dépend des efforts tout aussi intenses d’un public américain désireux de croire à des fictions égalitaires et refusant de voir ce qui est caché à la vue. » – Michael Lind, To have and to have not

Il est temps que 99% des Américains se mobilisent et s’attaquent à des réformes politiques de bon sens.

Oui, bien sûr, nous avons tous des idées très différentes sur beaucoup de questions. Mais, comme nos Pères Fondateurs l’ont fait avant nous, nous devons mettre de côté nos différences et nous unir pour combattre l’ennemi commun.

Il est de plus en plus clair, aux yeux de beaucoup de gens, que le parti républicain et le parti démocrate, ainsi que les trois branches de notre gouvernement [ces trois branches sont le pouvoir exécutif qui comprend le président, le pouvoir législatif avec le Congrès et le pouvoir judiciaire avec la Cour suprême, NDT] ont été achetés par une élite économique bien organisée qui, tactiquement, détruit notre mode de vie. La dure vérité est que 99% de la population américaine n’a plus de représentation politique. Il est flagrant que l’économie américaine, le gouvernement et le système fiscal sont aujourd’hui manipulés contre nous.

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La Chute des départements ruraux

Rappel: 1/4 du territoire national en cessation de paiement, ce pronostic se confirme de jour en jour et de nombreux Départements risquent la faillite. La compensation très insuffisante des dépenses sociales obligatoires plombe les budgets des Départements, surtout les plus ruraux. Ils sont en plus victimes de la conjoncture, suite à la chute des droits de mutation, une part importante de leurs recettes.

En supprimant la taxe professionnelle et en engageant une vaste réforme des collectivités territoriales, le gouvernement prend le risque de fragiliser un peu plus les Départements. Vingt-cinq d’entre eux seront poussés à la faillite dès 2010. Tour de France des difficultés.

« Dans vingt-trois Départements, dont le mien, il y aura des budgets en déséquilibre, » a constaté François Hollande (PS), président du Conseil général de Corrèze. Dans le Nord, le président du Conseil général a pris la même décision que celui de Saône-et-Loire et ne fera voter son budget qu’au mois de mars.

Les transferts de compétence ont coûté 55 millions d’euros au Conseil général de la Meuse. Son président, Christian Namy (UMP) qui prend des mesures d’économie et « parie sur la baisse des taux d’intérêt en 2010 » pour avoir une chance de boucler son budget en renégociant sa dette. Dans le Bas-Rhin, le collaborateur du président (UMP) assure : « On va baisser les investissements. »

Dans les Alpes-de-Haute-Provence, Jean-Louis Bianco (PS) arrivera à boucler son budget 2010, mais pour 2011, il ne voit pas du tout comment il va pouvoir faire. Quant aux Bouches-du-Rhône « avec une autonomie fiscale réduite à 10%, elles ont « le couteau sous la gorge. »

Le Département de Seine-Maritime, très industrialisé, sera sans doute l’un des plus touchés par la suppression de la taxe professionnelle. Et dans les Landes : « nous avions prévu de compenser la baisse des droits de mutation par une augmentation de la taxe professionnelle… » Le Conseil général de Loire-Atlantique a d’ores et déjà annoncé des baisses de subventions, par exemple – 70% pour le FC Nantes. En Ille-et-Vilaine où les subventions de fonctionnement aux associations vont être réduites de 20 à 30 % et les nouveaux investissements gelés, le président du Conseil général accuse l’État de transférer « ce qui revient le plus cher : enfance, handicap, personnes âgées. »

http://www.dailymotion.com/video/xb8qww

Les États face aux trois options brutales de 2010

Comme anticipé par LEAP2020 en février dernier, faute de refonte majeure du système monétaire international, le monde est bien en train d’entrer actuellement dans la phase de dislocation géopolitique mondiale de la crise systémique globale. Pour l’année 2010, sur fond de dépression économique et sociale, et de protectionnisme accru, cette évolution va ainsi condamner un grand nombre d’États à choisir entre trois options brutales, à savoir : l’inflation, la forte hausse de la pression fiscale ou la cessation de paiement.

Un nombre croissant de pays (USA, Royaume-Uni, Euroland (1), Japon, Chine (2)…), ayant tiré toutes les cartouches budgétaires et monétaires dans la crise financière de 2008/2009, ne peut en effet plus s’offrir d’autre alternative. Cependant, par réflexe idéologique et pour tenter d’éviter par tous les moyens d’assumer des choix aussi douloureux, ils vont néanmoins tenter de lancer de nouveaux plans de stimulation économique (souvent sous d’autres appellations) alors même qu’il est devenu évident que les formidables efforts publics de ces derniers mois visant à relancer la croissance ne seront pas relayés par le secteur privé.

En effet, le consommateur-tel-qu’on-le-connaît-depuis-plusieurs-décennies est bel et bien mort, sans espoir de ressusciter (3). Et comme près de 30% de l’économie des pays occidentaux n’est plus aujourd’hui constituée que de « zombies économiques » – institutions financières, entreprises ou même états dont l’apparence de vie n’est due qu’aux flots de liquidités injectées quotidiennement par les banques centrales, l’inéluctabilité de l’ « impossible reprise » (4) est donc confirmée. Le chacun pour soi international et social (au sein de chaque pays) est ainsi programmé tout comme l’appauvrissement généralisé de l’ex-Occident, États-Unis au premier chef.

C’est en fait à un sabordement de l’Occident qu’on assiste en direct, avec des dirigeants incapables de d’affronter la réalité du monde d’après la crise et qui s’obstinent à répéter les méthodes du monde d’hier dont, pourtant, tout le monde peut constater l’inefficacité.

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LEAP : les finances des USA et du Royaume-Uni en grand danger dès 2010

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), 15 avril 2010

Comme l’avait anticipé le LEAP – Europe 2020, il y a déjà plusieurs mois, et contrairement à ce qu’ont raconté la plupart des médias et des « experts » au cours des dernières semaines, la Grèce a bien l’Eurozone pour lui apporter soutien et crédibilité (notamment en matière de future bonne gestion, seule garante d’une sortie du cycle infernal des déficits publics croissants) (1). Il n’y aura donc pas de cessation de paiement grecque, même si l’agitation autour de la situation grecque est bien l’indicateur d’une prise de conscience croissante que l’argent est de plus en plus difficile à trouver pour financer l’immense endettement public occidental : un processus désormais « insoutenable », comme le souligne un récent rapport de la Banque des Règlements Internationaux.

Le bruit fait autour de la Grèce par les médias, anglais et américains en particulier, aura tenté de cacher à la plupart des acteurs économiques, financiers et politiques, le fait que le problème grec n’était pas le signe d’une prochaine crise de la zone Euro (2) mais, en fait, un indice avancé du prochain grand choc de la crise systémique globale, à savoir la collision entre, d’une part, la virtualité des économies britannique et américaine fondées sur un endettement public et privé insoutenable et, d’autre part, le double mur de la maturité des emprunts venant à échéance à partir de 2011, cumulée à la pénurie globale de fonds disponibles pour se refinancer à bon marché.

Comme nous l’avons expliqué dès Février 2006, lors de notre anticipation sur son imminence, il ne faut pas oublier que la crise actuelle trouve son origine dans l’effondrement de l’ordre mondial créé après 1945, dont les Etats-Unis ont été le pilier, secondé par le Royaume-Uni.

Aussi, pour comprendre la portée réelle des évènements générés par la crise (comme le cas grec par exemple), il convient de rapporter leur signification aux faiblesses structurelles qui caractérisent le cœur du système mondial en pleine déliquescence : ainsi, pour notre équipe, le « doigt grec » ne montre pas tant l’Eurozone que les dangers explosifs des besoins exponentiels de financement du Royaume-Uni et des Etats-Unis (3).

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Cessation des paiements : après l’administration pénitentiaire, la chancellerie

C’est une première en France : le ministère de la Justice ne paiera pas les astreintes et permanences de ses personnels en 2009, faute de crédits suffisants en fin d’année.

La Chancellerie vient de demander à ses services administratifs régionaux (SAR), qui sont notamment en charge du calcul du traitement dû aux fonctionnaires du ministère de la chancellerie, primes et indemnités d’astreinte inclus, de ne pas payer les indemnités de permanences du mois d’octobre, versées en décembre (il y a un décalage de deux mois) et de transférer les fonds correspondant à la Chancellerie.

Toutes les permanences des juges des libertés et de la détention, des juges d’instructions, des procureurs, et surtout de leurs greffiers passent ainsi à la trappe. Lire la suite