Chine : A la recherche de terres agricoles non-polluées

Les compagnies chinoises effectuent une expansion rapide sur le marché alimentaire mondial, rachetant dans le monde entier des entreprises de produits agricoles, des producteurs d’aliments et de boissons.

L’année passée, la Chine a dépensé plus de 12 milliards de dollars américains dans cet objectif. Jusqu’à présent, le gouvernement chinois poursuivait la stratégie d‘importations modérées des cultures agricoles et d’achat des terres agricoles sur le territoire des autres pays. Maintenant, les choses sont en train de changer.

En effet, en 2013, la compagnie de Hongkong « Shuanghui Group » a absorbé une compagnie américaine, ayant acheté pour 7 milliards de dollars le producteur de la viande « Smithfield Foods » avec ses dettes. La corporation publique « Cofco » qui contrôle 90 % du marché interne du blé a acheté le bloc de contrôle de la compagnie néerlandaise « Nidera Holdings » et la branche agricole de « Noble Group » ayant déboursé pour les deux compagnies près de 3 milliards de dollars.

De cette façon, Pékin s’est procuré des silos à grains en Argentine, des sucreries au Brésil, des minoteries en Europe Centrale et les usines de transformation des graines de tournesol en Afrique du Sud et en Ukraine

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Le dessous des cartes : Les terres arables (Vidéo)

Partie 1/2 : Compétition pour les terres arables

L’acquisition de terres cultivables par des investisseurs étrangers est un phénomène qui connaît aujourd’hui une ampleur sans précédent. Le Dessous des Cartes consacre deux numéros au commerce des terres arables et s’intéresse, dans ce premier volet, aux facteurs qui ont relancé la quête mondiale de terres agricoles, ainsi qu’aux acteurs de ce marché.

Partie 2/2 : Un marché pas comme les autres

Dans ce second numéro consacré à la vente et la location de terres arables à grande échelle, Le Dessous des Cartes s’intéresse aux facteurs d’instabilité induits par cette compétition autour du foncier agricole et aux bénéfices qui peuvent en découler, et fait le point sur les investissements chinois en Afrique.
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Le monde obscur des matières premières

Ils s’appellent Glencore, Cargill, Vitol ou Trafigura. Ils sont peu connus du grand public. Et, pourtant, ce sont eux qui font la loi sur les marchés de matières premières partout dans le monde. Portés par l’appétit vorace de la Chine pour le pétrole, les métaux et les céréales, ils n’ont cessé de prospérer au cours des dix dernières années.

Ils jouent ainsi un rôle clef dans l’approvisionnement d’énergie ou de nourriture à la planète, et ont acquis une influence croissante sur la vie des affaires dans les pays émergents. Ils ont aussi amassé une petite fortune : 250 milliards de dollars de profits lors de la dernière décennie, selon les calculs du « Financial Times ».

Soit plus que les grandes banques de Wall Street, plus que Toyota, Volkswagen, Ford, BMW et Renault réunis. Devenus un maillon essentiel des échanges entre producteurs et consommateurs finaux de matières premières, ces négociants n’ont cessé d’intégrer la chaîne de valeur.

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La plus belle récolte mondiale de céréales et pourtant des stocks en danger

Malgré une récolte record de céréales en 2013-2014, les stocks seront en baisse à la fin de la campagne qui vient de commencer. La situation risque même d’être très tendue pour le blé.

Le magasin et les membres du comité de gestion d’un GSA (Grenier de Sécurité Alimentaire), dans un village du Burkina Faso, été 2012

Jamais on ne produira autant de céréales entre juillet de cette année et juin de l’an prochain : plus de 950 millions de tonnes de maïs, près de 700 millions de tonnes de blé, 500 millions de tonnes de riz. Après une année catastrophique, marquée par les sécheresses russe et américaine, on peut se réjouir : la récolte de céréales sera plus abondante de 7% par rapport à la campagne qui s’achève.

La production mondiale de maïs va fortement progresser, mais aussi celle de blé, grâce au retour de belles récoltes aux Etats-Unis, en Australie et dans les pays de la mer Noire. Cette perspective, attendue, a contribué à faire baisser le prix du blé, repassé sous les 200 euros la tonne, et du maïs, juste au-dessus de 220 euros, jusqu’à la semaine dernière.

Pourtant, cette récolte record ne suffira pas à reconstituer les stocks, loin de là, et en particulier pour le blé. Dans un an, les réserves mondiales de blé – 172,4 millions de tonnes – seront à leur plus bas niveau depuis 2007-2008, l’année des émeutes de la faim !

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Les stocks alimentaires sont remis au goût du jour

Ils étaient accusés jusqu’à présent de fausser les marchés agricoles mais aujourd’hui les stocks de denrées ne sont plus tabous, s’il s’agit de préserver la sécurité alimentaire.

Distribution de nourriture au Niger

La libéralisation des échanges dans les années 1980 et 1990 avaient rendu les stocks alimentaires caducs. Fini les stocks de céréales ou de poudre de lait en Europe. Achetés par Bruxelles pour soutenir le revenu des agriculteurs, lorsque les cours s’effondraient, les stocks alimentaires étaient accusés par les pays producteurs libéraux d’Océanie de fausser les échanges mondiaux.

Pourtant, depuis les émeutes de la faim déclenchées par la hausse vertigineuse des prix des céréales en 2008, les stocks ne sont plus tabous aux yeux des organisations internationales ou des bailleurs de fond. Le consensus prévaut sur la nécessité de constituer des stocks d’urgence, dans les pays déficitaires en céréales.

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Les profits des négociants de matières premières dépassent ceux des banques

Les chiffres donnent le tournis. Les vingt plus gros négociants de matières premières au monde ont empoché près de 250 milliards de dollars (191 milliards d’euros) au cours de la dernière décennie, devant les géants du secteur automobile (179 milliards d’euros sur la même période de 2003 à 2012 pour Toyota, Volkswagen, BMW, Renault et Ford) et bancaire (171 milliards d’euros pour JPMorgan, Goldman Sachs et Morgan Stanley).

Les négociants, pierre angulaire des échanges mondiaux de matières premières, font traditionnellement le lien entre producteurs et consommateurs. Pourtant leurs noms (Glencore, Vitol, Trafigura, Gunvor, Cargill, Archer Daniels Midland, Louis Dreyfus, Wilmar, Noble, Mitsubishi, Mitsui) ne sont pas encore connus du grand public.

Les chiffres d’affaires font encore davantage vaciller : les revenus des dix plus gros négociants en 2012 tournent autour de 916 milliards d’euros, soit l’équivalent du PIB de la Corée du Sud. Toutes ces données, compilées par le Financial Times, dessinent un paysage impressionnant et jusqu’ici méconnu puisque rares sont les négociants cotés en Bourse et contraints à un minimum de transparence financière – des entreprises peu ou pas régulées, comme la plupart des grandes multinationales opérant dans des pays en développement.

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Crise alimentaire : Les affamés dans le monde seraient 2 milliards

Par Frédéric Dévé, agro-économiste et consultant indépendant. Il a aussi publié cet article sur Agte

Selon les estimations de la FAO, le monde compterait environ 870 millions de personnes sous-alimentées. Ce chiffre découle, non d’un recensement, mais d’une méthodologie selon certaines hypothèses de calcul. En 2012, la FAO dans son rapport sur l’état de l’insécurité alimentaire 2012 a revu ces hypothèses dans un sens plus réaliste. Ce qui conduit à estimer le nombre de personnes sous-alimentées à… environ deux milliards.

La méthodologie aboutit à estimer que la sous-alimentation chronique touche encore 870 millions de personnes dans le monde. Et pourtant… une observation importante mérite d’être faite. La méthodologie d’estimation du rapport 2012 a en effet été ajustée, et parmi les innovations s’en trouve une qui peut questionner drastiquement les chiffres retenus et diffusés, concernant l’objectif du millénaire N°1.

Si l’on applique l’hypothèse d’une activité « normale », le chiffre des personnes affectées par la sous-alimentation passe à 1,5 milliards de personnes. Si on retient l’hypothèse d’une activité « intense » (plus réaliste au style de vie paysan), ce chiffre passe à 2,5 milliards de personnes.

C’est un indice de prévalence de l’inadéquation de l’alimentation qui a été utilisé, et non plus l’ancien indice de privation chronique d’alimentation. Ce nouvel indicateur est analogue conceptuellement à l’ancien, mais :
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L’ONU annonce une crise alimentaire mondiale pour 2013

L’ONU met en garde la communauté internationale contre l’imminence d’une crise alimentaire globale pour l’an prochain qui commence dans… un mois ! The Guardian est le premier quotidien britannique a divulguer l’atterrante nouvelle. Cette famine sera induite par un indice incontournable, celui des réserves mondiales de céréales qui ont atteint des niveaux de production dangereusement bas.

Une crise dans la crise, la famine pour certains, la déroute pour d’autres, la spéculation pour quelques-uns : c’est bien le début de la vie invivable qui sera celle d’une humanité trop nombreuse sur une planète exsangue et soumise au chaos climatique. 2050 : il y aura plus à souffrir qu’à choisir.

La sécheresse qui a sévi cet été aux États-Unis – la pire depuis plus d’un demi-siècle – n’est pas étrangère à la menace de prochaines restrictions alimentaires, lesquelles feront les choux gras des maîtres chanteurs de la finance en matière d’opportunisme et de spéculation. Cette sécheresse nord-américaine et le grave déficit en pluies qui a touché la Russie et toute la région de la mer Noire ont déjà favorisé un emballement des cours du maïs et du soja.

Cette hausse des denrées alimentaires de première nécessité engendrera très probablement des troubles et des conflits armés dans plusieurs contrées du monde, celles les plus sensibles en matière de souveraineté alimentaire, avertit encore l”ONU.

« Les réserves mondiales de céréales sont si dangereusement basses que les phénomènes météorologiques les plus extrêmes des États-Unis ou d’autres pays exportateurs d’aliments pourraient déclencher une crise alimentaire majeure au cours de l’année prochaine ». Ce niveau n’avait jamais été aussi bas depuis 1974, a indiqué Abdolreza Abbassian, économiste senior de la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.
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Le prix des céréales flambe, vers le retour des émeutes de la faim ?

Quand la sécheresse touche les Etats-Unis c’est toute la planète qui tremble : en un mois les prix du maïs, du blé et du soja se sont envolés de 30 ou 50%, atteignant ou dépassant leur niveau de 2007-08 et faisant resurgir le spectre d’une crise alimentaire et des émeutes de la faim.

« Alors qu’il y a quelques semaines nous étions optimistes, la situation s’est retournée d’un seul coup et nous sommes maintenant inquiets », reconnaît Abdolreza Abbassian, économiste pour l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Il y a encore peu la récolte mondiale de blé était attendue en léger recul mais tous les experts pensaient que ce serait compensé par une production record de maïs. Las, la sécheresse américaine a balayé toutes ces prévisions optimistes.
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L’inquiétante volatilité des prix des matières premières agricoles

Le rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation de l’ONU tire le signal d’alarme sur la hausse des prix des denrées alimentaires.

Carte publiée en juin 2009 - Cliquez dessus pour l'agrandir

« Les stocks ont été regarnis en 2008 et en 2009, mais l’écart entre la réalité de ces stocks et l’évolution des prix sur les marchés est parfois considérable. En ce sens, nous vivons aujourd’hui le début d’une crise alimentaire similaire à celle de 2008 », s’inquiète, mardi 11 janvier, Olivier de Schutter, dans Les Echos, en référence à l’explosion des prix alimentaires de 2008, qui avait provoqué des émeutes de la faim dans une trentaine de pays dans le monde.

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La guerre de l’eau aura-t-elle lieu ?

Par Yvonne Handler, Directeur Exécutif Matières Premières, Morgan Stanley

L’agriculture sera fortement influencée par une pénurie de cette nouvelle matière première qu’est l’or bleu.

La pénurie d’eau pourrait constituer l’un des principaux défis économiques de ce siècle. L’expansion rapide des populations urbaines, dans des pays tels que l’Inde et la Chine, aux besoins alimentaires en hausse, combinée à une consommation d’eau croissante dans l’industrie et à une utilisation non efficiente, exposent à un risque accru de pénurie d’eau gérée de manière durable. La variabilité des ressources hydriques résultant de l’évolution météorologique et climatique, s’ajoute à ces augmentations de la demande.

L’agriculture représente, en moyenne, 70% de la consommation mondiale d’eau. C’est pourquoi, nous estimons que la meilleure façon de se protéger contre une pénurie d’eau, passe par l’agriculture. Beaucoup envisagent des placements dans l’infrastructure, ou dans des actions susceptibles de bénéficier d’une hausse des prix agricoles. Toutefois, si l’on recherche la manière la plus directe d’aborder ce thème, l’agriculture est imbattable. Pourquoi ?

Si l’on observe les tendances sur le long terme, l’eau est une ressource en cours de raréfaction. D’un point de vue historique, le triplement de la population mondiale, au cours du XXème siècle, a multiplié par six la consommation d’eau (Forum du Conseil mondial de l’eau : la crise de l’eau), principalement en raison de l’accroissement des besoins alimentaires.

Selon les prévisions de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la production alimentaire mondiale doit augmenter d’environ 60% pour nourrir 2 milliards d’habitants supplémentaires d’ici à 2030. L’orientation à la hausse de la consommation d’eau est favorisée par l’évolution de l’alimentation dans les pays en développement, une mauvaise gestion de l’eau, des pratiques agricoles non durables, ainsi que l’augmentation de la population urbaine mondiale.

[Un] graphique illustre la diminution des ressources en eau renouvelable dans le monde.

Nous estimons que ces tendances s’accompagneront d’une hausse des prix agricoles. Certaines cultures nécessitent de grandes quantités d’eau et c’est l’importance de cette consommation qui, selon nous, fait de l’agriculture le meilleur moyen de tirer parti de la thématique de l’eau.

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L’agriculture a-t-elle encore un avenir en France ?

Des tracteurs à Paris, l’image est assez rare pour qu’elle mérite d’être signalée. Les céréaliers sont venus manifester leur colère face à la baisse de leurs revenus, qui ont diminué de 60% en deux ans.

La France, pourtant premier producteur européen et deuxième exportateur mondial de céréales (derrière les Etats-Unis), souffre de son agriculture. La maxime “Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France” n’est plus qu’un lointain souvenir. On en arrive même à se demander si le modèle agricole français a un avenir quand cette branche, qui fut si longtemps une source de fierté et de croissance pour tout le pays, vivote au gré des mouvements du marché et des subventions.

Même les céréaliers, pourtant considérés comme les privilégiés du secteur, sont en colère. Leurs revenus sont pourtant supérieurs de moitié à ce que touchent leurs homologues des autres filières agricoles, selon la Commission des comptes de l’agriculture de la nation. On était presque habitué à voir les producteurs de lait ou de fruits et légumes manifester leur mécontentement et leur détresse, mais les céréaliers jamais. Or les prix des céréales sont inférieurs de 23% à la moyenne de ces cinq dernières années.

De la régulation et des aides

Les comparaisons des recettes des exploitants entre 2007 et 2009 semblent dramatiques. Pourtant cette différence est surtout due au fait que 2007 a été une année exceptionnelle. Sous l’effet de la spéculation, les cours s’étaient envolés. L’année dernière est donc, en comparaison, une année catastrophique. Maintenant que le soufflé est retombé, les producteurs reviennent à des recettes du niveau de 1990. Mais, entre-temps, l’inflation est passée par-là.

Les céréaliers mettent directement en cause la spéculation. Pour eux, elle crée une distorsion de prix et rend leur activité trop cyclique. Certains réclament ainsi un prix minimal de leurs produits, qui fonctionnerait comme le smic. Tout au moins une régulation, qui permettrait de lisser leurs revenus, afin de pouvoir faire face aux périodes de vaches maigres.

Plus que cette régulation, c’est de l’argent qu’espèrent obtenir les agriculteurs français. Le gouvernement français a profité de la hausse de 2007 pour abaisser ses aides et ne les a pas relevées depuis la baisse fulgurante des prix. Les céréaliers ne s’y retrouvent pas. Ils sont pourtant, même si leur situation se fragilise, les premiers bénéficiaires des subventions de l’Union européenne.

Un modèle à revoir

Les problèmes de l’agriculture française ne sont pas conjoncturels. Ils ne sont pas survenus avec la crise et, quand l’économie redémarrera, ils seront toujours là. Ils risquent même de devenir de plus en plus profonds.

La compétition avec les autres producteurs européens est presque devenue intenable pour les exploitants nationaux. Les écarts de rémunérations et de temps de travail légaux entre les pays de l’Union et, surtout, au sein même de la zone euro créent les conditions d’une concurrence bancale.

Les exploitants français, pourtant très productifs, ne parviennent pas à tenir les prix que peuvent proposer leurs homologues espagnols et portugais. Ces pays qui opposent la concurrence la plus farouche sont englués dans la crise. Cela ralentit considérablement le fameux rattrapage social qui aurait pu rééquilibrer les forces en présence.

Aux problèmes sans fin du secteur agricole français, il faudra des réponses structurelles. Les observateurs s’accordent pour dire que l’agriculture française doit trouver un autre modèle.

Les producteurs se voient proposer un choix stratégique. D’un côté, les écologistes leur assurent qu’ils doivent s’orienter sur la voie du biologique, afin de conquérir un marché en pleine expansion. De l’autre, les productivistes leur conseillent de prendre le virage des OGM (fortement contesté), qui permettrait de se passer des pesticides, donc réduirait les coûts.

Mais, quelles que soient ces transformations, elles ne se feront pas du jour au lendemain, et, pour l’instant, les agriculteurs survivent à grands coups d’aides et de subventions.

MoneyWeek

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La flambée des matières premières menace la reprise

En un an, le cours du caoutchouc a augmenté de 143 %, le propylène de 80 % ; depuis le début de l’année, le nickel a pris 32 % ; platine et palladium sont au plus haut depuis deux ans ; record de quinze ans battu pour la pâte à papier ; baril de pétrole qui se rapproche des 90 dollars, contre 33 au creux de la crise en décembre 2008 ; minerai de fer annoncé en hausse par les entreprises minières de + 100 % : les prix des matières premières explosent à nouveau, à l’exception des céréales et de l’or.

Le phénomène commence à effrayer nombre d’industriels, comme l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA) qui a demandé à la Commission européenne d’utiliser “tous les moyens appropriés” pour ralentir la folle appréciation du fer. Car le bizarre est que, sauf en Asie, la reprise est hésitante et molle, et que le dollar monte, deux facteurs normalement dépressifs pour les matières premières. Plus étrange encore, les stocks de tous ces produits augmentent, ce qui devrait provoquer leur recul.

Avec un rythme annuel de croissance qui frôle les 12 %, la Chine importe à peu près de tout en quantités phénoménales et, signe des temps, elle a même importé 104 millions de tonnes de charbon pour la première fois en 2009, elle qui en produit 3,3 milliards de tonnes ! Comme elle pèse un tiers de la consommation mondiale des métaux de base, il n’est pas étonnant que les prix fusent.

L’action des investisseurs, autrement dit de spéculateurs, est l’autre facteur inflationniste. Ils sont de retour après les pertes abyssales qu’ils ont subies en 2008 et 2009, car il faut qu’ils placent leurs énormes liquidités. “On ne sent pas encore de mouvements spectaculaires”, explique Renaud de Kerpoisson, président de la société de conseil en gestion du risque prix Offre et demande agricoles. “Mais on constate la reprise de leur activité : on voit de plus en plus des achats de plus de 500 lots à la fois, alors que la norme ne dépasse pas 50.”

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Implosion occidentale et croissance chinoise

Une tribune libre de Michel Drac

La plupart des Occidentaux sont encore aujourd’hui convaincus que les USA possèdent une économie infiniment plus puissante, performante et créatrice de richesses que l’économie chinoise.

Il est fréquent qu’on vous oppose, quand vous évoquez la montée en puissance de la Chine, le ratio qui existe entre le PIB US au taux de change courant (14 400 milliards de dollars en 2008) et son équivalent chinois (4 300 milliards pour la même année), soit à peu près le chiffre magique de 3.

Voyons, comment pouvez-vous évoquer une situation de quasi-parité entre Chine et USA en termes de puissance économique, alors que le PIB des USA est trois fois plus gros que celui de la Chine ? Et comment pouvez-vous dire que le système US n’est pas forcément plus performant que le système chinois, alors que les USA, quatre fois moins peuplés que la Chine, ont un PIB trois fois plus important ? Voyons, le PIB par habitant des USA est 13 fois plus élevé que celui de la Chine !

Pour mesurer à quel point ce type d’interrogation est en soi révélateur de la confusion carte/territoire qui constitue, dans l’actuelle phase de paraphrénie collective, l’essence du mode de pensée de nos contemporains occidentaux, il faut ici rappeler quelques évidences.

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Souveraineté alimentaire, que fait l’Europe ?

Ouvrage collectif soutenu entre autres par le réseau ATTAC : « Souveraineté alimentaire, que fait l’Europe ? ».

Bonne question.

L’Union Européenne est un pôle important lors de toutes les négociations internationales sur les questions agricoles et alimentaires. En 2013, le gel de la Politique Agricole Commune arrive à terme. La réforme de la PAC sera donc, à nouveau, à l’ordre du jour. Qu’attendre de Bruxelles dans ce cadre ?

Précision d’entrée de jeu : nous avons bien dit « attendre de Bruxelles », et non de Strasbourg, car, en ce qui concerne la PAC (40 % du budget de l’UE), le Parlement (élu démocratiquement) n’a sur l’essentiel qu’un pouvoir consultatif, tandis que la Commission (non élue) est seule habilitée à proposer des directives au Conseil des Ministres de l’Agriculture (c’est ce qu’on appelle la « démocratie européenne »). C’est à peu près la relation entre le Bureau Politique du Parti Communiste et le Soviet Suprême dans la défunte URSS, soit dit en passant.

Pour la bonne bouche, signalons encore que l’objectivité de la Commission ne paraît pas tout à fait indiscutable (on va dire ça comme ça). Exemple : la Commission s’est récemment félicitée publiquement des « bonnes relations » qu’elle entretient avec la Confédération des Industries Alimentaires et des Boissons (CIAA), soulignant le « traitement 5 étoiles » (sic) accordé à ce lobby. Pas triste.

Bref, donc : qu’attendre de Bruxelles ?

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La Russie veut assurer son autosuffisance alimentaire et devenir une grande puissance agricole

Assurer enfin l’indépendance alimentaire du pays et devenir une grande puissance agricole. Telles sont les ambitions de la Russie, invitée d’honneur du Salon international de l’agriculture, jusqu’au dimanche 7 mars. A la suite de l’explosion de l’URSS, Moscou avait pourtant abandonné ce secteur. La production agricole russe s’était effondrée de moitié entre 1991 et le tournant des années 2000. Au point que l’Union européenne avait dû faire parvenir, fin 1998, une aide alimentaire d’urgence d’un montant de 400 millions d’euros.

Le revirement date de 2005, quand Vladimir Poutine, alors président, a fait de l’agriculture un des piliers de l’essor économique du pays. Deux ans plus tard, Moscou a même lancé un plan quinquennal pour le secteur de 551 milliards de roubles (13,7 milliards d’euros). Une somme censée être doublée par les régions.

Mais, malgré les progrès affichés ces dernières années, Moscou reste très dépendant des importations : en 2009, le pays a acheté à l’étranger 30 % de sa consommation de viande et 20 % de ses produits laitiers, selon le ministère russe de l’agriculture. Un chiffre qui atteindrait même, selon un spécialiste local, 70 % pour les fruits.

“L’indépendance alimentaire est une composante de la sécurité d’Etat”, explique Elena Borisovna Skrynnik, la ministre de l’agriculture russe. “Notre objectif est d’arriver à produire nous-mêmes, en 2012, 85 % de notre consommation de viande, de produits laitiers ou de sucre. En 2009, nous avons réduit les importations de viande d’un quart.”

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Effondrement des revenus agricoles en France

Les filières agricoles connaissent la crise.

Couverture d'une revue française de 1950

Selon les résultats prévisionnels de la Commission des comptes de l’agriculture de la Nation (CCAN), le revenu moyen net par actif non salarié chuterait de 34 % cette année, après avoir enregistré un recul de 20 % en 2008.

A 14.600 euros annuels, le revenu agricole moyen serait au plus bas depuis plus de trente ans.

En 2008, 16 % des exploitations avait un revenu nul ou négatif, une situation qui devrait s’aggraver, note un communiqué de l’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture.

Les baisses de revenu dépassent 50 % pour les producteurs de céréales et de fruits et les éleveurs laitiers.

En maraîchage et en viticulture d’appellation, la baisse atteint respectivement 34 et 8 %.

Au contraire, une amélioration est observée pour les éleveurs de bovins viande (+17 %), d’ovins (+22 %), hors sols (+10 %) et viticulteurs hors appellation (+39 %) après trois années de baisse.

« Cette situation catastrophique démontre une fois de plus les effets désastreux de quinze années de démantèlement, progressif mais implacable, des outils de régulation de la Politique agricole commune », accuse le communiqué. Lire la suite

Dossier : la Chine, nouveau maître du monde ?

Le magazine L’Expansion vient de consacrer son dossier du mois à l’Empire du Milieu. Une série d’articles que nous reproduisons ici intégralement.

1er octobre 2009 - Place Tiananmen, le 60ème anniversaire de la Chine communiste

La Chine inquiète et la Chine s’inquiète. Cette dialectique est le fil rouge de notre dossier. Il décrit de l’intérieur cette superpuissance du XXIème siècle qui n’est, au fond, qu’une économie émergente. Un pays immense et riche, mais qui manque de viande, de pétrole et de… consommateurs. Un Etat officiellement communiste, dans lequel un salarié est contraint de braquer une banque pour pouvoir soigner sa mère malade. Une armée de 2,3 millions d’hommes manquant si cruellement de formation et de technologies, qu’elle ne peut projeter ses soldats à l’extérieur de ses frontières. La vraie bataille, cependant, ne se joue pas sur le terrain militaire : l’atelier du monde devient subrepticement l’une de ses premières usines de matière grise, et veut nous imposer ses normes en matière de wi-fi ou de voitures électriques.

I – Un colosse aux pieds d’argile Lire la suite