L’Europe et Tchernobyl

Recueillis notamment dans les pays les plus contaminés – la Biélorussie, la Norvège et la Grèce – des témoignages et des analyses scientifiques parfois contradictoires sur les retombées du nuage radioactif rouvrent un débat occulté.

En avril 1986, le réacteur détruit brûle pendant plus de dix jours. Après être montés à près de 2.000 mètres d’altitude, les gaz radioactifs forment trois nuages qui, poussés par les vents, se dirigent vers la Scandinavie, l’Europe centrale et les Balkans.

Même si 70 % des retombées radioactives ont touché la Biélorussie, au nord de Tchernobyl, d’autres régions d’Europe, en Norvège, en Grèce, en Autriche et en France, ont été durablement contaminées. Des images de synthèse reconstituent l’explosion et la propagation de la radioactivité vers le nord et l’ouest dans les jours qui suivirent l’explosion.

Construit comme un voyage transeuropéen sur les traces de ce triple nuage, le film recueille des points de vue parfois divergents quant à ses conséquences. Avec la participation d’associations et d’experts de l’Union européenne, mais aussi de simples citoyens, ce voyage nous conduit aussi dans une zone interdite en Biélorussie, tout près de la centrale (qui se situe, elle, en Ukraine).

Japon : La filière nucléaire est relancée

L’hostilité des Japonais n’y fera rien. Sur la petite ile de Kyushu au Japon, 200 manifestants avaient fait le déplacement pour dire leur colère et leur angoisse devant  les portes de la centrale nucléaire de Sendai.

Dans la foule, Naoto Kan, un ancien Premier ministre avait lui aussi fait le déplacement. “Nous ne pouvons pas prévoir les accidents, voilà pourquoi ils se produisent et ici toutes les précautions nécessaires n’ont pas été prises”, a commenté l’ancien ministre. Au même instant à l’intérieur de la centrale  Sendai, les techniciens relancent le réacteur numéro 1.

Un impératif voulu le gouvernement conservateur. Selon un rapport, l’arrêt du nucléaire aurait coûté plus de 26 milliards d’euros au pays. Quatre ans après Fukushima et deux ans après, l’arrêt des 48 centrales, le Japon renoue avec le nucléaire. D’ici 2030, le pays vise à produire 20% de l’électricité grâce à cette énergie.

Nucléaire : La politique du mensonge ?

Durant 30 ans, EDF a négligé l’entretien des 58 centrales nucléaires françaises. Selon la Cour des Comptes, le coût de la rénovation du parc électro-nucléaire s’élève aujourd’hui à 110 milliards d’Euros. La facture d’électricité des Français devrait donc continuer de grimper ces dix prochaines prochaines années.

Le journaliste a enquêté sur le nucléaire français présenté par l’État comme sûr, propre, et bon marché. Il met notamment en lumière les problèmes de stockage des centaines de milliers de tonnes d’uranium appauvri à Bessines dans le Limousin, comme à Tricastin dans la Drôme, mais également les incidents de fusion des réacteurs de Saint-Laurent-des-Eaux dans le Loire-et-Cher, dissimulés par les autorités en 1969 et en 1980.

Partie 1:

Partie 2:
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L’attaque des drones

Qui donc se joue des forces de l’ordre en faisant voler en toute illégalité des drones au-dessus de sites ultrasensibles comme des centrales nucléaires ou le palais de l’Élysée ? Qui peut bien piloter ces petites machines accessibles en vente libre pour quelques centaines d’euros ?

Le ministère de l’Intérieur a recensé pas moins de soixante survols du territoire ces six derniers mois, mais la France serait en fait survolée clandestinement dix fois plus. Faut-il vraiment s’inquiéter ou n’est-ce qu’un jeu de passionnés d’aéromodélisme ?

Au Japon, la zone morte autour de Fukushima

Trois ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima, l’avenir reste sombre pour les habitants de la région. Leur situation est différente selon qu’ils vivaient dans une zone située à moins de 30 kilomètres des réacteurs – auquel cas l’accès en est totalement interdit – ou au-delà.

À Yamakiya, les habitants ont le droit de revenir dans leur maison deux fois par mois pour soixante heures maximum. À Godomahita, les habitants ont pu rester, mais n’ont pas le droit de boire l’eau de leur puits. Parallèlement, nombre de citoyens doivent continuer à vivre dans des cités de conteneurs. Du provisoire qui dure. Le désespoir s’installe chez ces hommes et ces femmes qui ont tout perdu et ne croient plus guère aux promesses des autorités qui prétendent gérer les suites de la catastrophe.

Réalisé par Tilman Jens (Villes en déclin – Arte 16/04/2015)

Arctique, la conquête glaciale

Longtemps à l’abri d’une exploitation industrielle d’envergure mondiale, l’Arctique risque de devenir le dernier eldorado pour les grandes compagnies pétrolières.


C’est en 2007 que Poutine, le premier, a déclaré son intérêt pour un potentiel pétrolifère estimé à 90 milliards de barils, exploitables dans un avenir proche. À sa suite, les autres pays riverains (États-Unis, Groenland, Norvège, etc.) ont réclamé leur part du gâteau, quitte à se disputer le tracé des frontières.

 

Mais déjà, plusieurs signes alarment les défenseurs de la nature : une première plate-forme s’est mise à dériver, tandis que la direction d’une centrale nucléaire russe, construite sur du permafrost en train de fondre, a observé un black-out informatif total.

Partie 1/2 :

Partie 2/2 :

Réalisé par Tania Rakhmanova (2013)

Merci à NOP

L’Écosse produit plus d’énergie éolienne qu’elle n’en consomme

C’est un record. L’Écosse a couvert à 100% ses besoins en énergie de manière renouvelable grâce à ses éoliennes au mois de novembre 2014. C’est un rapport du WWF Scotland qui rapporte l’information. 5,3 millions d’habitants vont ainsi bénéficier d’une énergie relativement propre durant les mois à forte production. Les efforts dans le secteur du renouvelable semblent donc porter leurs fruits.

La source indique même qu’un pic de production de 221% de la demande fut enregistré pendant la journée du 11 novembre. Et ceci ne prend même pas en compte la production délocalisée d’énergie chez les particuliers.

Dans l’ensemble du Royaume-Uni, cette production d’énergie équivaut « seulement » à 22% de la demande. Ce qui indique que de sérieux efforts devraient être réalisés également au sud. S’il est clair que l’Écosse bénéficie d’un climat favorable à la production d’énergie éolienne, la facilité avec laquelle la totalité des besoins arrive à être couvert devrait indiquer la marche à suivre à d’autres pays.

Rappelons que plus tôt dans l’année, la centrale nucléaire écossaise Torness avait dû être arrêtée d’urgence après une alerte de sécurité. Là-bas, l’éolien a produit durant 6 mois plus d’énergie que toutes les autres sources (pétrole, gaz, nucléaire,..).

Mr Mondialisation

Le triomphe discret de la micro-électricité

Vingt-cinq pour cent de l’électricité du monde proviennent désormais de petites unités de production à faibles émissions de CO2.

Dans un article qui fit la couverture du magazine “The Economist”, il y a 14 ans [1], Vijay Vaitheeswaran inventait le terme générique de micro-électricité. Par là il désignait les moyens de produire de d’électricité avec des petites unités modulaires, capables d’être fabriquées en série, faciles à déployer, et donc rapidement évolutives – en fait l’opposé de ces usines-cathédrales qui coûtent des milliards de dollars et mettent une décennie à sortir de terre. Le terme micro-électricité désigne à la fois l’électricité renouvelable autre que celle des grands barrages hydroélectriques, et la cogénération d’électricité et de chaleur dans les usines ou les bâtiments.

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Cocorico…Couac : Quand la France torpille ses contrats

En France, nous avons de quoi être fier. Nos centrales nucléaires seraient parmi les plus puissantes et les plus sécurisées au monde. Dans le domaine de l’armement et de la sécurité, nos entreprises font référence. Quant à nos avions de chasse, ils ont la réputation d’être rapides et très performants.

Mais pourtant, alors que nous sommes à la pointe dans tous ces domaines stratégiques, notre pays multiplie, ces dernières années, les défaites dans les grands appels d’offres internationaux. En cause ? Des arrières pensées politiques, des désaccords au plus haut niveau de l’État, des rivalités entre grands partons français et des coups tordus de réseaux parallèles de la République.

A travers trois histoires emblématiques, cette enquête montre comment à l’étranger, « l’entreprise France » cultive un art de l’échec commercial et se transforme trop souvent, en une machine à perdre.

Partie 1:

Partie 2:
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Low-tech : « Il va falloir apprendre à s’appauvrir »

Philippe Bihouix est ingénieur spécialiste de la finitude des ressources minières et de son étroite interaction avec la question énergétique. En 2010, il coécrit l’ouvrage « Quel futur pour les métaux ? » où il s’attaque à l’utilisation dispendieuse et inconsidérée des métaux et appelle à une économie de la sobriété.

« L’Age des low-tech », son nouveau livre publié aux éditions du Seuil, reprend et élargit ce thème. L’auteur y développe un discours avant tout pratique et pragmatique, loin des idéologies et politiques.

Son approche évite les écueils d’un discours catastrophiste sur le dérèglement climatique, brise les repères habituels et mène pas à pas le lecteur vers une conclusion simple : notre civilisation consomme plus que la planète n’a à offrir.

Croissance verte, développement durable et autres solutions high-tech sont autant d’impasses. Plutôt qu’une sortie de crise « par le haut », préférons une sortie « par le bas » qui nous épargnera bien des souffrances et désillusions.

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« 2014 L’âge des Low tech »

Philippe Bihouix est ingénieur. Spécialiste de la finitude des ressources minières et de son étroite interaction avec la question énergétique, il est coauteur de l’ouvrage “Quel futur pour les métaux ?”, paru en 2010.

Face aux signaux alarmants de la crise globale, croissance en berne, tensions sur l’énergie et les matières premières, effondrement de la biodiversité, dégradation et destruction des sols, changement climatique et pollution généralisée, on cherche à nous rassurer. Les technologies « vertes » seraient sur le point de sauver la planète et la croissance grâce à une quatrième révolution industrielle, celle des énergies renouvelables, des réseaux intelligents, de l’économie circulaire, des nano-bio-technologies et des imprimantes 3D.

(Éditions du Seuil, collection anthropocène, 338 pages, 19.50 euros)

Plus consommatrices de ressources rares, plus difficiles à recycler, trop complexes, ces nouvelles technologies tant vantées nous conduisent pourtant dans l’impasse. Ce livre démonte un à un les mirages des innovations high tech, et propose de prendre le contre-pied de la course en avant technologique en se tournant vers les low tech, les « basses technologies ».

Il ne s’agit pas de revenir à la bougie, mais de conserver un niveau de confort et de civilisation agréables tout en évitant les chocs des pénuries à venir. S’il met à bas nos dernières illusions, c’est pour mieux explorer les voies possibles vers un système économique et industriel soutenable dans une planète finie.

On ne peut bétonner ad vitam aeternam, et le dynamisme envié de pays comme Dubaï ou Singapour n’est évidemment et heureusement pas reproductible. Il ne reste que l’option, très rationnelle, d’appuyer sur la pédale de frein : réduire, au plus vite et drastiquement, la consommation de ressources par personne.

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Gentilly or note to be (Rediff)

À l’aube du 3e millénaire, l’énergie nucléaire semble la solution à la demande croissante d’énergie des sept milliards d’humains. Au-delà des risques d’accidents et de la gestion des déchets irradiés, quels sont les impacts sur la santé? Le documentaire pose la question aux plus grands défenseurs de l’énergie nucléaire ainsi qu’à ses détracteurs.

Thorium : L’atome vert ?

« L’atome vert » est un livre consacré à une technologie peu connue du grand public mais beaucoup plus avancée et prometteuse qu’on ne pourrait le penser : les réacteurs nucléaires au Thorium.

Les avantages seraient très nombreux

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La facture astronomique du nucléaire

Des prévisions d’EDF évaluent à 300 milliards sur cinquante ans le coût de la rénovation et de la construction de nouvelles centrales.

Poursuivre le nucléaire coûtera cher, très cher. Un document interne à EDF, que le JDD s’est procuré, dresse les estimations des coûts futurs pour l’entretien et le renouvellement du parc nucléaire français. Les chiffres donnent le tournis.

Près de 300 milliards d’euros devront être investis dans les cinquante prochaines années si les centrales actuelles sont reconstruites à l’identique. Une hypothèse toutefois difficile à tenir pour remplir l’objectif de réduction de 75 % à 50 % de la part du nucléaire dans la production électrique française.

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Dans les secrets du nucléaire (Archive)

Pierre Pellerin, ancien directeur du SCPRI, l’organisme chargé de la sécurité nucléaire, a intenté un procès en diffamation aux auteurs de l’ouvrage «Nucléaire, ce qu’on nous cache», qui l’accusent d’avoir dissimulé des informations essentielles lors du passage du nuage radioactif de Tchernobyl.

A l’époque, les pouvoirs publics avaient assuré que la France n’avait pas souffert de retombées. Les auteurs de ce document ont enquêté en Corse, où l’on a relevé des quantités inquiétantes de césium et de strontium, mais également à Papeete, pour mesurer l’impact des essais nucléaires français dans le Pacifique. Cette enquête se conclut à Bure, un village de Meuse qui, en 2000, était pressenti pour accueillir un laboratoire d’enfouissement des déchets.

Réalisé par Jacques Cotta et Pascal Martin (1999)

Radio Courtoisie : « Transition énergétique »

Sur Radio Courtoisie, le 26 août, Henry de Lesquen recevait Jacques Percebois, Directeur du CREDEN, et André Pertuzio, consultant pétrolier international, dans son libre journal, sur le thème de l’énergie et de la transition énergétique. Les intervenants ont surtout une approche économique des choses. Ils semblent en effet faire assez peu de cas des considérations écologiques, notamment celles liées à l’exploitation des gaz de schistes.

Plus d’émissions téléchargeables (Radio Courtoisie) ici
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Fukushima : “situation d’urgence” après de nouvelles fuites d’eau radioactive

De l’eau hautement radioactive se déverse actuellement dans l’océan Pacifique à partir de la centrale nucléaire. Un responsable de l’autorité nucléaire japonaise a expliqué que le pays se trouvait face à une situation d’urgence.

C’est une coïncidence dont se serait bien passé le Japon : alors que le pays commémore cette semaine les 68 ans des bombardements atomiques de Hiroshima et de Nagasaki, le nucléaire s’invite au coeur de l’actualité avec de nouvelles inquiétudes en provenance de la centrale de Fukushima.

Des fuites d’eau hautement radioactive ont été constatées, créant une situation d’urgence plus de deux ans après le séisme qui avait sérieusement endommagé la centrale.

Selon un responsable d’un groupe de travail à l’Autorité de régulation nucléaire (NRA), Shinji Kinjo, cette eau contaminée est en train de remonter vers la surface, dépassant les limites légales de l’écoulement radioactif pour se déverser dans l’océan Pacfique.

L’opérateur de la centrale, Tokyo Electric Power (Tepco) est dépassé. “Nous ne pouvons pas laisser cela à Tepco tout seul. Nous sommes actuellement face à une situation d’urgence“, a déclaré Shinji Kinjo.

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Uranium: Est-il normal que les prix explosent ?

Les prix de l’Uranium explosent. Est-ce normal ? Quelle est la production et consommation d’Uranium pour les Centrales nucléaires dans le monde ? Quels seront les pays gagnants ou perdants ? Michael Dittmar apporte son éclairage.

Inéluctable

Lors d’un test de sécurité, un grave incident se produit à la centrale nucléaire de Cateneau… Un sujet au cœur de l’actualité, abordé pour la première fois en fiction.

Une délégation indienne, dirigée par Kuldip Badhwar, se rend en France pour concrétiser l’achat de quatre réacteurs nucléaires nouvelle génération. Le représentant indien est accueilli à la centrale de Cateneau par Blandine Maurizet, chargée par le ministère de l’Industrie d’organiser la visite du site. Kuldip Badhwar exige des garanties sur la sûreté des installations et demande un test d’arrêt d’urgence du réacteur.

Le ministère, sûr de sa technologie, donne son accord. Mais la manœuvre, qui ne devait être qu’une simple opération de routine, vire au cauchemar…

Fusion froide : Un réacteur fabriqué… à la maison ?

Julien S., 24 ans, vient de terminer la fabrication artisanale d’un réacteur nucléaire à fusion « froide » (à température ambiante) pour produire de l’énergie. Il veut, maintenant, convaincre la communauté scientifique.

C’est en glanant des informations sur le Web que Julien S., s’est formé à la fusion froide. À savoir une branche de la recherche nucléaire négligée par la communauté scientifique qui n’y voit que charlatanerie. Principe : obliger deux noyaux atomiques à fusionner à température ambiante plutôt qu’à 150 000 000°C (à l’instar des expériences pratiquées à Cadarache dans le cadre du projet ITER).

Le tout dans le but de produire une gigantesque énergie avec une faible quantité d’électricité en entrée… « Dans une partie de son appartement transformé en laboratoire, Julien assure avoir fabriqué une centrale nucléaire miniature, calquée sur ce principe.

« La fusion froide fonctionne ! En voici la preuve », s’exclame l’autodidacte. D’un air convaincu, il enclenche un interrupteur. Dans un vrombissement, la réaction démarre.

Intense lumière blanche. Sur la table, un assemblage de fils et de tuyaux renferme un tube à essai. À l’intérieur, de l’eau enrichie en oxyde de deutérium, un dérivé de l’hydrogène, se met à bouillir. « Le récipient est chauffé par le courant électrique domestique », explique Julien S. d’une voix forte afin de couvrir le bruit assourdissant de l’appareil. « J’injecte l’électricité dans le liquide via une électrode en tungstène composée à 2% de Thorium 230 [Une matière radioactive, NDLR]. J’ai acheté ce matériel… sur eBay ! » Rapidement, une boule de feu apparaît dans le contenant. Puis elle se double d’une intense lumière blanche.
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Pourquoi je me suis introduite dans une centrale nucléaire

Ils sont neuf militants écologistes à avoir osé s’infiltrer dans le périmètre de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine en décembre dernier pour démontrer les lacunes dans la sécurité. La justice vient de les condamner à 6 mois de prison avec sursis et à 800 € d’amende pour les quatre militants ayant refusé le prélèvement ADN.

Malgré cette décision, leur motivation ne faiblit pas. Infirmière et membre de Greenpeace, Alice Daguzé explique pourquoi elle a voulu participer à cette action coup de poing.

Partie 1:

Partie 2:
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Les défaillances de sûreté des 19 centrales nucléaires françaises pointées par Bruxelles

Les tests de résistance nucléaires menés par l’Union européenne ont révélé des défaillances de sûreté, d’incidence variable, dans l’ensemble des centrales nucléaires françaises. Ce sont les principales conclusions d’un rapport du commissaire européen à l’énergie Günther Oettinger qui doit être présenté à la Commission mercredi 3 octobre, avant d’être dévoilé au public, jeudi, à Bruxelles.

Ce document de travail, qu’a pu consulter une partie de la presse, recense les “stress tests” menés depuis un an sur les 134 réacteurs du parc européen, répartis sur 68 sites dans 14 pays, pour tirer les leçons de la catastrophe de Fukushima en mars 2011. “Nos contrôles de sécurité ont été stricts, sérieux et menés en toute transparence. Ils ont permis de révéler ce qui allait bien et là où il fallait apporter des améliorations, a déclaré Günther Oettinger. En général, la situation est satisfaisante, mais nous ne devons avoir aucune complaisance.”

Aucune fermeture de réacteur ne serait demandée, mais les investissements nécessaires à la sûreté des centrales européennes atteindraient entre 10 milliards et 25 milliards d’euros. Soit entre 30 millions et 200 millions d’euros par réacteur. Cette évaluation des coûts n’est pas une surprise. Philippe Jamet, représentant français du Groupe des régulateurs européens dans le domaine de la sûreté nucléaire (ENSREG), qui a mené les tests, avait chiffré en juin entre 100 et 200 millions d’euros par réacteur le coûts des investissements pour la France.

La France ciblée

Avec 19 centrales et 58 réacteurs, l’Hexagone est particulièrement ciblée par les critiques. Sur les 11 points identifiés comme des défaillances ou des manques, la totalité des centrales sont en défaut sur cinq à sept points.

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Une vie volée : une femme de Fukushima témoigne au sujet de la vie paisible qu’elle a perdue à cause de la crise nucléaire

16 ans durant, avant le déclenchement de la crise nucléaire à la Centrale N°1 de Fukushima, Ruiko Muto, 58 ans, a mené une vie simple, paisible, au sein de la belle et riche nature de sa ville rurale. Aujourd’hui, 15 mois après le désastre, elle a tout perdu de ce qui comblait sa vie, nourrissant un sentiment grandissant de ressentiment et de désespoir.

Ce sont les murmures de la nature qui rappelaient à Muto le déroulement des saisons. Les étés s’annonçaient par les cris des oiseaux et la réapparition des paradisiaques gobe-mouches migrateurs. Les jeunes feuilles vertes poussaient, vigoureuses, et cessaient de grandir subitement, juste avant que ne s’installe l’automne. En hiver, la séniore se détendait dans sa maison chauffée par un poêle à bois. Au printemps, elle adorait humer le parfum des violettes, des Véroniques hivernales, des plantains de lis, et de bien d’autres fleurs ou plantes.

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La troisième guerre mondiale a-t-elle déjà commencé?

par Myret Zaki

Les provocations se multiplient de part et d’autre. Faire tomber le régime syrien permettrait à Israël d’attaquer l’Iran. Mais cette fois, Chine et Russie se posent en défenseurs de Damas et Téhéran. Israël tente à tout prix d’entraîner dans le conflit Washington, qui résiste.

Bruits de bottes américaines aux portes de la Syrie et de l’Iran; sanctions occidentales contre l’Iran; menaces iraniennes de blocus du détroit d’Ormuz; flambée du pétrole à 125 dollars le brent; embargo occidental contre la Syrie; soutien ouvert des Russes et Chinois à Damas et à Téhéran. Pas de doute, les conditions sont réunies pour une troisième guerre mondiale, dans une région abritant 54% des réserves de pétrole. Et le conflit a, peut-être, déjà commencé. Le survol de la Syrie et de l’Iran par des drones américains (lire l’encadré p.38), le refus iranien d’une inspection de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) le 22 février, l’attentat manqué prêté à l’Iran contre l’Ambassade israélienne à Bangkok, la détermination de Tel-Aviv à bombarder les installations iraniennes (dès juillet, selon des médias israéliens) pour maintenir son exception nucléaire dans la région, les menaces iraniennes, le 21 février, d’une attaque préventive contre Israël, sont autant d’actes potentiels de guerre.

Dans le camp occidental, il s’agit d’abord d’intervenir contre Damas, puis dans un second temps contre Téhéran. Cette fois cependant, Washington peine à mobiliser l’opinion publique mondiale: les conditions ne sont pas réunies pour un «Irak II». D’une part, les mensonges américains concernant l’existence d’armes de destruction massive en Irak sont encore présents dans les mémoires. Les médias sont-ils aussi manipulés sur la question du nucléaire iranien? Il convient d’entendre au moins les différents sons de cloche. Comme celui de Clinton Bastin, ancien responsable des programmes de production nucléaire américains, qui a tenté en vain d’alerter les autorités et les médias: «Les allégations américaines sont fausses, déclare-t-il au magazine 21st Century Science & Technology fin 2011. L’Iran a une centrale nucléaire, mais n’a pas l’arme nucléaire. Il lui faudrait dix à quinze ans pour l’acquérir. Et même alors, Israël dispose de 400 armes nucléaires, testées et prêtes à l’emploi. Téhéran serait idiot de poursuivre cette voie.» Selon cet expert, le réacteur iranien utilise 20% d’uranium enrichi. Pour devenir une arme, il faudrait qu’il en utilise 90%, ce qui sera très difficile à réaliser; ensuite, il faudrait encore convertir le gaz en métal, technologie complexe et à très haut risque, dont l’Iran ne dispose pas aujourd’hui, et dont l’activité serait immédiatement détectée par l’AIEA. «Les inspecteurs de cette agence, estime Clinton Bastin, sont incompétents en matière de production d’armes nucléaires. Les plans qu’ils ont vus en Iran ne sont pas authentiques, ils ont été entièrement fabriqués par des dissidents iraniens», estime-t-il.

Intimidations russes

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