Énergie : Des centrales électriques à méthanisation pour lutter contre la crise agricole

Johann Marquer est à la tête d’un élevage porcin. À 34 ans, ce jeune éleveur a trouvé une solution pour échapper à la crise. Pour compenser les pertes sur chaque kilo de viande vendu, il produit de l’électricité. Grâce à son smartphone, il pilote directement sa petite centrale électrique à méthanisation.

Sa centrale entièrement automatisée a représenté un investissement de 1,5 million d’euros. Il y recycle les déchets de sa production de céréales, mêlés à d’autres rejets de l’industrie agroalimentaire. Une fois mélangée au lisier de son élevage, la fermentation sous une grande coupole produit un gaz, le méthane. C’est ce gaz qui alimente un générateur d’électricité 100% naturel, l’énergie produite étant revendue à EDF.

Selon la taille et l’efficacité de chaque centrale, EDF achète entre 13 et 21 centimes chaque kilowatt/heure. Pour favoriser cette production, le gouvernement propose d’augmenter ce tarif à plus de 22 centimes, ce que les professionnels trouvent insuffisant. La France ne compte actuellement que 250 installations de ce type sur son territoire.

États-Unis : La géothermie fait trembler la terre

Au sud de la Californie, le long de la faille de San Andreas, se trouve la mer de Salton qui, comme son nom l’indique, est en réalité un lac salé. Les centrales électriques à énergie géothermique peinent à renvoyer dans les profondeurs toute l’eau qu’elles en extraient. Résultat : la terre tremble.

Le site de de la mer de Salton suscite de nombreuses convoitises car il est bordé par l’un des plus grands champs géothermiques de la planète. En 2013, pas moins de 10 centrales électriques y sont en fonctionnement, pour une capacité totale d’environ 330 MW. Cette filière industrielle est en plein essor depuis quelques années, puisqu’elle exploite une ressource naturelle, durable et renouvelable pour produire de l’électricité verte.

Ces centrales sont connectées à des puits qui descendent à plusieurs centaines de mètres de profondeur (entre 1 km et 2,5 km dans le cas présent). Ils servent à récolter de l’eau chauffée durant son séjour sous terre (parfois jusqu’à 320 °C et plus), qui se transforme progressivement en vapeur durant sa remontée vers la surface, la pression diminuant. Le gaz est alors employé pour actionner des turbines, avant d’être récupéré puis injecté sous terre. L’eau retourne là d’où elle vient, du moins pour la fraction récoltée. En effet, le bilan extraction-injection n’est pas en équilibre : il y a plus de liquide extrait qu’injecté, ce qui n’est pas sans conséquence géologique.

L’information vient d’être dévoilée dans la revue Science par Emily Brodsky et Lia Lajoie de l’université de Californie à Santa-Cruz (États-Unis): il existe une corrélation entre le volume net de fluide extrait au cours du temps, et l’augmentation de l’activité sismique dans le champ géothermique de la mer de Salton. De plus, la relation statistique prend encore plus de valeur lorsque le volume injecté est aussi pris en compte. Oui, la géothermie fait trembler la terre.

Vers une prévision des séismes causés par l’Homme
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