A la veille d’une nouvelle crise financière…

Incroyable ! Sept ans après les subprimes, des bulles sont en train de se reformer. Et elles pourraient bien exploser ! Il suffit d’une étincelle, par exemple en Grèce avec sa sortie de l’Euro.

Le monde de la finance est vraiment incorrigible. Sept ans seulement après la crise des subprimes, qui a failli faire exploser le système bancaire international, voilà que resurgit la crainte d’un nouveau krach. «On est assis sur un baril de poudre, la question est simplement de savoir quel sera le détonateur», transpire l’économiste Marc Touati. «Nous nous trouvons dans une zone de risque proche de celle de 2008», confirme Christophe Nijdam, du centre d’expertise Finance Watch. En d’autres termes, la sortie de la Grèce de la zone euro ou la remontée un peu trop brutale des taux d’intérêt ou la simple défaillance d’une banque pourrait tous nous entraîner dans une terrible crise financière et dans une récession planétaire.

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Pétrole : Le prochain krach pourrait jaillir de la chute des cours

La baisse des taux et l’abondance des liquidités provoquées par les actions massives des banques centrales à travers le monde ont poussé les investisseurs, à la recherche de rendement, à prendre des risques. Ils ont notamment financé la frénésie de forage de pétrole de schiste aux États-Unis.La chute des cours du pétrole pourrait bien provoquer le prochain krach boursier, s’inquiètent des opérateurs de marché, abasourdis par la dégringolade de 45% du prix du baril de brut en six mois, passé sous 61 dollars pour le Brent (référence de la Mer du Nord) et sous 58 dollars pour le WTI (brut léger américain), au plus bas depuis cinq ans et demi.

La chute des cours de l’or noir oblige les hedge funds à vendre leurs actifs les plus liquides pour rembourser les sommes empruntées pour spéculer sur le boom énergétique américain.

« Pour le moment, ce n’est qu’une simple correction emmenée par la chute des actions des compagnies pétrolières, mais ça pourrait bien vite se transformer en krach », craint un trader suisse. Un krach qui trouverait son origine dans la faiblesse des taux, l’abondance de liquidités et un ratio risque/récompense progressivement de moins en moins attractif sur les actions.
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Le montant des produits dérivés dans le monde : 710.000 milliards de dollars

La Banque des Règlements Internationaux (BRI) vient de publier une étude statistique sur le montant des produits dérivés dans le monde à la fin 2013, et ceux-ci atteignent le montant incroyable de 710.000 milliards de dollars (710.000.000.000.000 dollars). Pour prendre un élément de comparaison, le PIB des Etats-Unis en 2013 se monte à 16.000 milliards de dollars, soit 44 fois moins. Et cette masse de produits dérivés est supérieure de 20% au record précédent, qui date de juste avant la crise de 2008… On parle beaucoup de bulles en ce moment, sur les actions, les obligations ou les matières premières, voici incontestablement la plus gigantesque.

Qu’est ce qu’un produit dérivé ? C’est un contrat entre deux parties dont la valeur est déterminée par les variations de prix d’un actif sous-jacent (obligations, actions, matières premières, devises). Il sert à se protéger contre des variations de prix ou de taux d’intérêt, ou à spéculer. Autre type de produit dérivé, le CDS (Credit default swap), qui sert à se protéger d’un événement de crédit (un emprunteur, Etat ou entreprise, qui fait défaut). La majorité des contrats sont négociés de gré à gré, et non sur un marché, c’est-à-dire dans l’opacité la plus complète.

Raison de plus de s’inquiéter : aux Etats-Unis, la plus grande partie de ces produits est détenue par seulement quatre banques (JP Morgan, CitiBank, Goldman Sachs, Bank of America). La concentration est également très élevée en Europe, avec notamment la Deutsche Bank (nous en avions parlé) et les banques françaises. Le volume est énorme mais les transactions ont lieu entre un petit nombre d’acteurs.

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Délits et crimes financiers : pourquoi les banquiers ne vont jamais en prison

De nombreux délits ont été commis ces dernières années par des banques et leurs dirigeants – escroquerie, blanchiment d’argent, organisation de la fraude fiscale, délits d’initiés ou manipulations, notamment. Pourtant aucune banque n’a perdu sa licence ou n’a été démantelée par décision de justice. A quelques rares exceptions, aucun banquier n’a été condamné à une peine de prison. Les banques seraient-elles au-dessus des lois ? Les banques seraient désormais « trop grandes pour être condamnées » : les inculper auraient des répercussions trop importantes pour l’économie. Explications.

On connaît la maxime : « Trop grandes pour faire faillite » (“Too Big To Fail”). La manière dont les gouvernants ont géré la crise provoquée par les banques débouche sur une nouvelle doctrine, qui peut être résumée par : « Trop grandes pour être condamnées ». Ou « Trop grandes pour être emprisonnées », si on traduit littéralement le nouvel adage qui fait florès aux États-Unis et au Royaume-Uni, « Too Big to Jail » [1].

En effet, alors que le gouvernement des États-Unis a laissé la banque Lehman Brothers faire faillite en septembre 2008, aucune banque n’a été fermée, ne s’est vu retirer la licence bancaire, n’a été démantelée par décision de justice. Aucun dirigeant de banque n’a été condamné à une peine de prison.

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Crise financière : Combien de Fukushima dans le tuyau ?

Les grands médias et la télé de ce pays font depuis plusieurs mois plutôt dans l’optimisme prudent: hors zone euro, les États-Unis, le Royaume-Uni et le Japon ont laissé largement ouvertes les vannes du crédit, améliorant perspectives de croissance, d’emploi et de déficit budgétaire.

Même dans la zone euro, plus restrictive en termes de politiques monétaire et budgétaire en raison d’un « conservatisme allemand » qu’on déplore plus ou moins discrètement selon les sensibilités, on constate un début de sortie de crise pour plusieurs pays européens du Sud en voie de rétablir leur compétitivité externe et leur balance commerciale, une légère amélioration des perspectives de croissance pour la quasi-totalité des pays de l’Union, une remarquable sagesse des taux obligataires français et européens, des bourses relativement florissantes, avec pour la France un CAC qui caracole gaillardement autour des 4200 points présentés comme une performance, une union bancaire qui progresse.

Le sentiment vendu au public est que le plus dur est passé, que la crise est derrière nous, que les efforts commencent à payer, et que, d’ici quelques années, il n’y paraîtra plus. Une lecture un peu fine de certains médias révèle une situation, au minimum, beaucoup plus nuancée, voire franchement alarmante.

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Money, Power & Wall Street (docu)

Partie 1/4 :

Ce premier épisode de la série ambitieuse Money, Power & Wall Street nous dévoile l’origine de la crise financière américaine. En 1994, de jeunes analystes financiers de la banque JP Morgan ont l’idée de créer un nouveau produit financier, le CDS ou couverture de défaillance.

A l’époque, ils pensaient améliorer la gestion du risque et stabiliser le système financier mondial. Or quelques années plus tard, ces produits dérivés engendreront une crise financière sans précédent…

Partie 2/4 :

En 2008, Wall Street doit affronter l’explosion de la bulle immobilière. Un système opaque entraîne la faillite de nombreuses banques d’investissement.
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Philippe Lamberts : « Il est grand temps de fermer le casino financier »

Remettre la finance à sa place. Pour le député européen, il n’y a pas d’autre impératif plus urgent pour remettre de l’ordre dans l’économie.

En imposant des critères de rendement aberrants et sa vision court-termiste, la finance est en effet à la source des deux maux qui frappent la planète : la montée des inégalités et l’épuisement des ressources naturelles. “Du fait de leur taille, les banques font peser un chantage permanent sur la société en n’assumant pas les risques qu’elles prennent”, s’insurge le député belge. Il est plus que temps de démanteler ce pouvoir nocif. La vraie solution serait de revenir au Glass Steagall Act, c’est-à-dire à la séparation des activités de marché du coeur de métier des banques.

Or les demi-réformes engagées en la matière ne sont que des pis-allers. “Le degré de résistance du secteur financier est colossal”, déplore-t-il.

Ce qui motive mon engagement en politique, c’est la volonté d’éviter à notre société l’effondrement que pourraient causer deux bombes à retardement, la bombe des inégalités et la bombe écologique. Les inégalités explosent à l’intérieur même des pays développés, et cette tendance s’est aggravée avec la crise. Lorsqu’on est à 27 millions de chômeurs en Europe, sans compter les millions de travailleurs pauvres, lorsque 60 % d’une génération de jeunes est au chômage comme en Espagne et en Grèce, lorsque un Européen sur quatre est au seuil de pauvreté ou d’exclusion sociale, il y a quelque chose de potentiellement explosif dans la société. Cette évolution n’est absolument pas soutenable. Pas plus que le creusement des inégalités entre les sociétés, par exemple entre l’Europe et l’Afrique.

La deuxième bombe est l’épuisement des ressources de la planète.

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Les produits dérivés dépassent leur niveau d’avant-crise

« Les produits dérivés sont une arme de destruction massive », a coutume de dire l’investisseur et milliardaire américain Warren Buffett. L’étude publiée mardi 17 décembre par le cabinet d’analyse financière indépendante AlphaValue, intitulée « Quelles banques sont des Fukushima en puissance ? », montre que ce n’est pas près de changer. Celle-ci révèle en effet que la valeur notionnelle des dérivés (c’est-à-dire la valeur faciale qui apparaît sur les contrats de ces produits) dépasse désormais son niveau d’avant la crise des subprimes.

Au premier semestre 2013, elle s’élevait en effet à 693.000 milliards de dollars, contre 684 000 milliards au premier semestre 2008, selon les chiffres que le cabinet a tirés des rapports de la Banque des règlements internationaux (BRI). L’équivalent de dix fois le PIB mondial, contre trois fois le PIB mondial il y a quinze ans. « C’est un risque potentiel énorme, et la crise n’a pas changé les pratiques des banques en la matière », explique Christophe Nijdam, qui a piloté l’étude.

CDS, dérivés de taux, swaps… Les produits dérivés sont des instruments financiers dont la valeur varie en fonction du prix d’un actif appelé sous-jacent, qui peut être une action, une obligation, une monnaie, un taux, un indice ou encore une matière première. Ils ont été créés à l’origine par les agriculteurs afin de se couvrir contre les risques financiers, comme par exemple la flambée, ou au contraire l’effondrement, du prix du blé ou du café. Mais dès les années 1980, ils ont été progressivement détournés par les banques à des fins de spéculation.

Selon la BRI, sur les 5.300 milliards de dollars échangés tous les jours sur le seul marché des changes, seuls 7 à 8 % seraient utilisés par des opérateurs finaux non financiers souhaitant réellement se prémunir contre les risques. Or, la crise des subprimes l’a rappelé, les produits dérivés sont loin d’être sans danger. « La plupart s’échangent de gré à gré, c’est-à-dire d’un établissement à l’autre, sans règle de sécurité et dans l’opacité totale », explique-t-on à Finance Watch, une association qui milite pour une meilleure régulation de la finance.
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Blythe Masters commenté par Pierre jovanovic

« Tout ce que je vous avais annoncé sur l’avenir de Blythe s’est passé, plus vite même que je ne l’avais envisagé. Dans cette vidéo, je montre comment les destins, aussi lointains soient-ils dans le temps, finissent par se croiser… comme celui de Louis XIV et d’André Le Nôtre.

Son jardin est un pur joyau, s’offrant aux yeux de toutes les générations présentes et futures. Au moins, la dette gérée par Colbert a vraiment servi à quelque chose… mieux: elle a été transformée en une merveille du monde. Blythe Masters, elle, ne nous léguera que le Grand Crash grâce aux équations du cœur brisé.

Et aussi puissante et riche soit-elle, la reine des banquiers ne laissera pas de parc à son nom, ni de château majestueux, juste un océan d’amertume sur lequel flottent déjà des “cœurs brisés” par millions… »

Comment les banques gagnent de l’or en stérilisant des matières premières

« Les banques devraient être des banques, pas des sociétés pétrolifères »

Pour les ultralibéraux les marchés et les bourses éclairent les décideurs économiques à l’aide d’indicateurs rationnels. La réalité est tout autre : adossées aux facilités financières de la Banque fédérale de réserve américaine (la FED), les grandes banques de Wall Street spéculent sur les matières premières (pétrole, blé, cuivre, aluminium, etc.), pèsent sur leurs cours et disposent, avant d’autres acteurs économiques, d’éléments permettant d’anticiper l’évolution du cours de bourse des entreprises qui achètent les matières premières, objet des spéculations. C’est l’institutionnalisation du délit d’initié.

Même certains journaux américains « mainstream » commencent à s’en émouvoir. Polémia publie sous la signature d’une de ses correspondantes un texte présentant un article de David Kocieniewski, paru le 20 juillet 2013, dans le « New York Times ». Nous livrons aussi à nos lecteurs l‘intégralité de l’article intitulé « Des tas d’aluminium mais, pour les banques, de l’or pur ». A déguster et à méditer.

Je suis avec beaucoup d’intérêt l’actualité financière, comme on lit un polar, sauf que la fin n’est pas encore rédigée… Plusieurs grosses banques (Goldman Sachs, JP Morgan par exemple) ont mis en place une spéculation sur les matières premières (blé, pétrole, aluminium, etc.). Dans l’article ci-après, il est décrit très précisément comment elles procèdent. Vous comprendrez comment certains malins ont deviné que le cuivre allait flamber ; attention aux poignées de porte qui risquent de disparaître !
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Crise économique: ce qui nous attend vraiment…

par Charles Sannat

C’est la célèbre histoire de la dinde de noël

Tous les jours pendant 1000 jours, la dinde est nourrie, engraissée. Chaque jour qui passe pendant cette période renforce la dinde dans sa croyance que demain sera identique à hier et qu’elle recevra une pitance abondante. Au bout de 1000 jours, le degré de confiance éprouvée par la dinde atteint son paroxysme. Le soir même la Dinde est tuée. Le lendemain vous la mangez dans votre assiette. La Dinde est morte alors que l’indice de confiance de la dinde était au plus haut.

Madame notre lectrice, ce qui est sûr, c’est que votre banquier est un dindon… donc surtout ne devenez pas son « dindon de la farce »!!

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Les règles du jeu pour les CDS changeront en 2014

L’industrie introduira un nouvel événement de crédit en cas de bail-in bancaire.

Le marché des credit default swaps (CDS) va s’adapter en mars 2014 pour permettre aux détenteurs de CDS d’être mieux indemnisés en cas de sauvetage d’une banque ou de restructuration souveraine. Tirant les leçons de la crise et des régulations européennes qui doivent entrer en vigueur prochainement, l’International Swaps and Derivatives Association (Isda) vient de récapituler les modifications qu’elle pense apporter à ses règles, et de présenter la marche à suivre pour les investisseurs afin de réaliser une transition en douceur sur le marché.

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Après Chypre, la Slovénie inquiète l’Europe

En visite à Bruxelles la (sic) premier ministre slovène s’est voulue rassurante sur l’état de son pays. Les marchés redoutent un nouveau plan de sauvetage à 8 milliards d’euros.

La Slovénie ne sera pas la prochaine Chypre. C’est le message qu’ont martelé mardi la premier ministre slovène et le patron de la Commission européenne alors que les marchés financiers sont braqués sur le petit pays alpin. Nombre d’experts désignent en ­effet Ljubljana, plongée dans une nouvelle récession doublée d’une crise bancaire, comme la pro­chaine capitale à sauver de la faillite.

La Slovénie deviendrait, alors le sixième État membre de la zone euro à bénéficier d’une aide internationale après la Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne et Chypre.

Le Big Bang de la fin de l’Eurozone et l’univers financier dans le monde d’après

Par Jean Claude Werrebrouck

La grande question sera celle du niveau de stress de la communauté financière mondiale. Et ce niveau dépend probablement du mode de passage de l’ancien au nouveau système. Sera-t-il le résultat d’une concertation et d’un plan opératoire ?  Et dans ce cas tous les pays seront-ils consultés ? Ou bien le passage s’opère- t-il  de façon sauvage, est le fait d’un ou plusieurs pays, selon un processus non coopératif, voire selon un mode panique ? Hélas la deuxième solution est celle qui devrait logiquement l’emporter.

La très difficile stratégie coopérative

Il est bien évident que la vitesse d’exécution des décisions constitue la variable clé d’un succès.

Il est aussi évident qu’une coopération pour le changement ne peut intervenir qu’au terme d’une analyse commune d’une situation dont on peut déjà anticiper les contours tant ils sont  apparents.

Du côté des forces sociales qui tenteront  de maintenir l’euro, nous aurons : les rentiers qui craignent le retour de l’inflation, les « hyper-consommateurs » de marchandises mondialisées éventuellement équipés de crédits à la consommation moins usuraires, les touristes ennemis de frontières prédatrices, mais aussi les entreprises de l’économie réelle qui ont vu disparaître avec l’euro les charges de couverture de change et les risques pays, mais enfin une grande partie des classes politiques qui, historiquement, ont milité pour la construction de la zone euro. Cela fait beaucoup de monde et cela explique que, malgré la violence de la crise, les sondages, y compris dans les pays les plus meurtris, restent très favorables au maintien de la monnaie unique. (74% des Italiens malgré les dernières élections restent favorables – selon l’institut IPSOS -  au maintien de leur pays dans la zone euro) [1].

Du côté des forces qui se manifestent en faveur de la liquidation, les éléments objectifs l’emportent sur la subjectivité des acteurs et, au-delà des entreprises laminées par la sous-compétitivité induite, c’est le constat de la saignée des pays victimes d’une dégradation très lourde des échanges extérieurs qui, malgré tous les plans de rigueur, ne peuvent refaire surface. Curieusement, la situation objective avec ses manifestations concrètes (entre autres chômage de masse, dette publique ingérable et évaporation de l’Etat-providence) n’altère  pas  les engouements enthousiastes en faveur de l’euro. Cela est peut-être dû au fait qu’un groupe de pays, ceux du nord, sont très favorisés par le système : taux de change plus faibles que celui d’un Mark hors Euro-zone, dévaluation interdite pour les partenaires moins compétitifs etc. mais faveurs qui n’apparaissent que sous la forme de récompense d’un comportement jugé vertueux.

De fait la grande difficulté est que – telle une drogue  les aspects séduisants de l’Euro sont très visibles alors que ses conséquences catastrophiques sont invisibles pour le citoyen non initié à la culture économique. Particularité que l’on retrouve par conséquent dans les sondages.

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L’Amérique est en récession… et nous serons les prochains !

Connaissez-vous la pyramide inversée de John Exter ? Elle explique une bonne partie des circonstances économiques actuelles… et ce qu’elles pourraient devenir dans les mois qui viennent. La “contraction surprise” de l’économie américaine au dernier trimestre est un coup dur pour la “reprise mondiale”. Alors que les politiques de relance s’épuisent, la bulle obligataire devient plus menaçante.

Les États-Unis, dont nous attendions une croissance de 1,1% au 4e trimestre 2012, sont finalement en contraction de 0,1%. On nous avait promis un beau jouet pour Noël et ce ne fut même pas une orange. A Davos, Stanley Fisher, de la Banque centrale d’Israël, se félicitait déjà des largesses de la Fed, la prodigue banque centrale américaine. La classe politique mondiale s’esbaudissait: la-crise-est-derrière-nous-promis-promis-promis-l’austérité-c’est-fini-et-même-c’était-mal.
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«Wall Street a commis le crime parfait»

L’auditeur américain Thomas Myers parcourt le monde pour mobiliser une puissante coalition d’investisseurs, seule capable de forcer une réforme éthique à Wall Street. Rencontre.

«C’est un crime parfait.» C’est ainsi que Thomas Myers, associé principal du cabinet d’audit national T. A. Myers & Co, décrit le «pillage» du système financier global par les banques de Wall Street. Luttant aujourd’hui pour une «réforme éthique» du système financier, le juricomptable de la prestigieuse firme d’Aspen (Colorado) est l’un des très rares experts en instruments financiers complexes à mettre ses compétences au service d’une telle réforme. Analysant depuis trente ans des transactions ultrasophistiquées de quelque 2000 entités financières américaines, il a représenté depuis 2008 de nombreux clients face à Goldman Sachs, UBS, Merrill Lynch, Citigroup et Bear Stearns dans d’innombrables litiges liés à la crise des subprimes. Il a accédé à des documents hautement confidentiels qui lui ont permis d’acquérir une connaissance parfaite des mécanismes frauduleux incriminés.

Dans une lettre ouverte à Occupy Wall Street, il dénonce l’impunité des banquiers, devenus plus riches et influents que jamais, bien qu’ils aient commis la «plus grande fraude de l’histoire». Et en effet, aucun financier aux Etats-Unis n’a eu à répondre légalement pour le comportement des banques dans la crise des subprimes. Récemment, la justice américaine a renoncé à entamer des poursuites pénales contre Goldman Sachs ou ses employés, accusés d’avoir parié contre les mêmes titres subprimes qu’ils avaient vendus à leurs clients. La justice a estimé qu’il n’y avait «aucune base viable pour lancer des poursuites pénales» contre la banque.

«C’est une faillite des autorités de surveillance»

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L’Europe a une arme contre la spéculation sur la dette des États

Deux techniques spéculatives controversées sont désormais mieux encadrées, avec l’entrée en vigueur jeudi 1er novembre d’un règlement européen. Le texte en question interdit les CDS “à nu” portant sur la dette des Etats et impose plus de transparence pour les ventes à découvert.

Un CDS (pour “Credit default swap”) est un produit financier assurant contre le risque de non-remboursement d’un agent économique. Son cours sert d’alerte aux autres marchés : quand le CDS d’un Etat (dit CDS souverain) ou d’une entreprise s’envole, sa capacité à emprunter en pâtit presque automatiquement – c’est ce qui s’est passé pour plusieurs Etats au moment de la crise des dettes européennes.

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L’invention de la crise

Par Lukas Stella

Le capital est malade de trop d’argent. Le vol d’une partie de la force de travail s’est tellement accumulé dans le capital, au cours du temps, que la production mondiale de marchandises, plus les services qui s’y attachent, ne représentent plus que 3 % des richesses du monde.

Il n’y a jamais eu dans l’histoire du monde, autant de richesses accumulées par un aussi petit nombre d’individus, que depuis l’invention spectaculaire de la crise. La réalisation sans fin de dettes crée de la monnaie et produit une richesse illimitée libérée des contraintes inhérentes à la production de marchandises. Cet enchaînement effréné de dettes cumulées est devenu pour quelques-uns, le seul moyen de rafler très rapidement des fortunes gigantesques sur le dos de populations conditionnées dans l’obsession permanente d’une crise inévitable, devenue fatalité.

Contrairement aux idées reçues de l’économie-spectacle certains faits vérifiables peuvent permettre de remettre en question tout le système. Les dépenses de l’État français ont baissé depuis vingt ans, cependant deux fois moins que la baisse des recettes. Les cadeaux fiscaux effectués par l’État depuis l’an 2000 représentent un manque à gagner de plus de 100 milliards d’euros par an.

Plus de 600 milliards d’avoirs, bien planqués dans des paradis fiscaux, manquent à l’État français. Si la banque centrale européenne (BCE) avait accepté de prêter directement aux pays de la zone euro comme elle le fait pour les banques, c’est-à-dire au taux de 1 %, comme cela se passe aux États-Unis, il n’y aurait plus de dette de l’État français aujourd’hui.
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La City contre-attaque : ouverture du front français

L’Angleterre a mal à son économie. Elle a mal à ses banques. Elle a très mal à son Libor. Elle ne va donc pas bien. Ne s’agirait-il que de la “Crise” on compatirait, sans plus ! Mais le mal-être de l’Angleterre vient d’ailleurs. On commence à parler de sabotage, d’infiltrations malhonnêtes, de manipulations glauques. On dit que les Français n’y sont pas étrangers !

La bataille de Crécy, enluminure issue des chroniques de Jean Froissart

On voyait bien que le Premier Ministre anglais s’efforçait de donner le change, provocateur à déployer des tapis rouges pour les entrepreneurs français, séducteur pour faire venir les nouveaux Emigrés. On l’entendait bien porter haut et fort la défense et l’illustration des banques de la City. C’est vigoureusement qu’il annonçait qu’en aucune façon, il n’accepterait des réglementations “malthusiennes“, “contraires à l’esprit d’entreprise“, ” étrangères à la philosophie libérale“, “… à l’exigence d’ouverture de l’Union européenne“. Il était prompt toujours à revendiquer l’application des règles de cette Union qu’il avait toujours combattue et, tout à la fois, à les dénoncer comme autant de menaces contre la noble et doublement séculaire Banque anglaise.

On pensait l’Angleterre hors-jeu.

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Comment les CDS auront tué l’euro

par Paul Jorion

Et les spéculateurs de CDS (Credit-default Swaps) qui ne paient pas d’impôts ? Pourquoi on en parle jamais ? On parle beaucoup des Grecs qui ne paient pas d’impôts et, en ce moment, en raison de la maladresse de certains, on parle aussi des fonctionnaires internationaux, en particulier ceux du Fonds Monétaire International, qui ne paient pas d’impôts, mais sur les spéculateurs de CDS qui ne paient pas d’impôts, allez savoir pourquoi ? Motus !

Il faut dire que ce n’est pas si simple de savoir qui ils sont exactement puisqu’ils font partie du shadow banking, le secteur financier de l’ombre. C’est quoi ça ? C’est la finance non-régulée. Pourquoi n’est-elle pas régulée ? Parce que c’est elle qui paie les salaires des lobbyistes qui rédigent les textes de lois réglementant la finance (et parfois les autres) que les députés reçoivent clé en main et n’ont plus qu’à signer.

Étant dans l’ombre, on ne sait donc pas vraiment qui c’est. N’expliquent-ils jamais qui ils sont vraiment ? Si, d’une certaine manière : quand un spéculateur parle en son nom, il emploie toujours la même expression : « un bon père de famille ». Quand un spéculateur explique ce qu’il fait, il commence sa phrase par « Un bon père de famille fait ceci ou ça… ». Dans la suite de mon billet, j’appellerai donc les spéculateurs, « bons pères de famille », et on saura de qui je parle.

Au moment où se préparait la chute de la Grèce, on parlait beaucoup de la responsabilité des CDS dans ce qui se passait, maintenant, à propos de l’Espagne, motus là aussi ! On ne parle plus des CDS, pourquoi ? Je ne sais pas, ou alors si, comme dit la chanson : « On n’oublie rien de rien, on s’habitue, c’est tout ».

Comment les CDS auront tué l’Euro ? J’explique. Je rappelle d’abord qu’un CDS peut jouer le rôle d’une assurance sur une dette. Vous avez prêté 100 € à Oscar. Comme vous n’êtes pas sûr qu’il vous les rendra, vous vous adressez à Eusèbe, qui vous assurera. Vous allez payer 5 € tous les mois à Eusèbe, et en échange de cette prime, Eusèbe vous paiera l’argent qui manque à l’arrivée. Oscar ne vous rembourse que 75 € ? Eusèbe vous donnera les 25 € qui manquent. Oscar a pris la poudre d’escampette ? Eusèbe vous versera, rubis sur l’ongle, les 100 € manquants.

Ça, c’est pour ce qu’on appelle une position « de couverture » sur CDS. Maintenant, les positions « nues ». Attention, c’est plus compliqué, parce qu’il y a maintenant quatre personnes : il y a Jules et Gontran en plus. Jules a prêté 100 € à Gontran. Je me rends chez Eusèbe et je lui demande de m’assurer contre le fait que Gontran ne remboursera peut-être pas Jules. Pourquoi est-ce que je ferais ça ? Parce que je suis un bon père de famille, pardi ! (Il y a des gens, je vous jure, qui posent de drôles de questions !).

Je ne vous expliquerai pas pourquoi on a pris l’habitude d’appeler une position « nue » sur CDS : « s’assurer sur la bagnole du voisin », je crois que vous avez compris.

Les positions « nues » sur CDS seront interdites en Europe à partir du mois du novembre. Pourquoi a-t-on attendu si longtemps alors que les positions « nues » sur CDS faisaient déjà chuter la Grèce en janvier 2010 ? Là aussi, je vous jure, il y en a qui posent de drôles de questions ! parce qu’il restait l’Espagne, l’Italie, la France…, à envoyer à la casse, et qu’on pourra revendre par morceaux à un prix intéressant aux pères de famille (prévoyants) qui auront fait des économies.

Lire l’intégralité de l’article sur le blog de Paul Jorion

La France est-elle en train de s’allier à Wall Street et à la City pour isoler l’Allemagne ?

Au XIXème siècle, l’Allemagne avait pris la tête de la Triplice, dont l’objectif était d’isoler la France. Deux siècles plus tard, la France semble vouloir se venger en menant les opposants à l’Allemagne. Et si les socialistes étaient les “idiots utiles” pour faire progresser l’agenda des Anglo-saxons ?

Pour remplir un agenda électoral, la France rejoint le camp des opposants à son alliée, l’Allemagne, et signe un texte étonnant qui prône la productivité à tous crins, c’est à dire les licenciements, les réformes structurelles c’est à dire la flexibilité et la précarité, les changements des lois sur le travail.

Les paragraphes 7 et 8 du communiqué publié à l’issue du G8 sont un modèle de reniement de ce pourquoi les électeurs de gauche ont voté : on met l’accent sur la productivité, les réformes structurelles, la poursuite de l’intégration du marché international, l’ouverture des marchés, le refus du protectionnisme, l’insistance sur le rôle de l’OMC, les dérégulations etc etc

Plus que jamais il faut décoder, déconstruire, revenir aux faits et aux fondamentales.

Pourquoi ? Parce que :

  • La crise grecque est à un tournant
  • L’Espagne a rejoint l’enfer
  • L’offensive, la pression  anglo-saxonne est à son comble
  • La France est à nouveau en période électorale
  • Merkel est aux abois.
  • La droite française est dans les cordes
  • La situation iranienne est instable
  • Les marchés sont fragiles, au bord du précipice.

Commençons par les marchés…

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JP Morgan : Il faut éradiquer la culture machiste des produits dérivés

Il est temps de prendre des mesures draconiennes à l’endroit des responsables des activités en produits dérivés et d’éradiquer une culture machiste et incontrôlable. Cette activité n’a rien à faire en banque. Paul Vocker l’avait demandé. Le Dodd Frank Act contient des dispositions qui font partie de cette Volcker Rule : mais le lobby des banques tant aux Etats Unis qu’en Europe a réussi à faire peur aux autorités de contrôle.

La règlementation européenne qui vient d’être publiée n’a pas prévu cette ségrégation indispensable. Les gouvernements européens se sont laissés convaincre qu’une Volcker Rule n’était pas nécessaire en Europe. Michel Barnier n’a pas proposé de telles mesures à la Commission Européenne. Faut-il rappeler que ce sont les banques françaises qui dominent ce marché ?

Jamie Dimon, le patron de JP Morgan, venait de se lancer dans une campagne contre Paul Volcker, accusant sa proposition de « futile » et « non conforme aux faits » lors d’un diner à Dallas qui rassemblait le gratin de la finance. Sa campagne personnelle fait de lui la cible de toutes les critiques : il a autorisé une activité spéculative pour compte propre qui tentait de valoriser les liquidités de la banque.

Cinq cas exemplaires en produits dérivés.

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États-Unis : La première banque du pays a perdu 2 milliards

JP Morgan a annoncé une perte de 2 milliards de dollars dans le courtage, toujours liée à la crise de 2008.

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La banque américaine JPMorgan Chase a annoncé jeudi qu’elle avait enregistré sur les six dernières semaines une perte de 2 milliards de dollars dans le courtage, qui pourrait grossir à cause de positions risquées de dérivés de crédit, produits à l’origine de la crise de 2008.

Lors d’une conférence téléphonique surprise, le PDG Jamie Dimon a évoqué des pertes liées à des “contentieux d’environ 200 millions de dollars” et des “pertes de courtage avant impôt de plus de 2 milliards de dollars ”, compensées par “un milliard de dollars de gains sur les ventes de produits de couverture face à la dette ”.

Il a ajouté que le portefeuille d’actifs incriminé présentait encore “beaucoup de volatilité“. “Nous allons le gérer au maximum” mais “il pourrait nous coûter jusqu’à un milliard de dollars ou plus” et “le risque va perdurer pendant plusieurs trimestres ”.

Le groupe a lancé une étude sur la façon dont ces pertes sont survenues, mais il y a eu “beaucoup d’erreurs, de manque de rigueur et de mauvais jugement ”, a commenté Jamie Dimon.

Cette perte est survenue parce que le groupe a voulu couvrir son exposition aux crédits, qui représente “le plus gros” risque pour le groupe financier, dont l’activité de coeur est d’émettre des prêts.

Pour cela il a acheté massivement des dérivés de crédit, des “credit default swap” (CDS), qui sont des sortes de contrats d’assurance destinés à se protéger d’un éventuel défaut de paiement d’une institution.

Le Matin

Wall-Street a-t-elle trouvé la pierre philosophale financière ?

D’après un récent sondage IFOP, deux tiers des Français estiment que l’or est une valeur sûre. Le placement de « bon père de famille » par excellence, avec l’immobilier. Dans ce cas pourquoi le spéculateur Georges Soros (dont on peut penser ce que l’on veut mais qui a du flair pour les bonnes opportunités) a-t-il récemment déclaré : « L’or est la bulle ultime » ? Associer une valeur sûre, l’or, à une bulle spéculative pourrait sembler contradictoire au premier abord.

Les financiers ressemblent à des nuées de sauterelles qui dévastent méthodiquement des cultures. Quand ils ont fini quelque part, après avoir provoqué une crise au passage, ils se déplacent vers des territoires encore inexploités. D’abord les matières premières agricoles (2007), les subprimes et les CDS (2008), les dettes souveraines (2011). Depuis 2011, la spéculation bat son plein sur les métaux précieux.

Une chose est sure en revanche, d’après certains audit récents, il manquerait des dizaines de milliards d’or physique dans le système pour pouvoir garantir l’or-papier en circulation sur les marchés financiers. Et cela ne va pas s’arranger, vu que tout le monde se rue sur les ETC.

Les financiers viennent donc d’inventer la pierre philosophale du XXIème siècle : ils transforment sans scrupules dans le chaudron de Wall Street le papier en or.

Lire l’intégralité de l’article sur Novopress

Pourquoi il ne faut jamais croire les banques

Où en est la régulation du secteur bancaire et financier ? Quatre ans après le début de la crise, le bilan est bien maigre, déplore Pascal Canfin, député européen écologiste et cofondateur de Finance Watch. Après avoir bénéficié de la généreuse assistance des États, les banques et leurs dirigeants freinent la moindre tentative de régulation et continuent d’organiser la fraude fiscale. Pourtant, plusieurs mesures simples existent pour reprendre le contrôle de la finance folle.

La crise bancaire n’a rien coûté aux contribuables, affirment les banques françaises. Qu’en est-il réellement ?

Pascal Canfin : 4 000 milliards de dollars ont été déboursés ou prêtés par les États pour sauver le système financier ! La Société générale a été sauvée par les contribuables américains, au moment de la crise des subprimes. Beaucoup de banques françaises avaient acheté des subprimes (des produits financiers adossés à des prêts immobiliers aux États-Unis, ndlr) et s’étaient assurées contre les risques de pertes de ces produits, par des CDS (Credit default swap), auprès d’AIG, premier assureur mondial. En 2007, lors de la crise des subprimes, les banques se sont tournées vers AIG, qui leur a répondu : « Désolé, j’ai déjà tout versé en dividendes et en bonus ! » Face à la menace de faillite, AIG s’est tournée vers la Banque centrale américaine, qui a débloqué 85 milliards de dollars. La Société générale a ainsi reçu 12 milliards de dollars [1] (presque autant que Goldman Sachs, premier bénéficiaire du sauvetage, qui a touché 13 milliards de dollars, ndlr). Natixis, la banque d’investissement, filiale des Caisses d’épargne et des Banques populaires, a aussi été sauvée grâce à l’épargne des Français. Et le sauvetage de Dexia aura sans doute coûté 10 milliards d’euros aux contribuables français. Trois banques, ce n’est pas rien…

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La “Baleine de la Tamise” intrigue les marchés financiers

Un trader français de JP Morgan Chase intrigue les marchés avec ses prises de position massives et optimistes qui ont incité des investisseurs à en prendre le contre-pied, affirme le Wall Street Journal, même si la banque américaine ne confirme pas ces investissements. Comme pour Jérôme Kerviel, ses prises de positions sur les marchés sont énormes au point d’émouvoir toute la communauté financière.

Surpris par le volume de ses paris, les courtiers ont surnommé l’opérateur de marché Bruno Michel Iksil – son vrai nom – “la Baleine de Londres” ou “la Baleine de la Tamise“, car il travaille depuis la capitale britannique. Le Wall Street Journal le décrit de son côté comme “discret”.

Selon le quotidien financier, M. Iksil avait investi de gros montants au nom de la banque JP Morgan Chase dans des produits d’assurance, les “credit default swaps” (CDS), qui sont des contrats de protection financière destinés à se protéger d’un éventuel défaut de paiement d’une institution.

Lire l’intégralité de l’article sur Le Monde

Un trader français déstabilise les marchés des CDS

JP Morgan va-t-il boire la tasse? Un des opérateurs de la banque américaine, surnommé la « baleine de Londres », a pris d’énormes positions risquées sur les marchés de crédit. Il a parié plusieurs dizaines de milliards de dollars sur le fait que des entreprises américaines resteraient en bonne santé financière. Son poids est tel dans le marché qu’il est surnommé «the London Whale» ou la «baleine de Londres». Des fonds spéculatifs et d’autres participants du marché, ayant l’avis contraire.

Le trader en question, Bruno Iksil, et son équipe, risquent de devoir enregistrer de lourdes pertes. En effet, cette nouvelle tombe alors que l’économie américaine montre des signes d’essoufflement. Les marchés risquent donc d’être plus sévères avec les entreprises. Leurs conditions de crédit devraient se durcir.

En tout cas, les fameux CDS, car c’est bien de cela qu’il s’agit, font de nouveau parler d’eux. Ces produits permettent de s’assurer contre le défaut de paiement de sociétés ou au contraire de parier sur la bonne santé de celles-ci. Le spécialiste de l’assurance AIG avait dû être sauvé en catastrophe après avoir vendu des CDS sur des emprunts hypothécaires. La firme estimait que le marché immobilier américain s’améliorerait.

Ces nouvelles interviennent alors que JP Morgan est sorti renforcé de la crise financière. Ce scandale risque d’avoir des conséquences néfastes pour son image et pour son bilan, qualifié de «forteresse» par son pdg.

Le Figaro

Le Massacre des Innocents

LA CRISE n°19, par Henri Regnault

Henri Regnault est Professeur d’Économie à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour. Diplômé de l’ESSEC et de Sciences Po avant d’obtenir un doctorat d’État à Paris Dauphine il s’est spécialisé en Économie du Développement et Économie Internationale, travaillant sur les relations Nord-Sud, en particulier sur les terrains méditerranéen, latino-américain et plus récemment asiatique. Il a dirigé le GRERBAM (Groupe de Recherche sur Économies Régionales du Bassin Méditerranéen), puis le Groupement de recherche du CNRS EMMA (Economie Méditerranée Monde Arabe) et anime le Réseau Intégration Nord-Sud (RINOS). Par ailleurs, depuis septembre 2007 il écrit « LA CRISE », lettre trimestrielle.

Des campements des expulsés de Sacramento aux suicidés d’Athènes, en passant par les chômeurs de partout et les exclus de toutes parts, l’heure est au massacre des innocents de la crise, comme dans les années 30. La dignité des femmes et des hommes ainsi sacrifiés exige de dire où sont les responsabilités profondes. Cette crise est née dans les dysfonctionnements et effets pervers des contrats entre agents économiques (subprimes, CDS, ventes à découvert…), la sortie de crise ne peut se concevoir que dans le cadre de la loi qui s’impose aux agents (régulation bancaire et financière, régimes fiscaux…).

Lire l’intégralité de l’article sur le blog d’Olivier Berruyer, les Crises

Pour une Révolution du Système Monétaire

Le présent texte constitue une contribution à la journée du 24 mars, organisée par les économistes atterrés, à l’université de Paris 1 Panthéon, et consacrée à la création monétaire. Il est  une synthèse revue et corrigée d’articles déjà publiés sur le blog de Jean-Claude Werrebrouck .

La monnaie : une structure de réseau  bien problématique                    

La monnaie est l’équivalent d’une infrastructure, telle un réseau ferroviaire assurant la circulation des personnes et des biens, ou un réseau électrique assurant la circulation des kilowattheures.

Les particularités du  réseau monétaire parmi les réseaux en général

L’industrie bancaire assure la circulation des marchandises en assurant la circulation de la monnaie entre ces ports que sont des comptes abrités dans des banques. Les banques, sont comme la SNCF ou EDF d’avant la libéralisation, et il est impossible de séparer le réseau de ses véhicules : le paiement, largement électronique, est à la fois réseau et véhicule. Comme la SNCF où il apparaissait impensable, avant la libéralisation, de séparer le réseau ferré du matériel roulant.

Mais il est des différences : le réseau bancaire n’est pas monolithique et se trouve peuplé de banques en concurrence. Qui plus est, cette concurrence peut entrainer des modifications de parts de marché entre les ports. Ce qui n’était pas le cas du chemin de fer ou des compagnies d’électricité d’avant les nationalisations de 1945 : les acteurs restaient des monopoles sur les parts de réseau qu’ils contrôlaient. Le caractère non monolithique du réseau bancaire est peu gênant pour la circulation de la monnaie. Outre qu’il existe une norme monétaire commune au dessus de chaque monnaie de banque (une unité de compte), il existe un marché monétaire assurant la cohérence continue du réseau : la monnaie Société Générale se transforme en tous points de l’espace couvert par le réseau, en monnaie BNP , en monnaie Crédit Agricole, etc.

Une autre différence est le fait que la monnaie comme infrastructure de type réseau, est propriété d’agents nombreux et divers, qui peuvent agir sur lui, en le rendant plus ou moins actif. Derrière cette idée, il y a la plus ou moins grande vitesse de circulation de la monnaie, voire son blocage éventuel. Et cette dernière circonstance, résulte du fait que la monnaie n’est pas seulement infrastructure de la circulation : elle est aussi instrument de l’accumulation. Les économistes diront qu’elle n’est pas qu’instrument de paiement, mais aussi réserve de valeur. Les conséquences en sont considérables. Cela revient à dire – en poursuivant la comparaison avec la SNCF ou EDF- que par exemple des trains s’accumulent dans des gares. Et la comparaison est intéressante, car dans l’un et l’autre cas les marchandises cessent de circuler. Et c’est précisément parce que la monnaie est elle-même marchandise (instrument de stockage de richesse) plus ou moins convoitée qu’elle peut gêner/faciliter la circulation de toutes les autres marchandises : l’infrastructure réseau est plus ou moins stable.

Et parce que marchandise, elle peut être fabriquée comme toutes les autres marchandises. En se désaliénant de la « contrainte métallique » les hommes ont, en la matière, généré des gains de productivité infinis : le coût de fabrication de la monnaie est proche de zéro, et pour les banques centrales, et pour les banques privées, qui depuis un grand nombre d’années se partagent le monopole de la création monétaire. De fait, il s’agit d’un coût marginal, puisque bien des coûts fixes demeurent, spécificité qui rappelle là aussi  ces « monopoles naturels » que sont les réseaux classiques.

Le réseau monétaire est un bien public créateur d’ordre social

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La très mauvaise nouvelle du jour

Après s’être prononcé dans un premier temps contre le déclenchement des CDS (il y a une ou deux semaines), l’ISDA, association qui régit les CDS, vient de changer son fusil d’épaule. De mon point de vue, la raison en est simple. Ne pas les déclencher équivaudrait à tuer ce juteux et opaque marché de gré à gré de produits dérivés qui a permis l’enrichissement sans fin des banques anglo-américaines (détentrices de 85% du marché). En juin 2011, le marché des CDS (encours notionnels) représentait 32 400 milliards de dollars (49 % du PIB de la planète), dont 21 400 milliards atteindront leur maturité entre 1 et 5 ans (source BRI).

Mettre fin à ce marché représenterait la fin de l’enrichissement exogène des marchés financiers et du libre-échange outrancier. Autrement dit, le non-déclenchement des CDS serait une aberrante autorégulation de la part des acteurs qui sont à la fois juge et parti.

En outre, le non déclenchement des CDS serait perçu comme un appel du pied envers les économies des PIIGS, qui sans nul doute choisiraient alors la voie du défaut de paiement sous la pression de la vox populi.

Les banques et autres assureurs n’ayant pas l’obligation de prévoir les conséquences des événements à crédit au passif de leur bilan, le déclenchement des CDS coulera les banques exposés qui sont déjà à la peine sur la consolidation de leurs fonds propres.

Nous pouvons nous attendre à une crise de confiance des acteurs bancaires qui vont refuser de se prêter de l’argent et vont préférer placer l’argent à la BCE malgré le faible taux de rémunération à 0.25%.

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La restructuration de la dette grecque et ses conséquences

Par Jacques Sapir

La réussite de l’opération d’échange des titres de dette de la Grèce est incontestablement un succès pour ce pays et pour la zone euro. Les journaux pouvaient ainsi parler d’un apaisement sur le front de la crise de la dette, voire parler d’une « euphorie ». C’est ignorer les réalités. Le succès enregistré par la Grèce ne préjuge nullement de la situation de fond qui reste très dégradée.

La Grèce, qui a proposé aux détenteurs privés un échange accompagné d’une diminution de plus de 50% de l’encours nominal des titres, va voir sa dette allégée d’environ 100 milliards d’euros sur 360 milliards, soit environ 28%. Le ratio de la dette par rapport au PIB devrait revenir d’environ 155% à 110%. De plus, la réussite de cette opération débloque de fait l’aide européenne que la Grèce avait demandée. Le risque d’un défaut « désordonné » le 20 mars s’éloigne.

Mais, ce succès est partiel et limité. On a repoussé sans doute à l’été 2012 une partie des problèmes.

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Grèce : Moody’s voit un défaut de paiement

Addendum: L’agence de notation Fitch abaisse sa note

Malgré l’effacement partiel de sa dette, l’agence de notation Fitch a abaissé la note de la Grèce et a placé le pays en “défaut partiel”. Robert Rochefort, vice-président du MoDem et économiste, a expliqué cette décision.

L’agence d’évaluation Moody’s  a indiqué vendredi qu’elle considérait que la Grèce  avait fait défaut sur le paiement de sa dette. De ce fait, elle maintient la note attribuée au pays à C, ce qui correspond à la valeur la plus basse dans son échelle. Moody’s estime en effet que cet échange constitue un “échange contraint” et donc un défaut sur la dette. C’est en effet ce qu’a indiqué l’agence dans un communiqué, suite à l’accord d’une majorité des créanciers privés d’Athènes conclu en vue d’effacer plus de 100 milliards d’euros de dette, et le déclenchement de clauses contraignant une minorité à se joindre à l’opération.

En juillet dernier, les agences de notation les plus importantes avaient d’ores et déjà indiqué que l’opération d’échange  serait assimilée à un défaut de paiement partiel, les analystes prévoyaient toutefois que lesdites agences devraient redonner une note à la Grèce une fois l’opération réalisée.

De son côté, en février dernier, l’International swaps and derivatives association (ISDA), entité de référence, avait laissé entendre qu’elle considérait l’opération comme volontaire. De ce fait, elle estimait alors que le montage réalisé ne constituait pas un événement de crédit, et ne pouvait être assimilée à une modification unilatérale des conditions du contrat passé entre débiteur et créancier, élément susceptible de déclencher le paiement de ces CDS (Credit Default Swaps).

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« Le problème n’est pas la Grèce mais la finance spéculative qui l’a rendu possible »

La finance sans visage, voilà l’ennemi.” Depuis que François Hollande s’est lancé sur ce thème au Bourget, la formule – volontairement floue – a fait florès. Jerôme Cazes, spécialiste des risques financiers – il a été directeur général de l’assureur-crédit Coface – se montre doublement plus précis que le candidat socialiste. S’il cible d’abord la finance spéculative et non la finance en général, c’est pour mettre dans son collimateur plus particulièrement les activités pour compte propre des banques.

En délaissant le crédit pour une quête forcenée de rentabilité, le système bancaire est devenu intrinsèquement un facteur de risque ; danger qui n’a d’ailleurs pas manqué de se concrétiser”, analyse l’expert qui met radicalement en cause les états-majors financiers de l’Hexagone pour leur défense obtue – et intéressée – de la banque universelle. Pour éclairer l’opinion sur ces enjeux essentiels et mettre en scène les acteurs de façon vivante et accessible, Jerôme Cazes a emprunté une voie originale, celle d’une fiction qui prend la forme d’un thriller” financier haletant – forcément haletant.

Pourquoi un thriller ? Cette forme m’a paru adaptée pour décrire un monde – celui de la finance – réputé compliqué et ennuyeux qui place avec tous ces acronymes l’opinion dans un rapport d’infériorité. La finance fonctionne pourtant avec des invariants à la portée de la compréhension de tout le monde. Les motivations des acteurs relèvent de la même logique que celles d’un détective privé dans un thriller. La complexité du sujet est bien réelle.

Si elle permet d’écarter les curieux, elle dépasse bien souvent l’entendement même des opérateurs, ce qui la rend dangereuse. Il est temps de revenir à des mécanismes simples et compréhensibles. Cette conviction que je me suis forgée après une expérience professionnelle de plusieurs années dans une grande banque, j’ai voulu la faire partager à mes lecteurs en faisant preuve de pédagogie. J’y décris la prochaine crise de crédit, encore pire que la crise actuelle, dont le point de départ est situé dans les fonds municipaux américains, impliquant des investisseurs internationaux dont chinois et français. J’y décris aussi des milieux financiers qui sont à des années lumière des enjeux collectifs et de l’intérêt général.

La finance spéculative

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Olivier Delamarche : « Il faudrait placer Bernanke et Draghi en prison »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 06 mars 2012 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Bourse.

« Les Grecs n’en finissent plus de mourir – On n’a pas eu envie de créer un précédant avec la Grèce – La question est de sauver le système – Avec 70 % de conversion (créanciers privés + plan de sauvetage) la dette grecque passe 161 à 159 % 2012 et 2013, donc cela n’aura servi à rien – On vous raconte des conneries toute la journée, comme d’habitude – En Espagne, les chiffres sont truqués depuis des années, c’est le même problème – L’État espagnol sera obligé de recapitaliser les dettes – Vous voulez que je vous ressorte toutes les déclarations de Lagarde et du FMI qui ont été démenties dès le lendemain ? – La Chine connaîtra aussi un arrêt de sa croissance car elle dépend de celle des USA (qui est en train de caler) et de l’Europe (qui n’en a plus pour longtemps). »

NB : Pour obtenir une analyse détaillée des chiffres du chômage aux États-Unis voir le blog d’Olivier Berruyer.

(Merci à Laurentenne, Quentin & à Crise de nerfs)

Fin de crise : inflation monétaire de la B.C.E. ou dévaluation du franc et hyper-inflation !

Par Marc Rousset

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, lors du dernier marathon européen à Bruxelles ont simplement gagné du temps et mis en place une deuxième digue qui, comme celle du 21 juillet 2011, va encore plus  rapidement céder !

La réduction de la dette grecque ne concerne que celle détenue par les banques, soit 50 % de leurs créances. Cela ramènera la dette grecque en 2012  à 120 % du P.I.B., niveau que l’Italie se voit aujourd’hui reprochée par tous ses partenaires de l’euro – au lieu de 180 % actuellement, ce qui est significatif, mais tout à fait insuffisant pour assurer la viabilité et le rebondissement de la Grèce. Le tourisme, le fret industriel des armateurs grecs et les rares produits industriels ne représentent en effet que 7 % du P.I.B. grec.

La corruption généralisée et la fraude fiscale constituent deux tares  grecques très difficiles à éradiquer. Il est donc peu probable que les revenus de l’État grec, avec une croissance négative, puissent dépasser les dépenses publiques afin d’envisager un excédent et un début de remboursement. Le remplacement d’un fonctionnaire sur dix, les réductions de retraites, les impositions forfaitaires des professions libérales, l’augmentations de T.V.A. de 13 % à 23 % dans les restaurants constituent des effets d’annonces plus que des mesures permettant le redressement effectif.

L’agence de notation Fitch n’a pas arrangé la quadrature du cercle grec en estimant que la décote de 50 % demandée aux banques constituait un « événement de crédit », autrement dit un défaut de paiement susceptible d’entraîner l’activation des contrats d’assurance C.D.S. contre le risque de défaillance des pays (credit default swap). En fait, depuis l’été, la troïka F.M.I., U.E., B.C.E., considère que, malgré tous les efforts apparents, « la situation de la Grèce a empiré ». Quant au produit maximum escompté des cessions d’entreprises par l’État grec, il a été réduit de soixante-six milliards d’euros à quarante-quatre milliards. Espérer dans ces conditions que la Grèce va se redresser et rembourser ses dettes  relève du tragico-comique !

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Le noble Nobel et les CDS grecs

Les CDS sur la dette grecque ne vont pas se déclencher. Faut-il y déceler une sorte de complot? Joseph Stiglitz ne se fait pas que des amis…

Joseph Stiglitz n’a pas sa langue en poche. Dans une tribune publiée sur L’Echo du 8 février, le prix Nobel d’économie égratigne la Banque centrale européenne et son manque de transparence.

Dans le dossier grec, Stiglitz estime que la position de l’institution de Francfort a été pour le moins curieuse. Elle s’est ainsi toujours opposée à ce fameux “événement de crédit ”, lié à un défaut de paiement de la Grèce, qui déclencherait les contrats de CDS.

Que n’a-t-on écrit sur ces “credit default swaps ”, ces contrats qui permettent de s’assurer contre un défaut de paiement? Un produit qui a enfoncé des firmes comme AIG et Fortis en pleine tourmente financière en 2008, et qui a ensuite mis à mal des pays, comme la Grèce.

A la base, un CDS peut s’avérer utile. Il permet à un détenteur d’une obligation de se couvrir contre le défaut de paiement de l’émetteur. Comme un “bon père de famille” assure sa maison contre un incendie. Mais quand ce sont majoritairement des non-détenteurs de l’obligation qui se ruent sur les CDS, cela se corse. Il s’agit alors d’acteurs qui s’assurent contre un risque financier qu’ils ne courent pas. Ou comme l’indiquait Peter Praet, “c’est un peu comme si j’achetais une assurance contre le risque d’incendie de la maison d’une tierce personne ”. En d’autres mots, ce serait presqu’une incitation à mettre le feu à la maison du voisin.

Mais revenons à Athènes. Les banques européennes détiennent quelque 40 milliards d’euros de dette grecque. On aurait pu supposer que face au risque de défaut sur leurs obligations, les banquiers, en gestionnaires avisés, achètent une assurance sous forme de CDS.

Dans ce cas, un régulateur qui prend en compte la stabilité financière du système veille en principe à ce que l’assureur paye en cas de perte. Pourtant la BCE veut que les banques ne soient pas dédommagées en cas de perte sur les obligations qu’elles détiennent ”, s’étonne Stiglitz.

Juges et parties?

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La mini-taxe Tobin de Sarkozy se dévoile

Le projet de taxe sur les transactions financières, qui doit être présenté mercredi en conseil des ministres, vient d’être révélé par la presse. Sans surprise, il n’a pas grand chose à voir avec la Taxe Tobin. Décryptage.

Ça y est les contours de la future taxe sur les transactions financières à la française sont enfin connus. Ce lundi, la radio BFM Business s’est en effet procurée le projet de loi qui doit être présenté mercredi en conseil des ministres. Depuis, ce projet, qui n’est peut-être pas tout à fait définitif, circule en boucle sur le web. Sans surprise, la Taxe Tobin version Sarkozy n’est pas à la hauteur de l’enjeu. Décryptage.

Pour voir le projet, cliquez-ici.

Actions d’entreprises dont la capitalisation dépasse 1 milliard d’euros…

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Peut-on encore contrôler la finance mondiale ?

Certes, la spéculation n’a jamais été aussi forte contre les pays du Vieux Continent. Mais il n’est pas trop tard pour instaurer des règles mettant fin à ces dérives. A condition de choisir les bonnes !

 

Des attaques spéculatives en rafale sur les Etats européens, des agences de notation qui continuent de faire leur loi sur les marchés, des hedge funds qui se la coulent douce dans les îles Caïmans… Pour un peu, on croirait que rien n’a changé depuis la crise des subprimes ! «Trois ans après, les financiers n’en font toujours qu’à leur tête», s’alarme l’économiste Jean-Paul Pollin.

De fait, même si le G20 a commencé à s’attaquer au problème – il a limité les bonus des traders et imposé aux banques de renforcer leurs fonds propres – il reste encore beaucoup à faire pour mettre enfin la finance mondiale sous contrôle. La plupart des décideurs politiques jurent d’ailleurs vouloir s’y atteler. Mais comment s’y prendre ? Entre les utopies sympathiques, les fausses bonnes idées et les propositions démagogiques, les vraies solutions sont parfois difficiles à discerner. «Les réformes les plus séduisantes ne sont pas toujours les meilleures», observe Patrick Artus, de Natixis. Ces pages le confirment.

1. Les réformes efficaces et réalisables

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