Quand les socialistes défendaient le peuple…

Entretien avec Alain de Benoist

Vous venez de publier Édouard Berth ou le socialisme héroïque (Pardès). Pourquoi s’intéresser à un homme aussi peu connu ?

Il est en fait bien connu de tous les historiens des idées, qui le considèrent en général comme le plus fidèle disciple de Georges Sorel, auteur des Réflexions sur la violence et des Illusions du progrès. Édouard Berth (1875-1939) a été l’un des principaux théoriciens du syndicalisme révolutionnaire, c’est-à-dire de cette branche du mouvement ouvrier qui, estimant que la classe ouvrière ne pouvait compter que sur elle-même pour instaurer la « société des producteurs », n’avait qu’hostilité pour les partis politiques et donnait la priorité à « l’action directe » (soit l’action sur les lieux de travail) développée par les syndicats. Ce sont les représentants les plus actifs de cette tendance révolutionnaire, Victor Griffuelhes et Émile Pouget, qui parvinrent, en octobre 1906, à faire adopter par la CGT la célèbre Charte d’Amiens que l’on considère aujourd’hui comme l’acte fondateur du syndicalisme français. Berth eut, par ailleurs, un itinéraire extrêmement original puisque, sans jamais abandonner ses convictions, il participa, à la veille de la Première Guerre mondiale, à l’aventure du Cercle Proudhon, où se rencontrèrent maurrassiens et syndicalistes révolutionnaires, puis s’enthousiasma vers 1920 pour la révolution russe, au point de collaborer régulièrement à la revue Clarté, fondée par Henri Barbusse. Revenu de son léninisme, il collabora jusqu’à sa mort à La Révolution prolétarienne de Pierre Monatte.

Ce qui frappe, c’est aussi le contraste entre socialisme d’antan, tout entier voué à la défense de la classe ouvrière, et Parti socialiste actuel. Ce PS est-il encore socialiste ?
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« Le Plan de Bataille des Financiers » (Rediff.)

Un document indique crûment quelles sont les alternatives auxquelles fera face le gouvernement de François Hollande ces prochains mois: soit la France réduit ses dépenses sociales et flexibilise son marché du travail (suppression du CDI) pour éviter la montée des taux d’intérêts sur sa dette, soit elle conserve ses acquis sociaux et sort de l’euro (de l’UE ?). François Hollande devra donc choisir entre satisfaire les marchés ou ne pas décevoir ses électeurs.

Un document explosif sert de fil conducteur à cette émission de radio. Il s’agit d’une note confidentielle rédigée par Nicolas Doisy, chef économiste auprès d’une grande société de brokerage française, à l’intention de ses clients investisseurs. Nicolas Doisy a accepté de se faire interviewer sur le contenu de son rapport. Il explique que François Hollande s’est volontairement montré vague dans ses promesses électorales car il sait qu’il n’aura pas d’autre choix que de démanteler l’État social et de supprimer le CDI pour éviter que la France ne s’enfonce dans une spirale d’endettement à la grecque.

Nicolas Doisy décrit comment il s’agira de manipuler l’opinion publique afin de ne pas lui donner l’impression que le gouvernement socialiste se plie à la volonté de la finance. L’économiste ne doute pas de ses conclusions: la France s’est en effet tellement endettée que sa marge de manoeuvre est nulle. Ce qui va se passer ressemble au revirement qu’à dû consentir François Mitterrand en 1983 après 2 années de politique de gauche.

Selon Jacques Sapir, François Hollande ne terminera pas son mandat en raison de l’insurrection sociale que provoqueront les coups portés à l’État social. Alternativement, si François Hollande refuse de se conformer aux injonctions des marchés, c’est le choix de la sortie de l’euro qui s’imposera.

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Quand Amazon transforme ses recrues en “robots”

Embauché comme intérimaire de nuit par le centre logistique de Montélimar, un journaliste raconte son quotidien dans “En Amazonie” (Fayard). Édifiant !
C’est parce qu’il voyait ses librairies préférées fermer, à Toulon, que Jean-Baptiste Malet, 26 ans, s’est intéressé au libraire en ligne américain Amazon. “Je voulais voir ce qui remplaçait ces lieux de convivialité qui me tenaient à cœur.

Journaliste à “Golias”, l’amoureux des livres a voulu interviewer les travailleurs de l’entrepôt Amazon de Montélimar. En vain. Les employés de la multinationale de l’e-commerce sont contractuellement tenus au secret le plus strict. “L’idée que des employés drômois ne puissent s’exprimer alors que le Code du Travail le leur permet m’a choqué“, raconte Jean-Baptiste.

Du coup, il se fait embaucher pour la saison de Noël 2012, quand l’entrepôt de Montélimar recrute 1.200 intérimaires en plus de ses 350 CDI. Commence alors l’incroyable découverte, “de l’autre côté de l’écran”, des rouages du champion mondial de la logistique pour commerce électronique. L’enquête fourmille de détails inédits sur la condition de ces nouveaux prolétaires, dont nous créons tous les jours les jobs, à coups de clics.
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Stagiaires : Les secteurs qui abusent

Combien y-a-t-il de stagiaires en France? Dans quels secteurs sont-ils le plus exploités? Le collectif Génération Précaire livre son point de vue sur la situation, au lendemain de l’annonce de Geneviève Fioraso sur la réforme des stages.

Jeudi 7 mars, Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur, annonçait vouloir mieux encadrer les stages, en limitant notamment leur durée à six mois maximum. Elle dénonçait au passage certains secteurs d’activité, accusés de recourir abusivement aux stages, et citait les agences de publicité, qui compteraient selon elle jusqu’à 10 à 15 % de stagiaires. Une situation que dénonce Ophélie Latil, porte-parole de Génération Précaire, un collectif de défense des stagiaires.

Le Figaro Étudiant: À combien estimez-vous le nombre de stagiaires en France?

Génération Précaire: En 2006, on estimait qu’il y avait environ 800.000 stagiaires en France, et 1,2 million en 2008. Aucune enquête n’a été réalisée depuis par le ministère de l’Enseignement supérieur, malgré nos demandes. Nous nous sommes donc attelés à la tâche nous-même en 2010 et avons calculé une tendance à partir du faible nombre de réponses reçues de la part des établissements. Le chiffre que nous obtenions tournait alors autour de 1,5 million de stagiaires.

Mais il est important de comprendre que ce chiffre est sans doute sous-estimé, car il ne prend en compte que les universités. Or, tout le monde sait bien que les écoles de commerce ou les écoles d’ingénieur abritent elles aussi de nombreux stagiaires. La réalité est donc sans doute bien pire que ce que l’on imagine.

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Accord de sécurisation de l’emploi, un dynamitage du droit du travail

Dans le projet d’accord sur la sécurisation de l’emploi trouvé le 11 janvier dernier, le patronat a fait carton plein sur la flexibilité et obtenu un maximum de dérogations au Code du travail. Décryptage.

Malgré quelques miettes lâchées aux 
salariés, comme l’instauration d’une complémentaire santé généralisée, des représentants du personnel au conseil d’administration ou la taxation des contrats courts…, les travailleurs sont les premières victimes de cette régression sociale inédite voulue par le Medef.

1. Faciliter les licenciements et éviter les poursuites

Dans le texte, la procédure de licenciement collectif pour motif économique et son contenu sont fixés, soit par un accord collectif majoritaire, soit par un document produit par l’employeur et homologué par la Direccte (directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi). Une « validation » du plan social par les syndicats ou l’administration qui rendra plus difficile sa contestation devant le juge.

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Rupture conventionnelle : Virer sans licencier

Tandis que les négociations sur l’emploi reprennent le 10 janvier 2013, la perspective s’éloigne du « compromis historique » entre syndicats et patronat espéré par M. François Hollande. Des représentants de salariés refusent le nouveau contrat de travail unique — et précaire — proposé par le Mouvement des entreprises de France (Medef). Instauré en 2008, le système de rupture conventionnelle en constitue un banc d’essai.

La période d’essai de Clotilde (1) vient d’être renouvelée lorsque ses employeurs la convoquent pour lui « proposer » un passage à trois cinquièmes de temps (trois jours travaillés par semaine).

La jeune femme est sous le choc : elle n’a pas compté ses heures dans cette petite entreprise spécialisée dans la vente de produits écologiques sur Internet. Si elle refuse, elle pourra dire adieu à son embauche.

Sur les conseils d’une amie avocate, elle contre-attaque…

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Qui sont les salariés en France ?

En 2011, 21,5 millions de personnes ont été salariées par une entreprise à un moment de l’année en France. L’Acoss (Agence centrale des organismes de Sécurité sociale) a entrepris de réaliser une radiographie des salariés du secteur privé grâce aux statistiques des Urssaf.

Sont recensés parmi les 21,5 millions cités plus haut toutes les relations salariées entre un travailleur et une entreprise : CDI, CDD, intérim, etc. Les stages ne sont donc pas pris en compte.

L’étude en question se concentre sur 17,7 millions de contrats effectivement en cours à la fin de l’année 2011. En clair, un CDD de trois mois entre mars et juin n’est pas décompté, alors qu’un CDI ou un CDD de 6 mois entre novembre et avril l’est.
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Pays-Bas: Les Néerlandais se serrent à leur tour la ceinture

Contrastant avec l’image d’Epinal d’un pays où il fait bon vivre, les répercussions de la crise européenne frappent les catégories sociales les plus faibles. L’économie des Pays-Bas ralentit plus vite que les prévisions les plus pessimistes. Et le moral des Néerlandais est au plus bas. Dans ce contexte le nouveau gouvernement ne bénéficiera d’aucun état de grâce.

Un pays de cocagne, où tout abonde et où il fait bon vivre. Un pays dont le “modèle des polders” – modèle économique et social basé sur le compromis et la recherche permanente du consensus entre les différentes communautés – assure une richesse riante assortie d’une tolérance quasi-légendaire.

Un pays qui a su conjuguer des coutumes délicieusement désuètes – comme la saison des “maatjes “, les harengs dévorés crus lors de la première pêche de l’année – avec un sens aigu des affaires et un attrait indéniable pour la modernité.

Ces préjugés favorables sont renforcés dans notre imaginaire collectif par toute une série d’images d’Epinal qui n’ont que peu de choses à voir avec la réalité contemporaine: des champs de tulipes à perte de vue, la Hollandaise plantureuse qui sourit largement sur les boîtes de lait “Bébé hollandais” et les moulins à vent bleus sur fond blanc des carrés de Delft qui font la joie des brocanteurs.

Les préservatifs multicolores, les vitrines des prostituées d’Amsterdam et la décoration psychédélique des coffeeshops et de Maastricht complètent ce catalogue des clichés bataves dont Colin White et Laurie Boucke ont fait leurs délices dans le bestseller humoristique “The Undutchables“.

97 % de CDI en moins en un an

Pourtant, le quotidien de la plupart des Néerlandais ressemble de moins en moins à ces clichés usés jusqu’à la trame.

Alors que les spécialistes de l’emploi parlent des Pays-Bas avec des accents presque lyriques, vantant le taux le plus bas de chômage des jeunes ou l’intégration des plus âgés, les chiffres publiés récemment par les différents instituts économiques ramènent à plus de modestie.

Le dernier rapport de l’UVW – équivalent de Pôle Emploi – est alarmant : en 2011, le nombre de contrats à durée indéterminée signés durant l’année a baissé de 97 %, passant de 83.000 en 2010 à 2.000 l’année suivante. Un effondrement spectaculaire dont presqu’aucun média en Europe ne s’est fait l’écho.

Parallèlement, si le nombre de contrats à durée déterminée augmentait de 15 % passant de 422.000 à 486.000, ceux de plus d’un an faisaient un bond de 62 %.

Un tiers des offres d’emplois (34 %) exigeaient un niveau d’études supérieur, bachelier, master ou ingénieur. Mais dans les entreprises de plus de 100 travailleur, ce taux passe à 58%.

Une austérité qui pèse sur les plus fragiles

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La compétitivité, ou la loi des multinationales

Après avoir annoncé un nécessaire « choc de compétitivité » appelé des vœux de la droite et du MEDEF, le gouvernement souhaite désormais construire un « pacte de compétitivité » sur l’ensemble du quinquennat de François Hollande. Une préoccupation bien ancrée dans l’air du temps : la « compétitivité » est désormais sur toutes les lèvres, omniprésente dans le débat public. Sans qu’on se donne la peine de se demander : la compétitivité, c’est quoi au juste ?

Depuis les années 90, la compétitivité est devenue le maître mot du discours politique, un véritable mantra. Aujourd’hui encore, depuis le Parti socialiste jusqu’à la droite, la compétitivité serait l’unique voie de sortie de la crise. Pourquoi au juste ? Parce qu’il n’y a pas le choix. Dans un contexte de libéralisation et de concurrence généralisées, la compétitivité, c’est l’équation gagnante : compétitivité des entreprises = croissance = créations d’emploi.

Cette simple équation permet de comprendre comment la compétitivité s’est imposée comme un objectif ultime, un modèle « gagnant-gagnant » : les entreprises, les salariés et les gouvernements, tout le monde y gagne ; c’est la fin de la lutte des classes, sous la bénédiction bienveillante du capitalisme financier.

Cette potion magique ne s’applique pas seulement à l’économie, mais à la société toute entière. Bien entendu, sur le plan économique, il faut plus de libre-échange, moins de régulation, moins d’impôts pour les (grandes) entreprises, moins de droit du travail, moins de cotisations sociales… Mais il faut aussi mettre l’école, la recherche, les services publics, l’écologie, la culture, nos villes, nos régions… et nous-mêmes au service de la compétitivité.

Sauf que, sauf que… appliquées depuis plus de 20 ans, les bonnes recettes de la compétitivité n’ont jamais tenues leurs promesses. Loin d’apporter des perspectives pour les économies européennes, ces mesures ont en grande partie préparé la crise financière de 2008, puis elles ont contribué à l’empirer [1].

Pourtant, la quête de la sacro-sainte compétitivité n’a pas été en pertes pour tous. Les privatisations, dérégulations, et autres flexibilisations du marché du travail, menées au nom de la compétitivité semblent finalement aboutir aux mêmes conséquences : les bénéfices de quelques-uns ne cessent d’enfler, au détriment des conditions de vie de la majorité. Alors, quid de la compétitivité ? Un petit retour historique s’impose.

Le rêve des industriels

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Les financiers au coin du bois

Émission Là-bas si j’y suis sur France Inter diffusée le mercredi 11 avril 2012.

Cet enregistrement laisse voir crûment quelles sont les alternatives auxquelles fera face le gouvernement de François Hollande ces prochains mois: soit la France réduit ses dépenses sociales et flexibilise son marché du travail (suppression du CDI) pour éviter la montée des taux d’intérêts sur sa dette, soit elle conserve ses acquis sociaux et sort de l’euro (de l’UE ?). François Hollande devra donc choisir entre satisfaire les marchés ou ne pas décevoir ses électeurs.

Un document explosif sert de fil conducteur à cette émission de radio. Il s’agit d’une note confidentielle rédigée par Nicolas Doisy, chef économiste auprès d’une grande société de brokerage française, à l’intention de ses clients investisseurs. Nicolas Doisy a accepté de se faire interviewer sur le contenu de son rapport. Il explique que François Hollande s’est volontairement montré vague dans ses promesses électorales car il sait qu’il n’aura pas d’autre choix que de démanteler l’État social et de supprimer le CDI pour éviter que la France ne s’enfonce dans une spirale d’endettement à la grecque.

Nicolas Doisy décrit comment il s’agira de manipuler l’opinion publique afin de ne pas lui donner l’impression que le gouvernement socialiste se plie à la volonté de la finance. L’économiste ne doute pas de ses conclusions: la France s’est en effet tellement endettée que sa marge de manoeuvre est nulle. Ce qui va se passer ressemble au revirement qu’à dû consentir François Mitterrand en 1983 après 2 années de politique de gauche.

Interrogé, l’économiste Jacques Sapir juge pertinente l’analyse de Nicolas Doisy. Il explique qu’en régime de monnaie unique, le droit du travail tend à s’aligner sur le moins coûtant et le moins disant. Selon lui, François Hollande ne terminera pas son mandat en raison de l’insurrection sociale que provoquera les coups portés à l’Etat social. Alternativement, si François Hollande refuse de se conformer aux injonctions des marchés, c’est le choix de la sortie de l’euro qui s’imposera.

Rappelons que les marchés, ce sont bien sûr les spéculateurs, les banques, des investisseurs étrangers, mais ce sont également les fonds de pensions, les caisses de retraites, les assurances vie, donc l’épargne des citoyens (lire à ce propos qui détient la dette française et comment celle-ci a-t-elle évolué ?).

Partie 1:



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La jeunesse a-t-elle été flouée par les baby-boomers ?

L’économiste Mickaël Mangot déclare coupable les “papyboomers” quant aux richesses qu’ils ont contribuées à créer mais qu’ils ont toutes avalées.

Comment redynamiser notre pays ? En faisant une croix sur une partie de nos rentes et en revalorisant le travail : telle est l’affirmation de l’auteur du livre Les générations déshéritées.


Le chômage des jeunes explose

La moitié des Grecs et des Espagnols de moins de 25 ans sont sans emploi. Les experts accusent la rigidité du marché du travail.

Manifestation à Madrid, avril 2011 - "Jeunesse sans futur - Sans logement, sans boulot, sans retraite, sans peur"

En Europe, décrocher un emploi lorsque l’on a moins de 25 ans est devenu un défi quasi insurmontable. Une chance sur deux, à peine, de le relever à Athènes. Le chômage, qui frappe désormais 21,08% de la population active dans le pays (ce taux a doublé en un an), grimpe à 50,8% pour les moins de 25 ans, selon les données du mois de janvier, publiées le jeudi 12 avril.

La Grèce, aspirée par la récession et minée par le surendettement, est l’un des cas les plus dramatiques de la zone euro sans, pour autant, être un cas isolé. Le pays vient de dépasser le « record » de l’Espagne, où 50,5% de la jeunesse est sans emploi et assombrit un panorama sinistré en Europe. Au Portugal (35,4%), en Italie (31,9%) et, dans une moindre mesure, en France (21,7%), le chômage frappe la nouvelle génération dans des proportions spectaculaires.

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Le droit du travail est-il un frein à la compétitivité ?

Les accords dits “compétitivité-emploi ”, négociés par les centrales syndicales et le patronat depuis le 17 février, et destinés à restaurer la compétitivité des entreprises, ont été dénoncés par plusieurs syndicats, comme prétexte pour remettre en cause le droit du travail.

“Il faut retrouver des leviers de compétitivité, certes. Mais c’est une vision réductrice de croire que ça ne passe que par un détricotage du droit du travail”, déclarait ainsi Jean-Paul Bouchet (CFDT-cadres) à la veille de l’ouverture des négociations sur ces accords d’entreprise qui permettraient de modifier, en fonction de la conjoncture – et sans avoir à demander le consentement du salarié -, la durée du travail, les salaires, la mobilité géographique et l’organisation du travail.

“Nous sommes dans une négociation qui a pour but de voir si on peut se passer de l’accord des individus”, disait de son côté le secrétaire national CFE-CGC, Bernard Valette, à la “journée débat” du Congrès HR’ des DRH (“2012 : Alerte sur le social ? ”), organisée à Paris le 15 février, critiquant la volonté d’inverser la priorité donnée par la loi actuelle au contrat individuel sur l’accord collectif en cas de modification du contrat.

Une position qui pose la question de la réforme de la législation au nom de la compétitivité.

Les “accords” négociés depuis le 17 février répondent à une forte demande des entreprises d’assouplir le marché du travail. C’est en effet le premier des dispositifs avancés par l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), dans ses propositions de réforme présentées le 16 février.

FLEXIBILITÉ

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Une chanson douce : Les nouveaux violons de la politique de l’emploi

Régulièrement invoqués comme remèdes miracles dans la crise de l’emploi, la ré-industrialisation et le chômage partiel ont fini par se charger d’une dimension incantatoire et, dans l’esprit de certains, de pouvoirs surdimensionnés. A commencer par celui de relancer l’emploi. Peu crédible lorsque l’on sait que d’une part la plupart des industries délocalisées ne sont pas rapatriables et que, d’autre part, le chômage partiel limite certes les destructions d’emplois mais ne permet pas d’en créer. Moralité, si la crise s’avère être autre chose qu’un à-coup conjoncturel – ce qui semble plus que probable – il s’avérera inefficace.

Il nous faut autre chose. Et si ce n’était pas une nouvelle formule magique censée relancer l’emploi et doper la croissance mais une simple prise de conscience . L’acceptation de cette idée selon laquelle les concepts de plein emploi mais aussi de CDI ininterrompu sur 40 ans, c’est terminé. Du sang et des larmes, voilà donc le programme pour la prochaine génération d’actifs ? Disons plutôt, une autonomie accrue avec à la clé, une plus grande liberté pour les uns et, pour les autres – autant là aussi l’admettre – plus de précarité.

150 000. C’est le nombre de personnes qui, en France, ont perdu leur emploi l’année dernière. D’après l’Unedic, elles seront 200 000 de plus à la fin de l’année, nous faisant ainsi passer la barre, fin décembre prochain, des 3 millions de personnes sans emploi et atteindre les 9,5 % de taux de chômage. Du jamais vu depuis 12 ans. Pour stopper l’hémorragie et relancer l’emploi, deux formules magiques sont régulièrement invoquées par les politiques et grands penseurs de la croissance : réindustrialisation et chômage partiel. Deux incantations aux vertus apaisantes, il est vrai. L’une parce qu’elle nous rappelle l’époque regrettée du plein-emploi – autrement dit du 5 % de taux de chômage – des Trente Glorieuses ; l’autre parce qu’elle nous renvoie aux mérites si souvent loués du modèle allemand.

Seul problème : la première apparaît peu réaliste depuis que la récente affaire Lejaby nous a appris qu’une pièce de lingerie coûtait environ 13 euros à fabriquer en France contre seulement 7 au Maroc ou en Tunisie, et à y regarder de plus près, la seconde s’apparente davantage à un amortisseur temporaire propre aux périodes de chômage élevé qu’à un levier de croissance aux effets durables.
Autant donc se faire à l’idée : les concepts de réindustrialisation et de chômage partiel sonnent bien, ils rassurent par leur pouvoir évocateur et font consensus en l’absence d’autres pistes concrètes de sortie de crise, mais ils ne possèdent pas tous les pouvoirs magiques qu’on leur prête si volontiers ces derniers temps. A commencer par ceux de relancer le marché du travail.

Le fantasme de la réindustrialisation

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Le péril jeune

Par Éric Zemmour

Victimes des « trente piteuses » et de l’égoïsme de leurs aînés, les jeunes ont de quoi protester. Mais ils se trompent de cible.

Sarkozy, t’es foutu, les jeunes sont dans la rue ! l’entrée fracassante des lycéens et des étudiants dans les défilés, battant le pavé contre la réforme des retraites, n’a pas révolutionné l’art difficile du slogan. Elle n’a pas non plus apaisé les esprits puisque, c’est une habitude désormais, ces jeunes manifestants ont attiré aussitôt, comme les abeilles par le miel, des nuées de casseurs venus de banlieue pour piller et voler. Enfin, elle n’a guère éclairci les débats embrumés autour de la question centrale du projet gouvernemental : le report à soixante-deux ans de l’âge de la retraite.

Les représentants officiels du mouvement juvénile, précocement blanchis sous le harnais socialiste, n’ont cessé de répéter l’antienne partageuse selon laquelle un vieux qui part plus tard en retraite, c’est une place de moins pour un jeune pressé d’entrer dans le monde du travail. Si ce faux bon sens était avéré, la France ne serait pas à la fois le pays où le chômage des jeunes est le plus élevé d’Europe et où l’activité des plus de soixante ans est la plus faible !

Les lois d’airain du système par répartition auraient plutôt dû pousser les jeunes à manifester… en faveur de la réforme. C’est, en effet, leur génération qui sera appelée à financer les retraites des ex baby- boomers, plus nombreux qu’eux. Le maintien de la retraite à soixante ans les aurait même obligés à payer deux fois, puisque l’État aurait été contraint de s’endetter pour financer une part croissante de ses engagements.

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Chômage en France: une stabilité en trompe l’œil

L’INSEE a publié le jeudi 3 juin les chiffres du chômage pour le 1er trimestre 2010 : 9,5 % de la population active, en Métropole, était «sans emploi». Malgré tout, la situation s’aggrave si l’on considère que le nombre des contrats à durée indéterminée reflue toujours davantage au profit des contrats limités dans le temps et des missions en intérim.

Près d’un Français sur dix en âge de travailler était au chômage pendant le premier trimestre 2010. Tel est le «verdict» de l’INSEE, en fonction des critères du Bureau International du Travail. (Selon la méthodologie du Bureau, un chômeur est un citoyen de plus de 15 ans, n’ayant pas atteint l’âge de la retraite, et qui n’a pas travaillé du tout au cours de la semaine donnée bien qu’ayant entrepris des démarches actives de recherche d’emploi. Beaucoup de pays, pour maquiller la situation sur le front de l’emploi, considèrent qu’une personne qui a travaillé une heure cesse de s’apparenter à un chômeur…)

En fait, le taux exact du chômage est de 9,9 %. Si l’on se limite à la France métropolitaine, délaissant les DOM-TOM, l’on obtient un taux de chômage à 9,5 %. (Au dernier trimestre 2009, cette proportion était de 9,6 %). Actuellement, 2,7 millions de personnes sont sur le carreau.

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Le débat sur les retraites occulte celui sur l’horizon bouché de la jeunesse

Addendum : Z comme Zemmour du 28 mai 2010.

« On s’occupe trop des retraités, pas assez des jeunes »


(Merci à SPOILER)

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Le débat sur les retraites occulte celui sur l’horizon bouché de la jeunesse

Par Louis Chauvel.

Au dernier trimestre 2009, le taux de chômage des jeunes a battu un record historique : 24 %. Les enquêtes de conjoncture de l’Insee montrent depuis deux ans un pessimisme exceptionnel de nos concitoyens vis-à-vis de notre avenir. Au-delà des indicateurs de la conjoncture, les questions structurelles préoccupantes pour le long terme de notre pays s’accumulent et nous ne voyons dans ce contexte avec quels moyens les nouvelles générations pourraient améliorer leur sort.

L’échec de la France à l’entrée dans la société de connaissance, la misère de l’université low cost, la situation toujours plus problématique de nos banlieues, voilà parmi bien d’autres les difficultés que doit affronter notre jeunesse, qui exigeraient des financements urgents et un effort de l’ensemble de la collectivité pour surmonter le défi de la décennie qui vient. Mais tout cela semble ne compter pour pas grand-chose par rapport au seul enjeu qui passionne le public : celui de l’avenir de “notre retraite.

Peu importe l’horreur économique, si nous pouvons disposer après 60 ans d’argent et de loisir pour oublier les peines de la vie de travailleur, comme 15 millions de nos concitoyens.

Dans ce contexte, quelques voix timides s’entendent à droite et à gauche pour rappeler le relatif bien-être des retraités d’aujourd’hui, et leur capacité à contribuer ne serait-ce que modestement à l’effort de la nation : la décote de 10 % pour “frais professionnels” de l’impôt sur le revenu des retraités, l’alignement du taux de la CSG des seniors sur celle des cotisants, voilà de bien modestes propositions en regard des efforts qu’il faudrait mener urgemment pour financer notre avenir collectif.

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Nouveaux chômeurs

Clarisse, diplômée en ressources Humaines

Clarisse a 24 ans, des diplômes et déjà une expérience professionnelle. Mais la crise économique l’a amenée à rompre son premier CDI lorsque les conditions de travail se sont dégradées. La jeune femme pensait retrouver rapidement un travail. La conjoncture en a décidé autrement. De Tours à la banlieue parisienne, elle frappe aujourd’hui à la porte de tous les Pôles Emploi, en attendant de fonder sa propre entreprise…

Moalikyar Wahid se lance dans les énergies renouvelables

La CGT a-t-elle viré capitaliste ?

Achat d’une entreprise, “facturation” du service syndical, gestion autoritaire du personnel : la centrale se convertit aux méthodes libérales. Ce qui ne va pas sans heurts…

A la CGT, Jean-Pierre Delannoy s’est fait une spécialité : “décoder” les discours des camarades dirigeants. “On ne comprend rien à ce qu’ils racontent”, déplore ce militant qui, lors du dernier congrès de la CGT, à Nantes, s’était opposé au leader Bernard Thibault. “Quand ils évoquent les retraites, ils parlent de ‘négociations systémiques’, d’ ‘obsolescence’ ou de ‘comptes notionnels.’ Il faut suivre ! La CGT qui prendrait des accents libéraux ? Concédons-le, le mouvement est timide. Mais il existe ! Chez les “réformistes”, on ne parle plus de lutte des classes, mais de compromis.

Des sujets longtemps tabous, comme l’actionnariat salarié ou la participation, ne le sont plus. Et des structures gérées par la CGT se retrouvent à la tête de groupes privés, comme la Compagnie internationale André Trigano (Ciat), une société cotée en Bourse. Ce mouvement pourrait s’accentuer. Car la CGT veut conquérir le monde de l’entreprise.

Quitte à emprunter les méthodes de l’ennemi honni, le grand capital. Enquête.

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