La Terre a dépassé plusieurs seuils écologiques cruciaux

Une étude qui sera présentée au Forum économique mondial à Davos rappelle que les limites de la planète ont été dépassées…

Températures, biodiversité, pollution des sols: tous les signaux sont au rouge.

Dans une mise à jour d’une étude parue en 2009, publiée par Nature ce vendredi et qui sera présentée au Forum économique mondial de Davos la semaine prochaine, des chercheurs internationaux dressent un constat alarmant..

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Afrique : La révolution énergétique

Imaginez que vous vous réveilliez un matin sans plus pouvoir accéder aux technologies modernes. Plus de réfrigérateur, plus de cuisinière, plus d’air conditionné. Vos enfants ne peuvent plus faire leurs devoirs après la tombée de la nuit. Vous n’êtes plus en mesure de recharger votre téléphone portable. Vous y êtes, bienvenue dans l’univers de l’Afrique non connectée – un univers dans lequel les défaillances du marché anéantissent impitoyablement toute opportunité de développement.

Près de 150 ans après l’invention de l’ampoule par Thomas Edison, quelque 620 millions d’Africains – soit deux tiers de la population de la région – vivent sans aucun accès à l’électricité. Ils sont encore plus nombreux à recourir à la combustion de biomasse pour cuisiner, plus de 90 % des populations rurales du Malawi, de Tanzanie et du Mozambique utilisant en effet de la paille, du fumier et du bois à brûler. En résulte une pollution de l’air intérieur à l’origine de 600.000 décès chaque année – frappant pour moitié les enfants de moins de cinq ans.

La communauté internationale s’est fixé pour objectif de garantir un accès universel à l’électricité et aux énergies modernes d’ici 2030. Or, le nombre d’individus privés d’électricité en Afrique sub-saharienne ne cesse d’augmenter. Dans 15 ans, si la tendance actuelle se poursuit, 15 millions de personnes supplémentaires vivront sans électricité au sein de la région.

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Une seule Terre, un seul océan

L’océan et l’atmosphère sont liés par des processus que nous commençons tout juste à comprendre. Comme des enfants de mêmes parents, le ciel au-dessus de nos têtes et les eaux autour ont de nombreuses caractéristiques en commun, notamment ces derniers temps le besoin d’être des zones protégées.

Nous sommes des enfants de mêmes parents collaborant à un ordre du jour partagé pour les défendre : un ordre du jour qui définira le futur de millions de frères, de sœurs, de pères, de mères, d’amis et de voisins, aussi bien que les formes de vie sur terre et dans les mers, aujourd’hui et pour les générations futures.

Par chance, les gouvernements du monde entier commencent à comprendre le défi et doivent signer deux accords importants cette année (ou du moins faire des progrès dans ce sens) : un nouveau traité international visant à protéger la vie marine dans les eaux internationales et un accord sur le changement climatique pour protéger l’atmosphère.

En même temps qu’ils font suite aux Objectifs de Développement Durable, ces accords vont servir de poteaux indicateurs indispensables pour indiquer le chemin à suivre pour les économies nationales du monde au cours des 15 années à venir et au-delà.
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Les multinationales du BTP imaginent la manière dont nous vivrons demain…

Cela fait plusieurs années qu’Eiffage « imagine la ville durable à l’horizon 2030 » [1]. Depuis 2007, l’entreprise a monté un «  laboratoire de prospective en développement urbain durable intitulé Phosphore ». Ce laboratoire avait besoin de « terrains de jeu virtuels » ou de « bac à sable », selon les propres mots d’Eiffage, c’est-à-dire des vraies villes avec des vrais habitants.

Les programmes Phosphore 1 et 2 ont été élaborés sur le petit quartier d’Arenc à Marseille, Phosphore 3 a eu pour théâtre deux cents hectares à Strasbourg. Depuis 2011, Phosphore 4 a travaillé sur l’agglomération grenobloise, un territoire autrement plus grand : «  31.000 hectares et plus de 400.000 habitants. Avec ce nouveau terrain de jeu virtuel, les défis et champs d’analyse de Phosphore 4 ont, une nouvelle fois, été largement renouvelés ».

Le président de la Métro de Grenoble, Marc Baietto, se félicite d’avoir eu le « courage » de confier cette étude à une entreprise privée «  pour nous permettre de réfléchir librement (sic). (…) C’est une réponse à l’abandon de la rocade Nord. Comment travailler sur les déplacements différemment ? Il nous faut sortir de nos ornières, de nos cercles, de nos habitudes de pensée. La réflexion est libre. Travailler avec un groupe comme Eiffage, c’est un gros avantage. »

Pour Eiffage, travailler avec un groupe comme La Métro est également un gros avantage, qui s’évalue pour cette fois-ci à 286 000 euros payés par la communauté de communes, à ce prix-là, Valérie David, directrice du développement durable chez Eiffage, s’extasie : « On a travaillé avec un esprit d’enfant, candide. (…) Trente-cinq professionnels tous différents, tous motivés ont travaillé pendant dix-huit mois, et ont laissé libre cours à leurs idées ». Avant d’assurer, sans rire : « l’objectif de ce laboratoire n’est pas mercantile ».

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Changement climatique : “Les entreprises sont aussi la solution!”

À quelques mois de la Conférence internationale sur les changements climatiques, grands patrons, décisionnaires économiques et politiques se sont réunis à Paris pour échanger sur les différents moyens de réduire les émissions carbone.
Pierre-André de Chalendar, PDG de Saint-Gobain, est l’un des chefs d’entreprise les plus impliqués dans les discussions sur le passage à une économie sans carbone, il se réjouit du succès de ce sommet. “Il y a des personnes qui disent : “les entreprises polluent, ce sont les principales responsables des émissions de gaz“, mais les entreprises sont aussi la solution !”, assure-t-il.

Le graphène est-il toxique ?

Médecine, électronique, énergie… les applications potentielles du graphène suscitent l’engouement. Mais avant tout, les scientifiques veulent s’assurer de son innocuité pour la santé et l’environnement. 

Innombrables sont les applications attendues du graphène. Mais, avant dans se lancer dans leur développement, encore faut-il, selon une démarche industrielle classique, s’assurer de l’innocuité du matériau ou du moins préciser ses conditions d’utilisation. Évaluer les risques potentiels sur la santé et l’environnement de cette nouvelle forme cristalline du carbone est justement l’objectif de l’un des groupes de travail du programme européen Flaghsip Graphene(link is external) qui réunit 142 partenaires institutionnels dans 23 pays.

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Éthiopie : Le défi vert

L’Éthiopie, un pays en plein développement qui s’est fixé un but: devenir en 10 ans un pays neutre en carbone. Ce nouveau tigre africain mise tout sur les énergies renouvelables : des projets pharaoniques à une échelle jamais vue dans le pays… Le défi est immense: changer le destin d’un pays marqué par la pauvreté.

Qu’est ce que le biomimétisme ?

Le biomimétisme désigne le transfert et l’application de matériaux, de formes, de processus et de propriétés remarquables observées à différentes échelles du vivant, vers des activités humaines1. C’est un domaine émergent de la recherche qui comprend des sous-domaines tels que la bionique et la bio-assistance, l’architecture biomimétique.

Il s’agit d’une ingénierie inspirée du vivant qui cherche à tirer parti des solutions et inventions produites par la nature (les écosystèmes, les services écosystémiques) ; solutions sélectionnées parmi de nombreuses autres depuis 3,6 milliards d’années, efficace d’échelles nanométriques aux échelles macroscopiques et écosystémiques.

Face à la crise tant économique qu’écologique liée à la surexploitation des ressources naturelles, de nombreux chercheurs, architectes, industriels, prospectivistes et certains gouvernements estiment que le biomimétisme pourrait aussi être un vecteur de mutation, d’une économie « carbonée », très polluante et consommatrice d’espace, d’énergie et de ressources naturelles minérales vers une « économie verte » s’appuyant sur des technologies simples, propres, sûres et sobres, une transition énergétique, voire vers la transition écologique et sociale.

Dioxyde de carbone : Les arbres passent au scanner

Les arbres jouent un rôle crucial et bien connu dans l’atmosphère, ils absorbent et stockent le dioxyde de carbone tout en produisant de l’oxygène. Et pour déterminer le volume de dioxyde de carbone qu’ils contiennent il fallait jusque-là couper les arbres et les peser.

Désormais cette évaluation peut être faite grâce à un laser qui permet de dresser une carte 3D d’une forêt au millimètre près. Les chercheurs de l’University College de Londres pensent avoir trouvé là une façon beaucoup plus précise pour déterminer les stocks de carbone dans les forêts. Objectif: contrôler les stocks dans le cadre de l‘élaboration d’une politique mondiale de gestion d‘émission des gaz.

Mathias Disney, enseignant à l’University college : “On peut utiliser nos mesures laser pour estimer avec précision le volume des arbres. Quand vous obtenez ce volume il faut alors déterminer la densité du bois. Et quand vous disposer du volume et de la densité, on peut estimer la masse de ces arbres. On peut alors essentiellement utiliser ce scanner pour déterminer le poids des arbres. »

Irlande : 10.000 volontaires vont planter 1 million d’arbres en 24 heures!

L’organisation irlandaise One Million Trees in One Day s’apprête à planter 1 million d’arbres en l’espace de 24 heures le 26 avril prochain. Pour relever ce challenge de reforestation hors norme, les bras d’une armée de 10.000 volontaires répartis sur 32 comtés seront nécessaires. Estimé à 3 millions d’euros, le projet entend notamment se financer grâce à la plus grande opération de crowdfunding environnemental jamais organisée en Irlande.

« Cette opportunité de reproduire des forêts naturelles grâce à une large variété d’espèces bénéficiera aux populations locales à travers la pollinisation des cultures par les insectes, le développement de la faune et d’un cadre naturel ainsi que la fourniture de combustible pour les besoins énergétiques » explique Cillian Lohan, directeur de l’Irish National Forestry Foundation (INFF), partenaire du projet.

A la clef également, la préservation de la qualité des sols et de l’air grâce à la captation de CO2 par les puits de carbone que sont les arbres.

« Un matin il y a deux ans, je me suis dit ‘plantons un million d’arbres » confie en souriant Imogen Rabone, instigatrice et actuelle coordinatrice du projet One Million Trees in One Day.
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J-M Jancovici : « Gérer la contrainte carbone, un jeu d’enfant ? »

Présentation de Jean-Marc Jancovici donnée au début de l’année 2012 à l’ENS devant un parterre d’ingénieurs. Le conférencier met à plat  les innombrables relations qui font dépendre le niveau de vie des sociétés développées de la disponibilité d’une énergie abondante.

L’abondance énergétique croissante a radicalement modifié notre mode de vie depuis le début de la révolution industrielle. Cette évolution, essentiellement basée sur le déploiement des énergies fossiles, se heurte désormais à deux limites croissantes: celle de la disponibilité des ressources fossiles, et celle du changement climatique.

L’énergéticien recourt notamment à l’équation de Kaya qui modélise en une simple règle de 3 les facteurs déterminants de la pérennité de notre civilisation. Il établit également de manière très claire la notion du rendement des différentes filières de production d’énergie.

Allemagne : Le “mix électrique”, un tournant énergétique

Nos voisins Allemands souhaitent produire et utiliser une électricité verte, c’est à dire sans carbone ni nucléaire. C’est l’Energiewende (le tournant énergétique en allemand).

Gouvernements, industriels et consommateurs poursuivent cet objectif. Il a pris la forme de décisions sur le nucléaire (arrêt immédiat des centrales anciennes et arrêt définitif programmé en 2022 pour les 17 réacteurs de 2010), et des programmes visant à faire monter l’éolien et le solaire dans le mix électrique.

Où en sont-ils ?

L’Allemagne avait produit en 2010 un total de 622 TWh, soit 15% de plus que la France (ne pas oublier que sa population est plus importante, 81 millions contre 65). Le charbon comptant pour 42% et le gaz pour près de 14%. La production nucléaire représentait 24% de l’électricité produite soit environ 140 TWh. Aujourd’hui, elle est de l’ordre de 18%.

Tout d’abord, quel était, avant l’accident de Fukushima, le mix électrique allemand. Le graphique ci-dessous donne les chiffres de 2010.
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25 ans de développement durable, et après ?

Edwin Zaccai est professeur à l’Université libre de Bruxelles (Institut de gestion et d’aménagement du territoire, IGEAT). Il a été maître de conférences à Sciences Po, et a publié plusieurs ouvrages de réflexion socio-politiques sur le développement durable. Dans son dernier ouvrage paru aux PUF, l’auteur tire une conclusion sur le sujet : un bilan décevant, un développement durable qui perd en crédibilité.

En 1987, à la demande de l’ONU, était publié le rapport fondateur du développement durable à l’échelle internationale : le Rapport Brundtland. Depuis, cette notion a été largement utilisée dans les discours politiques, industriels et médiatiques. Ce succès apparent ne peut pourtant masquer le fait que beaucoup de problèmes mis en évidence dans ce contexte n’ont encore que des pistes de solutions.

Comme on pouvait s’y attendre, le diagnostic est plus que mitigé. Il y a loin des discours aux actes (en témoigne en particulier le greenwashing – verdir son image par la parole plus que par des mesures concrètes). Aujourd’hui encore, l’adhésion reste variable selon les milieux sociaux et les circonstances.

Contesté par les mots d’ordre de décroissance ou ceux d’une sortie de crise minorant les contraintes écologiques, le développement durable demeure un principe légitime. Mais il est forcé de redéfinir les conditions de son opérationnalité.

Au-delà des indicateurs quantitatifs, Edwin Zaccai s’emploie à en apprécier l’impact sur les politiques publiques, les entreprises et les consommateurs. Et tente aussi d’évaluer l’efficacité des moyens d’action dont disposent ces différentes parties prenantes.
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Pour ou contre le « juste échange » du PS ?

C’est un tabou idéologique qui saute : en adoptant le principe du « juste échange » le 9 octobre dernier, les socialistes envisagent en effet d’imposer des droits de douanes aux pays à bas coûts. Deux économistes s’affrontent sur le sujet.

Réunis le 9 octobre dernier en Convention nationale, le PS a adopté à l’unanimité le principe du « juste-échange », traduction du « fair-trade » revendiqué par les démocrates américains. Concrètement, les socialistes veulent instaurer des taxes sociales et environnementales aux portes de l’Union Européenne sur les importations en provenance de pays peu respectueux des droits salariaux et des normes écologiques. Ces droits de douanes « vertueux » iraient alimenter un Fonds destiné à soutenir les salariés des pays pauvres.

Selon le PS, cette voix médiane entre « le libre-échange destructeur d’emploi » et le “protectionnisme facteur de crispations nationalistes » protègeraient autant l’industrie européenne que la couche d’ozone. Trop beau pour être vrai ? Deux économistes répondent. Et comme d’habitude, ils ne sont pas d’accord.

Jean-Luc Gréau, essayiste favorable au protectionnisme, soutient la proposition socialiste même s’il la trouve un peu tiède ; Jean-François Jamet, professeur à l’IEP Paris et économiste à la fondation Robert Schuman, la rejette fermement invoquant les risques qu’une guerre commerciale à l’échelle mondiale pourrait faire peser sur nos entreprises exportatrices.

Les droits de douane au nom du « juste-échange » peuvent-ils protéger les emplois et l’industrie en Europe ?

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Mesures d’austérité : «Les Etats feront face à la résistance sociale»

Philippe Bacchetta, professeur d’économie à l’Université de Lausanne, affirme que la crise de la dette des pays de l’OCDE n’est pas soutenable.

Emeutes en Grèce, décembre 2008

Le Temps : L’endettement des Etats de l’OCDE est-il alarmant ?

Philippe Bacchetta : Il n’est pas dramatique. Dans le passé, nous avons déjà vu des niveaux comparables. Par contre, il est insoutenable, ce qui veut dire qu’on ne peut pas continuer sur la même voie. Les Etats ne peuvent pas vivre éternellement au-dessus de leurs moyens. Le service de la dette peut peser lourd dans le budget national.

– Quel est le vrai problème ?
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La taxe carbone engraisse les milliardaires et les mafieux

Par Marc Mayor

En marge de la conférence de Copenhague, s’est tenu un minisommet permettant à des scientifiques de confronter leurs données à celles, du moins en partie manipulées, sur lesquelles reposent les décisions de nos dirigeants. Le professeur Henrik Svensmark, physicien du Centre national spatial danois à Copenhague, a expliqué que le réchauffement récent est causé par l’activité solaire.

Pour Nils-Axel Mörner, géologue à l’université de Stockholm, la montée du niveau des eaux a été grandement exagérée par des pseudoscientifiques alarmistes ; l’observation des sédiments, des côtes et des arbres le démontrerait.

Pour le professeur Cliff Ollier, géologue à l’université d’Australie-Occidentale, la fonte de la calotte glaciaire est liée à la géothermie, non à la température de l’air.

Enfin, le professeur Ian Plimer, de l’université d’Adélaïde, estime que le dioxyde de carbone rejeté par les volcans a plus d’impact que celui généré par l’activité humaine.

Malheureusement, l’un des organisateurs de la contre-conférence admet que son lobby a accepté de l’argent d’Exxon Mobil dans le passé, ce qui entame la crédibilité de l’entreprise.

Loin de ces considérations, le rendez-vous officiel avait pour but d’étendre le système communautaire d’échange de quotas d’émission à la planète tout entière, vous y compris.

En effet, le député travailliste britannique Collin Challen a imaginé taxer chaque individu en fonction du carbone qu’il est censé émettre.

En pratique, il se pourrait que, d’ici quelques années, nous obtenions tous une carte de “crédit personnel de carbone”, sorte de permis à points version CO2. Vous faites le plein : un point passe à la trappe. Votre facture d’électricité augmente ? Deux points de moins. Vous prenez l’avion pour Nice pour aller bronzer sur la Côte ? Cela vous fera trois points.

Tout comme les autorités peuvent aujourd’hui ponctionner tout détenteur de véhicule plus ou moins à volonté en réduisant le nombre de places de parking tout en augmentant le montant des amendes, ce nouveau permis pseudo-écolo donnera à nos dirigeants un chèque en blanc pour nous taxer jusqu’à l’os.
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La taxe carbone annulée par le Conseil constitutionnel

Le Conseil constitutionnel a annulé mardi la taxe carbone qui devait entrer en vigueur le 1er janvier, jugeant que “l’importance des exemptions totales de contribution carbone étaient contraires à l’objectif de lutte contre le réchauffement climatique et créaient une rupture d’égalité devant les charges publiques.” François Fillon a annoncé peu après qu’un nouveau dispositif sera présenté le 20 janvier au Conseil des ministres.

Le Conseil constitutionnel souligne notamment qu’”étaient totalement exonérées de contribution carbone les émissions des centrales thermiques produisant de l’électricité, les émissions des 1.018 sites industriels les plus polluants, tels que les raffineries, cimenteries, cokeries et verreries,” “les émissions du transport aérien et celles du transport public routier de voyageurs.

Pour le Conseil constitutionnel, “ces exemptions auraient conduit à ce que 93% des émissions d’origine industrielle, hors carburant, soient exonérées de contribution carbone,” et “moins de la moitié des émissions de gaz à effet de serre aurait été soumise à la contribution carbone.”

Celle-ci aurait donc porté essentiellement sur les carburants et les produits de chauffage qui ne sont que l’une des sources d’émission de dioxyde de carbone,” précise le Conseil constitutionnel dans un communiqué, en notant que “par voie de conséquence, il a censuré l’ensemble du régime relatif à cette contribution.
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Gazprom, stratégie de la Russie

Dans la continuité de deux articles que nous avons publiés récemment (article 1article 2) et rejoignant par ailleurs l’analyse d’Aymeric Chauprade, Michel Drac s’intéresse à la stratégie gazière de la Russie.

Anne-Marie Lizin est professeur à Sciences-Po Paris. Mais bon. Pour une fois, on essaiera d’oublier ce qu’on pense de Sciences-Po.

Et on s’intéressera à une étude qu’elle vient de diriger sur la stratégie énergétique de la Russie : « Gazprom » (étude coordonnée par ailleurs par Nicolas Zeisler).

Etude évidemment conforme au « politiquement correct » de Sciences-Po, donc porteuse d’une tonalité à mon avis plutôt anti-russe. Mais justement. Il est intéressant de savoir ce que pensent les gens qui n’aiment pas ce que nous aimons.

Poids de la Russie dans les importations de gaz naturel des pays européens : Allemagne 39 % (alors que le pipeline Baltique n’est pas encore ouvert), France 26 %, Italie 30 %, souvent plus de 80 % en Europe de l’Est (à l’exception notable de l’Ukraine, qui achète son gaz au Turkménistan et est parvenue à réduire le poids du gaz russe à 23 %).

Simultanément, Gazprom noue des contacts avec des pays producteurs de gaz hors Russie (l’Algérie, entre autres). Lire la suite

La finance carbone va sauver le climat !

Les marchés du carbone constituent depuis les années 1990 la réponse majeure de politique internationale pour résoudre la crise climatique. Leur conception est un produit de la rhétorique néolibérale, alors à son acmé, ardemment défendue par les États-Unis lors des négociations devant aboutir au protocole de Kyoto en 1997, que ces derniers n’ont finalement pas ratifié.

Depuis les années 2000, l’essentiel de l’énergie de l’Union européenne s’est déployée pour la mise en place du premier marché du carbone en 2005. L’Union est aujourd’hui le plus ferme défenseur de cette politique, alors que le marché européen du carbone est un exemple de la volatilité et de l’instabilité du prix du carbone et de son incapacité à réguler la crise climatique.

Ces marchés ont vu leur taille doubler chaque année entre 2005 et 2008. Même s’ils ne sont pas comparables par leur taille, approximativement équivalente à 100 milliards de dollars, aux marchés financiers déjà en place, il sont promis à connaître des volumes voisins des dérivés de crédit dans une dizaine d’années selon James Kanter du New York Times (06-07-2007).

Au bonheur des fonds spéculatifs

La « finance carbone », surtout après les déboires de l’immobilier, a rapidement attiré les fonds spéculatifs, les traders du secteur de l’énergie (comme EDF trading, Shell trading, Rhodia Energy…), des entreprises industrielles comme Arcelor-Mittal et les grandes banques d’investissement, Citigroup, Goldman Sachs, Crédit suisse, BNP-Paribas, Merrill Lynch, autant d’institutions désormais connues du grand public pour leur prudence financière et leur souci du bien commun !

Car le marché du carbone n’est pas un simple commerce de droits et crédits d’émission échangés entre entreprises pour satisfaire à leurs obligations. Ces titres sont en effet détenus aussi par d’autres acteurs, dont le but est de spéculer sur leur valeur. Ainsi un marché secondaire s’est rapidement développé, avec des spécialistes de la spéculation qui élaborent des produits financiers complexes, à partir des savants modèles de produits dérivés qui ont déjà fait la preuve de leur dangerosité, avec le risque d’une bulle financière.
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Faut-il brûler les climato-sceptiques ?

Le géophysicien Vincent Courtillot fait partie de ceux qui nuancent le catastrophisme sur le changement climatique. Bref, de ceux que les écolos auraient bien envie de coller au bûcher (au risque d’augmenter les émissions de CO2). Il était l’invité de Parlons net cette semaine.

Vincent Courtillot, géophysicien, directeur de l’Institut de physique du globe de Paris, défend des thèses qui modèrent les prévisions les plus pessimistes sur le changement climatique. A quelques jours du sommet de Copenhague, il se veut pédagogue et nuancé face au catastrophisme ambiant. Certains le lui reprochent. Il donne ici le programme idéal d’une conférence écologique mondiale selon lui. Il critique la représentativité du GIEC et dans le même temps la difficulté pour les politiques de se saisir de la difficulté des débats scientifiques.

Vincent Courtillot revient sur l’affaire dite du Climate Gate. Il décrypte les querelles scientifiques et se positionne en modéré par rapport à Claude Allègre. Il dénonce très vivement le principe de précaution et ses excès et estime qu’il ne faut pas avoir peur. Pour lui il y a deux sortes d’écologistes : ceux qui font peur et les autres.

http://www.dailymotion.com/video/xbaihj
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Technologies vertes : la nouvelle course aux armements chinoise

Au moment où les commentateurs notent la fin de non-recevoir sur l’éventualité d’un partenariat de type G-2, opposée par le président chinois au président américain en visite officielle ; où la perspective d’un accord global sur le climat à Copenhague, bute sur les divergences d’intérêts entre pays émergents et pays riches ; où l’Occident semble empêtré dans des pesanteurs que l’on peut percevoir comme idéologiques, mais qui ne sont peut-être que celles d’une oligarchie crispée sur des avantages acquis ; l’impressionnant bilan des avancées chinoise dans secteur des technologies vertes, établi par l’américain Robert F. Kennedy Jr (universitaire et avocat, spécialiste des questions environnementales) dans le Huffington Post le 19 novembre 2009, remet quelques pendules à l’heure.

Dans un monde où les technologies cruciales de demain ne seront pas forcément celles qu’imaginent le bloc occidental (nano, NTIC, biotechs…) mais, plus prosaïquement, celles qui permettront d’affronter concrètement le défi du climat et de l’énergie, les plus modernes et les plus réactifs ne sont pas ceux que l’on croit.

Entravée par l’opposition des grands émetteurs de carbone et de leurs alliés à courte vue du Capitole [le siège du congrès US], l’administration Obama a reconnu cette semaine qu’elle reviendrait de Copenhague sans que soient pris de nouveaux engagements en vue de contrôler les gaz à effet de serre. De même, le Congrès fait marche arrière sur la promesse pourtant judicieuse de l’administration d’imposer un prix raisonnable sur le carbone.

L’explication ultime de blocage, c’est l’attitude traîtresse de la Chambre de Commerce américaine, toujours prête à caresser obséquieusement Big Oil [Gros Pétrole] et King Coal [Roi Charbon] dans le sens du poil, plutôt que de se soucier de ses devoirs envers notre pays, et qui combat chaque effort en vue d’accélérer la transition de l’Amérique vers une économie de marché dé-carbonisée .

La Chambre de Commerce continue à prétendre stupidement qu’un effort pour accroître l’efficacité et l’indépendance énergétique du pays mettrait, en quelque sorte, l’Amérique en désavantage concurrentiel par rapport à la Chine. Lire la suite

Pays-Bas: le GPS de Big Brother pour taxer le carbone

Si vous habitez les Pays-Bas, mieux vaut rouler en vélo qu’en voiture. Car le pays va taxer les kilomètres parcourus par les automobilistes. Objectif, réduire les rejets de Co2, et pousser les Néerlandais à se passer de leur voiture. Dès l’entrée en vigueur en 2012, la taxe au kilomètre sera de 3 centimes, pour atteindre 6,7 centimes en 2018. Les autorités néerlandaises espèrent ainsi une baisse de 10% des rejets de Co2.

Big Brother est néerlandais et travaille pour la bonne cause, celle de l’environnement : le système qu’il vient de mettre au point permettra, espère le gouvernement de La Haye, de faire baisser de 15 % le chiffre des kilomètres parcourus dans le royaume, chuter de 7 % le nombre de morts sur les routes et diminuer de 10 % les émissions de CO2 et de particules fines. Face à de telles promesses, seuls les populistes et les ultralibéraux osent se montrer critiques. Quant au parti écologiste, il se contente de demander que le projet entre plus vite en vigueur et aille plus loin.

Le tarif devrait être modulé en fonction des routes empruntées et des différents moments de la journée – heures de pointe ou non. La taxation tiendra aussi compte du type de véhicule, avec un bonus pour les plus “propres”. Les voitures seront toutes équipées d’un boîtier de type GPS, acquis grâce à une prime gouvernementale. Connecté à un satellite, le boîtier renverra ses informations (localisation, distance parcourue) à un centre de calcul, via des portiques de détection.

Les véhicules seront équipés d’un GPS qui calculera les kilomètres parcourus, et les données seront envoyées à un bureau d’encaissement qui établira la facture. Et attention, un système sera mis au point aussi pour les véhicules étrangers. A ce stade, quelques juristes seulement émettent des inquiétudes quant à l’utilisation des données collectées par les boîtiers embarqués à bord des voitures.

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Total lance un cri d’alarme contre la chasse au carbone

Le patron du groupe pétrolier français a mis en garde les politiciens contre le risque d’accélérer une pénurie de l’offre de pétrole, si ceux-ci adoptent des politiques environnementales trop contraignantes.

Avant de décourager les investissements dans le pétrole et le gaz, il faut s’assurer de disposer de ressources énergétiques alternatives viables.

Tel est le message à l’attention des gouvernements lancé par Christophe de Margerie, directeur général de Total, qui a déclaré dans une interview au Financial Times : ” le carbone n’est pas un ennemi, c’est la vie.”

Le patron de Total a notamment déclaré : “les gouvernements doivent évaluer les besoins de cette planète en termes d’énergie et arrêter de dire que nous allons développer l’énergie solaire pour ensuite déclarer que cela ne sera pas suffisant.

A la veille de la conférence de Copenhague sur l’environnement, Christophe de Margerie souhaite notamment que la politique de sécurité énergétique ne soit pas négligée au détriment de la politique sur l’environnement. Il prévient “alors que c’est encore compliqué en Europe”, que les industries pétrolières pourraient réduire leurs investissements si les gouvernements établissaient des politiques drastiques sur la baisse des émissions de carbone.

L’environnement n’est pas l’unique problème sur lequel il faut se pencher ; selon lui, il y a “également une préoccupation sur l’accès à plus d’énergie.”

“J’espère que vous avez beaucoup de bougies” dans le cas où les gouvernements n’adopteraient pas les politiques environnementales intelligentes, a-t-il déclaré.

La Tribune

“Le sommet de Copenhague nous dirige vers un Gouvernement mondial”

Du 7 au 18 décembre 2009 aura lieu le sommet mondial Copenhagen Climate Council sur le changement climatique dans le cadre du suivi du Protocole de Kyoto. Il y sera question de la vision d’un nouvel accord international sur le climat, en faveur d’un marché mondial du carbone et des technologies en matière de développement durable qui sont respectueuses de l’environnement. Seront notamment débattus l’effet de serre, les nouvelles normes d’émission de gaz CO², la capture du carbone et stockage (CCS), l’énergie nucléaire ainsi que les agrocarburants.

Voici une brève vidéo filmée lors d’une conférence à l’université Bethel à Saint-Paul dans le Minnesota aux États-Unis, le 14 octobre 2009 où Lord Christopher Monckton a abordé certains points intéressants mais inquiétants du traité qui sera signé par les nations lors du sommet mondial à Copenhague dont celui du transfert des richesses de l’Occident vers les pays du Tiers Monde et, à terme, de l’établissement d’un gouvernement mondial.

http://www.dailymotion.com/video/xaukd2

Le texte du traité en Anglais

Réchauffement climatique: l’Afrique exige des “réparations” du Nord

L’Afrique a exigé dimanche des “réparations et dédommagements”, deux mois avant le sommet sur le climat de Copenhague, demandant que les pays industrialisés “pollueurs” soient les “payeurs”.

Ces exigences du continent le moins pollueur mais le plus pauvre du monde interviennent au moment où les négociations internationales sont très laborieuses, voire “dangereusement proches d’une impasse“, comme l’affirme le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

Pour la première fois, l’Afrique aura une position commune” au sommet de Copenhague, s’est félicité le président de la Commission de l’Union africaine Jean Ping lors de la 7e édition du Forum mondial pour le développement durable consacré aux changements climatiques. On a décidé de parler d’une seule et même voix et d’exiger des réparations et des dédommagements.”

Le président du comité d’organisation du Forum, a estimé à 65 milliards de dollars (44 milliards d’euros) les financements nécessaires pour que le continent puisse faire face aux dérèglements du climat.

Les responsables doivent s’engager à réduire leur émission de gaz à effet de serre et à répondre aux principes du ‘pollueur-payeur’,” a assuré M. Ping, préconisant la mise en place de “nouveaux fonds internationaux pour soutenir les pays pauvres.”
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