Crédit conso: le problème de fond n’est pas abordé

Le gouvernement doit mettre “un holà au système” de crédit à la consommation, qui réserve bien souvent les taux d’intérêt les plus élevés aux gens les plus modestes. Malgré les avancées du projet de loi sur le crédit à la consommation, les Associations regrettent qu’il n’aille pas plus loin.

Les banquiers sont de nouveau dans la ligne de mire du gouvernement. Cette fois-ci, c’est le crédit revolving qui est pointé du doigt. Le gouvernement et le parlement veulent mieux l’encadrer et préparent un projet de loi pour le premier trimestre 2009. Le crédit “revolving” (en français, renouvelable) est un crédit à la consommation avec des taux d’intérêts variables et dont le remboursement du capital et des intérêt peut s’échelonner jusqu’à 4 à 5 ans. Ce type de crédit entraîne les ménages les moins solvables (avec des capacité de remboursement douteuses) dans une spirale d’endettement dangereuse. L’engrenage s’enclenche lorsque les ménages doivent contracter de nouveaux crédits pour rembourser les premiers: 82% des ménages passés en commission de surendettement détiennent des crédits renouvelables et en moyenne, ils ont 7 comptes ouverts.
Au total, selon le rapport Pour un développement du crédit responsable du crédit renouvelable en France, réalisé par le cabinet Athling Management, 9% des Français ont au moins un “revolving,” et souvent plusieurs, ce qui fait 43,2 millions de comptes actifs fin 2007, les trois quarts avec une carte de paiement.

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Crise grecque : le faux alibi de la dette

Certains accusent la Grèce d’être responsable de la crise qui la frappe de par ses dépenses budgétaires incontrôlées. Mais pour Gabriel Colletis, c’est bien la folie des marchés financiers qui est coupable. Dans cette première partie, l’économiste examine les maux de l’économie grecque ainsi que les hypocrisies des spéculateurs.

Après avoir dépensé des centaines de milliards d’euros ou de dollars dans différents plans dits de « relance » de l’activité économique ainsi que, surtout, dans le soutien du système financier, tous les gouvernements, et pas seulement le gouvernement grec, semblent avoir désormais choisi la voie de la « sortie budgétaire ». Ce choix est estimé nécessaire afin de maîtriser les déficits, alors même que le risque existe de produire un impact négatif sur une croissance restant très fragile.

Prenant quelque distance avec l’unanimisme ambiant, nous voulons donner suite aux observations et interrogations exprimées par Paul Krugman aux Etats-Unis ou Paul Jorion en France. Le premier n’hésite pas, en effet, à dénoncer « l’hystérie des déficits » (New York Times, 5 février), alors que le second s’interroge « la dette est-elle un boulet ou un prétexte ? » (Le Monde, 9 février), penchant plutôt pour la deuxième hypothèse.

En nous centrant sur le cas de la Grèce, nous évoquerons d’abord les maux dont souffre ce pays (1.), puis nous commenterons la nature des « doutes » que l’on prête aux marchés, lorsque ceux-ci semblent s’effaroucher du niveau des déséquilibres des comptes publics de certains Etats (2.). Enfin, nous examinerons les issues actuellement privilégiées, en Grèce comme ailleurs, pour réduire les déficits et restaurer la « confiance des marchés » (3.).

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La Grèce emportera-t-elle les Balkans dans sa chute ?

Le 15 janvier, la rencontre entre le Premier ministre grec et son homologue bulgare, lors de l’inauguration de la route transfrontalière reliant Thermes à Zlatograd, avait un côté délicieusement suranné. Quelque chose qui rappelait la période 1995-1996, quand la Grèce commençait à investir dans les Balkans et renonçait à l’embargo contre la Macédoine. Quinze ans plus tard, Athènes est devenu un acteur économique majeur dans la région. La Grèce entraînera-t-elle tous les Balkans dans sa chute ?

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“Nous avons foi en la crise” (redif.)

“J’appartiens à l’école catastrophiste. Je pense que les euromondialistes s’imaginent qu’ils contrôleront tout, ou disons qu’ils contrôleront toujours une part suffisamment importante de la structure d’ensemble pour ne pas perdre totalement la maîtrise des processus qu’ils ont enclenchés. Mais je pense tout de même, sans pouvoir le prouver, intuitivement disons, que ces gens-là vont avoir un accident. Personne ne peut contrôler le monde entier. C’est impossible. Il n’est pas dans la nature du monde qu’un système quelconque règne durablement sur une étendue trop vaste, surtout s’il manque de souplesse. Tôt ou tard, il se passe quelque chose qui n’était pas prévu. Le système néolibéral est un château de cartes. Il ne pourra pas résister à une secousse forte. Il est trop fragile pour tenir sur la durée.”

(Michel Drac, De la souveraineté, Editions Scribédit, 2007)

Bayard, sans peur et sans reproche

In crisis we trust [Nous avons foi en la crise]

Sous ce titre provocateur se cache une possibilité effrayante, que la foi en l’avenir ne saurait éliminer, et que le déni de réalité ne pourra plus couvrir longtemps, alors que nous voyons le mur de la vérité s’approcher à grande vitesse.

A l’heure actuelle, le mot « crise », pour la plupart de nos contemporains, n’est utilisé que dans le sens que lui donnent nos chers médias. Médias qui, tout le monde l’aura remarqué, n’ont commencé à nous informer que des mois après le début de ladite crise. Médias qui ont même longtemps refusé d’employer le mot « crise », le mot qui fait peur – et qui, néanmoins, reste de l’ordre du quotidien, du connu, du banal presque.

Résultat : cette crise est une possibilité, elle est intégrée comme telle, mais la définition de ce qui est possible n’a pas été précisée, et le contenu de ce possible n’est pour l’instant nullement concrétisé dans nos vies. Le taux de chômage commence à augmenter d’une manière inquiétante, mais à part ceux qui en sont directement victimes, personne n’a encore clairement pris conscience de ce qui se passe vraiment.

Regardons donc de plus près le début de cette crise, remontons à son origine, et essayons d’en tirer toutes les conséquences – et surtout celles qu’on préférerait renvoyer au domaine du cauchemar et de l’impossible. Regardons de près, car voilà ce qui va se passer dans les mois et les années qui viennent : beaucoup de choses, que pour l’instant par hypothèse nous reléguons dans le domaine de l’impossible, vont brutalement basculer dans le domaine du possible – et ce basculement, bien souvent, se produira une fraction de seconde seulement avant que ces choses ne basculent, tout simplement, dans le domaine du réel. Lire la suite

L’Europe risque une nouvelle récession

Simon Johnson, ex conseiller économique auprès du FMI, analyse l’éventualité d’un recours à cette institution pour venir en aide à la Grèce, comme certains l’envisagent aujourd’hui. Outre le fait que les règles du FMI ne sont pas adaptées à une intervention en faveur d’un membre d’une union monétaire, et qu’une telle intervention nécessiterait – entre autres – de recueillir l’assentiment de la Chine et des USA, la crédibilité et le statut de l’Union au plan international en sortiraient grandement amoindries, avertit-il. Pourtant, il faut agir vite, selon lui, car les produits dérivés adossés à la dette souveraine – toujours pas régulés – pourraient à nouveau déclencher une cascade de réactions en chaîne incontrôlables.

Une remarque [de ContreInfo]. La sortie de crise ne dépend pas de cette seule et inconfortable alternative : financement par l’Europe ou par le FMI. Les Etats ont fort obligeamment accepté de garantir les émissions de dette des banques à l’automne dernier. Ils pourraient aujourd’hui pratiquer de même pour sauver la mise des nations menacées.

"J'admire ces gens qui sont capables d'anticiper une récession..."

La réunion totalement inutile du G-7 de cette fin de semaine [les 5 et 6 février 2010 à Iqaluit, au Nunavut], n’a eu pour effet que de souligner le fait que l’Europe entre à nouveau dans une grave crise économique.

A l’issue de la réunion d’hier, le secrétaire au Trésor US, Tim Geithner, a déclaré aux journalistes : « je veux simplement souligner qu’elles ont clarifié – elles, c’est à dire les autorités européennes – qu’elles vont gérer cette [ crise de la dette grecque] avec une grande attention. »

Mais les Européens ne font pas preuve d’attention – et, désormais, il ne s’agit plus seulement de la Grèce. Les inquiétudes au sujet de la dette publique et des engagements du secteur public (par exemple, si les systèmes bancaires sont en grande difficulté) se sont étendues dans la zone euro à l’Espagne et au Portugal. L’Irlande et l’Italie seront les prochains pays sur la liste dont la situation sera réexaminée de façon hostile par les marchés, et le Royaume-Uni pourrait n’être pas très loin derrière.

Que font les pays européens les plus forts, plus précisément l’Allemagne et la France, pour contenir la peur auto-réalisatrice que les pays les plus faibles de la zone euro ne soient en mesure d’honorer leur dette – raison de la panique qui fait monter les taux d’intérêt et rend encore plus difficile pour ces gouvernements d’assumer leurs engagements ?

Les pays européens disposant de ressources financières ne font rien – si ce n’est insister pour que tous les pays sous pression réduisent leurs budgets rapidement et selon des modalités qui sont probablement, politiquement, infaisables. Ce genre d’austérité budgétaire a directement contribué à précipiter le déclenchement de la Grande Dépression des années 1930.

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USA : les “walk away” laissent leur maison… et leur dette aux banquiers

Fairfield, à 65 kilomètres de San Francisco (Californie), est l’un de ces lieux où les cadres californiens sont, depuis 2004, venus chercher qualité de vie et immobilier abordable. Dans cette ville nouvelle, ils se sont fait construire de belles maisons avec piscine, jardin et un garage pour trois véhicules. Beaucoup ont choisi de quitter leur appartement en ville pour acheter une de ces villas. Et pour financer ce rêve à 800 000 dollars (près de 600 000 euros), sûrs de faire, grâce à la hausse des prix de l’immobilier, une bonne affaire, ils ont emprunté sur 30 ans.

(En mars 2008, déjà...) Légende de la photo : "Pour les propriétaires qui ne peuvent plus rembourser leur prêt, la saisie pourrait ne pas être la seule solution"


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Enron, miroir de notre avenir ?

Par Michel Drac

Petit rappel de l’expérience californienne

En 2001, la grande presse titra sur « l’échec colossal » de la libéralisation du marché de l’énergie, dénoncée par le gouverneur de Californie, Gray Davis. C’était avant que, pour conserver le contrôle du Golden State, l’oligarchie étatsunienne sponsorise un ancien acteur musclé, Arnold Schwarzenegger, et en fasse le remplaçant de Gray Davis – sur qui George Bush, l’ami intime d’un certain Ken Lay, président du groupe Enron, fit retomber le blâme du désastre énergétique californien.

Gray Davis n’avait pas tort en parlant d’échec colossal. La Californie, cœur du capitalisme nord-américain depuis les années 80, en était à prendre des mesures de rationnement sur l’électricité – comme un quelconque pays du Tiers-Monde. Victime de coupures d’électricité à répétition, le Golden State voyait son économie perturbée, sa population exaspérée par la hausse vertigineuse des factures énergétiques. Comment en était-on arrivé là ?

Tout commence en 1996, quand Sacramento décide d’ouvrir partiellement le marché de l’énergie à la concurrence. La concentration verticale des producteurs et des distributeurs vole en éclat. Un nouveau marché de l’énergie apparaît, marché sur lequel les distributeurs vont s’approvisionner chez les producteurs. L’objectif est de faire baisser les prix en créant de la concurrence entre distributeurs et entre producteurs.

Le problème, c’est que ce marché est complètement biaisé. Pour commencer, les prix au détail sont restés en partie encadrés, ce qui fait que, au fur et à mesure que les prix à la production flambent (faute d’investissements dans les capacités de production), les marges des distributeurs se restreignent – jusqu’au point où la plus grande société de distribution, Pacific Gas & Electric, en est réduite à déposer son bilan. Pourquoi cette absence d’investissement dans les capacités productives ? En partie parce que, dans le courant des années 90, un secteur public anémique a trop peu construit de centrales. Mais aussi, et surtout, parce qu’avec la perspective de la libéralisation, les producteurs ont été rachetés par des acteurs qui se positionnent dans une pure perspective de profit, et donc veulent avant tout dégager de la marge (par l’augmentation des prix à la production). Parmi ces acteurs décidés à rentabiliser un capital qu’ils n’investissent pas, et persuadés que l’absence d’investissement va justement leur permettre de dégager du profit : Enron, la société de Ken Lay.

Le cas Enron est particulièrement emblématique des dérives du capitalisme hyper financiarisé, pour lequel seul compte la valeur comptable, sans considération pour la réalité de la production de richesse réelle. Le directeur financier, Jef Skilling, a une théorie intéressante : puisque la rentabilité du capital est maximale dans les activités d’intermédiation (banque, arbitrage), une entreprise industrielle comme Enron doit se transformer en entreprise financière. Et voici comment une société conçue, au départ, pour poser des pipelines et construire des centrales énergétiques (ce qu’Enron n’a jamais vraiment su faire) se transforme en « courtier en énergie ». Au fond, c’est la capitulation du capitalisme industriel devant le capitalisme bancaire : le choix du tout financier comme ultime moyen de rentabiliser optiquement un capital sur-accumulé, que l’économie réelle n’est plus capable de rémunérer.

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La troisième crise, la vraie (la crise politique)

Après la crise financière, puis la crise économique, s’ouvre la vraie crise : la crise politique. Elle a commencé en Islande, en Irlande, la voilà en Grèce et dans le Massachusetts. Elle met les gouvernements entre deux feux, celui des marchés financiers, créditeurs des Etats, et celui des opinions publiques, à qui on demande maintenant de « payer » pour les pots cassés par ces mêmes marchés. L’issue de cette crise politique est aujourd’hui totalement incertaine.

Manifestation monstre du mouvement Tea Party, Washington, USA, 12 septembre 2009

Pour éviter le scénario de 1929, la Grande Dépression, les gouvernements ont adopté des plans de relance qui ont creusé les déficits (de 8-10 % des PIB).

Parallèlement, les autorités ont sauvé les banques en injectant des capitaux, rachetant des actifs « pourris » et garantissant les dépôts, pour des totaux par pays encore supérieurs, selon le « Financial Times » : 182 milliards de dollars en France, 669 en Allemagne, 1.476 milliards en Grande-Bretagne, 2.683 milliards aux Etats-Unis.

Cette politique a réussi, comme l’ont souligné le G-20, le FMI, l’OCDE ; seuls quelques élus républicains américains en doutent encore [N.B. : cette affirmation n'engage évidemment que son auteur... - La rédaction de Fortune]. Mais va venir le moment de faire machine arrière, d’installer la rigueur et de rembourser les dettes accumulées.

La première question est « quand commencer » ? La réponse est : pas encore maintenant. Mais les marchés s’agitent déjà, il est temps d’annoncer la couleur et de dire, clairement, quelles sont les « stratégies de sortie » qui seront mises en place à partir de… disons 2011.

Quelle sera l’ampleur des « ajustements » ? Considérable. Parce que la crise intervient à un moment où le vieillissement venait déjà mettre les finances publiques en péril dans les pays développés. Les deux s’additionnent.
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Crise et mutation (suite)

Il y a quelques jours, nous avons publié un extrait d’un livre-dialogue, insolite et inclassable, qui vient de paraître, « Crise et mutation » (Editions Charles Antoni – L’Originel, janvier 2010).

En voici un second passage, dû, cette fois, à Jean-Pierre Crépin, ex-associé du groupe de marketing HighCo, spécialiste de la mutation consommateur citoyen, auteur du blog Nécronomie, sur lequel il chronique la crise après l’avoir annoncée dès 2005.

A mon sens, personne n’a mieux écrit sur la valeur travail que Cioran dans «Sur les cimes du désespoir». Je ne résiste pas au plaisir d’en livrer un court extrait, tant il me semble impossible de vouloir égaler une telle précision.

« Les hommes travaillent généralement trop pour pouvoir encore rester eux-mêmes. Le travail : une malédiction que l’homme a transformée en volupté. Œuvrer de toutes ses forces pour le seul amour du travail, tirer de la joie d’un effort qui ne mène qu’à des accomplissements sans valeur, estimer qu’on ne peut se réaliser autrement que par le labeur incessant — voilà une chose révoltante et incompréhensible. Le travail permanent et soutenu abrutit, banalise et rend impersonnel. Le centre d’intérêt de l’individu se déplace de son milieu subjectif vers une fade objectivité ; l’homme se désintéresse alors de son propre destin, de son évolution intérieure, pour s’attacher à n’importe quoi : l’œuvre véritable, qui devrait être une activité de permanente transfiguration, est devenue un moyen d’extériorisation qui lui fait quitter l’intime de son être. Il est significatif que le travail en soit venu à désigner une activité purement extérieure : aussi l’homme ne s’y réalise-t-il pas — il réalise… »

Il est difficile, dans ces conditions, de trouver d’autre vertu au travail que de permettre de consommer dans les démocraties de Marché. Bref, ceux qui ne travaillent pas s’ennuient, ceux qui travaillent s’ennuient également. Tous parlent du travail comme d’une activité extérieure à eux-mêmes…

Pire encore, le capitalisme ainsi globalisé éclaire d’un coup de projecteur une de ses vérités fondatrices, mais qui constitue une insoutenable révélation pour les hommes ; à savoir : l’entreprise est faite pour créer des richesses, pas des emplois. Les salariés ne sont qu’une variable d’ajustement. Un mal encore nécessaire, dans un monde ou le travail salarial est amené à disparaître.
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Dubaï : les péchés de la finance

Par Denis Dupré, professeur d’éthique et de finance à l’Université de Grenoble.

A Dubaï, la finance n’a pas été assez islamique ! L’émirat est un concentré de ce qu’il ne faut pas faire, un cas d’école.

L’incapacité de l’entité immobilière Nakheel, du conglomérat Dubai World, à honorer à temps une partie de sa dette de 59 milliards de dollars, a provoqué un séisme sur les marchés.

Moody’s a notamment abaissé la notation de DP World, relevant de Dubai World, de A3 à Baa2.

Le prix de la couverture contre un défaut de paiement de la dette souveraine de Dubaï (CDS) a bondi de 111 points de base, à 429 points.

Premier péché : l’endettement excessif d’un pays qui, bien que peu doté en pétrole, emprunte massivement à ses voisins.

Nous vivons le temps du mensonge de la dette. Le nez de Pinocchio de Dubaï a grandi à chaque endettement supplémentaire. Quand la dette devient-elle un mensonge ?

Si je viens manger une fois chez vous, je vous signe un papier indiquant que je vous dois un repas. C’est une dette. Si je reviens dix fois et que je signe 10 papiers, vous sentez petit à petit que c’est un mensonge, que je ne vous rembourserai probablement pas.

Le cas Dubaï n’est pas unique : le ratio de la dette américaine sur le PIB a atteint, avant la crise, des niveaux plus élevés qu’avant 1929.

Dans l’histoire, ceux qui produisent ou possèdent les matières premières sont ceux qui consomment. Ce n’est plus vrai aujourd’hui : l’Asie produit, l’Amérique du Nord, l’Europe (et Dubaï) consomment. Ils en sont au onzième repas !

Deuxième péché : l’intérêt. A Dubaï, la finance n’a pas été, autre paradoxe, assez islamique !
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George Soros : “l’avenir incertain”

George Soros, c’est ce milliardaire bien connu qui, en une mémorable journée de 1992, a failli faire chavirer la Livre Sterling en spéculant massivement sur sa baisse et qui, sous des dehors de philanthrope, ne s’embarrasse pas de scrupules.

Son point de vue sur la crise actuelle n’est pas d’un simple spectateur, mais d’un acteur, prônant une régulation financière supranationale. D’où son intérêt.

La majorité des acteurs pense que le système financier mondial a échappé à la catastrophe et que les affaires reprennent comme d’habitude. Grave erreur.

La gamme des incertitudes auxquelles l’économie mondiale est confrontée, est anormalement importante. Nous venons de traverser la pire crise financière depuis la seconde guerre mondiale. La seule comparaison possible serait avec la bulle de l’immobilier japonais de 1991 (dont le Japon ne s’est toujours pas remis) et avec la Grande Dépression des années 30, même si cette crise a été quantitativement plus importante et qualitativement différente.

Contrairement à l’expérience japonaise, cette crise est véritablement mondiale et non confinée à un seul pays. Et, contrairement à la Grande Dépression, cette fois-ci, le système financier a été artificiellement maintenu, plutôt que d’avoir été autorisé à s’effondrer.

En fait, l’ampleur du problème est même plus importante que durant la Grande Dépression. En 1929, l’encours total du crédit était de 160% du PIB aux Etats-Unis et il a grimpé jusqu’à 250% en 1932. En 2008, nous avons démarré à 365% – et ce calcul ne tient pas compte de l’utilisation généralisée des dérivés, inexistants dans les années 30.

En dépit de cela, le respirateur artificiel a fonctionné. Un an à peine après la faillite de Lehman Brothers, les marchés financiers sont stabilisés, les marchés boursiers se sont redressés, et l’économie montre des signes de rétablissement. Les affaires reprennent, comme d’habitude, et le crash de 2008 n’est plus qu’un mauvais rêve.

Malheureusement, la reprise pourrait bien s’essouffler et nous pourrions être confrontés à un second revers économique, bien que je ne sois pas certain de l’échéance, 2010 ou 2011.
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Depuis 30 ans, les salaires baissent, sauf au sommet

Dans une note de recherche non encore publiée, l’économiste Jacques Sapir explique pourquoi, malgré la déflation salariale, la part des salaires dans la valeur ajoutée n’a pas baissé depuis 1990. En cause : la hausse des salaires les plus élevés et la transformation de revenus du capital en salaires.

Et pour les autres ? La chute des revenus.
La question du « partage de la Valeur Ajoutée » a suscité de nombreux débats en France depuis le début de la crise.

Sans avoir atteint le niveau des Etats-Unis ou de la Grande-Bretagne, la baisse relative sur longue durée des revenus salariaux a été invoquée comme l’une des causes de la fragilité de l’économie française.

Cependant, la diversité de ces mêmes revenus salariaux, qui incluent désormais ce qui était autrefois des revenus du capital, pose le problème de ce que l’on mesure.

Enfin, l’impact du libre-échange sur l’évolution des rémunérations salariales est aussi un facteur qu’il faut pouvoir estimer.

Si l’on fait l’hypothèse que les salaires dans l’industrie ont été en France tirés vers le bas par l’importation de produits provenant des économies à très bas coûts salariaux, c’est plus vers la relation Salaires-Productivité qu’il faut tourner ses regards.

L’ouverture au commerce international fragilise en effet le mécanisme d’indexation des salaires sur la productivité dans l’industrie et donne aux entreprises qui s’externalisent la possibilité de ne plus dépendre du marché intérieur, et des salaires qui y sont payés. Lire la suite

Le trou noir de la finance n’engloutira pas les Etats

Le point de vue de Jean-Claude Werrebrouck, économiste, ancien professeur et directeur de L’Institut de Management de la Distribution de l’Université de Lille 2, se situe, pour le moins, à contre-courant du discours dominant qui vante les mérites d’un règlement supranational de la crise.

Si la gestion de ce que nous appelions «la grande crise des années 2010» apparaissait comme le grand retour des Etats, il semble que le présent discours de la fin de la crise consacrerait plutôt le grand retour du marché.

Pour autant, nous verrons dans les développements ci-dessous, que l’apparent retour du marché, est moins à l’ordre du jour, que celui – plus souterrain – des nations souveraines.

Les apparences

Les conclusions du G-20 de Pittsburgh ne sont pas – dit-on – à la hauteur de ce qui avait été ambitionné au G-20 de Londres. A l’ardeur interventionniste semble succéder le retour des délices du marché et, dans un milieu apaisé, on sait que les boucs émissaires s’évaporent : les traders ne seront pas sacrifiés. Les nouveaux sommets atteints à Wall Street en matière de rémunérations sont là pour en témoigner.

La régulation financière ne proviendra pas de la « hard law » [la loi] mais d’instances plus accommodantes, car consanguines, et juridiquement indépendantes des Etats. Il semble même que les banques centrales, indépendantes, seront en charge d’une part de la supervision financière. Mieux : pourquoi ne pas envisager le transfert de l’aléa moral vers les banques centrales et ainsi, soulager les Etats en cas de difficulté, idée suggérée par le gouverneur de la Banque de France ?

Les banques elles-mêmes se libèrent de l’emprise publique – tout en conservant sa garantie – en remboursant les Etats à peu de frais.

Ainsi, l’actionnaire public français a reçu 226 millions d’euros pour services rendus à BNP PARIBAS, soit un manque à gagner de 5,574 milliards d’euros, par rapport à l’actionnaire de droit commun qu’il aurait pu être, en entrant directement dans le capital en octobre 2008.

Ainsi, la finance se propose de continuer à absorber une masse croissante de richesses, avec des chiffres qui continueront d’impressionner : 22% du PIB américain , 12% du PIB Britannique, etc. Lire la suite

“Une partie des élites européennes va se tourner vers Moscou”

Un entretien avec Michel Drac, au sujet de son livre “Crise ou coup d’Etat ?” (Ed. Le Retour aux Sources, 2009) et de l’actualité.
Présentation de l’auteur ?

Je travaille comme contrôleur de gestion dans un grand groupe depuis une quinzaine d’années. Je suis donc un spécialiste de la micro-économie.

Je me suis risqué dans la macro-économie, avec « Crise ou coup d’Etat ? », parce que nous en sommes arrivés au point où il est absurde de continuer à faire de la micro-économie, sans poser la question du système dans son ensemble.

Le travail a été conduit sur le site scriptoblog.com, où nous travaillons beaucoup en ateliers. « Crise ou coup d’Etat ? » est donc en partie un ouvrage collectif, développé en particulier avec l’auteur qui signe, sur le site, sous le pseudo « Le Zélote ».

Pouvez-vous présenter votre livre dans ses grandes lignes ?

Il y a trois parties.

La première partie décrit la mécanique qui s’est déroulée entre 2000 et 2007, avec une mise en perspective aussi par rapport aux décennies précédentes. En gros, j’explique que la politique macro-économique consiste, depuis dix ans et plus, à mettre en endettement tous les acteurs non financiers, pour garantir le maintien du pouvoir des acteurs bancaires, en particulier ceux de la haute finance, haute banque (si tant est que ce terme ait encore un sens distinct) et surtout banques d’affaires adossées aux banques commerciales.

La deuxième partie s’éloigne de l’économie financiarisée et s’intéresse plutôt à l’économie productive. Je montre que dans la réalité de la production, le centre de gravité de l’économie-monde est en train de basculer vers l’Asie. Je montre ensuite que tout s’est passé comme si, confrontée à cette donne, la haute finance s’était organisée pour garantir, à travers l’endettement des acteurs, le maintien de son pouvoir dans le cadre d’un futur système, un capitalisme poly-centré, avec à la clef un ajustement brutal de la structure de classes en Occident.

Enfin, la troisième partie essaye d’esquisser les conséquences de la crise. J’essaye en particulier d’expliquer que certaines de ces conséquences sont voulues par les dirigeants, et d’autres pas. Et que nous entrons dans un contexte très instable, où la confrontation entre l’OTAN et l’Organisation de Coopération de Shanghaï peut dégénérer profondément. Tout simplement parce que nous nous retrouvons dans la situation qui déboucha déjà sur les deux guerres mondiales : un centre du capitalisme thalassocratique, menacé par la montée en puissance d’une économie continentale.

Le titre est « Crise ou coup d’état ? », est-ce à dire, de la manière dont la question est posée, qu’il s’agit plus d’un coup d’Etat que d’une crise financière ? Lire la suite

Et maintenant il faut choisir : l’hyperinflation ou l’hyperimpôt

La sortie de crise paraît bien incertaine. Plus l’économie réelle souffre, plus la Bourse pavoise. C’est simplement le fruit de l’abondance de liquidités des plans de relance. Ces politiques monétaires laxistes des banques centrales et ces politiques budgétaires aventureuses des États portent un nom ancien, «la planche à billets».

Malgré le vernis technique mis à les habiller, ce n’est qu’un réflexe panique, une fuite en avant sans prétention ni d’anticipation ni de réforme. On fera plus tard le bilan de cette période où les plans de relance ont marqué un basculement, dans le sens où l’Asie et les autres pays émergents sont devenus propriétaires des économies occidentales en les finançant à crédit.

Cette crise est nouvelle. Ce n’est ni une crise de l’offre ni une crise de la demande. C’est une «crise des actifs». La spéculation autonomise la valeur des actifs : elle crée les bulles. La finance a cru être une source autonome de richesse. L’affaire des subprimes a montré qu’il n’en était rien. La spéculation (alimentée par le crédit facile) et le carry trade sont devenus le poison d’une économie virtuelle. C’est le signe d’une société qui privilégie la rente sur le travail.

Bouclier fiscal, exonération des droits de succession, diminution relative du coût du travail, défiscalisations, les exemples ne manquent pas de ces politiques, initiées à l’origine par la droite américaine, qui nous ont précisément menés à la crise d’aujourd’hui. L’ajustement des valeurs d’actifs est inévitable et la crise reste devant nous. Personne n’envisageant le retour à une croissance flamboyante, la sanction des relances sera fatalement classique: l’hyperinflation ou l’hyperimpôt.
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USA : les gains de productivité actuels n’ont rien d’une bénédiction

On devrait se réjouir de voir la productivité américaine progresser, mais c’est peut-être le signe avant-coureur d’une nouvelle vague de suppression de postes.

Le taux de chômage a grimpé à 10,2 % en octobre, alors même que l’économie était en croissance. Au troisième trimestre, la productivité augmentait de son côté à un rythme équivalent à 9,5 % par an. Le phénomène est classique en période de sortie de crise, mais il s’est produit très tôt – le produit intérieur brut (PIB) était encore en phase de contraction – et pourrait perdurer.

Si c’est bien le cas, le redressement tarderait à venir sur le front de l’emploi, et le chômage pourrait atteindre un niveau record. Les banques s’en trouveraient alors affaiblies, et les salaires comprimés.

D’ordinaire, l’augmentation de la productivité est considérée comme une bonne nouvelle. Cela signifie qu’on a besoin de moins de force de travail pour produire plus de biens et de services.

Mais lorsque l’économie n’en est encore qu’au tout début de sa convalescence, elle traduit surtout le fait que les producteurs ont réussi à accroître leur offre de biens et de services sans recourir à l’embauche. On observe alors une croissance simultanée du PIB et du taux de chômage.

Dans le cas présent, la rapide progression de la productivité a démarré avant même le redémarrage de la croissance : au deuxième trimestre, elle était déjà de 6,9 % en rythme annuel. Lire la suite

Vente aux enchères des réserves d’or du FMI

Par Antal E. Fekete professeur de mathématiques et de statistiques, Université de Newfoundland (Canada).


Le vieux cheval de bataille du Fond Monétaire International est de sortie : le FMI menace de vendre aux enchères ses réserves d’or monétaire. Cette fois cela semble être pour de bon. Le FMI fait des préparatifs pour se débarrasser d’une bonne partie de son capital non lié à une quelconque contrepartie sous la forme de certificats monétaires de la banque centrale ou de bons du gouvernement, alias des certificats de confiscation garantie.

Le FMI insiste fortement sur ses intentions d’une délicate automutilation de manière à ne pas causer de disfonctionnements les marchés de l’or. Prenez pitié du FMI. Il se soucie de ne pas déranger le marché de l’or mais ne s’inquiète pas de l’émiettement de son capital. Le FMI promet de conduire les enchères de manière « transparente ». Il est vrai que le marché de l’or est petit dans le système de mesures actuel, dans lequel les millions de milliards de dollars vont bientôt être eux-mêmes inadéquats.

Il a été dit suffisamment clairement que le FMI et ses maîtres marionnettistes derrière le rideau souhaitent atteindre les investisseurs dans l’or et les blesser sérieusement. Comme les monnaies-papier sont toutes engagées dans un jeu de quilles et ceci de manière impulsive et compétitive, l’or est la seule monnaie qui parvient à se maintenir. Il faut la faire tomber à coup de batte ou de toute autre façon.

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(08.10.2009)

  • British Airways va supprimer 1.700 postes

La compagnie britannique prévoit également un gel du salaire de deux ans pour les personnels de cabine. Ces mesures seront mises en œuvre à partir de la fin novembre après que 1.000 salariés des personnels navigants ont accepté de quitter le groupe et que 3.000 autres ont choisi de passer à des horaires à temps partiel. British Airways ajoute avoir consulté les salariés sur ces départs qui ne contredisent aucune clause contractuelle. Les suppressions de postes n’auront pas de conséquence sur le nombre des personnels de bord voyageant dans chaque avion. “Sans ces changements, nous allons perdre de l’argent tous les mois. Il est essentiel que nous devenions plus efficaces si nous voulons garantir notre survie à long terme”, écrit British Airways dans un communiqué. Reuters (via Yahoo)

  • Ratio de levier : les banques européennes pourraient avoir besoin de 116 milliards d’euros

Il s’agit de capital supplémentaire, si les régulateurs leur imposaient d’élever leur ratio de fonds propres à 8%, et de respecter un ratio de levier de 33, selon une étude de la Société Générale publiée mardi. Les membres du G20 se sont engagés à élaborer d’ici la fin 2010 des règles destinées à améliorer la qualité et la quantité de capital exigées des banques, et à décourager des effets de levier (recours à l’endettement pour augmenter ses activités) excessifs. “Sans surprise”, la banque allemande Commerzbank, et les britanniques Royal Bank of Scotland et Lloyds banking group auraient les besoins en capital les plus élevés: respectivement 12,2, 26,9 et 19,6 milliards. BNP Paribas et Crédit Agricole SA devraient s’attacher à diminuer leur levier d’endettement, qui s’élève respectivement aujourd’hui à 42 et 46. A contrario HSBC, UBS, Credit Suisse ou Santander n’auraient pas de besoin en capital. Swissinfo

  • Russie : reprise de la fuite de capitaux au 3e trimestre

Les fuites de capitaux ont repris en Russie au troisième trimestre après un bref répit, s’établissant à 31,5 milliards de dollars, selon des chiffres publiés sur le site internet de la Banque centrale russe. Au deuxième trimestre, la Russie avait enregistré une rentrée nette de capitaux de 4,4 milliards de dollars après des sorties nettes de 35,2 milliards de dollars au premier trimestre. La Banque centrale table toutefois sur une baisse annuelle des fuites de capitaux privés nettes à 42 milliards de dollars contre 132,8 milliards de dollars en 2008. AFP (via Les Echos)

  • USA : explosion des pénalités bancaires imposées aux clients à découvert

Les 24 milliards de dollars de frais imposés en 2008 par les banques américaines à leurs clients au titre de pénalités pour retrait d’argent ou pour achats à découvert, ont augmenté de 35% par rapport à 2007. La plupart des banques imposent une pénalité forfaitaire de 34 dollars en moyenne à leurs clients lorsque ceux-ci retirent de l’argent ou effectuent des achats par carte bancaire et qu’ils sont à découvert, quel que soit la dépense ou le retrait. Souvent, les clients n’ont pas la possibilité de bloquer une transaction ou un retrait lorsque leur compte est vide. Ces frais pourraient atteindre 27 milliards en 2009. 51 millions de titulaires de comptes se voient ainsi facturer des pénalités au moins une fois dans l’année, et cinq fois ou plus dans l’année pour 27 millions d’entre eux. Un projet de loi déposé au Congrès demande aux banques de réviser leurs politiques. Swissinfo

La crise imposera des ajustements douloureux… pour certains

La crise implique une perte irréversible de PIB (Produit Intérieur Brut) dans les pays de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economiques).

En effet, elle voit disparaître la partie de la demande intérieure qui était financée par la hausse de l’endettement.

Autrement dit, avant la crise, le PIB était dopé par le crédit, et cette partie du PIB disparaît.

La crise est alors particulièrement sévère, parce qu’elle implique la baisse de tout ce qui était proportionné au niveau antérieur de PIB : du côté des entreprises, les capacités de production et l’emploi ; du côté des États, les dépenses publiques.

L’ajustement (rétrécissement) des entreprises étant beaucoup plus rapide que celui des États, la situation des finances publiques se dégrade fortement.

Par ailleurs, si l’exigence de rentabilité du capital, dans les pays de l’OCDE, reste la même que ce qu’elle était avant la crise, le freinage durable de la croissance imposera aux entreprises, pour maintenir les revenus des actionnaires, de comprimer fortement les coûts salariaux, comme on l’a vu au Japon et en Allemagne depuis 10 ans.

L’arrêt de la hausse des taux d’endettement conduirait donc, en raison de son effet négatif sur la croissance, à une inégalité croissante du partage des revenus, au détriment des salariés, avec les conséquences sociales prévisibles.

Sauf si l’exigence des actionnaires des entreprises diminuait, en ce qui concerne la rentabilité du capital.

Il est permis de rêver…

Source NATIXIS: document 1, document 2

(19.09.2009)

  • Moody’s prévoit 130 milliards de Livres de pertes supplémentaires pour les banques anglaises

Les problèmes des banques britanniques sont loin d’être terminés, a averti Moody’s le 14 septembre 2009. L’agence de notation prévoit 130 milliards de Livres de nouvelles pertes dans les prochaines années, avec l’augmentation des créances douteuses et de la pression sur la rentabilité. Moody’s a déclaré que le secteur bancaire britannique avait déjà absorbé environ 110 milliards de pertes sur ses prêts et qu’il avait levé ou provisionné environ 120 milliards de nouveaux capitaux à la mi-2009. Financial Times

  • Les dirigeants et administrateurs d’entreprises américaines vendent massivement leurs actions

Cet été, ils ont vendu leurs actions à un rythme vu pour la dernière fois juste avant le début du malaise des subprimes il y a deux ans. Bien qu’une vague de ventes par des initiés ne prédise pas nécessairement un ralentissement du marché boursier, elle suggère que les premiers lecteurs de la conjoncture ne croient pas que les cours actuels soient justifiés par les fondamentaux économiques. CNN

  • Goldman Sachs va devenir le premier actionnaire d’Eurotunnel

Deux fonds d’investissements de la structure de la banque GS Global Infrastructure Partners (GSIP), se sont portés acquéreurs de 21,21 % du capital. Pour nombre d’actionnaires historiques, ruinés par l’achat de titres Eurotunnel, cette annonce ne fait que confirmer la prise de pouvoir des banques à leurs dépens. Elle démontre aussi, selon eux, que le plan de restructuration de la dette de 9 milliards d’euros qui asphyxiait Eurotunnel a servi, avant tout, les intérêts des financiers. Le Monde