Cinéma : “Super trash”

Addendum du 04/08/2013 : Que fait Véolia des cercueils dans la décharge ?

Incroyable scène filmée dans « une décharge du Sud-Est de la France [...] lieu géré par une filiale locale de Véolia ».

“Super Trash”, un film que vous ne verrez pas à Cannes. Tout ce que les médias ne vous monteront jamais sur les coulisses du Festival. Des montages de déchets à ciel ouvert d’objets aussi futiles que polluants qui ont comblé les désirs mégalos de nos idoles modernes durant quelques jours.

Pendant ce temps, les organisateurs revendiquent un tri sélectif exemplaire sur les panneaux publicitaires et organisaient même des espaces de recyclage. Tout va mal, mais tout va bien.

Introduction du film par le réalisateur Martin Esposito
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A Cannes, le cinéma plonge dans les eaux troubles de la finance

La Croisette a présenté ce week-end quatre films qui s’inspirent de la crise financière, dont une oeuvre remarquable «Cleveland vs Wall Street» de Jean-Stéphane Bron. Un documentaire qui met en scène un procès intenté contre Wall Street par de vraies victimes des dérives de la finance, avec de vrais avocats et un vrai juge.

Ce que Cannes peut être cocasse parfois. Quoi de plus croquignolet, en effet, que d’entendre une star comme Michael Douglas, qui a touché jusqu’à 20 millions de dollars par film dans les années 90 et qui trône sur une fortune estimée à 200 millions de dollars, répondre, parcouru par des sueurs froides, à des questions sur le plan de sauvetage de la Grèce ou la possibilité, ou non, de moraliser les marchés financiers? Rien de plus croquignolet, sinon, peut-être le film qu’il est venu défendre hors compétition: Wall Street – l’argent ne dort jamais d’Oliver Stone, enfonceur de portes ouvertes qui signe là une comédie amusante sur le monde de la finance, un peu comme si Tex Avery avait illustré l’expression «Un éléphant dans un magasin de porcelaine.» Stone n’hésite par exemple pas à appuyer un dialogue sur l’explosion de la bulle spéculative en filmant des enfants qui s’amusent à souffler des bulles de savon.

D’une certaine manière, c’est un tournant dans l’histoire du cinéma dont on a toujours dit qu’il était incompatible avec les plongées dans les arcanes de l’économie. Il est vrai que, hormis quelques films de l’ère yuppie (Wall Street, Working Girl, Le Bûcher des vanités), peu de tentatives ont laissé des traces. Qui se souvient vraiment d’Executive Suite (Robert Wise, 1954), de Rollover (Alan J. Pakula, 1981)?

Le cinéma cherche toujours des publics potentiels, autrement dit des soucis qui touchent un large éventail de la population. Surtout aux États-Unis, depuis que la fin du Far West, puis la fin de la Guerre froide ont bloqué le levier qui permettait d’exprimer le monde en noir et blanc. Où sont passés les grands méchants? Il y a bien l’avenir écologique de la planète, mais hormis James Cameron avec son Avatar, personne ne voit vraiment comment, à moins d’imaginer une révolte des ibiscus et des poissons-clowns, retrouver un manichéisme rentable à partir de la cause verte.

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