La défense française se privatise, comme aux USA

Sur le blog «Défense en ligne», Philippe Leymarie revient sur les problématiques actuelles de la défense française : la privatisation et la robotisation de la guerre, qui sont déjà une réalité outre-Atlantique.

Tombe d'Alain-Fournier

« Les forces armées face au défi de la privatisation de l’action militaire » : ce colloque international organisé le 18 mars dernier à l’Ecole Militaire à Paris, a mis en évidence le gouffre qui sépare, dans ce domaine, les pays dits anglo-saxons – USA, Canada, Royaume uni – où de larges pans de l’activité de défense et de sécurité sont abandonnés aux sociétés militaires privées (SMP), de la plupart des autres, soucieux de conserver dans le giron des Etats l’essentiel des fonctions « régaliennes », et plus regardants sur les activités qui pourraient être concédées à des entreprises privées…

Il y a actuellement en Afghanistan moins de soldats réguliers américains que d’effectifs de « contractors » privés : gardes du corps ; techniciens ; agents pour la protection de bâtiments ou de personnalités, la sécurité d’ONG, l’escorte de convois, le déminage, etc. Une partie de ces 100 000 hommes sont recrutés sur place, parmi les anciens militaires, policiers ou miliciens (dont se débarrassent les chefs de guerre locaux).

En Irak, 160 000 civils (dont plus de 13 000 « soldats de fortune », armés) assistent, complètent, côtoient les 189 000 militaires réguliers, en majorité américains. La Cour des Comptes, à Washington, vient d’étudier cinq cas particuliers de SMP américaines opérant dans ce pays : quatre interventions sont considérées comme meilleur marché, au final, que le recours aux forces régulières ; mais la Cour pointe les autres facteurs à prendre en considération (sélection, légalité, qualité, contrôle, perte de savoir-faire). Dans les faits, la population ne fait pas la différence entre les étrangers en armes et leurs statuts.

Fonds opaques

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Grandes manoeuvres autour des métaux rares

A quelques kilomètres de la frontière du Nevada, le long de la route I-15 qui traverse le désert californien du Mojave, le panneau est balayé par le vent : “Mountain Pass, 30 habitants”. Au-delà des quelques baraques refroidies par la tempête qui secoue la Californie en cette fin janvier, un chemin goudronné conduit au site minier de Molycorp. Là se joue une bataille industrielle de portée mondiale.

Cette jeune entreprise américaine y relance la production d’un gisement de terres rares. Ces métaux stratégiques sont indispensables au développement de nombreux produits de haute technologie, comme les aimants pour les véhicules hybrides ou les éoliennes, et les alliages à destination de l’aéronautique ou des industries de la défense : pas de technologies vertes sans ces matériaux rares.

A l’image de Molycorp, les projets d’extraction de terres rares se multiplient à travers le monde. “C’est comme un remake mondial de la ruée vers l’or, avec tout ce que cela peut avoir de romantique et d’effet de mode dans certains milieux financiers”, raconte Jack Lifton, consultant américain et spécialiste de ces minerais.

La croissance de la demande pour ces métaux stratégiques et le poids écrasant de la Chine sur ce marché expliquent cette recherche de nouveaux gisements, notamment en Australie ou au Canada. Mais échapper à la mainmise chinoise n’est pas chose simple. Au-delà de l’extraction des terres rares, le savoir-faire industriel de la transformation des minerais est aussi indispensable.
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“Un petit groupe de financiers et leurs amis pillent les USA”

Par Paul Dontigny

"Obama, ne rends pas nos enfants esclaves des banksters" (banquiers-gangsters)

L’important n’est pas de découvrir si Geithner, AIG et tous les autres ont menti à la population depuis au moins 2008. Nous le savons déjà. L’important est de savoir si nous en avons assez ras le bol pour faire quelque chose… puisque les mensonges n’ont pas eu l’effet escompté : ils n’ont pas mis fin à la crise et à la récession (nous le verrons dans les semaines et mois à venir).

Je lis des lettres financières sans arrêt et il semble y avoir un thème important qui revient régulièrement en ce début d’année 2010 : le secret, la corruption et les fraudes qui ont entouré tout ce qui a été fait aux États-Unis par les institutions financières, gouvernementales et réglementaires (Fed et autres), sont de plus en plus reconnues et investiguées.

C’est très probablement ce qui mettra fin à la phase Bull du marché Bear [de «bull» = taureau ; «bull market» = marché orienté à l’achat et donc, à la hausse, par opposition à la tendance prudente voire baissière, symbolisée par «bear» = ours, et ses propres déclinaisons terminologiques] dans lequel nous sommes pour très longtemps.

Depuis 2008, diverses lettres financières publient des opinions au sujet de toutes sortes de situations, qui se sont produites au nom du sauvetage du système. Du moment que Paulson, le chef du Trésor américain a semé la panique, en assurant que le système financier serait détruit dans quelques jours si on ne donnait pas, à lui-même et à la Fed, le droit de tout décider sans limites, nous avons vécu dans le noir. Nous nous sommes fait mentir et les autorités ont soutenu toute action visant à cacher la vérité au public, sous prétexte que si la population savait la vérité, il y aurait une panique.
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Crise : 2010, l’année de tous les périls

Par Ambrose Evans-Pritchard.

Passée la première phase aiguë de la crise, la convalescence s’annonce pénible et douloureuse, tant étaient profonds et graves les déséquilibres de la période précédente. L’économie mondiale était tirée par l’inflation des actifs, la surconsommation américaine à crédit et le recyclage financier des déséquilibres, et elle ne repartira pas sur les mêmes bases. Certains États, à commencer par le Japon, plombés par le poids du sauvetage de la dette privée et le coût de la relance, sont menacés de sombrer dans un maelström de surendettement. Les écueils, nombreux, pourront-ils être évités ou provoqueront-ils de nouveaux naufrages ? Evans-Pritchard se livre au périlleux exercice des prévisions et dresse la carte des dangers, avec son habituel biais anti-européen.

La contraction de la masse monétaire M3 aux États-Unis et en Europe au cours des six derniers mois pénalisera la reprise économique tout au long de l’année 2010, avec le déphasage habituel d’un an ou deux. Ben Bernanke sera pris au dépourvu, comme il l’a été à la mi-2008 lorsque la Fed a grillé un feu rouge en évoquant la possibilité d’une hausse imminente de son taux directeur. Ce fut l’erreur de trop qui a déclenché l’implosion de Lehman, d’AIG et du système bancaire occidental.

Lorsque le rallye boursier de 2009 se heurtera à cette grande muraille de Chine qu’est la surcapacité mondiale, il deviendra évident que nous sommes aux prises avec la dépression du 21e siècle – qui s’apparentera davantage à celle de la « décennie perdue » du Japon plutôt qu’a celles des années 1840 ou 1930, mais ne sera en rien comparable aux cycles observés depuis la fin de guerre froide. Les pays exportateurs (Chine, Allemagne, Golfe) n’ont pas généré une demande suffisante pour compenser la réduction d’activité des pays déficitaires (monde anglo-saxon, club Méditerranée, Europe de l’est). L’immense déséquilibre commercial Est-Ouest qui a provoqué la crise du crédit n’a pas été comblé depuis un an et s’est peut-être aggravé. L’endettement des ménages relativement au PIB se situe près des niveaux record dans les deux cinquièmes de l’économie mondiale. Notre longue purge a à peine commencé. C’est l’éléphant que tout le monde feint d’ignorer, planté au beau milieu du salon planétaire.

Nous devrons admettre que le blitz de relance budgétaire, lancé pour arrêter la spirale d’effondrement de l’an dernier, a tout au plus transféré la charge de la dette privée sur les épaules des États, où elle pourra provoquer encore plus de dégâts si elle est traitée avec la même insouciance que manifeste aujourd’hui la Grande Bretagne.

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(10.11.2009)

► USA : Fannie Mae a perdu 18,9 milliards de dollars au 3ème trimestre

Fannie Mae, premier organisme de refinancement immobilier aux États-Unis, a fait état jeudi d’une perte de 18,9 milliards de dollars alors que perdurent les mauvaises créances liées à la crise immobilière, ce qui l’a contraint à nouveau faire appel au Trésor. La perte nette de Fannie Mae se montait à 15,2 milliards au deuxième trimestre. La Federal Housing Finance Agency, le régulateur de Fannie Mae, a demandé 15 milliards au Trésor, ce qui portera le soutien total de la puissance publique à 60,9 milliards de dollars. Reuters

► USA : Freddie Mac a perdu 5 milliards de dollars au 3ème trimestre

Freddie Mac, numéro deux américain de refinancement de crédits immobiliers, a fait état vendredi d’une perte de cinq milliards de dollars au troisième trimestre, tout en disant qu’il aurait besoin d’aides publiques supplémentaires dans un contexte de “détérioration prolongée” du marché immobilier. Reuters

► Canada : situation économique catastrophique

ll existe une bulle immobilière très importante dans les grandes villes, favorisée par la politique du crédit et la titrisation des prêts hypothécaires. Les exportations vers les USA, principal partenaire commercial du pays, sont en baisse de près de 50%. Le total des déficits des gouvernements fédéral et provinciaux explose et va dépasser les 100 milliards de dollars canadiens pour la seule année 2009. Et la situation empire. America Canada

► Grande-Bretagne : nouveau record du nombre de faillites personnelles au 3ème trimestre

Plus de personnes que jamais auparavant ont été déclarées en faillite en Angleterre et au Pays de Galles au cours du troisième trimestre. Les chiffres publiés par le Service de l’insolvabilité vendredi révèlent qu’il y a eu 35.242 faillites personnelles sur trois mois à la fin septembre, en hausse de 28% par rapport à la même période de 2008, et de 6% par rapport au trimestre précédent. The Independent

Les consommateurs chinois ne sauveront pas le monde

La simplicité du schéma a quelque chose de séduisant : après des années de croissance déséquilibrée, qui ont vu les États-Unis endosser le rôle de la cigale tandis que l’Asie en développement, et singulièrement la Chine, tenait celui de la fourmi, l’heure serait à l’inversion du système. La consommation des ménages chinois serait notre planche de salut.

Tous les économistes savent pourtant que la transition qui fera de la Chine un acquéreur de biens de consommations prendra des années, pour ne pas dire des décennies. Car il faut pour cela, d’abord, que le revenu par tête augmente substantiellement (il tourne autour de 2.000 dollars par habitant), mais aussi que l’État mette en place une infrastructure sociale (santé, retraite, chômage) qui rassure les ménages et diminue leur propension à épargner.

L’Europe ferait mieux de ne pas trop compter sur les consommateurs chinois pour sortir de l’ornière. Ni d’ailleurs sur les Japonais, durablement englués dans un problème de pouvoir d’achat. Le scénario d’une phase de contraction de la mondialisation n’est donc pas à exclure. Ni les Américains, trop endettés, ni les Chinois, pas assez riches, ne peuvent tirer la consommation mondiale.

En attendant, l’exportation reste la clef du système chinois. Il suffit, pour s’en convaincre, de constater le revirement de Pékin concernant sa monnaie, le yuan. Alors que la Chine avait accepté de le laisser s’apprécier, depuis 2005, elle l’a arrimé, à nouveau, au américain en juillet 2008, lorsque la crise mondiale a menacé ses exportateurs. Dans une période aussi critique, plus question de se tirer une balle dans le pied en pénalisant la compétitivité du « made in China ».
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Les banques centrales d’Asie interviennent pour enrayer la chute du dollar

Face à la chute du billet vert, les banques centrales asiatiques sont intervenues en nombre, jeudi 8 octobre sur le marché des changes. Elles ont acheté des dollars afin de freiner la hausse de leur propre monnaie, pour certaines, et de défendre le lien fixe qui lie leur devise au billet vert pour d’autres. Déstabilisées par la chute du dollar, et sous la pression de l’afflux de capitaux cherchant à profiter de la future reprise économique de l’Asie, les monnaies de la région flambent, au risque de compromettre le retour de la croissance.

La Corée du Sud, l’Indonésie, la Thaïlande et Hongkong sont intervenues dans l’urgence. Les autorités monétaires de Hongkong ont injecté 16,26 milliards de dollars hongkongais (1,42 milliard d’euros). L’Indonésie a précisé que son but était de réduire la “volatilité” de la roupie et qu’elle n’avait pas de niveau cible pour sa devise. La banque centrale des Philippines a déclaré vendredi qu’elle souhaiterait que la hausse de sa devise se fasse à un rythme plus modéré et a émis la possibilité d’une intervention. Taiwan chercherait à implanter un système de contrôle des capitaux pour tenter d’enrayer la hausse de sa monnaie.

Ces mouvements montrent l’inquiétude grandissante de l’ensemble de la planète à l’égard de la chute du dollar, qui se juxtapose avec des phénomènes de flambée des matières premières, surtout de l’or et du pétrole. Lire la suite

(18.09.2009)

► USA: FedEx: bénéfice net en chute de 53%

Le groupe américain de messagerie FedEx a enregistré au premier trimestre de son exercice 2009/10 (juin-août) un bénéfice net en chute de 53% . La crise économique mondiale continuant à peser sur les volumes de paquets livrés. Le Point

► Canada : nouvelle baisse record des prix à la consommation

En juillet 2009, les prix à la consommation ont baissé de 0,9 % comparativement à juillet 2008, après un recul de 0,3 % en juin. AGEFI

► Allemagne : Merkel promet de surmonter la crise grâce aux nouvelles technologies

La chancelière a promis de rapidement mettre fin à la crise économique en s’appuyant notamment sur les nouvelles technologies en cas de réélection aux législatives du 27 septembre. Romandie