Afrique : Terrorisme et trafic de drogues au Sahel

Pendant longtemps, la région du Sahel était essentiellement concernée et affectée par le trafic et la contrebande de cannabis, principalement cultivé au Maroc. Cependant, depuis le début du XXIe siècle, la partie nord-ouest de l’Afrique est devenue un carrefour de trafic de drogues de toutes sortes, crime organisé, terrorisme et insurrection. Aussi, la prépondérance et le lien entre le crime organisé et le terrorisme a aujourd’hui des répercussions négatives et inquiétantes sur la santé des populations locales ainsi que sur la stabilité, la sécurité et le développement des pays concernés.

Par Abdelkader Abderrahmane, chercheur à la Prévention des Conflits et Analyses des Risques’, (CPRA) Institut d’études de sécurité (ISS), Éthiopie –

Le Sahel et l’Afrique de l’ouest sont incontestablement devenus une plaque tournante pour le trafic international de drogues dures telles que l’héroïne et la cocaïne en provenance d’Amérique Latine et d’Afghanistan.

L’une des explications à ce dangereux phénomène toxique est que la région est moins risquée que les routes plus directes entre les pays producteurs d’Amérique du sud et le continent européen qui s’avère être aussi le premier marché de consommation mondiale.

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Italie : Les nouveaux enfants esclaves de Naples

Toto n’a que 10 ans. Pourtant, tous les soirs, ce petit bout d’homme d’un mètre vingt-cinq pousse son chariot de pop corn et barbe à papa à travers les rues de Naples. Son salaire ? Entre 5 et 10 euros pour huit heures de travail, ça dépend des jours.

Comme Toto, ils sont des centaines de petits Napolitains à devoir travailler pour ramener quelques euros de plus à la maison. Ici, la crise a plongé les familles les plus pauvres dans une misère noire. Garçons de café, apprentis pâtissiers ou cordonniers, livreurs à la petite semaine. Sous-payés, exploités, exténués…

En octobre 2011, la Mairie de Naples a tiré la sonnette d’alarme : selon un rapport officiel, 54 000 enfants auraient disparus du système scolaire en Campanie (la région de Naples). Et, plus alarmant, 38% auraient moins de 13 ans.

Une situation dramatique – « du jamais vu depuis la fin de la seconde guerre mondiale ». Un pur produit de la crise italienne.

Les restrictions budgétaires imposées par le gouvernement italien depuis 2008 ont pesé lourdement sur le budget des familles : notamment la suppression du « reddito di cittadinanza » (RSA) réservé aux familles gagnant moins de 5 000 euros par an, auquel plus de 130 000 familles napolitaines étaient éligibles. Résultat : le revenu moyen à Naples est passé en quelques années de 680 à 550 euros par habitant.

Conjointement à ces coupes budgétaires drastiques, l’État italien a rehaussé l’âge de scolarisation obligatoire, qui passe de 14 à 16 ans. Une mesure aux conséquences dramatiques pour les enfants de Naples : de plus en plus de mineurs sont condamnés à l’esclavage découlant du travail au noir… et d’autres sont jetés dans les bras de la « Camorra », la mafia napolitaine.

En parallèle, les fonds alloués aux programmes d’aides sociaux ont été considérablement réduits : moins 87% en trois ans. Les associations qui gèrent les programmes d’aide et d’accompagnement aux enfants les plus démunis n’ont pas vu un sou depuis un an et demi. Si la situation se prolonge, la grande majorité de ces programmes seront réduites à fermer leurs portes.

Italie : la mafia a enregistré un bénéfice record pendant la crise économique

La criminalité organisée en Italie a pris son envol l’an dernier, alors que l’économie du pays s’essoufflait. Les grands syndicats du crime ont augmenté leur bénéfice de 78 milliards d’euros en 2009, ressort-il du rapport annuel du groupe anti-mafia SOS Impresa.

[Note de Fortune : si on lit la synthèse du rapport en question, il s'agit, non pas d'une augmentation du bénéfice, ce qui serait proprement énorme, mais "seulement" du bénéfice net.]

Les revenus [N.B. : là encore, il s'agit en réalité, non des revenus, mais du "chiffre d'affaires" - cf. la note précédente. Fortune] des grands clans mafieux ont augmenté de 4%, à 135 milliards d’euros.

Ils dépassent les revenus du groupe pétrolier Eni, l’entreprise la plus importante d’Italie en terme de valeur, et représentent près de 9% du PIB.

Selon le rapport de SOS Impresa, le trafic de drogue, et la vente de cocaïne en particulier, est l’activité la plus rentable de la Cosa Nostra, de la Camorra, de la ‘Ndrangheta et de la Sacra Corona Unita. Les recettes sont ensuite injectées dans l’économie légale.

La Justice, en Sicile, a fait saisir jeudi, lors de sa dernière opération contre le crime organisé, pour 550 millions d’euros de biens appartenant à la Cosa Nostra.

Le Vif (Belgique)

(Merci à SPOILER)