Les banques face à leurs clients

La grande majorité des banques se sont détournées de leur ancienne fonction de conseil et préfèrent aujourd’hui traiter leurs prestations de service comme des produits à rentabiliser au maximum. Jouant du thème de l’autonomie du client, elles se défaussent sur lui du risque d’exclusion bancaire. Comment leurs salariés réagissent-ils face à cette nouvelle donne ?

En apparence, personne ne s’oppose à l’inclusion bancaire, censée favoriser l’inclusion sociale des personnes concernées et contribuer à la croissance économique en développant l’accès approprié aux services bancaires de ceux qui en étaient jusqu’alors exclus. Un large consensus semble unir décideurs politiques, comme l’illustre la mise en place du Partenariat global pour l’inclusion financière lors du sommet du G20 à Séoul en décembre 2010, établissements bancaires dont la Fédération bancaire française ne cesse de rappeler les efforts dans ce domaine, et monde associatif, comme en témoigne la publication récente par la Croix Rouge Française, le Secours Catholique et l’UNCCAS d’un Manifeste pour l’inclusion bancaire. Pourtant, promouvoir l’inclusion bancaire n’a rien de consensuel. Alors que cette thématique est souvent assimilée à une dimension secondaire de la lutte contre la pauvreté cantonnant les réponses bancaires apportées au sein des actions périphériques dites de responsabilité sociale des entreprises, s’interroger sur les moyens de sa promotion conduit en fait à questionner le cœur de l’activité bancaire. Comme en témoigne indirectement la hausse constante des accrochages entre clients et banquiers depuis l’éclatement de la crise financière [1], les salariés de banques en contact avec la clientèle rencontrent de grandes difficultés aussi bien pour la promouvoir que pour en assumer les échecs.

La thématique de l’inclusion bancaire conduit ainsi à remettre en question la vision d’une industrie bancaire au sein de laquelle les salariés en agence ne seraient que les rouages d’une mécanique bien huilée destinée à écouler toutes sortes de produits. La promotion de l’inclusion bancaire passe nécessairement par ces salariés et suppose son articulation parfois conflictuelle aux actes de vente qu’ils réalisent quotidiennement. Mais cette articulation est-elle possible au sein de l’établissement bancaire qui les emploie ?

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“La grande fraude, crime, subprimes et crises financières”

Et si la crise financière dont nous subissons encore les effets était bel et bien une vaste fraude ? Voici un « autre récit » du krach. En tout cas, pas celui proposé en général par les économistes ou les financiers.

Décryptant les mécanismes ayant permis une succession d’actes criminels, reprenant les événements pièce par pièce et les replaçant dans une histoire plus longue, Jean-François Gayraud va ainsi au-delà de la stigmatisation de quelques boucs émissaires ou de la dénonciation de certains excès.

Des politiques aveugles et dogmatiques de dérégulation des marchés ont ouvert la voie à des comportements criminels de grande ampleur au point de déclencher la crise des subprimes. Dès lors, pour lui, il est impossible d’envisager un vrai assainissement, une reconstruction durable de la finance si ce diagnostic criminel n’est pas fait.

Après la globalisation des phénomènes mafieux et la pénétration du monde du spectacle, Jean-François Gayraud poursuit son exploration des criminalités organisées qui gangrènent les sociétés contemporaines. Un document sans appel ! Auteur notamment du “Monde des mafias”, commissaire divisionnaire de la Police nationale, Jean-François Gayraud est docteur en droit, diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris et de l’Institut de criminologie de Paris.

751 millions d’euros perdus : Un ex-trader devant la justice

Un ancien trader, Boris Picano-Nacci, devrait comparaître d’ici la fin de l’année devant la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour “abus de confiance ”. La Caisse d’Epargne lui reproche la perte de 751 millions d’euros subie en octobre 2008, en pleine tourmente boursière.

Ce n’est pas Jérôme Kerveil avec 4,9 milliards d’euros perdus pour la Société générale. Mais Boris Picano-Nacci, ex-trader pour la Caisse d’Epargne, va lui aussi passer en procès. L’écureuil le rend responsable de la perte de 751 millions d’euros, en octobre 2008. Selon des sources judiciaires, son procès pour “abus de confiance” se tiendra les 3, 4 et 5 décembre 2012, devant la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris.

Minimisation des risques, selon la banque

Plus exactement, l’ancien trader est soupçonné d’avoir outrepassé son mandat en prenant des positions hors normes sur les marchés entre le 15 septembre et la mi-octobre 2008, qui ont conduit à une perte de 751 millions d’euros pour la banque. Boris Picano-Nacci était chargé en 2008 de la gestion pour compte propre (des fonds appartenant à la banque) sur le marché des dérivés actions de la Caisse d’Epargne, qui a ensuite fusionné avec la Banque populaire.

Avec deux autres collègues, il était alors censé liquider progressivement son portefeuille d’ici la fin de l’année, car le directoire de la banque avait décidé de cesser ses activités d’investissement au 31 décembre. Début octobre 2008, alors que les pertes dépassaient les 100 millions d’euros, le trader assure avoir informé sa hiérarchie mais il aurait, selon la banque, tenté de minimiser les risques par des déclarations “rassurantes” et “mensongères ”.

Plainte contre X et démission de Charles Milhaud

La banque n’avait finalement soldé les positions du trader qu’entre le 14 et le 17 octobre, enregistrant une perte finale de 751 millions. Après l’annonce de cette perte, la Caisse nationale des Caisses d’épargne et de prévoyance (CNCE) avait déposé plainte contre X, arguant “d’éléments troublants pouvant revêtir à l’évidence une qualification pénale ”. Un audit interne avait assuré que le trader s’était “engagé de sa propre initiative et pour des montants importants (..) dans une stratégie risquée ”. Le trader avait fait valoir en garde à vue qu’il avait été laissé libre d’agir sur les marchés jusqu’au 31 décembre alors que la banque soutenait avoir demandé à ses traders de réduire leur exposition au fur et à mesure jusqu’à cette date.

Cette perte, survenue lors de turbulences boursières, avait contraint le président de la Caisse d’Epargne Charles Milhaud et le directeur général Nicolas Mérindol à démissionner, sous la pression du gouvernement et du président de la République. La Commission bancaire avait condamné la Caisse d’Epargne à une amende de 20 millions d’euros en juillet 2009 pour avoir enfreint la réglementation sur le contrôle interne, mais cette amende avait été annulée par le Conseil d’Etat en novembre 2010.

La Tribune

(29.09.2009)

  • Crédit à la consommation : contraction en août pour le 11e mois consécutif

C’est ce qu’a annoncé lundi l’Association française des sociétés financières (ASF). Par rapport à la même période de 2008, la baisse atteint 14,8% en août, contre un recul moyen de 18,6% les trois mois précédents. Le crédit renouvelable demeure mal orienté: la baisse est de 14,5% par rapport à août 2008, soit un recul identique par rapport aux trois mois précédents. Les financements de voitures particulières neuves reculent de 6,2% sur un an en août, après -13,6% en moyenne les trois mois précédents. Les financements destinés à l’équipement du foyer se contractent de 15,7% sur un an après -17,6% en moyenne les trois mois précédents. Le recul des prêts personnels est de 23,4% en août après -28,8% en moyenne les trois mois précédents. AFP (via Les Échos)

  • Des banques françaises réclament plusieurs milliards de dollars au liquidateur de Lehman Brothers

Les réclamations déposées par BNP Paribas portent sur environ 1,3 milliard de dollars. Par la Société Générale : environ 800 millions de dollars. Par la banque franco-belge Dexia : environ 400 millions de dollars. Par la Caisse d’Épargne : 118 millions de dollars. Par l’assureur Axa : 186 millions de dollars. D’autres sociétés non financières françaises comme le groupe de construction Vinci, la Société des autoroutes Paris-Rhin-Rhône (filiale du groupe de BTP français Eiffage), la compagnie aérienne Air France ou la SNCF, apparaissent également dans la liste des créanciers ayant déposé réclamation. La banque Lehman Brothers a déposé son bilan le 15 septembre 2008. Elle déclarait alors 613 milliards de dettes et 639 milliards d’actifs. Le Point

  • BNP Paribas va fermer ses filiales dans les paradis fiscaux

Ainsi, au Panama et aux Bahamas. Ces pays comprennent deux filiales et six succursales, dont les activités concernent essentiellement la banque privée et la banque de financement et d’investissement. BNP Paribas s’est fixé pour objectif de fermer ces implantations d’ici 2010. Son directeur général a rappelé que les banques françaises seront bientôt tenues d’exposer en détail, dans leur rapport annuel, leur exposition dans les pays non coopératifs en matière fiscale, en vertu d’une loi votée en juin par le Parlement. Lors du sommet qui s’est tenu à Pittsburgh (États-Unis) jeudi et vendredi, le G-20 a réitéré son souhait de s’attaquer aux paradis fiscaux. Plusieurs pays, dont la Suisse et Monaco, ont réussi à sortir de la liste “grise” la semaine dernière en signant des accords bilatéraux de coopération fiscale. Romandie News

  • La moitié des dépenses de l’État va être financée à crédit cette année

En raison de rentrées fiscales catastrophiques, le déficit budgétaire va en effet atteindre 140 milliards d’euros (les dépenses du budget général représentant quelque 280 milliards), alors que le gouvernement tablait, en juillet, sur un solde négatif compris entre 125 et 130 milliards d’euros. La loi de Finances initiale faisait état d’un déficit de 52,1 milliards. Si les dépenses ne sont pas en cause – elles augmenteront au rythme de l’inflation, hors mission relance -, les recettes d’impôt sur les sociétés seront encore inférieures aux 20 à 25 milliards escomptés jusque-là (contre 50 milliards en 2007 et 2008). Les Échos