Madame Michu et Lady Gaga

Par Jean-Pierre Crépin

Quand un cinéphile me demande : quel est le plus grand rôle d’Omar Sharif ? Docteur Jivago ou Lawrence d’Arabie ?

Je réponds sans hésiter : « Tiercé magazine ! »

C’est en tous cas ce qui restera de ce fils des bibliothèques d’Egypte dans la mémoire collective, souvenir ou vestige d’une époque où l’on considérait que ce qui ne se monétisait pas ne servait à rien et où l’intégration des individus à une société ne se faisait plus que par le truchement des mass média financés par la grande consommation.

Il s’agissait alors de s’enrichir, les médecins n’étaient pas appelés sur le front de guerre des déficits et personne ne prétendait traverser le désert sans boire.

La sécurité sociale existait encore, le marché de la dépendance n’était pas entre les mains des dealers. Le jeu en ligne et ses recettes fiscales était l’avenir de l’homme.

La révolution consumériste, initiée par la Money Power, le jour ou celle-ci a pris conscience qu’il était plus rentable de vendre de l’inutile aux consommateurs que d’augmenter la productivité avec des travailleurs, s’achève.

Toutes les démocraties de marché vont devoir muter et redevenir, à l’image de l’Allemagne, des sociétés de production. C’est en tous cas la volonté clairement affichée de nos politiques.

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