La compétitivité est une idée morte

La quête de la compétitivité n’est pas seulement erronée, elle est dangereuse, parce qu’elle masque les vrais défis et les vrais enjeux de l’avenir de nos économies et de nos sociétés. Telle est la thèse que soutient Thomas Coutrot, cofondateur des Économistes atterrés et porte-parole d’Attac.

Peu nombreux sont ceux qui le contestent : la montée des inégalités socio-économiques et l’augmentation continue des émissions de gaz à effet de serre portent en germe des catastrophes sociales et écologiques à l’horizon de deux ou trois décennies. Pourtant les décisions politiques de court terme ne sont pas seulement indifférentes à ces menaces, mais en accélèrent de toute évidence l’arrivée.

Contrairement à une vision superficielle, l’austérité n’engage aucunement nos sociétés dans la voie de la sobriété. La priorité donnée par François Hollande à la compétitivité de la France s’inscrit en effet dans une vision de court terme — redresser la croissance des exportations du pays par la baisse du coût du travail et des dépenses publiques — qui est contraire à toute perspective de redistribution des richesses et de transition écologique. Je voudrais montrer ici en quoi ses effets secondaires prévisibles, l’accroissement encore accéléré des inégalités et des émissions de GES, nous rapprochent des grandes fractures annoncées.

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La création monétaire, œuvre du diable

Jens Weidmann, président de la Bundesbank s’est opposé à la récente opération OMT[1] de Mario Draghi,président de la BCE. Dans un de ses discours[2], il cite le Faust II de Goethe,  génie littéraire allemand né… à Francfort, siège de la BCE et de la BUBA. Et rappelle cette scène : l’Empereur est à court d’argent. Il se lasse des propositions mesurées qui lui sont faites et proclame : « J’en ai assez de ces éternels « Mais » et « Si » ; Je manque d’argent, alors qu’on en crée donc ! » Et le Diable, Mephisto, d’abonder dans le sens du Souverain : « Je crée ce que vous voulez, et j’en fais même bien plus. » L’histoire finit évidemment mal….

Cette allusion pourrait passer pour une simple preuve de culture littéraire, si le Faust II n’était en fait présent sur les murs de la Banque Centrale Allemande ! Impossible de rentrer dans ce temple moderne sans penser à Faust. Nous sommes là au cœur du dogmatisme. En fait en pleine religion.  Il est en effet bien connu, et enseigné dans tous les livres d’économie[3],  que les banques secondaires créent de l’argent par un simple jeu d’écritures. Les « prêts » font les « dépôts », dit-on en résumé. Si la banque me prête 1000 euros, elle les inscrit ex nihilo sur mon compte bancaire, inscrit en contrepartie à son actif la créance qu’elle a sur moi. Créance éteinte et monnaie détruite quand je rembourse ma dette.  Tout cela, si l’on en croit Goethe et avec lui Jens Weidmann, serait diabolique ?

La monnaie satanique si elle publique angélique si elle est privée ?

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Banques : L’effroyable risque systémique dissimulé dans les bilans

Seconde partie (la première est ici) de notre série consacrée aux raisons de la crise et aux réformes nécessaires au pays, mais aussi à l’Europe, pour y faire face.

Pour comprendre la crise financière de 2008, il faut partir de cette prérogative donnée à la finance de créer de la monnaie à partir de rien – quasiment sans encadrement réel des pouvoirs publics avec abandon progressif des réglementations mises en place et la possibilité, en outre, de diluer le risque financier dans le marché, de le faire donc porter à la société (voir cette précédente série d’articles). (…)

Si on ne veut pas s’attaquer à la titrisation et aux produits dérivés, en demandant par exemple qu’au moins 50% des prêts restent sous la responsabilité des banques et en limitant les produits dérivés aux professionnels qui en ont besoin pour des raisons de sécurité, nous tomberons de crise financière en crise financière. Et la ponction de la finance sur l’économie réelle et sur la société sera de plus en plus insupportable : si bien qu’elle pourrait conduire à une révolte totale de la société. Qui le dit ? Où sont les responsables politiques qui abordent cette question en expliquant la situation ?

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Alerte, les robots ont pris le pouvoir dans la finance !

Pour faire simple, les quants sont des mathématiciens et programmeurs informatiques et sont au cœur d’une révolution dans la finance : le commerce d’actifs financiers à la vitesse de la lumière via des robots matheux. Mais le problème des quants n’est pas uniquement un problème de robots puisque leurs travaux conduisent presque toujours à la sous-estimation systématique des événements rares.

Décrire la réalité du monde avec les chiffres est une tendance qui semble s’accélérer. Ainsi, la technologie numérique s’associe avec les modèles financiers pour montrer que nous, “humains“, interagissons avec notre environnement à l’aide de modèles mathématiques. Ces modèles peuvent être très complexes pour une majorité de personnes, mais un commerçant n’a nullement besoin de maîtriser les modèles d’ingénierie financière pour comprendre la situation de son magasin et décider.

Pour notre commerçant, même si le hasard ne peut pas être prédit ou contrôlé, il n’est pas moins suggestif. Les modèles mathématiques peuvent être brillants, mais plus ils le sont, plus ils peuvent avoir tendance à vouloir modéliser le monde tel que l’on souhaiterait qu’il soit. En fait, le problème n’est pas tant les modèles mathématiques, mais la manière dont nous les utilisons.

Et en termes d’utilisations, nous avons franchi la ligne jaune avec les quants, apparus sur le devant de la scène après le krach financier éclair du 6 mai 2010 (Wall Street a plongé de 9% pendant 20 minutes). Pour faire simple, les quants sont des mathématiciens et des programmeurs informatiques réunis dans les salles de marché des grandes banques d’investissement du système financier mondial. Les quants sont au cœur d’une autre révolution dans la finance : le commerce d’actifs financiers à la vitesse de la lumière via des robots matheux.

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Des Français modestes convertissent leurs économies en or

Inquiétés par la bulle sur les actifs, les investisseurs et particuliers achètent en masse de l’or… créant ainsi une nouvelle bulle, déconnectée de toute réalité économique ! Un constat dressé par Nouriel Roubini, l’économiste qui, lui, avait vu venir la crise de 2008…

( Extrait du Parisien du lundi 21 décembre 2009, page 8 )

Entre ses deux doigts, la commerçante de Colmar serre une brique rutilante frappée de lettres solennelles : «Feingold 999,9.» Cette fondée de pouvoir dans le négoce d’or a de quoi sourire.

En un an, le cours de l’or a bondi de 30%. Aucune demande industrielle derrière ce boom, ni épuisement d’une mine : sur les marchés, l’or est le refuge des capitaux inquiets. Mais pourtant, la reprise est là, puisque tout le gouvernement le dit ! A moins que…

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«Vers la modération» [monétaire et bancaire]

Quelles sont les missions d’une banque ? Est-elle au service de la population en recevant des dépôts et en accordant des crédits, en émettant et administrant des titres, en effectuant des opérations boursières, des transactions et en conseillant sa clientèle en matière financière ? Contribue-t-elle ainsi à l’évolution sociale ? Ou doit-elle obtenir des rendements les plus élevés possible pour ses investisseurs, s’agrandir sans fin, si possible dans le monde entier, prendre des risques ? Doit-elle rétribuer ses directeurs comme des princes ?

Silvio Gesell

Le titre du dernier ouvrage du professeur Hans Christoph Binswanger «Vorwärts zur Mässigung» (Vers la modération) convient bien au débat actuel. Il constitue un tour d’horizon à travers l’œuvre de l’auteur. Ceux qui cherchent des suggestions de solutions à la crise actuelle ne seront pas déçus.

Binswanger propose une restructuration du système monétaire en relation avec une réorientation de l’économie : il faut abandonner la recherche unilatérale de taux de crois­sance élevés et s’orienter vers une meil­leure préservation des ressources naturelles qui se raréfient et vers le respect de l’environnement.

Une croissance modérée et davantage d’argent en circulation sont certes indispensables pour ne pas mettre en danger le fonctionnement de l’économie moderne mais la «modération» est nécessaire. Qu’est-ce que cela signifie dans le domaine financier?

Restructuration du système monétaire

Binswanger propose une procédure qui va plus loin que les propositions de Thomas Jordan (BNS) ou de Boris Zürcher (Avenir Suisse). Il faut restructurer le système monétaire et réorienter l’économie.

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Le retour des bulles spéculatives

Il n’aurait pas fallu longtemps après la récession pour que les bulles financières refassent leur apparition. Comment les identifier?

La montée en puissance de l’économie chinoise a une conséquence directe: ce qui se passe dans ce pays exerce aujourd’hui sur les marchés financiers une influence presque aussi considérable que les informations venues des États-Unis.

La Chine a retrouvé une croissance de 10,7% en rythme annualisé au quatrième trimestre 2009, ce qui conduit à une croissance sur l’ensemble de l’année de 8,7%. Ces chiffres remarquables dans un contexte de récession mondiale devraient réjouir. En fait, ils inquiètent.

Sur les marchés, les opérateurs craignent un coup de frein des autorités chinoises. Cela n’a d’ailleurs pas manqué: par différentes mesures techniques (hausse des réserves obligatoires des banques) ou plus autoritaires (on parle de plafonnement des crédits imposé à certaines banques), Pékin veut calmer le jeu et éviter qu’une croissance trop rapide ne débouche sur une accélération de l’inflation. L’inquiétude des marchés est sans doute excessive: les mesures prises aujourd’hui montrent simplement que la Chine avait vu un peu grand quand elle a conçu l’an dernier son plan de soutien à l’activité. Que la croissance du crédit soit un peu recalibrée n’est pas une mauvaise chose. Lire la suite