Canada : Les désillusions de la ruée vers l’or noir

Le Canada a de gigantesques réserves de pétrole, mais elles sont sous forme de sables bitumineux. Une boue collante, accessible en faible profondeur, mais qui coûte très cher à purifier.

Lorsque le cours du baril de pétrole était très élevé, ces exploitations sont devenues rentables et il y a eu une véritable ruée vers l’or noir, notamment dans la province de l’Alberta. Mais depuis plus d’un an, les cours du pétrole restent très bas.

Résultat : des réductions d’effectifs, des entreprises qui ferment, une bulle immobilière qui éclate… C’est toute une économie qui est durement frappée.

Chine : Les villes fantômes sont nombreuses

Alors que la crise financière fait rage en Chine, la bulle immobilière a également éclaté dans le pays asiatique. 20% des immeubles sont vides. Le pays compte même plusieurs cités fantômes, sans aucun habitant.

En effet, des villes nouvelles, basées entre Pékin et Tianjin, ont vu le jour mais ne trouvent pas preneur. Les avenues sont quasi-désertes et moins de 30 % des habitations sont occupées – et encore occasionnellement. Les temps sont durs pour les commerçants installés dans ces villes fantômes.

“La bulle immobilière chinoise risque d’éclater bientôt”

Crise du système bancaire, bulle immobilière, ralentissement de l’activité… L’économie chinoise est-elle aussi solide qu’affichée, et peut-elle évoluer vers un modèle davantage fondé sur la consommation intérieure que sur les exportations ? Mylène Gaulard, économiste, qui vient de publier “Karl Marx à Pékin” (éd. Demopolis), répond.

Pudong. Cette partie de Shanghai était un village de pécheur il y a 20 ans.

Pékin prépare un nouveau plan de relance pour soutenir son économie. La banque centrale chinoise va accorder un montant total de 500 milliards de yuans (62,8 milliards d’euros) de liquidités aux cinq principales banques du pays, relevait le Wall Street Journal, mardi 16 septembre. Mylène Gaulard, maître de conférences en économie, décrypte pour La Tribune les remises en questions de la Chine sur son système économique et les origines de ses difficultés.

La Tribune : Les plans de relance successifs sont-ils les signes d’un essoufflement de l’économie chinoise?

Mylène Gaulard : Ces plans de relance, mis en place par les autorités publiques, sont les réponses au ralentissement de l’économie chinoise. Depuis le fameux plan de 500 milliards de dollars de 2008, en pleine crise internationale des “subprimes”, le gouvernement chinois s’inquiète sérieusement de ce fléchissement, avec une croissance du PIB qui était supérieure à 9% jusqu’en 2011 pour n’atteindre plus que 7,7% en 2012 et 2013.

Depuis l’été 2014, de nouveaux chiffres ne cessent de tomber, pour mettre en évidence un ralentissement de la production industrielle et des ventes au détail, pour une croissance du PIB inférieure à 7,5% prévue pour l’année 2014. Afin de limiter l’ampleur de ce ralentissement, l’objectif numéro 1 du gouvernement est d’encourager le développement de l’infrastructure nationale, avec ces dernières années un essor important du secteur ferroviaire et de la construction immobilière. Il cherche également à stimuler la consommation des ménages afin que le pays devienne moins dépendant des exportations.

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“Les banksters, voyage chez mes amis capitalistes”

Marc Roche, journaliste financier, correspondant du Monde à Londres, est l’auteur de “Les banksters, voyage chez mes amis capitalistes” (2014).

Qu’est-ce que la City de Londres ?

Le mea culpa d’un libéral qui n’a pas vu venir la crise
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Ouvrons les yeux, l’Espagne ne va pas mieux !

Depuis le début de l’année, médias et économistes répètent à l’envi que l’économie espagnole est repartie, que la page “bulle immobilière” se tourne enfin. Un doux rêve, presque un mensonge. Mais surtout à quel prix ce supposé redressement se fait-il ?

Le ministre de l’Economie espagnol Luis de Guindos en conversation avec le président de la Banque Centrale Européenne Mario Draghi (avril 2014)

Aujourd’hui un Espagnol a presque trois fois plus de “chances” de se retrouver au chômage qu’un Français, et ce, pour une durée deux fois plus longue…

Janvier 2014. Le Figaro titre : « L’Espagne, l’Italie et le Portugal ont inversé, eux, la courbe du chômage ». L’Espagne affiche alors 25,8% des chômeurs et pourtant nos voisins ibériques ont réussit à « inverser la courbe », les trois mots magiques, laquelle culminait un an plus tôt à 26,94%.

Quelque temps plus tard, en juillet 2014, le FMI annonce une hausse du PIB sur un an de 1,2%, alors que les dernières prévisions, qui dataient du mois d’avril, prévoyaient 0,9%. Et, cerise sur le gâteau, le FMI voit pour l’Espagne une hausse de 1,6% en 2015 ! Tant d’années de sacrifices, de soumission structurelle totale et d’amputation du coût du travail ont donc enfin porté leur fruit. Alléluia ! Cette fois, toujours pour nos confrères du Figaro, l’Espagne est la « bonne surprise de la zone euro » qui « remonte la pente ». Quand on sait que ce fameux PIB a baissé de 6 % entre 2008 et 2013, c’est sûr qu’il y a de quoi souffler un peu.

La Banque d’Espagne, qui elle, comme le gouvernement de Mariano Rajoy, fantasme sur des chiffres du PIB à 1,3 % et 2 % pour l’année prochaine, lance : « Les composantes privées – consommation et investissement des entreprises – ont été les principaux soutiens du PIB au deuxième trimestre ». En effet, la bonne santé du secteur touristique (28 millions de visiteurs au premier semestre) et des exportations (qui progressent plus vite qu’en Allemagne) ont de quoi faire envie. Seulement, fin août, plusieurs rapports ont sifflé la fin de la récré. Comme les chiffres de l’Ine (L’Insee espagnol), qui ne voit en Espagne qu’une hausse du PIB de 0,6% au second semestre (comparé au premier) et, surtout, une baisse des prix à la consommation qui vient faire planer le spectre de la déflation. Surprenant ça aussi ?

Le cancre de l’OCDE
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Les banques centrales doivent mesurer l’inflation financière (Vidéo)

L’objectif principal de la banque centrale américaine, c’est de garantir la stabilité financière. Une question fondamentale: une banque centrale doit-elle inclure le prix des actifs financiers dans sa mesure de l’inflation ?

Bilan.ch

“La bonne nouvelle est que le peuple est en train de se réveiller”

Une autre politique climatique peut-elle sauver l’Europe ? La croissance va-t-elle revenir ? Un nouveau mouvement politique peut-il remplacer un PS en effondrement moral ? Rencontre avec Pierre Larrouturou, après José Bové, Corinne Lepage, et Jean-Luc Mélenchon.

Reporterre – Comment interprétez-vous le désamour des Français à l’égard de l’Europe ?

Pierre Larrouturou - Pendant trente ans, l’Europe était un espace de coopération et de justice sociale. Et puis il y a eu un tournant, qu’on a appelé la révolution néo-libérale les débuts des années 1980. Depuis trente ans, au lieu d’avoir une coopération et une justice sociale, la concurrence a été érigée comme un dogme fondamental au-dessus de tout le reste. Cela amène une précarité terrible, à la violence sociale, à la violence contre la planète. L’Europe n’est plus fidèle aux valeurs des pères fondateurs.

En quoi est-elle différente de la conception originelle ?

La première volonté était de mettre le charbon et l’acier en dehors des mains des capitalistes et de faire une union politique en commençant par des choses concrètes. il y avait des règles sur le charbon et l’acier, sur le salaire minimum, sur le fonctionnement économique. Et quand un pays dévaluait sa monnaie, il y avait un montant compensatoire agricole qui évitait qu’il y ait un avantage compétitif lié à cette dévaluation.

Aujourd’hui, le traité transatlantique dont François Hollande veut accélérer la négociation est le contraire des valeurs de ceux qui ont créé l’Union européenne.

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Espagne : Près de 50.000 logements saisis par les banques en 2013

Selon les chiffres de la Banque d’Espagne publiés lundi, 49.694 logements ont été saisis en 2013, dont près de 80% étaient la résidence principale de leurs habitants.

Les banques espagnoles ont saisi près de 50.000 logements en 2013, 11,1% de plus qu’en 2012, les propriétaires surendettés ayant dû être expulsés ou donner leurs clés pour solder leur ardoise, selon les chiffres publiés lundi par la Banque d’Espagne.

Dans ce pays frappé doublement en 2008 par la crise financière et l’éclatement de sa bulle immobilière, la banque centrale a commencé l’an dernier à publier des statistiques sur les saisies de logements, en se fondant d’abord sur une enquête auprès des banques, avant de les obliger à lui remettre ces données de manière régulière.

Peu de résidences secondaires

Les banques, qui ont reçu une aide européenne de plus de 40 milliards d’euros en 2012, ont saisi 49.694 logements en 2013, dont une grande majorité (38.961) de résidences habituelles, par opposition aux résidences secondaires ou aux logements destinés à être loués.

RTS.ch

Irlande : Un “succès” de l’austérité que la population paye cash

L’Irlande est le premier pays de la zone euro à être sorti du plan d’aide de la troïka. Le 7 janvier, le pays revient sur les marchés financiers et emprunte à bas prix. La reprise est là: le taux de chômage est en décembre 2013 à 12,1% pour 14,7% un an auparavant. Le ministère des Finances se félicite du taux de croissance de l’économie (2% attendu en 2014). L’Europe se réjouit de ce succès. Mais est-ce vraiment un succès ?

En Irlande, les habitants ont vu leur vie et leur avenir complètement ravagés par l’austérité. Et malgré le retour de l’Irlande sur les marchés, eux ne voient pas leur vie s’améliorer.

Comment l’Irlande en est-elle arrivée là ?

Dans les années 90 et 2000, l’Irlande était une nation prospère, essentiellement portée par le secteur de la construction. Des chantiers fleurissaient un peu partout. Et les Irlandais étaient nombreux à emprunter, parfois plusieurs fois. Les banques suivaient. Les prix de l’immobilier atteignaient des sommets. Mais en 2007-2008, la bulle immobilière explose. Les prix chutent et emportent avec eux les banques, achevées par la crise financière mondiale.

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Money, Power & Wall Street (docu)

Partie 1/4 :

Ce premier épisode de la série ambitieuse Money, Power & Wall Street nous dévoile l’origine de la crise financière américaine. En 1994, de jeunes analystes financiers de la banque JP Morgan ont l’idée de créer un nouveau produit financier, le CDS ou couverture de défaillance.

A l’époque, ils pensaient améliorer la gestion du risque et stabiliser le système financier mondial. Or quelques années plus tard, ces produits dérivés engendreront une crise financière sans précédent…

Partie 2/4 :

En 2008, Wall Street doit affronter l’explosion de la bulle immobilière. Un système opaque entraîne la faillite de nombreuses banques d’investissement.
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Olivier Delamarche : « Le Père Noël n’existe pas »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, et Pierre Sabatier du cabinet Primeview, le 16 décembre 2013 sur BFM Business, mettent les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Guillaume Sommerer et Cédric Decoeur.

« Le quantitative easing est la bonne solution pour acheter du temps et gonfler la bulle financière. Le QE n’a jamais été fait pour relancer l’économie dans l’esprit de Bernanke ni de Yellen. Aux Etats-Unis il y a une fausse reprise de l’immobilier. Pour que la croissance reparte, il faudrait que les revenus augmentent et que le chômage baisse, ce n’est le cas ni dans l’un ni dans l’autre. »

Partie 1/2 :

Partie 2/2 :
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La bulle immobilière va-t-elle éclater ?

Xerfi Canal présente l’analyse d’Alexandre Mirlicourtois, directeur de la conjoncture et de la prévision de Xerfi.

Il ne faut pas se raconter d’histoire : le marché immobilier français présente tous les symptômes d’une bulle. Les prix sont historiquement élevés. Ils sont déconnectés de l’évolution des revenus des accédants et des loyers. L’emballement a été très rapide ces dernières années. Ces hausses se sont accompagnées d’un gonflement du crédit. Et pourtant, malgré une crise à rechute depuis 2008, un pouvoir d’achat attaqué, un taux de chômage record, un moral en berne et un durcissement de la fiscalité immobilière, le marché de l’ancien tient.

Espagne : Quand la crise sauve la nature

L’explosion de la bulle immobilière en Espagne a ralenti la destruction de l’environnement. C’est le pays européen qui avait urbanisé le plus de terres durant les années 2000.

L’Espagne est le pays européen qui a urbanisé le plus de terres entre 2000 et 2006, indique un rapport de l’Agence Européenne pour l’environnement (EEA en anglais) publié en juin dernier. Pendant cette période, l’Espagne a augmenté de 24% la superficie des terrains constructibles, suivi par la France avec 12% et l’Allemagne avec 9%.

L’explosion de la bulle immobilière en 2008 a freiné cette construction démesurée, mais a laissé une surface importante du pays en terrains constructibles, dont beaucoup ne sont pas utilisés, rapporte El País.

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Olivier Delamarche : « La Chine est le cul entre deux chaises »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 23 juillet 2013 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Cédric Decoeur.

« 50% des économistes pensent que dès septembre Bernanke va réduire son QE, je leur annonce que ça ne se passera pas et qu’au contraire il est fichu de l’augmenter. Nous sommes dans un marché qui est, presque, administré au niveau des cours. Entre la baisse du yen et l’augmentation du prix du pétrole, les Japonais paient  leur pétrole 70% plus cher depuis un an. La Chine est prise entre d’un côté un ralentissement fort de son économie et de l’autre une bulle du crédit. »

Hollande : Le pays qui fera éclater la zone euro

Quel est le pays de la zone euro le plus endetté ? Ces gaspilleurs de Grecs, avec leurs généreuses pensions de retraite ? Les Chypriotes et leurs banques pleines à craquer d’argent sale d’origine russe ? Les Espagnols touchés par la récession ou les Irlandais en faillite ? Eh bien, curieusement, ce sont les Hollandais sobres et responsables.

La dette des consommateurs aux Pays-Bas a atteint 250% du Produit intérieur brut et c’est l’une des plus élevées au monde. À titre de comparaison, la dette des consommateurs espagnols n’a jamais dépassé les 125% du Produit intérieur brut.

La Hollande est l’un des pays les plus endettés au monde. Elle s’enfonce dans la récession et montre peu de signes d’amélioration réelle. La crise de l’euro traîne désormais depuis trois ans et, jusqu’à présent, elle n’avait infecté que les pays périphériques de la monnaie unique. La Hollande, cependant, est un membre central tant de l’Union européenne que de la zone euro. Si elle ne peut survivre dans cette zone, tout sera terminé.

Ce pays a toujours été l’un des plus stables et des plus prospères d’Europe, en plus d’être l’un des plus grands défenseurs de l’Union européenne. Il s’agit d’un membre fondateur de l’Union et d’un des partisans les plus enthousiastes du lancement de la monnaie unique.
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Du bâtiment aux champs, la reconversion de chômeurs espagnols

Pendant des années, Antonio Sanchez a fabriqué des meubles en bois destinés aux logements construits à tout-va sur la côté andalouse, en plein boom immobilier espagnol. Désormais, chômage oblige, l’ail et l’asperge occupent toute son attention.

“J’avais ma propre entreprise pendant 35 ans, mais comme la crise m’a tout pris, je suis allé travailler aux champs”, raconte cet ancien charpentier de 58 ans à la moustache grise, qui passe désormais ses journées à racler la terre rouge de sa ville natale, Alameda, pour enlever les mauvaises herbes autour des plants d’asperges et récolter les gousses d’ail.

“Le travail est très très différent, on est dehors, avec les moustiques… Un travail très dur, ce n’est pas comme dans une usine”, reconnaît-il.

Comme beaucoup d’Espagnols, Antonio a été ruiné par l’éclatement de la bulle immobilière en 2008. Son entreprise a fait faillite trois ans plus tard.

Le programme social lancé cette année par la mairie d’Alameda, pour un budget de 60.000 euros, aura été sa planche de salut : 16 hectares de terre loués par la municipalité, sur lesquels travaillent 35 chômeurs, payés pour cultiver de l’ail, des asperges et des melons, qui seront vendus.
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Gare au prochain tsunami financier

“Toutes les grandes défaites se résument en deux mots : trop tard”, affirmait le général MacArthur. Allons-nous attendre qu’il soit trop tard pour comprendre la gravité de la situation ? Allons-nous attendre qu’il soit trop tard pour rompre avec des stratégies qui nous mènent dans le mur ?

Officiellement, il y a eu 40 000 chômeurs supplémentaires en France en avril. Mais le ministère indique qu’en un mois, il y a eu 534 000 nouveaux inscrits à Pôle emploi. Si le chômage augmente de 40 000 personnes “seulement” c’est que, dans le même temps, 494 000 personnes quittaient les fichiers de Pôle emploi. “Presque la moitié ont repris un emploi”, indique le ministère. On en conclut qu’une moitié n’en a pas retrouvé : certains sont en stage, d’autres ont des problèmes administratifs mais, chaque mois, 80 000 ou 100 000 personnes arrivent en fin de droit.

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Pays-Bas : L’État n’a plus aucun contrôle sur sa politique monétaire

« La Hollande offre une leçon salutaire de ce qui peut arriver à une économie riche et sophistiquée victime d’une baisse de l’offre de crédit à la suite d’une bulle après qu’elle a perdu le contrôle de sa devise, de la banque centrale et des leviers monétaires », affirme Ambrose Evans-Pritchard du Telegraph.

Beaucoup de gens assimilent les Pays Bas aux autres économies cotées triple A de la zone euro, mais le pays est en récession depuis 2011. Le chômage augmente aussi rapidement qu’à Chypre ; il a doublé sur les deux dernières années, et il est passé de 7 ,7% à 8,1% sur le seul mois de mars.

Pourtant, sur le fond, l’économie est saine. Le compte courant est excédentaire de 8,3% du PIB et le taux de l’épargne est de 26%. Mais le Japon pouvait aussi se targuer d’une situation de ce type lorsqu’il a été piégé par les suites de l’éclatement de sa bulle immobilière.

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Espagne : L’impossible flânerie dans une ville fantôme

Elles forment les cicatrices de la crise marquant le sol de l’Europe: des rangées de logements vides, construits à toute vitesse à l’époque où les banques prêtaient les yeux fermés, et qui, une fois la bulle éclatée, n’ont jamais trouvé preneur. En Irlande, la presse les appelle des « ghost estates », ces lotissements fantômes en banlieue de Dublin, à peine érigés, déjà bons à la casse.

Dans la ville nouvelle de Seseña

L’Espagne est sans doute le pays le plus touché par le phénomène. Environ 15 % de son parc immobilier est aujourd’hui inhabité – de quoi loger 3,5 millions de personnes. L’énormité de la bulle immobilière s’étant conjuguée, dans les années 2000, avec des pratiques de corruption entre promoteurs immobiliers et élus locaux, ce sont carrément des pans de ville entiers qui ont été construits en dépit de toute logique – sinon celle d’offrir toujours plus de chantiers aux fleurons nationaux du BTP.

Dans Projet El Pocero, Anthony Poiraudeau déambule dans la ville fantôme la plus connue d’Espagne, à une quarantaine de kilomètres au sud de Madrid, dans la province de Tolède. À partir de 2003, la commune de Seseña a vu se construire, sur ses terrains les plus arides, un parc résidentiel gigantesque, censé accueillir 40 000 nouveaux habitants.

Mais le chantier s’est arrêté net cinq ans plus tard, crise oblige. Quelque 5 500 logements ont finalement été terminés. À peine 3.000 personnes y habitent aujourd’hui – environ 20 % des capacités.
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Chine : Entre accident de croissance et visée hégémonique

Vont-ils y arriver ? C’est la question qui devrait aujourd’hui obséder les grands dirigeants internationaux au sujet du nouveau président chinois Xi Jinping et de son équipe. Car le paquebot dont ils ont récemment pris la tête semble se diriger vers des eaux de plus en plus troubles, que ce soient en termes économiques, sociétaux, environnementaux mais aussi, chose nouvelle, géopolitiques.

Dans La Chine, une bombe à retardement (Eyrolles, 2012), nous décrivions les mécanismes à l’œuvre poussant l’Empire du Milieu vers un accident de croissance inévitable dans les trois ans à venir.

Notre dernier voyage au cœur du pays n’a fait que renforcer le constat dressé l’année dernière. La Chine semble avoir délaissé sa base industrielle, inspirée du modèle allemand, au profit du modèle espagnol, reposant quasi exclusivement sur la dette, l’immobilier et le secteur de la construction.

Mais à cette donnée purement économique traduisant la grande cyclicité du modèle de développement chinois est venue s’ajouter une dimension jusque-là difficilement palpable : une croyance quasi religieuse dans leur supériorité intrinsèque, une arrogance nouvelle traduisant une visée hégémonique à peine dissimulée.

Au regard de ces nouveaux éléments, la France et l’Europe en général doivent perdre de toute urgence leur angélisme dans leur vision des relations internationales et adopter des comportements adaptés à un monde dans lequel les tensions ne cessent de croître.

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La Chine va-t-elle s’effondrer ?

par Paul Krugman

Imaginons le tableau suivant : la croissance récente s’appuie sur un gigantesque boom du bâtiment entretenu par les prix de l’immobilier en forte hausse, montrant ainsi tous les signes habituels d’une bulle. Une croissance rapide en terme de crédit s’est produite – une grande partie de cette croissance ayant lieu non pas grâce au système bancaire traditionnel mais grâce à un système bancaire parallèle non réglementé, non soumis au contrôle du gouvernement ni soutenu par des garanties gouvernementales. Aujourd’hui, la bulle éclate et nous avons de sérieuses raisons de craindre une crise financière et économique.

Est-ce la description du Japon à la fin des années 1980 ? Ou bien de l’Amérique en 2007 ? Cela se pourrait. Mais aujourd’hui je parle de la Chine, qui apparaît petit à petit comme un nouveau point dangereux dans une économie mondiale qui n’a vraiment, vraiment pas besoin de ça en ce moment.

J’étais réticent à donner mon avis sur la situation chinoise, en partie parce qu’il est terriblement difficile de savoir réellement ce qui se passe. Il est préférable d’envisager toutes les statistiques économiques comme une forme particulièrement ennuyeuse de science-fiction mais les chiffres de la Chine sont bien plus fictifs que la plupart des autres. Je me serais volontiers tourné vers de vrais experts de la Chine pour me guider, mais on ne trouve pas deux experts disant la même chose.

Cependant, même les chiffres officiels sont déroutants et les nouvelles récentes sont suffisamment dramatiques pour tirer la sonnette d’alarme.

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Immobilier : Orpi veut que ses vendeurs baissent leurs prix

Le premier réseau d’agences immobilières rencontrera les vendeurs ayant mis en vente un bien dans ses agences, afin de convaincre les deux tiers d’entre eux à baisser leurs prix de 5% à 15%. En échange, il propose une « indemnisation » dans le cas où le bien ne serait pas vendu dans les trois mois.

Orpi, le premier réseau d’agences immobilières, veut inciter, « pour débloquer le marché » actuellement très déprimé, les deux tiers des propriétaires vendant leurs logements à baisser leurs prétentions de prix « de 5% à 15% », a annoncé mercredi son président Bernard Cadeau. « Je ne peux me résigner à être spectateur d’un marché qui se contracte, même si une baisse des prix ne résoudra pas le problème de la pénurie de logements évaluée à un million », a expliqué M. Cadeau lors d’une conférence de presse, pour justifier cette démarche inédite.

Le nombre de transactions de logements anciens en France a chuté en 2012 de 18,6% par rapport à 2011 , avait annoncé mardi la Fnaim (Fédération nationale de l’immobilier). Selon la plus importante organisation professionnelle du secteur, les agences immobilières ont perdu 10.000 emplois, sur un total de 80.000, dans la transaction immobilière en 2012 et ont vu 3.000 d’entre elles (sur un total de 30.000) fermer leurs portes dans le même temps.

Baisser le prix de vente de 5% à 15%

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Noire Finance

Une enquête magistrale au cœur d’un capitalisme financier que plus personne ne maîtrise, et qui a plongé le monde dans de graves turbulences.

Dans le premier volet, les auteurs remontent au fameux jeudi noir d’octobre 1929 à Wall Street, pour montrer comment une crise boursière se transforme en crise bancaire, qui elle-même se développe en crise économique mondiale. Des “barons voleurs” d’hier aux golden boys des années Tapie, des accords de Bretton Woods à la création de l’euro, il retrace ensuite les différentes étapes qui ont conduit à la libéralisation des flux financiers.

Le second volet montre comment, à travers l’éclatement de la bulle immobilière et la crise des subprimes des années 2000, le “piège à pauvres” s’est refermé. Il décortique les rouages de la “machine à dette” et expose avec clarté les logiques boursières qui ont mené à la crise mondiale actuelle.

Dénonçant l’impunité des “banksters” et leur emprise sur la classe politique occidentale (aux États-Unis, on parle même d’un “gouvernement Goldman Sachs”), les réalisateurs concluent leur enquête sur un chiffre éloquent : les principaux dirigeants financiers mondiaux totalisent 95 milliards de dollars de salaire alors qu’ils ont accumulé 1 000 milliards de perte…

Partie 1 : La Grande Pompe à “phynances”

Partie 2 : Le Bal des Vautours (déjà diffusé sur Fortune sous le nom : L’oligarchie financière)

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Austérité : Qui doit payer ?

par Myret Zaki

Les tensions viennent d’un sentiment de détournement des richesses: les populations paient à la place des spéculateurs

Ces dernières semaines, nous avons vu les populations se soulever contre les méfaits de l’austérité, que ce soit en Grèce, en Espagne ou au Portugal, sur fond de montée de l’europhobie. Dans l’esprit de tout-un-chacun, le coupable est «l’austérité».

Mais le vrai problème, ce n’est pas l’austérité. C’est qui paie la facture de cette austérité. Les sacrifiés, ce sont la masse des petits et moyens salariés de la zone euro, ceux qui forment le tissu de l’économie réelle. Or il y a tragique méprise: ceux qui passent à la caisse ne sont pas les principaux responsables de la crise. Jamais auparavant les peuples n’avaient dû s’appauvrir alors que le monde était si riche, et que leur propre prodigalité avait si peu à voir avec la crise. C’est à ce titre que cette austérité est illégitime. D’où le profond malaise. Cette crise a pour origine les dégâts colossaux de la spéculation financière sur l’économie réelle et sur les budgets des Etats.

Ces derniers ont dû encaisser les chocs récessionnistes et fiscaux majeurs de la bulle boursière et immobilière venue des Etats-Unis, qui avait entraîné, par voie de mimétisme monétaire, des bulles de même nature en Espagne, en Angleterre et en Irlande. Les mêmes techniques spéculatives importées ont permis à Goldman Sachs de s’enrichir en vendant à la Grèce une solution pour masquer son endettement. Les tensions actuelles viennent d’un sentiment de détournement des richesses, les populations ayant d’abord supporté les sauvetages bancaires, et devant, avec l’austérité, supporter le sauvetage des Etats… qui avaient sauvé la finance privée. Quand les Portugais marchent contre le «vol des salaires et des pensions», ils se doutent bien qu’il y a tromperie.

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États-Unis : Le krach asiatique de 1997, cause négligée de la crise américaine

Par Dean Baker, économiste, codirecteur du Center for Economic and Policy Research, Washington, DC.

Les États-Unis se plaignent souvent de la concurrence industrielle des pays d’Asie. Ils oublient qu’en 1997, quand la crise financière a ébranlé cette région du monde, ils lui ont imposé un traitement de choc tel que les États concernés se jurèrent de ne plus jamais se trouver en position de faiblesse. Ils ont donc décidé d’amasser des devises… en exportant vers les États-Unis.

Lorsqu’il s’agit d’analyser les déséquilibres dont souffre l’économie des États-Unis, la plupart des experts minorent l’impact – pourtant fondamental – du déficit commercial américain, voire s’en désintéressent totalement. Ils évoquent encore moins l’origine de ce déficit, conséquence directe du plan de sauvetage élaboré par le Trésor américain lors de la crise asiatique de 1997. Ce programme, mis en œuvre par le Fonds monétaire international (FMI), a pourtant conduit au gonflement de la bulle immobilière dont l’explosion, en 2007, a ébranlé le système financier.

Avant 1997, les États-Unis enregistraient des déficits commerciaux qui dépassaient à peine 1 % du produit intérieur brut (PIB). Dans l’esprit de l’administration Clinton, l’un des objectifs principaux de la réduction du déficit budgétaire était de provoquer une décrue des taux d’intérêt qui, à son tour, entraînerait une baisse du dollar. Un billet vert plus faible rendrait en effet les produits américains plus compétitifs sur le marché international, ce qui améliorerait le solde de la balance commerciale et stimulerait l’économie.

C’est d’ailleurs précisément ce qui s’était produit dans les deux années suivant l’élection de M.William Clinton à la Maison Blanche : le dollar chuta en 1993 et en 1994 ; le déficit se résorba par rapport au PIB (alors en croissance de 3 % par an).
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L’Espagne et l’Islande dans la crise

Au sommaire : 1 – L’Espagne au bord de la crise de nerfs. Depuis l’éclatement de la bulle immobilière en 2008, douze millions d’Espagnols vivent avec moins de 627 euros par mois, un sur quatre est sous le seuil de pauvreté.

Des milliers de personnes crient leur indignation contre la prochaine réforme du Code du travail qui facilite les licenciements pour motif économique.

2-Islande : Taak, la crise. Victimes de la crise des subprimes de 2008, les Islandais travaillent pour se réinventer un avenir.

Et si la dette espagnole était illégitime?

Les marchés mettent l’Espagne à genoux. Des citoyens, inspirés par une initiative grecque, demandent un audit des créances publiques et, le cas échéant, leur annulation.

Dans le ménage de l’Etat, l’intérêt de la dette a remplacé les services publics. Plus les marchés financiers renâclent à acheter les titres de la dette espagnole, plus le coût du remboursement de ses intérêts augmente. A la suite de l’annonce de l’injection de 23,5 milliards d’euros pour sauver sa quatrième banque – Bankia – de la faillite, les taux à dix ans de l’obligation espagnole de référence ont dépassé les 6,45% le 29 mai. Ce qui devrait encore accroître le coût du remboursement annuel des intérêts de la dette, déjà chiffré à 28,8 milliards d’euros lors de la présentation du budget 2012 début avril. Dans le même budget, on apprenait une coupe de 27,3 milliards d’euros dans les services publics.

La dette espagnole mérite-t-elle une telle phobie? La part publique de la dette ne représentait «que» 68% du PIB en 2011, alors que celle de la France dépasse les 85%. Avec le sauvetage de Bankia, elle pourrait augmenter jusqu’à 79,8% du PIB, prévoit le gouvernement. Un chiffre encore inférieur à celui de l’Allemagne, qui cumule 2080 milliards d’euros de dette publique, soit 81,2% de son PIB.

Privatisation des bénéfices, mutualisation des pertes

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Espagne : Les Indignés ferment leurs comptes en banque pour dénoncer les saisies immobilières

Non loin de la Puerta del Sol, célèbre place madrilène qui a vu naître le mouvement des Indignés il y a tout juste un an, une file d’attente s’allonge à l’entrée d’une banque. Des dizaines de personnes ont décidé de retirer leur argent pour protester contre Bankia, une banque coutumière des saisies immobilières que l’État a décidé de renflouer.

Policiers contrôlant l'identité des clients venus clôturer leur compte.

Lundi 14 mai, des clients de Bankia ont protesté devant le siège de leur banque contre l’entrée de l’État dans son capital. Le gouvernement l’a décidé la semaine dernière dans le but d’assainir les actifs toxiques du groupe, par ailleurs noté BBB par l’agence de notation Standart & Poor’s. Ecœurés, des clients ont découpé leur carte de crédit et leurs papiers de banque devant le bâtiment.

Cette nationalisation fait partie d’une vaste réforme du secteur bancaire annoncée par le gouvernement vendredi 11 mai. Elle impose aux banques d’augmenter leurs provisions pour se protéger des pertes sur leurs prêts toxiques dans l’immobilier. (…)

Lola Fernandez fait partie du mouvement des Indignés. Elle est membre d’un groupe de travail sur le logement et a participé à l’organisation de la manifestation devant Bankia.
Quand nous sommes arrivés devant Bankia, la police nous attendait. Après deux heures de négociations, les policiers ont fini par accepter de laisser entrer les clients, deux par deux. Ils leur ont demandé leurs papiers d’identité et ont noté leur nom, ce qui n’a pas manqué d’en effrayer certains. En fait, beaucoup d’Indignés ont eu à payer des amendes pour avoir pris part à des manifestations non autorisées.
Nous nous sommes organisés de telle manière qu’à chaque fois qu’un client entrait pour demander une remise de dette sur sa créance immobilière, un deuxième arrivait pour menacer de fermer son compte. La banque a noté toutes les réclamations des clients et nous attendons maintenant de voir ce qu’il va se passer. Avec un peu de chance, elle acceptera de négocier individuellement avec chaque client endetté.

Immobilier : L’hypothèse d’une bulle en France refait surface

Existe-t-il actuellement une bulle immobilière en France ? Et si oui, son dégonflement a-t-il déjà commencé ? Ces questions récurrentes refont surface avec une série de publications qui accréditent cette thèse et annoncent une baisse durable des prix.

Les prix en France sont-ils surestimés ? Oui, de l’ordre de 47%, a estimé The Economist dans un article publié fin mars 2012. Le magazine britannique est bien placé pour en parler : en Grande-Bretagne, comme en France, les prix de l’immobilier ont connu, depuis une vingtaine d’années, une hausse très soutenue : ils ont été multipliés par 3,2 outre-manche et par 2,6 dans l’hexagone, quand les prix allemands restaient stables.

Les professionnels de l’immobilier expliquent ces hausses par un déséquilibre, toujours d’actualité, entre l’offre et la demande de logements, notamment dans les grandes villes. Du même coup, ils discréditent l’idée d’une bulle immobilière, comparable à celle qui a explosé depuis 2008 en Espagne. De fait, malgré la crise, les prix en France ont continué à progresser, à tel point qu’elle est aujourd’hui le seul pays d’Europe occidentale où ils restent supérieurs à leur pic de 2008, juste avant la crise des subprimes.

Une bulle due au crédit immobilier ?

Comment expliquer une telle déconnexion entre l’inflation, le revenu disponible moyen et les prix immobiliers ? Pour Primeview, qui a également publié en fin de semaine dernière la troisième partie d’une étude intitulée « Vers une baisse massive de l’immobilier en France », deux facteurs permettent de la comprendre : l’augmentation de la capacité d’emprunt des Français et les aides fiscales gouvernementales.

Selon le cabinet de conseil, cité le 30 avril dans un article du quotidien économique Les Echos, la baisse des taux d’intérêt proposés par les banques françaises et l’augmentation conjointe de la durée des prêts – passés en moyenne de 14 ans à plus de 20 ans – ont permis une augmentation de 92% de la capacité d’emprunt des Français. Depuis 2008, les aides fiscales (Scellier, crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunt, etc.) et le Prêt à taux zéro ont fait le reste.

« Le diagnostic semble alors limpide », explique Pierre Sabatier. « En dépit d’une conjoncture pourtant difficile, jamais l’immobilier n’a été aussi cher qu’aujourd’hui, que ce soit en absolu ou en relatif. Cette bulle gigantesque, d’autant plus dangereuse qu’elle est étendue à l’ensemble du territoire, rend le secteur particulièrement fragile à toute évolution financière ou réglementaire défavorable. »

Lire l’intégralité de l’article sur CBANQUE

Olivier Delamarche : « Il faudrait placer Bernanke et Draghi en prison »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 06 mars 2012 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Bourse.

« Les Grecs n’en finissent plus de mourir – On n’a pas eu envie de créer un précédant avec la Grèce – La question est de sauver le système – Avec 70 % de conversion (créanciers privés + plan de sauvetage) la dette grecque passe 161 à 159 % 2012 et 2013, donc cela n’aura servi à rien – On vous raconte des conneries toute la journée, comme d’habitude – En Espagne, les chiffres sont truqués depuis des années, c’est le même problème – L’État espagnol sera obligé de recapitaliser les dettes – Vous voulez que je vous ressorte toutes les déclarations de Lagarde et du FMI qui ont été démenties dès le lendemain ? – La Chine connaîtra aussi un arrêt de sa croissance car elle dépend de celle des USA (qui est en train de caler) et de l’Europe (qui n’en a plus pour longtemps). »

NB : Pour obtenir une analyse détaillée des chiffres du chômage aux États-Unis voir le blog d’Olivier Berruyer.

(Merci à Laurentenne, Quentin & à Crise de nerfs)

Des Brics toujours en béton ?

Même fragilisés, les émergents sont là pour durer.

Fatigués, les BRICS ? Fin 2011, ce groupe de grands pays émergents formé par le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud a montré des signes de faiblesse. Croissance nulle au troisième trimestre pour le Brésil, bulle immobilière et déséquilibres en tout genre en Chine, etc. Albert Edwards a tranché. Fin novembre, le célèbre analyste de la Société Générale s’est moqué de l’acronyme Brics en lui attribuant une définition très personnelle et peu flatteuse : Bloody Ridiculous Investment Concept (Putain de Concept d’Investissement Ridicule). Eh oui, la traduction française n’atténue pas la rudesse de la formule.

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L’austérité ruine le patrimoine

Le patrimoine culturel est l’une des premières victimes des mesures d’austérité adoptées par les États européens. Et si nous voulons sauver Pompéi et d’autres sites et monuments du sud de l’Europe, il est grand temps de changer la gestion de la politique culturelle.

La porte cintrée du XIIe siècle est le seul vestige encore intact de l’église Saint-Pierre de Becerril del Campo, dans la province de Palencia, dans le centre de l’Espagne. Le toit a pratiquement disparu. L’eau s’infiltre partout et l’intérieur déborde de déchets. “La nef se détériore de jour en jour, nous avons déjà perdu presque tous les stucs et les voûtes baroques”, signale Hispania Nostra, association de défense du patrimoine.

On a toujours attribué les manquements dans le secteur de la conservation au déséquilibre existant entre le fabuleux patrimoine culturel du Sud de l’Europe et les ressources comparativement limitées dont disposent les gouvernements de la région. L’Italie compte plus de sites inclus dans le patrimoine mondial de l’Unesco que tout autre pays, et l’Espagne est la suivante sur la liste.

Plus tôt cette année, à l’autre bout de la Méditerranée, sur l’île grecque de Kea, une tour du IVe siècle av. J.C. s’est en partie effondrée sous les yeux des habitants, en dépit des avertissements répétés du département local d’archéologie.

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L’Europe en porte-à-taux

L’Europe a mal à ses taux. Entre la création de l’euro en 1999 et mi-2008, tous les pays de la zone euro ont emprunté sur les marchés à des conditions très avantageuses, c’est-à-dire allemandes. Un parapluie protecteur qui a été un avantage pour tous, mais a également permis aux pays de s’affranchir des contraintes de la dette en menant des politiques néfastes.

Le réveil est brutal et les dominos tombent: Grèce, Irlande, et le Portugal en ligne de mire. L’euro existe encore et personne n’en est sorti.

Mais avec cet éclatement des taux d’intérêts, c’est déjà une petite mort de la monnaie unique. Avant la grande?

Un petit coup de spread

La crise a popularisé un florilège de mots techniques, jusque-là inconnus du grand public et qui peuplent désormais les articles de journaux. Parmi eux, le spread. Chaque pays, pour financer sa dette, émet des obligations d’État. En France, ce sont les OAT (Obligations Assimilables du Trésor). Il s’agit de titres de crédit qui sont achetés par des emprunteurs à un taux donné (le taux d’intérêt) et pour une maturité donnée. La maturité est la durée de l’emprunt. La plus commune est de 10 ans et c’est celle qui est retenue pour les comparaisons internationales. Il existe de multiples théories sur la fixation des taux d’intérêt. Une manière simple de considérer la chose est que plus les emprunteurs ont confiance dans la capacité d’un pays à rembourser sa dette, plus celui-ci pourra emprunter à des taux d’intérêts bas.

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Le prisonnier espagnol

Ce qu’il y a de bien avec les Irlandais aujourd’hui, c’est qu’ils sont si peu nombreux. À elle toute seule, l’Irlande ne peut mettre trop à mal les perspectives européennes. On peut en dire autant de la Grèce et du Portugal, que beaucoup voient comme le prochain domino potentiel. Mais alors il y a l’Espagne. Si les autres sont des tapas, l’Espagne est le plat principal.

Ce qui est frappant concernant l’Espagne, d’un point de vue américain, est à quel point son histoire économique ressemble à celle des États-Unis. Comme l’Amérique, l’Espagne a connu une énorme bulle immobilière, accompagnée d’une énorme hausse de la dette privée. Comme l’Amérique, l’Espagne est entrée en récession lorsque cette bulle a éclaté, et a connu une brusque montée du chômage. Et comme l’Amérique, l’Espagne a vu gonfler son déficit budgétaire à cause d’une baisse de recettes et à cause des coûts liés à la récession.

Mais contrairement à l’Amérique, l’Espagne est au bord d’une crise de la dette. Le gouvernement américain n’a aucun mal à financer le déficit, avec des taux d’intérêt sur la dette fédérale à long terme inférieurs à 3%. L’Espagne, au contraire, a vu le coût de son emprunt monter en flèche ces dernières semaines, reflétant des craintes grandissantes d’un possible défaut de paiement.

Pourquoi l’Espagne connaît-elle tant de problèmes ? En un mot, c’est à cause de l’euro.

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Irlande, les « modèles » se démodent vite

L’implosion de l’économie irlandaise propage une onde de choc qui menace d’emporter l’euro. Les démineurs européens sont à l’oeuvre pour tenter de circonscrire le cataclysme et éviter qu’il n’ébranle le Portugal et l’Espagne, puis tout le système. Et, surprise, le voile se déchire, les brumes se dissipent, et l’on découvre brusquement les fragilités du “miracle” irlandais. Le Tigre celtique tangue, après des années de boom. La fin d’un exemple a sonné.

Ceux qui, naguère encore, déversaient des tombereaux d’éloges et tressaient des dithyrambes enflammés à propos du “petit dragon celtique” s’aperçoivent, bien tardivement, que tout était fondé sur une tourbe instable.

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Dans les quartiers fantômes de l’Irlande ruinée

Addendum vidéo

C’est l’une des faces les plus stupéfiantes de la crise irlandaise : l’île est jonchée de lotissements vides et de bureaux laissés déserts, symboles de la bulle immobilière qui vient d’éclater.

Sur les cartes les plus récentes de Dublin, Clongriffin n’existe pas encore. Construit dans une banlieue cossue du nord de la capitale irlandaise, ce «centre-ville» flambant neuf est pourtant déjà mort. A l’entrée, une palissade noire court le long de main street, la «rue principale», et dissimule un grand terrain vague. Des panneaux promettent depuis 2007 l’ouverture d’un centre commercial, qui ne verra jamais le jour.

Un rapport publié en octobre a recensé plus de 2800 de ces cadavres sur l’île. En tout, ce sont 23.000 maisons ou appartements qui sont terminés, et vides pour la plupart. Quelque 20.000 autres sont jugés «presque achevés» ou «restés au stade de chantier». Autant de cicatrices d’une redoutable crise partie, comme aux États-Unis ou en Espagne, des folies l’immobilier. Si Dublin n’est pas épargné, l’intérieur de l’île (les comtés de Longford et Leitrim, en particulier, dans le nord-ouest) est encore plus touché par ce phénomène.

Au bout de la rue, la place centrale est entourée de bâtiments modernes, de béton et de verre, tous déserts: aucun de ces bureaux n’a trouvé preneur.

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Espagne : Ces villes nouvelles devenues fantômes

Des centaines de milliers d’appartements construits en Espagne pendant le boom immobilier sont aujourd’hui vides. La crise a bloqué net l’essor de villes destinées à accueillir une population grandissante dans des blocs de standing organisés autour de vastes avenues. Visite fantôme à quelques kilomètres du centre de Madrid.

Le plus rapide pour aller chez le boulanger depuis le trottoir d’en face, c’est d’escalader le talus de graviers parsemé de restes de matériaux de construction puis de traverser un long terrain vague, avant de repartir à l’assaut d’un promontoire de terre qui s’effrite.

Seul commerce sur des centaines de mètres à la ronde, la boulangerie « El Hojaldre » fait l’angle entre une longue rue vide et une fine route flambant neuve bordant un pré d’herbes folles. C’est la frontière du gigantesque quartier qui se construit aux portes de Madrid.

L’Ensanche de Vallecas devrait à terme loger plus de 100 000 personnes dans quelque 25 000 nouveaux appartements. C’est le plus grand développement urbain de la région. Mais l’explosion de la bulle immobilière a soufflé son essor.

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