La Fed tourne la page du stimulus monétaire

Comme prévu, la Banque centrale des États Unis, la Fed, a annoncé mercredi soir qu’elle mettait un terme à son soutien monétaire exceptionnel à l‘économie américaine tout ne laissant les taux d’intérêt inchangés, proches de zéro.

Dans son communiqué, le comité de politique monétaire de la Fed qui cite “les solides gains sur le marché de l’emploi“ va cesser ses injections de liquidités.

La banque centrale promet aussi de laisser ses taux d’intérêt proches de zéro pendant “une période de temps considérable” en ajoutant que si les progrès de l’inflation et de l’emploi sont plus rapides, une première hausse des taux “pourrait intervenir plus tôt qu’anticipé”.

Dans son communiqué, la Fed ne qualifie plus d’importante la sous utilisation des ressources du marché du travail. Celles-ci diminuent progressivement constate la Fed qui fait référence aux nombreux emplois à temps partiels notamment.

Euronews 29/10/2014

Stiglitz dresse l’état des lieux de la macroéconomie

Dans le discours qu’il a récemment prononcé lors de la conférence tenue en l’honneur du Français Jean-Paul Fitoussi, Joseph Stiglitz (2014) débute par un constat sévère: qu’il s’agisse de la science ou de son objet, la macroéconomie ne se porte pas très bien.

Pourtant, en avril 2006, Anne Krueger, la directrice générale déléguée du FMI, affirmait que « l’économie mondiale a rarement été dans une meilleure forme ». De son côté, lorsqu’Olivier Blanchard (2008) se pencha sur « l’état de la macro » alors même que le marché du crédit subprime connaissait de fortes turbulences, il le jugea bon. Puis les pays avancés basculèrent dans la plus sévère crise économique depuis la Grande Dépression des années trente.

Non seulement les modèles standards n’ont pas prédit la Grande Récession, mais ils suggéraient tout simplement qu’un tel événement ne pouvait survenir. Dans le type d’économies dépeint par les modèles standards, les bulles n’existent pas ; l’approfondissement des marchés financiers est censée avoir dissolu les risques.

Pourtant, ces deux derniers siècles ont été marqués par une volatilité récurrente des prix d’actifs et du crédit. Même après que la bulle immobilière ait éclaté, les modèles standards n’ont pas prédit l’ensemble de ses répercussions. Ils n’ont pas plus prédit l’occurrence de la crise de la zone euro ou ses conséquences. Ils n’ont pas pu fournir de bons conseils aux autorités monétaires pour agir efficacement face à la déstabilisation des marchés financiers et à la détérioration de l’activité.
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La prochaine bulle Internet se rapproche, et ce sont les capital-risqueurs qui le disent

Quand la bien-nommée société Yo, une appli mobile dont le service consiste uniquement à envoyer la notification «Yo» sur votre téléphone, a levé son premier million de dollars en juin 2014, tout le monde a éclaté de rire. Ce petit million n’est pourtant qu’une goutte d’eau dans l’océan de capitaux qui afflue vers les start-ups du secteur numérique.

Le magazine Wired relaie les inquiétudes des spécialistes qui redoutent une bulle du numérique comparable à celle de 1999. Dans le Wall Street Journal, l’investisseur Bill Gurley a affirmé que l’argent se déversait dans les start-ups à un niveau préoccupant.

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La dette totale des États-Unis atteint un nouveau record de près de soixante mille milliards de dollars

Que diriez-vous si je vous disais que les étasuniens avaient une dette de près de 60.000 milliards de dollars ? Eh bien c’est vrai. Lorsque vous cumulez toutes formes de dettes, incluant la dette du gouvernement, du commerce, la dette des crédits immobiliers et la dette-consommateurs, nous atteignons 59.400 milliards de dollars de dettes [43.676 milliards d'euros]. C’est une somme d’argent tellement énorme qu’il est difficile de la décrire avec des mots.

Par exemple, si vous viviez à l’époque de la naissance de Jésus-Christ, et que vous aviez dépensé 80 millions de dollars [environ 59 millions d'euros] chaque jour depuis, vous n’auriez toujours pas dépensé aujourd’hui 59.400 milliards de dollars [43.676 milliards d'euros].

Et la majeure partie de cette dette a été cumulée dans les récentes décennies. Si vous retournez quarante ans en arrière, la dette totale des États-Unis se situait aux environs de 2.200 milliards de dollars [1.618 milliards d'euros]. D’une façon ou d’une autre, durant les quatre dernières décennies, nous avons permis que la dette étasunienne devienne approximativement vingt-sept fois plus grande.

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Ça fait rire les spéculateurs, ça ruine les salariés

Par Myret Zaki

Il existe un facteur qui permet aux investisseurs de voir s’apprécier exagérément la valeur de leur portefeuille par rapport aux fondamentaux économiques. Et qui, en même temps, cause une perte du pouvoir d’achat des salariés et, à terme, une dégringolade durable des conditions économiques et des finances étatiques.

Il s’agit de l’inflation, celle invisible aujourd’hui dans les statistiques, mais visible aux yeux des consommateurs, et évidente dans les prix des actions, de l’immobilier, et de l’art.

Cette inflation qui ne dit pas son nom sert d’unique politique monétaire depuis plus d’une décennie. Les indices officiels de prix à la consommation la sous-estiment grossièrement. Mais surtout, ces statistiques ne tiennent aucun compte de l’inflation la plus dangereuse, celle boursière et immobilière. Cette même bulle des prix qui avait causé le krach de 2008, et qui sera la cause inévitable du prochain krach.

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Immobilier : Le FMI met en garde contre une nouvelle crise mondiale

Le monde doit agir maintenant pour éviter une nouvelle crise de l’immobilier, avertit le Fonds monétaire international (FMI), qui vient de publier un rapport: le Global Housing Watch. Il indique que les prix des biens immobiliers ont augmenté dans la plupart des pays au point de devenir inabordables pour les ménages.

Selon le FMI, cette hausse continue une véritable menace pour l’économie mondiale et les gouvernements ne font pas assez d’efforts pour la contrôler.

Min Zhu, directeur général adjoint du FMI, cite quelques pays pour lesquels ce phénomène est particulièrement problématique, évoquant même une bulle immobilière :

« Pour les pays de l’OCDE, où les statistiques de long terme concernant le prix des maisons, les loyers et les revenus sont disponibles, ces ratios [ceux des prix des maisons comparés aux revenus] demeurent très au dessus de leurs moyennes historiques dans une majorité de pays. Cela est vrai par exemple pour l’Australie, la Belgique, le Canada, la Norvège et la Suède ».

Comment l’expliquer ?
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Israël : Le prophète économique de Forbes prédit l’apocalypse

Le boom économique d’Israël est en fait une bulle spéculative destinée à éclater, affirme mardi le prophète économique du magazine Forbes, Jesse Colombo, connu pour avoir prédit entre autre la crise financière mondiale.

Dans une analyse détaillée, graphiques et chiffres à l’appui, l’analyste économique estime que l’économie israélienne est la plus susceptible d’éclater dans les années à venir.

Malheureusement, le boom économique d’Israël n’est pas le miracle qu’il semble, mais est en fait une bulle semblable à celle qui a provoqué la crise financière”, prévient-il, soulignant que l’éclatement de la bulle spéculative immobilière israélienne va avoir des répercussions économiques désastreuses.

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Maison bulle bioclimatique enterrée

Avec le changement climatique et la crise du logement, il est devenu indispensable de repenser l’habitat de demain. En effet, pourquoi continuer à construire des maisons cubiques, dites “traditionnelles”, qui coutent cher, alors que d’autres solutions existent?

Dans la nature il n’y a pas d’angles droits, tout est courbe et l’espace décrit par les membres de notre corps est courbe. La sphère est la forme la plus simple avec une seule dimension, le rayon. C’est également la forme qui se rapproche le plus de la nature, utilise le moins de matériaux et est la plus solide (essayez de briser un œuf en le serrant très fort dans votre main, c’est impossible et pourtant, ce n’est qu’un œuf dont la coque est comme une feuille de papier), pensez aussi aux coquillages, graines…

Ces habitations s’inspirent des maisons bulles de l’habitologue hongrois Antti Lovag pour sa structure, de l’architecte suisse Peter Vetsch pour le coté enterré et du physicien américain John Hait pour la maison chauffée par le soleil. Il s’agit d’une maison réalisée en voile de béton, une structure auto-portante qui la rend antisismique et anticyclonique.

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La drôle d’histoire des banques françaises (Docu)

Comment, du XVIIIe siècle à nos jours, les banques françaises ont réussi à se soustraire à toutes les règles pour générer le système actuel. S’appuyant sur des films d’archives et des séquences d’animation, le documentaire raconte l’histoire d’un éternel recommencement et d’un système qui s’emballe.

Absence de contrôle, spéculation à outrance et paradis fiscaux ont éloigné les banques de l’économie réelle et enclenché une crise sans précédent en 2008. Comment en est-on arrivé là ?

Ce documentaire remonte jusqu’en 1714, date de l’introduction en France du billet de banque, puis du système des actions orchestré par John Law – un banquier britannique féru de mathématiques, qui fit fortune dans les jeux. Mais, déjà, une première bulle spéculative crée la panique ! En 1789, la dette de l’État atteint 80 % du PIB. Elle est effacée huit ans plus tard, ruinant les créanciers et suscitant la colère des bourgeois…

Désireux de redonner confiance aux Français, Bonaparte crée en 1799 la Banque de France. Vingt familles parisiennes – dont les Rothschild – s’emparent de cette banque centrale. Vers 1865, pour financer la révolution industrielle, deux établissements sont créés pour collecter l’épargne dormante du grand public et drainer des investissements industriels à l’étranger, notamment vers la Russie : la Société générale et le Crédit lyonnais…

Réalisé par Guy Girard (France – 2012)

(Merci à Noway)

Pourquoi les centres commerciaux géants recouvrent la France

En période de recul du pouvoir d’achat et de baisse de leur fréquentation, pourquoi ces temples de la consommation se multiplient-ils, malgré tout ? Quels profits en retirent leurs promoteurs ? Quels intérêts y trouvent les élus ? Enquête sur une nouvelle bulle spéculative.

Plus de 50 centres commerciaux sont actuellement en construction en France ! Le pays en compte déjà pourtant plus de 740. Et leur fréquentation est en baisse depuis 2008, tout comme leur chiffre d’affaires [1]. Qu’importe !

Il en pousse partout de nouveaux: Aéroville, l’Atoll, Europa City, So Ouest, My Place, Rives de l’Orne, Confluence… Les centres commerciaux ne connaissent pas la crise. La France est le pays d’Europe de l’Ouest où s’ouvrent le plus de ces mini-villes faites d’escalators et de galeries marchandes.

En région parisienne, des centaines de milliers de mètres carrés de surfaces commerciales sont sorties de terre en quelques années. S’y ajoutent une vingtaine de rénovations ou d’extensions en cours sur tout le territoire [2]. Le rythme de création des implantations commerciales ne cesse de s’accélérer depuis dix ans.

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Chine : Le développement de la République Populaire est une déclaration de guerre aux États-Unis

Par Peter Kuntze

La Chine a confiance en elle; elle ose des réformes et sa nouvelle direction veut consolider ses succès

Le contraste ne pourrait pas être beaucoup plus grand: d’un côté du Pacifique, la puissance qui est toujours l’Hégémon, est confrontée à de fortes turbulences économiques et politiques; de l’autre côté, la superpuissance en devenir bat tous les records sur le plan économique, en dépit des prophètes de malheur, et a pleine confiance en son avenir.

Ce n’est pas étonnant: trois décennies et demie après le lancement de la politique de réformes et d’ouverture voulue par Deng Xiaoping, le successeur de Mao Zedong, ce changement de cap révolutionnaire a donné ses fruits en bien des domaines. Le pauvre État paysan, avec ses millions de “fourmis bleues” est devenu un pays moderne aux immeubles de prestige rutilants et a développé une industrie de la mode qui se révèle désormais sur les “catwalks” de Paris et de Milan.

Hollywood aussi s’énerve car, de fait, l’industrie américaine du cinéma a toutes les raisons de craindre l’avènement d’un sérieux concurrent installé en Extrême-Orient. Pourquoi? Wang Jianlin, l’homme qui serait le plus riche de la République Populaire de Chine, est en train de faire construire à Tsingtau (l’ancienne base et colonie allemande) les plus grands studios cinématographiques du monde. Ce projet gigantesque coûterait plus de huit milliards de dollars et serait achevé en 2017.

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Olivier Delamarche : « La BCE sera probablement obligée de suivre la Fed »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 25 juin 2013 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Cédric Decoeur et Guillaume Sommerer.

« Ces guignols [de la Fed] se sont engagés dans une politique de laquelle ils ne peuvent pas sortir et ils essaient de faire croire le contraire, ils ne sont absolument pas maîtres de la situation. Mr Draghi est beaucoup plus malin que Mr Bernanke, mais à un moment ou à un autre, poussée par les politiques, la BCE sera obligée de suivre. »

Le Triangle des Bermudes de l’économie

Par Steen Jakobsen, économiste en chef de Saxo Bank

Le mystère du triangle des Bermudes a stimulé l’imagination de bien des générations. Il a également attiré mon attention et j’ai le sentiment qu’il existe un triangle des Bermudes de l’économie: un espace où tout tend à disparaître des écrans radars, un trou noir dans lequel la rationalité et la science sont remplacées par l’espoir, la superstition et le non-sens.

Dans la vraie vie, le triangle des Bermudes s’étend des Bermudes à Porto Rico et à Miami. Le triangle des Bermudes de l’économie, quant à lui, va des sommets des marchés actions, en passant par un taux de chômage élevé et une croissance / productivité faible. Comme le vrai triangle des Bermudes, il existe à propos du triangle de l’économie, de nombreuses preuves scientifiques qui permettent d’expliquer la plupart des choses, sinon la totalité de ce qui se passe actuellement. Seulement, cela ne concerne pas Hollywood, désolé, mais la Réserve Fédérale. [...]

Le Triangle des Bermudes de l’économie a fait de nous des spectateurs en créant un style de vie dans lequel nous sommes persuadés que l’absence de changement est la solution.

Il y a un mythe disant que l’Atlantide engloutie serait au milieu de ce triangle. Ce mythe a été renommé Théorie Monétaire Moderne (MMT), et aboutit à une recette économique connue de longue date: imprimer et dépenser de l’argent, pour ensuite prier pour un temps plus clément…
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La Bourse profite-t-elle de la crise ?

Émission “Du Grain à moudre” d’Hervé Gardette, diffusée le 29 mai 2013 sur France Culture, avec Dominique Plihon et Bertrand Jacquillat.

La bourse française se porte bien. Ailleurs, c’est encore mieux. Le Dax allemand, le Footsie britannique, le Dow Jones à New-York, les marchés asiatiques : le temps des indices records est de retour. Comme si tout allait pour le mieux dans l’économie mondiale.

Certes, le CAC 40 est encore loin de son record absolu : 6944 points en séance. C’était en septembre 2000, la bulle Internet n’allait pas tarder à se décomposer. Aujourd’hui, l’indice qui mesure les performances financières des 40 plus grandes entreprises françaises est loin d’avoir retrouvé ce niveau.

Mais en franchissant à nouveau la barre des 4000 points il y a quelques jours, le CAC 40 a repris des couleurs : sa meilleure “performance” depuis 2 ans, après une progression de 15% en 2012.

Sauf que tout va plutôt mal. Si ce n’est dans l’ensemble des pays du globe, à tout le moins en Europe. La zone euro est en récession, le taux de chômage y a atteint le niveau record de 12,1% au mois de mars…et pourtant , la Bourse est en pleine forme. A croire que l’économie réelle et les marchés financiers sont déconnectés.

A minima, on peut parler d’un décalage, qui s’explique de plusieurs façons. D’abord par l’internationalisation du CAC 40 : les grandes entreprises françaises sont de moins en moins liées à l’économie hexagonale. Ensuite par la faiblesse des taux d’intérêts, qui rend les actions beaucoup plus attractives que d’autres placements.

Le problème, c’est que cet édifice semble, une fois de plus, reposer sur des bases bien fragiles : une bulle peut-être, qui comme toutes les bulles n’a pas d’autre vocation que de finir par éclater.

États-Unis : Les pièges qui attendent la Fed quand les taux remonteront

Par Nouriel Roubini

Il est peut-être trop tôt pour dire si de nombreux actifs risqués ont atteint des niveaux de bulle, et si les niveaux d’endettement et de prise de risque sur les marchés financiers sont devenus excessifs. Néanmoins, il est probable que des bulles du crédit et des actifs / actions se forment dans les deux ans à venir, en raison de la politique monétaire américaine accommodante.

La faiblesse persistante de l’économie américaine – où le désendettement des secteurs public et privé se poursuit – a conduit à un chômage obstinément élevé et une croissance inférieure à la normale. Les effets de l’austérité budgétaire – une forte hausse des impôts et une forte baisse des dépenses publiques depuis le début de l’année – minent encore plus les performances économiques.

En effet, des données récentes ont imposé le silence à certains responsables de la Réserve fédérale, qui avaient laissé sous-entendre que la Fed pourrait commencer à sortir du troisième cycle d’assouplissement quantitatif (QE3) qui est actuellement en cours (pour une durée indéterminée). Compte tenu de la faible croissance, du taux de chômage élevé (qui a diminué seulement parce que les travailleurs découragés sont en train de quitter la population active) et d’une inflation largement inférieure à l’objectif de la Fed, ce n’est pas le moment de commencer à contraindre la liquidité.

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La Chine va-t-elle s’effondrer ?

par Paul Krugman

Imaginons le tableau suivant : la croissance récente s’appuie sur un gigantesque boom du bâtiment entretenu par les prix de l’immobilier en forte hausse, montrant ainsi tous les signes habituels d’une bulle. Une croissance rapide en terme de crédit s’est produite – une grande partie de cette croissance ayant lieu non pas grâce au système bancaire traditionnel mais grâce à un système bancaire parallèle non réglementé, non soumis au contrôle du gouvernement ni soutenu par des garanties gouvernementales. Aujourd’hui, la bulle éclate et nous avons de sérieuses raisons de craindre une crise financière et économique.

Est-ce la description du Japon à la fin des années 1980 ? Ou bien de l’Amérique en 2007 ? Cela se pourrait. Mais aujourd’hui je parle de la Chine, qui apparaît petit à petit comme un nouveau point dangereux dans une économie mondiale qui n’a vraiment, vraiment pas besoin de ça en ce moment.

J’étais réticent à donner mon avis sur la situation chinoise, en partie parce qu’il est terriblement difficile de savoir réellement ce qui se passe. Il est préférable d’envisager toutes les statistiques économiques comme une forme particulièrement ennuyeuse de science-fiction mais les chiffres de la Chine sont bien plus fictifs que la plupart des autres. Je me serais volontiers tourné vers de vrais experts de la Chine pour me guider, mais on ne trouve pas deux experts disant la même chose.

Cependant, même les chiffres officiels sont déroutants et les nouvelles récentes sont suffisamment dramatiques pour tirer la sonnette d’alarme.

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Gaz de schiste : Bulle spéculative ou solution miracle ?

Par Alfredo Jalife-Rahme, professeur de Sciences politiques et sociales à l’Université nationale autonome du Mexique (UNAM)

Il n’y a pas de débat sur le gaz de schiste ; s’agit-il d’un miracle de la technologie US, comme nous le crient sur tous les toits les médias anglo-saxons, ce qui relèverait d’un exploit prométhéen, ou bien d’une vulgaire bulle spéculative gonflée par les tenants de la gouvernance financière, thèse défendue par le centre de réflexion géostratégique DeDefensa.org, qui a son siège à Bruxelles ? [1]

Or ce débat a tout lieu d’être, puisque c’est de sa conclusion que dépend la nouvelle place imprenable à laquelle aspirent les USA : puissance énergétique globale capable de rivaliser avec la Russie et l’OPEP, si la manne gazière se confirme, ou tentative publicitaire piteuse pour retarder la décadence de la jadis superpuissance unipolaire ?

Un ami banquier haut placé qui demande à garder l’anonymat est d’avis que le fracking (la fracturation de la roche à 4.000 m de profondeur, grâce à une énorme quantité d’eau) est une autre opération d’intox, car ce n’est absolument pas viable. Il ajoute que les investissements en fracking sont un gouffre, et que les liquidités générées par la vente de pétrole ne suffisent pas à financer la croissance nécessaire à cette nouvelle industrie.

En effet, les puits ouverts par fracking s’épuisent très vite ; pour une production soutenue à un certain niveau, il faut ouvrir constamment de nouveaux puits. C’est indispensable et ne suffira guère qu’à maintenir un niveau de production donné.

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