Ah, ça ira, ça ira…

par Jacques Sapir

Notre Président s’est donc rendu à Clichy-sous-bois d’où étaient parties les émeutes de 2005. Il eut été plus opportun qu’il se rende à Trappes où des provocations islamistes minoritaires ont menacé la tranquillité de la population. Mais le courage politique n’est pas réellement le fort de François Hollande…

Le pavillon de la Lanterne près de Versailles, lieu de résidence lors des vacances estivales de François Hollande

Notre Président tient depuis des mois un discours optimiste, que ce soit sur la croissance ou sur l’emploi. Mais, son Ministre des Finances, Pierre Moscovici laisse entendre que le déficit budgétaire va déraper et atteindre autour de 4% cette année, tandis que les chiffres de croissance sont constamment révisés à la baisse : de +0,8% à -0,1% pour cette année, et de +1,2% à +0,6% pour 2014. Mais, les chiffres ne sont pas le fort de François Hollande…

Notre Président annonce la création de près de 100 000 emplois d’avenir d’ici à la fin de l’année 2013. Cependant, sur le terrain, le dispositif ne se met en place qu’avec les plus extrêmes difficultés. Mais, la réalité n’est pas le fort de François Hollande. Et, à vrai dire, on ne sait pas trop où est le fort de notre Président (si ce n’est à Brégançon, mais c’est une autre histoire).

A-t-il seulement pris la mesure de ce qui est en train de se passer dans ce pays, alors que ses conseillers se gargarisent des fameux « bons résultats » ? On sait ce qu’il en est.

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La défense nationale est-elle satisfaisante ?

Yves-Marie Laulan reçoit les généraux Henri Pinard-Legry et Jean-Marie Faugère pour parler de la défense nationale et des problèmes des ressources qui y sont consacrées.

« La France va au Mali parce qu’il est de notre intérêt d’avoir une Afrique sub-saharienne stabilisée et développée. Sinon nous aurons une pression migratoire extrêmement forte compte tenu de la démographie galopante du Mali (6,5) ou du Niger (7,5). Il est de notre intérêt de détruire les éléments d’un islamisme totalitaire, on les appelle terroristes, gangsters, mais c’est un islamisme totalitaire. » – Général Pinard-Legry

« L’un des tests [NDLR : pour s'assurer de la loyauté des bi-nationaux envers la France] serait de constituer des unités à partir de Franco-maliens » - Général Pinard-Legry


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Livre BIanc : Renseignement et Forces Spéciales

Le 20e anniversaire de la création du COS (Commandement des opérations spéciales) vient de donner lieu à une nouvelle présentation en trompe-l’œil du prochain Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité. Hormis son bornage budgétaire déjà posé avant même que ne débute sa mise en chantier, cet exercice important de pensée et de prospective stratégique risque, à nouveau, de recycler quelques vieilles lunes alors que le nouveau contexte international réclame une nécessaire révolution copernicienne.

Par Eric Denécé (1) et Richard Labévière (2) – Le 01-01-2013.

La fin de la Guerre froide a produit nombre d’illusions dont celle d’une victoire totale du « monde libre » et de ses conceptions économiques et politiques.

La démocratie parlementaire allait s’imposer partout et les délices du libre-échange mettre fin aux conflits interétatiques. D’aucuns – dont Samuel Huntington, Francis Fukuyama et leurs suiveurs européens -, annoncèrent un peu vite la « fin de l’histoire » et l’avenir radieux d’une simple administration des richesses et des hommes.

Un « nouvel ordre international » semblait à portée de main d’une humanité enfin réconciliée avant que la Somalie, les Balkans et le Rwanda n’apportent un cinglant démenti à ce rêve parousiaque. Les attentats du 11 septembre 2001 finirent de condamner cette mauvaise lecture de Hegel tout en générant de nouveaux malentendus.

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De Daguet à Daguet

Dans un article datant de 1993 et intitulé The Financial Instability Hypothesis, l’économiste Hyman Minsky distingue trois régimes d’emprunts :

Hyman Minsky (23 septembre 1919, Chicago – 24 octobre 1996) est un économiste américain s’inscrivant dans le courant de pensée post-keynésienne. Il est connu pour ses études portant sur les crises financières et leur lien avec le cycle économique.

Le régime de  « couverture » où le revenu de la somme empruntée permet d’assurer le versement des intérêts tout en faisant croitre ses actifs.
Le régime  « spéculatif » où le revenu suffit seulement à verser les intérêts et l’emprunteur se voit alors forcé de reconduire sa dette d’échéance en échéance.
Le régime dit de « cavalerie » ou de « pyramide » où le revenu de la somme empruntée est insuffisant à couvrir les seuls intérêts dus et l’emprunteur est forcé pour s’acquitter de ceux–ci, soit d’emprunter davantage, soit d’y consacrer le produit de la vente de certains de ses actifs. Le passage à ce troisième régime est, depuis cet article, désormais qualifié de « moment Minsky ».
L’emprunteur devient alors rapidement aussi pauvre qu’avant l’emprunt et risque même sérieusement la ruine.

Défense : la paupérisation de l’armée française s’accélère

Fin 2015, il manquera 10 milliards d’euros au budget de la Défense par rapport à la loi de programmation militaire initiale, selon le chef d’état-major des armées, l’amiral Edouard Guillaud. En 2020, ce seront 40 milliards qui feront défaut si les pouvoirs publics prolongent le tour de vis actuel. L’effort de défense dépassera “à peine 1,3 %” du PIB à l’horizon 2015, contre 2 % en 1997“. Principaux extraits de l’audition de l’amiral Guillaud devant les députés de la commission de la défense de l’Assemblée nationale.

C’est donc bien l’heure de la retraite pour les militaires français, des ambitions rangées dans les cantines des soldats, de l’influence de la France… racontée dans les livres d’histoire. Car l’audition devant les députés de l’assemblée nationale de la commission de la défense du chef d’état-major des armées, l’amiral Edouard Guillaud, apparait comme un véritable électrochoc.

La France rentre vraiment dans le rang. “Le ministre de la défense a obtenu que les crédits soient plus importants en 2013, ce dont nous ne pouvons que nous réjouir : leur niveau actuel n’est pas loin de remettre en cause le choix d’une armée polyvalente et homogène, garantissant réactivité, souplesse d’emploi et endurance“, constate sévèrement l’amiral Guillaud aux députés.

40 milliards d’euros en moins en 2020

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Un tsunami s’annonce sur le budget de la Défense

La cour des comptes évalue entre 4,1 et 6,4 milliards d’euros les ressources budgétaires manquantes pour le budget de la Défense à fin 2013. Et entre 15 et 20 milliards à fin 2020. Fin 2011, elle avait déjà identifié un écart de 1,9 milliard sur la période 2009-2011 par rapport à la trajectoire de la loi de programmation militaire.

Un trou estimé entre 4,1 et 6,4 milliards à fin 2013

La cour des comptes prévoit un écart “d’au moins 4,10 milliards à fin 2013 sur la base des seuls arbitrages rendus avant mi-2012″. Notamment celle de stabiliser en volume les dépenses de la mission Défense alors que la LPM prévoyait une croissance de 1 % en volume en 2012 et 2013. Conséquences, la défense perd mécaniquement 2,11 milliards en 2012 et 2,06 milliards en 2013. Un impact limité avec les recettes exceptionnelles (2,24 milliards). Mais ”si les recettes de cession des fréquences devaient ne pas être attribuées à la défense, l’écart se creuserait davantage et atteindrait 6,4 milliards d’euros”, explique Didier Migaud.

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États-Unis : Le complexe politico-militaro-industriel domine les besoins réels de l’armée

Le Congrès américain s’apprête à octroyer davantage de fonds pour moderniser les chars de combat de l’armée de Terre que ce que demandent les responsables militaires, qui craignent que ces amendements ne mettent en péril la stratégie globale du Pentagone.

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Dans son projet de budget pour l’exercice budgétaire 2013, qui débute en octobre, l’administration Obama demande 74 millions de dollars pour moderniser les chars de combat M1A2 Abrams, à l’origine conçus pour affronter les forces du pacte de Varsovie dans les plaines d’Europe centrale.

Mais, comme l’an passé, le Congrès ne l’entend pas de cette oreille : la chambre des Représentants, à majorité républicaine, a ajouté 181 millions supplémentaires de dollars à ce programme. En commission, le Sénat, dominé par les démocrates, est lui aussi allé plus loin que les souhaits du Pentagone et a augmenté de son côté de 91 millions de dollars la dotation pour moderniser les Abrams, ce qui doit permettre selon le Sénat de moderniser 33 chars supplémentaires.

“Notre problème, c’est que nous n’avons pas besoin de ces chars”, a pourtant objecté devant les élus le chef d’état-major de l’armée de Terre, le général Ray Odierno.

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