Trois destins possibles pour l’Europe

Poussée des eurosceptiques confirmée ? Gauche sanctionnée, comme aux municipales ? Président (e) de la Commission européenne vraiment issu (e) du choix des électeurs ? L’élection des députés européens, dimanche 25 mai, apportera son lot de surprises. Notre sort ne sera pas tranché pour autant.

Du sursaut au lent déclin en passant par la résurgence de la crise, La Tribune vous propose trois scénarios sur l’avenir de l’Europe en 2017.

1 – L’effondrement ou le krach italien

LA FICTION – Avril 2017. Sommet de crise à Bruxelles
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Anne-Marie Le Pourhiet : «Renationaliser le pouvoir de décision pour le repolitiser»

Les élections des députés européens approchent. Les dernières échéances ont montré un fort désintérêt des citoyens de presque tous les pays pour ce suffrage, et certains sondages annoncent une majorité eurosceptique au Parlement européen. Dans cette hypothèse, quelle influence pourrait avoir cette « chambre introuvable » eurosceptique sur le fonctionnement, voire la réforme, de l’Union européenne ?

Vous savez, je suis constitutionnaliste et non politologue et encore moins voyante, je serais donc bien incapable de vous dire ce que serait et ferait exactement cette chambre à majorité eurosceptique. Mais la logique voudrait qu’elle refuse d’adopter une grande partie de la législation envahissante que propose la Commission en invoquant systématiquement les principes de proportionnalité et de subsidiarité auxquels est consacré un protocole additif au traité de Lisbonne. Défendre l’autonomie des États et saboter les prétentions fédéralistes de l’Union devrait être le premier souci d’une telle chambre.

— Sauf que la nouveauté des élections européennes de 2014, introduite par le traité de Lisbonne, c’est que les têtes de liste des partis européens sont désormais transnationales, désignées au niveau de l’Union, et celle dont le parti sortira premier du scrutin aura de grandes chances d’être élue, à la majorité absolue de la nouvelle chambre, à la tête de la Commission européenne. Le traité de Lisbonne réalise-t-il ainsi l’aspiration que Jacques Delors exprimait en 1990 – rejetée avec vigueur par Margaret Thatcher à la Chambre des Communes, avec son fameux « No ! No ! No ! » – de créer un régime parlementaire fédéral en Europe, où l’exécutif procéderait du législatif et serait responsable devant lui ?

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Centrafrique : l’opération militaire Sangaris a coûté 200 millions d’euros à la Défense

De quoi entamer sérieusement la caisse mise en place pour les Opex, les opérations militaires extérieures de l’armée française.

Soldats français à Bangui, 11 février 2014

L’opération militaire française en Centrafrique, lancée le 5 décembre dernier, coûte cher au ministère de la Défense.

Sangaris a coûté 200 millions d’euros à la France

D’après Jean-Yves Le Drian, l’opération Sangaris a déjà coûté 100 millions d’euros à ce jour, un montant qui devrait se porter à 200 millions d’euros en année pleine. Interrogé ce mercredi sur Europe 1, le ministre de la Défense a déclaré que “jusqu’ici le budget de Sangaris est d’à peu près de 100 millions d’euros, si on est en année pleine ça sera aux environs de 200 millions d’euros“.

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JO: après les fastes de Sotchi, un gouffre financier guette la Russie

Les gigantesques constructions érigées à Sotchi pour les jeux Olympiques les plus chers de l’histoire, achevés dimanche, risquent de se transformer en gouffre financier pour la Russie, compte tenu des énormes investissements difficiles à rentabiliser.

Après sa désignation en 2007 pour organiser les JO, Sotchi est devenue l’un des plus grands chantiers au monde où des bâtiments et des immeubles ont poussé comme des champignons sur les bords de la mer Noire et dans les montagnes du Caucase au-dessus de la ville, dans une zone auparavant quasi vierge d’infrastructures sportives.

L’aménagement de routes et voies de chemins de fer a porté le coût total de l’opération à 50 milliards de dollars (37 milliards d’euros) pour cet événement international sans précédent en Russie depuis la chute de l’URSS, dont le président Vladimir Poutine a voulu faire une vitrine du pays.

Mais que vont devenir tous ces bâtiments neufs après le départ des milliers d’athlètes, accompagnateurs, journalistes et visiteurs qui occupent des appartements et hôtels construits spécialement pour les JO et les jeux paralympiques du 7 au 16 mars ?

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Quel financement pour la dette américaine ?

L’impact sur les pays émergents du changement de politique de la Fed a été abondamment commenté. Mais qu’en est-il de ses conséquences sur la dette publique américaine ?

Caricature de Janet Yellen, présidente de la Fed

Une nouvelle fois, le Trésor américain a, le 7 février, engagé des premières mesures exceptionnelles afin de repousser tout défaut sur la dette, annonçant pouvoir tenir jusqu’à la fin du mois.

Dans l’actualité récente, les effets de la décélération des achats de titres de la Fed sur les monnaies des pays émergents ont à juste titre accaparé l’attention. Mais d’autres considérations moins visibles et immédiates expliquent la prudence avec laquelle la politique d’assouplissement quantitatif de la Fed est infléchie, que ce nouvel épisode de déplafonnement par le Congrès remet à l’ordre du jour : le financement futur de la dette américaine.
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Le «bazooka» de la BCE qui secoue l’Allemagne

Il y a trois ans, c’étaient la Grèce en quasi-faillite et la solidarité dont il fallait, ou non, faire preuve à son égard qui divisaient l’Allemagne. Aujourd’hui, c’est la Banque centrale européenne (BCE), qui est devenue « le » sujet de discorde outre-Rhin. Et, encore une fois, c’est de solidarité qu’il s’agit. D’une certaine façon.

Des militants de l’AfD (libéraux, anti-euro)

C’est en effet sur la politique, dite « non orthodoxe », de soutien aux pays de la zone euro en crise, affichée par l’institution de Francfort – et tout particulièrement son plan de rachat de dettes publiques, dit « OMT », annoncé à l’été 2012 et détaillé à l’automne de la même année – que se cristallisent désormais les tensions.

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La France troisième puissance militaire mondiale

Par Michel Goya.

Il est singulier de constater que ceux qui réclament, à tort ou à raison, une riposte immédiate et foudroyante en Syrie sont les mêmes qui militaient vingt ans plus tôt pour toucher les « dividendes de la paix ». Le personnel politique français ne se renouvelant que très lentement, il peut arriver ainsi que l’on en vienne à être rattrapé par les effets à long terme des causes que l’on a défendu en son temps.

Le fait est que sans cet empressement à baisser la garde à la fin de la guerre froide et en considérant que l’on ait maintenu le même effort de défense qu’à l’époque, on aurait investi plus de 200 milliards d’euros (constants) supplémentaires dans notre outil de défense, dont environ 80 milliards en investissements industriels et technologiques. Le budget s’élèverait aujourd’hui à environ 56 milliards d’euros au lieu de 31. Si les contribuables français faisaient le même effort que les contribuables américains ce budget avoisinerait les 80 milliards d’euros.

Cet effort aurait eu évidemment un impact économique. Une somme de 200 milliards d’euros représente environ 11 % du déficit public actuel.

En fait, ces 200 milliards et surtout les 80 milliards d’achats industriels auraient occasionné aussi un accroissement de richesses, consolidé notre industrie et à l’instar des Etats-Unis largement stimulé une recherche-développement irriguant l’ensemble du tissu économique.

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Le débat sur la dette redémarre aux Etats-Unis

Le plafond sera renégocié d’ici à mi-octobre. Retour historique sur une «bizarrerie».

Les Etats-Unis s’apprêtent-ils à revivre le psychodrame de l’été 2011 ? Lundi 26 août, le secrétaire américain au Trésor, Jacob Lew, s’est voulu alarmiste. Dans une lettre adressée au Congrès il y a deux jours, il prévient : «Le plafond légal de la dette des Etats-Unis sera atteint mi-octobre.»

Si, d’ici-là, républicains et démocrates ne s’entendent pas pour relever ce plafond, aujourd’hui à 16.700 milliards de dollars [12.688 milliards d'euros], le pays pourrait se retrouver en défaut de paiement.

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Cet été, les Français se serrent la ceinture

La France se trouve dans une situation économique difficile en 2013 et l’INSEE ne prévoit pas d’embellie de la conjoncture cette année. Comment les ménages font-ils face en période de crise ? Leur budget vacances est-il revu à la baisse ? La rentrée s’annonce-t-elle déjà compliquée ?

En janvier, l’agence de conseil spécialiste de la distribution CA Com et BFM Business décidaient de lancer un baromètre pour décortiquer les anticipations et les comportements des Français en matière de pouvoir d’achat. Aujourd’hui, la deuxième vague de ce sondage, effectué en juin par LH2 auprès de plus 1.000 personnes et dévoilé ce 8 juillet, révèle les craintes des Français en l’avenir.

Première conclusion:

La crainte de basculer dans la précarité gagne du terrain. 62% des Français expriment cette peur, contre 59% en janvier 2013. Et un quart des Français sont dorénavant « très inquiets » alors qu’ils étaient 18% en janvier. Une peur largement ancrée dans toutes les couches de la population. Néanmoins, comparé à janvier, davantage de Français se disent « ne pas du tout être inquiets » (19% contre 14%).

Deuxième conclusion:
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“Justice sociale” ? La PAC préserve les avantages des agriculteurs les plus aisés

Le budget de la Politique agricole commune, qui vient en aide aux agriculteurs afin d’assurer l’indépendance agricole de l’Union européenne, dispose de plus de 350 milliards d’euros pour la période 2014-2020. Mais les grandes exploitations restent encore ultra-favorisées.

Après 40 sessions étalées sur 3 mois, les négociations sur l’avenir de la PAC 2014-2020 se sont enfin achevées mercredi 26 juin dernier par la conclusion d’un accord entre les 27 ministres de l’Agriculture de l’Union européenne. Selon Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture français, la France peut être satisfaite. La revendication d’une meilleure protection des éleveurs et des petits exploitants a été entendue à Bruxelles. Des aides supplémentaires seront données aux 50 premiers hectares, manière de soutenir les petites exploitations et les éleveurs, ainsi qu’à certaines agricultures moins privilégiées que le blé ou le soja.

Cette victoire apparaît toutefois en demi-teinte pour les défenseurs d’une PAC plus équitable. Toujours premier poste budgétaire de l’Union européenne, cet accord préserve la majorité des avantages donnés jusque là aux grandes exploitations.

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Situation et perspectives des finances publiques 2013

La Cour des comptes présente, jeudi 27 juin 2013, son rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques en application de l’article 58-3° de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF). La Cour constate que la France a engagé depuis 2011 le redressement de ses déficits publics. Pour autant, seule une partie du chemin de redressement a été parcourue et, si l’atonie de la croissance doit être prise en compte, les efforts ne doivent pas être relâchés et doivent désormais se concentrer sur la dépense.

Le nécessaire rééquilibrage des comptes sociaux suppose des réformes infléchissant durablement l’évolution tendancielle des dépenses, en particulier des branches maladies et vieillesse.

La situation préoccupante des finances sociales et les perspectives sombres à court, moyen et long termes rappelées dans les chapitres 3 et 4 du rapport appellent de la part des pouvoirs publics des mesures énergiques.

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Israël prépare un nouveau plan d’austérité

Le gouvernement va également sabrer dans le budget de la Défense.

Yaïr Lapid, détesté des manifestants anti-austérité

«Oui, ça va faire mal, mais nous devons en passer par-là.» Vainqueur incontesté des élections législatives du 22 janvier dernier et chantre de la «défense des classes moyennes», le nouveau ministre israélien des Finances, Yaïr Lapid, prépare un plan d’austérité particulièrement sévère. Plus grave, sans doute, que celui imaginé par son prédécesseur Benyamin Netanyahou en 2005. Objectif ? Récupérer 40 milliards de shekels (environ 9 milliards de francs) d’ici à la fin de 2014.

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Souveraineté monétaire : Les grandes puissances à armes inégales

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou le Japon, de manière très pragmatique, ont conservé cette faculté de monétiser leur dette en cas de besoin. Contrairement à l’Union européenne.

C’est l’histoire de l’amateur de vin qui demande à un ami de l’enfermer pour l’empêcher de boire à l’excès. Mais, lorsque l’épicurien trop généreux avec lui-même se sent à nouveau capable de tempérance, l’ami refuse de lui rendre sa liberté. Le buveur, c’est l’Europe, et le copain qui décide à sa place de ce qui est bien ou pas, c’est la BCE.

Le parallèle est osé, mais il fonctionne en ce qui concerne la souveraineté politique européenne en matière de création monétaire : les Etats de la communauté ont bel et bien confié leur “planche à billets” à un acteur non politique, la BCE qui, d’un côté, ne dispose pas de la faculté de financer directement le budget des Etats membres et, de l’autre, délègue la création monétaire au bon vouloir du système bancaire privé.

C’est une différence fondamentale avec les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou le Japon qui, de manière très pragmatique, ont conservé cette faculté de monétiser leur dette en cas de besoin. Evidemment, ce n’est pas une pratique anodine : il y a, en jeu, le risque inflationniste si l’injection de monnaie supplémentaire ne crée pas de richesses dans les mêmes proportions, et des conséquences sur les équilibres de change. Cela explique que, grâce au statut du dollar tout-puissant, les Etats-Unis puissent en user beaucoup plus facilement que d’autres.

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Le budget de l’UE à court d’argent en novembre

Le Parlement européen a jugé mercredi “inacceptables” les conditions posées par les Etats de l’UE pour une augmentation du budget 2013 et a averti qu’il n’y aura plus d’argent disponible en novembre pour financer des actions en faveur de l’emploi des jeunes.

“Dès novembre, il manquera 2,5 milliards d’euros pour financer les actions du Fonds Social Européen”, a affirmé à l’AFP l’eurodéputé conservateur français Alain Lamassoure, président de la Commission des Budgets du Parlement européen.

Le budget européen pour la période 2014-2020 approuvé en février par les dirigeants européens prévoit 960 milliards d’euros en crédits d’engagements et 913 milliards en crédits de paiements. Une enveloppe de 6 milliards d’euros doit financer des actions en faveur de l’emploi des jeunes.

Mais le compromis trouvé par les dirigeants de l’UE doit encore être approuvé par le Parlement européen, qui juge les montants insuffisants.

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Grèce : première baisse des prix à la consommation en 45 ans

Les prix à la consommation en Grèce ont baissé de 0,2% en mars, marquant le premier recul annuel de l’indice des prix depuis mai 1968, selon les données publiées mardi [9 avril 2013] par l’Autorité statistique grecque (Elstat).

En février, les prix avaient augmenté de 0,1% sur un an.

C’est la première fois depuis mai 1968 que l’indice des prix est négatif” en Grèce, a indiqué à l’AFP Michaïl Glenis, responsable du suivi de l’inflation de l’Elstat.

A l’époque, deuxième année de la junte des colonels en Grèce (1967-1974) l’indice des prix avait enregistré “une baisse de 0,3%, avant de commencer à monter en juin 1968 avec un taux de +0,5% sur un an“, a-t-il ajouté.

Les économistes diffèrent sur la signification de ce recul, soit entrée en déflation potentiellement dangereuse dans une économie hyper fragilisée et en récession sévère, soit premier symptôme de guérison après la potion amère de l’austérité, administrée depuis 2010 à la Grèce.
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Extraordinaire : L’austérité est une erreur mathématique (Màj vidéo)

Addendum du 22/04/2013

C’est une information extraordinaire, dont les conséquences sont immenses, mais qui fait beaucoup moins parler que les dérives pathétiques d’un acteur célèbre. C’est un rapport de 44 pages signé par un économiste en chef du FMI, un Français, Olivier Blanchard. Il dit tout simplement que les plus hautes instances économiques mondiales et européennes se sont plantées en imposant, au nom de la science, l’austérité à toute l’Europe.
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États-Unis : A la recherche des budgets… recherche !

Après les parcs nationaux et les aéroports, les prisons et les budgets sociaux, une nouvelle victime demande grâce aux responsables du budget américain. “Ces coupes aveugles”, qui résultent de l’incapacité des élus à s’entendre pour réduire le déficit, “auront des conséquences durables”, a déclaré cette semaine Alan Leshner, le dirigeant de l’association qui publie la revue Science.

Viktor Vasnetsov (1848-1926), L’Age de pierre

La même revue se fend d’un décryptage (lien payant) sur ce que signifie être sous séquestre pour des agences de recherche scientifique.

Selon l’American Association for the Advancement of Science, l’enveloppe annuelle consacrée à la recherche baisse sur un an de 7% (en dollars constants) en passant de 140 milliards de dollars à 130,5 milliards, soit la plus forte diminution sur un an depuis 40 ans.

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Stockton, la plus grande ville américaine en état de faillite

Aux Etats-Unis, Stockton, en Californie, est la plus grande ville américaine à se déclarer en faillite.

Un homme pousse un chariot chargé de matériaux recyclables, à Stockton, le 27 juin 2012

Lundi 1er avril, un juge fédéral a déclaré recevable la demande de procédure de protection de la ville de 292.000 habitants sous la loi américaine sur les faillites, en vertu du chapitre 9, ce qui lui permet notamment d’être protégée de ses créanciers.

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EXCLUSIVITE FORTUNE : La Russie financerait la Maison Blanche en faillite !

Un entrefilet du quotidien économique moscovite Kommersant, paru le 30 mars, semble à ce jour être passé inaperçu. Et pourtant !

Barack Obama en visite à Moscou le 7 juillet 2009, avec Vladimir Poutine, à l’époque premier ministre de Russie

Cet entrefilet rapporte une déclaration de Sergueï Kisliak, ambassadeur de Russie à Washington, selon laquelle la banque centrale russe contribuerait discrètement mais sensiblement, depuis plusieurs mois, au budget de fonctionnement de la Maison Blanche. Le montant de cette contribution, qui serait importante, n’a pas été dévoilé.

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