Chine : Premier partenaire économique de l’Algérie

Dans le secteur du BTP, les Français sont de moins en moins investis. “Ils se battent pas assez ou il ne sont pas assez présents, pas assez engagés”, explique Mohamed Brahim Guechi, responsable du chantier de la mosquée d’Alger. Mais les Chinois sont surtout moins chers que les Français.

Comparé avec les Européens, qui sont moins nombreux, bien sûr on est moins cher“, note Jade Shi, responsable technique de “China state construction”. Résultat, en Algérie, les Chinois ont construit le ministère des Affaires étrangères, une autoroute et bientôt un opéra. La France demeure évidemment présente avec une usine Renault installée à Oran depuis l’an dernier. Toutefois, peu de petites entreprises françaises sont présentes dans ce pays.

Les multinationales du BTP imaginent la manière dont nous vivrons demain…

Cela fait plusieurs années qu’Eiffage « imagine la ville durable à l’horizon 2030 » [1]. Depuis 2007, l’entreprise a monté un «  laboratoire de prospective en développement urbain durable intitulé Phosphore ». Ce laboratoire avait besoin de « terrains de jeu virtuels » ou de « bac à sable », selon les propres mots d’Eiffage, c’est-à-dire des vraies villes avec des vrais habitants.

Les programmes Phosphore 1 et 2 ont été élaborés sur le petit quartier d’Arenc à Marseille, Phosphore 3 a eu pour théâtre deux cents hectares à Strasbourg. Depuis 2011, Phosphore 4 a travaillé sur l’agglomération grenobloise, un territoire autrement plus grand : «  31.000 hectares et plus de 400.000 habitants. Avec ce nouveau terrain de jeu virtuel, les défis et champs d’analyse de Phosphore 4 ont, une nouvelle fois, été largement renouvelés ».

Le président de la Métro de Grenoble, Marc Baietto, se félicite d’avoir eu le « courage » de confier cette étude à une entreprise privée «  pour nous permettre de réfléchir librement (sic). (…) C’est une réponse à l’abandon de la rocade Nord. Comment travailler sur les déplacements différemment ? Il nous faut sortir de nos ornières, de nos cercles, de nos habitudes de pensée. La réflexion est libre. Travailler avec un groupe comme Eiffage, c’est un gros avantage. »

Pour Eiffage, travailler avec un groupe comme La Métro est également un gros avantage, qui s’évalue pour cette fois-ci à 286 000 euros payés par la communauté de communes, à ce prix-là, Valérie David, directrice du développement durable chez Eiffage, s’extasie : « On a travaillé avec un esprit d’enfant, candide. (…) Trente-cinq professionnels tous différents, tous motivés ont travaillé pendant dix-huit mois, et ont laissé libre cours à leurs idées ». Avant d’assurer, sans rire : « l’objectif de ce laboratoire n’est pas mercantile ».

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Allemagne : Les ratés du salaire minimum

Le salaire minimum est entré en vigueur en Allemagne le 1er janvier. Cette réforme phare du gouvernement d’Angela Merkel est cependant largement contournée, dénonce l’hebdomadaire Die Zeit, laissant les travailleurs pauvres dans leur précarité.

Après dix ans de négociation et un “débat honteusement longdénonçait Der Spiegel, le salaire minimum est enfin arrivé en Allemagne le 1er janvier. La “lanterne rouge de l’Europe” – terme rarement employé pour qualifier le pays d’Angela Merkel et de la première économie du continent – rattrapait enfin son retard.

Mais le tableau que dresse l’hebdomadaire Die Zeit dans sa grande enquête publiée le 5 mars et intitulée : “Tout simplement exploité. Le conte de fée du salaire minimum”, laisse peu de place à l’optimisme.

Si Berlin a officiellement adopté un salaire minimum (8,5 euros brut de l’heure) à compter du 1er janvier 2015, des pans entiers de l’économie allemande ne l’appliquent pas, ou bien, plutôt, le contournent. Au premier rang desquels les secteurs de l’hôtellerie, de l’entretien, de la grande distribution ou du BTP.

Les quatre journalistes qui signent cet article ont interrogé des travailleurs qui, malgré le changement de législation, continuent à être sous-payés.
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Flamanville (76) : Travail dissimulé à l’EPR, Bouygues dans le viseur de la justice

La concurrence déloyale des travailleurs étrangers non déclarés revient au cœur des débats. Le procès en correctionnel de plusieurs entreprises, dans un dossier concernant 460 ouvriers polonais et roumains non déclarés sur le chantier de l’EPR de Flamanville s’est ouvert ce mardi 10 mars à Cherbourg.

Parmi les sociétés accusées de travail dissimulé, Bouygues Travaux publics. Entre 2008 et 2011, l’entreprise a eu recours à deux sociétés chypriote et roumaine, qui auraient fourni ces travailleurs.

Plusieurs millions d’euros auraient ainsi été détournés des caisses de la Sécurité sociale. Le préjudice est estimé entre trois et huit millions d’euros.

Brésil : “Petrobras”, le scandale qui secoue le pays

Le Brésil est secoué par un scandale aux proportions inédites, qui touche à la fois des grands acteurs économiques et des personnalités appartenant à la coalition de centre gauche, avec laquelle gouverne la présidente Dilma Rousseff. La lutte contre la corruption est désormais en tête de l’agenda du géant sud-américain et d’autres pays de la région.

Le scandale Petrobras est une affaire de corruption politique, révélée en mars 2014, qui touche à la fois l’entreprise pétrolière contrôlée par l’Etat, Petrobras, et les géants brésiliens du BTP (bâtiment et travaux publics). Ces deux secteurs travaillent ensemble sur des grands chantiers d’infrastructure, notamment ceux liés aux nouvelles réserves en eaux profondes découvertes au large du Brésil méridional.

Les entreprises du BTP auraient formé un cartel pour se partager ces marchés et pour les surfacturer. En contrepartie, des pots-de-vin auraient été versés aux partis de la coalition gouvernementale de centre gauche, au pouvoir depuis la prise de fonction du président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010).

Les malversations et dessous de table auraient pour principal objectif de financer des campagnes électorales, sans exclure que certains dirigeants d’entreprise ou hommes politiques se soient servis au passage.
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Grèce : Milliardaires et multinationales se partagent le gâteau des privatisations

En échange de l’aide financière internationale, la Grèce s’est vue imposer un vaste programme de privatisations. Transport, énergie, loterie nationale, gestion de l’eau, infrastructures, patrimoine culturel… C’est la braderie générale !
Investisseurs russes, chinois ou azéris, multinationales françaises ou allemandes, et surtout les oligarques grecs, se ruent sur ces bonnes affaires, sur fond d’irrégularités et de soupçons de corruption. Au détriment des simples citoyens étouffés par les plans d’austérité.

Ce dimanche 25 janvier, les Grecs se sont rendus aux urnes pour élire un nouveau gouvernement. La perspective d’une accession au pouvoir de Syriza, la coalition de la gauche radicale, seule ou avec d’autres partis, est réelle. Le mouvement de gauche saura-t-il inverser la tendance ? Et s’appuyer sur les résistances citoyennes, qui ont par exemple réussi à réinventer un service public de l’eau ?

Si cette victoire se confirme, ce sera en grande partie à cause du rejet de la politique d’austérité massive imposée au pays depuis plus de cinq ans. Celle-ci s’est traduite par une baisse sans précédent des revenus et des conditions de vie de la plupart des Grecs, jusqu’à menacer leur état de santé [1].
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Autoroutes : Jackpot en perspective pour les concessionnaires

Le prolongement des concessions devrait permettre aux sociétés autoroutières d’engranger près de 15 milliards d’euros de recettes supplémentaires.

Les principaux autoroutiers, Vinci, Eiffage, Albertis, devraient tirer d’énormes profits des contreparties très avantageuses de la part de l’État en échange de travaux. Mi-2013, le gouvernement lançait le plan de relance autoroutier pour doper le secteur des travaux publics. Le pacte portait sur l’entretien du réseau et la création de 15.000 emplois dans le BTP.

En échange, les durées des concessions, prévues pour se terminer entre 2027 et 2033, s’apprêtent à être prolongées de deux à quatre ans. Or cette mesure devrait permettre aux principaux autoroutiers de réaliser des bénéfices-monstre, près de 14,7 milliards d’euros de recettes nettes, soit plus de quatre fois et demie le montant des travaux.

Avantages fiscaux
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L’imprimante 3D de chantier va-t-elle bientôt remplacer les entreprises de BTP ?

Architectes et ingénieurs s’activent pour être les premiers à imprimer intégralement un bâtiment. Coffrage et échafaudage rimeront-ils bientôt avec moyen-âge ?

Il y a quelques mois, dans un jardin d’un lotissement du Minnesota a surgi, en quelques jours un château médiéval. Cette copie haute de deux étages a été réalisée grâce à une imprimante 3D faite maison. « Le problème que je rencontre, à ce jour, se situe au niveau de la buse de la tête d’impression. L’éjection du béton – matériau visqueux –  doit être améliorée », explique l’inventeur qui, fort de son exploit réalisé à domicile,  lance aujourd’hui un appel aux architectes et ingénieurs qui souhaitent l’accompagner dans la poursuite de son « rêve d’enfant » : imprimer des bâtiments.

Cet Américain n’est pas le seul à qui l’impression 3D fait tourner la tête. La chimère du chantier sans ouvriers se répand et, en Amérique, en Europe et en Asie, ingénieurs, chercheurs et architectes s’activent à concevoir une imprimante à bâtiments qui pourrait révolutionner notre manière de construire et faire passer les coffrages et les échafaudages pour des antiquités.

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Amiante: l’actinolite empoisonne les Travaux Publics

La détection d’une nouvelle forme d’amiante dans certains enrobés a grippé, dans plusieurs départements, les travaux sur voirie.

Le secteur des travaux publics n’avait pas besoin de ça. Le décret 2012-639 du 4 mai 2012, qui a étendu aux opérations de travaux sur voirie les obligations de gestion des risques sanitaires liés à l’amiante, visait jusqu’ici certains enrobés renforcés entre 1970 et 1995 par des fibres d’amiante de type « chrysotile » (ou « amiante industriel », voir encadré).

Les carriers sont soumis à la réglementation amiante

La partie « amiante » du règlement général des industries extractives (RGIE) a été abrogée, en vertu d’un décret du 16 juillet publié cet été. Le texte « rend applicables dans les mines, les carrières et leurs dépendances les règles prévues par le Code du travail en matière de protection contre l’amiante ». L’UNPG et l’Unicem indiquent qu’elles avaient déjà préparé leurs adhérents.

Maîtres d’ouvrage et entreprises de travaux publics, malgré les répercussions importantes de ces nouvelles prescriptions en termes de durée, d’organisation et de coût des travaux, ont mis tout en œuvre pour assurer la sécurité des interventions sur des produits dont le caractère amiantifère n’est contesté par personne.

Mais il y a un an, en juillet 2013, à l’occasion d’opérations de repérage d’amiante « industriel » avant travaux, diligentés par le conseil général des Deux-Sèvres, voilà que des analyses ont identifié pour la première fois dans les granulats des enrobés des traces de d’« amiante actinolite ».

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A saisir ! Esclaves européens en solde

Ils viennent trimer sur les chantiers, dans les transports ou les abattoirs, pour 3 à 6 € l’heure, au mépris de toutes les règles de sécurité. Et le plus légalement du monde. Car ces travailleurs “low cost” sont tous européens.

Augusto de Azevedo Monteiro voulait gagner sa vie. Il l’a perdue. Maçon détaché en France par EYP, une boîte portugaise,
cet ouvrier usinait sur l’air très en vogue de la sous-traitance à bas coût

dans la gadoue d’un chantier de Spie Batignolles, à Villeneuve-la-Garenne. Le 6 décembre, il est mort écrasé par une dalle qu’un coffrage hâtif à force de cadences infernales n’a pas su contenir.

Enfant d’Esposende, ville voisine de Braga irriguée par la crise et ses misérables affluents, Augusto de Azevedo Monteiro avait 35 ans, une famille et plus un euro rouillé en poche. Les 565 € brut de son dernier Smic flambés, ses allocations chômage taries, il avait opté pour une mission en France.

« Notre pays agonise et nous constituons une main-d’œuvre bon marché, confie une salariée francophone d’EYP. On sait que Spie fait appel à nous parce que nous coûtons moins que nos concurrents français. »

Espagne : L’impossible flânerie dans une ville fantôme

Elles forment les cicatrices de la crise marquant le sol de l’Europe: des rangées de logements vides, construits à toute vitesse à l’époque où les banques prêtaient les yeux fermés, et qui, une fois la bulle éclatée, n’ont jamais trouvé preneur. En Irlande, la presse les appelle des « ghost estates », ces lotissements fantômes en banlieue de Dublin, à peine érigés, déjà bons à la casse.

Dans la ville nouvelle de Seseña

L’Espagne est sans doute le pays le plus touché par le phénomène. Environ 15 % de son parc immobilier est aujourd’hui inhabité – de quoi loger 3,5 millions de personnes. L’énormité de la bulle immobilière s’étant conjuguée, dans les années 2000, avec des pratiques de corruption entre promoteurs immobiliers et élus locaux, ce sont carrément des pans de ville entiers qui ont été construits en dépit de toute logique – sinon celle d’offrir toujours plus de chantiers aux fleurons nationaux du BTP.

Dans Projet El Pocero, Anthony Poiraudeau déambule dans la ville fantôme la plus connue d’Espagne, à une quarantaine de kilomètres au sud de Madrid, dans la province de Tolède. À partir de 2003, la commune de Seseña a vu se construire, sur ses terrains les plus arides, un parc résidentiel gigantesque, censé accueillir 40 000 nouveaux habitants.

Mais le chantier s’est arrêté net cinq ans plus tard, crise oblige. Quelque 5 500 logements ont finalement été terminés. À peine 3.000 personnes y habitent aujourd’hui – environ 20 % des capacités.
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Santé au travail : « Nous sommes face à une forme de crime organisé »

Du cynisme des industriels à l’inaction des pouvoirs publics, Annie Thébaud-Mony, directrice de recherches au CNRS, dresse un état des lieux sans concession de la santé au travail…

Moyenâgeuse et cynique. C’est en ces termes qu’Annie Thébaud-Mony qualifie l’attitude de certains industriels vis-à-vis de la santé et de la sécurité des salariés. Attitude qui, selon elle, expliquerait que l’on déplore encore chaque jour en France deux morts par accidents du travail et plus de dix des suites d’une exposition à l’amiante.

Une situation archaïque que cette spécialiste des questions de sécurité au travail dénonce depuis près de 30 ans en parlant non pas de négligence mais d’une authentique forme de “crime organisé” de la part de certains dirigeants qui, depuis longtemps, ont appris à sous-traiter non seulement les risques qu’ils génèrent mais aussi les responsabilités qui les accompagnent.

Face à cette manifestation de “pur cynisme industriel” dont les pouvoirs publics n’ont jusqu’alors pas pris la mesure, Annie Thébaud-Mony entend opposer deux mesures : l’interdiction d’avoir recours à la sous-traitance sur tout site dangereux et l’introduction des notions de crime industriel et de désastre volontaire dans le droit pénal. Seuls moyens, selon elle, d’en finir avec une situation qui persiste à placer l’intérêt économique au-dessus de la préservation de la vie humaine.

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Les banlieues masquent les vraies fractures françaises

Addendum vidéo (Merci à Waza80)

Marc Voinchet reçoit Christophe Guilluy, géographe, auteur de « Fractures françaises ». France Culture – Les Matins – 27.10.2010

Quinze ans après le fameux slogan de campagne de Jacques Chirac sur la « fracture sociale », où en sont les inégalités ? Le constat du géographe Christophe Guilluy dénonce l’incapacité de nos dirigeants à pallier les inégalités territoriales.

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Il y a 15 ans maintenant, Jacques Chirac emportait l’élection présidentielle grâce à une intuition que résumait non pas son indigeste premier slogan « manger des pommes » mais le second, ô combien plus politique, dénonçant la « fracture sociale ».

Pour Christophe Guilluy, rien n’a vraiment changé en 15 ans. Au contraire, d’évitement en évitement, les cassures se sont approfondies, diffusées, multipliées, comme un cancer mal soigné se métastase.

Avec « Fractures françaises », son dernier essai, dont on peut lire quelques extraits ci-dessous, le géographe dresse un constat alarmiste sur la situation des couches populaires après 20 ans de mondialisation à marche forcée. Cette fois-ci, ce sera sans cartes, mais avec en appui un sérieux paquet de statistiques.

Car il s’agit ni plus ni moins pour ce chercheur que de dénoncer l’incroyable cécité des politiques publiques, à comprendre, apprécier, mesurer les inégalités territoriales qui se sont maintenant enkystées dans ce «vieux pays». Derrière ces territoires, ce sont évidemment des populations.

Alors que les dynamiques de mondialisation, de « métropolisation », et d’émergence du multiculturalisme à l’œuvre depuis deux voire trois décennies ont ébranlé le « principe d’égalité sociale ». Les réponses apportées ont à chaque fois tapé à coté de l’objectif, mainte fois répété, rarement atteint, de maintien des principes républicains.

La banlieue occulte tous les autres territoires

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La création d’emplois verts : quelle réalité ?

Une tribune libre de Patrick Reymond

Analysons un peu, aujourd’hui, la création nette d’emplois verts promis. 600.000, nous dit-on : faisons le tour.

Sur les 280 millions de TEP (tonnes équivalents pétrole) annuelles, 140 millions environ (c’est un ordre de grandeur) sont consommées par le logement.

Qu’est ce qu’un logement “vert” ? C’est un logement consommant peu d’énergie et en produisant plus qu’il n’en consomme.

Fort bien. Quels seront ces emplois ?

La réponse est simple :

- On va isoler les murs : à l’intérieur, plâtriers, à l’extérieur, façadiers, et pour les ouvertures, menuisiers. En effet, mettre une fenêtre à triple vitrage, ce n’est pas franchement différent que d’en mettre une à simple vitrage.

- On va changer de génération de chauffage et de matériel. Trop souvent fonctionnent des nanards, avec un rendement déplorable. On prendra peut-être une pompe à chaleur, pour remplacer les convecteurs ou la chaudière. Mais rien de fondamentalement différent. Ce seront toujours les plombiers et les électriciens qui travailleront.

- Les combles seront encore plus isolés. On y mettra des VMC double flux. Là aussi, rien de bien nouveau, les puits canadiens commencent à se répandre ; en général, ce sont des plombiers qui s’en chargent.

- Le solaire thermique et photovoltaïque est, dans un cas, exclusivement du domaine du plombier chauffagiste, et dans l’autre cas, souvent de son domaine, sinon de celui de l’électricien.

- Les récupérations d’eau pluviales aussi, sont du domaine du plombier.

Pour résumer, ça commence mal, car la moitié des économies d’énergie sera assurée par des professions déjà existantes et qui se contenteront de faire évoluer leur gamme.
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Revenus 2009 des [grands] patrons : un recul en trompe-l’oeil

En renonçant à lever leurs stock-options, les grands patrons ont fait légèrement baisser leur rémunération globale… dont toutes les autres composantes ont crû malgré la crise.

Les salaires de base

Que les résultats soient bons ou mauvais, le salaire minimal tourne autour de 1 million d’euros en moyenne pour l’élite du CAC.

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Les raisons du naufrage économique, selon Jean-Marie Le Pen

Vidéo du discours prononcé par Jean-Marie Le Pen, à l’issue du Conseil National du Front National, à Nanterre, le 2 mai 2010 :

http://www.dailymotion.com/video/xd62k4

Voici le texte de ce discours, en ce qui concerne ses parties consacrées plus particulièrement à l’économie :

La situation des travailleurs français :

En ce lendemain de la fête du travail, notre projet de révolution patriotique s’adresse principalement à ceux laissés au bord de la route, abandonnés au chômage par près de 40 ans de politique anarcho-libérale qui établit pour seul aiguillon le profit immédiat, quelles qu’en soient les conséquences humaines, sociales, familiales, ou environnementales.

Dans notre pays, ce sont 5 millions de chômeurs qui sont victimes des conséquences de 4 décennies de politique économique et sociale suicidaire.

Et nous ne pouvons pas compter ceux qui, sachant pertinemment qu’ils ne trouveront pas de travail, n’en cherchent même plus. Que dire des chômeurs de longue durée, qui seront plus d’un million cette année et pour qui le gouvernement n’a d’autre solution que de jeter quelques millions d’euros supplémentaires, à la grande satisfaction des syndicats, devenus les premiers collabos d’un système capitaliste dévoyé.

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Après la Grèce, l’Espagne inquiète les marchés financiers

Les craintes sur l’Espagne font chuter les Bourses internationales et l’euro. A Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 3,64%, son plus bas niveau depuis 2 mois. Les rumeurs de dégradation de la note de l’Espagne continuent d’inquiéter les marchés. Mais, outre une crise économique, l’Espagne vit aussi une crise morale.

L’UE et le FMI viennent tout juste de débloquer une aide financière à la Grèce et voilà que les marchés s’affolent à nouveau. L’Espagne est cette fois-ci dans leur collimateur.

Près de 5% de baisse à Madrid, – 4% à Lisbonne, -4,7 à Milan, – 3,64% à Paris, -2,5% à Londres et Francfort… La crise grecque a une nouvelle fois fait plonger les bourses ce mardi en Europe. Malgré le bouclage du plan d’aide à la Grèce, la crainte d’une contagion au reste de l’Europe a fait chuter les marchés dans le sillage de la bourse d’Athènes qui a dégringolé de plus de 6,6%. La Bourse de New York a elle aussi ouvert en nette baisse mardi, les investisseurs s’inquiétant des difficultés budgétaires des pays de la zone euro : le Dow Jones perdait plus de 2% et le Nasdaq 2,81%. L’indice Hang Seng a perdu 2% à Hong Kong, celui de la bourse de Shanghai 2,1%, Singapour 1,2% et les marchés australiens 1,9%.

La semaine dernière, l’agence de notation Standard and Poor’s, a dégradé la note de la dette à long terme de l’Espagne. Leurs spécialistes estiment que la croissance morose du pays risque d’empêcher le gouvernement de réduire des déficits qui ont explosé à 11,2% du PIB en 2009.

Des rumeurs selon lesquelles d’autres agences de notation allaient dégrader la note de l’Espagne et selon lesquelles Madrid pourrait demander une aide financière colossale au FMI continuent de faire tanguer les marchés financiers. Moody’s et Fitch ont pourtant assuré mardi que cette dernière restait pour l’instant la plus élevée possible, le fameux triple AAA.

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Immigration : pourquoi le patronat en veut toujours plus

Parce que l’immigration permet de payer les salariés toujours moins. C’est ce que dit un rapport du très sérieux et très officiel Conseil d’analyse économique, intitulé «Immigration, qualifications et marché du travail.»

On se souvient du président Pompidou, avouant peu avant sa mort qu’il avait ouvert les vannes de l’immigration en France, à la demande des grands patrons, désireux de pouvoir bénéficier d’une main d’oeuvre nombreuse, docile et bon marché, d’une réserve quasi inépuisable, à même de réduire les ardeurs revendicatrices des travailleurs français souvent organisés.

Quarante ans plus tard, rien ne semble avoir changé. Au contraire, les appels à l’immigration viennent toujours du même côté, et toujours pour les mêmes raisons. Seule différence : les secteurs économiques concernés sont désormais plus nombreux, dépassant le cercle du BTP ou de la restauration pour atteindre des professions autrefois épargnées, telles que les ingénieurs ou les informaticiens.

Ainsi, les rapports de la Commission européenne, du Medef ou du Business Europe (le Medef européen) n’ont eu de cesse, depuis plusieurs décennies, d’en appeler à toujours plus d’immigration. En 2008, le célèbre rapport Attali, commandé par Nicolas Sarkozy, dressait un tableau de plus de 300 mesures d’inspiration très libérale, parmi lesquelles une accélération de l’immigration. C’est d’ailleurs cette pente que suit le président de la République depuis son élection, à travers ce qu’il a nommé « l’immigration choisie. »
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Crise grecque : le faux alibi de la dette

Certains accusent la Grèce d’être responsable de la crise qui la frappe de par ses dépenses budgétaires incontrôlées. Mais pour Gabriel Colletis, c’est bien la folie des marchés financiers qui est coupable. Dans cette première partie, l’économiste examine les maux de l’économie grecque ainsi que les hypocrisies des spéculateurs.

Après avoir dépensé des centaines de milliards d’euros ou de dollars dans différents plans dits de « relance » de l’activité économique ainsi que, surtout, dans le soutien du système financier, tous les gouvernements, et pas seulement le gouvernement grec, semblent avoir désormais choisi la voie de la « sortie budgétaire ». Ce choix est estimé nécessaire afin de maîtriser les déficits, alors même que le risque existe de produire un impact négatif sur une croissance restant très fragile.

Prenant quelque distance avec l’unanimisme ambiant, nous voulons donner suite aux observations et interrogations exprimées par Paul Krugman aux Etats-Unis ou Paul Jorion en France. Le premier n’hésite pas, en effet, à dénoncer « l’hystérie des déficits » (New York Times, 5 février), alors que le second s’interroge « la dette est-elle un boulet ou un prétexte ? » (Le Monde, 9 février), penchant plutôt pour la deuxième hypothèse.

En nous centrant sur le cas de la Grèce, nous évoquerons d’abord les maux dont souffre ce pays (1.), puis nous commenterons la nature des « doutes » que l’on prête aux marchés, lorsque ceux-ci semblent s’effaroucher du niveau des déséquilibres des comptes publics de certains Etats (2.). Enfin, nous examinerons les issues actuellement privilégiées, en Grèce comme ailleurs, pour réduire les déficits et restaurer la « confiance des marchés » (3.).

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Les coopératives résistent à la crise

Les scop – des entreprises qui associent tous leurs salariés aux résultats et à l’élection des dirigeants – sont un modèle en plein essor.

Alors que le statut d’autoentrepreneur attire un nombre grandissant de Français qui souhaitent tenter seul l’aventure de la création d’entreprise, une autre forme d’entrepreneuriat continue de séduire : les scop ou sociétés coopératives de production, un régime juridique permettant aux salariés d’être les associés majoritaires d’une entreprise, de participer aux décisions et d’élire leurs dirigeants.

«Les scop se développent de manière régulière dans tous les secteurs. Des biotechnologies au centre d’appels en passant par l’industrie, le BTP ou le commerce équitable. Elles se développent particulièrement dans les services aux entreprises et à la personne», explique Patrick Lenancker, président de la Confédération générale des scop.

Tous métiers confondus, leur chiffre d’affaires a doublé en dix ans pour atteindre 3,8 milliards. À fin 2009, on comptait, en France, près de 1 950 scop. Sur un peu plus de 40 000 salariés, un tiers travaille dans le BTP, un quart dans l’industrie et 45 % dans les services. Chaque scop emploie en moyenne 22 personnes.

Depuis 2007, il se crée 200 nouvelles coopératives chaque année, contre 120 à 150 les années précédentes. «Les scop ont bien traversé la crise, car elles bénéficient des efforts d’investissement que les salariés associés ont réalisé les années précédentes», observe Patrick Lenancker.

L’une de leurs forces est en effet de disposer de fonds propres quatre à cinq fois supérieurs à ceux des PME de même taille. «40 à 45 % des bénéfices sont systématiquement affectés à des réserves qui restent dans l’entreprise pour consolider ses fonds propres et sa capacité d’investissement», poursuit Patrick Lenancker.

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Laborieuse reprise de l’économie française

Après une chute de 2,3% cette année, le PIB de la France devrait progresser de 1,1% en 2010, estime l’Insee. Le rebond de l’investissement des entreprises sera timide. C’est la consommation des ménages qui jouera encore le rôle de moteur de la croissance. Le chômage devrait poursuivre sa hausse jusqu’à mi-2010.

Les entreprises vont encore détruire des emplois

C’est principalement l’activité dans les services qui soutiendra l’économie français en 2010. Après un rebond à la mi-2009, la production industrielle devrait fortement ralentir. Le secteur du BTP continuera à être sinistré, mais dans une moindre mesure. Du côté des entreprises, l’investissement repartirait progressivement avec le retour de la croissance, mais des surcapacités toujours importantes en limiteraient le rebond.

Pour restaurer leurs marges de productivités, les entreprises vont donc continuer à détruire des emplois, estime l’Insee. Au total, après avoir perdu près de 260.000 emplois au premier semestre 2009, l’économie française en perdrait environ 110.000 au second semestre et autant au premier semestre 2010.

Le chômage poursuivrait de ce fait sa hausse jusqu’à la mi-2010, “mais de façon moins rapide qu’au cours des trimestres précédents“, souligne l’Insee. Le taux de chômage au sens du BIT, qui s’est établit à 9,5% de la population active au troisième trimestre 2009, devrait atteindre 9,8% à la fin de l’année, 10% puis 10,2% aux premier et deuxième trimestres 2010.
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L’Espagne est incapable de sortir de la crise

Les Espagnols ne voient aucun des timides signes de reprise qui clignotent ici et là en Europe. Alors que l’Espagne est le pays de la zone euro qui a le plus dépensé en plans de relance (2,3 % du produit intérieur brut en 2009), elle reste l’enfant malade de l’Europe, avec une perte d’activité au deuxième trimestre de 1,1 % du PIB, contre une moyenne de – 0,1 % dans l’Union, selon les chiffres d’Eurostat publiés le 7 octobre.

Les effets du plan d’investissement de 8 milliards d’euros, qui a permis de préserver près de 400 000 emplois dans le bâtiment et les travaux publics (BTP) depuis le printemps, arrivent à leur terme.

L’hémorragie du chômage a repris à la rentrée, avec 80 367 chômeurs supplémentaires en septembre.

Ni les experts, ni le gouvernement ne se risquent à pronostiquer une sortie de crise, tant l’économie espagnole paraît touchée en profondeur en raison de caractéristiques qui lui sont propres : faible productivité, gros déficit extérieur (10 % du PIB), fort endettement des ménages, chômage record, etc.

Au risque de retarder encore l’échéance de la reprise en pénalisant une consommation déjà atone, le gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero a adopté un projet de budget – actuellement en débat au congrès des députés -, qui prévoit une forte hausse d’impôts directs et indirects, censée rapporter 11 milliards d’euros à l’Etat.

La première raison tient au creusement du déficit public. Excédentaires à hauteur de 2,2 % du PIB en 2007, les comptes publics devraient terminer l’année à – 10 %, selon les estimations les plus optimistes.

Outre les plans anticrise, l’envolée des dépenses est due à l’explosion des aides aux chômeurs. Pour 2010, le gouvernement a provisionné 31 milliards d’euros, soit une augmentation de 59 % par rapport à 2009, sur la base de 18,9 % de demandeurs d’emploi. Or Eurostat table plutôt sur un taux dépassant 20 %. Lire la suite

(25.09.2009)

  • Face à la dette, Nicolas Sarkozy cherche à gagner du temps

Un pays, endetté à hauteur de 1 500 milliards d’euros, et qui aura emprunté 700 millions d’euros par jour sur les marchés financiers en 2009, peut-il, sans dommage, s’endetter davantage ? Selon les prévisions de la Commission européenne, l’endettement public français passerait de 63,8 % du produit intérieur brut (PIB) en 2007 à 81,5 % en 2010. Soit une hausse de près de 18 points. La France ferait mieux que l’Italie, la Belgique ou la Grèce, et un peu moins bien que l’Allemagne (78,1 %). Chaque année, les dépenses publiques absorbent la moitié de la richesse produite par l’économie française. “Je suis conscient qu’il faut s’attaquer à la dette, mais en période de crise, on ne peut pas réduire le déficit”, fait valoir le Chef de l’Etat. “C’est vrai que le pays est endetté, mais la réponse à la crise, ce sont les projets, pas l’immobilisme”, a-t-il ajouté. Le Monde

  • L’activité de l’artisanat a baissé de 5% en volume au premier semestre de 2009

Cette baisse a été constatée par rapport au semestre correspondant de 2008, selon une étude de la Capeb. Elle affecte beaucoup plus le secteur neuf (-7% au premier semestre mais surtout -9% au deuxième trimestre) que l’entretien-rénovation (-2,5%), qui représente près de 60% du chiffre d’affaires des entreprises artisanales. Pour l’ensemble de l’année 2009, Jean Lardin, le président de la Capeb, avait prédit le 13 avril un recul d’activité compris “entre 4% et 6%”, menaçant 15.000 à 20.000 emplois sur un total de 725.000 dans l’artisanat du bâtiment. Le Moniteur

  • Les défaillances d’entreprises augmentent dans le BTP

Selon Euler Hermès Sfac, les défaillances dans la construction avaient augmenté, à fin août 2009, de 23,7% par rapport à août 2008. Ce chiffre, qui était à 16,4% à fin juin, montre bien “une accélération dans la dernière période”. Chaque mois, ce sont désormais, en moyenne, entre 1500 et 1700 entreprises du secteur qui déposent le bilan. Chaque mois, ce sont désormais, en moyenne, entre 1500 et 1700 entreprises du secteur qui déposent le bilan. Les analystes notent désormais une représentativité de plus en plus forte des PME de plus de 50 salariés parmi les sociétés défaillantes. Une tendance qui n’est pas sans conséquence en termes d’emplois : ainsi, selon Euler, à fin juin 2009, 254.500 salariés étaient concernés sur les douze mois précédents, par la défaillance de leur entreprise, la construction représentant 20% de ces emplois. Le Moniteur

  • 18.000 chômeurs de plus en août

Le nombre d’inscrits a augmenté de 0,7% en août sur un mois et de 25,8% sur août 2008, pour s’établir à 2,553 millions en métropole, selon le ministère de l’Emploi. Le nombre d’inscrits à Pôle emploi a crû de 18.100 en août en métropole, à 2,55 millions, pour les personnes n’ayant pas du tout travaillé, et de 32.200, à 3,7 millions, si l’on inclut les demandeurs d’emploi avec une activité réduite, a annoncé jeudi le ministère de l’Emploi. Les économistes s’attendent à voir le taux de chômage grimper à 10% à la fin de l’année (contre 8,7% au premier trimestre, et 9,1% au deuxième), ce qui ne s’était plus vu dans le pays depuis la récession de 1993. Et l’assurance chômage (UNEDIC) a maintenu la semaine dernière son pronostic d’augmentation du nombre de demandeurs d’emploi en 2009 à + 639.000. Les Echos