Union Européenne : Comment le lobby financier pèse sur Bruxelles

120 millions d’euros : il s’agit du montant, en euros, dépensé chaque année par l’industrie financière en actions de lobbying à Bruxelles, auprès des institutions européennes.

C’est ce que révèle le think tank européen Corporate Europe Observatory (CEO), mercredi 9 avril. Selon ce dernier, la finance emploie 1 700 lobbyistes dans la capitale belge, soit bien plus que tous les autres secteurs.

Le rapport de CEO, intitulé « The Fire Power of the Financial Lobby », est publié à la veille des élections européennes et alors que nombre de régulations, comme celle visant à instaurer une taxe sur les transactions financières, sont encore en négociation à Bruxelles.

Pour obtenir ces estimations, les experts de CEO ont passé au crible le « registre de transparence » instauré en 2008 sous la pression des eurodéputés, et où toutes les organisations exerçant du lobbying sont censées s’enregistrer.
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Économie de l’ombre : Le trou noir de l’Union Européenne

Sur le fond des derniers évènements en Ukraine, où la population est en train de défendre de manière peu civilisée sa volonté de devenir « un pays européen civilisé », je me suis intéressé à « l’économie de l’ombre » en Union Européenne. Les experts de Bruxelles ne cachent pas que l’économie de l’ombre est stable dans l’UE et son volume est estimé aujourd’hui à [2.200 milliards] d’euros.

vivre sans argent

L’économie informelle est très prospère en Bulgarie, en Roumanie et dans les pays méditerranéens. La Grèce et l’Italie sont les leaders dans ce secteur. Les experts plaisantent en disant que si à Rome, les acteurs de l’économie de l’ombre étaient obligés de payer les impôts dont ils sont redevables, le problème de la dette d’Italie serait résolu. Ce secteur représente entre 21% et 30% en Italie, selon les estimations diverses.

L’économie de l’ombre est surtout répandue dans le bâtiment, les services, l’agriculture et la pêche. Personne n’a jamais essayé de comprendre ce qu’il en est dans le secteur du spectacle et du divertissement. A l’exception des vedettes du show-biz qui paient régulièrement leurs impôts, la situation fiscale du reste du secteur reste floue.

L’« économie de l’ombre » dans l’Union Européenne – c’est un espace vaste, dans lequel l’essentiel de la fraude, ce ne sont pas des infractions pénales graves. On n’y vend pas de la drogue, on ne s’y occupe pas de proxénétisme, on n’y effectue pas des braquages des banques.
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En Europe, 30% des actifs financiers viennent des banques «de l’ombre»

L’agence S&P comme le FSB mesurent le poids des sociétés «parallèles» de services bancaires. Bruxelles tente de limiter la floraison de ce biotope financier alternatif.

Monopolisés par le sauvetage des banques, les ministres des Finances européens ne l’ont pas abordé, lundi. Mais le dossier du «shadow banking» reste au cœur de la remise à plat du secteur que le commissaire européen Michel Barnier tente de faire adopter par le Parlement, peut-être avant le choc des élections de fin mai.

Objectif ? Encadrer la floraison de ce biotope financier alternatif. Certains freins sont déjà inclus dans la directive AIFM imposée aux hedge funds dès cette année. D’autres règles imposent un renforcement de leurs capitaux – un tampon devant atteindre 3% de leurs actifs – aux fonds de placement dits de «money market».

L’ampleur de ces activités bancaires parallèles inquiète. La semaine dernière, l’agence de notation Standard & Poor’s a fait état de 30% de l’ensemble des actifs financiers européens. Contre 40% aux Etats-Unis. Transformés en usuriers, des hedge funds prêtent sur gage aux entreprises ou débarrassent les banques de leurs prêts difficilement recouvrables. Des sociétés de crédit avancent aussi bien pour un frigo que pour un appartement. Des structures cotées trouvent sur les marchés les fonds de grands projets immobiliers.

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Europe de l’Est : Une alliance orange-brune ?

Par Alexandre Latsa

Il y a près de deux ans, j’écrivais une tribune qui tentait d’expliquer la naissance quasi-inévitable d’un courant politique nouveau en Russie, sorte de syncrétisme entre une version modérée et occidentalisée du libéralisme des années 90 et une version 2.0 moins modérée du nationalisme russe, dans sa version la moins impériale mais la plus nationale, sur le modèle européen.

Ce courant politique nouveau a pris la succession des nationalismes préhistoriques et impériaux classiques de Russie et aussi la succession des courants ultra libéraux sans foi ni morale des années 90, en créant une nouvelle idéologie que l’on qualifie de nationale-démocrate ou nationale-libérale.

Ce courant sociopolitique a en réalité surtout émergé à Moscou et Saint Petersbourg, lors des grandes manifestations de fin 2011 qui ont fait suite aux élections nationales que ces manifestants jugeaient truquées et injustes. Cette idéologie est donc très en vogue aujourd’hui chez les jeunes russes des grandes villes modernes qui souhaitent s’identifier culturellement, moralement et politiquement à l’Europe de l’Ouest et à l’occident en général.  On a majoritairement qualifié, à tort ou à raison, de « classe créative » cette fraction de l’opinion, en quelque  sorte l’équivalent russe du Bobo Français.

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Ukraine : Décryptage des émeutes

Par Alexandre Latsa

La situation en Ukraine donne lieu à de nombreuses interprétations fantaisistes lorsqu’elles ne sont pas mensongères ou propagandistes, par omission ou méconnaissance bien souvent. L’idée de cet article est de tenter de définir un cadre clair à ces événements, loin de l’impartialité du Mainstream médiatique occidental.

1) Les Ukrainiens qui manifestent se battent pour lutter contre un président illégitime

Malheureusement ce n’est pas totalement vrai. Si la précédente révolution en Ukraine de l’hiver 2004, 2005 s’était déclenchée dans les jours qui ont suivi les résultats d’une élection serrée et peut-être contestable, ce n’est pas le cas aujourd’hui.

Le président Viktor Ianoukovitch a été élu le 7 février 2010, soit il y 4 ans, et le scrutin a été déclaré par L’OSCE « transparent et honnête ». Lors de ces mêmes élections, le précédent président, issu de la révolution de couleur, a lui obtenu 5,5 % des voix. Viktor Ianoukovitch est donc tout aussi légitime à ce titre que Vladimir Poutine, Barack Obama ou Angela Merkel.

 2) Les Ukrainiens qui manifestent se battent pour l’Europe

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François Hollande ironise sur «l’étrange» dégradation de la note de l’UE

Le président français François Hollande a ironisé vendredi sur « l’étrange » dégradation de la note de l’Union européenne par Standard & Poor’s (S&P), lors de sa conférence de presse de clôture d’un sommet européen à Bruxelles.

« C’est assez étrange de noter l’Union européenne qui ne fait que très peu d’emprunts », a souligné le chef de l’Etat français, rappelant qu’une agence de notation avait pour objet « d’informer d’éventuels investisseurs sur le risque qu’ils pourraient prendre sur une opération financière proposée par une entreprise, un Etat ou une institution ».

« Donc, ça ne change rien » en l’espèce pour l’UE qui n’emprunte pratiquement pas sur les marchés, a-t-il insisté.
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Non, l’euro n’est pas en crise

Ne croyez pas cette “mythologie moderne” qui voudrait que la monnaie unique soit au bord de l’effondrement. Le vrai problème, c’est que les perdants, les pays les moins compétitifs, sont de plus en plus nombreux.

Construction des décors du film “Metropolis” de Fritz Lang (1927)

Cela fait déjà plusieurs années que dure la soi-disant crise de l’euro. Elle est devenue un phénomène durable, à tel point que la “crise de l’euro” s’est installée comme une rubrique pérenne dans certains médias occidentaux. Au même titre que la politique intérieure, l’économie, la météo ou le sport.

La crise s’est inscrite dans la conscience collective comme un phénomène durable. On peut voir les choses d’un point de vue positif : regardez, citoyens, une crise de l’Histoire sans précédent et l’euro tient bon. Nos grands hommes politiques savent mener des actions efficaces. Ils sont nos sauveurs ! Nous devrions répondre à leurs demandes pressantes et leur laisser davantage de pouvoir. Plus d’Europe, c’est-à-dire plus de Bruxelles, de Commission européenne, de Parlement européen, etc. Seule une Europe unie peut relever le défi de la crise de l’euro ! Nous devons achever l’intégration !

Tout cela n’est qu’une mythologie moderne. Un conte moderne visant à justifier idéologiquement l’incroyable expansion de la puissance publique au niveau des autorités bruxelloises non élues et des gouvernements des Etats nations. Un conte qui sert à légitimer le processus continuel de centralisation du pouvoir.

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Bruxelles : Le vrai pouvoir

Partant à l’assaut de la forteresse Europe, Christophe Deloire et Christophe Dubois entreprennent de mettre en lumière les arcanes du pouvoir bruxellois. Un monde méconnu et souvent opaque, où hauts fonctionnaires et technocrates sont à la manœuvre en coulisses pour décider du quotidien de près de cinq cents millions d’Européens.

Émission diffusée sur France5 le 30/04/2013

L’UE mesure enfin l’urgence sociale de la crise

Réunis en sommet à Bruxelles les dirigeants européens ont évoqué la guerre civile en Syrie, qui entre dans sa 3e année. Sur le plan interne, ils veulent se donner des moyens pour accélérer la croissance et la création d’emplois, face à la colère qui monte et à l’euroscepticisme qui gagne du terrain.

Rome, 14 novembre 2012 : heurts entre police anti-émeute et manifestants contre l’austérité

L’emploi, plus particulièrement celui des jeunes, est redevenu une préoccupation de premier ordre au sein de l’Union européenne. Alors que la colère gronde dans la rue face à un taux de chômage battant record après record et face à des millions de jeunes en manque de perspective, alors que l’euroscepticisme gagne du terrain, les dirigeants européens ont consacré leur sommet de ces 14 et 15 [mars 2013] au volet social de la crise. Ils ont décidé de mettre les bouchées doubles pour favoriser la croissance et l’emploi.

Jusqu’ici, pour les dirigeants européens, issus pour la plupart des partis politiques conservateurs, la priorité était de redresser les finances publiques, corriger les déséquilibres macroéconomiques et restaurer la confiance des investisseurs. Il ne fallait en tout cas pas dépenser ce qu’on n’avait pas. La croissance et l’emploi allaient suivre. L’Allemagne d’Angela Merkel, était le modèle tout indiqué à suivre.
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Le démantèlement de Nyse-Euronext sonne le glas de Paris Place financière

La Bourse de Paris sera -t-elle demain à l’Europe ce que la Bourse de Nantes fut à l’Hexagone, terriblement province et marginale… avant d’être estompée du paysage financier ?

Par Patrick Arnoux

“Un pays, c’est un drapeau et une Bourse”avait coutume de dire l’un des grands banquiers de la place.

Alors, pauvre France, dont la chronologie boursière traduit une terrible descente aux enfers : il y a 20 ans, la Bourse de Paris comptait 786 entreprises cotées contre 586 en 2011. A cette époque, la capitalisation boursière de Paris représentait 78 % du PIB de la France contre 54 %.

Entretemps, les actionnaires ont déserté la bourse par millions. Attrition en forme de rude constat :

le premier marché boursier de la zone euro ne remplit plus son rôle de financement de l’économie. Quelques chiffres suffiraient pour démontrer le déclin alarmant de la place financière de Paris, et surtout sa déconnexion de l’économie réelle :

les sociétés cotées se finançaient en 2001 pour 26,9 % grâce à la Bourse, cette proportion a chuté à 5,4 % l’an passé comme le démontre la brutale baisse des levées de fonds : en 2012, une dizaine de PME ont levé 235 millions d’euros, contre dix fois plus – plus de 2,5 milliards – il y a six ans. Pire, l’an passé, les départs furent plus nombreux que les arrivées.

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2013 : Comment l’Union européenne espionnera ses citoyens

Biométrie, vidéosurveillance, drones, détection des comportements anormaux, modèles mathématiques pour identifier des suspects… L’Union européenne finance plus de 190 programmes de recherche sur la sécurité et la surveillance. Au grand bénéfice des industriels, qui recyclent les technologies militaires pour surveiller les populations. Alors qu’un nouveau programme de recherche est en cours de discussion à Bruxelles, l’Europe continuera-t-elle à céder aux lobbys industriels et à investir des milliards dans le marché de la sécurité ?

Ils portent des noms étranges : Tiramisu, Pandora, Lotus, Emphasis, Fidelity, Virtuoso… En apparence, ce sont d’inoffensifs acronymes. En réalité, ils cachent 195 projets européens de recherche dans le domaine de la sécurité et de la surveillance. Des projets relativement inquiétants pour nos libertés. Et financés par l’Europe dans le cadre de partenariats public-privé.

Tout est bon pour combattre « le terrorisme et d’autres activités criminelles comme le trafic d’êtres humains ou la pornographie pédophile ». Et assurer la sécurité des citoyens… Sauf qu’il s’agit aussi avec Indect de détecter « automatiquement » (sic) les comportements suspects, à partir d’images de vidéosurveillance, de données audio ou échangées sur le net. Bienvenue dans Minority Report !

Exemple le plus emblématique : le projet Indect (« Système d’information intelligent soutenant l’observation, la recherche et la détection pour la sécurité des citoyens en milieu urbain »), lancé il y a quatre ans, dénoncé fin octobre par des manifestations dans toute l’Europe. Indect vise à permettre une « détection automatique » des menaces et des situations dangereuses – comme les cambriolages – ou « l’usage d’objets dangereux » – couteaux ou armes à feu.

Détecter les comportements « anormaux »
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Belgique : Le “Père de l’Europe” réduit en miettes par un camion

La stèle en l’honneur de Paul-Henri Spaak, le “Père de l’Europe”, décédé en 1972, trônait fièrement devant l’entrée de la gare du Midi, sur la place Horta à Bruxelles depuis fin janvier 2008.. Mais vendredi matin, un camion a reculé sur le monument. La statue de l’homme politique belge et européen a été littéralement pulvérisée par la manœuvre de ce conducteur visiblement distrait.

(Merci à Blueman et à son remarquable blog)

The Brussels Business : Qui dirige vraiment l’Union Européenne

2500 structures de lobbying, 15.000 lobbyistes, Bruxelles est le deuxième pôle de lobbying mondial après Washington DC.

Ce film montre la version non officielle de l’intégration européenne. Il remonte dans le temps et fait l’historique des groupes de pression qui ont gravité autour de l’Union Européenne (comme l’ERT). Il montre comment ils sont intervenus dans des négociations cruciales comme Seattle ou lors de la récente crise grecque.

« C’est un petit monde. Quand vous avez le bon carnet d’adresse, vous ne devez plus contacter qu’une petite centaine de personnes vraiment importantes. Les autres ne sont que des électrons » – Pascal Kerneis, lobbyiste

(Documentaire réalisé par Mathieu Liétaert et Friedrich Moser – La Une – 12/11/2012)

À Bruxelles, les zones d’ombre du lobbying

Depuis dix jours, la capitale européenne ne parle plus que de « l’affaire » John Dalli, commissaire contraint à la démission alors que pèsent sur lui des soupçons de trafic d’influence avec l’industrie du tabac. De quoi relancer le débat sur la transparence des activités des lobbies.

Registre européen des lobbyistes

En entrant dans le bâtiment de la Commission européenne, passé les grandes portes coulissantes sur lesquelles sont peintes les douze étoiles du drapeau de l’Union, le visiteur tombe sur un cliché figé réunissant les 27 commissaires en place. Sur cette photo de famille, un petit homme, visage carré et cheveux gris, le sourire crispé, fixe l’objectif. Dix jours après avoir dû vider son bureau précipitamment, John Dalli n’a pas encore été complètement effacé du paysage. Il trône encore sur la photo à quelques centimètres de José Manuel Barroso, le président de l’exécutif européen, sourire éclatant. Le même qui n’a pas hésité à se débarrasser en moins de vingt-quatre heures de ce collègue devenu encombrant.
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Panama : Le pays avec 10% de croissance par an veut entrer dans l’euro

Quand certains Européens traînent des pieds pour conserver l’euro, voire même l’adopter, d’autres pays plus lointains ne feraient pas la fine bouche. C’est le cas du Panama, qui souhaiterait introduire la monnaie unique européenne aux côtés du dollar américain, qui a déjà un cours légal.

C’est le président Ricardo Martinelli qui a soufflé “l’idée” lors d’une conférence de presse organisée le 15 octobre avec Angela Merkel, dans le cadre de sa tournée européenne.

“Au Panama la monnaie en libre circulation est le dollar américain, mais nous cherchons actuellement des moyens pour que l’euro devienne son égal et soit accepté sur le marché panaméen.”

Et quid de la grave crise de la dette que traverse l’Europe ? Le président Martinelli n’a pas semblé plus affolé que cela, affirmant sa confiance dans l’économie de la zone, ainsi que dans celle de l’Allemagne. Pour lui, la crise ne devrait bientôt être qu’un lointain souvenir.

Pas obligatoire d’être dans la zone pour utiliser l’euro

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Testament politique de Maurice Allais

Il y a deux ans, disparaissait Maurice Allais à l’âge respectable de 99 ans. Le 5 décembre 2009, le journal Marianne avait publié son testament politique, rédigé sous forme d’une Lettre aux Français.

Maurice Allais part aux États-Unis dès sa sortie (major X31) de Polytechnique en 1933 pour étudier in situ la Grande Dépression qui a suivi la Crise de 1929. Ironie de l’histoire, il a ainsi pu réaliser une sorte de “jonction” entre les deux Crises majeures du siècle. Son analyse, percutante et dérangeante, n’a malheureusement pas été entendue faute de relais.

Fervent libéral, économiquement comme politiquement, il s’est férocement élevé contre le néo-conservatisme des années 1980, arguant que le libéralisme ne se confondait pas avec une sortie de “toujours moins d’État, toujours plus d’inégalités”. On se souviendra de sa dénonciation du “libre-échangiste mondialiste, idéologie aussi funeste qu’erronée” et de la “chienlit mondialiste laissez-fairiste”. Il aimait à se définir comme un “libéral socialiste”.

Il a passé les dernières années de sa vie à promouvoir une autre Europe, bien loin de ce qu’il appelait “l’organisation de Bruxelles”, estimant que la construction européenne avait pervertie avec l’entrée de la Grande-Bretagne puis avec l’élargissement à l’Europe de l’Est.
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Le point de vue que j’exprime est celui d’un théoricien à la fois libéral et socialiste. Les deux notions sont indissociables dans mon esprit, car leur opposition m’apparaît fausse, artificielle. L’idéal socialiste consiste à s’intéresser à l’équité de la redistribution des richesses, tandis que les libéraux véritables se préoccupent de l’efficacité de la production de cette même richesse. Ils constituent à mes yeux deux aspects complémentaires d’une même doctrine. Et c’est précisément à ce titre de libéral que je m’autorise à critiquer les positions répétées des grandes instances internationales en faveur d’un libre-échangisme appliqué aveuglément.

Le fondement de la crise : l’organisation du commerce mondial
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« La Commission européenne veut brader la mention ” château ” aux exportateurs américains »

La Fédération des grands vins de Bordeaux (FGVB) a mis en garde contre l’octroi par la Commission européenne de la mention “château” aux vins produits aux Etats-Unis et exportés en Europe, dans un communiqué publié vendredi 14 septembre. “La Commission européenne veut brader la mention ‘château’ aux exportateurs américains”, s’insurge la fédération dans son texte.

La mention “château” “désigne un vin d’appellation d’origine contrôlée issu à 100% de raisins récoltés et vinifiés sur la propriété”, rappelle la FGVB, soulignant qu’aux États-Unis, “les raisins peuvent provenir de différents et nombreux fournisseurs“.

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Une arnaque en or : Les faux produits biologiques

C’est une affaire dont la presse n’a pas fait ses choux gras. En décembre, la police italienne a démantelé un énorme trafic de faux produits bio. Les margoulins, soupçonnés d’être liés à la mafia, avaient trouvé la combine : acheter en Roumanie des céréales et des fruits secs bon marché, transformés en produits bio grâce à de faux documents, et revendus quatre fois plus cher à des grossistes qui n’y voyaient que du feu.

Depuis cinq ans que durait le trafic, des milliers de tonnes de faux produits bio auraient ainsi été écoulées pour un paquet d’oseille, au moins 220 millions d’euros. Parmi les fraudeurs, cinq dirigeants italiens d’entreprises agroalimentaires et – ça ne s’invente pas – deux responsables d’organismes de certification censés contrôler la filière bio…

Neuf pays européens, dont la France, ont profité de ces marchandises pleines de pesticides, dûment étiquetées « bio ».

Question : quelles quantités de céréales, pâtes alimentaires, farine de froment, raisins secs ou huile de tournesol faussement bio les consommateurs français ont-ils ingurgitées ?

Huit mois après ce joli coup de filet, on n’en sait que pouic. Comme d’habitude, la Répression des fraudes, dont la mission est de traquer les tricheurs, est dans les choux. Incapable d’apporter la queue d’une précision. Au ministère de l’Agriculture, on parle de 7.000 tonnes importées en deux ans.
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Europhiles et eurosceptiques, du pareil au même

Les europhiles pensent que Bruxelles a le remède à tous les maux, les eurosceptiques, eux, n’y voient que les racines du mal. Mais sont-ils si différents les uns des autres, s’interroge Brendan O’Neill.

"Le bouton bleu est vrai. Le bouton rouge est faux."

L’aggravation de la crise de l’euro au cours de l’année passée a fait apparaître une réalité intéressante : europhiles et eurosceptiques ne sont pas si différents. En réalité, ils sont mûs par des ressorts très similaires : le réflexe anti-démocratique.

Des deux côtés, on semble en effet enclin à nier toute responsabilité des gouvernements nationaux et des Etats dans le désastre politique et économique actuel.

C’est ce que font les europhiles quand ils rampent devant Bruxelles et appellent les institutions européennes à faire toujours plus pour sauver l’Europe. Mais c’est aussi ce que font les eurosceptiques lorsqu’ils rejettent à peu près toutes les fautes sur cette même Union européenne qui leur apparaît comme une sorte d’Etoile noire oblitérant toute forme de moralité sur le continent.

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