La Chine consommerait près de la moitié des antibiotiques de la planète

La surconsommation d’antibiotiques par la Chine aurait des conséquences désastreuses sur la qualité de l’eau des rivières du pays, vient de révéler une récente étude de l’Académie chinoise des sciences. 

Concentration en résidus d’antibiotiques par kg/km2 dans 58 bassins de rivières de la Chine continentale. (Source : South China Morning Post)

Le delta de la rivière des Perles serait une véritable « soupe d’antibiotiques ». L’expression employée par le South China Morning Post pour titrer un récent article sur la qualité de l’eau des rivières chinoises est radicale, tout comme les conclusions de la récente étude sur laquelle s’appuie le papier. Réalisée par des chercheurs de l’Institut de Géochimie de Guangzhou (Canton), sous la houlette de l’Académie chinoise des sciences, la recherche révèle que la rivière contiendrait l’une des plus importantes concentrations de résidus d’antibiotiques par km2 du pays. Selon les résultats de cette étude inédite à l’échelle nationale parue le mois dernier dans les pages de The Environmental Sciences & Technology, la surconsommation d’antibiotiques par les Chinois serait la première cause de cette pollution .

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Chine : Le systéme financier et l’écologie

L’impératif d’une croissance durable respectueuse de l’environnement impose-t-elle la création d’une nouvelle génération de banques de développement à l’initiative des pays émergents? La création de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (BAII) par la Chine a intensifié le débat sur cette question.

Pourtant il en est une autre au moins aussi cruciale : de plus en plus important sur la scène internationale, les marchés financiers des pays en développement peuvent-ils encourager ce type de croissance ?

Pour l’instant la réponse semble être positive. La Chine et les autres grands pays émergents paraissent engagés dans la construction de systèmes financiers au service d’un développement durable et inclusif. Mais ils ne peuvent à eux tout seuls bâtir une économie mondiale durable et inclusive.

Les véhicules d’investissement spécialisés dont l’importance et le nombre va croissant depuis quelques années jouent un rôle crucial pour cela. La BAII et la future Nouvelle banque pour le développement créée par les BRICS (le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud) en sont l’illustration la plus visible, mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Les deux plus grandes banques de développement de la planète (la Banque brésilienne de développement et la Banque chinoise de développement) gèrent à elles deux 1.500 milliards d’actifs.
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Russie : Avis de gros temps sur l’économie

A chaque saison son choc. Après l’annexion de la Crimée au printemps, l’escalade des sanctions cet été, la chute brutale du prix des hydrocarbures cet automne, l’économie russe subit l’effondrement du rouble depuis novembre dernier. Rouvrant les cicatrices des années 1990, cette crise de change laissera des traces. Car elle expose au grand jour des faiblesses structurelles longtemps sous-estimées par le pouvoir.

Si le rattachement de la Crimée est interprété au Kremlin comme un succès militaire et politique, le bilan économique de l’année 2014, marquée par l’adoption de sanctions occidentales à l’encontre de la Russie, est loin d’être positif. L’ampleur de la chute du rouble vis-à-vis du dollar (-42% entre le 1er janvier 2014 et le 1er janvier 2015) a effacé les gains de puissance économique relative réalisés depuis 2009.

Le pays a rétrogradé du dixième au seizième rang mondial en termes de produit intérieur brut (PIB) au taux de change courant. Les autorités visaient une inflation réduite à 5 % ; elle a plus que doublé et s’établit à 11,4 %. La croissance devait se redresser à 3,5 % ; dans le meilleur des cas, elle sera nulle en 2014 et fera place à une récession en 2015 (entre -3 % et -4,5 % selon les prévisions du gouvernement).

La diversification industrielle devait être relancée ; la production d’automobiles a chuté lourdement. Le leader Avtovaz a déjà supprimé plus de dix mille postes et s’apprête de nouveau à licencier. Si la situation continue de se dégrader, nul doute que ses concurrents lui emboîteront le pas.
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Nouriel Roubini : « L’économie globale fonctionne sur un seul moteur »

L’économie mondiale est comme un avion de ligne qui a besoin que tous ses moteurs soient opérationnels pour pouvoir décoller et affronter les intempéries. Malheureusement, un seul de ses quatre moteurs fonctionne actuellement correctement: le moteur anglo-saxon.

Son deuxième moteur – la zone euro – est aujourd’hui au point mort, à l’issue d’un semblant de reprise après 2008. Un seul choc supplémentaire suffirait à faire plonger l’Europe dans la déflation pure et simple, qui s’accompagnerait à nouveau d’une récession. De même, le troisième moteur de l’économie mondiale, à savoir le Japon, arrive à court de carburant, après une année de relance budgétaire et monétaire.

Quant aux marchés émergents (son quatrième moteur), ils sont confronté à un net ralentissement, à mesure que les vents planétaires, favorables depuis une dizaine d’années – croissance chinoise rapide, taux directeurs zéro, et assouplissement quantitatif mené par la Réserve fédérale américaine – se sont transformés en vents contraires.

La question se pose par conséquent de savoir si – et pour combien de temps – l’économie globale pourra continuer de voler sur un seul moteur. La fébrilité observée dans le reste du monde est synonyme d’un dollar plus faible, ce qui est voué à fragiliser la croissance américaine. Plus le ralentissement s’accentuera au sein des autres pays, plus la hausse du dollar sera conséquente, et plus les États-Unis auront du mal à se dissocier des difficultés d’ailleurs, bien que la demande intérieure semble solide.
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Réserves d’or : Marine Le Pen réclame un audit au Gouverneur de la Banque de France‏

Lettre ouverte à Monsieur Christian Noyer, Gouverneur de la Banque de France, concernant les réserves d’or de la France.

Monsieur le Gouverneur, Au nom des Français et en ma qualité de principal chef de l’opposition, j’ai l’honneur de vous écrire, car il est de mon devoir de vous présenter une requête sur les réserves d’or de la France, relevant de l’intérêt supérieur de notre nation.

Avant même le déclenchement de la crise de 2008, le Front National avait anticipé et informé les institutions politiques de l’aggravation à venir du contexte macro-économique et géopolitique. Dans le cadre du modèle économique de plus en plus ultralibéral adopté par la France sous la pression de Bruxelles, aucun des fondamentaux économiques ne peut s’améliorer durablement. Tous les Français peuvent constater que les politiques d’austérité exigées par l’Union Européenne et la BCE et menées par le gouvernement sont un échec avéré et grave pour notre pays.

L’institution monétaire que vous dirigez a pour mission historique d’être la banque centrale dépositaire des réserves monétaires nationales et notamment des réserves d’or. Selon notre vision stratégique et souveraine, celles-ci n’appartiennent ni à l’État, ni à la Banque de France mais bien au peuple français et de surcroît servent de garantie ultime à la dette publique et à notre monnaie.g>

Dans la guerre froide monétaire qui se joue entre les pays occidentaux et les pays des BRICS, l’or reprend progressivement un rôle important. Selon le Conseil Mondial de l’Or, les réserves officielles d’or de la Chine, de l’Inde et de la Russie ont fortement augmenté entre 2007 et 2013.
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Afrique : Le défi des classes moyennes

L’émergence de l’Afrique passe par l’essor des classes moyennes.
 Pourtant, elles sont bien différentes en Afrique de celles du reste du monde. 
La grande pauvreté persiste. Et les frustrations menacent.

Il se compte 350 millions de personnes dans la classe moyenne africaine, autant qu’en Inde ou en Chine ! La nouvelle réjouit tous ceux qui sont persuadés qu’enfin l’Afrique émerge. Le boom des matières depuis le début des années 2000 et la nouvelle attractivité du continent sur la scène internationale ont permis ce changement essentiel pour le continent, dont le moteur économique repose sur les exportations de produits bruts (pour un tiers), sur la construction d’infrastructures (un tiers) mais aussi, désormais, sur la consommation interne, pour le dernier tiers.

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L’avènement du tourisme de masse

Né à la fin du XVIIe  siècle, le tourisme est passé d’une pratique réservée à une élite à une migration saisonnière amplement partagée. Cette massification n’a pas pour autant supprimé les inégalités d’accès.

Adolf Friedrich Erdmann von Menzel : Plan de voyage

À la fin du XVIIe  siècle, Blaise Pascal écrivait que « tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre » (Pensées). Au même moment, les jeunes aristocrates britanniques s’inquiétaient plutôt d’obtenir « une chambre avec vue » à chacune des étapes du grand tour qui les conduisait déjà jusqu’au Sud de l’Italie. Immortalisée par le roman d’Edward M. Forster, adaptée à l’écran par James Ivory (Chambre avec vue, 1985), cette étape obligée de la formation des jeunes Anglais de bonne naissance marque le point de départ du tourisme. D’un loisir jadis exclusif, celui-ci est devenu, pendant la seconde moitié du XXe  siècle, une migration saisonnière amplement partagée, sans pour autant, loin s’en faut, avoir effacé toutes les barrières sociales.

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Les États-Unis entrainent le monde vers le chaos et la tyrannie pour ralentir leur déclin

L’Empire américain est doublement engagé, au plan économique et monétaire d’une part et au plan stratégique et géopolitique d’autre part, pour tenter de ralentir son déclin, dans une entreprise systématique de destruction de ses adversaires comme des ses supposés « alliés ».

Au plan économique et monétaire, les manipulations domestiques et internationales auxquelles se livrent les USA (via leur Federal Reserve et leurs grandes banques « too big to fail ») sur la plupart des paramètres (statistiques faussées) et des actifs (monnaie, taux d’intérêt, actions, obligations, etc. « dirigés ») ne sont plus à démontrer, de telle sorte qu’il n’y a plus un seul marché libre dans le monde entier dont on puisse connaitre précisément la situation réelle !

Quant au plan stratégique et géopolitique, les USA, visant à empêcher toute alliance entre l’Europe et la Russie (toujours leur obsession du contrôle du « heartland » eurasien !) comme à saboter l’émergence de toute solution pacifique au Moyen Orient avant que ce soit le tour de l’Asie, installent des conflits régionaux qui nécessairement prendront suffisamment d’ampleur pour qu’ils auto-détruisent les États qui s’y laissent entrainer. [...]

Nous ne nous prononçons évidemment pas sur le point de savoir qui a raison ou a tort dans ces conflits (les Israéliens ou les Palestiniens, les Russes ou les Ukrainiens) mais seulement sur la méthode employée par les USA pour les créer et les envenimer dans le seul but d’empêcher toute coexistence pacifique internationale selon la pratique vieille comme le monde consistant à diviser pour régner.

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Afrique du Sud : 1994-2014, le naufrage

Par Bernard Lugan

Vingt ans après que Frederik De Klerk ait hissé Nelson Mandela au pouvoir, la question raciale se pose avec d’autant plus de force qu’il s’agit d’un tabou empoisonnant et conditionnant tout à la fois la vie politique et les rapports sociaux.

Contrairement à ce que croyaient les gogos, la pluie démocratique n’a donc pas effacé les rayures du zèbre sud-africain. Quant à l’arc-en-ciel multi-racial, il s’est dissipé sous les orages.

Les élections du mois de mai 2014 – le dossier qui leur est consacré le montre d’une manière éloquente -, furent d’abord raciales.

Les Noirs ont en effet massivement voté pour des partis noirs, cependant que les Blancs, les Métis et les Indiens, ont non moins massivement donné leurs suffrages à l’Alliance démocratique.

Or, la fracture raciale qui est au cœur de toutes les problématiques sud-africaines va encore s’accentuer au fur et à mesure de la déliquescence de ce qui fut un pays prospère. Sans une croissance pérenne de 5 à 7% par an, l’Afrique du Sud ne pourra en effet pas freiner un chômage qui touche désormais au moins 40% de la population active. En 2013, cette croissance ne fut que de 1,6% et au premier trimestre 2014, le PIB a perdu 0,6%, notamment en raison des mouvements sociaux qui paralysent les mines.
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La crise de croissance des pays émergents

Déconfiture monétaire, asthénie boursière, fuite des capitaux… En Chine comme en Argentine, en Afrique du Sud ou en Turquie, les économies toussent. Et c’est la planète entière qui s’enrhume.

Par Alain Faujas

Qui eût cru que les pays émergents seraient à leur tour touchés de plein fouet par la crise ? Il y a un an, ils caracolaient en tête de tous les palmarès de croissance. En 2008, ils avaient assuré 98 % de la création mondiale de richesse, selon le cabinet Euler Hermes. Les capitaux du monde entier affluaient pour profiter de leurs brillantes perspectives de développement.

Aujourd’hui, les nuages s’amoncellent sur leurs économies. Leurs populations grondent, et leurs monnaies s’affaissent les unes après les autres. Entre le 1er mai 2013 et le 30 janvier 2014, le peso argentin a perdu 35 % de sa valeur par rapport au dollar. Et les autres ne font guère mieux : – 21 % pour la livre turque ; – 20 % pour la roupie indonésienne ; – 19 % pour le rand sud-africain ; – 17 % pour le réal brésilien ; – 14 % pour la roupie indienne… Quant au rouble russe, il a perdu 11 % de sa valeur et, le 3 février, il a atteint le plus bas de son histoire face à l’euro.

“Pas de panique”, a conseillé le FMI, mais les financiers ne l’écoutent guère et fuient massivement les pays émergents

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L’économie et la sphère financière face au réel

Il y a peu encore, la Turquie faisait figure de premier de la classe, on a même dit que la Turquie allait prendre le leadership en Europe. Voilà que la Turquie entre en crise politique, et que la croissance se casse. Regardons également le cas du Mexique : lui aussi bon élève du développement, des institutions internationales et des classements “Doing business”, alors que certaines portions de son territoire devraient figurer parmi les zones du globe en état de guerre civile.

C’est là mesurer le paradoxe de l’économie qui oublie les sociétés, et qui oublie que c’est très bien de faire de la croissance économique, mais quand les balles volent dans la rue, cela ne signifie pas grand chose en terme de “qualité de vie” et d’espoir d’une vie meilleure pour tous.

Dessine-moi les inégalités

La mondialisation à l’oeuvre depuis la fin des années 80 et la conversion de la Chine au capitalisme a largement remodelé la distribution des revenus. Branko Milanovic, le chef économiste de la Banque Mondiale, a traduit dans un graphique les effets de 20 ans de cette globalisation. Il dessine une sorte d’éléphant. Et devinez quoi, pour les classes moyennes des pays développés, le pachyderme de la mondialisation s’est assis sur leurs revenus.

EVOLUTION DES REVENUS REELS ENTRE 1988 ET 2008, EN FONCTION DU NIVEAU DE REVENU

L’axe vertical indique l’évolution du revenu réel entre 1988 et 2008 , il est exprimé en dollars internationaux de 2005 corrigés de l’inflation.

Su l’axe horizontal, on peut lire les niveaux de revenus dans le monde, de sorte qu’au début, vers le zéro, on trouve ceux dans le monde qui gagnent le moins, et à l’extrême droite, ceux qui gagnent le plus. On a donc une distribution des revenus de la population indépendamment des pays où elle réside.

A l’extrême droite de la courbe, on trouve les grands gagnants. Cette nouvelle super classe globale a vu ses revenus progresser de plus de 60%. On y trouve les 3% les plus riches des pays développés, France, Japon et un gros bataillon d’américains dont le pays est entré dans la marche inégalitaire parmi les premiers (la moitié de cette super classe). Le reste se recrute dans le top 1% des pays émergés, les BRICS: Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud.

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Jacques Attali : “Les (hyper) métropoles vont supplanter les nations”

Les métropoles de demain seront altermodernes, c’est-à-dire à la fois durables et attractives, plus soucieuses de l’environnement, de l’humain et du « vivre-ensemble ». Une métropole durable n’est pas seulement une métropole verte, elle se définit par de multiples facettes : économiques, sociales, politiques, culturelles et écologiques. Les nouvelles technologies y dessinent un nouvel avenir.

La concurrence accrue au sein d’un archipel mondial nécessitera une constante adaptation de la part des métropoles pour pouvoir rester attrayantes sur tous les plans. Elles devront miser sur des technologies nouvelles, interconnectées, qui tirent profit de la densité de population offerte par les aires urbaines.

Les métropoles devront savoir attirer une classe moyenne grandissante, mais aussi composer avec une élite hypernomade et sans attache, et avec des populations de travailleurs toujours plus itinérantes, déménageant au gré de la demande de main d’œuvre.

L’adaptation aux besoins de ces trois groupes devra se faire dans une logique intégrée, impliquant l’ensemble des populations urbaines ainsi que les territoires à proximité directe, dans le but de bâtir un projet métropolitain cohérent qui apportera une nouvelle façon de vivre et de penser les métropoles.

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2013: marchés émergents, la fin du miroir aux alouettes

Les pays émergents ont cessé d’être en 2013 la promesse de lendemains radieux pour l’économie mondiale. Croissance ralentie, marchés financiers et devises instables, troubles sociaux: ils sont devenus un sujet d’inquiétude… peut-être exagérée. En novembre, le club de réflexion des pays riches, l’OCDE, a résumé la situation : la croissance mondiale sera plus faible à cause du ralentissement des pays émergents, et “l’environnement économique mondial pourrait faire office d’amplificateur et de courroie de transmission pour des chocs négatifs” en provenance de ces pays.

Depuis des années, l’économie mondiale ne jurait que par eux : le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, l’Afrique du Sud… Leur forte croissance compensait la stagnation des pays avancés, leurs marchés intérieurs en pleine expansion aiguisaient les appétits des grands groupes occidentaux, leurs bas coûts de production faisaient tourner le commerce mondial et leurs réserves de devises leur permettaient de financer l’endettement occidental. Mais 2013 a marqué un coup d’arrêt. Ils ont perdu un peu de leur lustre, pour être considérés d’un œil peut-être plus lucide.

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G20 : Les BRICS font un pas vers un fonds de réserve monétaire commun de 100 milliards de dollars

En ouverture du sommet du G20 à Saint-Pétersbourg, Chine, Russie, Brésil, Inde et Afrique du Sud confirment leur volonté de mettre sur pied un fonds de réserve de change pour lutter contre les désordres monétaires actuels. En évoquant aussi la responsabilité des Occidentaux.

C’était fin mars à Durban en Afrique du Sud, l’une des principales annonces du sommet des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), lue d’un ton docte par le président sud-africain Jacob Zuma lui-même. La création d’un fond de réserve monétaire propre au BRICS vient de se concrétiser un peu plus à Saint-Pétersbourg. Dénommé “Contingent Reserve Arrangement” ou “currency pool” ce fonds devrait s’élever à 100 milliards de dollars.

Le projet a été dévoilé suite au mini-sommet à cinq qui s’est tenu vers midi ce 5 septembre en prélude au sommet du G20 qui se déroule à Saint-Pétersbourg ce jeudi et demain 6 septembre. Une manière claire de peser d’entrée de jeu face aux pays développés dans ce sommet en principe économique mais reste dominé par le crise syrienne et l’opposition attendue en Vladimir Poutine et Barack Obama.

Cette rencontre des BRICS a réuni les chefs d’Etat et de gouvernement Dilma Rousseff (Brésil), Manmohan Singh (Inde), Vladimir Poutine (Russie), Xi Jinping (Chine) et Jacob Zuma (Afrique du sud).

La Chine, principal pays contributeur

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La France : Pays immergent

« L’émergence est irréversible » comme l’a justement dit Lionel Zinsou. L’immergence est possible. Les pays immergents sont à l’Ouest.

Hubert Robert, “Vue imaginaire de la galerie du Louvre en ruine” (1796)

Un pays immergent est caractérisé par cinq caractéristiques symétriquement inverses à la définition d’un pays émergent:

1) Une perspective de croissance faible ou molle.
2) Une cohésion sociale menacée
3) L’incapacité des élites gouvernantes, largement héréditaires à opérer des choix forts pour les générations futures.
4) La peur de la compétition engendrant la perte de compétitivité, et potentiellement le repli sur soi.
5) Une vision classique des relations internationales.

Voici dix ans encore, les membres du G8 pouvaient s’interroger tranquillement sur la place qu’ils entendaient laisser au G20 dans le concert mondial et s’efforcer de coordonner, avec plus ou moins de succès, leurs positions dans un forum confrontant le bloc des pays développés et celui des émergents.
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Olivier Delamarche : « On a totalement oublié notre problème de dette »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 27 août 2013 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Guillaume Sommerer.

« La Chine est assise entre deux chaises, d’un côté elle doit monter les taux pour maîtriser la bulle immobilière, de l’autre si elle monte les taux elle ralentit son économie. En Espagne, il n’y a que Mr Rajoy qui voit une amélioration, le coût de la crise immobilière sera probablement de 400 milliards d’euros.  Mr Bernanke  ne ralentira pas son quantitative easing. Les taux sont maintenus artificiellement bas. »

La Fed va-t-elle faire exploser l’économie mondiale ?

Asie, Amérique du Sud, Turquie… Les marchés des émergents s’effondrent sous l’effet Fed. Pour Michel Santi, la fin de la baisse des taux est une erreur… qui pourrait couler l’économie mondiale.

Par Michel Santi*

Les marchés émergents décrochent avec violence, les indices boursiers asiatiques et sud-américains plongent, la roupie indienne, comme la livre turque frôlent leur plus bas niveau historique… Pour défendre sa monnaie nationale, le Brésil a déjà dépensé 374 milliards de dollars, sachant que les réserves de la banque centrale turque ont diminué de 15% dans le cadre de sa lutte contre l’effondrement de la livre. Mentionnons brièvement l’Equateur qui a utilisé 8% de ses réserves, ce chiffre étant de 6% au Kazakhstan et au Koweït et de 5.5% en Indonésie…

Bref, la croissance de ces régions semble subitement remise en question et devoir brutalement s’inverser.

Tout – et tous – accusent la Réserve fédérale américaine, sur le point de réduire – dès l’automne prochain -  le rythme de ses baisses de taux quantitatives.

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Pays émergents : Pourquoi il ne faut plus compter sur la croissance

Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, Turquie… Les grands pays en croissance ralentissent. Un trou d’air qui pourrait s’avérer durable.

François Hollande comptait sur la croissance mondiale pour entraîner vers le haut l’économie française. Le rebond américain devait se combiner au dynamisme des pays émergents pour aider la zone euro à sortir de la crise économique. Las. À en croire le Fonds monétaire international (FMI), ce scénario optimiste est caduc. Cette année, la richesse mondiale devrait progresser de 3,1 % seulement, pas plus qu’en 2012. Les désormais fameux Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) ainsi que d’autres économies du monde en forte croissance, comme la Turquie, ralentissent.

Dans la dernière livraison de ses perspectives de l’économie mondiale, le FMI note que la croissance dans les pays émergents et les pays en développement devrait ralentir à 5 % en 2013 et à environ 5,5 % en 2014, soit environ un quart de point de pourcentage de moins que prévu dans les PEM d’avril 2013. Cette année, la hausse du PIB ne devrait pas dépasser 2,5 % au Brésil et en Russie.

Évidemment, les émergents exportateurs n’ont pas été insensibles à la crise de croissance dans les pays riches. Mais cela n’explique qu’une petite partie de leurs difficultés. Au Brésil par exemple, les deux tiers de la croissance sont portés par le marché intérieur.

Des politiques monétaires déstabilisantes
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Frédéric Lordon : Ce que l’extrême droite ne nous prendra pas

La colorimétrie des demi-habiles ne connaissant que deux teintes, toute mise en cause de l’Europe, fût-elle rendue au dernier degré du néolibéralisme, est le commencement d’une abomination guerrière, toute entrave au libre-échange est la démonstration manifeste d’une xénophobie profonde.

Toute velléité de démondialisation l’annonce d’un renfermement autarcique, tout rappel au principe de la souveraineté populaire la résurgence d’un nationalisme du pire, tout rappel au principe de la souveraineté populaire en vue d’une transformation sociale, la certitude (logique) du… national-socialisme, bien sûr ! Voilà sur quel fumier intellectuel prospère le commentariat européiste quand, à bout d’argument, il ne lui reste plus que des spectres à brandir.

Le pire cependant tient au fait que ces imputations, où le grotesque le dispute à l’ignoble, font sentir leurs effets d’intimidation jusque dans la gauche critique, terrorisée à l’idée du moindre soupçon de collusion objective avec le FN, et qui se donne un critère si bas de cet état de collusion que le moindre regard jeté sur une de ses idées par les opportunistes d’extrême droite conduit cette gauche à abandonner l’idée – son idée – dans l’instant : irrémédiablement souillée.

A ce compte-là bien sûr, la gauche critique finira rapidement dépossédée de tout, et avec pour unique solution de quitter le débat public à poil dans un tonneau à bretelles. Comme on sait, sous couleur de ne pas donner prise aux accusations de « repli national », elle a laissé tomber de fait toute idée de mettre quelque entrave que ce soit au libre-échange puisque toute restriction à la libre circulation des conteneurs est une offense égoïste faite aux peuples des pays exportateurs – et la démondialisation y a été vue comme une inacceptable entorse à un internationalisme de principe.
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Quand l’Afrique se réveillera : La France se relèvera

Par Michel Lhomme

Dans une tribune du quotidien britannique Financial Times, le gouverneur de la Banque centrale du Nigeria, Lamido Sanusi, s’en est pris le mois dernier, « aux méthodes impérialistes de la Chine sur le continent. Il est temps pour nous d’ôter les lunettes teintées de rose à travers lesquelles nous voyons la Chine. »

La Chine en Afrique : du néo-colonialisme

Pour la première fois en Afrique, ont été dénoncées les relations commerciales déséquilibrées entre l’Empire du Milieu et les pays africains, ces derniers troquant l’exploitation de leurs immenses ressources naturelles contre des devises, des prêts et même des produits chinois bon marché mais de piètre qualité.

En riposte, Lamido Sanusi a proposé de produire localement mais aussi de repousser activement les importations chinoises et leur politique prédatrice. Que la Chine s’empare des matières premières africaines et qu’elle leur vende des biens manufacturés, n’est-ce pas exactement ce qu’on appelle par essence le néo-colonialisme? Cette politique chinoise contribue de façon significative à la désindustrialisation et au sous-développement continu de l’Afrique.

Le Nigéria est  l’un des premiers pays africains à avoir réagi. Pour que son immense manne pétrolière et gazière (qui représente en moyenne 36 % du PIB et plus de 97 % des exportations) profite au maximum au pays, le gouvernement nigérian applique depuis trois ans la politique dite de « local content », qui impose que l’essentiel de l’activité liée aux hydrocarbures soit assuré par la main d’œuvre locale ou des entreprises à capitaux majoritairement nigérians.
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Mondialisation et régionalisation des flux migratoires

En ce début du vingt et unième siècle, les migrations internationales ont pris un essor sans précédent. Mais, à la différence du passé, ce ne sont plus les Européens qui ont émigré de par le monde, l’Europe étant au contraire devenue l’une des premières destinations migratoires, en proie à un déclin démographique, mais la planète entière qui est en mouvement, notamment les zones du sud.

De nouvelles destinations se sont fait jour, comme les pays du Golfe, le continent africain, certains pays asiatiques, tandis que des pays de départ sont devenus des pays d’accueil et de transit, comme l’Europe du sud, puis le Mexique, la Turquie et les pays du Maghreb.

Ces migrations se sont mondialisées depuis trente ans, et ont triplé depuis le milieu des années 1970 : 77 millions en 1975, 120 millions en 1999, 150 millions au début des années 2000, près de 240 millions aujourd’hui.

Ce processus va se poursuivre car les facteurs de la mobilité ne sont pas près d’avoir disparu : écarts entre les niveaux de développement humain (qui combinent l’espérance de vie, le niveau d’éducation et le niveau de vie) le long des grandes lignes de fracture du monde, crises politiques et environnementales, productrices de réfugiés et de déplacés.
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Afrique du Sud : Les “BRICS” lancent leur banque de développement

Les dirigeants des pays émergents des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), réunis à Durban en Afrique du Sud, se sont mis d’accord mardi pour créer une banque de développement commune destinée à financer des infrastructures, qui devrait leur permettre de se passer de la Banque mondiale.

[...] Derrière le discours politique unificateur, qui consiste à dire que les Brics doivent constituer une force économique et politique pour s’affranchir des puissances occidentales, se dissimulent cependant des appréhensions africaines.

C’est de fait l’implantation massive en Afrique de la Chine, le géant des Brics, qui pose question, certains estimant que la Chine n’est plus un pays émergent, et que ses relations économiques avec le continent s’apparentent désormais à une nouvelle forme de colonialisme.

La nouvelle banque devrait être dotée d’un capital de départ de 50 milliards de dollars, soit 10 milliards par pays. Quand bien même elle devrait avoir du mal à réunir une telle somme qui correspond à 2,5% de son produit intérieur brut (PIB), l’Afrique du Sud en a fait une priorité. Elle espère trouver ainsi un moyen de financer son ambitieux programme d’infrastructures et aussi les projets des pays voisins.
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Effondrement du dollar et cycles de Kondratiev

L’économiste russe Alexandre Aïvazov se fonde sur la théorie des cycles de Kondratiev pour prévoir l’effondrement de l’économie américaine aux alentours de 2014 et le transfert du leadership mondial vers la Chine. Le texte étudie également les perspectives de la Russie dans le monde “post-dollar”. Une synthèse du livre non traduit en français « Quand le dollar s’effondrera » (articles écrits entre 2008 et 2012).

L’économiste russe Nikolai Kondratiev a émis une théorie des cycles longs, indiquant que l’économie pouvait se décomposer en périodes de croissance et de déclin, qui durent chacune entre 30 et 60 ans.

À travers ses travaux, Kondratieff tente de démontrer la corrélation entre les cycles économico-boursiers et les excès de création monétaire basés sur la dette.

Un cycle de Kondratiev est un cycle économique de l’ordre de 30 à 60 ans aussi appelé cycle de longue durée. Mis en évidence dès 1926 dans son ouvrage Les vagues longues de la conjoncture, il présente deux phases distinctes : une phase ascendante (phase A) et une phase descendante (phase B).

Graphe retraçant le cycle de Kondratieff et les actifs à privilégier en ces différentes saisons. L’or et le cash sont les valeurs clé du moment. (Cliquer sur l’image pour l’agrandir)

I. Grandes étapes des bouleversements à venir

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L’essor sans précédent de l’Indice de Développement Humain du Sud

L’essor du Sud est en train de modifier radicalement l’aspect du monde du XXIème siècle, grâce aux nations en développement qui mènent la croissance économique, extirpant des centaines de millions de personnes de la pauvreté et propulsant des milliards de personnes supplémentaires dans une nouvelle classe moyenne mondiale. C’est ce que révèle le Rapport sur le développement humain 2013 du Programme des Nations Unies sur le développement (PNUD).

Le Rapport sur le développement humain 2013 – L’essor du Sud : le progrès humain dans un monde diversifié – dresse le tableau du développement des pays via l’actualisation du célèbre Indice de Développement Humain (IDH).

Ces nouveaux chiffres montrent une amélioration constante du développement humain dans la plupart des pays. D’après le Rapport 2013, « Tous les groupes et régions ont connu des améliorations significatives dans tous les composants de l’IDH, avec des progrès plus rapides dans les pays à IDH faible et moyen. Dans ce contexte, le monde devient peu à peu moins inégalitaire. »

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Crise du Mali, deuxième partie : Les intérêts de la France

par Aymeric Chauprade

Au regard des intérêts de la France en Afrique, la décision d’intervention militaire française apparaîtra, je le crois, comme une bonne décision. Pour en juger, et comme toujours si nous voulons être fidèles à notre ligne réaliste, il faut être capable de s’élever au-dessus des partis pris politiques et idéologiques des uns et des autres. Chacun sait en effet que je me situe, sur le plan des idées, à des années-lumières des gouvernements qui se sont succédés en France ces trente dernières années, et que j’exècre, peut-être plus que tous ceux qui l’ont précédé, ce gouvernement qui mine les fondements de notre civilisation, accélère l’invasion migratoire, achève notre économie, et pousse à l’exil, par son fanatisme de l’Égalité, ce qu’il reste de créatif en France.

Il est arrivé souvent dans l’Histoire qu’une décision prise au nom de mauvaises raisons ait pu produire les résultats les plus positifs. N’est-il pas étrange de constater aujourd’hui qu’un président issu d’un camp que rien ne prédispose à la défense d’intérêts français en Afrique ait néanmoins pris une décision qui va peut-être améliorer sensiblement le statut de la France en Afrique ?

Car quelle était la situation de la France en Afrique avant cette affaire du Mali ? Plus précisément que devenait l’influence française en Afrique depuis le discours de la Baule du président Mitterrand, le 20 juin 1990 ?

La réalité est que, depuis la fin de la Guerre froide, et faute de vision géopolitique, la France n’a cessé de reculer en Afrique. En position défensive, sans vision ni anticipation, elle n’aura fait que subir la montée de l’influence américaine dans toutes ses anciennes colonies. Prise en tenaille entre ses devoirs européens et l’atlantisme, son influence s’est considérablement amoindrie outre-mer. D’un côté le discours de la démocratisation, de l’autre les magouilles du personnel politique (cette françafrique que l’on ne saurait confondre avec les intérêts légitimes de la France en Afrique) ; et bien sûr une montée en puissance des États-Unis sur le prétexte de la lutte contre le terrorisme islamiste, au début des années 2000…

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Hervé Juvin : “Considérations géo-économiques sur les concepts de pays émergents et de BRICS

En cette fin de 2012, en cette annonce compliquée de 2013, le sujet des émergents, le sujet des BRICS, fait de nouveau l’actualité. Il fait l’actualité d’une manière probablement inattendue qui nous conduit à quelques considérations géo-économiques. De quoi s’agit-il ?

Il faudrait rappeler dans un premier temps qu’il s’agit d’abord d’une invention d’économistes, de conseillers en investissement, voire de banques en investissement. Les BRICS ont été inventés par l’économiste de Goldman Sachs, Jim O’Neill ; le concept de “pays émergents” est largement un concept de sociétés de gestion et de gérants de capitaux à l’affut de nouvelles idées suscitant l’intérêt des investisseurs et leur permettant de diversifier leurs allocations d’actifs.

La notion “d’émergence”, comme le concept encore plus flou de “BRICS”, reposait très largement sur une notion linéaire de l’Histoire.

(Merci à François)

Alexeï Koudrine : « Nous sommes encore dans la première moitié de la crise »

L’ex-ministre russe des Finances, apprécié pour sa sagesse budgétaire en dix ans au gouvernement, a rejoint l’opposition. Il n’est pourtant pas impossible qu’il succède un jour à Dimitri Medvedev comme Premier ministre si Vladimir Poutine décide d’un geste d’ouverture. Sur la scène russe, Alexeï Koudrine a promis de participer au « processus de consolidation des forces libérales et démocratiques ». Sur la crise mondiale, l’économiste de renom est très pessimiste.

François Hollande a récemment déclaré que la crise de la zone euro « était derrière nous ». Partagez-vous son optimisme ?

Non. Nous nous trouvons dans la première moitié de la crise. Le pire est peut-être à venir. Les fondamentaux de l’économie se dégradent mois après mois, avec un profond déséquilibre dans le monde développé entre un fort niveau de consommation et un faible niveau d’épargne, cause principale de la crise.

La baisse de la croissance du PIB se poursuit. Les problèmes de dette en Europe ne sont toujours pas résolus, notamment en Grèce.

Les autorités européennes se sont-elles attaquées aux problèmes en profondeur ou juste en surface ?
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Olivier Delamarche : « Nous n’avons aucune référence sur la situation actuelle »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 27 novembre 2012 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Bourse.

« Ce qui pose des difficultés à tout le monde c’est que nous n’avons aucune référence. Nous ne nous sommes jamais trouvés dans cette situation. Avant, vous aviez  toujours une région du monde qui marchait. Aujourd’hui qui marche bien ? Les BRICS ne suffiront pas à tirer 80% du PIB mondial »

Le Brésil et le Mexique peuvent-ils passer de la concurrence à la complémentarité ?

Le président élu du Mexique, Enrique Peña Nieto, a effectué une tournée latino-américaine, du 17 au 24 septembre, avec un agenda à la fois diplomatique, sécuritaire et économique. A São Paulo et à Brasilia, il a exprimé sa volonté de relancer les relations avec le géant sud-américain, remplaçant le « climat de concurrence » par la « complémentarité ».

« Nous voulons connaître la réforme qui a permis à [l’entreprise brésilienne] Petrobras de devenir un des grands pétroliers du monde et l’adapter dans une certaine mesure à la réalité de Pemex », son homologue mexicaine, a déclaré M. Peña Nieto. Le futur président du Mexique a exprimé son intérêt pour le programme social « Bourse famille ». « L’idée est de profiter de l’expérience de succès du Brésil en matière de développement social, qui a permis à ce pays de sortir de la pauvreté près de 30 millions de personnes en une décennie », a-t-il affirmé.

Le Mexique et le Brésil sont en concurrence pour attirer les investissements étrangers. Leur commerce est parfois concurrentiel, par exemple pour ce qui est de l’automobile.

Toutefois, cela ne justifie pas la rivalité entre les deux pays, qui disposent des meilleurs outils diplomatiques d’Amérique latine et d’une solide tradition sur le plan international.

Certes, pendant les douze ans de présidence du Parti d’action nationale (PAN, droite), la diplomatie mexicaine a été trop tournée vers Washington, allié dans la lutte contre le narcotrafic, tandis que la diplomatie brésilienne manifestait une autonomie croissante à l’égard des Etats-Unis.

Brasilia a sa part de responsabilité dans la rivalité avec Mexico. Des diplomates brésiliens d’Itamaraty, plus férus d’idéologie que de géographie, de démographie, d’économie ou d’histoire, ont essayé d’écarter le Mexique du processus d’intégration régionale en privilégiant le périmètre sud-américain. Cette volonté est patente avec la création de l’Union des nations sud-américaines (Unasur), projetant sur la région l’organigramme du ministère brésilien des relations extérieures.

La division entre l’Amérique du Sud, d’une part, le Mexique, l’Amérique centrale et les Caraïbes, d’autre part, est illusoire, et ne correspond pas à une logique géopolitique. Elle ne fait que renforcer les tendances centrifuges, au lieu de contribuer à l’intégration entre les Etats latino-américains.

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Les classes moyennes, nouveau moteur de croissance des pays émergents

Touchées, mais de loin, par la crise économique des pays développés, les économies émergentes n’en finissent plus de s’interroger sur leur capacité de rebond. Coutumiers de taux de croissance proches des deux chiffres ces dernières années, dragons et autres tigres n’échappent toutefois pas au ralentissement, problématique dans des pays où la croissance permet de tirer chaque année des centaines de milliers de personnes de la pauvreté.

C’est d’abord sur le continent asiatique que les classes moyennes vont exploser. L’exemple de l’Inde est présenté comme le plus impressionnant : 47 % des ménages avaient des revenus annuels supérieurs à 5 000 dollars en 2010, et ils seront 80 % d’ici à 2020, selon les projections d’Ernst & Young.

Vient ensuite l’Amérique du Sud, portée par le Brésil, le Mexique, l’Argentine et la Colombie. L’Afrique devrait suivre, puisqu’elle va enregistrer dans les dix ans à venir la deuxième plus forte croissance en chiffres absolus, après le continent asiatique.

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“Le basculement de l’ordre mondial a commencé”

L’économiste Philippe Hugon analyse pour Youphil.com les enjeux de la création d’une banque de développement pour les Brics.

Las de demander – en vain – à être mieux représenté dans les institutions internationales, le groupe des cinq grands pays émergents, les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) souhaite créer sa propre banque de développement. Cette banque “Sud-Sud” financerait les projets de développement des pays émergents et régirait leurs échanges commerciaux. Une façon de concurrencer la Banque mondiale qui rechigne à leur donner plus de poids.

La nécessité d’une gouvernance plus juste et équilibrée sera l’un des enjeux phares du sommet de l’ONU sur le développement durable à Rio, le 20 et 22 juin prochain. Dès lors, la création d’une banque des Brics pourrait bien ressurgir dans les débats.

Youphil.com: Quel serait l’impact économique de la création d’une banque “Sud-sud” réservée aux Brics et à d’autres pays émergents?

Philippe Hugon: Cette banque de développement aurait plus un impact symbolique qu’un réel impact sur le système financier. Il s’agit plus d’une position par rapport aux pays occidentaux, une volonté des Brics de montrer que les Suds montent en puissance. Ils veulent aussi prouver que nous sommes dorénavant dans un monde multipolaire.

C’est une réponse au manque de prise en considération des pays émergents par les institutions financières internationales, en particulier la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI).

Quant au dollar, il a encore de beaux jours devant lui, même si une banque Sud-Sud favoriserait la diversification monétaire du système financier mondial et lui ferait donc perdre de son influence.

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Philippe Gattet :” Les pays émergents à l’assaut des énergies renouvelables”

Les pays émergents sont partis à l’assaut du marché des énergies renouvelables. Des énergies vertes désormais incontournables pour les pays qui souhaitent davantage peser sur la scène internationale. C’est en tout cas la stratégie de la Chine, de l’Inde et du Brésil avec pour chacun d’entre eux une voie tout à fait singulière.

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Russie : Le plan de Poutine, un “grand bond” incertain

Vladimir Poutine a fixé pour son retour au Kremlin des objectifs plus qu’ambitieux pour propulser la Russie aux premières places de l’économie mondiale, mais la possibilité de ce “grand bond” en avant suscite des doutes malgré des perspectives plutôt favorables à court terme.

La Russie observe avec hauteur la crise qui submerge les Etats endettés de la zone euro, soutenue par une croissance solide de 4,9% au premier trimestre. Sur l’ensemble de l’année, elle table sur un léger déficit budgétaire, de 0,3% du produit intérieur brut (PIB).

Les chiffres du PIB au premier trimestre, meilleurs que prévu, montrent que la Russie, jusqu’à présent, reste relativement protégée de la crise en Europe“, a souligné Chris Weafer, stratégiste de la banque d’investissement moscovite Troïka Dialog.

Mais Vladimir Poutine est aussi bien conscient qu’une crise majeure en zone euro affecterait sévèrement les exportateurs russes et limiterait les recettes en pétrodollars.

Le chef de la Banque centrale russe, Sergueï Ignatiev, s’est cependant dit cette semaine optimiste pour son pays.

Le 7 mai, quelques heures après avoir repris les fonctions de président abandonnées quatre ans pour le poste de Premier ministre pour des raisons constitutionnelles, M. Poutine a signé un décret sur la politique économique du pays.

Ce décret prévoit de créer et moderniser 25 millions d’emplois à haute productivité d’ici 2020, d’accroître les investissements pour qu’ils atteignent au moins 25% du PIB d’ici 2015, d’accroître la productivité du travail de 150%.

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Les 10 raisons laissant présager la fin du dollar en tant que monnaie internationale !

Le blog “The Economic Collapse” a recensé les dix principales raisons qui laissent présager la fin prochaine du dollar en tant que monnaie internationale de premier plan.

Depuis la fin de la Seconde Guerrre mondiale et les accords de Bretton Woods, les Etats-Unis ont bénéficié du rôle de réserve internationale du dollar sur le plan politique mais aussi et bien sûr économique. Cependant, le règne du dollar sur l’économie mondiale touchera bientôt à sa fin. C’est en tout cas l’avis du site “The Economic Collapse” qui évoque dans un article les dix principaux signaux annonciateurs d’un nouveau système, dans lequel le billet vert perdrait son statut. Les médias grand public américains sont, au passage, critiqués pour éluder complètement les accords bilatéraux entre des pays qui abandonnent le dollar pour leurs échanges.

1. La Chine et le Japon se passent du dollar pour leur commerce bilatéral
Il y a quelques mois, la deuxième économie du monde (la Chine) et la troisième (le Japon) ont conclu un accord qui va promouvoir l’utilisation des monnaies nationales (yuan et yen ndlr) dans le commerce bilatéral entre les deux pays.

2. Les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) envisagent d’utiliser leurs propres monnaies pour leurs échanges bilatéraux

3. L’accord monétaire entre la Russie et la Chine

10. La plupart des autres pays que ceux précédemment évoqués… détestent les Etats-Unis
En quelques décennies, la cote de popularité des Etats-Unis a connu une chute vertigineuse. Même en Europe, les touristes américains sont contraints à se faire passer pour des Canadiens pour ne pas subir les critiques incessantes des populations locales. Ce ressentiment à l’encontre des Etats-Unis incite les pays à réfléchir à l’abandon du dollar en tant que monnaie internationale.

Les BRICS et la chute de l’autre mur

Quand les pays émergents dessinent le nouveau monde. Le système créé à Bretton Woods il y a 70 ans est sur le point de s’effondrer. Il ne s’agit pas d’un naufrage abrupt mais de l’érosion lente de sa légitimité et de la capacité de diriger les questions mondiales. A sa place, lutte pour naître un nouvel ordre dont les fondations ont commencé à construire le IV Sommet des BRICS à New Delhi.

Nous vivons un partage des eaux, assure l’historien Paul Kennedy. L’historien préfère ne pas aborder les changements brusques comme les grandes guerres, mais « l’accumulation lente de forces transformatrices, en grande partie invisibles, presque toujours imprévisibles, tôt ou tard, qui finissent par transformer une époque en une autre distincte ».

Dans son analyse, il remarque quatre « forces transformatrices ». La première est l’érosion constante du dollar qui a cessé de représenter 85 % des devises internationales pour se situer autour de 60%. Nous marchons vers un monde dans lequel il y aura seulement trois grandes devises de réserve : le dollar, l’euro et le yuan. La deuxième est la paralysie du projet européen. La troisième est l’ascension de l’Asie qui suppose la fin de « 500 ans d’histoire » sous l’hégémonie de l’Occident. La quatrième est la décrépitude des Nations Unies.

Le regard sur le long terme de l’historien pourrait être complété par le court terme de l’analyse stratégique comme celle qu’ ébauche le Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (Leap) dans l’analyse des tendances globales de la dernière année : « En mars 2011 nous étions encore dans le monde unipolaire post 1989. En mars 2012 nous sommes déjà dans le monde multipolaire post crise qui hésite entre confrontations et collaborations » (Geab No. Le 63, 17 mars 2012). En résumé, nous sommes arrêtés sur une articulation /conjonction de changements profonds qui laisseront leur empreinte sur le monde du 21e siècle.

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Faut-il parier sur la Russie?

A Moscou, la bourse a connu un premier trimestre très prometteur. De nombreux facteurs plaident pour cette place.

Aujourd’hui, l’économie russe a de quoi séduire: un bilan solide avec des réserves de devises qui s’élèvent à plus de 500 milliards de dollars, un niveau d’endettement très bas à 10% du PIB et des réserves de pétrole très importantes, dont l’exploitation rapporte près de 1,25 milliard de dollars par jour. Un potentiel immense qui ne pourra cependant se développer sans l’arrivée massive de capitaux étrangers et qui représente, en lui-même, la principale source de risque pour le pays. Au-delà du risque de contagion d’une crise économique et financière dans les pays développés, les analystes s’accordent à pointer le pétrole comme principal risque mettant la Russie à la merci d’un choc majeur. Le mot d’ordre du nouveau gouvernement sera donc de convaincre à tout prix à l’intérieur afin de maintenir la paix sociale et un climat des affaires favorable, ainsi qu’à l’extérieur afin de séduire les investisseurs étrangers. Et l’adhésion à l’Organisation mondiale du commerce, entérinée à fin 2011, constitue un pas clair dans cette direction.

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L’assaut des multinationales émergentes

Les pays émergents concentrent aujourd’hui la majorité de la production industrielle mondiale. Les émergents, c’est surtout les BRIC : le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine. Ces BRIC sont le symbole du basculement en cours depuis les pays développés vers l’ensemble des pays émergents.

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