Le commerce mondial : Moteur de la déforestation illégale

Huile de palme, soja, bœuf, bois… Le commerce mondial est un puissant moteur de la déforestation illégale dans les pays tropicaux. Pour la première fois, une vaste étude, publiée, mercredi 11 septembre, par l’organisation américaine Forest Trends, évalue l’ampleur du phénomène: près de la moitié de la déforestation dans les pays tropicaux s’explique par la conversion illégale de terres en exploitations agricoles à vocation commerciale.

Dans un cas sur deux, la production est destinée à satisfaire la demande des grands pays industrialisés – États-Unis, Union européenne –, mais aussi de la Chine et de l’Inde.

Quelque 25 % de la déforestation illégale dans les tropiques ont ainsi pour objectif la production de denrées exportables. « Nous savions que la production de matières premières agricoles était un facteur majeur de déforestation.

Cependant, c’est la première étude qui montre l’importance démesurée des activités illégales pour produire des centaines de produits alimentaires et ménagers consommés dans le monde entier», affirme Michael Jenkins, directeur général de Forest Trends. Au point qu’il « n’existe guère de produit sur les rayons des supermarchés qui ne soit pas potentiellement concerné », selon Forest Trends.
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Comment la junk food nous rend accros

Le journaliste américain Michael Moss, prix Pulitzer 2010, révèle dans un livre polémique qui sort en France aujourd’hui comment l’industrie agroalimentaire nous rend gros et addicts. En exclusivité européenne, nous l’avions rencontré en mars 2013. Il nous expliquait pourquoi elle s’en tirera néanmoins sans procès.

Minneapolis, 8 avril 1999. Onze dirigeants des plus grandes multinationales de l’agroalimentaire se donnent rendez-vous en secret au trente et unième étage du siège de la firme Pillsbury. Il y a Coca-Cola, Mars, Kraft Foods. À eux tous, ils pèsent 230 milliards de dollars.

Les onze PDG sont de féroces concurrents. Céréaliers, fabricants de chips, de sodas, de plats préparés, ils bataillent depuis des décennies pour conquérir des “stomach shares” - les parts d’estomac des consommateurs – avec leurs alliés de toujours : le sel, le sucre et la graisse. La sainte trinité que l’agroalimentaire utilise pour rehausser le goût et procurer une sensation de plaisir maximum dès la première bouchée.

Des millions de dollars sont dépensés en recherche et développement pour étudier le palais humain, les papilles, leurs connections avec le cerveau, et l’atteinte d’un orgasme gustatif nommé le “bliss point”.
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Brésil : Bientôt des eucalyptus transgéniques ?

Le Brésil compte 3,5 millions d’hectares d’eucalyptus, utilisés surtout dans la production de pâte à papier. Mais, pour gagner en rendement, le pays se préparerait à commercialiser une variété génétiquement modifiée.

Le Brésil pourrait bientôt planter des eucalyptus génétiquement modifiés sur des millions d’hectares. Les autorités du pays examinent en effet la possibilité d’autoriser la mise sur le marché d’arbres fonctionnant avec un accélérateur de croissance qui leur permettrait de produire 20 % de bois en plus, tout en arrivant plus vite à maturité, indique la revue scientifique Nature. Une audience publique était prévue ce 4 septembre.

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“Le monde fait face à une crise de l’emploi généralisée” (Banque mondiale)

La planète fait face à une crise de l’emploi généralisée qui menace les perspectives de relance de la croissance, a prévenu la Banque mondiale, mardi 9 septembre. Elle ne voit aucun remède miracle.

“Il n’existe pas de solution magique pour résoudre la crise de l’emploi, dans les marchés émergents comme dans les économies avancées.”

Nigel Twose, le directeur de la Banque mondiale, a montré ainsi le pessimisme dans lequel nage la Banque mondiale. L’institution a rendu publique, mardi 9 septembre, une étude menée conjointement avec l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur l’emploi mondial, à l’occasion d’une réunion des ministres du Travail et de l’Emploi du G20 en Australie.

Nécessité de créer 600 millions d’emplois

Le besoin de créer des centaines de millions d’emplois se fera vite pressant, selon l’étude:
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Global Partage

Les ressources de la planète qui s’épuisent, une crise économique qui devient une crise du système économique… Face à ce constat, des pionniers de plus en plus nombreux cherchent des pistes pour vivre mieux et de façon plus durable. C’est ainsi que l’idée du partage a fait son chemin jusqu’à devenir une petite révolution qui touche désormais toutes les activités.

L’économie collaborative basée sur l’échange entre individus sans intermédiaires est en train de façonner un autre mode de consommation et de rapport aux autres.”

Un documentaire complet qui fait le tour de nombreuses alternatives: crowfunding, covoiturage, potagers communs, fablabs, woofing, etc.

En Amérique latine, le pétrole comme appât à compagnies étrangères

Pour exploiter le pétrole d’une région qui accapare 20% des réserves mondiales, certains pays d’Amérique latine cherchent à attirer les entreprises étrangères, s’efforçant toutefois de ne pas perdre le contrôle de l’Etat sur ce secteur stratégique.

Une plateforme de forage au large du Brésil

Au premier rang : le Mexique, le Brésil et l’Argentine, cibles de choix pour leurs réserves inexploitées et les possibilités de développer celles existantes.

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Inde : Comment le revenu de base change la vie

Une expérience de versement d’un revenu de base modeste aux habitants de certains villages les plus pauvres de l’Inde a transformé leurs vies. Cela pourrait fournir un programme anti-pauvreté efficace pour tous les pauvres de l’Inde. Mais quelle sera la réaction du gouvernement de Narendra Modi ?

L’idée d’un revenu de base soulève des questions bien au delà de la province de Madhya Pradesh en Inde. Historiquement, des personnalités comme Bertrand Russell, André Gorz, Martin Luther King, et JK Galbraith se sont tous exprimées en faveur d’un revenu de base.

Le revenu de base n’était pas seulement une réforme souhaitable dans le nord et le sud pendant les années 1970 et 1980, sa mise en place est devenue indispensable depuis la crise financière de 2008, pour apporter stabilité et dignité à une nouvelle classe de travailleurs, pour répondre aux exigences du capitalisme mondial, qui créent un état d’insécurité chronique pour de nombreuses vies humaines, balancées entre inactivité professionnelle intermittente et des emplois précaires pour des salaires incertains dans un marché néo-libéral « flexible ».

Pour eux, le monde de l’après-1945 de démocratie sociale, sécurité de l’emploi et des avantages sociaux est un passé révolu.

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L’avènement du tourisme de masse

Né à la fin du XVIIe  siècle, le tourisme est passé d’une pratique réservée à une élite à une migration saisonnière amplement partagée. Cette massification n’a pas pour autant supprimé les inégalités d’accès.

Adolf Friedrich Erdmann von Menzel : Plan de voyage

À la fin du XVIIe  siècle, Blaise Pascal écrivait que « tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre » (Pensées). Au même moment, les jeunes aristocrates britanniques s’inquiétaient plutôt d’obtenir « une chambre avec vue » à chacune des étapes du grand tour qui les conduisait déjà jusqu’au Sud de l’Italie. Immortalisée par le roman d’Edward M. Forster, adaptée à l’écran par James Ivory (Chambre avec vue, 1985), cette étape obligée de la formation des jeunes Anglais de bonne naissance marque le point de départ du tourisme. D’un loisir jadis exclusif, celui-ci est devenu, pendant la seconde moitié du XXe  siècle, une migration saisonnière amplement partagée, sans pour autant, loin s’en faut, avoir effacé toutes les barrières sociales.

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Russie : Poutine riposte aux sanctions en interdisant les importations agroalimentaires (Màj vidéo)

Addendum : Ukraine, la Russie va boycotter les légumes européens

Le président russe cible pendant un an les pays occidentaux qui ont décidé des sanctions contre la Russie. Il laisse entendre qu’il pourrait revenir sur cette mesure s’ils assouplissaient leur position. Au risque d’instaurer un équilibre de la terreur économique.

Menaces, sanctions puis représailles, le tout dans un contexte de tension entre l’Union européenne et les États-Unis d’une part et la Russie de l’autre. La situation n’est pas sans rappeler la guerre froide et Vladimir Poutine est décidé à instaurer un équilibre de la terreur économique.

Le président russe a ordonné mercredi d’«interdire ou de limiter pendant un an» les importations de produits agroalimentaires en provenance des pays ayant adopté des sanctions économiques contre la Russie, a annoncé le Kremlin dans un communiqué.

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Travail forcé : l’Europe n’est pas épargnée par le fléau

Les activités saisonnières favorisent le travail clandestin, de même que les services aux ménages et aux entreprises.

L’Europe n’est pas blanche comme neige en matière de travail forcé. « En novembre 2013, la police française a arrêté six adultes roms qui forçaient leurs enfants à voler dans Paris et la banlieue. Les victimes étaient battues si elles ne rapportaient pas chaque jour un montant minimum des fruits de leurs larcins », relève le rapport du département d’Etat américain. La communauté rom apparaît comme l’une des minorités ethniques les plus concernées en Europe par le travail forcé et le trafic humain. Prostitution, mariages forcés, esclavagisme : les comportements à l’intérieur de la communauté sont difficiles à endiguer.

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Fortaleza : le Bretton Woods du pauvre

Par Jean-Pierre Béguelin, ancien économiste au sein de la Banque nationale suisse, ancien économiste en chef de la banque Pictet & Cie (Suisse)

À Fortaleza et contrairement à l’avis de beaucoup, le récent sommet des BRICS a tout au plus accouché d’un «Bretton Woods» du pauvre.

À Fortaleza, le récent sommet des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) vient de créer une banque de développement, la NDB (New Development Bank ou Nouvelle banque de développement) à laquelle il a ajouté un mécanisme d’entraide sur le change, le CRA (Contigency Reserve Arrangement, quelque chose comme Accord d’aide monétaire d’urgence en français), quasiment un «Bretton Woods bis» pour de nombreux commentateurs.

Si, grâce à l’air conditionné, les politiciens réunis dans la station balnéaire brésilienne ont certainement moins souffert de la chaleur que les hauts fonctionnaires isolés dans les montagnes du New Hampshire il y a 70 ans, les résultats des deux conférences ne sont cependant pas comparables et les institutions nouvellement nées ne semblent pas appelées de longtemps à concurrencer sérieusement celles situées à Washington, 19th street.

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Brésil : Sur les toits de Sao Paulo

Avec ses 12 millions d’habitants, ses 6500 buildings et ses centaines de favelas, Sao Paulo est le nouveau visage du Brésil. Une ville faite de contradictions et de bizarreries, où les quartiers bourgeois côtoient les bidonvilles, où l’architecture gothique se mêle aux chefs-d’œuvre contemporains.

La ville se vit d’en haut, depuis les toits où l’on a aménagé piscines, hélipads, pistes d’athlétisme et jardins luxuriants. Les hommes d’affaires et les particuliers se pressent dans les hélicoptères, évitent le bitume et ses embouteillages. Uan, Dimas et Melissa, trois habitants de Sao Paulo, lèvent le voile sur les arcanes de cette ville aérienne.

Argentine : Compte à rebours avant la faillite du pays

La présidente argentine, Cristina Kirchner, est sous la menace du fonds vautour Elliott. Paul Singer, son fondateur, réclame le remboursement de la totalité de la dette de l’Argentine.

Paul Singer, fondateur et président du fonds Elliott Management

Le compte à rebours est terrible. Au moment où nous écrivons ces lignes, il ne reste que quelques heures au gouvernement de Cristina Kirchner pour négocier un accord avec NML (filiale du fonds Elliott) et Aurelius, les deux fonds vautours qui réclament le remboursement des 1,33 milliard de dollars que leur doit le pays.

Sans cela, l’Argentine sera en défaut de paiement technique passé le 30 juillet. « Tout le monde y perdrait, mais les deux parties s’enferment dans des comportements jusqu’au-boutistes », résume Juan Carlos Rodado, économiste chez Natixis. Un tragique dilemme du prisonnier, où chacun tente de faire plier l’autre en espérant qu’il craque en premier.

Comment Buenos Aires en est arrivé là ?

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La banque des Brics, une ambition au-dessus de leurs moyens ?

La nouvelle architecture financière des Brics, lancée lors de leur sommet au Brésil, se pose en alternative à l’Occident, une ambition qui se heurte à plusieurs obstacles pour ce club très hétérogène des puissances émergentes.

Le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud ont créé une banque de développement et un fonds de réserve d’urgence, présentés comme une “reconfiguration de la gouvernance économique mondiale“.

Érigée en contrepoids à la Banque mondiale (BM) et au Fonds monétaire international (FMI), la banque des Brics, basée à Shanghai, suscite désormais la question d’une hégémonie de Pékin.

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Le vrai coût des Coupes du monde de football

Avant d’être un événément médiatiquement rentable, le Mondial est d’abord un événement… ruineux pour ses organisateurs. La preuve…

Lors de la première Coupe du monde en Uruguay, en 1930, la Fifa (fédération internationale de football association) n’était pas assez riche pour fournir des ballons aux équipes.

Le 30 juillet 1930, lors de la finale entre l’Uruguay, le pays d’accueil, et l’Argentine, l’arbitre dut recourir au tirage au sort pour trancher entre le ballon uruguayen et le ballon argentin. L’histoire ne dit pas quel ballon fut choisi, toujours est-il qu’il permit à l’Uruguay de l’emporter par 4 buts à 1. A l’époque, les dépenses du pays organisateur se sont limitées à la construction d’un nouveau stade et au remboursement des frais de transport et d’hébergement des équipes.

Vingt ans plus tard, la situation a changé du tout au tout: après le match final entre le Brésil et l’Uruguay, la Fifa comprend que l’argent va couler à flots sur le football. Les pays organisateurs comprennent tout l’intérêt d’accueillir cette compétition.

Du coup, un jeu à sommes non nulles se met en place: dans l’espoir de retombées économiques appréciables, les pays hôtes se mettent à investir des sommes considérables dans leurs infrastructures. Les investissements évoquent une fusée à trois étages: d’abord, l’organisation de l’événement, généralement gérée par un Comité d’organisation. Ce Comité est chargé par la Fifa de la billetterie des stades, du recrutement des personnels, et de l’animation des enceintes sportives.

Les pays émergents plus dépensiers
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A la Coupe des BRICS, la Chine part favorite

Le 15 juillet, le Mondial sera fini, mais un autre match va se jouer au Brésil. Plus discret, moins festif. Et, pourtant, tellement XXIe siècle. Cette compétition-là a pour théâtre les BRICS, acronyme des cinq économies émergentes – Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud – qui, en s’associant de façon informelle mais en voie d’institutionnalisation, peuvent apparaître comme le premier défi sérieux à l’ordre international issu de Bretton Woods, au lendemain de la seconde guerre mondiale.

Match amical Chine-Brésil, le 10 septembre 2012 (score : 0-8)

Les 15 et 16 juillet donc, les dirigeants des BRICS réunis à Fortaleza puis à Brasilia devront se mettre d’accord sur le lieu du siège de la future banque de développement qu’ils prévoient de créer. Et devinez ? Shanghaï tient la corde.

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Brésil : « Le Mondial aggrave la prostitution des mineurs »

Au Brésil, l’organisation de la Coupe du monde fait craindre aux autorités une explosion de la prostitution enfantine. Une triste constante lors des grands évènements sportifs.

À chaque Mondial, c’est le même scénario. Afflux de touristes dans le pays organisateur, euphorie assortie de consommation d’alcool, recours à la prostitution… et exposition accrue des mineurs. Pour la Coupe du monde au Brésil, où le nombre de prostitués âgés de moins de 18 ans atteint déjà 250 000 hors période de Mondial selon la police fédérale, les autorités tentent, tant bien que mal, d’endiguer ce fléau.

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La Russie annule 90% de la dette de Cuba

La chambre basse du Parlement russe a ratifié vendredi un accord entre la Russie et Cuba prévoyant l’annulation de 90 % de la dette de La Havane vis-à-vis de l’ex-URSS, une semaine avant une visite de Vladimir Poutine dans l’île.

Affiche cubaine datant de la visite officielle de Vladimir Poutine à Cuba en 2000

Cette visite du président russe est destinée notamment à intensifier les relations commerciales entre les deux pays. Vladimir Poutine doit y rencontrer Fidel Castro – retiré du pouvoir pour des raisons de santé depuis 2006 au profit de son frère Raul – selon le Kremlin.

L’accord sur l’effacement de la dette, signé entre Moscou et La Havane le 25 octobre 2013, prévoit l’annulation de cet endettement évalué à 35,2 milliards de dollars et le remboursement du reste (environ 3,5 milliards de dollars) sur dix ans. Les fonds remboursés seront placés dans des comptes dédiés et seront intégralement réinvestis par la Russie dans l’économie cubaine, selon le texte.

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Brésil : Tourisme sexuel, la face cachée de la Coupe du monde

Derrière les stades qui accueillent la Coupe du monde de football au Brésil, se cachent bien d’autres réalités: parmi elles, le boom du tourisme sexuel qui fait craindre une recrudescence de l’exploitation des mineurs. Enquête à Fortaleza, capitale brésilienne du genre.

Les efforts des associations ne suffisent pas à répondre aux problèmes sociaux des communautés comme celle-ci. “Les politiques publiques sont fragiles, les moyens manquent”, souligne Ivannia Andrade, une assistante sociale de Barraca da Amizade. “Quand on arrive dans ces communautés, on comprend combien c’est difficile : la réalité est très différente de celle du bord de mer qui a aussi beaucoup de situations cachées d’exploitation sexuelle ; beaucoup d’enfants et d’adolescents”, poursuit-elle, “partent d’ici pour aller se prostituer là-bas, dans les quartiers plus animés.

Une fois la nuit tombée sur les plages qui bordent le centre-ville, il ne faut pas chercher longtemps pour trouver ce qui vaut à Fortaleza, une triste réputation: celle de capitale brésilienne du tourisme sexuel et de haut-lieu de l’exploitation des mineurs.