A la veille d’une nouvelle crise financière…

Incroyable ! Sept ans après les subprimes, des bulles sont en train de se reformer. Et elles pourraient bien exploser ! Il suffit d’une étincelle, par exemple en Grèce avec sa sortie de l’Euro.

Le monde de la finance est vraiment incorrigible. Sept ans seulement après la crise des subprimes, qui a failli faire exploser le système bancaire international, voilà que resurgit la crainte d’un nouveau krach. «On est assis sur un baril de poudre, la question est simplement de savoir quel sera le détonateur», transpire l’économiste Marc Touati. «Nous nous trouvons dans une zone de risque proche de celle de 2008», confirme Christophe Nijdam, du centre d’expertise Finance Watch. En d’autres termes, la sortie de la Grèce de la zone euro ou la remontée un peu trop brutale des taux d’intérêt ou la simple défaillance d’une banque pourrait tous nous entraîner dans une terrible crise financière et dans une récession planétaire.

Lire la suite

L’hypertrophie monétaire conduira-t-elle à un effondrement économique?

En dépit des réserves de l’Allemagne et contre toutes les bonnes pratiques des banques centrales, la Banque centrale européenne (BCE) a finalement décidé d’appliquer un programme massif de rachat de dettes souveraines. Abandonnons un peu les chiffres et intéressons-nous aux principes et aux conséquences de long terme de cette décision.

Il n’y a aucune raison de penser que les pays, qui pour la grande majorité ne parviennent déjà pas à contrôler l’expansion de leur dette, y parviendront davantage demain. La question est maintenant la suivante : que se passera-t-il lorsque ces États seront en défaut de paiement ?

Lire la suite

Un brouillard de fraudes

Par James Howard Kunstler

L’équipe Obama a fait une belle bourde la semaine dernière en nommant Blythe Masters, responsable des ressources chez JP Morgan, au comité de la CFTC chargé de réguler les activités sur les marchés papier du maïs, des côtes de porc, du café, du cacao – et de l’or aussi, au passage, marché que JP Morgan est soupçonnée d’avoir manipulé.

Une affaire parmi celles qui ont surgi récemment, comme le fiasco de MF Global de 2011 suite auquel des milliards de dollars de comptes clients se sont comme par magie retrouvés chez JP Morgan en conséquences de mauvais paris placés sur les obligations européennes. MF Global, maison de courtage spécialisée dans le négoce de marchandises, a été liquidée en 2011. La CFTC n’a jamais émis d’ordre de poursuite au Département de la justice et, bien entendu, le PDG de la société, Jon Corzine, savoure encore à ce jour des lattés au caramel dans les Hamptons. Voici à quoi ressemblent les transactions Téflon des années Obama : rien ne colle aux basques des fraudeurs.

La nomination de Blythe Masters a causé un tel vent de scandale et tant de réactions sur Twitter qu’elle a dû se retirer des membres potentiels du comité avant la fin de la journée.

Lire la suite

Le tsunami qui affecte les monnaies des économies émergentes

Les marchés mondiaux des devises ont été très agités la semaine dernière et les monnaies de plusieurs pays émergents ont subi une avalanche de dépréciations. Le rouble est tombé à son niveau le plus bas depuis 5 ans, et le peso argentin a perdu 15%.

http://img4.hostingpics.net/pics/273472tsunami.jpg

Les marchés des changes commencent à réagir à l’arrêt progressif de la politique monétaire américaine de rachat des bons du Trésor, mais aussi au ralentissement de la croissance chinoise.

Mais on assiste également à un changement de méthode. Par le passé, les marchés financiers raisonnaient de façon globale, lorsqu’ils considéraient les pays émergents, les envisageant comme un tout. Mais ce n’est plus le cas, explique Izabella Kaminska du Fiancial Times. Désormais, ils les individualisent de plus en plus pour établir leurs décisions d’investissement.

Au Venezuela, en Argentine et en Ukraine, ce sont les problèmes causés par une gestion critiquable des autorités qui menacent la stabilité économique. Les deux premiers pays sont confrontés à une inflation massive et des relations dysfonctionnelles avec les marchés mondiaux. S’ils échouent à mener des réformes importantes, ils risquent d’entrer dans de très graves difficultés. En Ukraine, beaucoup de choses vont dépendre de la façon dont la crise actuelle évolue.

Lire la suite

Règle de Volcker : Un grand flou à exploiter pour les banques

La règle de Volcker, adoptée cette semaine, limite en théorie la prise de risque des banques et leurs opérations en propre, mais elle ne devrait en réalité pas les affecter beaucoup car les exceptions et possibilités d’en contourner la lettre sont légion.

La règle de Volcker, dont les règles d’application ont été finalement adoptées cette semaine par les agences de régulation financière trois ans et demi après le vote de la loi de réforme financière, vise à limiter les activités spéculatives des banques dont les investissements massifs dans des produits dérivés risqués ont entraîné la faillite de Lehman Brothers et la pire crise financière depuis 1929. Les grandes banques de Wall Street ont dû faire l’objet d’un plan de sauvetage bancaire de dizaines de milliards de dollars du gouvernement américain.

La règle de Volcker, qui n’entrera totalement en vigueur qu’en juillet 2015, impose essentiellement une limite aux activités de dérivés et interdit aux banques assurées par la banque centrale (Fed) et la FDIC, l’un des organismes de réglementation bancaire, de faire du courtage pour leur propre compte (proprietary trading).

Lire la suite

États-Unis : La falaise fiscale vue de Chine

Tout récemment, bien que les discussions budgétaires américain n’aient donné aucun résultat, et que la « falaise fiscale » constitué une menace qui se profile pour les États-Unis et l’économie mondiale, le Congrès américain a voté de lourdes dépenses dans le cadre de la loi de programmation militaire pour 2013.

Cette loi témoigne encore d’ingérences diverses et abondantes dans les affaires des autres pays, comme la demande faite par le président américain pour vendre des chasseurs F16-C/D à Taïwan, la préconisation d’appliquer le traité de sécurité américano-japonais à la question des îles Diaoyu, qui constituent une grave ingérence dans les affaires intérieures et la souveraineté de la Chine.

Une telle scène témoigne d’un grave conflit entre un Gouvernement faible et les ambitions impérialistes et la puissance limitée de ce pays.

Car la puissance américaine est bien limitée. Le déficit et la dette nationale astronomiques des États-Unis sont des choses que plus personne n’ignore depuis bien longtemps. Pour cette raison, les responsables politiques américains devraient plutôt essayer de s’attaquer dès que possible au problème du plafond de la dette afin d’éviter que la « falaise fiscale » n’interrompe la reprise économique américaine durement gagnée, et cependant loin d’être assurée, et de limiter les dépenses fiscales à un niveau raisonnable.
Lire la suite

La dette publique fait trembler l’Amérique sur ses bases

Alors que le gouvernement s’apprête à aborder des échéances capitales, des voix mettent en garde contre les dégâts que pourrait causer la dette fédérale.

Les Etats-Unis doivent avoir peur de la dette. C’est en substance le message répété au début du mois de mai par l’amiral Mike Mullen: «J’avais dit – et je crois que c’est toujours le cas – que la dette est la plus grande menace pour notre sécurité nationale», a affirmé l’ancien numéro un de l’armée américaine au magazine Fortune, en faisant référence à des propos qu’il avait prononcés en 2011. «C’est évidemment complexe, mais pour moi, si nous ne contrôlons pas notre dette, il y aura une perte de confiance en l’Amérique.» Mike Mullen vient peser sur un débat ravivé dernièrement par une série de déclarations alarmantes sur la dette américaine.

Ben Bernanke, le patron de la Réserve fédérale américaine, affirme que les Etats-Unis sont en train de se rapprocher dangereusement d’une «falaise fiscale». Ce terme fait référence à la combinaison des brutales réductions des dépenses publiques et des hausses d’impôt qui interviendront dès le 1er janvier 2013, si le Congrès et la Maison-Blanche ne se mettent pas d’accord sur la dette d’ici au 31 décembre 2012.

Bill Gross, le cofondateur de Pimco, le numéro un mondial de la gestion obligataire, a créé des remous le 1er mai dernier, en martelant sur la chaîne de télévision CNBC que la note des Etats-Unis pourrait être abaissée si ces derniers ne s’attaquaient pas à leur «déficit structurel».

«Le passif des Etats-Unis ne se limite pas aux 15 000 milliards de dollars de la dette actuelle, mais il est trois à quatre fois plus élevé si l’on inclut Medicare (le programme public de couverture des frais de santé pour les personnes âgées, ndlr), Medicaid (assurance-maladie publique pour les faibles revenus, ndlr) et la Sécurité sociale (système de retraite, ndlr).»

Ne pas reconduire les exemptions fiscales

Lire la suite

Nicolas Sarkozy et l’AMF préparent un attentat financier pour le 16 avril

Un véritable coup d’État financier va se jouer en France à partir du 16 avril. En effet, le président Nicolas Sarkozy via l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) vont permettre d’ouvrir sur l’Eurex, le marché des dérivés, un contrat à terme sur les emprunts d’État français, l’autorisation des ventes à découverts.

Ce mécanisme purement spéculatif appelé en anglais «short selling» ou «shorting» consiste à vendre un titre dont on anticipe la baisse. Le vendeur s’engage à fournir à un certain prix à une certaine date, en faisant le pari que le titre va baisser entre temps… Et oui mes amis, l’AMF a mis fin à l’interdiction des ventes à découvert sur les titres émis par 10 grandes banques et sociétés d’assurance côtés sur le marché parisien (AXA, BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole…). Que cela veut-il bien dire ?

Cette pratique est parfaitement légale mais peu encadrée et risquée. En effet, les actions les plus fragiles deviennent particulièrement vulnérables ainsi que les places financières. En plus simple: les spéculateurs du monde entier pourront vendre simplement de la dette française et ce à coût bas avec un effet de levier de 20 pour les bons du trésor.

Oui, avec 50 000 euros investit en cash, il sera possible de vendre à découvert 1 million d’euros d’emprunts d’État français en bons du trésor … Depuis la disparition du MATIF (Marché à terme des Instruments Financiers), il y a 13 ans, il n’était plus aussi facile de spéculer contre la France.
Lire la suite

La dette souveraine des USA au 31-12-2011 : les manipulations du couple FED-Trésor.

L’examen de la dette souveraine des USA n’avait pas été fait sur notre blog depuis la rentrée. Au moment où la question de la dette souveraine se pose en Europe avec une acuité particulière, il est bon d’examiner les évolutions de la dette fédérale. Nous fixerons notre attention sur l’année 2011 qui vient de se terminer. Les déboires financiers de l’Europe ne doivent pas faire oublier les difficultés grandissantes d’une Amérique traversant une dépression.

Notre exposé d’abord technique examinera les chiffres les plus récents. Nous traiterons des modalités de consolidation de la dette en nous penchant tout particulièrement sur les exigences et les modalités de financement de la dette américaine où la FED joue un rôle grandissant. Nous monterons que l’examen serré des données indique à quel point la situation est grave aux USA, l’analyse des problèmes de la consolidation de la dette sur la base des données récentes permettra de montrer que la gestion de la dette est administrée par le couple FED-Trésor. Nous approfondirons et préciserons un certain nombre d’analyses antérieures qui avaient le défaut de ne reposer que sur des séries pas encore suffisamment significatives.

Lire la suite

Belgique : Méfiance des marchés

Les spéculateurs forcent Leterme à économiser“, titre De Morgen au lendemain d’une journée “désastreuse” pour la Belgique sur le marché des obligations d’État. Et qui témoigne de la méfiance grandissante des investisseurs internationaux.

Le 10 janvier, le taux d’intérêts sur les bons du trésor belge à dix ans avait atteint leur plus plus haut niveau (4,27%) depuis juin 2009. Pire, note le quotidien flamand, l’écart entre le taux belge et celui de référence (le taux allemand) a battu son record depuis l’introduction de l’euro.

Albert II a donc demandé au Premier ministre sortant Yves Leterme de présenter au plus vite le budget 2011 (le gouvernement n’assurant que les affaires courantes, c’est le budget 2010 qui est reconduit mois par mois).

Leterme a annoncé des mesures d’économies pour 4 milliards d’euros. Ces dernières seront soumises au “premier test sérieux” des marchés lors de la prochaine émission de dette, fin janvier.

Press Europ

(Merci à Léonidas)

Les deux capitalismes : Productivité, croissance et dépression

Nous nous penchons sur une question nouvelle qui devrait mobiliser notre attention pendant toute l’année 2011. Si la croissance américaine est à crédit, si les variations de la dépense publique l’impactent fortement faute d’une véritable croissance endogène, comment expliquer cette situation. Bref, au delà du constat d’une dépendance de la croissance au crédit public, il reste à expliquer pourquoi la croissance ne reprend pas véritablement pas aux USA.

Nous avons souvent répété que l’absence de redémarrage de la croissance tenait au fait que la crise était une dépression, et que dans le cas d’une dépression des mesures contra-cycliques sont peu efficaces. On peut avancer deux séries d’explications à ce phénomène.

1° – Chômage de masse, crise du crédit, fragilité des emprunteurs, stagnation des sources de revenu et baisse de valeur des patrimoines, reformation d’une épargne nationale pénalisant la demande, investissement mou, dégradation des comptes extérieurs et de la monnaie sont des facteurs suffisamment puissants pour peser négativement sur la croissance de l’économie réelle.

2° – L’allocation des ressources publiques ne peut que très difficilement inverser les effets délétères de la crise. Elle a de plus le défaut d’allouer des ressources en fonction de nouvelles formes de crédits ou de dépenses qui rendent la croissance artificielle. On qualifie alors de reprise, ce qui n’est que l’effet d’un crédit public maladroitement  substituer aux mécanismes ordinaires de la croissance américaine.

Ces deux explications ont une indéniable valeur, mais on peut leur adresser ce reproche : vous dites que la crise est une dépression, prouvez le ! Et si vous ne pouvez le prouver alors, vos analyses dérivent d’une pétition de principe.  L’argument n’est pas faux, il est simplement trop radical. Il nous invite toutefois à tenter d’expliquer pourquoi la crise est une dépression. Une dépression n’est pas simplement une contraction plus forte et plus longue de l’économie, elle est causée par une crise d’un modèle de croissance qui explique sa violence.

Nous allons essayer de montrer  que la crise est une dépression en considérant les évolutions de la productivité  du secteur privé aux États-Unis. Cette évolution permet d’articuler une explication montrant que la crise a entraîné une rupture dans la logique d’investissement depuis 2007, rupture qui peut être regardée comme annonçant un changement de mode de croissance. Cette approche permet d’esquisser une explication du porte-à-faux que constitue la politique de l’administration Obama et des raisons de la montée inexorable du risque sur la dette souveraine des USA.

Lire la suite

Nouveau sondage

Quel a été l’événement économique majeur de l’année 2010 ?

1 – La crise des dettes publiques européennes et la création du FESF (Fonds Européen de Solidarité Financière).

2 – Les achats massifs de bons du Trésor par la Fed et la poursuite de la politique de monétisation de la dette américaine.

3 – Le passage de la Chine à la place de deuxième puissance économique mondiale par le PIB, devant le Japon.

4 – L’absence d’effondrement économique occidental ou au moins, d’un second krach boursier après celui de 2008.

5 – Autre (merci de préciser dans les commentaires).

NB: L’accès au vote est disponible dans la colonne de droite.

USA : 3 chiffres qui montrent que tout ne va pas aussi bien que la FED voudrait le faire croire

- 1,3 % : les commandes de biens durables sombrent, entraînées par la chute de l’automobile pour le quatrième mois consécutif, tandis que General Motors vient de ressusciter de ses cendres en Bourse.

C’est ce qui ressort des statistiques américaines publiées le 23 décembre. Si vous épluchez les commandes de biens durables, vous vous apercevez que celles de novembre 2010 ont décliné de 1,3 %, celles d’octobre avaient déjà décliné de 3,1 %.

- 53,1 % : autre point noir, les commandes de l’aéronautique civile qui ont plongé de 53,1 %.

33 % des ventes d’immobilier concernent toujours des ventes sur saisies et ceci alors même que le scandale du foreclosure gate (reprise de la crise) ralentit les procédures.

Lire la suite

La France, les étrangers l’aiment et l’achètent

Dette publique, capital des entreprises, immobilier… Les investisseurs étrangers sont très présents dans l’Hexagone.

1.591 milliards d’euros de dette publique en France à la mi-2010, soit 82,9% du produit intérieur brut (PIB). Avec 163 milliards de plus en tout juste un an, cette dette s’est alourdie de plus de 8 points de PIB (à rapprocher de la croissance annuelle qui se situe entre 1,5 et 2,5 points de PIB par an).

Certes, il s’agit de la dette publique brute, comme définie par le traité de Maastricht. Elle totalise l’ensemble de la dette de l’État, des collectivités territoriales et des organismes publics. On distingue aussi la dette publique nette : par rapport à la précédente, on en déduit l’ensemble des actifs (biens et actions) possédés par l’Etat.

Cette dette nette s’établit aux alentours de 1.420 milliards d’euros mi-2010 (1.389 fin mars 2010, selon l’Insee). A de tels niveaux, peu importe que l’on se focalise sur l’une ou l’autre dette : elle est gigantesque et pèse, pour la dette publique, 24.500 euros sur les épaules de chaque Français.

1.223 milliards d’euros de dette publique négociable

Lire la suite

La guerre des monnaies expliquée sur un air de rap

La guerre des monnaies n’est pas un casse-tête chinois uniquement pour les pays du G20. Elle l’est sans doute plus encore pour l’opinion publique, qui ne comprend pas toujours pourquoi les Chinois et les Américains sont en conflit. La société Next Media Animation a peut-être trouvé une solution. Spécialisée dans les vidéos décalées sur l’actualité, cette entreprise vient de réaliser un clip où l’on voit le président américain Barack Obama et son homologue chinois, Hu Jintao, s’affronter sur un air de rap.

Dans la vidéo, Obama explique à Jintao qu’il doit arrêter de manipuler sa monnaie. Un yuan sous-évalué augmente le prix des produits américains. De son côté, Jintao rappelle au successeur de George W. Bush qu’il est «responsable de la récession».

«Ne nous demandez pas de faire des concessions. Tu n’es pas en position de me considérer comme un pêcheur. Sans Bretton Woods, vous seriez dans la même situation que l’Argentine», lance-t-il à Obama, que l’on voit boire la tasse à cause des vagues de déficits américains.

En guise de refrain, deux choristes tentent de les ramener à la raison : Chine et États-Unis ont besoin l’un de l’autre. Le premier achète les bons du Trésor du second, qui lui achète ses produits. Et d’ailleurs cela marche : Hu Jintao et Barack Obama finissent par rejoindre les deux chanteuses sur la piste. Pas sûr que les deux présidents entameront des pas de danse au moment de se retrouver à Washington en janvier prochain…

Le Figaro

Le risque croissant de la bulle sur les emprunts d’Etat américains

Par Jim Willie

La FED lutte contre la récession. Ben Bernanke : - "Passez-moi des munitions..." - "Désolé, Ben... Ce coupe-ongles est tout ce qui nous reste" (caricature américaine, juillet 2010).

La perception d’un risque grandissant d’une migration hors des titres obligataires américains est palpable, et cela pourrait arriver très bientôt.

Lire la suite

La guerre des monnaies

Un article du Monde vient de mettre en exergue un phénomène qui ne date pas d’hier. En effet, on apprend dans cet article que le Japon a décidé de façon unilatérale de faire descendre la valeur de sa monnaie. Cette dernière n’a pas cessé de s’accroître ces derniers mois et la cause principale [en est le] changement dans la politique monétaire de la Chine. En effet, cette dernière souhaite de plus en plus se débarrasser de ses bons du Trésor américains ; les Chinois se sont donc naturellement rués vers les bons japonais. Ce faisant, ils font grimper de façon artificielle la monnaie japonaise, alors que la situation économique au Japon ne justifie en rien cette hausse.

Cette affaire montre le caractère totalement instable du système de changes flottants mis en place dans les années 70, suite à la déconnexion du Dollar et de l’or, qui était pourtant le pilier du système de Bretton Woods. Si le système a fait illusion jusqu’à présent, avec tout de même quelques graves crises, que ce soit dans les pays émergents ou développés comme en 1987, en 1992, en 1997, en 2002, c’est parce que l’Amérique et ses déficits étaient là. Or, la crise actuelle est plus grave, parce que le mécanisme qui permettait à la machine de continuer à fonctionner a disparu. Ce sont les déficits commerciaux américains toujours croissants et les politiques semi-keynésiennes de relance sans protection, qui ont permis à la croissance de continuer, en évitant ainsi une guerre mondiale des monnaies.

Sans la surconsommation américaine, le système à changes flottants montre son instabilité intrinsèque, chaque pays cherchant à profiter de ses excédents pour croître au détriment du voisin. Tout le monde comprime sa demande et, au final, il n’y a plus de croissance nulle part. Sans un pays consommateur absorbant tous les excédents, la planète est condamnée à la dépression et à la guerre monétaire.

Lire la suite

Projet pour une rupture décisive

En avant-première, voilà la conclusion du livre «La Déglobalisation» (titre provisoire) de Jacques Sapir, à paraître prochainement aux Éditions du Seuil.

La France a tout misé depuis près de trente ans, sur des solutions coordonnées. Qu’il s’agisse de l’euro ou des règles du marché international, elle a délibérément abandonné tout moyen d’agir et renoncé à une politique nationale. Sans chercher à juger sur le fond, remarquons qu’une telle attitude fait de nous le dindon de la farce, car elle n’a de sens que s’il existe au niveau international une volonté commune pour faire triompher des solutions collectives. Or, cette dernière volonté est absente, à l’évidence. Ce sont bien des politiques nationales que suivent les autres pays, n’en déplaise à nos dirigeants présents et passés.

Lire la suite

La relance bute sur l’endettement

Par Bruno Bertez

Nous avons passé l’été aux Etats-Unis. En Californie et au Nevada. Toujours autant de voitures sur les routes, des hôtels « sold-out » [complets], des files d’attente dans les restaurants de qualité. Les parkings de Wholefoods, le distributeur « green » [vert] à la mode, qui vend tout au double du prix normal, sont complets.

Voilà pour la première impression. La seconde est différente. Les sorties d’autoroutes sont bordées de mendiants, homeless, sans domicile ; les angles de rues sont occupés par des hommes sandwichs qui agitent des panneaux publicitaires pendant des heures en plein soleil pour quelques dollars. Les magasins populaires du type Wal  Mart sont sinistres, déprimants, ils ne cessent de baisser la qualité et les prix pour s’adapter à l’appauvrissement de leur clientèle.

Dans les endroits les plus favorisés de la Californie, dans la Silicon Valley, un immeuble de bureaux sur cinq est vacant, une boutique sur six est fermée. A chaque coin de rue, fleurissent les panneaux à vendre ou à louer. Le petit commerce, les petites entreprises sont fermées, les vitres badigeonnées. Le Nevada est couvert de chantiers arrêtés; les casinos populaires sont fermés, sans repreneurs, à l’abandon.

La crise est bien là. Mais ce n’est pas la fameuse destruction créatrice, l’élimination du gaspillage, c’est le laminage des couches moyennes et inférieures de la population.

Le chômage officiel est de 9,6%, mais le vrai chiffre significatif c’est celui de la statistique U6 du Bureau du Travail, le BLS, c’est 16,7%.

Lire la suite

Le krach de 2010 : la crise systémique

Par Paul Bara (ancien trader, économiste de marché puis directeur financier, il a parallèlement enseigné l’économie et la finance à Paris X et à l’ENA)

Hokusai, La grande vague de Kanagawa (1831)

La crise actuelle n’est pas une crise comme celles que nous avons connues depuis 1945. La croissance au quatrième trimestre 2009, en France et aux Etats-Unis, n’est due (en partie) qu’à un facteur technique transitoire, le moindre déstockage des entreprises. Nous ne sommes pas dans un enchaînement cyclique normal.

Lire la suite

LEAP : les quatre points individuels de défaillance du système mondial au second semestre 2010

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), 15 juin 2010

Caspar David Friedrich, Entrée de cimetière (1825)

L’actualité confirme chaque jour combien la crise systémique globale est désormais entrée dans sa phase de dislocation géopolitique mondiale, même si les médias ne commencent que timidement à interpréter les bouleversements historiques qui se déroulent sous nos yeux. Lire la suite

Déjouer le piège de la rigueur et le verrou de l’Euro

Par Jacques Sapir

Sommes-nous donc en 1931 ? Alors que les annonces de plans dits «de rigueur» ou «d’austérité» se multiplient à travers l’Europe, il est aujourd’hui évident que l’ordre du jour des divers gouvernements est dominé par la réduction des déficits publics. Se répètent ainsi les erreurs commises lors de la « Grande Dépression » [1]. Ceci n’est pas – seulement – dû à un oubli de l’Histoire. La crise que connaît la zone euro, et qui n’en est qu’à son commencement, a joué dans ce tournant un rôle à la fois décisif et pernicieux. C’est elle qui a lourdement pesé dans la conversion actuelle des principaux gouvernements à la «rigueur».

Ils sacrifient ainsi la substance – à savoir la dynamique économique qui fonde en réalité la possibilité réelle de la zone euro à se maintenir – à l’apparence : les conditions immédiates de son maintien face à la spéculation des marchés. Il est donc à craindre que l’Europe et la France n’entrent dans une période prolongée de récession sous l’impact cumulé de ces politiques restrictives. Des mesures radicales s’imposent, mais, pour les évaluer, il faut d’abord procéder à un bilan de la situation.

Le piège de la rigueur ne se comprend pas hors du verrou de l’euro. Pour autant, l’adhésion à ce dernier n’a pas reposé que sur des considérants idéologiques. Il y a bien eu des facteurs réels qui ont convaincu les gouvernements d’accepter cette solution de la monnaie unique dont les inconvénients étaient pourtant connus dès l’origine. Le délitement de ces facteurs pose la question de la possibilité de la survie de la zone euro et, au-delà, des solutions alternatives qui s’offrent à nous.

Vers la récession

Lire la suite

Crash Course – 8

Prêt à apprendre tout ce que vous devez savoir sur l’économie dans le plus court laps de temps ?

Chapitre 8: Banque Centrale – Création Monétaire

Maintenant, nous allons découvrir où l’argent est créé. Voici comment cela fonctionne.

Supposons que l’État ait besoin de plus d’argent qu’il n’en a. Je sais, c’est une habitude! Peut-être qu’il fait quelque chose de vraiment stupide historiquement comme la réduction des impôts tout en menant deux guerres en même temps. Maintenant, l’état n’a effectivement plus d’argent de sorte que la demande pour des dépenses supplémentaires est transmise au Trésor Public.

Vous serez peut-être surpris ou déçus ou pas en apprenant que le Trésor Public vit au jour le jour et a rarement plus d’une quinzaine de jours de fonds en caisse.

Ainsi, le Trésor Public, afin de lever des capitaux, imprime une pile de bons du Trésor, qui sont les moyens par lesquels le gouvernement emprunte de l’argent. Un bon a une «valeur nominale», qui est le montant auquel il sera vendu et il indique un taux d’intérêt qu’il paiera au titulaire. Donc, si vous avez acheté un bon à un an d’une valeur nominale de 100 $ et qui rapporte 5% d’intérêts, alors vous payez 100 $ pour ce bon et obtenez 105 $ un an après.

Lire la suite

Bienvenue au bal des vampires

Par Denissto. Article intégral, reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur.

C’est sans vergogne que les banquiers, tout juste sauvés de la faillite par les deniers publics, ont réussi à transférer leurs mauvaises dettes privées, en dettes d’États. Forts de cet incroyable privilège, ils spéculent maintenant sur les dettes de ces mêmes nations. Leurs discrètes succursales, plus connues sous le nom de hedge funds (1), cachées aux Îles Caïmans, mènent la curée.

La ruine des particuliers étant consommée, ce sont dorénavant sur les nations et autour de leurs dettes souveraines que ces vautours se rassemblent. La piétaille a droit à un mea culpa savamment orchestré par la déesse aux cent bouches, histoire de patienter quelques heures dans les files d’attente de la Soupe Populaire (2). Les débats au Sénat américain affichent complet, c’eût été une faute de goût électorale de ne pas participer à une telle pantomime ! On aurait aimé voir ces élus un peu plus assidus à l’audition de l’inspecteur général de la Réserve fédérale américaine (3), incapable d’expliquer la disparition de 9000 milliards de dollars.

Quand les médias braquent leur objectif sur un scandale financier, quand un sénateur accuse une banque d’avoir vendu « des produits de merde », ne vous imaginez pas informés, mais juste anesthésiés. Ce qui se joue en coulisse, vous le comprendrez encore une fois trop tard. Mieux encore, Goldman Sachs s’est déjà entendu avec la police financière pour payer une amende et fermer toutes enquêtes.

Lire la suite

Après la Grèce, l’Espagne inquiète les marchés financiers

Les craintes sur l’Espagne font chuter les Bourses internationales et l’euro. A Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 3,64%, son plus bas niveau depuis 2 mois. Les rumeurs de dégradation de la note de l’Espagne continuent d’inquiéter les marchés. Mais, outre une crise économique, l’Espagne vit aussi une crise morale.

L’UE et le FMI viennent tout juste de débloquer une aide financière à la Grèce et voilà que les marchés s’affolent à nouveau. L’Espagne est cette fois-ci dans leur collimateur.

Près de 5% de baisse à Madrid, – 4% à Lisbonne, -4,7 à Milan, – 3,64% à Paris, -2,5% à Londres et Francfort… La crise grecque a une nouvelle fois fait plonger les bourses ce mardi en Europe. Malgré le bouclage du plan d’aide à la Grèce, la crainte d’une contagion au reste de l’Europe a fait chuter les marchés dans le sillage de la bourse d’Athènes qui a dégringolé de plus de 6,6%. La Bourse de New York a elle aussi ouvert en nette baisse mardi, les investisseurs s’inquiétant des difficultés budgétaires des pays de la zone euro : le Dow Jones perdait plus de 2% et le Nasdaq 2,81%. L’indice Hang Seng a perdu 2% à Hong Kong, celui de la bourse de Shanghai 2,1%, Singapour 1,2% et les marchés australiens 1,9%.

La semaine dernière, l’agence de notation Standard and Poor’s, a dégradé la note de la dette à long terme de l’Espagne. Leurs spécialistes estiment que la croissance morose du pays risque d’empêcher le gouvernement de réduire des déficits qui ont explosé à 11,2% du PIB en 2009.

Des rumeurs selon lesquelles d’autres agences de notation allaient dégrader la note de l’Espagne et selon lesquelles Madrid pourrait demander une aide financière colossale au FMI continuent de faire tanguer les marchés financiers. Moody’s et Fitch ont pourtant assuré mardi que cette dernière restait pour l’instant la plus élevée possible, le fameux triple AAA.

Lire la suite

Crise de la zone euro : après la Grèce, à qui le tour ?

Pour l’économiste Jacques Sapir, la crise grecque remet en cause le principe même de la monnaie unique. Dans ces conditions, le pire est à venir. Y compris pour la France, qui risque de devenir une simple spectatrice du marasme économique, à moins d’une vraie politique volontariste.

Cette fois, nous y sommes ; la crise grecque déborde des frontières comme c’était prévisible, et avait été prévu depuis septembre 2009.

Les problèmes de la Grèce sont en effet connus depuis septembre 2009 (et même avant) par le grand public. Il était évident qu’un effet de contagion se manifesterait. Tout ceci a été indiqué à plusieurs reprises (…). Désormais, on peut craindre qu’il ne soit trop tard pour réagir et sauver l’Euro.

La zone Euro est bien entrée en crise avec le transfert de la spéculation sur le Portugal (en raison de la baisse de sa note), et les problèmes qui commencent à monter sur l’Espagne et l’Italie en raison des difficultés que ces pays rencontrent pour placer leur dette à moyen et long terme. Ce ne sont pas ici les articles lénifiants, comme celui de Mme Nathalie van Ypersele dans Trends, ou les ronflantes déclarations de M. Barroso (la dernière en date est du 28 avril depuis Tokyo…), qui y changeront quelque chose.

Les difficultés (pour ne pas dire plus) des pays de la Zone Euro à réagir à ce qui aurait pu n’être au départ qu’une crise localisée, la mauvaise volonté allemande à jouer le jeu de la solidarité ont été des éléments clefs dans le déclenchement de cette crise. Mais, sur le fond, c’est bien le principe même de la zone Euro qui est en cause, soit la tentative d’imposer une règle monétaire unique à des pays dont les économies sont profondément différentes et le tout sans mécanisme institutionnel de solidarité.

Lire la suite

Crise de la dette, la spirale infernale

Le scénario se déroule exactement comme prévu : après la Grèce, dont les bons du Trésor sont assimilées depuis hier à des obligations pourries, c’est au tour du Portugal de voir sa note dégradée. Lisbonne peut trembler. Car les marchés ne veulent tout simplement plus de la dette grecque : plus de 10% ce matin pour les taux à 10 ans, près de 18% pour ceux à 2 ans… !

A qui le tour ensuite ?

Comme je le rappelais il y a quelques jours, la Grande-Bretagne est dans le viseur des marchés, qui attendent la fin des élections le 6 mai pour déclencher le tir le cas échéant. L’Espagne et la France ne sont pas davantage à l’abri. Et quid des États-Unis ? Car le mal atteint l’ensemble des pays dits avancés, même ceux qui ont tenté jusqu’à présent de se faire oublier à la faveur de la crise de l’euro. Hier, Ben Bernanke a mis en garde contre l’ampleur du déficit budgétaire américain, jugeant que son niveau risquait de devenir insoutenable et d’entraîner les taux d’intérêt à la hausse.

Quoi qu’il advienne, un constat s’impose : les événements se précipitent et nul ne sait où tout cela va nous emmener.

Panique boursière, hausse des cours de l’or (le record a été battu en euros), défauts de paiement en cascade, krach obligataire… La spirale infernale est enclenchée et plus personne ne maîtrise rien, à commencer par les gouvernements et les banques centrales, totalement dépassés.

Jean-Claude Trichet a beau répéter à l’envi “qu’il est hors de question que la Grèce ou n’importe quel autre pays de la zone euro fasse défaut”, c’est de la pure incantation. Dans l’immédiat, c’est la stabilité de la zone euro, voire son existence même, qui sont le plus gravement menacées.

Olivier Demeulenaere

(Merci à Marie)

LEAP : les finances des USA et du Royaume-Uni en grand danger dès 2010

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), 15 avril 2010

Comme l’avait anticipé le LEAP – Europe 2020, il y a déjà plusieurs mois, et contrairement à ce qu’ont raconté la plupart des médias et des « experts » au cours des dernières semaines, la Grèce a bien l’Eurozone pour lui apporter soutien et crédibilité (notamment en matière de future bonne gestion, seule garante d’une sortie du cycle infernal des déficits publics croissants) (1). Il n’y aura donc pas de cessation de paiement grecque, même si l’agitation autour de la situation grecque est bien l’indicateur d’une prise de conscience croissante que l’argent est de plus en plus difficile à trouver pour financer l’immense endettement public occidental : un processus désormais « insoutenable », comme le souligne un récent rapport de la Banque des Règlements Internationaux.

Le bruit fait autour de la Grèce par les médias, anglais et américains en particulier, aura tenté de cacher à la plupart des acteurs économiques, financiers et politiques, le fait que le problème grec n’était pas le signe d’une prochaine crise de la zone Euro (2) mais, en fait, un indice avancé du prochain grand choc de la crise systémique globale, à savoir la collision entre, d’une part, la virtualité des économies britannique et américaine fondées sur un endettement public et privé insoutenable et, d’autre part, le double mur de la maturité des emprunts venant à échéance à partir de 2011, cumulée à la pénurie globale de fonds disponibles pour se refinancer à bon marché.

Comme nous l’avons expliqué dès Février 2006, lors de notre anticipation sur son imminence, il ne faut pas oublier que la crise actuelle trouve son origine dans l’effondrement de l’ordre mondial créé après 1945, dont les Etats-Unis ont été le pilier, secondé par le Royaume-Uni.

Aussi, pour comprendre la portée réelle des évènements générés par la crise (comme le cas grec par exemple), il convient de rapporter leur signification aux faiblesses structurelles qui caractérisent le cœur du système mondial en pleine déliquescence : ainsi, pour notre équipe, le « doigt grec » ne montre pas tant l’Eurozone que les dangers explosifs des besoins exponentiels de financement du Royaume-Uni et des Etats-Unis (3).

Lire la suite

L’effondrement des États

Des dettes bancaires aux dettes « souveraines. » Les jours comptés de l’État-nation et d’une « hypothétique » réforme monétaire internationale.

Dans une étude transmise à ses clients privilégiés, la Société générale recommande de se tenir prêt face au risque d’« effondrement de l’économie mondiale » au cours des deux prochaines années.

Une manière de dire : « Vous voilà bien prévenu ! » Les auteurs de cette étude fondent leur conclusion sur des données concises, sans préciser bien sûr que la crise actuelle résulte avant tout de la révolution des techniques financières spéculatives des banquiers. Techniques financières qui ont permis, depuis la fin des années 70, l’émergence, malheureusement durable, d’une économie virtuelle aux dépens de l’économie réelle.

Une économie virtuelle qui a désormais besoin, pour survivre, d’écraser la véritable économie, seule source de richesses et d’emplois durables.

Lire la suite

Sortie de crise : on a tout faux

Par Olivier Pastré, professeur à l’université de Paris VIII.

La crise ne fait que commencer. A ceux qui croient qu’une hirondelle budgétaire fait le printemps économique, il convient de rappeler que la méthode Coué ne fonctionne jamais très longtemps dans l’univers de la croissance. Ce n’est pas en montant en épingle quelques indicateurs de consommation glanés ça et là que l’on bâtit un scénario de retour au plein emploi.

Certes, le scénario catastrophe de la déflation a été évité (de peu) grâce à la réactivité des banques centrales et des gouvernements. Mais ce sauvetage in extremis s’est opéré au prix d’une création monétaire porteuse de nouvelles bulles et de déficits budgétaires abyssaux qui ne pourront pas être creusés indéfiniment. Certes, les Bourses se tiennent bien mais elles ne reflètent que la capacité des très grandes entreprises à se redéployer là où la croissance mondiale a perduré, en l’occurrence certains pays émergents.
Lire la suite

Bienvenue à la Grande Correction

Par Bill Bonner

Nous allons rebaptiser notre théorie. Nous vivons plus qu’une dépression ; c’est plutôt un phénomène économique et financier. Il inclut un transfert du pouvoir… un retour à la normale après quatre siècles d’aberrations… et l’échec de toute une série de sottises économiques récompensées par des prix Nobel — dont l’Hypothèse des marchés efficients et la Théorie du portefeuille moderne. Appelons cette phase la « Grande Correction »… et attendons que les événements nous donnent raison.

En attendant… nous attendons des éclaircissements : quand ce rebond prendra-t-il fin ? Que se passera-t-il lorsqu’il le fera ?

Les tendances profondes se poursuivent. L’influence gouvernementale augmente… et file tout droit vers la faillite. La plupart des pays développés accumulent de gigantesques déficits dans leurs finances publiques. C’est la Grèce qui fait les gros titres en ce moment. Les Hellènes ont promis de réduire leurs dépenses, sont descendus dans la rue et espèrent désormais un plan B de la part de l’Europe.

Les autres pays à la périphérie de l’Europe,observent avec attention. Ce que la Grèce vit maintenant, ils vont probablement le subir plus tard.

Jour après jour, les roues grincent et cahotent… en route vers des gouvernements toujours plus présents, avec des dettes plus grandes… Un gouvernement se tourne vers un autre lorsqu’il a besoin d’aide. Ce dernier se tourne vers un autre encore. Un pays dépend de sa Banque centrale… et sa Banque centrale dépend de la Réserve fédérale américaine, le capo di tutti capi de toutes les banques centrales de la planète.

Mais le problème ne se limite de loin pas aux plus petits États d’Europe.
Lire la suite

LEAP : les cinq séquences de la phase de dislocation géopolitique globale

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), du 15 mars 2010

En cette fin de premier trimestre 2010, au moment où sur les fronts monétaires, financiers, commerciaux et stratégiques, les signes de confrontations se multiplient au niveau international, tandis que la violence du choc social de la crise se confirme au sein des grands pays et ensembles régionaux, le LEAP/Europe2020 est en mesure de fournir un premier séquençage anticipatif du déroulement de cette phase de dislocation géopolitique mondiale.

Hercule capturant Cerbère, par Hans Sebald Beham, 1545 - Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Lire la suite

L’horizon de la présidentielle de 2012 et le piège de la personnalisation du débat

Par Jacques Sapir

Telle qu’elle se dessine aujourd’hui, l’élection présidentielle de 2012 risque d’être marquée par un trop-plein de candidats compensé par une pénurie de programmes. Pourtant, nous sommes depuis l’été 2007 dans la plus grave crise économique que l’on ait connue depuis celle de 1929. Elle se double d’une crise géostratégique et d’une crise environnementale qui, l’une et l’autre, ont des conséquences considérables. Les timides éléments de reprise que l’on constate dans les pays développés depuis la fin de 2009 ne doivent pas faire illusion. Ils ne sont pas durables où, pour reprendre un mot à la mode, « soutenables ».

Cette situation appelle des réponses radicales, et qui pourtant sont de bon sens. Aujourd’hui, être extrémiste c’est être réaliste. Il convient donc de laisser le choc des ego aux magazines people et apparentés. Non que l’on sous-estime la question des personnalités. Elle a sa place dans la définition de ce que devrait être un candidat idéal. Mais elle passe après la question du programme. De cette question, nous avons à peu près un an pour en discuter.

I. De « l’inévitable » et pourtant fort contestable austérité.

De toute part, on nous présente l’austérité comme un choix inévitable. L’argument du déficit budgétaire, qui nous a déjà été servi ad nauseam, sert bien évidemment de prétexte. Alors même que la démographie connaît en France un redressement notable, on veut aussi tailler dans les retraites. Enfin, la précarisation du travail, dans le secteur privé comme dans le secteur public, est plus que jamais à l’ordre du jour. Tous ces choix nous sont présentés comme le produit d’évolutions inéluctables. Pourtant, ils sont tous extrêmement contestables.

Sur la question du déficit budgétaire, il faut savoir que son augmentation est pour une large part due à ce qu’il nous faut emprunter à plus de 3% (3,45% en moyenne) alors que l’on n’attend pas, même dans les rêves les plus fous de Mme Lagarde, une croissance au-dessus de 2%. Or, dans le même temps, les banques se refinancent auprès de la BCE (comme d’ailleurs auprès de la Réserve Fédérale américaine et des autres Banques Centrales des pays développés) à des taux oscillant entre 1% et 0,5%. Serait-ce du fait de la meilleure qualité des dettes privées par rapport à la dette publique ? Poser cette question, c’est y répondre, et par un immense éclat de rire.

Lire la suite

La livre sterling, nouvelle cible des marchés

On dit l’euro sous pression, vulnérable, attaqué… A écouter le gérant star Jim Rogers, il y a plus fragile encore : la livre sterling. Une monnaie “au bord de l’effondrement”, selon l’ancien associé du financier américain George Soros, avec lequel il avait fondé le célèbre hedge fund Quantum dans les années 1970.

“La livre est déjà dévaluée par rapport à presque toutes les devises sauf le dollar zimbabwéen”, a aimablement fait remarquer M. Rogers, jeudi 25 février. “Elle sera particulièrement exposée d’ici les élections au Royaume-Uni.”

De fait, la livre est tombée vendredi à 1,5167 dollar, son cours le plus bas depuis mai 2009. Depuis le début de l’année, la devise britannique s’est dépréciée de 5,5 % par rapport au billet vert. Et la chute n’est pas finie, si l’on en croit les prévisions de George Magnus, le très respecté chef économiste d’UBS à Londres.

En cas de victoire des conservateurs aux élections législatives, prévues d’ici à juin 2010, la livre sterling pourrait dégringoler à 1,05 dollar, affirme M. Magnus. A un cheveu du niveau tabou de parité de 1 pour 1 avec le billet vert.

Les tories ont promis des mesures d’austérité pour réduire le lourd déficit budgétaire du pays. Mais faut-il tailler en urgence dans les dépenses publiques ? Le Fonds monétaire international (FMI) recommande au contraire d’y aller prudemment. Tout comme les travaillistes de Gordon Brown, qui disent ne vouloir prendre aucun risque sur la croissance.

Selon les chiffres publiés vendredi, le Royaume-Uni est sorti de la récession plus vigoureusement que prévu au quatrième trimestre 2009, avec un produit intérieur brut (PIB) en hausse de 0,3 %. Mais les experts s’accordent à pronostiquer un premier trimestre 2010 calamiteux.

Pour le futur gouvernement, le choix est cornélien. Soit il applique une politique restrictive, au risque d’hypothéquer la reprise. Soit il choisit d’attendre, en espérant garder la confiance des marchés, malgré la dérive des comptes publics. En 2009, le déficit budgétaire du Royaume-Uni représentait 11,8 % du PIB et devrait atteindre – comme la Grèce – 12,5 % en 2010.

Lire la suite

Menaces sur la reprise économique

Par Nouriel Roubini

La montée des déficits budgétaires et de l’endettement public fait peser un risque sur nombre d’économies avancées.

Une menace qui était dans le passé celle des pays émergents.

L’abaissement de notations, l’accroissement des différentiels de taux d’intérêt et la contre-performance d’enchères de bons du Trésor de pays tels que le Royaume-Uni, la Grèce, l’Irlande et l’Espagne montrent bien que les investisseurs, les autorités de surveillance des marchés obligataires et les agences de notation pourraient encore durcir leur position.

A moins qu’ils assainissent leurs finances publiques.

Les conséquences de la sévère récession et de la crise financière ont été plus lourdes pour les pays qui n’ont pas pris de mesures visant à corriger leur déficit budgétaire structurel pendant les années de croissance. En outre, une faible reprise économique combinée à un vieillissement de la population menacent d’alourdir le fardeau de la dette dans de nombreux pays industrialisés : États-Unis, Royaume-Uni, Japon et certains pays de la zone euro.

La monétisation des déficits budgétaires est également en passe de se généraliser de façon inquiétante dans de nombreuses économies avancées au fur et à mesure que les banques centrales gonflent la base monétaire en achetant une pléiade de bons du Trésor à court et à long termes.
Lire la suite

Crise : 2010, l’année de tous les périls

Par Ambrose Evans-Pritchard.

Passée la première phase aiguë de la crise, la convalescence s’annonce pénible et douloureuse, tant étaient profonds et graves les déséquilibres de la période précédente. L’économie mondiale était tirée par l’inflation des actifs, la surconsommation américaine à crédit et le recyclage financier des déséquilibres, et elle ne repartira pas sur les mêmes bases. Certains États, à commencer par le Japon, plombés par le poids du sauvetage de la dette privée et le coût de la relance, sont menacés de sombrer dans un maelström de surendettement. Les écueils, nombreux, pourront-ils être évités ou provoqueront-ils de nouveaux naufrages ? Evans-Pritchard se livre au périlleux exercice des prévisions et dresse la carte des dangers, avec son habituel biais anti-européen.

La contraction de la masse monétaire M3 aux États-Unis et en Europe au cours des six derniers mois pénalisera la reprise économique tout au long de l’année 2010, avec le déphasage habituel d’un an ou deux. Ben Bernanke sera pris au dépourvu, comme il l’a été à la mi-2008 lorsque la Fed a grillé un feu rouge en évoquant la possibilité d’une hausse imminente de son taux directeur. Ce fut l’erreur de trop qui a déclenché l’implosion de Lehman, d’AIG et du système bancaire occidental.

Lorsque le rallye boursier de 2009 se heurtera à cette grande muraille de Chine qu’est la surcapacité mondiale, il deviendra évident que nous sommes aux prises avec la dépression du 21e siècle – qui s’apparentera davantage à celle de la « décennie perdue » du Japon plutôt qu’a celles des années 1840 ou 1930, mais ne sera en rien comparable aux cycles observés depuis la fin de guerre froide. Les pays exportateurs (Chine, Allemagne, Golfe) n’ont pas généré une demande suffisante pour compenser la réduction d’activité des pays déficitaires (monde anglo-saxon, club Méditerranée, Europe de l’est). L’immense déséquilibre commercial Est-Ouest qui a provoqué la crise du crédit n’a pas été comblé depuis un an et s’est peut-être aggravé. L’endettement des ménages relativement au PIB se situe près des niveaux record dans les deux cinquièmes de l’économie mondiale. Notre longue purge a à peine commencé. C’est l’éléphant que tout le monde feint d’ignorer, planté au beau milieu du salon planétaire.

Nous devrons admettre que le blitz de relance budgétaire, lancé pour arrêter la spirale d’effondrement de l’an dernier, a tout au plus transféré la charge de la dette privée sur les épaules des États, où elle pourra provoquer encore plus de dégâts si elle est traitée avec la même insouciance que manifeste aujourd’hui la Grande Bretagne.

Lire la suite

Sur les marchés, la sortie de crise s’annonce périlleuse

Pour les marchés financiers, 2009, nouvelle année de crise, fut une période déroutante. Pour sortir les économies de la récession, pour éviter de revivre le cauchemar de la crise de 1929, les banques centrales, en Europe, aux États-Unis, au Royaume-Uni et ailleurs ont mis en place des moyens inédits.

Les vannes du crédit ont été grandes ouvertes. Après avoir ramené les taux d’intérêt directeurs à zéro ou presque, pour permettre aux entreprises et aux ménages de se financer plus facilement, les banques centrales ont employé en 2009 des mesures plus audacieuses encore. Trop audacieuses aux yeux de certains. Et les interrogations se multiplient quant à la tournure des événements en 2010.

Les banques centrales sont-elles allées trop loin ? Ben Bernanke, le patron de la Réserve fédérale américaine (Fed), est surnommé “helicopter Ben,” car il avait expliqué, en 2004, que pour éviter une déflation, la Fed pourrait “déverser de l’argent aux marchés d’un hélicoptère.

A défaut d’hélicoptère, M. Bernanke a opté en mars pour la méthode dite du “quantitative easing.” Une politique de création monétaire consistant à faire racheter directement par la Fed les bons du Trésor américains et d’autres titres d’emprunts. Résultat, en quelques mois, le bilan de la Fed est passé de 1 000 milliards à 2 000 milliards de dollars. La banque centrale américaine est devenue une véritable hedge fund,” estime l’économiste Jacques Attali.

Si la Banque d’Angleterre (BoE) a suivi la même voie, la Banque centrale européenne (BCE), plus orthodoxe et craignant pour sa crédibilité, n’a pas souhaité aller aussi loin, se contentant de mesures de prêts exceptionnelles.

Le plus gros risque est qu’en faisant “fonctionner la planche à billets,” les banques centrales alimentent de nouvelles bulles. Et permettent à des liquidités en excès de se nicher artificiellement sur un compartiment de marché (matières premières, immobilier, Bourses). Autrement dit, les politiques monétaires ultra-accommodantes pourraient faire le lit de la prochaine crise. La question est donc de savoir quand et comment faire machine arrière. Lire la suite

Chine : la nouvelle finance mondiale

(Vidéo émanant de la BNP)

Pilier de l’Organisation de Copération de Shanghai, la Chine s’est aujourd’hui érigée en un véritable consortium mondial de réserves de changes s’accaparant de fait la majeure partie des bons du trésor américains, et au delà. Un point sur les rouages de ce colonisateur économique, instigateur de la probable future monnaie mondiale que sera la New World Currency.

http://www.dailymotion.com/video/xbgiwo